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Philippe Blackmarquis

Philippe Blackmarquis

 

 
lundi, 28 avril 2014 19:20

Be My Guest

Musiczine a eu le privilège d'écouter, en exclusivité, le prochain album de Simi Nah, qui paraîtra le 6 juin prochain. Pour celles et ceux qui ne la connaissent pas, Simi est une artiste d'origine française aujourd'hui installée à Ostende. Elle a travaillé dans la mode et joué de la basse au sein de différentes formations, notamment chez Praga Khan ainsi que The Chicks.
 

Elle développe depuis quelques années un projet solo très intéressant en compagnie de son 'partner in crime', le musicien producteur belge KGB aka Kenny Germain B, un projet auquel participe également Safyée, aka Alice Thiel, la fille du regretté leader de Snowy Red.

Après avoir publié deux albums, « Cherchez La Femme » et « 5 », plusieurs singles, Eps et remixes, Simi est de retour. Elle a enregistré un album de reprises : « Be My Guest », un disque qui propose des versions nouvelles de classiques alternatifs issus des années '80. La très belle surprise nous vient cependant de la participation, sur la plupart des titres, de figures célèbres de la scène new-wave belge. Le résultat est un cocktail détonnant, aux accents EBM : un vrai régal !

Wim Punk, membre fondateur des Wolf Banes participe aux vocaux sur l'hypnotique « Cheree », un titre signé Suicide ; puis place à la première pépite : la reprise d’« Eisbaer » de Grauzone. Simi Nah et Danny Mommens (de Vive la Fête) s’y partagent le chant. Une plage que Mommens connaît bien, puisque sa propre formation l’interprète en ‘live’. Un départ en force !

La plage suivante est plus surprenante. Et pour cause, il s'agit de « Follow me », le hit d'Amanda Lear. Nikkie van Lierop, la chanteuse des légendes de la new-beat belge Lords of Acid, s’y réserve le micro. La voix est grave, l'ambiance très électro, et le résultat constitue un hit quasi-obligatoire pour les clubs. Puis Simi Nah et KGB ressuscitent le classique « Nag Nag Nag » de Cabaret Voltaire, une piste rehaussée par la présence d’un invité 'featuring' de marque, en l’occurrence Dirk Da Davo, la moitié de The Neon Judgement. Le son très criard de l'original cède ici la place à une production puissante et ample : une claque !

« Disco Rough » est un hit décroché en 1980 par le projet français Mathématiques Modernes. Produit par Jacno, il avait même été élu ‘single of the week’ par le NME. Ici, la version est plus lente que l'originale, délicieusement new-beat et c'est le grand Luc Van Acker (Revolting Cocks,...) qui prête sa voix à Simi. Autre belle surprise ensuite, la cover du « You Spin Me Round (Like a record) » de Dead or Alive, à laquelle participe aux vocaux une autre légende de la new-wave belge, Dirk Ivens (Absolute Body Control, The Klinik, Dive, Sonar). La transformation est bluffante et le résultat, un véritable 'club killer'.

C'est en toute logique que « Euroshima (Wardance) », le tube de Snowy Red, est repris au chant par Safyée, la fille de Marcel Thiel. On avait déjà pu découvrir cette version lors des concerts de Simi Nah et sur disque, l'effet est encore plus bouleversant. On est troublé par l'émotion tout en retenue qui se dégage de cet hommage. Beau !

Sur le titre final, le classique « Fade to Grey » (de Visage), Simi convie son partenaire, KGB, à l'accompagner au micro et le duo fonctionne à merveille. Comme 'Bonus tracks', nous avons droit à deux pistes de Simi Nah qui n'avaient été publiés que sous une forme électronique, « Dressing Room - the Naked mix » et « Flashback ».

Au final, cet opus apparaît comme une très belle collection de titres, qui permettra aux jeunes et aux moins jeunes de redécouvrir le très riche patrimoine de la new-wave, ainsi que quelques personnalités légendaires qui ont marqué leur époque. Nice job, guys !!

Pour écouter le teaser c'est ici

Pour pré-commander l'album c'est

 

jeudi, 03 avril 2014 15:04

Perte d'Identité

Marie Davidson, artiste canadienne établie à Montréal, nous invite ici à découvrir une musique électronique très novatrice, cinématique et organique, basée exclusivement sur des instruments analogiques : boîtes à rythmes et vieux synthés vintage. Sur ce premier opus, publié le 4 avril par l'excellent label bruxellois Weyrd Son Records, on identifie ce qu'on pourrait décrire comme la bande-son électronique d'un film imaginaire des années '70. On pense surtout à John Carpenter ("Assault On Precinct 13"), mais aussi aux BO des films italiens du genre ‘Giallo’ comme ceux de Dario Argento ou encore le célèbre « Canibal Holocaust ».

Le titre « Prélude », qui ouvre l'elpee, constitue une mise en condition. Un peu comme dans le premier album d'Enigma, l'artiste installe une atmosphère propice à la méditation (voire à l'auto-hypnose eriksonienne). La voix de MD, sensuelle et un peu ingénue, parle doucement dans notre oreille et c'est un vrai plaisir. Ensuite, « Abduction » nous plonge dans l'ambiance oppressante d'un film de science-fiction. Les sons sont cinglants, comme des rayons lasers décochés en pleine « Guerre des Mondes ». On pense ici à Suicide pour le côté hypnotique et répétitif. « Shaky Leg » opère un détour via la minimal wave aux accents house façon Grace Jones ou Miss Kittin', une plage dominée par la voix de MD, qui se fait plus coquine ; et le 'spoken word', à la limite entre le chant et la déclamation, est ici interprété en anglais.

« Vie et Mort d'un Ego » est sans nul doute la plage la plus cinématographique. Elle est conçue comme une longue progression instrumentale, étrange et répétitive, d'abord pointilliste, comme des gouttelettes d'eau qui perlent contre la vitre et ensuite, majestueuse, au fil d'une valse lente de cordes synthétiques.

La face ‘B’ commence par le titre phare de l'opus : « Je ne t'aime pas ». Le tempo de la boîte à rythmes est lent mais il pulse comme un cœur qui bat. Les sons de synthés adoptent des couleurs ambient, kraut, psyché. La composition libère une atmosphère fiévreuse, dominée par la voix fragile et touchante de Marie, mais affiche aussi un côté 'nouvelle vague' très attachant. Un véritable hit qui devrait séduire les fans de minimal wave, bien sûr, mais aussi le public amateur de Charlotte Gainsbourg et de 'French Pop' en général.

« Perte d'Identité » est sans doute le titre le plus ambitieux. Par sa durée tout d'abord : 7 minutes 20 ! Mais on ne s'ennuie pas une seconde. On retrouve un rythme pulsé et des sonorités claustrophobes, un peu comme dans « Abduction ». Le poème que MD récite ici est troublant, puissant, existentiel. En fin de parcours, changement radical : sur des nappes synthétiques, MD nous souffle doucement : ‘Ouvre les yeux, ce n'était qu'un instant...’ Dommage, on aurait bien aimé que le rêve dure plus longtemps. En ‘bonus track’, MD nous livre un remix très house du « Shaky Leg » de Cristobal U & The Mole.

Notons la participation à la réalisation et au mixage du mari de MD, Pierre Guerineau (en compagnie duquel Marie forme le duo Essaie Pas), ainsi que de David Kristian et Cristobal Urbina. Le mastering est signé par l'Ostendais KGB (AtOMiC Studio), également impliqué chez Simi Nah. On épinglera également le superbe artwork réalisé par Weyrd Son, aka Michael Thiel, ainsi que la très belle photo de MD, réalisée par Alice Thiel.

En conclusion : pour une première production vinyle, Marie Davidson frappe très fort. Malgré le côté froid des synthétiseurs, on sent une pulsation organique, presque physique. D'emblée, MD crée un univers propre, foncièrement original, fascinant et tellement attachant. L'artiste finalise déjà son second album, qui paraîtra sur le label texan Holodeck Records : on en redemande !

Pour se procurer l’album c’est ici et pour lire notre interview de Marie Davidson et Pierre Guerineau, c’est là 

Enfin, pour savourer le clip de "Je ne t'aime pas" c’est encore ici 

 

lundi, 31 mars 2014 01:00

Entre hype et véritable talent…

La musique psychédélique est un peu comme le Phoenix : régulièrement, elle renaît de ses cendres pour livrer un nouvel avatar, héritier des traditions des années sixties et seventies. Après The Church (« Heyday ») dans les années '80, Oasis et Kasabian dans les années '90 et plus récemment, Tame Impala, Black Angels et Animal Collective, Temples, une formation originaire de Kettering dans le Northamptonshire, vient de prendre le relais. Soutenus par Noel Gallagher, l’ex-guitariste/compositeur d'Oasis, ils rencontrent actuellement une ascension assez fulgurante. Leur passage au Botanique nous permettrait donc d'aller vérifier si nous étions en présence d'un 'hype' comme l'Angleterre nous en fourgue régulièrement ou s'il s'agissait d'un véritable talent en pleine éclosion.

La salle de l'Orangerie est bien remplie et ce qui est frappant, c'est l'étendue des tranches d'âge représentées : depuis le vieux hippie reconverti au consumérisme jusqu'aux jeunes branchés arborant fièrement une frange à la Brian Jones. Sur scène, pas de surprise : les musicos ont le même look que dans leurs clips vidéos : le chanteur/guitariste, James Edward Bagshaw, est un croisement entre Syd Barrett et Marc Bolan et l'autre membre fondateur, le bassiste Thomas Edison Warmsley, semble sorti du groupe glam The Sweet.

Au moment où les musiciens montent sur les planches, on entend la musique de « Daydream », le célèbre hit du groupe belge Wallace Collection ;  mais, sacrilège, dans une version 'cover' ! Une furieuse faute de goût, si vous voulez mon avis. Enfin, dès le premier titre du concert, le superbe « Colors To Life », on doit se rendre à l'évidence : les lascars savent jouer ! Le son est parfait, les harmonies vocales époustouflantes et l'ensemble donne l'impression d'un professionnalisme sans faille. Ces petits morveux n'ont qu'un album à leur actif, l'envoûtant « Sun Structures », paru en février dernier sur Heavenly Recordings, et ils sont déjà au top de leurs capacités techniques.

La musique de Temples est un véritable kaléidoscope d'influences diverses. Dans l'ensemble, on pense évidemment à la pop psychédélique de la fin des 60’s : Pink Floyd (période « See Emily Play »), Beatles (« Tomorrow Never Knows »), The Monkees, The Zombies, The Easybeats ou The Byrds. Mais on reconnaît également ça et là quelques touches de T.-Rex (« Keep It Dark »). Dans « Sun Structures », les triolets exécutés en parfait parallélisme par les quatre musiciens font irrémédiablement penser au Yes du début des années '70.

Le public est parfaitement réceptif mais c'est « A Question Isn't Answered » qui provoquera le plus de réactions. La rythmique presque tribale évoque Kasabian et on est emporté par les mélodies très simples, jusqu'à la superbe finale a capella. Un joli moment ! Dans « Mesmerize », la formation s'autorise une digression instrumentale assez bruitiste, dans la tradition psyché. « Sand Dance » clôture le set, révélant des accents Zeppeliniens du meilleur acabit. En rappel, Temples interprètera un « Shelter Song » dominé par des harmonies vocales très 'sixties', que n'auraient pas reniées les Mama's & Papa's.

Au final, un concert techniquement parfait mais sans véritable grain de folie. Les musicos sont appliqués. Comme de bons élèves, ils reproduisent les sonorités de leurs aînés mais, ils en oublient qu'il faut casser le moule, briser le carcan, si l'on veut exister en tant qu'artiste. De plus, dans les mélodies, ils abusent, en général, de ‘clichés’, des clichés qui après quelques écoutes, se transforment en ‘rengaines’. Et surtout, l'ensemble est trop apprêté, trop propre ; on ne ressent pas l'âme, la folie, la transgression du réel qui sous-tend le mouvement psyché. En conclusion, malgré des débuts prometteurs, Temples devra s’affranchir de références encore trop présentes aujourd'hui, sil veut déployer ses ailes. A vérifier lors de la sortie de leur deuxième opus !

Setlist

Colors To Life
Prisms
Sun Structres
A Questions Isn't Answered
The Golden Throne
Ankh
Move With The Season
Keep In The Dark

Mesmerize
Sand Dance

Encore :

Shelter Song

(Voir aussi notre section photos ici)

 

Veronica Vasicka est une New-Yorkaise (très jolie, au demeurant) qui dirige le célèbre label 'Minimal Wave'. Sa passion, c'est d'effectuer un véritable travail d'archéologue pour déterrer des pépites oubliées de la vague 'new-wave électronique' de la fin des années '70 et des années '80. Certaines productions sont des ré-éditions de cassettes ou de vinyles en rupture de stock depuis des décennies, d'autres sont des projets qui n'ont jamais été édités. Les compilations « Minimal Wave Tapes » ont recueilli un succès immédiat et ont contribué au renouveau de la musique électronique 'minimale'.

En dehors de cela, Veronica a une émission de radio hebdomadaire sur East Village Radio à New-York, une radio qu'elle a co-fondée, et gère également Cititrax, un label qui édite des productions actuelles. Elle crée également sa propre musique sous un pseudonyme secret. Pour en savoir plus : http://minimalwave.com

Ce samedi, elle accordera un DJ set exclusif aux Ateliers Claus, à Bruxelles, dans le cadre d'une soirée qui verra également se produire Different Fountains (DFE), un duo créé à Bruxelles / Paris, qui produit une électronica expérimentale très intéressante. Site web: http://www.differentfountains.com/

Egalement à l'affiche, un 'live' de Balle Magique, un nouveau projet instrumental de deux membres de Carl et Les Hommes Boîtes: Carl Roosens et Pascal Matthey. Site web: http://carlroosens.tumblr.com/

Enfin, les autres DJ sets seront assurés par DJ soFa (LMALC) & Dimitri Runkkari (VLEK): http://sofaholic.tumblr.com/ & http://vlek.tumblr.com

Page de l'évènement sur Facebook : https://www.facebook.com/events/258457137650098/

Ateliers Claus : http://www.lesateliersclaus.com/

 

C'est devenu une belle tradition depuis quelques années: au mois de mars, le Botanique invite la presse pour présenter le programme de son festival ‘Les Nuits Botanique’. En lever de rideau, Annie Valentini, directrice, et Paul-Henri Wauters, programmateur, ont tout d'abord fait le point sur l'année écoulée. Une année record qui aura, vu le nombre de visiteurs, passer la barre symbolique des 100 000. Pour la 21e édition des Nuits Botaniques, qui se déroulera du 16 au 27 mai, le centre culturel espère également battre un record, celui des 37 000 visiteurs de l'édition 2013.

La ligne directrice de la programmation des Nuits 2014 est sans nul doute l'ancrage belge. Entre 40 et 50 groupes ou artistes belges font partie du lineup, soit environ 50% de l'ensemble. Une ‘Nuit Belge’ est prévue le 21 mai avec My Little Cheap Dictaphone (MLCD) et Robbing Millions, les deux "coups de coeurs" actuels du Bota. Ils seront entourés de Carl et Les Hommes Boîtes, qui reviennent en deuxième année pour présenter une création dans le cadre du Museum, ainsi que de deux formations venues de Flandres, Amatorski et Astronaute.

L'ouverture vers la partie néerlandophone du pays se renforce donc, dans la foulée des coopérations avec, entre autres, l'AB et Pukkelpop. Cette volonté d'expansion touche également les styles musicaux couverts par la programmation. Le Botanique va plus loin que le classique électro-pop pour intégrer des genres plus ‘fusion’ comme le jazz/hip-hop, le rock/garage/psyché ou l'ethno-jazz.

A nouveau, de grands noms ont insisté pour être présents à l'affiche de ce festival, qui se présente comme le plus grand festival de concerts en Belgique. Citons Cat Power (version solo), Vincent Delerm, Emilie Simon et surtout, Fauve, les petits prodiges français, qui auront en quelque sorte grandi au Botanique.

Paul-Henri Wauters souligne également le grand nombre de créations uniques qui émailleront le programme. Selon lui, les artistes sont motivés par le format original du festival et souhaitent très souvent présenter des spectacles inédits. Citons, notamment, Long Distance Operators, dirigé par Catherine Graindorge, The Feather, qui proposera une toute nouvelle setlist, Jospeh Arthur pour un hommage à Lou Reed, Scylla ou Emily Loizeau. La cathédrale des Saints Michel et Gudule accueillera ‘Musiques Nouvelles’, un spectacle dirigé par Jean-Paul Dessy, avec Mélanie de Biasio et de Tulegur Gangzi, un artiste venu de Mongolie qui possède une puissance d'expression inouïe, dixit Paul-Henri Wauters...

Expansion aussi au-delà de nos frontières. Ainsi, les Nuits s'exporteront à Mons, en coopération avec Manège.Mons, dans le cadre d'un concert de FùGù Mango, Robbing Millions et MLCD. En France, il y aura un concert Nuits Botaniques à Paris, à la Maroquinerie (MLCD et The Feather) et une Nuit Botanique Europavox à Clermont-Ferrand (Girls in Hawaï, Mélanie de Biasio, MLCD, ...)

Une fois de plus, le Botanique se présente comme un bailleur de fond, un accoucheur de talents qui aime découvrir les artistes de demain. Le centre culturel souligne par ailleurs sa volonté d'entretenir avec ces derniers et le public une relation de confiance à long terme, basée sur la qualité, le professionnalisme et une dimension profondément humaine.

Pour consulter le programme complet: http://www.botanique.be/fr/project/les-nuits-fr/2014

 

 

Laibach, du nom allemand de la capitale de la Slovénie, Ljubljana, est un collectif avant-gardiste issu de cette ex-province de la défunte Yougoslavie. Actif depuis le début des années '80, il peut se targuer d'une discographie très riche. Il est bien sûr célèbre pour le hit très dansant "Tanz Mit Laibach" et pour ses reprises d'Opus, Queen ou DAF ; cependant, les vrais fans savent que Laibach est capable d’en offrir davantage ! Leurs derniers concerts en Belgique remontent à décembre 2007 (au Botanique à Bruxelles), décembre 2010 (au Festival BIM à Anvers) et septembre 2012 à Audenarde. Aujourd'hui, la formation revient pour présenter son nouvel opus, "Spectre", dans la salle Het Depot (Louvain) en configuration ‘box’ (la partie arrière de la salle est masquée par un rideau).

C'est tout naturellement par de très larges extraits de "Spectre" que s'ouvre la setlist. Le prélude au Te Deum H. 146 de Marc-Antoine Charpentier, le thème musical de l'Eurovision, constitue une introduction parfaite pour le titre "Eurovision". Suivant un rituel propre au groupe, le podium est dominé par deux imposants écrans vidéo et deux projecteurs disposés à l'avant du podium. Le son est puissant et épique ; quant à la voix grave de Milan Fras, elle résonne comme une scie circulaire. A ses côtés, on ne peut qu’admirer la belle et fascinante chanteuse Mina Spiler. On notera d'ailleurs dans "Walk With Me", "Eat Liver" et "We Are Millions" que le rôle de cette dernière est plus important qu'auparavant, pour le plus grand bonheur de ses fans (qui se reconnaîtront).

Le premier moment-clé du spectacle est atteint par le morceau "Whistleblowers": le sifflement martial façon "Pont de La Rivière Kwai", immédiatement reconnaissable, court tout au long de cette composition dédiée aux 'lanceurs d'alertes' ; ces personnalités qui, à l'instar d'Edward Snowden ou Julian Assange, interpellent l'opinion pour dénoncer les abus ou les dangers. Le côté grandiloquent, les thèmes engagés et le show total font irrémédiablement penser à "The Wall", mais en version 'dark'. "Koran" est une magnifique ballade, superbement interprétée. Le titre suivant, "No History", toujours extrait de "Spectre", est une véritable tuerie. Le riff de synthé est imparable et la rythmique lancinante. Viennent s’y greffer les incantations des deux chanteurs jusqu'au final a capella : un grand moment, à voir ici. Dans l'ensemble, les plages du nouvel elpee se révèlent très puissantes et très efficaces sur les planches et cette première partie est une totale réussite.

Après un intermède de 10 minutes, la formation revient pour un 'best of'. Il commence par une évocation de la période années '80, grâce à des versions complètement revisitées de deux chansons en slovène: "Brat Moj" ("mon frère") et "Ti Ki Izzivas" ("Toi, Qui Ose"). Ici, la musique est plus expérimentale, parfois dissonante mais toujours hypnotique. Dans les années '80, les membres du combo avaient poussé l’expérience jusqu'à travailler effectivement dans une usine, la cimenterie de Trbovlje, afin de bien comprendre l'environnement industriel. On aime beaucoup quand Mina Spiler crie "Ti Ki Izzivas" dans son mégaphone, en arborant son charmant regard glacé...

Les deux titres suivants, "B Mashina", une reprise du groupe slovène Siddharta, et "Under the Iron Sky", sont tous deux extraits de la bande originale du film "Under The Iron Sky". Ensuite, "Leben-Tod", publié en '87, montre clairement l'influence de Laibach sur la vague industrielle de '88-'95, qu'il s'agisse de Skinny Puppy, Nine Inch Nails ou plus tard Rammstein. "Warme Lederhaut" est une excellente reprise de "Warm Leatherette" de The Normal (le premier disque du label Mute, sur lequel Laibach est signé). Pour terminer le set, nous aurons droit à deux reprises classiques : le "Ballad Of A Thin Man" de Bob Dylan, et le "See That My Grave Is Kept Clean" de Blind Lemon Jefferson (également repris par le Zim), deux compositions qui ont été soigneusement adaptées au style wagnérien de Laibach.

La formation se retire, et après quelques minutes, c'est une voix préenregistrée qui annonce le rappel. "Let me hear you say : Ho!": la voix joue avec le public, soulignant le côté ironique, 'second degré', omniprésent dans l'oeuvre de Laibach. Les musiciens reviennent enfin sur l’estrade pour l'assaut final. Tout d'abord, en dispensant une reprise hallucinante du "Love On The Beat" de Serge Gainsbourg. Très plaisant d'entendre Milan Fras chanter en français, et Mina Spiner, pousser des petits cris orgasmiques. Enfin, le concert se termine de façon magistrale par le plus grand succès du groupe: "Tanz Mit Laibach", une marche militaire très inspirée de DAF, sur laquelle le public remue comme un seul homme.

Malheureusement, le second rappel, pourtant prévu sur la setlist, passera à la trappe. Quoiqu'il en soit, une fois de plus, Laibach a démontré l'originalité de son approche, qui va bien au-delà de la musique. La performance est orientée multimédia. On est en présence d’art multimodal, un spectacle total avec son, lumières, vidéo et une énorme présence. Mais surtout, ces artistes uniques apportent un regard sarcastique très aigu sur les questions politiques, en plaçant le totalitarisme et l'iconographie militaire au centre du débat. Dans cet esprit, ils ont créé un nouveau style, une nouvelle esthétique, unique et incroyablement forte. Merci pour ce superbe show!

Setlist

Eurovision
Walk with Me
Americana

We Are Millions
Eat Liver !
Bosanova
Koran
Whistleblowers
No History
Resistance Is Futile
Intermezzo
Brat Moj
Ti, Ki Izzivaš
B Mashina
Under the Iron Sky
Leben-Tod
Warme Lederhaut
(The Normal cover)
Ballad of a Thin Man
(Bob Dylan cover)
See That My Grave Is Kept Clean
(Blind Lemon Jefferson cover)

Encore:

Love on the Beat
(Serge Gainsbourg cover)
Tanz mit Laibach

Regardez les photos du concert ici 

(Organisation: Het Depot)

Le concert de ce quatuor australien, accordé à l'AB Club le 28 mars 2012, avait été une des belles surprises de cette année. Leur pop/rock mélodique et la voix exceptionnelle de la chanteuse, Hayley Mary, avaient impressionné l’auditoire. Aujourd'hui, le combo revient, un nouvel elpee sous le bras. Intitulé "The Brink", il est publié par notre label national PiaS et produit par Dan Grech-Marguerat, un producteur anglais qui a déjà travaillé pour Radiohead, Scissor Sisters, The Kooks ou encore Lana Del Rey. Tout est donc en place pour un set qui marque, sinon une consécration, à tout le moins, l'accession à un succès largement mérité.

Malheureusement, premier 'hic' : la salle de l'Orangerie n'est garnie qu'aux trois-quarts... Ca commence mal. Je ne sais si c'est pour cette raison, mais la prestation des quatre musiciens manquera dans son ensemble cruellement d'enthousiasme. Dès le premier titre, « The Brink », on se rend compte qu’Hayley Mary chante à la perfection, mais elle semble être absente des débats. Idem pour Heather Shannon au piano/synthé et Samuel Lockwood à la guitare. Seul Nik Kaloper, le batteur, semble se livrer à fond. 

Techniquement, rien à dire : le son, parfait, laisse une large place à la voix sublime de Hayley, dont le physique fait penser à Sharleen Spiteri (Texas), une voix qui se révèle aussi à l'aise dans les ambiances intimistes que lors des envolées épiques incantatoires. Une voix qui rappelle Kate Bush, Florence Welch et par moments même Sharon den Adel (surtout dans les aigus). Dominés par la guitare, très U2-esque, de Samuel Lockwood, les arrangements évoquent Coldplay, Crowded House, The Killers voire Arcade Fire.

La setlist est puisée au sein de "The Brink" et du premier album: "Prisoner". Des compos comme "Endless Summer", "A Little Piece" et "City Girl" sont bien accueillies par le public. Mais c'est "Hurt Me", paru en single en 2011, qui déclenche le plus de réactions. Le groupe clôture son set par "Dark Storm", probablement leur titre le plus abouti. L'intro à la guitare nous renvoie à The xx et l'ensemble est plus mélodique et mieux structuré. On constate ici un léger regain d'énergie sur les planches ; surtout lors du beau final hypnotique.

En rappel, l'atmosphère est tout d'abord recueillie, que traduit le paisible "Psychotherapy". Ensuite, Hayley Mary sort quelque peu de sa réserve et s'avance vers le devant de l’estrade pour remercier deux jeunes filles du premier rang qui, apparemment, ont suivi tous les concerts de la tournée. Elle leur dédie le dernier titre: "Easy To Love" et va jusqu'à leur faire la bise. Et là, les choses semblent se débloquer un peu. Portée par la rythmique quasi-tribale et les accords majestueux, Mary semble s'ouvrir quelque peu et le final du show est plus dynamique.

Dommage, on aurait aimé que cette ouverture soit présente dès le début. Au final, nous quittons la salle en éprouvant des sentiments mitigés. Encore un groupe qui se concentre de façon très appliquée, voire scolaire, sur la qualité de son jeu et oublie que le livrer en ‘live’ est un exercice qui implique également la communication. Communiquer son enthousiasme, c’est également le rôle dévolu à tous les membres du groupe. Entre eux. Et puis, au public. Une attitude d'autant plus étrange qu'au stand ‘merch’, les quatre musicos ont montré un tout autre visage, disponibles, souriants et plein d'entrain!  

Jézabel était Reine d'Israël ; pour The Jezabels, le moment n'est pas encore venu de monter sur le trône du succès planétaire. Mais ce n'est que partie remise ; le rendez-vous est pris pour un 3ème album, un hit mondial et une nouvelle tournée qui sera, espérons-le, triomphale!

En première partie, Abel Caine, un nouveau combo électro/pop belge, originaire de la région du Centre (La Louvière), a accordé une prestation encourageante. Bloc Party, Phoenix, Metronomy et Foster The People constituent certainement leurs sources d’inspiration. A suivre, dès lors…

Setlist The Jezabels

The Brink
Endless Summer
Long Highway
Time To Dance
Look Of Love
Hurt Me
Beat To Beat
City Girl
Mace Spray
A Little Piece
No Country
The End
Dark Storm

Encore:

Psychotherapy
Easy To Love

(Organisation Botanique)

vendredi, 28 février 2014 00:00

Un viol sensoriel...

Ce soir, c'est l'invasion française à l'Atelier 210 de Bruxelles! Teenage Menopause Records, le label franco-belge bien connu, emmené par Elzo Durt, y organise, en 'co-prod' avec l'Atelier, un concert à guichets fermés proposant trois formations qui débarquent d’outre-Quiévrain : Plastobeton, Scorpion Violente Et Cheveu.

Plastobeton, c'est un combo no-wave électronique originaire de Metz appartenant, comme Scorpion Violente à la ‘Triple Alliance de l’Est’, un collectif de musicos qui dressent un pont garage-électro-punk entre Metz, Strasbourg et Paris. Sur la scène, le synthé distordu de Nafi aka Scott Scorpion (aussi chez Scorpion, Violente, The Dreams, Anals et Sida) se heurte aux sons très 'shoegaze' du guitariste de The Feeling of Love, le tout sur des rythmiques machinales. Le chanteur essaie tant bien que mal de hurler sa poésie 'spoken word' façon Cantat déjanté et l'ensemble fait très noise! Une bonne mise en bouche...

Le plat de résistance de la soirée, pour votre serviteur en tout cas, c'est Scorpion Violente. Nafi aka Scott Scorpion y est associé à Thomas Überwenig (Organ Punishment, Plastic Wound Infection, Ponch...) pour produire une musique hallucinante, un monstre bicéphale qui d'un côté, transpire le sexe et la luxure et d'un autre côté, emmène au nirvana grâce à des mélodies d'orgue quasi religieuses.

C'est, je crois, la quatrième fois qu'ils écument notre ville de Brux-Belle, après la RTT, les Brasseries Belle-Vue et le Café Central. Comme d'habitude, les deux acolytes trônent derrière leurs machines infernales disposées sur une grande table. Nafi triture sa boîte à rythmes et dessine sur son synthé Korg Poly61 l'ossature harmonique des morceaux, tandis que Thomas, l'inévitable clope au bec et les lunettes de soleil sur le nez, balance sans broncher d'ensorcelantes lignes mélodiques sur son vieux Caravan R6, un vieil orgue italien des années '70. Sans oublier les effets vintage comme les réverbs à ressorts ou les sound stretchers paramétriques.

Au niveau du jeu, leur idée est de n'utiliser que 4 doigts au total (2 x 2) pour jouer. Le résultat est un cocktail trance-disco-psyché-indus complètement hypnotique. Le corps est pris d'assaut par les rythmes qui font très ‘trance’, avec prédominance de hi-hats syncopés et l'esprit s'envole dans des nappes mystiques, voire gothiques. C'est viscéral, Suicidesque, carrément body et... industriel. On se croirait à côté d'une aciérie désaffectée, un dimanche matin, au retour d'une soirée glauque et imbibée dans une boîte SM de Metz...

Le public se laisse entraîner dans l'ambiance et on voit les têtes qui balancent au son des titres "Mi Pute, Mi Soumise" ou "Rome Violente". Mais le moment le plus fort, c'est sans conteste "The Rapist", cette compo carrément progressive de plus de 8 minutes, au cours de laquelle se fondent des accès de basse bien crades et des lignes de synthé évoquant Dead Can Dance... ou plutôt Dead Can Trance, dans ce cas-ci! L'ensemble nous transporte tellement loin qu'on en a les larmes aux yeux. Regardez la vidéo de ce moment d'orgasme ici

Le combo nous livrera aussi deux morceaux inédits, qui n'ont pas encore de titre. Après le concert, Thomas nous confiera qu'ils seront publiés sous la forme d'un Ep à paraître sur le label Bruit Direct.

Pour lire la chronique du concert de Cheveu, c'est ici

Pour lire l'interview complète de Scorpion Violente réalisée il y a un an lors du concert au Café Central, c’est là 

Setlist

Mi Pute Mi Soumise
New song (untitled)
Rome
Violente
Christopher Walken
The Rapist
Uberschleiss
New song (untitled)

(Organisation : L’Atelier + Teenage Menopause Records)

 

mardi, 25 février 2014 00:00

Super... Nova !

La salle 'Het Depot' à Louvain est achi-comble pour accueillir Heather Nova, cette chanteuse originaire des Bermudes, qui est surtout connue grâce à des hits pop-rock composés dans les années '90, comme "Walk This World" ou "Island". Malgré une carrière dans l'ensemble très discrète, elle jouit néanmoins d'un véritable culte, que lui vouent un contingent de fans en constante croissance. Ce set s'inscrit dans le cadre d'une tournée européenne en formule acoustique.

Comme elle nous l'a confié lors de l'interview avant le concert (voir ici pour l’article et pour la vidéo de cet entretien), Heather Nova présente, lors de cette tournée, des versions acoustiques de chansons issues de l'éventail complet de ses productions. ‘On crée une atmosphère assez intime, avec juste un musicien et moi sur scène. Nous nous servons d’instruments acoustiques mais ajoutons aussi quelques effets électroniques et nous changeons d'instruments et de sons régulièrement, pour varier un peu les ambiances.’ Le musicien en question, c’est Arnulf Lindner, un multi-instrumentiste autrichien, qui passe avec une aisance déconcertante du violoncelle aux claviers pour finir aux guitares. Quant à Heather, drapée dans une robe très organique, elle affiche une beauté et une élégance remarquables. La plupart du temps, elle chante et joue de la guitare acoustique mais de temps en temps, elle s’installe également aux claviers.

La setlist passe en revue ses quelque 20 ans de carrière, mettant bien sûr un accent sur « Oyster » et « Siren », ses deux elpees les plus en vue et « 300 Days At Sea », sa toute dernière production. L'élément visuel est également important notamment par le biais de la projection d'animations basées sur les peintures, également très organiques, de l'artiste italien Alberto Di Fabio. La combinaison entre ces animations et l'univers, très 'nature' de Nova, est parfaite.

"Save A Little Piece Of Tomorrow" constitue un des moments clés du concert, une composition qui traite du réchauffement climatique, au cours de laquelle la chanteuse alterne entre son micro 'classique' et un autre relié à des effets électroniques, qu'elle utilise pour des parties 'solo'. Un autre, touchant celui-là, se produit pendant « The Good Ship 'Moon' », une composition racontant les nombreux voyages qu'elle a accompli au cours de sa jeunesse, en compagnie de son père sur le bateau 'Moon'. La voix, le piano, le violoncelle et la belle vidéo consacrée à l'océan forment un ensemble surprenant, qui donne la chair de poule. Plus tard, l'émotion monte encore d’un cran, quand elle interprète une chanson inédite baptisée « Tree House », dédiée à son jeune fils et à la beauté éphémère de l'enfance. Superbe !

Ce moment magique se prolonge par l'interprétation du magnifique hit « Island », qui clôture de façon magistrale le spectacle. Heather Nova revient ensuite pour le très beau « Truth And Bone » avant de prendre congé sur « Until The Race Is Run », tiré de son dernier opus. Un très beau concert accordé par une artiste inclassable, qui mène une carrière remarquable loin des spotlights mais avec une réelle sincérité. Super Nova !


Setlist :
 

I Miss My Sky (Amelia Earhart's Last Days)
Higher Ground
Avalanche
Out On A Limb
Winterblue
Walking Higher
Save a Little Piece of Tomorrow
Fool for You
Like Lovers Do
Paper Cup
Do Something That Scares You
The Good Ship "Moon"
I Wanna Be Your Light
Heart and Shoulder
Tree House
Stay

Island

Encore:

Truth and Bone
Until the Race Is Run

(Organisation Het Depot)

Vous connaissez peut-être Heather Nova. Originaire des Bermudes, cette chanteuse a connu un succès 'mainstream' dans les années '90, grâce à des hits comme "Walk This World" ou "Island". Au cours de sa carrière, elle n'a jamais cédé aux sirènes du 'star system', privilégiant la vie de famille, et en particulier son mari et son petit garçon. Aujourd'hui, après avoir publié 8 albums studio, elle jouit néanmoins d'un véritable culte, que lui vouent un contingent de fans en constante croissance. Actuellement en tournée en Europe, elle nous a accordé une interview à Louvain, peu de temps avant son concert au 'Depot'.

"J'ai été influencée par les 'songwriters' en général. Par quiconque écrit des chansons en puisant dans ses propres expériences, avec son coeur". On le voit : Heather Nova ne s'inscrit pas dans une perspective 'hype' ou 'médias'. C'est une chanteuse dans la grande tradition anglo-saxonne, celle de, par exemple, Joni Mitchell. "Oui, j'ai été influencée par elle quand j'étais jeune". Ou aussi Leonard Cohen, auquel elle porte une sincère admiration. "J'aimais aussi Patti Smith... Et Suzanne Vega! D'ailleurs, j'ai failli voir Suzanne à Hambourg récemment. Je lui ai envoyé des tweets mais comme on jouait au même moment, on n'a pas réussi à se rencontrer..."

Lors de cette tournée, Heather Nova propose des versions acoustiques de chansons issues de l'éventail complet de ses productions. "On crée une atmosphère assez intimiste, avec juste Arnulf Lindner et moi sur scène. Nous utilisons des instruments acoustiques mais nous nous servons également de quelques effets électroniques ; et puis nous changeons d'instruments et de sons régulièrement, pour varier un peu les ambiances."

L'élément visuel est également important notamment par le biais de la projection d'animations basées sur les peintures de l'artiste italien Alberto Di Fabio. "C'est un personnage que je connais depuis que j'étais étudiante à Rome. Il propose des tableaux inspirés par la microbiologie, les cellules, les neurones et l'ADN. Je me suis toujours sentie très proche de lui car nous sommes tous deux concernés par la nature, mais de façon différente." Une combinaison artistique qui fonctionne en effet à la perfection en ‘live’.

C'est une longue histoire entre Heather Nova et la Belgique. L'artiste y a accordé plus d'une trentaine de concerts au total. "Je me souviens particulièrement du festival 'Marktrock' à Louvain, sur la place. La vue quand on est sur le podium y est impressionnante !" Les tournées ne se limitent d'ailleurs pas aux grandes villes : elle aime visiter celles de province, comme Borgerhout, Heist-Op-Den-Berg, Beveren, etc.

Mais Heather Nova s'interdit néanmoins des périples mondiaux interminables. "Je me concentre sur l'Europe, et ce, depuis que mon fils est né, il y a dix ans maintenant. Je veux pouvoir passer plus de temps chez moi, à la maison. Et il m’accompagne sur la route, car j'estime que ces voyages sont une merveilleuse forme d’éducation. Les Bermudes, c'est très beau mais il n'y a pas de musées, pas beaucoup de culture. Donc, chaque fois que nous partons en tournée en Europe, nous prenons le temps de découvrir, et c'est très chouette!"

La naissance de son fils a tout naturellement causé un impact important sur la vie et sur l'inspiration artistique de Heather Nova. "C'est un changement complet de perspective. Tout devient plus important, plus poignant. On doit penser au-delà de sa propre vie, se projeter dans le futur. On se sent plus concerné par les questions du réchauffement climatique, toutes ces choses-là." Un sujet d'autant plus crucial pour les habitants d'un archipel! "En effet! Nous habitons juste au-dessus du niveau de la mer! Donc, on essaie de faire des petites choses, à notre échelle. Par exemple, notre maison n'est alimentée que par de l'énergie solaire."

L'artiste a d'ailleurs consacré un titre au problème du changement climatique: ‘Save A Little Piece of Tomorrow’, sur son dernier opus. "En général, je n'aime pas traiter de thèmes cruciaux dans mes chansons, parce qu’ils deviennent vite du prêchi-prêcha ou de la politique ; mais ici, j'ai abordé le sujet d'un point de vue émotionnel. Je pensais à mon petit garçon, qui grandit dans cet endroit idyllique et un jour, nous revenons et la maison est sous l'eau... C'est une image très forte."

Parlons d'ailleurs de ce dernier elpee, ‘300 Days At Sea’, paru en 2011. Orienté beaucoup plus pop/rock que les deux précédents, il a permis à l'artiste de retourner au son qui était le sien dans les années '90. "Je voulais revenir à ce sentiment que j'avais, au niveau de la production, quand j'ai réalisé 'Oyster' et 'Siren'. Et j'ai d'ailleurs utilisé une partie de l'équipe de l'époque pour opérer les nouveaux enregistrements. C'est donc une production 100% pop-rock." On se demande si ce retour aux origines n'est pas une manière de montrer que la boucle est bouclée ; mais Nova s'inscrit en faux: "Oh non! Je continue! Ce n'était qu'un cercle. Et j’en entame un nouveau maintenant!" Et il sera comment, ce prochain cercle? "Je ne sais pas encore. J'ai écrit beaucoup de morceaux, mais je n'ai pas encore fixé de choix concernant l'approche, la production. Mais ce sera quelque chose de différent, cette fois..."

Pour regarder l'interview complète en vidéo, c’est ici  

 

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