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Philippe Blackmarquis

Philippe Blackmarquis

 

 
samedi, 19 janvier 2013 02:00

Un rituel mystique époustouflant

Créé dans les années 80 à Rouen par Olivier Tarabo et son acolyte de toujours, Claude Fenny, ROSA†CRVX est devenu au fil du temps un groupe 'culte', responsable d’une musique unique en son genre, médiévale et tribale, mystérieuse et hermétique. Le 19 janvier dernier, la formation a accordé un concert exceptionnel dans le cadre du Methuselah's Ball au sein du Théâtre des Deux Gares, à Bruxelles.

Après avoir vu ROSA†CRVX à plusieurs reprises, et notamment lors d’un concert mémorable accordé au cœur de l'Eglise Sainte Croix des Pelletiers à Rouen, il était intéressant de découvrir la formation dans un cadre plus intimiste. Malgré la relative exiguïté de la scène, tout l'imposant équipement est bel et bien présent : le carillon de huit cloches, l'orgue et la batterie automate MIDI (BAM). Mieux encore : on découvre des éléments du décor de la crypte où le groupe organise ses soirées à Rouen.

Dès les premières notes de "Vielles", l'instrumental qui ouvre le concert, une atmosphère unique, comme seul ROSA†CRVX peut en créer, envahit le théâtre. Les roulements de tambour répondent aux interventions incisives de la guitare, qui sonne comme une cornemuse. On est plongé dans un cérémonial obscur, mené à la lueur de dizaines de bougies. Dès "Invocation", les voix, l'orgue de Claude Fenny et la contrebasse électrique à 5 cordes d'Antoine Boyer entrent dans la danse, tandis que Vincent Kreyder soutient la rythmique de la BAM par des percussions retentissantes. Suivant le même rite, c'est pendant ce titre que les deux choristes principales, Marianne Wood et Juliette Bates (la troisième, Caroline Delavault, ne participant pas cette chorégraphie) viennent au devant du podium pour dessiner des arabesques à l’aide de leurs grands drapeaux, gestuelle qui force d'ailleurs les spectateurs du premier rang à reculer.

L'intensité reste palpable pendant "Adorasti", une composition qui met particulièrement en valeur l'exceptionnelle voix d'Olivier Tarabo. Toujours puissante, à la limite du déchirement, elle évoque Gavin Friday (Virgin Prunes), mais en empruntant une tonalité diabolique bien spécifique. Parfois, on croirait entendre des incantations formulées par des Indiens d'Amérique. Place ensuite à "In Tenebris", caractérisé par son très beau riff au piano et surtout "Terribilis", qui réverbère au son des cloches du magnifique carillon. Rappelons que c'est le groupe lui-même qui a fondu ces cloches et construit le carillon, dans une démarche artisanale fondée sur l'authenticité.

Le spectacle est total. Très sombres, les vidéos montrent des catacombes, des croix, des démons ou des parchemins. En grand inquisiteur, Olivier Tarabo règle minutieusement tous les détails du spectacle, déambulant entre le micro et l'installation à l'arrière de la scène. Après le menaçant "Hel-Hel", ROSA†CRVX nous propose trois nouveaux titres, "Tonitrvi", "Venite" et "Ante-A". Ils sont très impressionnants! Les anciennes compos, comme "Aglon", "Moritvri" et "Svrsvm Corda", bénéficient des recherches continuelles que mène la formation pour améliorer les sons de leurs instruments et de la production en général.

Après "Miséricorde", "Noctes Insomnes" et "Proficere", vient le moment tant attendu par les fans : La Danse de la Terre, la performance la plus impressionnante de ROSA†CRVX. Accompagnées de rythmes lourds et des sonorités tribales d'"Eli-Elo", les deux danseuses, Marianne Wood et Juliette Bates, dénudées et enduites de boue, entament leur mystérieuse chorégraphie. Agenouillées sur un petit podium au milieu du public, elles saisissent la poussière contenue dans un bac devant elles et la projettent sur leurs corps en adoptant des mouvements coordonnés et répétitifs. L'argile et la terre virevoltent. Elle se répand tout autour dans un nuage opaque. Ce rituel sacrificiel représente la souffrance humaine du corps qui se bat en vain contre la poussière et la cendre, qu'il ne tardera pas à rejoindre tôt ou tard. Une performance d'une rare intensité, qui laisse les spectateurs pétrifiés et admiratifs. Regardez ce moment unique dans la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=xzZllm_OgGY

Après avoir vécu un tel spectacle paroxystique, nous regardons, fascinés, la dernière partie du concert. Il se clôture par le majestueux "Omnes Qvi Descendvnt" et l'étrange "Vil". En rappel, ROSA†CRVX nous réserve "Ab Irato", "Incendere" et un quatrième nouveau titre: "Nescit Nox".

On l'a compris : on ne sort pas indemne d'un concert de ROSA†CRVX. La puissance évocatrice de la musique et du spectacle est telle que le public semble hypnotisé, crucifié sur place par la profondeur mystique du set. On croit assister à une messe diabolique, célébrée aux heures sombres du Moyen-âge. Un rituel liturgique époustouflant !

Après le concert, Olivier Tarabo nous a accordé une interview. Voir ici

Bravo à Alter Onyros (http://www.alteronyros.eu) pour l'organisation!

(Photo Xavier Marquis)

 

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