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Philippe Blackmarquis

Philippe Blackmarquis

 

 

Nul n'est prophète en son pays ! La formation The Arch en est un vibrant exemple ! Originaire de Breendonk, près d'Anvers, The Arch voit le jour en 1986 et son rock gothique mélodique est immédiatement remarqué par Ludo Camberlin, le légendaire producteur flamand (Poesie Noire, Lords of Acid,...). Après un premier EP, « As Quiet As » et un album, la bande à Gerd Van Geel (CUVG, le chanteur) a bien vite compris que le salut viendrait de l'international.

Depuis lors, The Arch écume les festivals (M'era Luna, Blackfield, WGT, Reboot, Castle Party, BIMfest) et joue à Amsterdam, Berlin, Hamburg, Zagreb, Belgrade, Budapest etc.

Aujourd'hui, pour ses 30 ans d'existence, The Arch s'offre un retour en grandes pompes et propose un tout nouvel album : « Fates ». Aux côtés de Gerd, on trouve Ivan DC et Mr Pierre aux guitares, Ian Lambert aux claviers et aux batteries électroniques et la séduisante Chiffon's Tale aux 'backing vocals'.

La musique de The Arch s'articule toujours autour d'un noyau « Gothic Rock » qui évoque Sisters of Mercy mais le son a évolué pour intégrer une dimension électro plus moderne et les compositions explorent un territoire plus large, touchant à la synth-pop, à l'EBM et à la 'power-darkwave' très prisée outre-Rhin.

"Fates" contient 13 nouvelles chansons et témoigne de la polyvalence de la formation. "Fates" emmène l'auditeur dans un voyage au travers de la culture 'dark' et l'ensemble offre puissance et intensité. Il recèle de multiples hits alternatifs potentiels et des 'club killers' qui feront danser dans le soirées 'dark' dans le monde entier.

Le CD est co-produit, mixé et mastérisé par Kenny 'KGB' (Simi Nah) : inutile de dire que le son est parfait, léché et puissant à souhait ! Et pour rester dans la famille, il sort sur le label de Simi Nah, Why2k, en collaboration avec Trisol.

En un mot : "Fates" est un 'must' pour les fans de Gothic Rock et de musiques sombres. On peut s'attendre à un succès international de plus pour ce groupe très attachant !

Pour commander « Fates » :


The Arch :




Leader de The God Machine, une formation américaine 'culte' qui a sévi au cours des années 90, et de Sophia, son projet actuel, Robin Proper-Sheppard est un musicien remarquable mais surtout, un être foncièrement attachant. Dans le hall des tout nouveaux locaux de PiaS, en plein centre de Bruxelles (juste à côté du Centre Belge de la Bande Dessinée), son accueil est chaleureux. Aujourd'hui, c'est la journée 'promo' pour la sortie du dernier opus de Sophia, ‘As We Make Our Way (Unknown Harbours)’. Robin est habillé de noir (tout comme votre serviteur) ; souriant, il me propose un café et la conversation s'engage tout naturellement sur le thème de Bruxelles, la ville où il a élu domicile, il y a de nombreuses années.

« J'aime beaucoup Bruxelles », confie-t-il. « Au départ, j'ai choisi cette ville lorsque mon ex-épouse et moi se sont séparés, parce que cette solution permettait aisément de faire un saut à Londres en Eurostar pour voir ma fille. Et aujourd'hui, je m'y sens très bien. J'habite dans le centre et j'ai un petit territoire privé qui s'étend entre mon appartement du côté de Sainte-Catherine, le Delhaize de La Bourse et l'Archiduc. »

L'Américain a vite trouvé en notre pays une terre d'accueil qui soutient les artistes. « Le gouvernement ici a pris des mesures en faveur des artistes et il est possible d'obtenir des subsides, ce qui n'est pas le cas dans d'autres pays. Et les conservatoires de musique sont plus ouverts aux musiques modernes et alternatives. Les musiciens belges avec lesquels je travaille vivent uniquement de la musique. »

A l’instar des productions précédentes, ‘As We Make Our Way’ propose un indie-rock flirtant avec le folk et le post-rock. Mais on sent quand même une évolution importante. « La plus grande nouveauté, c'est que ce disque n’est pas aussi triste que les précédents. Auparavant, mes compositions exprimaient la souffrance de mes amours déçues ; tandis que sur celui-ci, le point de vue est moins personnel. La production est moins brute et laisse davantage de place aux expérimentations sur le son, les textures et la dynamique... Oui, le nouvel album de Sophia est plus positif, plus ouvert. »

Un des deux premiers titres qui a servi de 'teaser', ‘Resisting’, témoigne de cette évolution. Il se distingue par une superbe progression, très post-rock, vers un refrain qui résonne comme un hymne. « C'est juste ! J'ai constaté que mes nouvelles compositions avaient un impact différent. Mes amis m'ont avoué qu'ils étaient touchés par ce côté plus ouvert, moins égocentrique. C'est d'ailleurs pourquoi j'ai changé le titre de l'album : à l'origine il s’intitulait 'As I make my way' et j'ai remplacé le 'I' par 'We' pour souligner cette ouverture. »

La chanson ‘You Say It's Alright’ est également un bel exemple de la nouvelle direction empruntée par Sophia. « Je l'ai composée à la guitare, mais on a beaucoup travaillé sur les arrangements, en introduisant un arpeggio au synthé, afin de créer une tension tout au long du morceau. Au départ, les fans de Sophia ont été surpris par ce côté électro ; mais maintenant les retours sont très positifs. Et le riff de guitare, à la fin, rappelle un peu The God Machine. » Après plusieurs écoutes, les voix atmosphériques font aussi penser à M83.

Mais c'est le côté très 'dark' de Robin Proper-Sheppard qui intéresse surtout votre serviteur. L'occasion d'en savoir plus sur ses références postpunk/new-wave ! « J'adore The Cure, Bauhaus et tous ces groupes issus des années '80. En fait, au début, on exécutait des reprises chez The God Machine. Par exemple le ‘Double Dare’ de Bauhaus. ‘Disintegration’ de The Cure m’a également énormément marqué. De même que le répertoire d’Echo And The Bunnymen. Eux-mêmes étaient influencés par la musique garage et psyché des années 70. J’apprécie aussi beaucoup Wire ; Graham Lewis est un ami. »

Irait-on jusqu'à affirmer qu'il existe un élément de postpunk dans sa musique ? « Oui ! C'est aussi une question d'attitude. Je n'ai pas peur de choquer, de surprendre. Il y a une 'angularité', un 'anti-conformisme'. A la fin de 'Drifter', par exemple, les synthés sont dissonants. Ce n'est pas une chanson 'pop' ! Et ce concept, je le tiens de toutes ces formations nées dans les années '70 et '80. »

Il existe également une structure 'prog' dans la musique de Sophia. Pas comme chez Genesis ou Yes, mais dans l'approche progressive des compositions, qui recèlent différentes séquences, différentes atmosphères. Un peu comme chez Radiohead et les formations de post-rock. Qu'en pense le principal intéressé ? « Je confirme ! Merci pour ces comparaisons, qui m'honorent ! »

Ce qui surprend lors de cette interview, c'est que contrairement à la plupart des musiciens connus, Robin Proper-Sheppard s'intéresse véritablement à son interlocuteur. Ce qui permet de présenter mes activités comme scribouillard bénévole pour différents 'webzines', DJ et animateur d’émission radio. On parle du nouvel elpee de The KVB, paru sur Invada Records ; de l’interview que votre serviteur a réalisée en compagnie de John Foxx et je promets de lui envoyer 'Hiroshima, Mon Amour', le titre culte d'Ultravox !

Plus tard, Robin accordera un showcase privé devant une centaine de fans dans la petite salle, chez PiaS. Sans micro et sans amplification, il va nous réserver des versions acoustiques de ses chansons, en agrémentant sa prestation d'anecdotes savoureuses. Un moment inoubliable !

Sophia se produira en concert au Botanique le 26 avril (c’est sold out) et dans le cadre du festival Pukkelpop, le 19 août.

Pour vous procurer le nouvel album « As We Make Our Way (Unknown Harbours) », c’est ici 

Photo Philip Lethen

Hier soir, le 10 avril, la finale du Rock Rally, le concours du magazine flamand Humo, a consacré Whispering Sons, un groupe de 5 musiciens originaires de Houthalen-Helchteren, près de Genk. A la 2e place du classement du jury, le groupe de Hip-Hop Rewind Productions, et en 3e position, un certain Dirk.! Le prix du public est revenu à Delta Crash. 
 
Whispering Sons définissent leur style musical comme étant un 'postpunk belge sombre et atmospherique'. En les écoutant, on pense à Joy Division, The Cure, The Soft Moon ou Sisters of Mercy mais ce qui frappe surtout, c'est la voix unique, très grave, de la chanteuse: Fenne Kuppens. Elle évolue quelque part entre Nico, Siouxsie Sioux, Lebanon Hanover ou November Növelet. 
 
Après une multitude de concerts, dont, entre autres, la première partie de Grand Blanc au Botanique, le quintet a sorti un EP en format digital sur Bandcamp, en cassette sur le label gantois Wool-e-Tapes et sur vinyle via Minimal Maximal, un des deux labels de la légende belge Dirk Ivens (Absolute Body Control, The Klinik, Sonar, Dive,...). 
 
Whispering Sons y parvient à transcender toutes les influences citées plus haut pour définir un style musical original et parfaitement contrôlé. Avec Charnier, Organic et Luminance, ils représentent ce qui ce fait de mieux pour l'instant au sein de cette 'nouvelle vague' belge de musiques sombres inspirées des années '80.
 
En gagnant le prestigieux Rock Rally, Whispering Sons rejoignent un 'hall of fame' qui compte déjà, entre autres, dEUS, Milow, Goose, Admiral Freebee, Absynthe Minded ou Compact Disk Dummies! 
 
Pour écouter et commander 'Endless Party', cliquer ici.
 
Photo: Bram Scheerlinck
 
Pour écouter l'interview accordé à l'émission WAVES (Radio Vibration), cliquer ici pour la version française et ici pour la version anglaise.  

« Un décision injuste ! » Annie Valentini ne mâche pas ses mots pour fustiger la décision, unilatérale, prise par la Ville de Bruxelles de retirer au Botanique de la gestion du Cirque Royal à Bruxelles. Lors de la conférence de presse tenue hier, la directrice du Botanique a déclaré de façon claire que son organisation fera « tout ce qui est en son pouvoir pour s’opposer à cette décision, dans un cadre légal bien entendu ». On en saura plus le 22 mars prochain à l’occasion du point presse que le Botanique tiendra sur ce sujet polémique à souhait.

Mais le sujet principal de la rencontre avec la presse était bien sûr le festival Les Nuits Botaniques 2016, qui se déroulera du 12 au 22 mai prochains. Comme pour prouver la qualité de sa gestion, l’institution culturelle a mis les petits plats dans les grands pour accueillir les journalistes dans un Cirque Royal affichant ses plus beaux atours. De même, dans la présentation du programme, l’accent est mis sur l’approche, hautement culturelle, qui préside à la programmation et à l’organisation des Nuits. Loin du côté événementiel, voire purement touristique de certains autres organisateurs bruxellois, Paul-Henri Wauters, Directeur-adjoint, a souligné le travail qui est fait, en profondeur, pour présenter des créations originales et stimuler les rencontres entre artistes de différents horizons musicaux.

 

On retiendra :

  • Dan San & le Mons Orchestra (8 mai) : mariage de l'indie-folk et de la musique classique

  • An Pierlé (12 mai) : présentation du nouvel album dans l'église des Dominicains

  • La Tête d'Actéon (12 mai): performance visuelle et musicale avec Vincent Glowinski, Walter Hus, Teun Verbruggen & Andrew Claes

  • Alice On The Roof (13 mai) : création « piano unplugged ».

La Nuit Belge (16 mai) a été confiée à La Muerte, le légendaire groupe alternatif bruxellois, qui a reçu carte blanche pour la 'curation'. Au programme, entre autres, Le Colisée (création avec Walter Hus), Bots Conspiracy (musique électronique façon Carpenter), Oathbreaker,... Le show de La Muerte réservera quelques belles surprises vu que de prestigieux invités seront présents : Richard 23 (Front 242), Vive La Fête et Franz Treichler (Young Gods). A ne pas rater !

 

Autre 'must' absolu : la projection du film de Bouli Lanners « Les Premiers, les Derniers » au Cirque Royal, accompagnée de la création en 'live' d'une musique composée et dirigée par le musicien français Pascal Humbert (Detroit, 16 Horsepower, Wovenhand). Présent lors de la conférence de presse, Bouli Lamers rappelle d'ailleurs que le film est né, à l'origine, de l'écoute d'une chanson de 16 Horsepower. Grand fan de David Eugene Edwards, votre serviteur est curieux de savoir de quelle chanson il s'agit.

 

Le 21 mai, c'est Mogwai qui proposera son ciné-concert, « Atomic », axé autour de documentaires consacrés à l'atome. La nuit de clôture, traditionnellement orientée électro, sera confiée au label bruxellois Vlek, au magazine Subbacultcha et au réseau SHAPE.

 

Le festival se prolongera après le 21 via la création « Sonic Lassus » dans la cathédrale des Saints Michel et Gudule, avec un hommage au compositeur montois du 16e siècle Roland de Lassus sous la direction de Jean-Paul Dessy et avec les contributions, entre autres, de Daan, Fùgù Mango, Pitcho et Saule.

 

Pour découvrir le programme complet.

Dernière Volonté (DV), le projet darkwave du Français Geoffroy D., from France, vient de sortir un 7ème album, “Prie Pour Moi”, sur le label autrichien Hau Ruck! Records.

Dans une interview accordée à l'émission de radio WAVES, Geoffroy D. a confié que “Prie Pour Moi” pourrait bien être l'ultime opus de DV. “Tout ce que j'ai fait avec DV depuis mes débuts, c'est toujours une exploration douloureuse de mon parcours et de ce que je tente de 'soigner', de réparer chez moi qui était cassé depuis que je suis jeune. Donc, c'est une sorte de thérapie mais vachement dangereuse parce que je mets à nu des émotions, des sentiments qui peuvent être super destructeurs."

Prie Pour Moi” est une collection étonnante de chansons sombres et hypnotiques, illuminées par les sons d'orgue et une pulsion martiale. La voix de Geoffroy D. est douce et touchante, avec des accents typiques de French Pop qui font penser à Taxi Girl et à Etienne Daho. Un pur chef d'oeuvre !

Geoffroy D. a également révélé que le troisième album de Position Parallèle, son autre projet, est presque prêt. Il s'intitulera “En garde à vue”.

Pour écouter l'interview complète sur la page Mixcloud de l'émission WAVES: cliquez ici.

Pour commander:

- le nouvel album de Dernière Volonté: « Prie Pour Moi »

- les autres albums de Dernière Volonté  

- les albums de Position Parallèle .

La salle de La Madeleine, située en plein centre de Bruxelles, à deux pas de la Gare Centrale, a ouvert officiellement ses portes hier à l’occasion d’une conférence de presse.

On le sait : la Ville de Bruxelles mise beaucoup sur la culture pour redorer son blason. Après le départ du casino vers le Boulevard Anspach, elle a investi plus d’un million d’euros dans la rénovation et l’équipement du bâtiment pour en faire une salle de concert moderne pouvant accueillir environ 1000 personnes.

Une première série de concerts fut organisée lors du Brussels Summer Festival (BSF), avec un certain succès si l’on oublie le petit couac des files d’attentes.

Aujourd’hui, la Ville et son partenaire de promotion, Brussels Expo, lancent l’exploitation officielle de la salle en annonçant d’ores et déjà un programme bien fourni. Hyphen Hyphen, L.E.J., Fat White Family, Bloc Party, Recorders, Abd Al Malik, Boulevard des Airs, GiedRé, Oxmo Puccino et Les Innocents vont baptiser le nouvel endroit dans les prochaines semaines.

La salle accueillera également des « résidences » d’artistes et servira de lieu de « filage » (lisez : répétition) pour les groupes qui préparent une tournée. Une sacrée cure de jouvence pour un bâtiment qui fut, successivement, un marché couvert, une salle des fêtes, une salle de concert, un casino et maintenant, à nouveau une salle de concert. "La Madeleine aura pour vocation d'accueillir des spectacles à la fois intimistes et grand public, indie et pop dans le sens "culture pop" du terme", souligne Denis Gérardy (Brussels Expo), directeur artistique de La Madeleine et du BSF. L’accent sera également mis sur les musiques dites « urbaines » (lisez : le hip-hop et le rap) et sur les musiques du monde. Un seul regret : malgré son appétit de diversification, La Madeleine n’accueillera pas des lectures de… Proust.

www.la-madeleine.be

 

mercredi, 17 février 2016 11:28

Les nominés pour les Octaves sont connus!

La nouvelle édition des Octaves de la Musique approche: elle aura lieu le lundi 21 mars dans une salle de La Madeleine complètement rénovée.

Hier matin, lors d'une conférence de presse, les organisateurs ont révélé les noms des nominés. Comme à chaque édition depuis 2004, les Octaves et leurs jurys de professionnels font la part belle à tous les styles musicaux: Pop/Rock, chanson française, musiques urbaines (rap/hip-hop), musiques électroniques, jazz, musique classique, musique contemporaine et musiques du monde. 

Pour consulter la liste complète des nominés, cliquer ici

On devra attendre le 21 mars pour découvrir les lauréats. Les vainqueurs 'toutes catégories' sont, eux, déjà connus:

  • Album de l’année : « Mont Royal » de Roscoe
  • Artiste de l’année : Nicola Testa
  • Spectacle / Concert de l’année : Starflam

Un Octave d'honneur sera par ailleurs remis à Jacques Stotzem. Présent lors de la conférence de presse, le guitariste bien connu a gratifié les invités d'une très belle interprétation en 'live', que vous pouvez découvrir ici

La cérémonie des Octaves du 21 mars prochain sera retransmise en direct sur BX1, nouveau partenaire des Octaves ainsi que sur les télévisions locales wallonnes. PlugRTL diffusera de larges extraits en différé. Pour assister à la cérémonie, il suffit d'envoyer un email à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..


samedi, 23 janvier 2016 00:00

Le sacre du Roi Wilson

A peine un an après sa dernière visite, Steven Wilson est de retour chez nous ; et pour la circonstance à l'Ancienne Belgique de Bruxelles. Le Britannique revient auréolé du succès de son dernier opus : « Hand. Cannot. Erase », qui a dépassé les ventes de toutes ses autres plaques, y compris celles réalisées par son précédent groupe, le légendaire Porcupine Tree. Dans ses bagages, il nous apporte un tout nouvel Ep : « 4 1/2 ». Ce disque réunit des compositions qui n'avaient pas trouvé grâce sur les deux elpees précédents, ainsi qu’une reprise d'un titre de Porcupine Tree.

Il y a quatre ans, Steven Wilson s’était produit dans une Ancienne Belgique en configuration 'Box', soit sans gradins ni balcons. Ce soir, par contre, la salle est en configuration maximale et le concert est sold out. On mesure le chemin parcouru par le 'King of Prog' ; et on doit reconnaître qu’il a réussi son pari : faire évoluer sa musique, gagner de nouveaux aficionados, sans perdre trop de fans originels de Porcupine Tree, déçus par le côté nettement moins prog/metal des nouvelles productions.

Avant le début du concert, une playlist très orientée 'dark ambient' installe une atmosphère sombre et recueillie. On reconnaît le célèbre instrumental « Warzawa », de David Bowie, dont la mort a profondément affecté Wilson. Le concert commence par la projection du court-métrage qui met en scène le thème de « Hand. Cannot. Erase. » : la solitude dans les grandes cités. Les artistes prennent place sur le podium et attaquent l'interprétation complète de ce brillant concept album. Wilson est accompagné de son fidèle bassiste, Nicky Beggs (ex-Kajagoogoo, Steve Hackett) et du claviériste Adam Holzman (NDR : il a côtoyé Miles Davis). A leurs côtés, deux nouveaux venus : le guitariste Dave Kiliminster (NDR : il a participé à la tournée 'The Wall' de Roger Waters) et le batteur Craig Blundell (NDR : un musicien de sessions).

« First Regret » ouvre le set tout en douceur. Adam Holzman dessine de savantes arabesques sur ses claviers ; de quoi nous transporter au cœur d’un univers onirique. Le riff de guitare de « 3 Years Older », très inspiré par Rush, tranche dans le vif. S'en suit un tour de force de 10 minutes, où alternent moments doux, jazzy, voire même folk, et envolées endiablées de prog/rock. Un véritable patchwork d'influences évoquant King Crimson, Pink Floyd, Camel, Yes, Rush, Todd Rundgren (Utopia) et autre Van der Graaf Generator. Steven Wilson est pieds nus, suivant son habitude. Il a toujours son éternel look d'étudiant de fac. Planté au centre de l’estrade, il joue au chef d’orchestre au sein de son supergroupe. Il passe de la guitare électrique à la sèche, stimule en permanence ses musiciens ; et parfois, sans instrument, souligne les impulsions majeures de l’expression sonore.

Après « 3 Years Older », Wilson salue la foule et précise qu'il apprécie son enthousiasme. ‘Je ne suis pas fâché d'en avoir fini ma tournée allemande’, confie-t-il. ‘Le public y est, disons, très réservé...’ Poursuivant sur un ton très 'tongue in cheek', il explique que la première partie du concert privilégiera son dernier LP ; et que, dans la seconde partie, il y réservera, ... ‘ces autres choses...’ On devine qu'il se réfère aux titres de Porcupine Tree, que ses plus anciens fans réclament avec insistance, à chacun de ses concerts.

Mais place, d'abord, à la plage titulaire de « Hand. Cannot. Erase », qui évoque à nouveau Rush, période « Hold Your Fire ». Changement de style ensuite : la batterie très ‘trip-hop’ sert de toile de fond à la voix féminine (en play-back), qui cite Dead Can Dance et de This Mortal Coil, avant que Wilson ne prenne le relais en interprétant cette mélodie toute simple et émouvante à souhait : ‘We have got, We have got a Perfect Life’. Et les harmonies vocales tissées par Nicky Beggs sont étonnantes.

‘Etes vous prêts à descendre dans les profondeurs de la misère et du désespoir ?’, demande Wilson, un sourire en coin. Avant d’aborder « Routine », sans doute la chanson la plus noire du musicien. Malheureusement, la vocaliste israélienne Ninet Tayeb est absente (shabbat oblige). C'est donc une bande qui répond à Wilson : dommage, car on se réjouissait de vivre leur duo sur scène. Le superbe clip d'animation réalisé par Jess Cope est diffusé sur l’écran vidéo. Et il est superbe. Un grand moment !

« Home Invasion » marque un retour au rock orienté jazz/prog, pour le plus grand bonheur des inconditionnels de la première heure. « Regret #9 » permet à Adam Holzman d’étaler toute sa virtuosité sur son clavier Moog. Pensez à Happy The Man, ce groupe américain injustement sous-estimé, auquel Holzman voue une grande admiration. Dave Kiliminster prend le relais pour un solo plus orienté rock mais tout aussi impressionnant. C'est enfin Wilson lui-même qui clôture la composition tout en douceur sur les cordes de sa Paul Reed Smith.

Après avoir présenté ses musiciens, en manifestant, à nouveau, un humour très espiègle, Wilson introduit « Transience », un titre qui aurait mérité sa place sur un des premiers elpees de Genesis. Tant les arpèges à la guitare acoustique que les mélodies vocales rappellent clairement « Selling England By The Pound ». Pendant l'excellent « Ancestral », le public scande des ‘hey’, pour répondre aux musicos, un peu à la manière des Espagnols, quand ils crient ‘Olé’, lors des corridas. Funny ! Enfin, « Happy Returns / Ascendant Here On… » reprend le thème musical initial du concept album et referme la première partie du spectacle de façon très solennelle. Et c'est Adam Holzman qui clôture en solo, au piano. Superbe !

Après une courte pause, le band est de retour ; et, très bonne surprise, c'est pour exécuter un titre de Storm Corrosion, « Drag Ropes ». Wilson s'acquitte brillamment des parties vocales dévolues sur disque à Mikael Åkerfeldt (Opeth). Et on n’est pas au bout des bonnes surprises. A l’instar d’« Open Car », un des meilleurs titres de Porcupine Tree. Les réactions démontrent à nouveau l'attachement exceptionnel du plublic à cette formation qui a si profondément marqué. En interview, Steven Wilson a d'ailleurs précisé qu'il est toujours possible que le groupe se reforme le temps d’un album ; mais ce ne sera qu'une parenthèse, car c'est à sa carrière solo qu'il accorde désormais sa priorité.

Place ensuite au premier extrait de « 4 1/2 ». Wilson précise, en le présentant, qu'il a estimé utile de sortir ce mini album pour donner une chance à ces compositions 'orphélines' et, également, afin d'ajouter de nouveaux titres au répertoire de la tournée. Il ajoute : ‘Je fais comme les groupes des années '70-'80, qui publiaient un album par an. Aujourd'hui, certains, comme Tool, n’en sortent qu’un tous les 10 ans’. Rires dans la salle. Et ce « My Book of Regrets » tient parfaitement la route dans la discographie, déjà très riche, du musicien anglais.

Un claquement de doigts, imprimé en cadence, amorce « Index », un des titres de Steven préférés de votre serviteur. Tiré de « Grace For Drowning », il illustre une période plus 'dark', hantée par les serial killers et balayant un spectre musical plus obscur, davantage hypnotique. « Lazarus », une autre reprise de Porcupine Tree, procure une excellente occasion à Wilson de rendre hommage à David Bowie : en effet, une plage s’intitule également « Lazarus » sur « Black Star », l'oeuvre testamentaire de Bowie ; et ce qui est étonnant, remarque Wilson, c'est que le personnage de 'sa' chanson « Lazarus » s'appelle... David ! Il y a de ces (L)hasards... (hum...)

Lorsqu’un voile transparent est tendu entre le podium et l’auditoire, c'est pour mettre en scène « Vermillioncore », un nouvel extrait de « 4 1/2 ». Cet instrumental se distingue surtout par les passages plus 'heavy', qui permettent aux 'metal heads' de pratiquer un peu de 'headbanging'. Le dernier morceau du concert est particulièrement bien choisi : « Sleep Together », un autre chef d'oeuvre de Porcupine Tree, issu de « Fear of a Blank Planet », sans doute le meilleur opus du défunt combo. L'intro, très dark électro, lorgne vers Nine Inch Nails et le refrain provoque une véritable explosion : ‘Let's sleep together... Right now’. Difficile de ne pas faire d’analogie entre ce refrain et celui de « Sweet Harmony » de The Beloved... Sans doute une coïncidence. La progression finale de la compo est irrésistible et mène inexorablement vers un orgasme sonore final aux accents 'kashmiresques', le tout ponctué par l'effondrement, très théâtral, du voile transparent. Un final époustouflant...

En rappel, Steven Wilson ne joue pas la reprise de « Space Oddity », à nouveau en raison de l'absence de Ninet Tayeb. Par contre, on a droit à une tout dernière reprise de Porcupine Tree : « The Sound of Muzak » ; et, en point d'orgue idéal, « The Raven that Refused to Sing », probablement la plus belle composition de Steven Wilson. Assis sur un tabouret, il chante cette mélodie déchirante, rehaussée par la superbe vidéo d'animation de Jess Cope. On n’entend pas une mouche voler tout au long de cette chanson qui vous flanque la chair de poule. Le son quadriphonique renvoie des effets provenant des quatre coins de la salle, pour une expérience musicale totale. ‘I'm afraid to wake... I'm afraid to love...’

En conclusion : un superbe concert, parfait à tous points de vue : son, lumières, vidéos, contact et bien sûr... les chansons. Steven Wilson appartient incontestablement à cette catégorie de génies polyvalents, au même titre que les Bowie, Reznor et autre Yorke, qui ont marqué d'une empreinte indélébile la musique 'indie' contemporaine. On est impatient de découvrir ce que le 'Wilson King' nous réserve dans le futur... En tout cas, ce soir, on a bel et bien assisté à son sacre...

Setlist :

Set 1 : album Hand. Cannot. Erase.

First Regret
3 Years Older
Hand Cannot Erase
Perfect Life
Routine
Home Invasion
Regret #9
Transience
Ancestral
Happy Returns
Ascendant Here On...

Set 2

Drag Ropes (Storm Corrosion cover)
Open car (Porcupine Tree cover)
My Book of Regrets
Index
Lazarus (Porcupine Tree cover) (Dedicated to David Bowie)
Don't Hate Me (Porcupine Tree song)
Vermillioncore
Sleep Together (Porcupine Tree cover)

Encore

The Sound of Muzak (Porcupine Tree cover)
The Raven That refused to sing

(Organisation : AB + Live Nation)

 

 

 

 

samedi, 09 janvier 2016 19:38

DFA annonce le nouvel album d'Essaie Pas

DFA Records est surtout connu pour LCD Soundsystem, mais aussi Factory Floor, Hot Chip, Black Dice, Eric Copeland,... Il y a quelques mois, le célèbre label américain a signé avec Essaie Pas, un duo électronique basé à Montréal que Musiczine suit à la trace depuis plusieurs années.

Essaie Pas est constitué de la Canadienne Marie Davidson, qui a également son projet solo, et de son mari, le Français Pierre Guérineau, qui a produit aussi des projets tels que
Dirty Beaches et Femminielli. Essaie Pas est né en 2010 et le duo compte déjà deux cassettes et, surtout, un album à son actif: "Nuit de Noces", paru sur le label franco-belge Teenage Menopause Records. Il a également sorti un excellent simple en 2015: "Danse Sociale".

Pratiquant à l'origine une musique très diversifiée allant de la minimal synth au blues, le duo a maintenant trouvé son identité sous la forme d'une musique électronique post-wave et post-techno rehaussée d'ambiances cinématographiques, le tout sublimé par les voix des deux protagonistes, en mode
'spoken word'.

C'est en faisant la première partie de Factory Floor à Montréal, que le duo est entré en contact avec DFA Records. Nous avions déjà annoncé la collaboration du duo avec DFA (voir ici ) mais aujourd'hui, DFA annonce les pré-commandes du nouvel album, "Demain est une autre Nuit", qui parait le 19 février. Dans la foulée, on découvre également un premier extrait de l'elpee, "
Le port du masque Est de rigueur", qui fait l'objet d'une très belle vidéo , réalisée par Larissa Corriveau.
 
"On est très excités de voir notre album sortir sur DFA", nous avait confié Pierre Guérineau l'année passée. Pour lire l'interview complète d'Essaie Pas / Marie Davidson (20/8/2015), c'est ici.
 
Pour regarder la vidéo de "Le port du masque Est de rigueur", c'est ici.
 
Pour pré-commander l'album "Demain est une autre Nuit", cliquer ici.

Tracklist:
1.
Demain est une autre nuit
2.
Depassée par le fantasme
3.
Retox
4.
Carcajou 3
5.
6.
Facing The Music
7.
Lights Out
8.
La Chute
samedi, 07 novembre 2015 00:00

Un come-back triomphal...

Victime d’une grave dépression, dont il a souffert il y a un an et demi et qui aurait pu l’emporter, Chris Corner, alias IAMX, est de retour. Musicien et producteur anglais, il a débuté sa carrière en gravant trois opus au sein de Sneaker Pimps ; et, ensuite, en a publié six pour son projet solo, IAMX. Le grand public le connaît surtout grâce au hit « Spit It Out ». Aujourd'hui, Chris Corner vient présenter son (excellent) nouvel LP : « Metanoia ». La soirée commence très bien, car le petit prince de l'électro-rock a accordé une interview à Musiczine (lire ici ). Les échos recueillis sur Internet et dans la presse pour sa tournée en cours sont très favorables ; ce qui laisse augurer un concert mémorable...

L'Ancienne Belgique est quasi-remplie quand la formation monte sur les planches. La ferveur des inconditionnel(le)s de Corner est déjà bien palpable ; car de nombreux cris de joie retentissent parmi les premiers rangs. Lors du premier titre, « I Come With Knives », on reconnaît les différents protagonistes : Chris Corner se plante au centre, en prince noir, caché dans un sweat à capuche. A droite, s’est installée l'inséparable Janine Gezang, la claviériste, bassiste et choriste allemande qui le suit déjà depuis plusieurs années. A gauche, l'Américaine Sammi Doll (NDR : elle avait accompagné le combo lors du périple d’IAMX, en 2013). Elle se consacre aux claviers et backing vocals (NDR : cette jolie brunette milite également chez Bullet Height et Losers). Enfin, à la batterie, siège un autre ressortissant de L.A., Jon Siren (NDR : jouissant d’un background heavy metal / industrial, il drive Mankind Is Obsolete et a joué pour une pléiade de formations : Information Society, Early Man, Psyclon Nine, Dismantled, God Module, ...)

Le concert vient à peine de commencer et c'est déjà la folie dans l'AB. Ca bouge énormément sur scène et dans le public. Les compositions prennent en ‘live’ une dimension très électro, et même carrément 'club remix'. Ici, on a ajouté une introduction semi-acoustique, là, adopté des progressions empruntées aux musiques 'dance'. Le résultat est irrésistible et on se rend compte de l'incroyable aptitude dont dispose Chris Corner pour signer des titres que l'on peut chanter à tue-tête, sans que ce ne soit de la pop mainstream.

La setlist est facile à suivre vu qu'IAMX joue la même depuis le début de sa tournée. « Metanoia » en constitue tout naturellement la composante principale et on est très heureux de constater que « Happiness », « No Maker Made Me » et « Surrender » passent très bien la rampe.

Mais c'est bien sûr « Spit It Out » qui constitue le premier point culminant de la prestation. L'introduction, exécutée quasi a capella, est un teaser parfait avant le déferlement des synthés et des drums. Emporté par une vague électronique, la foule chante à l'unisson le refrain : ‘And it breaks my heart...’ Chris Corner excelle également dans l'art de la performance. Il tient littéralement le public dans sa main. Sa prestance naturelle, subtilement androgyne, focalise tous les regards. Le front bordé de paillettes et le visage maquillé de blanc, il ressemble à un Bowie glamoureusement fantomatique. Le chant est précis, juste et puissant ; et une relation de profonde connivence s’établit entre les spectateurs et l’artiste.  ‘Thank, you ! It's good to be back’, confie-t-il, avant de murmurer ‘Let's get dirty !’.

Pendant « Volatile Times », il commence à taper sur les fûts en compagnie de Janine. Soudain, il soulève le t-shirt de son acolyte, révélant une poitrine cachée par de l'adhésif noir : ‘dirty’, en effet ! Après le superbe « Bernadette », IAMX se lance dans ce qui constituera le climax du concert : « After Every Party I Die » et « Aphrodisiac ». La salle est transformée en énorme dance-floor et on entre comme dans une transe tribale, éblouis par les stroboscopes.

Au cours de l'interview réalisée avant le concert, votre serviteur avait demandé à Chris Corner pourquoi il n’invitait plus les fans à monter sur le podium, comme à ses débuts. Me prenant au mot, il avait promis de s'exécuter et de renouer avec cette tradition le soir même, à l'AB. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque, en plein milieu du dernier titre, « Your Joy Is My Low », il s'avance au bord de l’estrade et me pointe du doigt en disant : ‘Come on the stage, let's dance !’ Pas question de se faire prier pour se retrouver en compagnie d’une dizaine d’aficionados, afin de danser. Un moment inoubliable, immortalisé dans cette vidéo (voir

Au cours du premier rappel, l'ambiance monte encore d'un cran grâce à un autre hit d'IAMX : « Kiss + Swallow ». A nouveau, la composition est magnifiée par son adaptation 'live' et les fans reprennent tous en choeur : ‘Echo echo, I know it's a sin to kiss and swallow’. IAMX accordera enfin un second rappel, sous la forme du très émouvant « I Am Terrified ».

Bref, on a assisté à ce qui peut être considéré comme un des concerts de l'année, si pas ‘le’ concert de l'année. On a rarement vu une association aussi réussie entre qualité musicale, performance scénique, et surtout, une telle intensité émotionnelle ; un peu comme une communion orgasmique entre les artistes et le public. Le petit prince de l'électro-rock est de retour et c'est un retour... triomphal.

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Pour lire l'interview de Chris Corner, réalisée avant le concert, c’est là 

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