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Philippe Blackmarquis

Philippe Blackmarquis

Il y avait déjà eu les Francofolies, importées de France en Belgique, plus précisément à Spa. Aujourd'hui, la Ville de Bruxelles et la Région Bruxelles-Capitale ont présenté le programme des "Nuits Sonores" bruxelloises, un festival pluridisciplinaire qui aura lieu en septembre prochain et qui s'inspirera grandement de son grand frère lyonnais, actif depuis 14 ans.

Le concept? Faire s'entremêler la musique électronique, les arts visuels et les performances dans des lieux de préférence insolites, le tout, en créant un débat d'idées et en prônant l'interaction urbaine et la revitalisation des quartiers.

Pendant 4 jours et 3 nuits, du 14 au 17 septembre, Bruxelles accueillera deux nuits de concerts dans le Palais 10 du Heysel, un circuit d'activités organisé en collaboration avec plus de 20 collectifs et salles de la capitale et diverses conférences-débats. Outre le Palais 10, choisi pour son architecture Art Nouveau, et le Musée ADAM - Brussels Design Museum, les acteurs culturels, lieux associés et partenaires comprendront: la revue 24h01, l’Ancienne Belgique, LaVallée, les Ateliers Claus, le BCW, le Bonnefooi, le Bowling des Marolles, Bozar — Eletronic Arts Festival, Le Brass, Les Brigittines, BXL Mon Amourrr, le Café Belga, Catclub, Coucou Brussels, le Fuse, la Galerie Horta, les Garages numériques, le Hall Horta, Radio Panik, Recycl‘art, la Madeleine, Rebel Up!, le laboratoire d‘innovation durable Strategic Design Scenario, Traphouse, visitbrussels, etc.

Philippe Close, Échevin de la Ville de Bruxelles et Président de Brussels Expo, a précisé lors de la conférence de presse qu'il irait danser au Bonnefooi: un clin d'oeil humoristique au petit différend cocasse qui avait opposé le café à la Ville.

Les premiers noms du lineup du festival ont déjà été dévoilés. La première nuit au Palais 10 proposera Modeselektor, L'Or du Commun, Bambounou ainsi qu'une programmation plus "new-wave" sur la 2e scène, proposée par Jane, du CatClub. On se réjouit notamment d'y voir The Hacker dans un set italo-disco, Haring et Kong. Le lineup de la deuxième nuit comprendra un 'very special guest', dont le nom ne pourra être révélé que le 15 juillet (regardez bien quel grand groupe ou projet fait un concert le 14 en Belgique et vous serez sur la voie), ainsi que DC Salas, Khidja et la Tunisienne Deena Abdelwahed, tandis que la scène 2 accueillera le Britannique Leon Vynehall, Africaine 808 et les 'locaux' San Soda et Gratts.

La scénographie dans le Palais 10 sera particulièrement soignée, l'objectif étant d'installer un design et des light shows spécifiques dans la salle et pas uniquement sur scène.

Le "Circuit" reliant les différents lieux bruxellois et le programme "Extra" sont encore en cours de production mais on sait déjà que des budgets ont été alloués aux acteurs locaux pour qu'ils puissent mettre en place leurs propres projets. Ainsi, les Brigittines proposeront un Thé dansant destiné aux personnes âgées, en collaboration avec les orgues Decap et les Ateliers Claus; le Brass, à Forest, travaillera avec Rebel Up! sur une programmation ouverte et métissée; le Fuse développera un projet avec le festival de Dour et les Garages numériques organiseront une exposition autour de l'art du numérique dans la galerie Horta.

Interrogé sur la relative absence de lieux insolites dans ce premier projet de Nuits Sonores, Philippe Close a précisé que l'objectif est de travailler sur la longueur, 4 ou 5 ans au minimum. La première édition s'installera en effet dans des lieux assez classiques mais la réaffectation culturelle 'alternative' des lieux en friche ou à réhabiliter fait partie des objectifs de la Ville. Il cite comme exemple le Magasin 4, que la Ville essaie de maintenir dans un site que la Région souhaite transformer en parc.

On espère également que le projet de longue haleine des Nuits Sonores permettra un transfert de savoir-faire de Lyon vers Bruxelles et que l'organisation et la programmation pourront, à terme, être prises en charge localement à 100%. C'est à cette condition que nous comprendrons qu'un tel investissement dans des compétences tierces soit consenti par les Pouvoirs publics. On espère aussi que la Ville proposera au Botanique de participer: il nous semble en effet inconcevable d'organiser un festival de cette ampleur dans la capitale sans qu'un de ses acteurs culturels principaux ne soit, à tout le moins, impliqué.

Pour de plus amples informations: www.nuits-sonores.be

 

mardi, 30 mai 2017 20:11

Is This The Life We Really Want ?

Musiczine est un des premiers médias belges (et en tout cas, le premier site web) à publier une chronique du nouvel album de Roger Waters. Il sort officiellement dans deux jours. Nous avions déjà eu le privilège de participer à une pré-écoute chez Sony Music Belgium ; mais aujourd'hui, c'est le précieux cd que nous avons dans les mains.

Nous ne vous ferons pas l'injure de vous présenter Roger Waters, le fondateur et co-leader du légendaire Pink Floyd, actif en solo depuis 1985. Intitulée « Is This The Life We Really Want ? », la nouvelle production studio de l'artiste anglais est la première depuis « Amused To Death », parue il y a 25 ans.

Produit et mixé par Nigel Godrich (Radiohead, Beck,...), « Is This... » recèle 12 nouvelles compositions qui marquent clairement un retour à un certain classicisme 'floydien'. Exit les extravagances et les 'featurings' de stars (Eric Clapton, Jeff Beck) qui émaillaient les opus précédents. Place à des chansons plus calmes et davantage dépouillées.

« Smell The Roses », le premier titre dévoilé il y a déjà quelques semaines, évoquait déjà et irrémédiablement « Have A Cigar ». Les autres plages nous replongent avec bonheur dans les chapitres calmes de « Dark Side of The Moon », « The Wall » ou « Animals ». Les thèmes sont, on s'en doutait, à nouveau très engagés politiquement ; et en toile de fond on retrouve ce climat pré-apocalyptique au sein duquel l'artiste a forgé sa marque de fabrique.

Place maintenant à une chronique impressionniste des plages, rédigée dans le style ‘stream of consciousness’, cher à James Joyce.

Un tic-tac d'horloge ouvre la plaque... « Time », un des chefs-d'oeuvre du Floyd, nous traverse l’esprit. Waters déclame, en 'parlando', quelques phrases qu’il mélange à des samples de conversations. Cette intro dure une minute et demie.

La seconde plage. « Déjà Vu ». « Déjà entendue », vu qu'elle a également été publiée sur le web. La guitare acoustique et les premières notes nous replongent dans l'atmosphère d’une ballade lente digne de « Mother » (« The Wall »). Waters chante ‘If I had been God’ ou ‘If I were a drone’. Il exprime sa vision politique et sociale d'un monde qu'il aurait voulu meilleur. Puis il monte dans les tours et éructe toute sa hargne et sa douleur dans une explosion de missiles. Dans la grande tradition de ses folles diatribes 'walliennes'. 

Le rythme ralentit encore quelque peu pour « The Last Refugee », une divagation sur le thème de l'enfant réfugié échoué sur la plage. Quelques extraits d'une radio ouvrent la voie à une lente mélopée enrichie par des paroles ici très poétiques. La compo enfle comme une vague de cordes et de synthés, pour retomber ensuite sur des cris de mouettes...

« Picture That ». Un rythme lancinant, répétitif, menaçant. Une basse pulse et un synthé cristallin scintille... Une batterie 'krautrock' lui sert d’écho... Ou plutôt « Echoes », tant la référence est insidieuse. Débarquent alors les choeurs féminins. L'habillage floydien est alors complet. ‘Wish You Were Here in Guantanamo Bay’ adresse un autre clin d'oeil au titre qui ouvrait ce fameux « Echoes ». Le morceau est puissant, progressif et surtout... excellent ! Sans doute la meilleure compo… jusqu'à présent!

Un loup hurle au loin. « Broken Bones » est tramé par une guitare acoustique à la tonalité rassurante. Mais, à nouveau, ce n'est qu'une douceur apparente. Waters déplore la direction adoptée par notre société après la seconde guerre mondiale. ‘Mistress Liberty, oh we abandoned thee...’ Waters est bien le digne successeur de Bob Dylan.

Après quelques fragments de bavardages, place au titre maître. Il déploie doucement ses harmonies subtiles en arpèges électriques. Un goût de Steven Wilson... Juste renvoi d'ascenseur... La répétition d’« Every time... » réveille en nous le souvenir du final d’« Eclipse » sur « Dark Side of The Moon » ; mais malheureusement, la piste n'atteint pas les sommets épiques de ce classique intemporel.

Des sonorités industrielles amorcent « Bird In A Gale ». Comme une machine à vapeur. Welcome to the machine ! Au-dessus de cette pulsion, Waters construit un univers sonore à nouveau parfaitement floydien, combinant la batterie robotique aux nappes de synthés analogiques (Oberheim!). Sa voix est ici criarde, incantatoire, pour ce qui ressemble fort à un règlement de compte sentimental, transcendé par une dimension sociale. Le final est étonnant : la pulsation mécanique prend de l'ampleur et l'ensemble devient hypnotique, hallucinant, et... BOUM : le son d'un jet passe juste au-dessus de nous et des voix soufflent un ‘wow !’ Saisissant ! Comme dans un film, en 'surround sound'...

Retour à une ambiance plus introspective pour « The Most Beautiful Girl ». Le piano mène le bal tout au long de cette lente et sombre évocation du destin tragique de la beauté, ponctuée de voix angéliques.

Un cigare ? Il « Smell The Roses », dont l'intro, la rythmique puissante et les riffs bluesy évoquent clairement « Have A Cigar ». Retour du tic-tac dans le break central avant le premier solo de guitare depuis le début ! Il est bref mais tant le son que le glissando devraient sans doute faire sourire David Gilmour ! L'imitation est bluffante, au bord de la caricature... Un esprit de revanche ? ‘Pink Floyd, c'est moi !’, semble vouloir affirmer Waters.

« Wait For Her » et « Oceans Apart » ouvrent des parenthèses paisibles avant la plage finale : « Part of Me Died », que l'on espère en apothéose. Mais c'est juste un final délivré en forme d'espoir. Sur une musique épurée, Waters rappelle que seul l'amour permet d'obscurcir la part sombre de l'être humain. ‘When I met you, that part of me died...’

A 73 ans, Roger Waters est parvenu à créer un véritable classique, qui a parfaitement sa place à côté des chefs-d'oeuvre de Pink Floyd. Les thèmes sont ambitieux, les compositions solides et les arrangements, subtils et très riches. Discrète mais efficace, la production de Nigel Godrich est mise au service de la musique. Waters est multimillionnaire ; il n'avait aucune obligation de graver cet opus ; il aurait pu se contenter de pomper la machine à nostalgie ad vitam... Non : il démontre ici sa vitalité et la constance de son inspiration. Keep shining, crazy diamond...

Pour commander l'album : voir ici

Pour écouter « Smell The Roses » : c’est

 

Tracklist :

1. When We Were Young
2. Déjà Vu
3. The Last Refugee
4. Picture That
5. Broken Bones
6. Is This the Life We Really Want?
7. Bird in a Gale
8. The Most Beautiful Girl
9. Smell the Roses
10. Wait for Her
11. Oceans Apart
12. Part of Me Died

Line up :

Roger Waters – vocals, acoustic guitar, bass guitar
Nigel Godrich – keyboards, guitar, sound collages, arrangements
Gus Seyffert – guitar, keyboards, bass guitar
Jonathan Wilson – guitar, keyboards
Roger Joseph Manning, Jr. – keyboards
Lee Padroni – keyboards
Joey Waronker – drums

Jessica Wolfe – vocals
Holly Laessig – vocals

Hier soir avait lieu la 14ème édition des Octaves de la Musique à La Madeleine (Bruxelles). Depuis 2004, l'asbl Les Octaves de la Musique décerne des prix aux musiciens de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui se sont illustrés par leur créativité. C'est un jury d'un millier de professionnels (agents, journalistes, labels, managers,...) qui effectue la sélection dans un éventail très large de styles différents.
 
Auparavant, les noms des lauréats étaient révélés lors de la grande soirée des Octaves mais cette année-ci, les organisateurs ont changé le concept. Les noms ont été annoncés à l'avance et la grande soirée a cessé d'être une soirée de remise de prix pour prendre les allures d'un concert à part entière, au cours duquel ces lauréats furent invités à se produire sous la forme de collaborations inédites.
 
On ne peut que saluer ce changement de formule. Les remises de prix sont en effet très ennuyeuses et surtout frustrantes pour ceux qui ont perdu ! Hier, le public a donc pu découvrir ce qui fait véritablement la force des Octaves : la musique dans toute sa diversité!
 
L’objectif ? Briser les frontières entre des univers musicaux pouvant paraître, de prime abord, incompatibles et démontrer une fois de plus que la musique est bel et bien un langage universel, que tous les mélanges sont possibles.
 
Lors de cette soirée retransmise en direct sur les télés locales et présentée par Sophie Pendeville et Pierre Beaudot, on a pu découvrir une dizaine de duos d’un soir où se mélangeaient, par exemple, le rock du désert de Kel Assouf avec la virtuosité classique de Florian Noack ou encore la pop enflammée de Puggy avec l’univers très contemporain de Sarah Picavet.
 
Notons également l'investissement sans faille de l'Octave d'Honneur 2017, David Linx, qui a pris part à la construction artistique de la soirée.
 
Au rayon des frissons dans le dos, nous épinglerons d'abord le superbe duo formé par Philippe Pierlot à la viole de gambe et Sarah Picavet au piano. La viole de gambe est un instrument de musique à cordes et à frettes joué à l'aide d'un archet. Ca ressemble à un violoncelle mais les sonorités sont beaucoup plus résonantes, évoquant la Renaissance et la musique baroque. Autre frisson pour Françoiz Breut, Octave en Chanson Française, qui a interprété de très belle façon sa chanson « Loon-plage » avec l'aide du Quatuor Clarias.
 
Ordre d’apparition des collaborations :
· David Linx (Octave d’Honneur) & Michel Hatzigeorgiou
· Fabrice Lig (Octave en Musiques Electroniques) & Lady Linn avec le Quatuor Clarias (Octave PointCulture)
· Kel Assouf (Octave en Musiques du Monde et Zinneke) & Florian Noack (Artiste de l’année)
· David Linx & Le Ba Ya Trio (Octave de la Ministre de la Culture)
· Philippe Pierlot et Sarah Picavet (Octave en Musique Contemporaine)
· Françoiz Breut (Octave en Chanson Française) & le Quatuor Clarias
· Puggy (Album de l’année) & Sarah Picavet
· La Boîte à Musique (Octave de la Fédération des Jeunesses Musicales Wallonie-Bruxelles)
· David Linx & Lorenzo Di Maio (Octave en Jazz)
· Oxoon (Octave Fun Radio)

Retrouvez la retransmission de la soirée sur le site de BX1.

Plus d'infos : ici.

 

Les Nuits Botanique ont refermé leurs portes dimanche dernier, mais le programme prévoit quand même un prolongement exceptionnel : un concert d'An Pierlé est organisé dans le cadre exceptionnel de l'Eglise Notre-Dame de Laeken, l'édifice néo-gothique dont la crypte abrite les tombes de la dynastie royale belge. Un an après avoir accordé un set sublime au sein de l’église des Dominicains, l'artiste gantoise est donc de retour aux Nuits ; et pour l’occasion, afin de célébrer la sortie, chez PiaS, du deuxième chapitre de son diptyque 'stellaire' : « Cluster ».

A l’instar du premier chapitre, « Arches » a été enregistré en partie dans une église et réserve une place prépondérante aux grandes orgues. C'est donc tout naturellement au sein d’édifices religieux qu'An Pierlé a choisi de faire vivre sa musique. A Laeken, étrangement, les grandes orgues ne seront pas utilisées et le podium sera installé non pas en dessous du jubé, comme d’habitude, mais sur l'hôtel. Les raisons de ce choix sont d'ordre logistique, l'entrée principale ne permettant pas l'installation de la scène à l'arrière de l’édifice. En outre, les dimensions gigantesques des orgues ne correspondent pas à l'atmosphère intimiste au sein de laquelle la musique de l’artiste baigne.

Le superbe « I Feel For The Child », issu de « Arches », ouvre le spectacle sur des claquements de doigts. Karel De Wilde, l'organiste, côtoie, une fois n'est pas coutume, les autres musiciens sur l’estrade. Et les sonorités digitales de son instrument, un Nord C2D customisé, ainsi que la voix nous transportent d'emblée au cœur d’une dimension mystique. Le break incrusté au milieu de la compo est d'une intensité et d'une puissance incroyables. ‘And you drown yourself in silence...’ Enfin, elle s’achève comme elle a commencé, en douceur, a capella…

L’auditoire, qui occupe complètement la nef centrale et les ailes, est déjà conquis. Dans la foulée, An Pierlé entame « Road To Nowhere », le premier extrait de « Cluster ». Aux côtés d'An, on reconnaît son partenaire à la scène comme à la ville, Koen Gisen (guitare, saxophone, percussions). Les harmonies vocales des deux choristes, Loesje Maieu et Kaat Hellings, sont d'une extraordinaire délicatesse, tout comme leurs interventions aux claviers et aux percussions.

Après « Vibra », An Pierlé présente son nouveau 'single', « Golden Dawn ». D’un ton humoristique, si caractéristique, elle propose à chacun d'écrire aux radios afin qu’il soit diffusé plus fréquemment ! L'interprétation est superbe. Sublime, le refrain vous saute au cou et vous enlace sans jamais plus vous lâcher : ‘The Golden Dawn is on its way. We dream... Keep dreamin' on...’ C'est lent, voluptueux, déchirant de beauté. 

« Huntifix » s’inscrit dans la même veine. Empreinte de tendresse, cette chanson d'amour est construite autour de quelques notes d'orgue et de piano, soutenues par le va-et-vient d’une maraca. Le saxophone et les notes d’ivoires apportent ça et là des couleurs plus 'free jazz'. La composition virevolte lentement, telle une danse sensuelle : ‘Do you want to undress me, Do you really want to see, Would you like to caress me, Do you want me entirely…’

Un petit bémol cependant : les choeurs féminins sont trop envahissants pendant ce morceau ; on aurait préféré être en tête-à-tête, virtuel bien sûr, avec la belle An.

S'ensuit l’épatant single « Birds Love Wires », qui figure également sur « Arches », une des plus belles compositions de ces deux dernières années. Avant d'interpréter « There Is No Time », An Pierlé invite quelques spectateurs à monter sur le podium afin de participer au tournage d'une vidéo. Sous la direction de l'artiste, et le temps d'une chanson, votre serviteur se retrouve à ramper sur le tapis du podium avec deux amies tandis que d'autres dansent et qu'une petite fille s'assied au piano à côté de l'artiste. Un moment comique, étrange et inoubliable !

La dernière partie du show se déroule dans la perspective d'une montée en puissance, alignant l'imposant « Sovereign », le sexy « Bedroom Dust » (qui rappelle Lana Del Rey, me confie judicieusement ma voisine, Charlotte) et enfin, le très sombre « Dragon JM ».

On épinglera également les superbes jeux de lumière qui exploitent à merveille l'architecture de l'église. Les faisceaux viennent jouer sur les voûtes et l'effet est féerique. Au fil des harmonies gothiques, on peut apercevoir les ombres de Lisa Gerrard et de Kate Bush qui ondulent dans les travées…

L'épique « Changing Tides » entame le rappel. Un tambour martial guide la composition dans une farandole enivrante, qui débouche sur un final époustouflant à trois voix.

Après avoir chanté une pub pour faite la promo de son nouvel album (encore un moment cocasse), An Pierlé prend enfin congé de l’auditoire sur une reprise à nouveau fabuleuse de « Such A Shame », le classique de Talk Talk. Il ne faut pas oublier que ce groupe anglais est une de ses références majeures ! L’approche est ici minimaliste : juste quelques notes de piano et les voix. Le public est crucifié de bonheur.

En conclusion : le nouvel album réussit brillamment l'épreuve du 'live', recueillant dans l'édifice gothique un superbe écho. Ce soir, nous étions invités par Notre-Dame de Pierlé... pour un joli point... d'orgues aux Nuits Botanique. (Voir aussi les photos ici)

Pour lire l'interview d'An Pierlé, c'est .
Pour écouter l'émission spéciale WAVES consacrée à « An Pierlé », c'est ici.

Setlist:

Feel for the Child
Road To Nowhere

Vibra
Golden Dawn
Huntifix
Birds Love Wires
It's Like
Monkey
We Gravitate
There Is No Time
Sovereign
Bedroom Dust
Dragon JM

Encore:

Changing Tides
Such a Shame (Talk Talk cover)

En première partie, La Jérôme, alias Christa ‘Kiù’ Jérôme, auteur/compositrice belgo-haïtienne, franco-néerlandophone et bruxelloise se produisait en duo avec son guitariste. D’une voix très jazzy, elle a proposé un répertoire 'bluesy' à la fois épuré et émouvant. (Pour les photos, c’est )

An Pierlé + La Jérôme duo

(Organisation: Botanique + Ancienne Belgique)

 

 

 

 

Le festival des Nuits Botanique touche bientôt à sa fin et se clôture en feu d'artifice. Avant la soirée des adieux, prévue au Cirque Royal, ce dimanche, la veille propose également un programme des plus alléchants : All We Are, Mountain Bike (release concert) et Warhaus au Cirque ; puis, ensuite, la nuit électro au Bota.

Quand votre serviteur débarque au Cirque Royal, All We Are termine son show. C’est même le dernier titre interprété par ce trio établi à Liverpool. Mais ce « Dreams » laisse une impression plutôt étrange. La musique est assez décousue, à la limite de la justesse, surtout dans le chef de la chanteuse. Il faut espérer que le début de set était de meilleure facture…

Enfin, après ce premier coup de pédale, place à Mountain Bike... Hum... Les jeux de mots sont faciles quand on évoque ce quatuor bruxellois. Depuis 2012, Etienne (chant, guitare), Charles-Antoine (guitare), Aurélien (batteur) et Stefano (bassiste) ont déjà publié un album éponyme sur Humpty Dumpty et aujourd'hui, c'est la soirée 'release' de la nouvelle plaque : « Too Sorry For Any Sorrow », qui sort sur le label bruxellois Humpty Dumpty et le franco-belge Teenage Penopause Records de nos amis Elzo Durt et François Abdel.

Dès les premiers titres, « Future Son » et « Absolutely », le ton est donné. Cette pop frontale, très 'british', énergique, psyché vire parfois carrément au 'post punk'. Post punk, à cause de ces sonorités de grattes légèrement désaccordées, mais bien cinglantes. On pense tour à tour aux Kinks, à Oasis, à Ty Segall, aux Stranglers ou encore aux Buzzcocks.

Déplorant que le parterre ait été disposé en mode places assises, Etienne s'empresse d'inciter l’auditoire à se lever : ‘On n'est pas là pour ramasser des champignons !’, exhorte-t-il, non sans une pointe d’humour. Le public s'exécute et l'ambiance monte tout de suite d'un cran.

La setlist privilégie les morceaux du nouvel elpee. « You'd Better Let Go » a de délicieux relents psychédéliques et « Escape Plan » est enrichi de superbes harmonies vocales. Issu du premier album, « I lost my hopes (in paradise) » n'a rien perdu de sa fougue et fait mouche comme à chaque concert du combo. Entre deux chansons, Etienne rend un hommage discret à Christophe Van Impe, le journaliste décédé il y a peu. Le set se termine en beauté dans la foulée de « Mean With You », « Torture » et « B+ B- ». Une prestation explosive et de très belle facture !

Votre serviteur n’a pas encore eu l’opportunité d’assister à un concert de Warhaus. Il est donc impatient de découvrir la suite du programme. Il faut dire que Maarten Devoldere, le 2ème chanteur de Balthazar, a fait très, très fort, en publiant « We fucked a flame into being », son premier LP solo. Pour la petite histoire, ce titre s’inspire de ‘Lady Chatterley's Lover’, le roman-brûlot de D.H. Lawrence.

Quand les musiciens montent sur le podium, on reconnaît Michiel Balcaen, qui milite également derrière les fûts, chez Balthazar, et Jasper Maekelberg, le leader de Faces On TV, à la guitare. Le couple glamour par excellence débarque enfin : Maarten Devoldere est habillé de noir, et sa longue veste lui confère un look très classieux ; et, à ses côtés, Sylvie Kreush, sa compagne à la ville comme à la scène, est particulièrement sexy dans sa tenue sombre bordée de voiles. La rythmique chaloupée de « Control » s’élève. Le chanteur se saisit de sa guitare/basse hybride et égrène les quelques notes qui sont ensuite répétées à l'infini par sa pédale 'looper'. Après quelques accords de mélodica, il commence à chanter... et… on est tout simplement subjugué. Sa voix est désinvolte et lancinante, comme celle de Nick Cave. Ou alors proche d’un Leonard Cohen, plongé au sein d’une atmosphère lynchéenne. Derrière lui, la silhouette de Sylvie Kreush ondule et fascine. La guitare essaime quelques cinglantes notes tiraillées en mode 'bend'. Un climat moite de cabaret érotique, chargé d'une sensualité à fleur de peau, baigne alors le Cirque.

Pour attaquer « Beaches », le poulain de l'écurie PiaS passe à la trompette et sample une ligne légèrement dissonante reproduisant une sirène de paquebot. Pas étonnant quand on sait qu’il a enregistré les bases de son album, sur un bateau, près de Gand. Une embarcation qui a d'ailleurs donné son nom au projet Warhaus. S’ensuit le riff quasi-funky de guitare, qui provoque une réaction enthousiaste du public. « Against The Rich » enfonce encore le clou grâce à son rythme rétro irrésistible.

Après un titre interprété par Sylvie Kreush, Devoldere nous réserve une version en solo de « Memory ». Quand on observe le manche sa gratte, manifestement elle a été trafiquée. La corde supérieure est prévue pour une basse et les trois supérieures, pour des cordes de guitare électrique. Ce qui permet au musicien de jouer les deux parties sur un seul instrument via deux micros/pick-ups séparés. Ingénieux !

Retour à la formation au complet pour aborder l'envoûtant « Machinery » et, surtout, le voluptueux « I'm Not Him », un slow qui évoque –et c’est à s'y méprendre– « Elle et Lui » de Max Berlin. Tout y est, même la 'cow bell', le son de clochette. Rassurez-vous, ce mimétisme est délibéré : l'artiste reconnaît vouloir adresser un clin d'oeil à ce titre légendaire.

Le concert arrive tout doucement à son terme et après la chanson 'locale', « Bruxelles », interprétée en solo, Warhaus choisit de terminer le show par une nouvelle compo, « Mad World ». La partie finale a capella est reprise en choeur par un public conquis, qui continuera à chanter, même après le départ des musiciens…

En un mot comme en cent, Warhaus est une véritable révélation. Outre les références citées, on y décèle encore d’autres influences, puisées chez Serge Gainsbourg et Lou Reed. Mais surtout une ambiance et un son qui rappelle le chef d'oeuvre « Pop Crimes », signé par le regretté Rowland S. Howard, l'ancien guitariste de Birthday Party... Seule petite déception ce soir : la stature de Devoldere. Elle est respectable en ‘live’, mais n'impose pas comme celle d'un Nick Cave. Mais peut-on vraiment lui reprocher cela? En résumé, ce soir, si Mountain Bike a confirmé tout son potentiel, on a assisté à l'éclosion, si pas d'une star, à tout le moins d'un talent avec lequel il va falloir compter... 

Philippe Blackmarquis

Warhaus + Mountain Bike + All We Are

After Party – Nuit Electro

Après l'enchantement maléfique dispensé par Warhaus, au Cirque Royal, cap vers le Botanique pour la désormais traditionnelle Nuit Electro, qui est programmée lors du dernier samedi du festival.
 

Pour débuter, dès minuit, dans la Rotonde, on va prendre une véritable claque dans la figure. Ou plutôt, on a encaissé une boule de neige lancée par Ross Tones, alias Throwing Snow. Le producteur londonien a gravé son premier album, "Embers", cette année ; et le résultat sur scène est bluffant. Sa musique électronique est puissante, pulsée et son côté 'trance', hautement hypnotique. Elle recèle aussi des touches krautrock dans les séquences à la Tangerine Dream. Les ambiances sont sombres et mélancoliques, à cause du recours aux accords mineurs. La salle n’est pas encore comble, mais les têtes dodelinent, comme emportées par l'invitation au voyage. Jolie entrée en matière !

Gay Pride oblige, l'artiste suivant est 'queer' : Zebra Katz (Ojay Morgan). A la fois rappeur, danseur et performer, cette icône du mouvement ‘Hip Hop Queer’ crée d'emblée une atmosphère toxique et moite, au sein d’une Rotonde à présent pleine. Vêtu d’une combinaison ignifugée et d’un masque noir, il intrigue. Sa musique lorgne vers un hip-hop à la limite du trip-hop, rappelant par moments Tricky. Impressionnant !

Mais il et temps de quitter la Rotonde pour rejoindre l'Orangerie, où nous attend Factory Floor. Dès 2005, date de sa naissance, la formation londonienne brouille les pistes. Techno primitive ou post-punk aux relents industriels ? La question mérite d’être posée. D’autant plus qu’un titre comme « Bipolar » lorgne vers Joy Division et The Fall. Aujourd'hui, F.F. réunit Gabriel Gurnsey (synthés, programmation, batterie) et la jolie Nik Colk (synthés, voix, effets). Un duo ! Sur le podium de l'Orangerie, Gurnsey se consacre à la batterie et Colk s’est installé en vis-à-vis, derrière une table, sur laquelle on imagine concentrés des synthés, des contrôleurs et des boîtes à rythme. En 'live', le son de F.F. est très 'techno modulaire'. Il s’agit de séquences de basses synthétiques et de beats électroniques sur lesquels Nik Colk applique des effets sonores, élabore des progressions et parfois, injecte quelques voix trafiquées. La musicienne ressemble d'ailleurs un peu à Nico, mais qui aurait teint ses cheveux en roux. Elle a enfilé un t-shirt de sport vert parfaitement kitsch. Gurnsey intervient pour soutenir les beats à l’aide de ses drums. Le public est enthousiaste mais malheureusement le set est écourté après 40 minutes, à cause des retards accumulés au fil de la soirée.

On profite de l'interruption pour se désaltérer, zappant au passage le set de l'Anglais Babyfather ; puis hop, retour à l'Orangerie pour la tête d'affiche de la Nuit : Paula Temple. La carrière de cette productrice/DJ, établie à Berlin, couvre plus de 20 ans ! Puissante et hybride, sa techno est construite à l'aide de logiciels comme Ableton et de contrôleurs qui manipulent les tracks et les samples. Elle se plante debout derrière ses machines. Et il émane d'elle une forme de mystère. Sans soute à cause de ses cheveux couleur anthracite et puis de son regard sombre. Quant au public, il est venu pour danser et Paula Temple lui fournit la bande-son idéale pour son délire nocturne. Une prestation pas très originale, certes, mais oh combien efficace.

Throwing Snow + Zebra Katz + Factory Floor + Babyfather + Paula Temple

Philippe Blackmarquis

(Organisation : Botanique)

On l'a appris hier: c'est Whispering Sons, la formation limbourgeoise de postpunk, qui complétera le lineup du Weyrd Son Records Festival, qui aura lieu les 26 et 27 mai prochains au Beursschouwburg, à Bruxelles.

Rappelons que le jeune label créé par Michael Thiel, le fils de feu Mickey Mike (alias Snowy Red, une des figures de proue de la new-wave dans notre pays), fêtera déjà son 4e anniversaire. Contrairement au lineup du 1er festival du label, plus électronique, cette édition sera résolument potspunk, avec des touches de shoegaze et de cold-wave.

Au programme:

Day #1 – Vendredi 26 mai

DRAB MAJESTY (US)
Basé à L.A. C'est la plus grande révélation 'wave' des deux dernières années. Un mélange fascinant de Cocteau Twins et de Clan of Xymox dans un look androgyne inspiré de Genesis P. Orridge.
https://drabmajesty.bandcamp.com

SOFT KILL (US)
Basé à Portland, le groupe propose un postpunk mélodique inspiré de The Cure, Killing Joke et Magazine.
https://weyrdsonrecords.bandcamp.com/album/soft-kill-heresy

WHISPERING SONS (Be)
Originaires de Houthalen-Helchteren, dans le Limbourg. Gagnants du Humo's Rock Rally 2016, ils proposent une musique 'darkwave' qui évoque aussi bien The Soft Moon que Sisters of Mercy.
https://www.facebook.com/WhisperingSons/

Day #2 – Samedi 27 mai

SOVIET SOVIET (It)
Ce trio basé à Pesaro propose un postpunk teinté de shoegaze et chargé d'énergie.
https://sovietsoviet.bandcamp.com/album/endless

CHARNIER (Be)
Ce quattuor bruxellois pratique un postpunk frontal, parfois violent réminiscent de Joy Division, The Cure et The Wolfgang Press.
https://weyrdsonrecords.bandcamp.com/album/charnier

ANIMAL YOUTH (Be)
Révélation de l'année en Belgique, Animal Youth est basé à Bruxelles et a surpris tout le monde en proposant un postpunk/shoegaze très festif et très mélodique, apparenté à The Chameleons, Jesus & The Marychain et à White Lies. Il fêteront le release de leur premier album, qui sort chez Weyrd Son Records.
https://weyrdsonrecords.bandcamp.com/album/animal

Pour commander vos tickets, rendez-vous sur la page Facebook de l'événement ou sur le site du Beursschouwburg.

dimanche, 07 mai 2017 10:51

Cluster

Attention : chef d'oeuvre ! Musiczine a eu le privilège de découvrir, en avant-première, le nouvel album d'An Pierlé, « Cluster », qui sortira officiellement le 12 mai. Découpé en 8 plages, cet opus constitue le prolongement – le ‘sequel’, dans le jargon du 7ème art– du superbe « Arches », paru l'an dernier. Le nom du diptyque, « Arches Cluster », n'a pas été choisi par hasard. Il désigne en effet un amas d'étoiles situé à environ 25 000 années-lumière dans la constellation du Sagittaire, au sein de la Voie Lactée. La métaphore est parfaite car l'artiste gantoise est allée puiser dans la profondeur et les ténèbres pour concevoir une musique éclatante de lumière.

La palette de « Cluster » recèle des couleurs en accord avec « Arches ». Les grandes orgues de l'église St Jacob à Gand sont, à nouveau, omniprésentes, pour notre plus grand bonheur. On retrouve également les séquences lentes et minimalistes des boîtes à rythmes qui pulsent comme un coeur. Les harmonies vocales de Loesje Maieu en Kaat Hellings élèvent une fois de plus l'émotion vers les sommets. Et c’est une constante, outre l'excellente production, Koen Gisen –le 'partner in crime' de la belle An – dessine avec subtilité ses lignes de guitare et de percussions organiques. Pour la circonstance, il ajoute des interventions au saxophone qui communiquent une touche expérimentale, presque no-wave (Tuxedo Moon), à certaines plages. Et évidemment, il y a An. Sa voix est plus belle, bouleversante et sensuelle que jamais. 

« Golden Dawn », single publié il y a quelques jours, place d'emblée la barre très haut. Sublime, le refrain vous saute au cou et vous enlace sans jamais plus vous lâcher : ‘The Golden Dawn is on its way. We dream... Keep dreamin' on...’ C'est lent, voluptueux, déchirant de beauté. On pense à « Gold » de SX, à Hooverphonic ou à « Myth » de Beach House pour le côté dream-pop hypnotique. Une pure merveille, comme un hymne à l'éveil d'une nouvelle spiritualité dans ce monde pré-apocalyptique.

L'émotion reste palpable tout au long de « Huntifix », un titre qu'An avait dévoilé lors de la conférence de presse des Nuits Botaniques. Empreinte de douceur, cette chanson d'amour est construite autour de quelques notes d'orgue et de piano, soutenues par le va-et-vient d’une maraca. Le saxophone et les notes de piano apportent ça et là des couleurs plus 'free jazz'. La composition virevolte lentement, telle une danse sensuelle : ‘Do you want to undress me, Do you really want to see, Would you like to caress me, Do you want me entirely…’

Le son d'une cloche et les grandes orgues de Karel De Wilde nous entraînent au cœur d’une atmosphère plus solennelle, carrément gothique. « Bedroom Dust » (déjà découvert en concert) se lance dans une valse sombre et captivante. On pense au superbe « Stay » des Shakespeare Sisters, une perle enterrée à jamais, depuis les années 80.

Les claquements de doigts d’« I Feel For The Child » (sur « Arches ») sont reproduits sur « It's Like », mais l'ambiance est ici davantage enjouée. Le morceau swingue délicatement alors que l’instrumentation évoque la légèreté d'un jardin d'enfant. Une parenthèse pleine de fraîcheur.

« We Gravitate » nous invite à quitter la gravité terrestre... On se sent emporté dans l'espace, en orbite autour des étoiles, guidé par des voix cristallines qui dérivent au beau milieu d’une immensité psychédélique.

« Road To Nowhere », dont on a pu apprécier les contours plusieurs fois en ‘live’, révèle ici toute sa grandeur. Le titre s’ouvre par une incantation sombre, menaçante, et met en scène les voix et les orgues. Après un accord majeur, les instruments construisent progressivement une cathédrale sonique d'une puissance ahurissante, un 'climax' que la voix a capella d'An Pierlé vient briser soudainement.

Egalement connu, « Sovereign » débute comme un blues mystique et débouche sur des parties plus expérimentales, presque dissonantes. An Pierlé nous avait prévenus que « Cluster » serait par moments plus difficile d'accès. Sans doute le titre le plus aventureux.

L'elpee se referme par « Monkey », une piste au rythme lancinant et répétitif, sur lequel An Pierlé se livre à un véritable tour de force vocal. Une démonstration de maîtrise du souffle et de la justesse. Un point d'orgue impressionnant !

On ressort complètement bouleversé de ce voyage musical en tous points époustouflant. Je me plais à le répéter, la musique d'An Pierlé est aujourd'hui comme issue de la rencontre inespérée entre Kate Bush, Talk Talk et Dead Can Dance. Mais ces références, assumées, sont transcendées pour donner naissance à une indie-pop mystique et envoûtante, foncièrement originale et de classe internationale.

Merci à An Pierlé, Koen Gisen et PiaS.

Pour écouter « Golden Dawn » : c'est ici.

Pour commander le nouvel album:
- CD: par ici
- vinyl: par ici .

A ne pas manquer : les deux concerts de lancement du nouvel album. Le premier se déroulera en la cathédrale de Laeken, près de Bruxelles, le 23 mai prochain, dans le cadre des Nuits Botanique. Le deuxième, à l'Abbaye de La Cambre, le 30 juin, dans le cadre du Festival Musiq' 3. 

Tracklist

1. The Golden Dawn
2. Huntifix
3. Bedroom Dust
4. It's Like
5. We Gravitate
6. Road To Nowhere
7. Sovereign
8. Monkey

 

vendredi, 05 mai 2017 19:03

Preview du nouvel album de Roger Waters

Aujourd'hui, votre website musical favori était invité chez Sony Music Belgium pour une pré-écoute presse du nouvel album de Roger Waters, le fondateur et co-leader du légendaire Pink Floyd, actif en solo depuis 1985. Intitulé « Is This The Life We Really Want ? », il s'agit de son premier album studio depuis « Amused To Death », paru il y a 25 ans.
 
Produit et mixé par Nigel Godrich (Radiohead, Beck,...), il comprend 12 nouvelles compositions qui marquent un retour à un certain « classicisme floydien ». Exit les extravagances et les featurings de stars qui caractérisaient son précédent opus, et place à des chansons plus calmes et davantage dépouillées. Le premier titre dévoilé, « Smell The Roses » fait irrémédiablement penser à « Have A Cigar ».
 
L'album sort officiellement le 2 juin : rendez-vous quelques jours avant pour une chronique détaillée d'un album qui, après une première écoute rapide, a toutes les allures d'un futur classique.

Pour pré-commander l'album : voir ici

Pour écouter « Smell The Roses » : voir ici.

Tracklist :
1. When We Were Young
2. Déjà Vu
3. The Last Refugee
4. Picture That
5. Broken Bones
6. Is This the Life We Really Want?
7. Bird in a Gale
8. The Most Beautiful Girl
9. Smell the Roses
10. Wait for Her
11. Oceans Apart
12. Part of Me Died

Depuis 2004, l'asbl Les Octaves de la Musique décerne des prix aux musiciens de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui se sont illustrés par leur créativité. C'est un jury d'un millier de professionnels (agents, journalistes, labels, managers,...) qui effectue la sélection dans un éventail très large de styles différents.

Auparavant, les noms des lauréats étaient révélés lors de la grande soirée des Octaves mais cette année-ci, les organisateurs ont changé le concept. Les noms sont annoncés à l'avance et la grande soirée cesse d'être une soirée de remise de prix pour prendre les allures d'un concert à part entière, au cours duquel ces lauréats sont invités à se produire sous la forme de duos inédits.

On ne peut que saluer ce changement de formule. Les remises de prix sont en effet très ennuyeuses et surtout frustrantes pour ceux qui ont perdu ! Le 29 mai prochain, le public pourra donc découvrir ce qui fait véritablement la force des Octaves : la musique dans toute sa diversité!

Mais il est temps de mettre un terme à un insoutenable suspense. Voici les nominés des Octaves 2017 ainsi que les lauréats qui ont été annoncés lors de la conférence de presse organisée à l'Hôtel de Ville de Bruxelles en présence d'Yvan Mayeur, Bourgmestre de Bruxelles, Jean-Jacques Deleeuw, Président des Octaves de la Musique et Tony de Vuyst, Directeur général de PointCulture :

Nominés en Chanson française :
Françoiz Breut "Zoo"
Dalton Télégramme "Sous la fourrure"
Facteur Cheval "Adieu l’organique"
Faon Faon "Faon Faon"
Nicolas Michaux "À la vie à la mort"
> Lauréate : Françoiz Breut "Zoo"

Pop / Rock :
Alice on the roof "Higher"
Dan San "Shelter"
Mustii "The Darkest Night”
Puggy "Colours"
Robbing Millions "Robbing Millions"
> Lauréats : Robbing Millions "Robbing Millions"

Musiques 'urbaines':
Caballero & Jeanjass "Double hélice"
Convok "Un jour plus vieux"
Damso "Batterie faible"
Romeo Elvis "Morale"
Seven "2032"
> Lauréats : Caballero & Jeanjass "Double hélice"

Musiques électroniques :
Baleine 3000 "The Nap"
Fabrice Lig (&Kink) "Charleroi DC"
Lost Frequencies "Less is more"
Orphan Swords "Weehawken"
Simon LeSaint "Bus Stop in the Rain"
> Lauréat : Fabrice Lig (&Kink) "Charleroi DC"

Jazz :
Lorenzo Di Maio "Black Rainbow"
Jean-Paul Estiévenart "Behind the Darkness"
Nathalie Loriers, Tineke Postma, Nicolas Thys "We will really meet again"
Antoine Pierre "Urbex"
Taxiwars "Fever"
> Lauréat : Lorenzo Di Maio "Black Rainbow"

Musiques du monde :
Karim Baggili "Apollo You Sixteen"
Chicos y Mendez "Siempre de pie"
Ialma "Camiño de Bruxelas a Santiago"
Kel Assouf "Tikounen"
Utz "Todo Mundo é Feio"
> Lauréat : Kel Assouf "Tikounen"

Musique classique :
> Lauréats : Philippe Pierlot & Ricercar Consort pour l’interprétation d’œuvres de Biber et d’autres compositeurs du siècle dans « Imitatio ».

Musique contemporaine :
> Lauréats : Benjamin Glorieux et Sara Picavet - Aton’&Armide pour l’interprétation d’œuvres de Jean-Luc Fafchamps, Claude Debussy et Daan Janssens « En blanc et noir ».

Octave Zinneke (BX1) : Kel Assouf
Octave PointCulture : Le Quatuor Clarias
Octave des Jeunesses Musicales : La boîte à Musique
Octave du Ministère de la Culture : le Ba Ya Trio
Octave Fun Radio : Oxoon

Quant à l'Octave d'Honneur 2017, il est attribué à David Linx. Cette figure légendaire du jazz belge a enregistré plus de 15 albums et est un invité régulier des festivals du monde entier. Lors de la soirée du 29 mai, il sera directeur artistique des 'performances' uniques réalisées par les lauréats. On est impatient de découvrir le résultat de ces métissages musicaux !

L'album de l'année va aux incontournables Puggy (« Colours ») et le concert de l'année, au phénomène du hip-hop/rap : Roméo Elvis. Enfin, c'est le pianiste Florian Noack qui complète le palmarès comme artiste de l'année.

Lors de la conférence de presse, David Linx, aphone, était absent. C'est donc Aboubacar « Anana » Harouna, le chanteur et leader de Kel Assouf, double lauréat, qui a offert aux invités un titre interprété seul à la guitare acoustique. Composé par l'artiste, le morceau appartient au style « assouf », aussi appelé « blues touareg », issu de la région du nord du Niger.

Pour rappel, le concert du 29 mai aura lieu dans la Salle de la Madeleine à Bruxelles et est gratuit. Les inscriptions se font par email à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

 

Le site web: www.lesoctavesdelamusique.be

La vidéo des lauréats : voir ici.

Le festival Couleur Café a présenté aujourd'hui son nouveau site à la presse. Après 22 ans passés à Tour et Taxi, Couleur Café est forcé de quitter le site, en chantier, et investit dès lors le parc d'Osseghem, au pied de l'Atomium. L'espace utile est comparable (60.000 m2) mais les organisateurs profitent de ce déménagement pour réduire la capacité du festival à 20.000 visiteurs par jour et revenir à leurs fondamentaux musicaux : les musiques 'black', le hip-hop, la 'world music' et l'électro festive. Exit les escapades vers le rock ou la chanson française 'mainstream'.

« La vraie tête d'affiche du festival, c'est le parc », souligne d'emblée Patrick Walens, l'organisateur. Le 'nouveau' Couleur Café se présente davantage comme une expérience multisensorielle, un voyage multimodal mêlant animations, activités, art, sport, découvertes et... « il y aura aussi de la musique ! ». Les lignes de force sont le métissage, l'éco-responsabilité et la pluridisciplinarité. « On a préféré réduire les budgets consacrés aux grands noms pour mettre l'accent sur les artistes à découvrir et sur les activités extra-musicales », poursuit P. Walens.

A épingler dans la programmation : le spectacle 'Lamomali' de -M-, un projet que Matthieu Chedid a créé avec des musiciens maliens, présenté en exclusivité à Couleur Café. Autres grands noms : Emir Kusturica, Alpha Blondy (le 'James Brown du Reggae'), Toots & The Maytals, Coely et Orishas. Au rayon belge, on retient Roots, Romeo & Elvis et la scène « Niveau 4 », qui permettra à nouveau la découverte de nouveaux talents locaux.

Le parcours du parc comprendra le traditionnel village culinaire offrant des saveurs du monde entier, un mur de graffitis de 200 mètres de long consacré à la thématique des migrants, un « Secret Bar » des Balkans, la « plus petite boîte du monde », le temple Namaste pour un chill out zen, une activité de funambulisme (stackline et highline), etc... On l'a compris : cette 27e édition sera une invitation au voyage, avec un petit côté 'Burning Man' de la 'world music'. On ne manquera ça pour aucun prétexte...

Pour en savoir plus : www.couleurcafe.be


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