Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook    Instagram   Youtube   Myspace Myspace

Nos partenaires

Newsletter

Restez informé en vous inscrivant à notre newsletter !
Please wait
Philippe Blackmarquis

Philippe Blackmarquis

 

 
jeudi, 29 novembre 2018 12:20

The City That Disappears (a)

Thot est un projet musical créé en 2005 par le musicien bruxellois Grégoire Fray. Il décrit sa musique comme ‘Vegetal Noise Music’ : what's in a word anyway... Je la dépeindrais comme un cross-over entre l'électro-rock industriel (Nine Inch Nails) et le prog/rock/pop (Muse, Radiohead  Porcupine Tree). "The City That Disappears" constitue le troisième elpee de Thot. Mixé par Magnus Lindberg (Cult of Luna), il a été enregistré par Grégoire Fray, qui se réserve la plupart des instruments et des machines.

"The City That Disappears" propose un mélange d'électro et de rock, sur lequel se pose la voix unique de Grégoire Fray, une voix qui rappelle celle de Matthew Bellamy (Muse). Les thèmes abordés sur cet album sont à nouveau consacrés à la dualité entre la nature et le développement humain, entre les réalités organiques et urbaines.

Ce qui frappe le plus sur cet opus, c'est son intensité, son sens de l'urgence. Tout y est tendu et on sent un besoin criant d'exprimer un ‘pathos’, que ce soit la colère, la peur ou la volupté. Le spectre musical est très large : il oscille d'un morceau calme au piano acoustique ("Keepers"), très NIN-esque, à des brûlots electro-indus bruitistes (« Rhythm.Hope.Answers », probablement leur composition la plus percutante).

"HTRZ", le premier single, commence par un chant syncopé et évolue vers un refrain puissant et une superbe partie progressive à la guitare avant l'explosion finale. Morceau instrumental « Dédale » montre la capacité de G. Fray à créer des atmosphères électro-ambient hypnotiques. "Blank Street" me fait penser à « Year Zero » de NIN. A cause des sonorités électro et des accents dystopiques. « Negative Buildings » est une autre composition ambitieuse, riche en éléments divers. "Traces" est probablement mon titre préféré, en raison de sa structure plus progressive. Il évoque clairement Anathema, surtout à la fin, quand Fray et Arielle Moens, la VJ de la bande, chantent à l'unisson. La progression est vraiment étonnante, conduisant à une déflagration finale. Le disque s’achève par "Citizen Pain", un autre single potentiel. Encore une fois, la partie instrumentale finale est impressionnante.

Dans l'ensemble, cet LP est très ambitieux et parfaitement accompli. Le seul aspect négatif vise la production. Elle manque un peu de clarté ; et en particulier dans les parties bruyantes. Si seulement G. Fray disposait d’un budget pour enregistrer dans un studio haut de gamme! Malgré cette réserve, ce disque s’avère d’excellente facture et je vous le conseille vivement. 

Album disponible en édition limitée (300 exemplaires) sur vinyle doré 12" (+ bonus track).

Version numérique sur Bandcamp ici , sur iTtunes & Spotify (entre autres services de streaming)

Video de "HTRZ" : http://vimeo.com/89105609

Video de "Keepers" : http://vimeo.com/98621949

Line up:

Sur scène Grégoire Fray est soutenu par Gil de Chevigné (batterie, electronics), Hugues Peeters (piano, claviers), Dimitri Iannello (basse, claviers) et Arielle Moens (VJ, voix).

 

Richard H. Kirk, le fondateur et leader du légendaire groupe britannique Cabaret Voltaire, publie "Never Lose Your Shadow", un EP de titres tirés de ses archives musicales, sur le label new-yorkais Minimal Wave. Richard H. Kirk s'est fait connaître dans les années '70 en tant que membre des pionniers de la musique industrielle : Cabaret Voltaire. Sa première production comme artiste solo, « Disposable Half-Truths », est sortie en 1980 sur le label Industrial Records de Throbbing Gristle et depuis lors, Kirk a poursuivi une carrière solo en parallèle jusqu'à la dissolution de Cabaret Voltaire en 1994.

Sur le vinyle, Minimal Wave a compilé des titres enregistrés à l'origine entre 1978 et 1987, des titres qui n'avaient jamais été sortis sur vinyle. La plage titulaire, «Never Lose Your Shadow » déchire complètement: c'est un époustouflant cross-over entre musique industrielle, dance music et 'no-wave'.

Les trois autres titres sont plus expérimentaux et reposent sur des idées que Kirk a explorées dans Cabaret Voltaire à l'époque. Selon Kirk, « ces titres ne sont en aucun cas des 'déchets' de Cabaret Voltaire ; ce sont des morceaux solo. Néanmoins, je pense que « Never Lose Your Shadow » a, à maints égard, servi de modèle pour la musique que Cabaret Voltaire a enregistrée pour Virgin / Some Bizarre entre 1983 et 1985. Surtout la combinaison séquenceur et boîte à rythmes. Au niveau des paroles, «Never Lose Your Shadow » s'inspire du 'road movie' "Vanishing Point", entre autres".

Le EP est limité à 999 exemplaires numérotés à la main, les 500 premiers étant pressés sur vinyle gris et le reste sur vinyle noir. Il sera publié le 26 août 2014. Les pré-commandes débutent le 1er août.

Richard H. Kirk jouera sur scène en tant que Cabaret Voltaire pour la première fois depuis 20 ans au 'Atonal Festival' de Berlin le 24 août.

Pour acheter l'EP: ici .

Pour écouter «Never Lose Your Shadow »: ici .

mercredi, 02 juillet 2014 12:44

Nouveau single pour Evi Vine

Evi Vine est une chanteuse / musicienne émergent de la scène musicale underground du Royaume-Uni. Elle possède l'une des plus belles voix que j'ai jamais entendue. Elle me rappelle Kate Bush, Chelsea Wolfe, Lisa Gerrard et Moya Brennan (Clannad). Sa musique s'inspire d'artistes aussi divers que Cocteau Twins, Arvo Part, Portishead ou Nine Inch Nails. Evi possède un style musical bien à elle, brut, émotif, puissant et minimaliste. Un peu comme si Leonard Cohen était une femme et chuchotait des histoires de solitude dans nos oreilles.

Après un travail remarquable sur le premier album de The Eden House et un premier opus en solo ("... and So The Morning Comes"), publié en 2011, elle revient avec un nouveau single, "My Hands Are Tied / Porcelaine", qui annonce un deuxième LP à paraître, intitulé "Give Your Heart To The Hawks".

Alors que "... and So The Morning Comes" avait été enregistré exclusivement à son domicile, dans le Kent, avec son partenaire Steven Hill, les nouvelles chansons d'Evi ont été co-produites par Richard Formby (Mogwai, Ghostpoet, Spacemen 3, Wild Beasts) et mixées par le légendaire Phil Brown (Portishead, John Martyn, Talk Talk).

Inspiré par un hiver passé dans les forêts de la région de Berlin, le duo explore ici la nature sombre de l'âme humaine, ainsi que des thèmes écologiques et post-apocalyptiques.

Figurant sur l'album sont des musiciens invités Martyn Barker (Goldfrapp / Shriekback), Tatia Starkey (My Vitriol / Lola Colt), Peter Yates (champs du Nephilim) et Billy Côte (Rose Madder).

Dans un entretien que j'avais eu avec elle, Evi avait confié que les nouvelles chansons seraient plus "percutantes", avec des éléments de trip-hop, principalement en raison de l'influence de Phil Brown. L'évolution est ici très subtile, car les deux chansons du nouveau single sonnent comme de belles ballades épurées et hypnotiques, assez proches de son travail précédent. Vivement le nouvel album!

« My Hands Are Tied / Porcelaine » 7" Date de sortie: 18 juillet

Pour écouter les chansons: My Hands Are Tied & Porcelaine

 

Pour regarder la nouvelle vidéo de Ly Hands Are Tied, c'est ici

www.evivine.com

Shazzula, une artiste belge pluridisciplinaire a lancé un projet original : « Spirit Trilogy », une trilogie comprenant trois films qui seront tournés avec des caméras embarquées sur des drones. Pour financer son projet, l'artiste bruxelloise a recours au site de crowdfunding indiegogo.com pour gérer les pré-commandes.

« Spirit Trilogy » est un projet artistique impliquant la vidéo, la musique, l'improvisation, la danse contemporaine et la scuplture. La bande originale sera réalisée en coopération avec la formation allemande DATASHOCK.

Pour contribuer au projet et faire une pré-commande, c'est ici .

Issu de Vancouver, Animal Bodies réunit Natasha (voix et guitares) et Sam (claviers, programmations). Ils sont influencés par les musique 'dark' (EBM, new-wave, batcave, punk, witch,...) mais leur approche, très ‘Lynchéenne’, est résolument novatrice. Après avoir publié une cassette éponyme et un Ep très remarqué, "The Kiss of The Fang" (Sweating Tapes), le duo annonce un nouvel opus, « The Killing Scene ».

Le premier single, « Deep Sleep » et la vidéo y afférente révèlent une évolution du son vers une atmosphère plus sexy, voire fétichiste. On pense à Die Form ou à DAF. Une impression renforcée par le second extrait de « The Killng Scene », « The Golden Triangle ». Les rythmes sont saccadés et obsessionnels, basés sur des basses EBM aux accents 'drone'. Quant à la voix de Natasha, elle est torturée, répétitive, chargée d'effets.

Le duo avait accordé un concert puissant et intense au Café Central il y a deux ans. Il sera de retour à Bruxelles le vendredi 27 juin prochain, au London Calling, avec l'excellente formation belge Charnier en première partie. A ne pas rater !

www.animalbodies.com

www.soundcloud.com/animalbodies

www.animalbodies.bandcamp.com

www.facebook.com/ANIMALBODIES

Page du concert : www.facebook.com/events/255866754601440/

 

vendredi, 06 juin 2014 01:00

La puissance d’un rite chamanique…

La première fois que votre serviteur a vu David Eugene Edwards, c’était lors d’un concert de  16 Horsepower, dans le cadre du festival de Dour, en 1998. Sa voix unique, habitée, incantatoire, quasi mystique m’a littéralement crucifié. Cette formation pratiquait un folk-rock tribal, teinté de sonorités amérindiennes. Pas étonnant, puisque du sang Cherokee coule dans les veines de David. Qui a monté un nouveau projet en 2001 : Wovenhand. Et dont il est également le chanteur et leader. Au fil du temps, le combo a considérablement durci son style ; devenu plus 'stoner', il est aujourd’hui dominé par les guitares électriques.

Dans une Ancienne Belgique quasi sold-out, Wovenhand a présenté son dernier opus  « Refractory Obdurate », au cours d’un concert intense, inspiré et chargé d'émotions. Le son s'est encore alourdi, par rapport au concert accordé à l'Eden de Charleroi, en 2012. Réunissant Ordy Garrison à la batterie et Gregory Garcia à la basse, la section rythmique impressionne par sa puissance. En outre, vrombissantes, les sonorités de basse dispensées par Garcia ont un long 'sustain'. A la guitare et aux 'backing vocals', Chuck French arbore son look amérindien habituel.

Mais tous les regards sont bien sûr tournés vers David Eugene Edwards. Il est coiffé de son indéboulonnable chapeau et arbore une croix païenne sur la poitrine. Il adopte une attitude de chaman. Quant il chante, il alterne entre un microphone classique Shure et un Neumann, de manière à obtenir un son plus compressé, comme issu d'un mégaphone. On le sait, ses concerts sont beaucoup plus que des concerts, ce sont des rituels. Sa voix vous emmène dans un monde pétri de spiritualité. Sa foi ouvertement déclarée en Dieu transcende sa musique. Il évoque Jim Morrison, mais aussi Neil Young et Nick Cave.

Au sein de la setlist figure des extraits de « Refractory Obdurate » et des morceaux plus anciens. La première partie est plus ‘stoner’ et dans certaines compositions, comme « Closer » ou « Maize », la musique devient même carrément ‘psyché’, voire même hypnotique. On pense parfois à Swans, tant l'atmosphère est intense. Au cours du show, Edwards va nous réserver une version quasi a capella et surtout bouleversante du « Horse Head Fiddle » de 16 Horsepower.

C’est la deuxième partie du concert qui va vraiment me plaire le plus. David Eugene troque alors sa Gretsch Tennessee rouge contre une très vieille mandoline en bois, une pièce vintage datant, paraît-il, de 1887. Le son est plus clair, moins bruyant. Tant « Corsicana Clip » et « Oburate Obscura », tous deux issus du dernier elpee, atteignent la perfection. Edwards chante de longues intros mêlant anglais et langues Lakota amérindiennes. Il captive totalement l’attention du public, qui semble ensorcelé par ses gestes et sa voix.

Le troisième volet du show sera, à mon humble avis, le moins intéressant. Les compos sont moins intenses et moins diversifiées. Le set se termine néanmoins par le puissant « Good Shepherd », rappelant quelque part The Black Angels.

Suivant la tradition, Wovenhand quitte la scène au son de chants amérindiens et le public crie dans le rythme pour rappeler le groupe. Et quand il revient sur les planches, c’est pour attaquer « Glistening Black » et surtout une version étonnamment musclée de "Kicking Bird" (issu de "Ten Stones").

Wovenhand confirme donc son évolution vers une musique plus puissante, plus 'stoner', aux accents ‘psyché’. Sans le vouloir, il bénéficie certainement de la vague 'revival' du psychédélisme qui s’est abattue sur la scène pop/rock depuis quelques années. Pourtant, il s’agit d’un des groupes les plus authentiques de la scène musicale. Leurs concerts constituent des cérémonies lumineuses, inoubliables et chargées d’une rare intensité... Tatanka!

En première partie, tout comme il y a deux ans, se produisait The Flying Horseman, le groupe du chanteur-compositeur anversois Bert Dockx. Leur musique est en parfait accord avec celle de Wovenhand. Certaines chansons évoquent également And Also The Trees, Joy Division, Nick Cave ou The Velvet Underground. Caractérisé par une profondeur émotionnelle touchante, leur style puise dans le post-folk et le blues. Outre Bert Dockx au chant et à la guitare, le line up du groupe implique deux chanteuses/claviéristes, un guitariste, un bassiste et un batteur.

(Organisation : AB)

 

Les Nuits Botaniques 2014 se sont refermées ce mardi soir lors d’un concert atypique, accordé dans le cadre solennel de la cathédrale des Saints Michel et Gudule. Une co-production Botanique / Manège.mons / Musiques Nouvelles qui traduit la volonté des initiateurs du projet, Paul-Henri Wauters (Botanique) et Jean-Paul Dessy (Musique Nouvelles), de permettre la rencontre entre artistes issus de traditions musicales extrêmement différentes, du baroque à l’électro.

Un imposant podium a été installé à l'avant de l'hôtel, en plein centre de la cathédrale ; et quand résonnent les premières voix du plain-chant de la Schola grégorienne du Sablon, on est plongé dans un univers magique. Le très sombre et majestueux « Andante » du ‘Deuxième quatuor, en do mineur’ (1896) de Sergei Rachmaninov, permet d'apprécier la remarquable finesse de l'Ensemble Musiques Nouvelles, que dirige avec maestria Jean-Paul Dessy.

Pour suivre, l’intermezzo ‘ambient’, bénéficie de la complicité de deux invités de marque issus d'Islande. Sygtriggur Baldursson, percussionniste multi-instrumentiste, fondateur des Sugarcubes en compagnie de Björk, joue à l’aide d’un archet sur des sortes de gongs bols ; et son complice Kippi Kaninus bidouille des sons étranges sur son laptop. Tout en douceur, l'orchestre entame ensuite « Mother of God, Here I stand », très belle pièce pour cordes du compositeur britannique Sir John Kenneth Tavener, malheureusement décédé l'an dernier.

On sursaute ensuite quand retentissent les premières notes de la Toccata en ré mineur pour orgue de Jean-Sébastien Bach, interprétée ici par Xavier Deprez. On lève la tête car, dans la cathédrale, l'orgue est accroché à la paroi de l'église, au-dessus de la nef. Après un nouvel a capella (« Victimae Paschali Laudes »), l'orgue se joint à l'orchestre pour le concerto op. 40 d'Henryk Görecki. La musique est ici tourmentée, répétitive et hypnotique, comme une valse virevoltante et dissonante.

Autre temps fort : la composition de Jean-Paul Dessy, « Vertiges pour orchestre à cordes » (2012), une oeuvre d'une finesse étonnante, qui se construit au travers de sonorités subtiles, riches en harmoniques et en harmonies. Dans un enchaînement parfait, la pièce se mue en écrin pour l'étrange chant diphonique de Tulegur Gangzi, nomade bluesman venu de la Mongolie intérieure.

La dernière partie du concert est illuminée par le charisme et la voix de Mélanie de Biasio, jazzwoman carolo-bruxelloise à la voix grave et sensuelle. Mystérieuse, vêtue d'une blouse blanche, elle campe sur un petit podium à l'arrière de l'orchestre et en accomplissant des gestes lents et majestueux de ses mains, elle interprète en douceur « No Deal », suivi de « The Flow », sur des arrangements superbes de Stéphane Collin. On a des frissons sur la peau et la gorge serrée devant tant de beauté. Après « Denis », une composition pour orgue, baryton et choeur de Stéphane Collin, Mélanie revient pour un dernier « All My Love » à vous couper le souffle. La douce mélopée bluesy se marie aux chants de Tulegur Gangzi et aux pulsations montantes des violons pour s’achever de façon surprenante sur trois sons de cloche. S'en suit un silence recueilli, jusqu'à ce que Jean-Paul Dessy laisse retomber les bras. Un final époustouflant, qui déclenche un tonnerre d'applaudissements. Les musiciens devront revenir saluer plus de cinq fois le public, vu la ferveur des acclamations. Regardez ce final en vidéo ici 

De retour sur terre, on a bien conscience d'avoir assisté à un spectacle exceptionnel, non seulement parce qu'il s'agit d'une création unique mais aussi parce qu'il transcende les frontières entre les musiques. Bien sûr, on est resté dans un environnement musical très ‘classique’ ; et on aurait apprécié un peu plus d'audace pour intégrer des musiques plus récentes, plus alternatives.

En tout cas, tous les musiciens ont ici tenté de rapprocher leurs répertoires au-delà de leur univers habituel. Entre contemplation et exubérance, ils ont entamé un dialogue pour créer une musique inédite. Concert liturgique, multiple et incantatoire, Sonic Cathedral nous a permis de vivre un superbe voyage sonore, doublé d’un florilège musical mystique…

Philippe Blackmarquis

Sonic Cathedral 2014

Programme :

• Répons des ténèbres « Velum templi »

• « Andante » du Deuxième quatuor, en do mineur (1896) de Sergei Rachmaninov (version pour orchestre à cordes)

• Mother of God, Here I stand, de John Tavener (2003)

• Toccata en ré mineur BWV 565 pour orgue (1703-1707), de Jean-Sébastien Bach

• Victimae Paschali Laudes

• Concerto pour clavecin, version pour orgue et orchestre à cordes, op.40 (1980) de Henryk Górecki

• Organum Gloria

• Vertiges pour orchestre à cordes (2012) de Jean-Paul Dessy

• Chants de Tulegur Gangzi

• No Deal & The Flow (arrangements de Stéphane Collin) par Mélanie de Biasio

• Denis, pour orgue, cor, baryton et chœur (2014) de Stéphane Collin en hommage à Denis Simándy (corniste dédicataire).

• With all my love de Mélanie de Biasio (arrangements de Stéphane Collin)

(Organisation : Botanique / Manège.mons / Musiques Nouvelles)

jeudi, 22 mai 2014 01:00

La nostalgie fait recette...

Le cynisme devient-il une forme d'honnêteté lorsqu'il est assumé ? Cette question pourrait concerner Andrew Eldritch, le leader de Sisters of Mercy. Originaire de Leeds, Eldritch a créé l'histoire dans les années '80, en jetant les bases du rock gothique. Mais depuis plus de 20 ans, il ne produit (quasi) plus rien de neuf et se contente d'enchaîner tournée sur tournée pour entretenir la nostalgie de sa période glorieuse.

Il y a quelques années, cette démarche était clairement mal vue. Les 'puristes' estimaient que le chanteur cultivait la formule pour se faire de l'argent. Entre-temps, la vague du '80s revival' est arrivée et nombre de formations, dont The Cure, Gary Numan, Front 242 et même Chameleons Vox, repartent en tournée pour y dispenser exclusivement leur ancien répertoire. Et paradoxalement, Eldritch apparaît aujourd’hui comme un visionnaire, cohérent dans sa démarche. Times are changin' !

De toute façon, on était prévenus : The Sisters of Mercy est une expression tirée d'une chanson de Leonard Cohen qui désigne une congrégation de bonnes soeurs mais surtout les femmes 'de mauvaise vie'... On comprend mieux la démarche hautement vénale de ces tournées 'tiroir-caisse'.

En dehors de ces considérations extramusicales, il faut reconnaître que les concerts des 'Sisters' attirent encore et toujours la toute grande foule. Ce soir, l'Ancienne Belgique affiche sold-out et le public est constitué presque exclusivement de quadragénaires et de quinquagénaires, en majorité venus du nord du pays. Comme d’habitude, le cadre est constitué d’échafaudages, derrière lesquels sont placés trois laptops. Mais l'élément le plus important du décor, ce sont les fumigènes, dont le groupe a coutume d'abuser. C'est donc en traversant un épais halo qu'Eldritch prend possession de la scène sur l'intro de « More ». Cette fois, il ne porte pas un provocant t-shirt jaune fluo mais bien une veste noire très élégante. Il arbore une barbichette grisonnante et a chaussé ses inséparables lunettes noires.

A ses côtés, les deux guitaristes Chris Catalyst et Ben Christo. Grâce à eux (ou à cause d'eux), les titres prennent une dimension beaucoup plus 'metal' sur les planches. A certains moments, les grattes couvrent même le chant, obligeant Eldritch à s'époumoner pour se faire entendre.

Le premier moment fort est incontestablement « Alice » : ce grand classique est ici interprété à la perfection : le mix est impeccable et le light-show impressionnant. Le public chante toutes les paroles et quand Eldritch tend le micro pour le final, tout le monde crie ‘Alice, Don't Give It Away...’ Regardez ce moment sur la vidéo ici 

Ensuite, l'ambiance retombe et nous vivons la partie la plus faible du concert. Les titres sont moins connus (« Still », « Crash And Burn ») et on a même droit à une reprise de Red Lorry Yellow Lorry, « Gift That Shines ». Après la classique ‘pause cigarette’, Eldritch revient sans sa veste pour un final tout en puissance, surtout dans « Flood II » et « This Corrosion ». Il y a moins de fumigènes et Eldritch est étonnamment actif sur l’estrade. Il bouge beaucoup, communique avec le public et on aurait même l'impression qu'il est heureux d'être là...

Les deux rappels sont exécutés dans une excellente ambiance. « Lucretia... » et « Vision Thing » sont parfaits et « First And Last And Always » déchire tout. Regardez la vidéo là 

Ensuite, The Sisters of Mercy attaque la reprise du "Misirlou" de Dick Dale & The Del Tones, un instrumental à la guitare datant de 1963, qui a connu une deuxième vie grâce à ‘Pulp Fiction’. Son tempo très élevé constitue une introduction parfaite pour le titre phare des Sisters, « Temple of Love », exécuté dans sa version courte.

Dans l'ensemble, on doit reconnaître la performance puissante et en tous points convaincante. Une communion sans artifices autour de chansons qui resteront à jamais dans nos mémoires. Après de nombreuses années de léthargie, les Sisters connaissent un regain de vigueur et c'est tant mieux ! 

En première partie, Losers, une formation anglaise partagée entre musiciens australiens, américains et écossais, nous a réservé un show intéressant. Elle pratique un electro-rock vs prog-metal élaboré et très mélodique qui évoque tour à tour Nine Inch Nails, The Rasmus voire Porcupine Tree. A découvrir !

(Voir aussi la section photos ici)

Setlist The Sisters of Mercy

More
Ribbons
When You Don't See Me
Blood Money
Alice

Crash and Burn
Gift That Shines (Red Lorry Yellow Lorry cover)
Still
Amphetamine Logic
Arms
Dr Jeep / Desolation Boulevard
Top Nite Out
Valentine
Flood II
This Corrosion

Encore 1

Kiss the Carpet
Lucretia My Reflection
Vision Thing

Encore 2

First And Last And Always
Misirlou (Dick Dale cover)
Temple
of Love

(Organisation : Live Nation)

Semaine nostalgie à l'AB ! Après Steve Hackett, le guitariste de Genesis et avant The Sisters of Mercy, place à Yes, le dinosaure du rock progressif des années '70 qui invite ses fans à réécouter en ‘live’ trois albums légendaires de leur discographie : « Close To The Edge » ('72), « Going For The One » ('77) et « The Yes Album » ('71). 

Le line up est quasi le même que celui qui avait déjà foulé les planche de l'AB en 2011 : Steve Howe à la guitare, Geoff Downes (ex-Buggles, ex-ASIA) aux claviers, Alan White à la batterie et Chris Squire à la basse. En 2011, un certain Benoît David avait joué le rôle de Jon Anderson, le chanteur malheureusement évincé. Cette année, c'est un nouveau sosie, l'Américain Jon Davison (Glass Hammer, Sky Cries Mary) qui s'y colle et la ressemblance est à nouveau étonnante.

La formation monte sur le podium sur la musique de « L'Oiseau de Feu » d'Igor Stravinsky, alors que sont projetées des photos d'époque et la pochette de « Close To The Edge ». Et c'est parti pour cet opus, qui ne compte en fait que trois longues pièces. Le contenu, on le connaît : il mêle prog, psychédélisme et jazz-rock, un cocktail transcendé par des harmonies vocales que n'auraient pas reniées Crosby, Stills and Nash.

Pour l'album « Going For The One », on passe à un format plus 'abordable' : les chansons sont moins longues et plus mélodiques. C'est sans nul doute mon LP préféré de Yes. La formation interprète à la perfection les petites merveilles que sont « Wonderous Stories », « Awaken » ou « Parallels ».

Après une pause de 20 minutes, Yes revient pour interpréter « The Yes Album ». Remontant à 1971, il recèle les classiques « Yours is no disgrace », « Starship Trooper » et « I've Seen All Good People ». Steve Howe nous gratifie aussi de son superbe solo de guitare acoustique, « Clap », dans lequel sa technique du finger-picking excelle au plus haut niveau. Après « A Venture », un titre qui n'avait encore jamais été joué en live avant cette tournée, le band finit en beauté par « Perpetual Change ». Et lors du rappel, nous avons encore droit à un dernier chef-d'oeuvre, « Roundabout », le single paru en 1972.

En conclusion, ce véritable marathon musical a duré 3 heures, un set peut-être trop long pour les mélomanes non avertis ; mais quel bonheur de voir que cette musique parvient encore à remplir les salles, en dehors de tout formatage commercial. Pour ma part, je ne peux m'empêcher d’avoir un petit pincement au coeur pour Jon Anderson, le grand absent de la soirée. Quant à ceux qui ne se contentent pas de ces concerts nostalgiques, je leur conseille de (re)découvrir l'excellent travail de Steven Wilson, en solo ou au sein de Porcupine Tree ; car cet artiste est parvenu à assimiler la musique des années '70 tout en créant un style nouveau, adapté au son d'aujourd'hui.

(Voir aussi notre section photos ici)

Setlist :

Intro : The Firebird Suite (Igor Stravinsky)
1. Close to the Edge
Close to the Edge
And You and I
Siberian Khatru
2. Going For The One
Going for the One
Turn of the Century
Parallels
Wonderous Stories
Awaken
3. The Yes Album
Yours Is No Disgrace
Clap
Starship Trooper
I've Seen All Good People

A Venture
Perpetual Change

Encore:

Roundabout

(Organisation : Ancienne Belgique)

mardi, 13 mai 2014 01:00

Mark Burgess et Kompany…

Dirigé par Mark Burgess, l'un des plus talentueux chanteurs/compositeurs/poètes de l'histoire du rock (et un de mes ‘héros’), The Chameleons a marqué les années '80 en produisant des bijoux de rock post-punk psychédélique, comme "Script of The Bridge" ou "Strange Times". Malheureusement, la formation s'est séparée après la mort de leur manager Tony Fletcher, en 1987. Après avoir tenté plusieurs projets en solo ou en compagnie d'autres musiciens (The Sun and The Moon, Invincible, ...), Mark Burgess a décidé, en 2000, de reprendre le flambeau sous le vocable Chameleons Vox (la voix des Chameleons) à l’aide du batteur originel, John Lever et d'autres musiciens.

La tournée européenne qui passe par Het Depot, ce soir, repose sur l'interprétation intégrale du premier album des Mancuniens, « Script of the Bridge ». Probablement leur meilleure réalisation, elle remonte à 1983. En fin d'après-midi, j'ai eu la chance d'interviewer Mark Burgess. C'est un homme attachant, très brillant et pétri d'humour typiquement britannique. Il a parlé de son enfance à Manchester, des Beatles, de T.-Rex, de l'enregistrement de « Script... », de ses projets, etc., mais aussi, de son intérêt pour les OVNI, les expériences proches de la mort et les phénomènes paranormaux, en général. Cette interview sera publiée sur musiczine.net dans les tout prochains jours. Stay tuned !

Mais pour l'heure, concentrons-nous sur le concert. Het Depot est en configuration 'box', car un rideau coupe la salle en deux. Chameleons Vox n'attire pas la toute grande foule, mais c'est un public de véritables fans, majoritairement des quadragénaires, qui est venu vivre ce moment unique.

Dès la première chanson, « Don't Fall », le ton est donné. La formation reproduit à la perfection le titre original. Depuis qu'il a recommencé à jouer de la basse sur scène, Mark Burgess ressemble à s'y méprendre à l'image qu'il reflétait dans les années '80. Ce qui frappe également, c'est l'excellent travail réalisé par les deux guitaristes, qui ont réussi la gageure de reproduire les tonalités extrêmement élaborées, créées à l'époque par Dave Fielding et Reg Smithies ; des tonalités bourrées de réverbération (notamment, grâce à l'ampli Roland Space Echo). Le son général est parfait. Pas étonnant, puisque c'est l'excellent ingé’ Thomas ‘Mixmeister’ (TNproductions) qui est préposé à la table de mixage.

Après « Here Today », il attaque « Monkeyland », un des titres phares de l'opus. Le morceau s’ébroue tout en douceur, mais quand éclate le refrain, le public reprend comme un seul homme : ‘It's just a trick of the light !’ Le set embraie par « Second Skin », une de mes 10 chansons préférées toutes époques et catégories confondues. Sept minutes de pur plaisir, où l'on ressent pleinement la profondeur de l'inspiration de Burgess, qui puise ses racines dans les années '60 comme en témoigne l'allusion concédée au « Please, Please Me », des Beatles, glissée au beau milieu de la chanson. Dans la deuxième partie, superbement psychédélique, on flotte dans un autre monde, les yeux fermés, transpercés par la beauté hypnotique de la musique.

Les plages suivantes de l'elpee sont une succession de classiques incontournables et indémodables, depuis l'énergique « Up the Down Escalator » jusqu'au très sociologique « A Person Isn't Safe Anywhere These Days ». Au moment de « Paper Tigers » l’intensité est à son comble et la formation clôture sa prestation par le très beau « View From A Hill ».

De retour sur le podium pour le rappel, Mark Burgess nous réserve, a capella, la chanson que les fans de Manchester City, son club favori, entonnent en l'honneur de notre Vincent Kompany national, sur l'air de Mrs Robinson : ‘And here's to you, Vincent Kompany’... Un clin d'oeil très apprécié par un public de connaisseurs ! Ensuite, le band reprend « Looking Inwardly », une plage extraite du second elpee des Chameleons, « What does anything mean? Basically », avant d'entamer un autre tour de force, « Soul in Isolation ». Cette composition très élaborée, issue du troisième album du groupe, « Strange Times », s'étire sur plus de 9 minutes et comme d’habitude, Burgess s'y adonne au 'song dropping' en plaçant quelques extraits de « The End » (The Doors) et « Eleanor Rigby » (The Beatles). « Singing Rule Britannia (While the Walls Close In) » est présentée comme une chanson ‘Made in Manchester’ et Burgess y introduit également une évocation musicale, mais au « Transmission » de Joy Division…

Après une seconde pause, Chameleons Vox revient sur les planches pour interpréter le très funky « Swamp Thing » et le solide « Return of the Roughnecks ». Au final, excepté le manque relatif d'interaction entre les musiciens en ‘live’, ce concert a été en tous points parfait. On a pu se rendre compte de l'incroyable spectre qui caractérise les Chameleons : une musique forte et en même temps très sophistiquée, des paroles très poétiques, voire philosophiques, révélant un regard unique sur la société et la condition humaine. On attend impatiemment les nouvelles compositions que Mark Burgess et surtout son nouvel elpee qui devrait paraître dans le courant de l’année, une œuvre pour laquelle il a associé différents musiciens, à l’écriture...

En première partie, Reiziger, une formation louvaniste et limbourgeoise, a présenté un power-rock énergique, aux accents Sonic Youth / Fugazi / Girls Against Boys. Leur album « Kodiak Station » est sorti il y a peu sur Birch&Broom/[PiaS]. A suivre !

Organisation : Het Depot, Leuven

Setlist :

Don't Fall
Here Today
Monkeyland
Second Skin
Up the Down Escalator
Less Than Human
Pleasure and Pain
Thursday's Child
As High As You Can Go
A Person Isn't Safe Anywhere These Days
Paper Tigers
View From a Hill

Encore 1

Looking Inwardly
Soul in Isolation
Singing Rule Britannia (While the Walls Close In)

Encore 2

Swamp Thing
Return of the Roughnecks

 

 

Page 19 sur 24
FaLang translation system by Faboba