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Philippe Blackmarquis

Philippe Blackmarquis

Magique, sublime et mystique ! Les superlatifs ne manquent pas pour décrire « Arches », le dernier opus d'An Pierlé, paru chez PiaS. La chanteuse gantoise l'a enregistré dans une église ; c'est donc tout naturellement au sein d’édifices religieux qu'elle a choisi d’accorder les concerts de sa tournée. Non seulement l'atmosphère y est propice mais surtout, elle peut se servir des grandes orgues, omniprésentes dans ses dernières compositions. A Mons, comme d’habitude, le podium a été dressé à l'arrière du bâtiment, en dessous de ces orgues.

A 20 heures précises, An Pierlé apparaît au jubé. Il fait encore jour et sa silhouette gracile se détache devant les vitraux qui scintillent de milles couleurs. Elle entame « I Feel For The Child », le titre qui ouvre « Arches ». Quelques claquements de doigts et le son des orgues ainsi que la voix nous transportent d'emblée dans une dimension mystique. L'artiste se tient devant la balustrade. Elle est habillée d'une cape noire recouverte d'étoiles scintillantes. Le break incrusté au milieu de la chanson est d'une intensité et d'une puissance incroyables. ‘And you drown yourself in silence...’ Enfin, la chanson se termine comme elle a commencée, en douceur, a capella.

S'ensuit un tonnerre d'applaudissements. Le public, qui occupe complètement la nef centrale, est déjà conquis. Dans la foulée, An Pierlé entame « Road To Nowhere », un inédit de « Cluster », le mini album qui formera la seconde partie du diptyque « Arches/Cluster ». Au moment du final instrumental, elle descend pour rejoindre son groupe. On y reconnaît son partenaire à la scène comme à la ville, Koen Gisen (guitare, saxophone, percussions). Les deux chanteuses, Aline Goffin (qui remplace temporairement Loesje Maieu) et Kaat Hellings, sont plantées de part et d'autre d'An Pierlé ; elles créent des harmonies vocales d'une extraordinaire délicatesse tout en se consacrant aux claviers et aux percussions. Autre pièce maîtresse du band, bien sûr, l’organiste, Karel De Wilde.

La setlist est principalement constituée de titres issus d'« Arches », notamment « Certain Days », « Vibra » et « There Is No Time », mais l’artiste flamande nous replonge un peu dans son passé pour revisiter de superbe manière « How Does It Feel ». Si les chansons invitent à la mélancolie, voire à l'introspection, les intermèdes sont, eux, carrément hilarants. Elle multiplie les blagues, comme si elle voulait détendre l'atmosphère. Et son humour fait mouche. Dans un français presque parfait, elle présente ainsi Koen Gisen comme ‘la femme à barbe’. Plus tard, elle demande si quelqu'un ne souhaite pas profiter du cadre solennel pour faire sa demande en mariage. Et que dire de ce moment où elle propose aux photographes de la rejoindre sur scène pour photographier un public qu'elle invite à poser, debout dans une extase religieuse. On se souvient qu’au cours d'un autre concert, lors d'une interruption causée par un problème technique, elle avait chanté « Petit Papa Noël », a capella. Selon ses propres mots : ‘Voilà, maintenant, vous connaissez la véritable nature de l'artiste’. Génial !

Mais le moment le plus marquant du concert est atteint lors de « Birds Love Wires », le morceau phare du nouvel elpee. La mélodie est captivante et séduit dès la première écoute. Une ambiance romantique, médiévale, enveloppe la compo, qui chaloupe... sensuellement. Quand les orgues viennent souligner la partie plus 'dark', en milieu de parcours, des frissons nous parcourent l'échine et notre gorge se serre. Nous sommes tétanisés, comme crucifiés par une telle beauté. An Pierlé frappe sur son synthé/piano et quand elle a les yeux fixés vers le haut, sa posture est quasi christique.

On épinglera également les superbes jeux de lumière qui exploitent à merveille l'architecture de l'église. Les faisceaux viennent jouer sur les voûtes et l'effet est féerique. Au fil des harmonies gothiques, on peut apercevoir l'ombre de Lisa Gerrard qui ondule dans les travées…

Les deux autres inédits, « Sovereign » et « Bedroom Dust », sont superbes et empruntent une direction un peu plus expérimentale, plus brute. Enfin, l'épique « Changing Tides », issu d'« Arches », clôture en force le spectacle. Un tambour martial emmène la composition dans une farandole enivrante, qui débouche sur une harmonie finale époustouflante à trois voix. Le public, qui avait jusqu'alors écouté respectueusement, voire religieusement', se lève et les applaudissements fusent de toutes parts.

Pour le premier rappel, les trois chanteuses montent sur la tribune des orgues pour attaquer « Cold Song », une reprise de Klaus Nomi qui, lui, s'était inspiré du « What Power Art Thou » de Purcell. An Pierlé redescend ensuite sur le podium et, fidèle à son caractère fantasque, improvise alors un chant religieux en s'accompagnant à l'orgue mais surprise, elle adapte les paroles comme suit : ‘Si vous avez aimé le concert, vous pouvez nous emmener avec vous, sous la forme d'un... CD !’

Elle prend enfin congé sur une reprise époustouflante de « Such A Shame », le classique de Talk Talk. Il ne faut pas oublier que ce groupe anglais est une de ses références majeures ! L’approche est ici minimaliste : juste quelques notes de piano et les voix. La grande classe.

En conclusion : An Pierlé a de nouveau réussi à séduire un public nouveau, manifestement peu féru de concerts rock. C'est ce qui est remarquable dans la démarche de cette tournée « Arches » : elle introduit un public disons 'classique' à une musique indie 'dark', presque 'gothique'. En incorporant dans sa pop une dimension mystique, notamment grâce aux orgues, l'artiste a visiblement touché une corde universelle...

Rendez-vous le 23 mai à l'Eglise de Laeken, dans le cadre des Nuits Botanique, où l'artiste dévoilera son nouveau disque, « Cluster ».

Pour lire l'interview d'An Pierlé, c'est ici

Pour écouter l'émission spéciale WAVES consacrée à « An Pierlé », c'est

Setlist:

Feel for the Child
Road To Nowhere
Vibra
How does it feels
Birds Love Wires
The Road Is Burning
There Is No Time
Sovereign
Bedroom Dust
Dragon JM
Changing Tides

Encore:

The Cold Song
Such a Shame (Talk Talk cover)

Photo 'live' : Gregory Lécrivain

(Organisation : Mars - Mons Arts de la Scène)  

Les 22 et 23 juillet prochains, ce sera déjà la 13ème édition du AMPHI FESTIVAL, un festival emblématique de la scène 'dark'. Plus de 12 000 corbeaux noirs afflueront de partout dans le monde à Cologne, sur le site 'Tanzbrunnen'. Au programme, 42 concerts dans les styles Goth-Rock, Darkwave, EBM, FuturePop, Cyber-Electro, etc. En haut de l'affiche, VNV NATION et EISBRECHER, ainsi que les légendaires FIELDS OF THE NEPHILIM. On sera également heureux de revoir APOPTYGMA BERZERK, COMBICHRIST, HOCICO, DIARY OF DREAMS et les pionniers du rock industriel : DIE KRUPPS.
 
Mais il y aura également des nouveaux venus sur la scène. Parmi eux, KITE , les étoiles filantes de la synthpop suédoise, LEGEND, les rockeurs épiques et électroniques venus d'Islande, ESBEN & THE WITCH, les chantres britanniques du 'dark indie-rock' et BOX & THE TWINS, la formation dreampop allemande qui jouera 'à domicile'.
 
En prélude au festival, les heureux détenteurs de tickets 'premium' auront la chance de participer à "Call The Ship To Port", une croisière-concert sur un catamaran géant, le MS RheinEnergie. Le lineup : nos gloires nationales FRONT 242, accompagnés de NEUROTICFISH et de SCHEUBER.
 
Pour plus d'informations sur le festival, visitez www.amphi-festival.de ou www.facebook.com/amphifestival .
Pour commander vos tickets : www.amphi-shop.de.

C'est un véritable évènement auquel nous assistons, ce soir, au Cirque Royal : le retour de Yes, la formation légendaire de rock progressif, dans un line up inédit, puisqu’il réunit Jon Anderson, le chanteur et fondateur, Rick Wakeman, le claviériste le plus important dans l'histoire du groupe ainsi que Trevor Rabin, le guitariste du combo, de 82 à 94. Pour de sombres raisons de droits, le trio ne peut pas utiliser le nom de 'Yes' ; donc il se produit sous l’appellation ‘Anderson, Rabin & Wakeman (ARW)'. Cette 'trinité' est complétée par Lee Pomeroy, à la basse (Archive, It Bites), et Louis Molino III, à la batterie.

En lever de rideau, les musiciens interprètent « Cinema », un instrumental tiré de « 90125 », l'elpee référence paru en 1983, au sein duquel figure l'énorme hit, « Owner of A Lonely Heart ». Vers la fin du morceau, la frêle et petite silhouette de Jon Anderson apparaît. Ce qui déclenche une véritable ovation, au sein de la foule. A 72 ans, le chanteur porte le poids de son âge sur les épaules mais son visage est toujours aussi lumineux et souriant. 'One, two, three, four !', balance-t-il, avant que la formation n’attaque « Perpetual Change », un titre remontant à 1971.

Dès le départ, on constate que, non seulement le groupe est au point ; mais, plus important encore, Jon Anderson est tout simplement parfait au chant. Sa voix n'a rien perdu de sa précision et de sa clarté, même lorsqu’elle monte dans les octaves.

La setlist parcourt toutes les périodes de la carrière de Yes et l'âme de Chris Squire plane au-dessus de ses anciens partenaires. Le bassiste, également membre fondateur, est décédé en 2015. Jon Anderson dédie donc « Long Distance Runaround » et « Fish (Schindleria Praematurus) » à cette figure tutélaire du rock progressif. 'Je suis heureux d'avoir travaillé pendant toutes ces années avec Chris', avoue-t-il. 'Il était un peu fou, mais c'était un gars très rock'n’roll ! Et son morceau s'appelle « Fish » parce né sous le signe du Poisson, il aimait s’attarder pendant des heures dans son bain !' Lee Pomeroy s'acquitte d'ailleurs impeccablement du légendaire solo de basse exécuté, comme il se doit, sur une Rickenbacker.

Quant à Trevor Rabin, particulièrement radieux, il a l'air en pleine forme. Il a mis sa carrière de compositeur de musiques de films entre parenthèses afin de pouvoir participer à cette tournée. Il a avoué, via Facebook, que ce choix n’a pas été simple pour lui. Et pour cause, pas évident de se replonger dans les complexités musicales de Yes, après 20 années d’absence. Au cours du set, il va d’ailleurs commettre quelques petites imperfections. Pendant « Changes », il se perd même entre ses pédales d'effets de guitare (il a perdu les pédales, en somme), au point de devoir s'arrêter en s'excusant : 'Give me one second'. Une petite erreur vite pardonnée, au vu de la prestation de ce virtuose, de ce surdoué à la guitare…

En parlant de virtuosité, on en vient tout naturellement au Maître des claviers, Rick Wakeman, probablement le plus grand claviériste de l'histoire du Rock. Tout comme il y a 30 ans, il a revêtu sa cape de velours et se dresse derrière une forêt de claviers disposés en arc de cercle. Seul son ventre, plus arrondi, le trahit –il affiche quand même 67 ans au compteur ! Aussi à l'aise dans les classiques comme « Heart of the Sunrise » que les extraits de « 90125 », auquel il n'a pourtant pas participé, il va connaître son plus grand moment de gloire sur « Awaken », un des nombreux 'magnum opus' de Yes, un extrait du chef-d'oeuvre « Going For The One » (1977). L'intro au piano est époustouflante mais ce sont surtout les sonorités d'orgue qui vous flanquent la chair de poule. Pendant le long passage plus 'ambient', au milieu de la compo, on n'entend pas une mouche voler. Jon Anderson joue quelques notes à la harpe et prélude une lente valse médiévale, rappelant Dead Can Dance. La chanson s'envole ensuite à travers une progression hallucinante de voix et d'harmonies pour retomber doucement et venir mourir sur le tapis diaphane de la voix d'Anderson. Parfait !

Pour clôturer le concert, comme prévu, rien de tel que le plus grand hit de Yes : « Owner of A Lonely Heart ». Ici, aussi, l'interprétation est brillante ; en outre, ARW nous réserve deux surprises. D'abord, Rick Wakeman enfile son clavier portable. Lui et Rabin descendent d’abord dans la fosse, puis accèdent aux gradins, afin d’y jouer leur partition ; et ce pour le plus grand bonheur des spectateurs. Ils reviennent ensuite sur le podium, moment choisi par le band pour adresser, au cours du morceau, un clin d'oeil au « Sunshine of Your Love » de Cream. Le final est paroxystique et suivi d'une très longue acclamation.

En rappel, « Roundabout » est dispensé dans une ambiance très électrique ; de nombreux spectateurs ont d’ailleurs quitté leur siège pour s’approcher du podium. Quand les cinq musiciens saluent et quittent les planches, ils ont la banane aux lèvres et sont visiblement très heureux d'avoir partagé ce moment en compagnie de leurs fans. Pour ces derniers, comme pour votre serviteur, cette expérience, chargée d'émotions fortes, restera inoubliable. Le trio travaille, semble-t-il, sur de nouvelles compos et laisse entrevoir la publication d'un nouvel opus. Et pourquoi ne pas reformer un Yes (quasi) au complet en rejoignant Alan White et Steve Howe? Une perspective que nous appelons de nos voeux !

Setlist :

Cinema
Perpetual Change
Hold On
I've Seen All Good People
Drum Solo
Lift Me Up
And You and I
Rhythm of Love
Heart of the Sunrise
Changes
Long Distance Runaround
The Fish (Schindleria Praematurus)
Awaken
Owner of a Lonely Heart
(with Cream's 'Sunshine of Your Love')

Encore:

Roundabout

(Organisation: Gracia Live)

 

 

Animal Youth, le tout jeune groupe bruxellois emmené par le chanteur-guitariste Guy Tournay, est clairement une des sensations de ce début d'année. S'inspirant de classiques comme Joy Division, Cocteau Twins ou Jesus And The Marychain, ils définissent un genre musical imprégné de postpunk et de shoegaze.

Après un EP publié sur Bandcamp, ils ont signé avec Weyrd Son Records, le label bruxellois de Michael Thiel, pour la publication d'un album complet au format vinyle, appelé tout simplement « Animal ».

Marchant sur les traces de Whispering Sons, Animal Youth pourrait bien devenir « The Next Big Thing »  en Belgique!

Pour pré-commander l'album, c'est ici.

Pour regarder le clip de « To Burn Is The Next Big Thing », c'est ici.

Après une première partie de YEWS accordée en février dernier au Botanique, dans la Rotonde, Animal Youth a un agenda 'live' bien rempli :

  • 13/4 : Trix à Anvers avant Duane Serah

  • 4/5 : Magasin 4 à BXL avant Buildings

  • 20/5 : Vecteur à Charleroi avant Bleib Modern

  • 27/5 : Beursschouwburg à BXL avant Soviet Soviet et Charnier (Weyrd Son Records festival)

  • 30/5 : La Zone à Liège avant Soviet Soviet

  • 22/6 : Atelier 210 à BXL avant Pile


Tracklist de l'album « Animal »:
  1. Darkest Place

  2. Rainy Day

  3. Eat You Alive

  4. Feeling

  5. Love You (When You're Dead)

  6. To Burn Is The Next Big Thing

  7. Sunday

  8. In Heaven (Lady In The Radiator)

  9. You Don't Know Love


Quasi un an jour pour jour après avoir accordé son dernier passage en nos contrées, And Also The Trees était de retour pour un concert exceptionnel au Magasin 4, à Bruxelles. Emmenée par deux frères, Simon Hugh et Justin Jones, la formation anglaise a débuté sa carrière en 1979. The Cure lui avait alors filé un petit coup de pouce, en lui permettant de se produire en première partie de ses concerts, mais également en produisant ses premiers disques. Le lien entre les deux groupes est également musical, puisque les deux projets naviguent au sein des eaux glacées de la cold wave.

Au fil du temps, And Also The Trees est parvenu à se constituer une 'fan base' très fidèle et ce, dans le monde entier. Sans jamais atteindre un succès commercial important, il est devenu un 'cult band', que l'on est toujours heureux de revoir, au gré de ses nouvelles parutions.

Ce soir, dans un Magasin 4 aux trois-quarts complet, l'atmosphère est unique. Dès l'entame du set, le public, majoritairement 'du mauvais côté de la quarantaine', est bercé par la voix envoûtante de Simon Hugh Jones et les arabesques guitaristiques de Justin Jones.

Les titres extraits du dernier elpee, « Born Into The Waves », sorti l'an dernier (voir la chronique ici), sont adaptés à la perfection sur les planches. « Your Guess », « Winter Sea » et « Hawksmoor & the Savage » sonnent déjà comme des classiques du groupe.

Mais ce qui frappe surtout, par rapport aux autres concerts que nous avons pu voir de ce combo, c’est la puissance de feu libérée par le batteur, Paul Hill. On est loin de la relative 'mollesse' dont était accusé AATT il y a quelques années. La pulsation est forte et Hill entraîne ses acolytes vers des moments de frénésie très post-punk voire même 'noisy', comme, par exemple, à la fin de « Rive Droite ». Autre élément frappant : l'apport technique et musical des deux petits nouveaux arrivés en 2016 : Grant Gordon, absolument brillant à la basse et Colin Ozanne, multi-instrumentiste de talent (clarinette, saxophone, guitares, claviers). Ce sont surtout les claviers qui manquaient lors des précédentes itérations du groupe : ils donnent une tout autre dimension et ajoutent de superbes couleurs aux compos.

Quant aux deux frères Jones, le temps semble n'avoir aucune prise sur eux. Après 35 ans de carrière, Justin affiche toujours sa frimousse d'adolescent, les cheveux gominés coiffés en arrière et une impeccable tenue de couleur noire. Sa mæstria à la gratte est tout aussi exceptionnelle, alternant les délicates arpèges et ce staccato de mandoline, devenu une marque de fabrique. Enfin, le ténébreux Simon Jones ne s’est pas encore départi de son élégance naturelle. Le visage fermé, il est depuis longtemps tourmenté, torturé même, par la poésie qui hante les compositions.

Si l'on se fie aux réactions du public, ce sont les classiques qui ont bien entendu récolté le plus franc succès : « Prince Rupert », proposé en premier rappel et « Slow Pulse Boy », lors du second encore, le tout dernier titre du concert.

Visiblement heureux d'être de retour en Belgique, Simon Hugh Jones nous confiera même, dans un français presque parfait : ‘C'est toujours un plaisir d'être ici’. Et il rajoute, faisant sans doute allusion au Brexit : ‘We will always be Europeans’.

Seul bémol dans la prestation de ce soir, l'absence de titres extraits de « Green Is The Sea », l’album préféré de votre serviteur. On aurait aussi aimé entendre le sépulcral « Mermen of The Lea ». En conclusion : après une période plus jazzy et un intermède acoustique, And Also The Trees est de retour et a retrouvé sa nature originelle, celle d’une cold wave romantique et ensorcelante. Un excellent concert, intimiste mais puissant ; sombre mais illuminé par une indéfectible foi en la musique...

Setlist :

Domed
Shaletown
Dialogue
Your Guess
Hawksmoor & the Savage
The Sleepers
The Legend of Mucklow
Virus Meadow
Winter
Sea
Angel, Devil, Man and Beast
The Suffering of the Stream
Bridges
Brother Fear
The Skeins Of Love

Rappel:

Prince Rupert
Wallpaper Dying
Rive Droite

Rappel 2:

Slow Pulse Boy

Pour regarder un extrait du concert (« Virus Meadow »), c’est ici.

Pour lire l'interview de Simon Hugh Jones, réalisée par Musiczine, c’est .

(Organisation : Intersection Booking Agency)

vendredi, 24 mars 2017 12:52

Une vague puissante et glaciale

Quasi un an jour pour jour après leur dernier concert en nos contrées, And Also The Trees est de retour pour un concert exceptionnel au Magasin 4, à Bruxelles. Emmenée par deux frères, Simon Hugh et Justin Jones, la formation anglaise a débuté sa carrière en 1979. Elle bénéficia d'un petit coup de pouce de The Cure, qui leur permit de jouer en première partie de leurs concerts et qui produisit leurs premiers disques. Le lien avec la bande de Robert Smith est également musical, les deux projets naviguant dans les eaux glacées de la cold-wave.

Au fil des ans, And Also The Trees est parvenu à se constituer une 'fan base' très fidèle et ce, dans le monde entier. Sans jamais atteindre un succès commercial important, ils sont devenus un 'cult band', que l'on est toujours heureux de revoir, au gré de leurs nouvelles parutions.

Ce soir, dans un Magasin 4 aux trois-quart complet, l'atmosphère est unique. Dès l'entame du concert, le public, majoritairement 'du mauvais côté de la quarantaine', comme on dit en Angleterre, est bercé par la voix ensorcelante de Simon Hugh Jones et les arabesques guitaristiques de Justin Jones.

Les titres extraits du dernier elpee, « Born Into The Waves », sorti l'an dernier (voir la chronique ici), fonctionnent à la perfection sur les planches. « Your Guess », « Winter Sea » et « Hawksmoor & the Savage » sonnent déjà comme des classiques du groupe.

Mais ce qui frappe surtout, par rapport aux autres concerts que nous avons pu voir de cette formation, c'est la puissance de feu du batteur, Paul Hill. On est loin de la relative 'mollesse' dont était accusé AATT il y a quelques années. La pulsation est forte et Hill entraîne ses acolytes vers des moments de frénésie très post-punk voire même 'noisy', comme, par exemple, à la fin de « Rive Droite ». Autre élément frappant : l'apport technique et musical des deux petits nouveaux arrivés en 2016 : Grant Gordon, absolument brillant à la basse et Colin Ozanne, multi-instrumentiste de talent (clarinette, saxophone, guitares, claviers). Ce sont surtout les claviers qui m'avaient manqué dans les précédentes itérations du groupe : ils donnent une tout autre dimension et ajoutent de superbes couleurs.

Quant aux deux frères Jones, le temps semble n'avoir aucune prise sur eux. Après 35 ans de carrière, Justin a toujours sa frimousse d'adolescent, les cheveux gominés coiffés en arrière et une impeccable tenue noire. Il maîtrise toujours la guitare avec une maestria exceptionnelle, alternant les délicates arpèges et ce staccato de mandoline qui est sa marque de fabrique. Et Simon Hugh est toujours aussi élégant et ténébreux. Le visage fermé, il est toujours aussi tourmenté, torturé par la poésie qui anime les compositions.

Si l'on se fie aux réactions du public, ce sont les classiques qui ont bien entendu récolté le plus franc succès : « Prince Rupert », joué en premier rappel et « Slow Pulse Boy », offert en second rappel, le tout dernier titre du concert.

Visiblement heureux d'être de retour en Belgique, Simon Hugh Jones déclare même, dans un français presque parfait : « C'est toujours un plaisir d'être ici ». Et il rajoute, faisant sans doute allusion au Brexit : « We will always be Europeans».

Seul bémol dans la prestation de ce soir, l'absence de titres extraits de « Green Is The Sea », mon album préféré du groupe. Nous aurions aussi aimé entendre le sépulcral « Mermen of The Lea ». En conclusion : après une période plus jazzy et un intermède acoustique, And Also The Trees est de retour et a retrouvé sa nature originelle, une cold-wave romantique et ensorcelante. Un excellent concert, intimiste mais puissant ; sombre mais illuminé par une indéfectible foi en la musique...

Setlist :

Domed

Shaletown
Dialogue
Your Guess
Hawksmoor & the Savage
The Sleepers
The Legend of Mucklow
Virus Meadow
Winter Sea
Angel, Devil, Man and Beast
The Suffering of the Stream
Bridges
Brother Fear
The Skeins Of Love

Rappel:

Prince Rupert
Wallpaper Dying
 Rive Droite

Rappel 2:

Slow Pulse Boy
 
Pour regarder un extrait du concert (« Virus Meadow »): cliquer ici.
 
Pour lire l'interview de Simon Hugh Jones, réalisée par Musiczine: voir ici.
 
Organisation : Intersection Booking Agency

Grâce à Sony Music, nous avons des tickets gratuits pour la Launch Party du nouvel album de Depeche Mode, qui aura lieu au fuse ce jeudi 16 mars à 19h30. Pour participer, c'est ici.

Cerise sur le gâteau, Musiczine est un des tout premiers médias belge à avoir pu écouter le nouvel album avant sa sortie officielle. Lisez la chronique ici.

mercredi, 15 mars 2017 21:38

Spirit

Musiczine est un des tout premiers médias belges à avoir pu écouter le nouvel album de Depeche Mode et à en publier une chronique détaillée. Intitulée « Spirit », la nouvelle production des stars anglaises sort officiellement le 17 mars.

Après une première écoute, l’impression générale qui s'en dégage révèle un mélange de puissance, de profondeur et de noirceur. Les tempos sont lents, les sons tissent une trame lourde, voire menaçante, les voix sont lancinantes et les thèmes évoquent clairement la situation tragique du monde d'aujourd'hui. Le titre de l'album, « Spirit », se réfère à l''Esprit', qui aurait disparu au sein de notre civilisation déshumanisée. 'Our Spirit has gone', chante Martin Gore dans « Fail ».

Côté production, Dave Gahan, Martin Gore et 'Fletch' ont choisi James Ford, connu pour son travail auprès de Foals, Florence & The Machine et Arctic Monkeys. Le son est ample, épais, très chargé dans les basses, comme pour souligner le côté tragique du propos.

Le premier titre, « Going Backwards », donne d'emblée le ton : deux accords sombres soutenus par une basse synthé ouvrent la voie à un couplet tout en retenue. Lors du refrain, Gahan et Gore conjuguent leurs voix à la perfection, comme lors des meilleurs titres de la 'grande' époque. C'est du pur Depeche Mode façon « Black Celebration ». Il manque juste un riff instrumental pour que ce soit parfait. Le thème est politique : Martin Gore y fustige le monde moderne : 'Armed with technology, We're going backwards to a caveman mentality'.

Place ensuite au single « Where's the Revolution », qui passe en boucle sur toutes les bonnes stations de radio. Lent et hypnotique, cet hymne prône une révolution 'douce', menée au son des guitares et des batteries.

Pesant et dérangeant, « The Worst Crime » poursuit dans la même veine. Ce blues électronique s'élève face à l'inertie dont nous sommes tous responsables : 'Blame Misinformation, misguided leaders, We had so much time, How could we commit the Worst Crime...'

Après avoir adopté des tempos majoritairement lents, le band adopte un rythme plus rapide tout au long de « Scum ». Assez agressif, le ton tranche également par rapport aux premières chansons. Pour rappel, 'scum' se traduite par 'ordure' ; mais malheureusement on ignore à qui le message de Depeche Mode s'adresse. La voix de Gahan est ici saturée et dans le refrain ('Pull the trigger'), les claviers deviennent solennels, comme pour signifier une condamnation à mort... Glaçant !

Changement complet d'atmosphère ensuite pour la seule composition à 4 mains signée Gore et Gahan : « You Move ». Après les premiers titres de Martin Gore, somme toute assez linéaires, l’opus pénètre dans un univers plus 'groovy', plus léger. Les paroles sont simples : 'I like the way you move'. Après le refrain, éclot un magnifique riff ; cristallin, il doit émaner d'un synthé analogique. C'est ce genre de mélodies instrumentales qui manquent cruellement aux premiers titres de l'opus. On se régale donc, d'autant que ces sons lumineux envahissent encore plus le spectre sonore, en fin de compo.

« Cover Me », composé par Gahan avec Peter Gordeno et Christian Eigner, baigne au sein d’une ambiance très particulière. Ce slow plutôt 'ambient' parle d'amour et évoque les aurores boréales. La piste est plongée au cœur d’un climat cinématographique, aux accents 'John-Carpenteriens'. Jolie surprise : au milieu de la composition, ces sorciers du son développent une très belle séquence de synthés analogiques dans un style 'minimal synth' que Martin Gore pratique souvent sur ses albums 'solo'. La fin du morceau est une merveille d'ambiance électro-symphonique. Belle réussite !

« Eternal » est le premier titre chanté par Martin Gore. Ce slow rappelle « Somebody » ; cependant, la mélodie n’est pas aussi accrocheuse. Le morceau est court (2''24) et on ne peut s'empêcher d’avoir un sentiment de 'trop peu'.

Après « Poison Heart », une valse lente qui sonne comme un blues en accords mineurs, place à la grosse claque de l'album : « So Much Love ». La pulsation est rapide (enfin!) et on sent d'emblée que l'on tient là un hit potentiel. Le riff en arpèges emprunte à David Gilmour et le staccato rythmique opère une montée en puissance propice au refrain paroxystique. On n’y arrive jamais vraiment ; ce qui est très frustrant, mais c'est quand même une composition très forte, sans doute la plus efficace depuis le début de cet LP.

Après un « Poorman » plutôt calme malgré quelques touches tribales dispersées ça et là, l'album tire doucement à sa fin dans les arabesques sombres de « No More (This Is The Last Time) », une composition de Dave Gahan et Kurt Uenala, et la noirceur désespérée de « Fail », le second titre 'solo' de Martin Gore. 'Our souls are corrupt, Our minds are messed up, Our consciences bankrupt... Oh We're fucked' : un point d'orgue crépusculaire.

Au final, cette oeuvre très forte, déroutante par moments, est surtout réellement bouleversante. C'est très noir, apocalyptique même, mais bien en phase avec la période, 'dystopienne', que nous traversons. On aurait évidemment préféré un Depeche Mode plus léger, plus new-wave, dans la lignée des grands hits des années '80 et '90 ; mais « Spirit » est ici le prolongement parfait du long playing précédent, « Delta Machine » ; et en ce sens, la cohérence est évidente. Nul doute que cet elpee tournera de multiples fois sur ma platine vinyle et que ses beautés cachées se révéleront au fur et à mesure, comme c'est toujours le cas pour Depeche Mode. En tous cas, on ne peut que féliciter le trio d'être encore si créatif, 37 ans après sa formation, et de parvenir encore et toujours à nous surprendre. L''Esprit' est bel et bien toujours au coeur de leur musique...

Tracklist:
 
Going Backwards
Where's the Revolution
The Worst Crime
Scum
You Move
Cover Me
Eternal
Poison Heart
So Much Love
Poorman
No More (This is the Last Time)
Fail
 
La version « Deluxe » contient des remixes (« Jungle Spirit Mixes ») :
Cover Me (Alt Out)
Scum (Frenetic Mix)
Poison Heart (Tripped Mix)
Fail (Cinematic Cut)
So Much Love (Machine Mix)
 
Pour commander « Spirit » : http://smarturl.it/Spirit

Le concert au Sportpaleis le 9 mai est complet.

Quasi un an jour pour jour après leur dernier concert en nos contrées, And Also The Trees est de retour pour un concert exceptionnel au Magasin 4, à Bruxelles. Emmenée par deux frères, Simon Hugh et Justin Jones, la formation anglaise a débuté sa carrière en 1979. Elle bénéficia d'un petit coup de pouce de The Cure, qui leur permit de jouer en première partie de leurs concerts et qui produisit leurs premiers disques. Le lien avec la bande de Robert Smith est également musical, les deux projets naviguant dans les eaux glacées de la cold-wave.

Au fil des ans, And Also The Trees est parvenu à se constituer une 'fan base' très fidèle et ce, dans le monde entier. Sans jamais atteindre un succès commercial important, ils sont devenus un 'cult band', que l'on est toujours heureux de revoir, au gré de leurs nouvelles parutions. Leurs concerts sont toujours baignés dans une atmosphère unique, bercés par la voix ensorcelante de Simon Hugh Jones et les arabesques guitaristiques de Justin Jones.

Leur dernier bébé est l'album « Born Into The Waves », sorti l'an dernier (voir la chronique ici). Musiczine a également eu l'occasion d'interviewer Simon Hugh Jones : voir ici.

Pour réserver votre ticket pour le concert au Magasin 4 :

Organisation : Magasin 4 et Intersection Booking Agency.

Jeudi dernier, se tenait la traditionnelle conférence de presse des Nuits Botaniques. « C'est la dernière fois qu'on l'organise au Cirque royal », déplore d'emblée Annie Valentini, la directrice du Bota. On le sait : la Ville de Bruxelles, propriétaire des lieux, a retiré la gestion de la salle au Botanique pour la confier à l'asbl à laquelle elle est liée : Brussels Expo. Une décision que le Bota conteste devant les tribunaux. La procédure est en cours mais la directrice nourrit peu d'espoir : « Le recours ne devrait pas changer la donne ; nous nous préparons donc à quitter les lieux le 30 juin ». Ce départ impactera environ 7 collaborateurs à temps plein. « Nous essayerons dans la mesure du possible de les réaffecter ailleurs dans l'organisation », nous a confié A. Valentini après la conférence de presse. La situation sera malheureusement plus difficile pour les contractuels qui sont engagés via la 'smart' ou d'autres sociétés d'intérim. Quant à une éventuelle location du Cirque après le 30 juin, Paul-Henri Wauters, directeur de la programmation, est catégorique : « Il sera impossible pour nous de collaborer avec des gens qui nous ont jetés dehors d'une manière aussi inadmissible. En plus, nous aurons de nombreuses autres possibilités de tisser ou de renforcer les partenariats avec d'autres salles bruxelloises comme l'AB, Bozar ou encore Flagey. »
 
Pour ses dernières Nuits, le Cirque Royal se fera l'écrin d'événements et de créations à nouveau exceptionnelles. Comme le rappelle P.-H. Wauters, ce qui rend les Nuits uniques (d'où le slogan « Very unique » de l'édition 2017), ce sont les spectacles créés spécialement pour l'occasion et qui sont le fruit d'une réelle collaboration artistique. Dans ce processus, le Botanique joue son rôle d'acteur culturel voire même d'incubateur de talents (à l'opposé de la démarche plus 'événementielle', 'entertainment' de Brussels Expo). 
 
On relèvera donc la création « The Water Wheel » par Bachar Mar-Khalifé (13 mai), le ciné-concert 'Minute Bodies' de Tindersticks (14), le concert pour cordes et fanfares autour d'Arno, Girls in Hawaii et Mélanie de Biasio (21) et la prestation du vétéran américain de la musique répétitive : Terry Riley (24). Au Bota même, on pourra assister aux créations de LA Jérôme (14), Clément Nourry (16), Suarez et le quattuor Stevens (18) et Hydrogen Sea Extended (19).
 
Après le succès de son concert en mai dernier, An Pierlé reviendra pour le release de son nouvel opus, « Cluster », qui aura lieu dans le cadre néo-gothique (tout-à-fait opportun) de l'église Notre-Dame de Laeken. Présente lors de la conférence de presse, l'artiste flamande nous a gratifiés d'une chanson interprétée en live au piano quart-queue, un titre extrait de l'album à paraître.
 
Dans le très éclectique et foisonnant programme des Nuits, nous épinglerons également la présence de Monolithe Noir (13), Whispering Sons (15), Fishbach (14), Powell (16), Alex Cameron (19), Warhaus (20) et Thee Oh Sees (21). Nous ne manquerons pas non plus l'afterparty programmée par Factory Floor (20).
 
Pour le programme complet, voir le tableau ci-dessous ou rendez-vous sur le site botanique.be.
 
Nuits Bota 2017


 

 

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