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Philippe Blackmarquis

Philippe Blackmarquis

 

 
vendredi, 03 novembre 2017 18:55

Phase Fatale : l'avenir de la techno est 'dark'

Phase Fatale est le projet techno du DJ et producteur Hayden Payne. Originaire de New York et basé à Berlin, Payne a exploré le monde post-punk / coldwave (ce qu'on appelle plus simplement la 'wave') à travers divers projets au cours d'une décennie. Démarré en 2014, Phase Fatale lui permet d'opérer la fusion entre techno et wave, avec une touche industrielle. Les pulsations hypnotiques des boîtes à rythme y cotoient les sons glacials de synthés et les 'samples' sombres à souhait.

Après plusieurs EP, d'innombrables DJ sets et une collaboration avec Silent Servant, Phase Fatale sort enfin son premier album à part entière, « Redeemer », sur Hospital Productions, le label de Dominick Fernow (Prurient).

Dans une interview avec Resident Advisor, Payne explique : "Pour moi, le lien entre la wave (post-punk, industrial et EBM) et la techno a toujours été évident. On y trouve les mêmes éléments essentiels : rythmes mécaniques, atmosphères froides, sons métalliques et mélodies sombres ... Dans cet album, j'essaie de pousser ces éléments encore plus loin..."

Phase Fatale accordera une prestation unique en Belgique, le 17 novembre prochain au Zodiak, à Bruxelles. La soirée, organisée par ParadigmCollective, proposera également Unhuman et DJ Nephil. Pour en savoir plus: Event Facebook.

Pour écouter et acheter le nouvel album de Phase Fatale, « Redeemer », c'est ici

mardi, 31 octobre 2017 16:03

Photos du concert Live Waves 2

Oliver Chesler, alias The Horrorist, a mis le feu au Beursschouwburg samedi dernier, à Bruxelles, dans le cadre de la soirée "Live Waves 2", organisée par le centre culturel et l'émission WAVES (Radio Vibration). Le public a été véritablement hypnotisé par la techno infectée d'EBM et de minimal synth de l'artiste américain, ainsi que par ses qualité extraordinaires de 'showman'. Avant lui, Ono Scream, le nouveau projet de l'Anversois Bart Willems, avait séduit grâce à un soft postpunk aux accents shoegaze et psyché.

Pour regarder les photos de Wim Heirbaut alias Creeping Mac Kroki:

- The Horrorist: cliquer ici;

- Ono Scream: cliquer ici.

D'autres photos, par Philippe Carly et Félicie Novy, et deux vidéos ont été postées sur la page Facebook de la soirée

Photo en médaillon (c) Wim Heirbaut alias Creeping Mac Kroki

samedi, 28 octobre 2017 11:59

The Horrorist dévoile un nouveau titre

Oliver Chesler, alias THE HORRORIST, est une légende de la musique électronique dans son côté obscur. Originaire de New York et maintenant basé à Berlin, il est actif depuis les années '90 et a été le pionnier d'un mélange séminal d'EBM, Techno et Minimal Synth. Il vient de dévoiler un nouveau titre, "The Hell You Live", extrait de son prochain album, "Separate Dimension", qui sortira dans les prochaines semaines sur le label berlinois [Aufnahme + Wiedergabe]. Le titre est un pur bijou et les spécialistes reconnaîtront le son, très vintage, de la boîte à rythme Korg KR-55.

Ecoutez le titre, qui a été diffusé en exclusivité dans l'émission WAVES sur Radio Vibration et sur mixcloud: le titre est joué à 49 minutes.

Si vous voulez découvrir le live show de The Horrorist, un des meilleurs sur la scène Techno/EBM, rendez-vous au Beursschouwburg, à Bruxelles, ce samedi 28 octobre! Plus d'info sur Facebook ou sur ce site.

 

Il y a du neuf chez Charlotte et David, le duo bruxellois bien connu. Aujourd'hui, ils sortent un album digital de remixes de titres de leur -superbe- dernier album.
 
Et il y a du beau monde dans la tracklist de « Forever Remixes ». Jugez plutôt : deux remixes de « Fake » par Factory Floor, les prodiges techno-wave de l'écurie DFA. « Fake » bénéficie également d'un remix par la géniale Maya Postepski (Princess Century, TR/ST, ex-Austra), qui, rappelons-le, avait participé comme co-productrice et 'synth-wizard' sur plusieurs plages de « Forever ». Le hit, « Do It Again », est, quant à lui, revisité par DC Salas, la valeur montante de l'électro bruxelloise, tandis que « Forever » passe à la moulinette plus 'housy' de Simon Le Saint. Enfin, « Oppression », qui était déjà à l'origine un track remix taillé pour le dancefloor, passe ici dans les mains expertes de MUGWUMP. Pour écouter les remixes, c'est ici.
 
Dans la foulée, Soldout publie également une vidéo de l'excellent titre « Because of You ». Réalisée par Eve Martin, elle met en scène un personnage féminin, une 'skateuse', qui doit s'imposer dans un monde principalement masculin. Pour regarder la vidéo, c'est ici.
 
Enfin, Charlotte et David, accompagnés par leur batteur Franck, annoncent une tournée avec Girl In Hawai. Dix ans après leur collaboration sur « Dead Tapes », les deux formations se retrouvent pour une série de dates en France et à l'Eden de Charleroi. Au passage, on notera qu'il ne faut pas tarder à réserver ses tickets pour le concert de Soldout à la Madeleine le 19 octobre car il est quasi.... soldout.
 
 
Ecoutez l'interview de Soldout dans l'émission de radio WAVES : ici.






Le Bozar Electronic Arts Festival fête déjà sa sixième édition ; et pour être franc, c'est un des meilleurs festivals de musique électronique en Belgique. Le lieu ? Le Bozar (le Palais des Beaux-Arts, pour celles et ceux qui ne connaissent pas Bruxelles). Cet endroit est bien entendu magique et l'organisation, impeccable, mais c'est surtout la programmation qui est intéressante. Elle combine classicisme, expérimentation et avant-garde, sans négliger un côté 'mainstream', voire même 'clubbing'. Pour les aficionados de la musique 'dark' orientée 'wave', comme votre serviteur, il y a toujours quelque chose à se mettre dans le creux de l’oreille. Les années précédentes, l'affiche était rehaussée par la présence, notamment, de Silent Servant, Regis, Andy Stott ou encore Veronica Vasicka. Pour cette édition, c'est surtout la soirée du 29 septembre qui a retenu notre attention, car elle nous réserve des concerts de Black Rain et de Ben Frost.

La soirée commence bien : dans le hall, nous croisons Alison Lewis, mieux connue au sein des milieux 'dark' sous le pseudo de Zanias, une artiste interviewée à plusieurs reprises par votre serviteur. Ancienne chanteuse de la formation légendaire de dark-pop Linea Aspera, elle incarna également la moitié de Keluar. Et elle nous signale qu’elle prêtera sa voix à Black Rain. Une bonne nouvelle !

Black Rain, c'est un des multiples projets imaginés par l'Américain Stuart Argabright, connu grâce à Death Comet Crew et Dominatrix mais surtout à Ike Yard, la formation new-yorkaise pionnière de la 'no wave'. Active depuis les années 80, Black Rain a connu une renaissance en 2012 après la sortie des « Soundtracks 1995-1995 » de William Gibson, publiées sur l’écurie britannique Blackest Ever Black. Inscrit au catalogue de labels tels que Les Disques du Crépuscule et Factory Records, le projet est largement reconnu comme précurseur pour la musique industrielle, proto-techno et post-punk.

Au Bozar, Stuart Argabright est accompagné par Soren Roi, aux synthés modulaires et à la guitare, et Otto Lindholm à la contrebasse. Argabright se consacre au laptop, au synthé et à la basse. Dans le ‘Studio’, le petit amphithéâtre du Bozar, plein à craquer, la formation déroule sa musique dark ambient teintée de rythmiques technoïdes. Les compos sont assez bruitistes, atonales et sombres. La setlist se focalise sur « Black Pool », le dernier opus en date du projet, publié l'année dernière, mais propose également des nouveaux titres. Ils devraient d’ailleurs figurer sur le prochain disque, dont la sortie est prévue pour la fin de l'année. Dans le dernier tiers de la prestation, Alison Lewis rejoint le trio pour interpréter quatre titres, dont les deux « Profusion (I et II) ». Drapée dans un superbe ensemble noir aux allures de sari, elle fascine et impressionne. Telle une diva gothique, elle alterne mélodies lancinantes et phrasés plus expérimentaux. Par moments, sa voix lorgne sur le chant lyrique de Lisa Gerrard, une des chanteuses, on le sait, qui l'ont le plus marquée dans sa vie. Un set été intense et profond, qui constitue une excellente mise en bouche avant le plat de résistance...

Ce plat de résistance nous est servi par Ben Frost. L'Australien, qui réside en Islande, est un fidèle du festival ;  il a déjà foulé les planches du Bozar en 2012 et 2014. Aujourd'hui, il est clairement devenu une 'superstar' de la musique électronique et c'est en majorité pour lui que le public a investi en masse la grande salle Henri Leboeuf. La musique de fond dispensée avant le concert se résume à un son monotonique régulier, semblable au beep d'un électrocardiogramme. Enervant mais idéal pour créer un manque et susciter le désir avant le déferlement qui va suivre.

Vers 21h40, accusant 10 minutes de retard, l'artiste prend possession de la scène, sous les fumigènes. Arborant une barbe et des cheveux longs, campé derrière une large table placée au centre du podium, sa stature de bûcheron en impose. Le light show est exclusivement composé de lumières d'un bleu électrique rappelant la pochette de « The Centre Cannot Hold », son dernier opus produit par Steve Albini qui, jolie coïncidence, sort ce jour même chez Mute Records.

Si, sur disque, la musique de Ben Frost peut paraître parfois monotone, son incarnation sur scène est, par contre, d'une puissance impressionnante. Les écarts de dynamique sont frappants : on passe des atmosphères les plus 'ambient' aux explosions soniques d'infra-basses et de synthés. On reconnaît la plupart des thèmes du dernier LP, notamment « Ilonia » et « Entropy in Blue », mais les séquences rythmiques et les modules mélodiques sont triturés et torturés en live par un Ben Frost véritablement possédé. Un autre possédé, c'est le fan lourdingue du premier rang qui, en transe depuis le début du concert, va jusqu'à monter sur le podium pour congratuler l'artiste, avant d'être fermement éconduit par un membre de la sécurité.

Les jeux de lumière sont bluffants. Les vidéos projetées sur l'énorme écran, tendu au fond de l’estrade, deviennent progressivement plus précises et représentent des nuages en mouvement ou des mousses qui se gonflent comme un Alien, le tout dans la couleur bleue obsessionnelle qui évoque Klein.

L'univers sonore ressemble à un voyage dans les tréfonds des geysers islandais. Le calme sourd, sombre et profond, avant le surgissement des forces telluriques. On pense à Autechre, The Knife, Empyset, Prurient ou Blank Mass ; mais la signature musicale de l'Australien est foncièrement originale. 

Cette symphonie tirée des abysses de la terre s’achève au bout d’une heure. Et pour ponctuer ce show époustouflant, Ben Frost vient saluer la foule, la main sur le cœur. A revoir au plus vite !

Le programme prévoit encore la prestation de Pantha du Prince et la performance ‘SpaceTime Helix’ proposée par Michela Pelusio et Glenn Vervliet. Mais la soirée a été suffisamment riche. Ce sera pour une autre fois !

(Organisation : Bozar)

samedi, 16 septembre 2017 03:00

Nuits Sonores 2017 : samedi 16 septembre

Après la soirée d'inauguration (voir notre chronique ici), les Nuits Sonores bruxelloises entrent dans le vif du sujet, en proposant deux nuits de musique électronique, ce vendredi et ce samedi, dans le Palais 10 du Heysel.

Pour rappel, 'Les Nuits Sonores', c'est un nouveau festival pluridisciplinaire qui s'inspire grandement de son grand frère lyonnais, actif depuis 14 ans. La Ville de Bruxelles a en effet demandé à l'équipe lyonnaise de développer une version locale de ce festival dans notre capitale, en adaptant le concept français aux lieux et aux artistes locaux.

Si la nuit du vendredi a rencontré un succès mitigé, par contre, celle de samedi a attiré la très grande foule. Le public est déjà nombreux dès l'entame du programme, à 22h, pour écouter DC Salas, la nouvelle coqueluche de l'electro bruxelloise. Il n’a suffi qu’un seul Ep, « Peru », paru en 2010 sur l’éminent label Doctor Vinyl, pour propulser DC Salas au coeur de l’effervescence de la scène électronique noir-jaune-rouge. Le Nicolas Jaar belge est parvenu à réchauffer les esprits (et les articulations) au sein d’un Palais encore transpercé par un air un peu trop glacial pour la saison.

Mais la plupart des jeunes se sont déplacés pour le prodige de l'électro à la française : Rone. Erwan Castes ne paie pourtant pas de mine : chaussé de lunettes et l’air un peu gauche, on dirait un geek. Mais qu'on ne s'y trompe pas : à 36 ans, c'est une véritable superstar. Au Palais 10, en tout cas, son arrivée déclenche une gentille hystérie. Le musicien vient se planter derrière ses machines et derrière lui, en backdrop, on distingue l'énorme reproduction du visuel créé par Michel Gondry, une évocation moderne du Metropolis de Fritz Lang. Le son est puissant : on ressent les infra-basses et les décibels! La setlist fait la part belle à « Mirapolis », le prochain LP, qui doit sortir en octobre prochain. On reconnaît « Brest », dont des extraits sont déjà disponibles sur les plates-formes de streaming. Mais c'est un ancien titre, le fameux « Parade », caractérisé par sa voix incantatoire, qui déclenche bien entendu la folie dans la fosse. Anecdote, le musicien traverse un moment de panique lorsque ses machines stoppent net le temps de deux 'glitches' inopinés : une occasion de regretter une fois de plus l'omniprésence des playbacks et autres séquences préprogrammées dans ces spectacles sensés être 'live'.

Cet incident est bien vite oublié, d'autant qu'un autre hit, « Bye bye macadam », vient mettre tout le monde d'accord. La version en live est étonnante. Pulsants, les synthés sonnent comme des orgues de barbarie. On se croirait au plein milieu d'une fanfare pour un monde moderne. A la fin du spectacle, Rone s'avance vers le public pour le remercier. Et il faut le reconnaître, ce gars incarne véritablement le rêve de tout 'nerd' passionné de musique et d'ordinateurs. Le public, en tout cas, en a eu plein les oreilles et, vous n'y couperez pas, plein les neu-Rones...

Après un (trop long) intermède rempli par la Djette tunisienne Deena Abdelwahed, il est enfin temps d'accueillir le 'boss' : Laurent Garnier. Il est 4h du matin et le hall du Palais 10 est encore rempli aux ¾ de sa capacité. Manifestement, l'artiste aurait dû commencer plus tôt et bénéficier de plus de deux heures dans la programmation. Car il n'est jamais aussi bon que lors de longues chevauchées musicales qui peuvent atteindre 5 heures, voire en mode 'All Night Long'. Qu'importe : ne boudons pas notre plaisir et profitons à 200% d'un set une fois de plus époustouflant d'érudition et d'intelligence. Pas le temps de divaguer dans l'ambient ou le jazz : la tonalité principale se révèle d'emblée techno-electro, tout en intégrant des nuances house et opérant quelques incursions dans l'EBM. Il termine d'ailleurs sa prestation par le remix de Boys Noize du célèbre « Als wär's das letzte Mal » de D.A.F.

Ce qui frappe à nouveau, c'est l'incroyable maîtrise technique du Parisien. On admire sa manière d’isoler un loop, de le faire tourner avant de l'enrichir de rythmes ou de samples, créant ainsi 'on the fly' une partition inédite. Et elle peut perdurer avant que, par miracle, elle ne glisse vers un autre track qui attendait la touche du Maître pour sortir de sa boîte. Bravo, Laurent !

En conclusion, on peut écrire que les Nuits Sonores ont réussi leur pari. Pour une première édition, c'est un succès. Mais, pour la prochaine édition, il serait sans doute judicieux de faire évoluer le concept bruxellois, pour le rapprocher du modèle lyonnais et pas seulement organiser deux nuits et un circuit. Enfin, si la combinaison entre musique électronique, arts visuels et performances constitue un objectif louable, il serait souhaitable qu’elle se réalise au sein de lieux vraiment insolites, intégrés au sein du tissu urbain.

En outre, il ne suffira plus de se contenter d’un petit débat sur l'avenir de l'Europe : il faudra créer en pratique une interaction visant à revitaliser les quartiers. Si elle n'a pas réalisé d'emblée ces objectifs ambitieux, la première édition bruxelloise constitue, en tout cas, un premier pas dans la bonne direction.

(Organisation : Nuits Sonores & Brussels Expo)

 

 

 

vendredi, 15 septembre 2017 03:00

Nuits Sonores 2017 : vendredi 15 septembre

Après la soirée d'inauguration (voir notre chronique ici), les Nuits Sonores bruxelloises entrent dans le vif du sujet, en proposant deux nuits de musique électronique, ce vendredi et ce samedi, dans le Palais 10 du Heysel.

Pour rappel, 'Les Nuits Sonores', c'est un nouveau festival pluridisciplinaire qui s'inspire largement de son grand frère lyonnais, actif depuis 14 ans. La Ville de Bruxelles a en effet demandé à l'équipe lyonnaise de développer une version locale de ce festival dans notre capitale, en adaptant le concept français aux lieux et aux artistes locaux.

Le choix du Palais 10 comme salle de concert principale a suscité bien des interrogations. N'était-il pas trop ambitieux, voire téméraire, d'investir un espace aussi vaste (4.330 m2, quand même), et plutôt méconnu du grand public, pour héberger un festival qui effectue son galop d'essai ? Verdict : si la nuit de vendredi a rencontré un succès mitigé, par contre, celle du samedi a rassuré les organisateurs. Faut dire que les fans se sont déplacés en masse, au Parc des Exposition, pour les têtes d’affiche, Laurent Garnier et Rone.

Dans la programmation du vendredi, c'est surtout le DJ set de The Hacker qui a retenu l'attention de votre serviteur. Le musicien grenoblois, Michel Amato de son vrai nom, s'est surtout rendu célèbre grâce à son duo avec Miss Kittin'. Aux Nuits Sonores, il a accordé un set puissant, principalement electro-techno mais agrémenté de touches EBM (Electro Body Music) et Wave du meilleur acabit. Malheureusement, il n’a pas eu le privilège de se produire sur la grande scène mais à l'étage, dans la ‘Ambassador Room’, dont la curatrice n’est autre que notre amie Jane, la patronne des soirées Catclub et BlackOut. L'espace est donc plus intimiste, propice à un contact plus rapproché entre l’artiste et le spectateur. Dans sa playlist, on épinglera surtout l'excellent remix du titre « I Want U » de DJ Hell ainsi que l'extraordinaire rework de « Sato Sato », de D.A.F, par l'Allemand Westbam.

Avant lui, dans cette même salle, Jane a invité Kong, un résident du Catclub, responsable de la branche bruxelloise de 22Tracks et animateur radio à Studio Brussels. Il va dispenser un DJ set house élégant mais sans réelle surprise. Si, une bonne surprise quand même, celle d'entendre le légendaire « How Much Are They ? » de Jah Wobble en milieu de parcours ! Après lui, Haring a suscité davantage de réactions grâce à un live très house, psychédélique, à la limite de la Trance. Le musicien/producteur bruxellois cumule les bonnes références, comme celles empruntées à Max Cooper, Rone, XXYYXX ou Tycho, mais il brise trop souvent l'élan en multipliant les intros et les outros. Etonnant, si la prestation est annoncée ‘live’, elle recèle des titres de Rain and Flashing Lights et Och… En fin de set, il va s’autoriser un nouveau track. Intitulé « Brussels » il souffre de sonorités un peu trop dubstep. Mais si vous souhaitez en connaître davantage sur cet artiste, rien de tel que d’écouter son premier opus, « In Spaces », sorti en mai chez City Tracks.

Le hall principal du Palais 10 accueille Modeselektor. C’est le point d’orgue de la nuit. Malheureusement, la salle est à moitié vide (ou pleine, selon), lorsque Gernot Bronsert et Sebastian Szary grimpent sur l’estrade. En outre, le light show, annoncé comme ‘une scénographie particulièrement soignée destinée à installer un design et des light shows spécifiques dans la salle et pas uniquement sur scène’, se révèle somme toute assez classique. Seul décor distinctif : la double rampe de néons blancs disposée au-dessus de la foule.

La musique de ce duo allemand navigue astucieusement entre électronique, rap, techno et IDM. Actif depuis plus de 20 ans, il a l’art de réussir tout ce qu’il produit, y compris les collaborations. Que ce soit auprès de Siriusmo (Siriusmodeselektor) ou encore d’Apparat (le défunt Moderat). Le set aux Nuits Sonores est impressionnant, glacial, principalement atonal et parfois, carrément expérimental.

Avant cette prestation, on a découvert L'Or du Commun, un groupe de hip-hop bruxellois assez attachant. Primero, Loxley, Swing et Dj Junior Goodfellaz ont réussi à installer une bonne ambiance, grâce à leur humour et leur énergie déconcertante, malgré une salle aux 3/4 vide, en ce début de programme…

(Organisation : Nuits Sonores & Brussels Expo)

 

jeudi, 14 septembre 2017 03:00

Nuits Sonores 2017 : jeudi 14 septembre

Les Nuits Sonores bruxelloises, c'est un nouveau festival pluridisciplinaire qui s'inspire grandement de son grand frère lyonnais, actif depuis 14 ans. Suivant une idée d'Henri Simons, le directeur de l'Atomium, la Ville de Bruxelles a demandé à l'équipe lyonnaise de développer un festival dans notre capitale, en adaptant le concept français aux lieux et artistes locaux.

L'idée originale des Nuits Sonores consiste à combiner musique électronique, arts visuels et performances dans des lieux de préférence insolites, tout en créant un débat d'idées et prônant l'interaction urbaine ainsi que la revitalisation des quartiers. Si elle ne réalise pas d'emblée cet objectif ambitieux, la première édition bruxelloise constitue un premier pas dans la bonne direction.

Durant 4 jours et 3 nuits, soit du 14 au 17 septembre, Bruxelles accueille deux nuits de concerts dans le Palais 10 du Heysel, un circuit d'activités organisé en collaboration avec plus de 20 collectifs et salles de la capitale ainsi que diverses conférences-débats.

Aujourd'hui, la journée de lancement est surtout marquée par la soirée d'inauguration au Bozar et par un circuit de concerts qui va squatter cinq lieux emblématiques de la ville. 

Dans l’'event hall' de Bozar, les sonorités subtilement 'dark' du Dj Sofa accueillent les visiteurs. De loin, le track évoque le « Venus in Furs » du Velvet: la soirée commence bien !

Le programme prévoit tout d'abord une partie officielle, consacrée aux discours et allocutions. Derrière le pupitre installé sur l'escalier, Paul Dujardin, directeur de Bozar, Philippe Close, bourgmestre fraîchement nommé et Bianca Debaets, secrétaire d'état à la Région, dressent le contexte politique et culturel du festival. Ensuite, Vincent Cary, directeur, et Pierre-Marie Oullion, programmateur, tous deux chez Arty Farty, l'équipe d'organisation lyonnaise, détaillent le programme et sa philosophie. Malheureusement, les allocutions adoptent un format 'conférence de presse' très (trop) officiel, et surtout pas du tout adapté à un auditoire qui, d'ailleurs, ne se gêne pas pour bavarder, créant ainsi une joyeuse cacophonie.

Le parcours se poursuit dans le 'Studio' de Bozar, où se produit une troupe estonienne, dans le cadre du Bozar Electronic Arts Festival, qui s'étend, lui, du 14 au 30 septembre. L’Estonie, pays pionnier dans le secteur du numérique en Europe, est en quelque sorte 'invitée d'honneur' au Bozar, entre autres par le biais d'expositions d’art vidéo numérique (« L’archéologie de l’écran »). Quant à la performance, elle a été baptisée ‘Demultiplexia’ et consiste en un spectacle multimodal, mêlant musique électronique, danse, théâtre et neurosciences. Le NeuroTheatre Collective y met en scène un danseur et une danseuse portant un casque qui enregistre leurs émotions et les traduit en sons et en images vidéo projetées sur un écran. Quatre spectateurs sont invités à participer à l'expérience, comme 'médiateurs'. L'expérience est intéressante mais manque de contenu et de scénarisation.

Après le Bozar, en route pour le ‘Circuit’ qui relie cinq lieux bruxellois : l'Ancienne Belgique, le Bonnefooi, le Brass, le Fuse et la galerie Horta. D'abord, rapide crochet par la galerie Horta, où les Garages Numériques (GN) organisent la deuxième édition de leur festival. Ils y présentent les cultures digitales sous de nombreuses formes, croisant les styles et les esthétiques dans un large espace d’exposition consacré à la musique, aux performances audiovisuelles et disposant d’une salle de conférences.

Cap ensuite vers l'Ancienne Belgique, et précisément l'AB Club, où Monolithe Noir achève son set. On a déjà eu l'occasion de dire tout le bien qu’on pense de ce projet monté par Antoine, le sympathique disquaire 'Balades Sonores'. Equipé de ses contrôleurs et de ses synthés modulaires, il déroule de superbes séquences tantôt ambient, tantôt industrial techno. La salle est quasi-pleine et réserve un très bon accueil à ce musicien-bidouilleur qui, depuis sa participation au Concours-Circuit, multiplie les concerts en Belgique.

Le temps de boire un verre de vin, de féliciter Antoine et de tailler une bavette en compagnie de deux amies françaises, et le 'Live' suivant embraie. En l’occurrence, celui, très attendu, de Raime. Ce duo londonien réunit Joe Andrews et de Tom Halstead. Ce soir, le tandem est épaulé par une drummeuse, Valentina Magaletti. Raime compte déjà deux albums dans à son actif, tous deux parus chez Blackest Ever Black, une écurie qui porte bien son nom vu qu'elle héberge des projets sombres, très sombres même... Si le premier elpee du duo, « Quarter Turns Over A Living Line », baignait plutôt dans une forme de 'dark ambient', grâce à ses pépites d'une noirceur abyssale, comme « Exist In The Repeat Of Practice », l'opus 'sophomore', comme on dit en anglais, a marqué une rupture assez radicale.

Sur le podium de l'AB Club, c'est, en grande majorité, ce nouvel avatar de Raime que nous découvrons. Oubliées, les compositions lentes, 'drone' et introspectives ; on retrouve bien sûr les infra-basses et les samples qui font la marque de fabrique du projet mais aujourd'hui, ces éléments sont intégrés dans des rythmiques plus rapides, exécutées par des machines et par la batterie en 'live' ; et, cerise sur le gâteau, Tom Hastead joue de la guitare ! L'ensemble débouche sur un univers cross-over, sis quelque part entre Vatican Shadow et... Rage Against The Machine. C'est dark, pulsant, énergique et très vite, le public ondule sous les vagues ensorcelantes de « Tooth ». Un set impressionnant, qui donne méchamment envie de (re)découvrir cet album étonnant.

Direction Fuse, pour assister au DJ set de Red Axes. Cependant, l’entrée est refusée à votre serviteur, suite à une erreur. Son nom ne figure pas sur la 'Press List'. Il ne lui reste plus qu’à rejoindre ses pénates afin de se ménager pour vivre les deux nuits prochaines, programmées au sein du Palais 10 au Heysel. Elles sont hautement prometteuses puisqu'on pourra y voir et écouter, entre autres, Modeselektor, The Hacker, Haring, Rone et Laurent Garnier... A suivre !

(Organisation : Nuits Sonores, Bozar, Brussels Expo, Be Culture ainsi qu’une vingtaine de salles et collectifs bruxellois).

Soror Dolorosa signifie « Soeur Douleur » en latin et, sans mauvais jeu de mots, on peut dire que le nouvel album de ce groupe parisien va faire mal... Emmenée par Andy Julia (chant), que l'on connaît aussi par ailleurs via ses participations aux projets Dernière Volonté et Position Parallèle, le combo pratique une musique 'dark' aux accents postpunk, cold-wave et gothic-rock. Pensez à Bauhaus, The Cure et The Sisters of Mercy. On trouve également dans ses rangs Hervé Carles (basse), Nicolas Mons (guitare), Frank Ligabue (batterie) et surtout, David-Alexandre Parquier (guitare), que l'on connaît bien en Belgique via son projet solo bruxellois Luminance.
 
Ce nouvel album, le 4e, s'intitulera « Apollo » et sortira le 15 septembre sur le label allemand Propecy Productions. Il aura fallu une longue gestation, de presque 4 ans, pour donner vie à cette nouvelle production. Les compositions évoquent un univers sombre, voire dystopique mais elles sont illuminées par la voix cristalline et voluptueuse d'A. Julia. Par moments, on pense aussi aux Chameleons, à David Sylvian et même à A-Ha, le refrain de « Another Life » lorgnant par moments sur le célèbre 'yodel' de Morten Harket...
 
Pour regarder


Pour pré-commander l'album :
http://en.prophecy.de/artists/soror-dolorosa/
 
En plus d'un CD et d'un double en vinyle, « Apollo » est aussi disponible en format Artbook, un magnifique opuscule noir et or qui comporte, outre le CD de l'album, un DVD live et 72 pages (!) de superbes photos.

Soror Dolorosa :
https://www.facebook.com/sorordolorosaofficial/

Propecy Productions :
http://www.prophecy.de/

Thot, le projet dirigé par le Français d'origine et Bruxellois d'adoption Grégoire Fray, a levé le voile sur son tout nouvel album, intitulé « Fleuve », lors d'un showcase destiné à la presse et aux professionnels, qui s'est tenu au Magasin 4, dans la capitale.
 
Produit par Magnus Lindberg (Cvlt of Luna), l'album est déjà le 4e du musicien et sortira officiellement le 20 octobre sur l'excellent label bruxellois Weyrd Son Records. On y retrouve avec plaisir la signature sonore et artistique de Thot (en passant, ce nom désigne le Dieu lunaire dans la mythologie égyptienne). C'est un indie-rock aux accents metal, industriels et post-rock, à classer quelque part entre Nine Inch Nails (période The Fragile) et Amenra avec une petite touche de Muse dans les voix (même si l'artiste s'en défend)...
 
« Fleuve » propose 9 compos qui portent toutes le nom d'un fleuve européen et se présentent comme une ode à l'histoire européenne et à son héritage, le tout transcendé par une approche tribale mêlant sons électroniques et organiques.
 
Pour annoncer l'album, pas moins de trois clips vidéos ont été réalisés (voir ici), ainsi qu'une reprise d'un titre de Fever Ray : Now's The Only Time I Know.
 
L'album est disponible en pré-commande sous la forme de plusieurs (superbes) éditions vinyl, en cd et en format digital via http://weyrdsonrecords.bandcamp.com/album/fleuve.
 
Tracklist :
1. ICAUNA
2. ODRA
3. VLTAVA
4. RHONE
5. RHEIN
6. DUNA
7. VOLGA
8. SAMARA
9. BOSPHORE
10. NOW’S THE ONLY TIME I KNOW (Fever Ray cover - bonus track)
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