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Philippe Blackmarquis

Philippe Blackmarquis

Pour être clair : le 'Studio des Variétés' n'est pas un studio et il ne s'occupe pas de 'variétés'. Ce pourrait être du surréalisme belge mais c'est pourtant bien vrai. Le « Studio » est en fait une structure de coaching mise en place par la Fédération Wallonie-Bruxelles pour aider les musiciens / artistes à développer certaines compétences liées aux arts de la scène et ce, dans les styles 'actuels' que sont le rock, la pop, les musiques urbaines, etc.

Ce jeudi, le Studio avait convié la presse pour annoncer quelques évolutions importantes. D'abord, Michael Larivière (My Little Cheap Dictaphone, entre autres) reprend la direction des mains de Denis Gerardy, qui avait créé le Studio en 2012 en tant que 'petit frère' du Studio des Variétés français. Ensuite, de nouveaux coachings sont annoncés, notamment dans les domaines du chant, des langues (anglais) et de la communication (media coaching).

Le Studio a embauché des nouveaux formateurs basés en Belgique, ce qui lui permet d'affirmer son indépendance par rapport à la structure française. Par la même occasion, il ne doit plus supporter les frais de déplacement des coachs français et peut donc réaffecter cette économie dans le développement de son offre de services. Le Studio en profite pour rénover son image (nouveau logo, nouveau site web) et a engagé une responsable Communication (Valérie Dumont).

Rappelons que les services du Studio sont entièrement gratuits, grâce au support de la fédération Wallonie-Bruxelles mais aussi aux partenariats développés avec les réseaux de salles et de résidences, les labels, les centres culturels, etc. Le Studio ne s'adresse pas aux débutants mais bien aux artistes et groupes ayant déjà atteint un certain niveau dans leur carrière. Il faut avoir un projet bien défini, une certaine expérience de la scène (environ 6 mois) et un entourage professionnel déjà bien en place.

Notons que tant Denis Gerardy que Michael Larivière se sont par ailleurs plaint du manque criant de lieux disponibles dans la Région pour les groupes qui souhaitent répéter ou faire des 'résidences'. Un appel est lancé en direction des pouvoir publics pour remédier à cette situation.

Lors de la conférence de presse, différents artistes ont eu l'occasion de donner leur témoignage sur le contenu et les modalités du support fourni par le Studio. Les deux musiciennes de Faon Faon ont insisté sur la qualité du coaching scénique, tandis que Juliette, de Rive, saluait l'excellente formation vocale fournie par Birgid Volens. Quant à Mustii, il n'avait, semble-t-il, pas grand chose à apprendre. Aux dire des coachs, sa maîtrise des arts scéniques et son énergie étaient à ce point impressionnantes que le coaching a consisté à simplement canaliser les ardeurs du jeune chanteur. Le jeune prodige de l'électrop-pop a d'ailleurs clôturé la conférence de presse en interprétant de façon poignante un titre aux accents blues/soul.

Pour de plus amples informations sur le Studio des Variétés, rendez-vous sur le site : www.studiodesvarietes.be

 

vendredi, 03 février 2017 10:44

Adieux au Dancefloor? Pas vraiment...

Il y a plus de trois ans que les carrières de Marie Davidson et de Pierre Guerineau sont suivies –attentivement– par Musiczine. Un pied à Montréal et l'autre à Berlin, les deux artistes produisent une musique électronique particulièrement novatrice à travers deux projets : celui personnel de Marie Davidson et le duo Essaie Pas. Leur univers musical évolue quelque part entre ‘ambient’ introspective et ‘minimal synth’, tout en affichant un côté ‘clubbing’ nu-disco/techno. Le tout sublimé par une prose 'voice-over' déclamée ou chantée. Le caractère onirique, quasi-cinématographique, est omniprésent, un peu comme si on écoutait la bande-son d'un film imaginaire.

Nous avons retrouvé Marie Davidson le jour du concert qu’elle a accordé en solo, au Beursschouwburg, à Bruxelles, dans le cadre d'une soirée 'Nose Job' orchestrée par Rick Shivers. Elle venait y présenter sa nouvelle production individuelle, « Adieux au Dancefloor », parue sur Cititrax, le second label de Veronica Vasicka, la 'boss' du célèbre label new-yorkais Minimal Wave. 

Par quel hasard as-tu rencontré Veronica Vasicka ?

Marie Davidson (MD) : On s’est produit lors d'une même soirée à Montréal en septembre 2015. C'est ainsi que je l'ai rencontrée.

Le titre « Adieux au Dancefloor » est un peu contradictoire parce que le contenu est dans l'ensemble très dansant.

MD : Oui mais il figure à la fin du disque. C'est la petite touche d'humour noir pour clôturer.

Le morceau correspond aussi à une période où tu en avais un peu marre de la vie nocturne et du clubbing?

MD : Oui, oui, bien sûr.

Surtout à Berlin ?

MD : Oui, à Berlin mais ailleurs aussi. Attention : j'aime la danse et la musique dansante mais le monde de la 'nightlife' a quelque chose de fatiguant, de 'drainant'... Je m'y suis sentie frustrée. Ce qui m’a donné l’envie de prendre mes distances et d’ironiser  en y ajoutant un peu d'humour. Il existe tellement de musiques 'dark' dans ce domaine ; et j'avais envie de faire quelque chose de...

...de fun ?

MD : Oui, exactement.

La chanson recèle un côté pop française, un peu dans l’esprit d’Elli & Jacno, voire même de Lio...

MD : Oui, je dirais plutôt Lio. Il existe une connexion avec la ‘chanson française’ qui est assez inhabituelle pour moi. C'est aussi le seul titre de l'album composé en compagnie de Pierre (NDR : Guerineau). J'ai écrit les paroles et la musique mais Pierre a mis sa touche, bien française, dans les arrangements.

On voit bien le lien avec « La Chute », le dernier titre de l'album d'Essaie Pas, et avec Christophe, un chanteur que Pierre apprécie tout particulièrement...

MD : Oui, exactement. Beaucoup d'idées ont été suggérées par Pierre. J’ai beaucoup apprécié de travailler auprès de lui, sur cette compo.  

Sur ton elpee, certaines plages s’ouvrent vers de nouveaux horizons, notamment « Inferno ».

MD : Il ouvre les portes de l'enfer ? (rires)

Son profil techno-industriel évoque même Orphx...

MD : Je ne peux pas cacher qu'Orphx m’a énormément influencé. Je n'y ai pas pensé consciemment quand j'ai composé « Inferno », mais le lien est clair. Ce sont des amis et une grande source d'inspiration. Mes nouveaux morceaux empruntent un peu cette direction : ils sont plus énergiques, plus concentrés sur les rythmiques. L’élément mélodique est toujours bien présent ; mais l’aspect rythmique est plus accentué qu’auparavant.

D'ailleurs, tu as collaboré à l’enregistrement du dernier opus d’Orphx. Notamment sur un titre qui me botte particulièrement : « Walk Into The Broken Night ». En fait, la musique et la voix développent un univers assez différent de celui proposé habituellement. Il est assez 'dark', presque 'gothique' même...

MD : Ce sont eux qui l’ont composé, y compris les paroles. Ils écoutent beaucoup de musiques différentes et sont influencés par un large éventail de styles : shoegaze, industrial, new-wave, cold-wave, musique classique, etc. Ils sont très ouverts et possèdent une grande culture musicale. Pour réaliser ce dernier album, ils ont voulu incorporer certaines de ces influences dans leur musique, qui est en général plus techno.

Depuis que vous avez signé chez DFA pour Essaie Pas et Cititrax pour ton elpee solo, as-tu constaté un changement dans l'évolution de ta carrière ?

MD : Oui, je reçois plus de propositions, il y a plus d'opportunités ; mais dans l'ensemble, je continue à faire ce que je faisais avant, du mieux que je peux.

J'ai notamment lu un article consacré à Essaie Pas dans The Guardian...

MD : Oui, DFA a fait pas mal de 'com'. Du côté de Cititrax, Veronica Vasicka a réalisé l’artwork de l'album en personne en se basant sur des photos de Corinne Schiavone, une très bonne photographe de Los Angeles. Veronica s’est également chargée du mastering. Mais question 'com', il n'y a rien eu de particulier. Tout s’est fait naturellement.

Depuis que tu vis à Berlin, je suppose que tu as retrouvé des tas de musiciens et d'artistes qui viennent d'un peu partout. De Montréal ? De New York ?

MD : Oui, Berlin est une ville très cosmopolite.

Night Musik s’y est établi ?

MD : Oui, Shub Roy. C’est un ami. Un Montréalais.

Ancient Methods également, fer de lance de la scène techno-indus...

MD : J'aime beaucoup Ancient Methods mais je ne le connais pas personnellement.

C'est Michael Wollenhaupt; il est très chouette.

MD : J'aime aussi le projet qu’il a monté en compagnie d’Orphx : Eschaton.

Qu’écoutes-tu pour l'instant ?

MD : Le nouveau release de Schwefelgelb (NDR : l'Ep « Dahinter Das Gesicht »). Ce sont aussi des amis.

Oui, Sid Lamar et Eddy ! Ils proposent une musique particulièrement techno-EBM.

MD : C'est très contemporain; bien réalisé et particulièrement efficace.

Et si tu devais sélectionner un 'classique', par exemple, le premier titre sur lequel tu as flashé quand tu étais jeune et qui aurait défini ce que tu allais devenir musicalement?

MD : D'abord, j’ai été marquée par le « Smells Like Teen Spirit » de Nirvana. J'avais 7 ans. Mais il n'existe pas vraiment une chanson qui soit idéale pour définir mon style, vu que je ne parviens même pas à le définir... (rires). Il est le fruit d’une combinaison de tellement d’éléments.

Oui, tu aimes aussi le disco, les musiques de films et même les Doors, non ?

MD : Oui, j'adore les Doors. D'ailleurs, une composition me touche toujours énormément aujourd'hui, c'est « You Forget To Answer ». Elle figure sur l'album « The End » de Nico. Quand je l’ai entendue, elle a provoqué un déclic dans ma vie.

Dans quel sens ?

MD : Je ne pourrais pas l'expliquer. C'est métaphysique. Quand je l'écoute maintenant, elle me fait encore de l'effet. J'en ai des frissons. C'est un langage musical et esthétique qui me correspond. Et m’atteint droit au coeur. Cet album a été produit par John Cale. Il date de 1974. Brian Eno joue du synthétiseur sur certains titres.

Ce qui est bien chez Nico, c'est que sa musique est super 'dark'. Même ses œuvres précédentes. Elles sont très dépouillées, sombres. Notamment à cause de sa voix. Elle est peut-être la première chanteuse gothique de l'histoire !

MD : Oui, ça c'est vrai ! (rires)

Parmi tes influences, on pourrait également citer les musiques de film de John Carpenter, je crois, non ? « Assault on Precinct 13 », par exemple ?

MD : Oui ! Et encore plus « Halloween III ». John Carpenter ne l'a pas réalisé mais il a composé la musique et c'est juste énorme. C'est aussi une référence importante pour moi.

Et là, tu travailles sur des nouveaux morceaux ?

MD : Oui, toujours. Ne t'inquiète pas... (rires) C'est un principe qui ne changera jamais : je ferai toujours de la musique...

Merci, Marie !

MD : Merci à toi.

Pour écouter et commander l'album « Adieux au Dancefloor » de Marie Davidson, c’est ici 

Pour écouter l'interview réalisée en août 2015 dans l'émission WAVES, en français, c’est , et en anglais, c’est encore ici

Photo : Corinne Schiavone

vendredi, 27 janvier 2017 13:21

Puggy grand vainqueur aux D6bels Music Awards

La seconde édition des D6Bels Music Awards s'est tenue ce jeudi au studio Médias Rives, à Liège. Organisée par la RTBF, la cérémonie a été diffusée en direct sur La Deux.

Puggy est le grand gagnant de la soirée : les trois musiciens ont remporté les prix de groupe de l’année, concert de l’année ainsi que groupe Classic 21, tous les trois décernés par le public.

La RTBF a également mis à l’honneur Alice On The Roof. La jeune Montoise a décroché le prix d’album de l’année avec « Higher ». Comme l'année passée, elle a également été élue artiste solo féminin. Loïc Nottet, qui avait classé la Belgique quatrième lors du concours Eurovision en 2015, a lui été sacré artiste solo masculin de l’année.

Le prix de l’artiste Vivacité de l’année est revenu au chanteur Saule et celui de l’artiste Pure FM de l’année au DJ bruxellois Henri PFR (Peiffer).

La chanteuse de jazz carolo Mélanie de Biaso s’est, elle, distinguée dans les catégories musicienne de l’année et auteur/compositeur de l’année, deux prix décernés par le secteur.

La révélation de l'année selon le secteur est Mustii, alias Thomas Mustin, qui a déclaré lors de la session professionnelle des Awards : « c'est la première fois que je gagne un prix ! ». A noter que la prestation en « live » du jeune musicien fut, et de loin, le meilleur moment du show des Awards : son énergie et la profondeur presque 'dark' de son univers, ont fait forte impression.

Baloji a décroché le prix du secteur pour le meilleur clip vidéo de l’année pour son titre « Spoiler ». Lors la session professionnelle, il s'est élevé contre le « boycott des artistes hip-hop, qui sont pourtant les plus gros vendeurs de disques en Belgique ».

Enfin le groupe Dan San a été récompensé dans la catégorie « visuel album » pour « Shelter » et comme groupe La Première de l’année. Un prix d’honneur a également été remis à André Brasseur.

A l’issue du vote des téléspectateurs, c’est « Ocean » de Kid Noize qui a remporté l’award du « Hit de l’année ».

(Avec Belga)

dimanche, 22 janvier 2017 02:00

De l’électro… mais plus trop…

Anders Trentemøller, le Prince danois de l'électro, est de retour en Belgique pour présenter son dernier album, « Fixion ». Il se produit à l’AB et c’est sold out. Avant le spectacle, il nous confie, dans le cadre d’une interview, que tous les concerts de la tournée jusqu'à présent se déroulent à guichets fermés. Confirmant son virage vers un style davantage ‘post-punk’ et ‘wave’, il confie: ‘Avant, je jouais les basses à l’aide de mon Moog ; mais pour cette dernière tournée, j’ai voulu constituer un groupe complet afin d’obtenir un son plus rock. Outre les claviers, il y aura donc bien de la guitare, de la batterie et de la basse’.

Grand fan de post-punk, votre serviteur est tout naturellement impatient de découvrir le nouveau line up sur scène. Dès le premier titre, l'instrumental « November », une constatation s’impose : le concert diffère amplement des one-man-shows auxquels les musiciens électro se livrent habituellement. Trentemøller trône milieu du podium, derrière ses claviers. Le guitariste s’est placé à gauche et le bassiste ainsi que le batteur se sont installés à droite. Le son est puissant et organique. Résolument 'Curesque', il est entretenu par une basse ronde et illuminé par les notes cristallines de la guitare. On se croirait revenu à l’époque de «Faith», un des chefs-d'oeuvre de Robert Smith.

«One Eye Open» est marqué par l’entrée en matière de Marie Fisker, la chanteuse danoise et fidèle accompagnatrice de Trentemøller. Sur le podium, elle s'acquitte non seulement de ses propres parties vocales mais relève également un fameux défi : celui de reprendre celles de la célèbre invitée de l'album « Fixion » : Jehnny Beth, la chanteuse de Savages.

Derrière les musiciens, trois structures verticales de néons blancs dessineront des figures lumineuses tout au long de la représentation. Le fond de la scène est tapissé d'un grand motif en noir et blanc reproduisant la couverture du dernier opus. Après « Never Fade », le seul titre chanté par Trentemøller, le set opère pour la première fois un retour dans le passé: c'est l'instrumental « Shades of Marble », une plage issue du long playing « Into The Great Wide Yonder ». La partition 100% électro est ici revisitée par un groupe complet et le résultat est époustouflant. Trentemøller quitte sa place derrière les claviers et s’approche des premiers rangs, en emportant son tambourin. La réaction du public est immédiate : l'ambiance monte d'un cran et le final, rythmé par la progression dynamique des séquences électro, constitue un premier grand moment du concert.

L'atmosphère retombe quelque peu, le temps de belles chansons comme « Conviction » et « Redefine ». Après un « Trails » assez décevant, gâché par un discutable solo de guitare, Marie Fisker s’attaque aux deux titres chantés par Jehnny Beth sur le dernier LP : « Complicated » et « River In Me ». Non seulement elle s'acquitte brillamment de cette tâche périlleuse, mais en plus, elle ressemble un peu à la belle Camille (le vrai prénom de Jehnny) ; ses cheveux coupés courts et son look un peu 'tomboy' y contribuant largement.

Pendant « Miss You », la réaction de l’auditoire est symptomatique : des dixaines de smartphones s'allument et sortent comme des périscopes pour capter ce moment magique. Ce titre ambient reste clairement un de ses favoris. La dernière partie du concert va monter progressivement et scrupuleusement en puissance avant l'explosion finale traduite par « Vamp » et surtout « Moan ». Ce dernier morceau remonte à 2006. Il a été également remodelé pour une formation 'live' complète ; et c'est sans aucun doute le meilleur moment du spectacle. Le riff aux claviers, qui fait immanquablement penser au thème de ‘Twin Peaks’, fait mouche et la formation clôture le set sur une nouvelle déflagration électronique dont elle a le secret.

Au cours du rappel, on aura droit au superbe « Where The Shadows Fall », un titre récent également très inspiré par The Cure et Angelo Badalamenti. Puis à un inédit, « Hands On », une chanson qui devrait sortir en single dans les prochains mois ; et, c'est un scoop, elle sera chantée par Jenny Lee Lindberg, qui officie chez Warpaint. Enfin, « Take Me Into Your Skin » referme une prestation en tous points remarquable. Un bémol quand même : les nouvelles compositions, très orientées post-punk, n'ont pas le souffle rythmique et dansant des titres plus électro. On se prend donc à rêver d'un prochain opus, qui combinerait plus efficacement encore ces deux pôles de la personnalité, très attachante, d'Anders Trentemøller.

Setlist

November
One Eye Open
Never Fade
Shades of Marble
My Conviction
Redefine
Trails
Complicated
River In Me
Miss You
Still on Fire
Circuits
Vamp
Moan

Rappel:

Where The Shadows Fall
Hands On (new song)

Take Me Into Your Skin

Matteo Vallicelli assurait le supporting act. Un batteur italien qui milite chez The Soft Moon et Death Index. Curieusement, en solo, il se sert uniquement des claviers et il n'y a quasiment pas de rythmiques. L’expression sonore baigne dans l’ambient, parfois un peu industrielle. Pensez à Tangerine Dream et à Klaus Schulze pour les séquences krautrock de sons analogiques et les mélodies cosmiques aux accents psychédéliques. Il vient de publier un premier long playing, « Primo » sur Captured Tracks.

Pour écouter l'interview de Trentemøller, réalisée par votre serviteur en septembre dernier, c’est ici .

(Organisation : Live Nation et Ancienne Belgique)

Photo : Xavier Marquis

Musiczine faisait à nouveau partie du jury du « Concours Circuit » ce samedi 10 décembre au Botanique à Bruxelles. Pour rappel, ce tremplin de l'asbl Court-Circuit favorise l'éclosion de formations musicales basées en Fédération Wallonie-Bruxelles. Lors des éditions précédentes, le concours avait couronné Sharko, The K., Hollywood Porn Stars, Billions of Comrades et, en 2014, Alaska Gold Rush.
 
Ils étaient plus de 250 groupes à s’être portés candidats lors de l'ouverture des inscriptions en mai dernier ; il n'en restait plus que cinq hier soir: Boda Boda, Glass Museum, Monolithe Noir, TOTM et WUMAN. Le jury, composé de 70 professionnels du secteur de la musique (labels, programmateurs, agences de booking, journalistes, artistes, etc.), a sans surprise décerné le premier prix au groupe WUMAN.
 
Déjà lauréats lors du Tremplin de Dour, les Tournaisiens pratiquent une math-pop, qui est devenue une marque de fabrique de nombreux groupes de la Belgique francophone : BRNS, Robbing Millions, etc. Qu'on aime ou pas, leur concert était clairement le plus 'pro' de la soirée, en dépit de petits problèmes de jack guitare. La bande de Nicolas Mouquet a surtout gagné des points lors du titre « Alice », interprété sans micro, assis au devant de la scène, avec des instruments destinés aux enfants et en compagnie de la petite Alice en personne aux percussions. Un joli moment.
 
Le second prix a été attribué, quant à lui, au duo Glass Museum dont la musique instrumentale est exclusivement jouée au piano/synthé Nord et à la batterie. Si l'énergie était convaincante et communicative, les compositions pêchaient par un manque de diversité et d'originalité.
 
Boda Boda nous a par contre fortement impressionné grâce à un stoner-metal puissant et original, non sans rappeler les Queens of The Stone Age à ses débuts. TOTM a également séduit par son post-rock mélodique aux accents progressifs, rehaussé par de superbes harmonies vocales.
 
Quant à Monolithe Noir, c'était un peu la surprise de cette finale. Antoine, le sympathique disquaire 'Balades Sonores', installé juste en face du Botanique, était le seul représentant de la musique électronique. Equipé de ses contrôleurs et de ses synthés modulaires, il a développé de superbes séquences tantôt ambient, tantôt industrial techno mais on a dû malheureusement constater que le public bruxellois n'était pas très réceptif à ce style de musique, qui fait pourtant un malheur à Berlin ou Amsterdam.
 
Dans l'ensemble, un concours en tous points réussi, foisonnant de talents en pleine éclosion. Seul bémol, et au risque de se répéter, on regrettera une fois de plus l'absence quasi-totale de la gent féminine sur les podiums (à l'exception des deux invitées de WUMAN). Machiste, le milieu artistique belge ? Mais non, voyons...

Pour consulter le palmarès complet : voir ici


La deuxième édition des Sabam Awards Wallonie-Bruxelles s’est tenue au Wolubilis, à Woluwe-Saint-Lambert, ce lundi 5 décembre. Biannuels, ils visent à couronner les meilleurs créateurs membres de la Sabam dans les disciplines suivantes : musique, audiovisuel, arts plastiques, arts de la scène et littérature. C'est un jury indépendant de spécialistes externes à la Sabam qui a choisi les lauréats, qui ont reçu chacun un prix d’une valeur de 2.000 euros.
 
Dans le domaine musical, qui est la vocation première de notre webzine, on retiendra surtout la consécration d'Alaska Gold Rush dans la catégorie Pop-Rock-Folk. Le duo succède ainsi à BRNS, sacré il y a deux ans. Décidément, AGR collectionne les récompenses, après Verdur Rock, Jonge Wolven et Court Circuit ! En remerciement, Renaud Ledru et Alexandre De Bueger ont gratifié le public d'une belle interprétation live dans leur style folk-rock indie rehaussé par un joli picking à la guitare Martin.
 
Plus étonnant par contre : le choix de Rodolphe Coster dans la catégorie Compositeur pour les Arts de la Scène. Ce musicien très 'underground' pratique en effet une musique industrielle pas toujours très accessible ! Mais elle fait merveille dans le spectacle 'Stroke', créé par Benaji Mohamed (alias Ben Fury) et Louise Michel Jackson pour Charleroi-Danses.
 
En chanson française, deux ans après Antoine Chance, c'est Nicolas Michaux qui a emporté le trophée. Il a tenu à remercier la Sabam, en précisant avec humour qu'après l'Onem, la société d'auteurs est, de loin, « son plus grand mécène »... Avec son groupe, il a ensuite interprété « Les îles désertes », extrait de son album « A la vie, A la mort ». Selon nous, il est le grand vainqueur de la soirée.
 
Dans la catégorie « Musique électronique », c'est le duo GoldFFinch qui a été distingué, devant Haring, Lawrence Le Doux et Mugwump. Bizarrement, nous n'avons pas eu droit à une prestation en live dans cette catégorie.
 
Voici les autres lauréats :

Arts de la Scène : Auteur

Sam Touzani - Liberté Egalité Identité

Arts de la Scène : Humour
Angel Ramos Sanchez - Voulez-vous coacher avec moi ?

Arts Plastiques

Lionel Estève

Bande Dessinée

Benoît Drousie (Zidrou)

Court-Métrage
Mathieu Mortelmans - Complices

Jeune Public
André Borbé – Les tympans pimpants

Littérature
Patrick Delperdange - Le Cliquetis

Musique Contemporaine
Jean-Marie Rens

Musique de Film
Manuel Roland et Cyrille de Haes - Parasol de Valery Rosier

Musiques du Monde
Utz

Musiques Urbaines
Caballero et Jeanjass

En conclusion, ce fut une soirée en tous points réussie. On s'étonnera quand même de l'absence totale de lauréates... Le secteur artistique serait-il machiste ? Mais non, voyons...

Pour en savoir plus : voir ici.

mardi, 29 novembre 2016 18:22

Enzo Kreft: la renaissance de la new-wave

Enzo Kreft est le pseudonyme d'Eric Vandamme, un musicien belge vivant à Malines. Il a sorti deux obscures cassettes de new-wave électronique en 1983-84 et puis, a disparu des radars. Aujourd'hui, boosté par la ré-édition d'une (superbe) compilation vinyle sur Walhalla Records (« Dark Matter »), Enzo publie « Turning Point ». Ce CD auto-produit propose 12 nouveaux titres qui s'inscrivent dans la lignée de ses premières productions.

On se retrouve avec bonheur plongé dans des sonorités synthétiques au croisement entre John Foxx, Gary Numan, Fad Gadget ou Snowy Red. Enzo évoque des images d'une société apocalyptique « Ballardienne » pleine de peur, de paranoïa et de destruction.

C'est une synth-pop superbe, post-Kraftwerkienne, comme dans « You better sleep with one eye open », « We're Breaking Out » et « Hypnotized », qui lorgne, lui, un peu sur Depeche Mode. Le très dystopien « I Am The Cockroach » nous évoque « Are Friends Electric? », de Gary Numan. « Before I Go » et « The Walk » sont deux belles ballades romantiques, que ne renierait pas Andy Oppenheimer. « Desperately Seeking For Some Other Place To Live » est un superbe instrumental, tandis que « Another Dark Night », « Numb » et « Posthuman Dream » offrent de belles ambiances sombres, presque gothiques.

Clairement une des meilleures productions belges de 2016 dans un style « Wave » qui connaît décidément un véritable 'revival'.

Visiter le blog d'Enzo Kreft ou sa page Facebook

Le Belge Philippe Carly, un des plus grands photographes de l'époque 'new-wave' en Belgique, a lancé une campagne de financement participatif pour permettre l'impression de son nouveau livre « Au Plan K - Joy Division & Post-Punk à La Raffinerie du Plan K ».

Les 'anciens' s'en souviennent : le Plan K était un bâtiment mythique situé près de la Porte de Ninove, à Bruxelles, où furent organisées certaines des soirées les plus avant-gardistes et les plus originales de la période new-wave. On se souvient particulièrement des concerts de Joy Division, ce groupe légendaire de Manchester qui a acquis le statut de mythe grâce à une carrière courte mais fulgurante, fauchée par le suicide de son chanteur, Ian Curtis.

Philippe Carly était présent lors des deux concerts accordés au Plan K par Joy Division en 1979 et 1980 et ses photos ont fait le tour du monde. Aujourd'hui, 36 ans plus tard, il a décidé de partager ces superbes images dans un luxueux livre qui recèle également moultes témoignages de musiciens, d‘artistes et de témoins qui ont vécu là-bas des moments d’éternité dont les vibrations résonnent toujours aujourd’hui.

Le livre reprendra toutes les photos de Joy Division que Philippe a prises pendant leurs deux concerts ainsi que des photos de plus de 70 autres concerts. De plus, le livre sera enrichi par la reproduction des affiches iconiques originales.
Le livre sera bilingue FRA/ENG.

Le projet de financement permet de participer en achetant un large éventail de 'items' : ça commence avec la simple mention dans le livre (5 EUR), le set de cartes postales (18 EUR), bien sûr le livre (65 EUR) et cela se poursuit avec une série de 'packages' exclusifs en édition limitée.
 
Mise à jour 12/12: le montant visé par le financement a été atteint: le livre sera donc bien publié.
 
Plus d'infos sur ce beau projet : https://fr.ulule.com/plan-k/
 
Le site de Philippe Carly: voir ici.
 
dimanche, 20 novembre 2016 02:00

Sinner's Day 2016 : dimanche 20 novembre

Après une pause de 5 ans, le Sinner’s Day, grand messe dark, est de retour. Fondé en 2009, ce festival réunit, à Hasselt, la fine fleur de la musique new-wave/post-punk 'old school'. Indoor, il se déroule au sein de l'Ethias Arena. C’est l’organisation limbourgeoise Star Events qui en a repris le concept. Et l’édition, cette année, est très alléchante. Confirmation, plus de 7 000 fans ont fait le déplacement, bien décidés à enclencher la machine à nostalgie et à se remémorer cette période lumineuse de la musique sombre : les années 80.

En lever de rideau : The Cassandra Complex. Il s’agit du projet créé à Leeds, par Rodney Orpheus, en 1980. Nous n'avons pas pu assister à sa prestation, mais on se souvient bien de celle accordée dans le cadre du Rewind, en 2012. On est d’ailleurs certain que sa musique très originale, mélange de new wave, punk et electro, a dû séduire les festivaliers déjà présents à partir de 13h.

A notre arrivée, nous sommes accueillis par les organisateurs, qui ont mis le paquet pour faciliter le travail des journalistes. Très pro ! Un Press Café est installé derrière la table de mixage, une Press Room permet de se connecter et de travailler et le bracelet donne accès à la zone ‘Frontstage’ des photographes, pour autant que les artistes aient accepté de se faire tirer le portrait. Au sein de la programmation, seul Tricky refuse leur présence, frontstage.

Après le ska, dispensé par la formation insulaire The Beat, place au premier 'gros morceau' de la journée : Tuxedomoon. Il est alors 15 heures. Formé en 1977, à San Francisco, ce projet s'est taillé une place enviable sur la scène musicale. Il est même considéré comme un des pionniers du post punk et de la new wave. Son single, “No Tears”, remonte à 1978. Un classique du genre qui a influencé nombre d'artistes (dont un certain Brendan Perry de Dead Can Dance). Au cours des eighties, les musicos se sont exilés en Europe, s’établissant même tout un temps à Bruxelles. Ils ont étendu la palette de leur son en créant une forme d'art-rock hybride assez unique en son genre. Il faut imaginer une ambiance jazzy, cinématique, reposant sur des lignes de basse très post-punk et une rythmique minimaliste et obsédante, une expression sonore sur laquelle viennent se greffer des voix et d'envoûtantes arabesques de saxophone, de trompette ou de violon. Un peu comme si Velvet Underground se payait un improbable bœuf en compagnie de Chet Baker, Roxy Music, Frank Zappa et Death In June (!).

Sur l’estrade, on retrouve, pour notre plus grande satisfaction, les trois membres fondateurs : Blaine L. Reininger, Steven Brown et Peter Principle. Si Principle se concentre exclusivement sur sa basse Epiphone Gibson SG, les deux autres sont, par contre, d'étonnants multi-instrumentistes. Steven Brown alterne entre vocaux, piano et saxophone alors que Blaine L. Reiniger chante et joue du violon ou de la guitare. Le line up est complété un trompettiste et par un préposé aux machines et aux (superbes) vidéos.

Magique, la musique exécutée par le combo génère une ambiance très étrange, quasi-surréaliste, dans le grand hall de l'Ethias Arena. Il y a déjà au moins 4 à 5 000 personnes, toutes habillées de noir, évidemment ! En parlant de couleurs, les touches de guitare et de saxo dispensées tout au long de “Muchos Colores” semblent extraites d'un film de David Lynch. Plus rythmé, “What Use ?” est marqué par la voix très 'devo-esque' de Reiniger et les harmonies jazzy. « Seven Years », également extrait du sublime elpee « Half-Mute » (1980), évoque Gary Numan et Talking Heads. Un style bien personnel de no wave avant-gardiste, caractérisé par une rythmique hypnotique et une voix cinglante. Dans l'ensemble, le spectacle est une belle réussite. A voir absolument au cœur d’une ambiance plus intimiste !

Deutsche Amerikanische Freundschaft (DAF) prend le relais sur l'immense scène. Le logo DAF est projeté sur le gigantesque écran LED disposé au-dessus du podium. Saluons ici à nouveau Star Events, qui est a déniché le meilleur en termes de son, de light show et de logistique. Par contre, il aurait été plus logique que Tricky précède DAF, de manière à respecter une certaine progression dans la puissance des shows. Issu de Düsseldorf, DAF est un duo qui pratique une forme d’EBM minimale. Formé en 1978, il réunit Gabriel ‘Gabi’ Delgado-López (voix) et Robert Görl (batterie, percussions, instruments électroniques). La chanson la plus célèbre de DAF est incontestablement "Der Mussolini", un titre sarcastique et sombre qui figurait sur le long playing "Alles ist gut".

Il faut absolument vivre un concert de DAF. Si vous n’y avez jamais assisté, vous êtes passés à côté d’un événement majeur. Il est assez incroyable de voir et d’entendre ce que (seulement) deux personnes sont capables de réaliser sur une scène. Robert Görl frappe vigoureusement sur ses tambours acoustiques ; son style typiquement brut donne vie aux séquences électroniques. Et puis, Gabi est un véritable animal de scène. Pendant tout le show, il arpente l’estrade et vocifère intensément. Pendant le fameux "Der Mussolini", la foule réagit et se met à onduler. Mais la tension atteint son paroxysme sur "Ich Will", "Muskel" et "Sato-Sato". Suivant un rituel devenu classique, Gabi s'asperge abondamment d'eau ; et ouverte, sa chemise est trempée.

En écoutant des titres comme « Liebezimmer » ou « Nachtarbeit », on mesure l'importance exercée par DAF dans l'émergence de l'Electro Body Music (EBM), un genre créé par Front 242 et perpétré notamment par Nitzer Ebb. Un concert en forme de coup de poing, une ‘daffe’ dans la gueule, en somme...

D'aucuns s'étaient étonnés de voir Tricky à l’affiche d'un festival new wave. Pourtant, la trip hop d'Adrian Thaws, ce chanteur et musicien black originaire de Bristol, embrasse une dimension carrément 'dark' qui correspond assez bien à l'ambiance ténébreuse de la new wave. Epaulé par le batteur Luke Harris et par un guitariste, Tricky a présenté son dernier opus, « Skilled  Mechanics ». Un concert en tous points envoûtant. Les lignes hypnotiques de basse et les rythmes quasi-tribaux fascinent. Tricky est habillé tout simplement d'un jean et d'un t-shirt ; mais sa présence sur les planches est impressionnante. On ne sait si c'est à cause de substances illicites, mais il est à fond dans son trip. Que ce soit pendant « Hero » ou « Palestine Girl », il alterne passages calmes, où sa voix sensuelle murmure comme dans un souffle, et explosions de violence. Des changements de dynamique qui évoquent inévitablement Nine Inch Nails et Rage Against The Machine.

Un bémol quand même : le recours au play-back pour les voix féminines, la basse et les synthés. Décidément, les groupes qui se produisent 100% en live deviennent rares de nos jours. Néanmoins, on a assisté à un set plutôt bluffant. « Sun Down » et « Valentine » ont fait monter la pression ; mais les deux derniers morceaux, « Boy » et « Vent », ont littéralement 'déchiré'. A cause de l’intensité et la force dramatique que ce diable de Tricky injecte dans son interprétation. Agé de 48 ans (NDR : c'était le plus jeune (!) musicien à l'affiche), il a mis une bonne claque aux 'anciens' ! Une belle surprise !

Après l'incontournable paquet de frites, nous reprenons notre place 'frontsatge' pour assister au set d'Orchestral Manoeuvres in the Dark (OMD). Cette formation anglaise, issue de Liverpool, a marqué les années 80 en dispensant une new wave électronique particulièrement mélodique et très dansante. Formée en 1978, elle a connu une ascension fulgurante jusque dans les nineties, où elle a été balayée par les mouvements Grunge et Britpop. Mais en 2006, OMD s'est reformé, surfant sur la vague nostalgique des eighties. A contrario d’une belle brochette de combos 'rétros', ils ont composé de nouvelles chansons ; enregistrant d’ailleurs deux excellents long playings : « History of Modern » et surtout « English Electric ».

Le concert commence très fort par « Enola Gay » ; sans doute le plus gros hit d’OMD. L'ambiance monte immédiatement d'un cran. Sur l’estrade, on reconnaît le chanteur, Andy McCluskey. Derrière lui, aux claviers, son compère, Paul Humphreys, la cinquantaine, les cheveux grisonnants et un visage de poupon souriant. Ce soir, ils sont en mode 'duo', c'est-à-dire sans Malcolm Holmes (batterie) et Martin Cooper (synthés/saxophone).

‘Don't be afraid of old men playing synths', conseille Andy McCluskey avant « Messages ». En lâchant ces petites phrases, McCluskey établit dès le départ un très bon contact avec la foule. Il déborde d’énergie et son attitude très enthousiaste sur les planches force l'admiration. On le sait : ce type est un vrai showman ! Les hits se succèdent à un rythme effréné. « History of Modern (Part 1) » prouve qu'OMD est encore capable encore écrire des hits, 30 ans plus tard. Le riff au synthé est simple mais d'une efficacité redoutable. Après « Souvenir », chanté par Paul Humphreys, McCluskey raconte, non sans ironie, que « Joan of Arc » est un single uniquement paru en Belgique et qu'il ne s'est pas bien vendu. 'On va donc se venger ! Vous allez devoir souffrir et l'écouter à nouveau !' Ensuite, en toute logique, « Maid of Orleans » embraie ; un morceau caractérisé par son atmosphère médiévale hypnotique et fascinante.

Le set s’achève comme il a commencé : en puissance. D'abord, « Sailing On The Seven Seas », composé en trio avec Nik Kershaw ; et bien entendu, « Electricity », le premier single, gravé en 1979, qui illumine l'énorme espace du hall et parvient à faire danser un auditoire plus qu'enthousiaste... En un mot ? Un concert parfait. Tout y était : génie musical, énergie, présence, humour et modestie : bravo, OMD !

Changement radical de style, puisqu’on attend Public Image Limited (PIL), la formation britannique drivée par John ‘Rotten’ Lydon, le fantasque chanteur des Sex Pistols. Créé en 1978, après la dissolution des Pistols, PIL a été un des pionniers du Post-Punk, jusqu'en 1994. Après un hiatus de 15 ans, le band s'est reformé en 2009 et a publié deux nouveaux elpees : « This is PiL et « What the World Needs Now... ».

Ce soir, c’est la formation originelle qui grimpe sur le podium. Soit Bruce Smith (Pop Group, Slits) à la batterie, Lu Edmonds (Damned, Shriekbak) à la guitare et Scott Firth à la basse ; mais sans John Mc Geoch, décédé en 2005. John Lydon est intégralement vêtu de noir. Il a les cheveux dressés sur la tête. On dirait une perruche, mais une perruche très criarde...

Très tôt dans le set, « This Is Not a Love Song » met tout le monde d'accord : ce morceau, qui est un pur chef-d'oeuvre, est ici singulièrement allongé et trituré dans tous les sens. Le public est aux anges et chante le refrain en choeur. Un grand moment, sans doute le plus marquant de la journée. « Death Disco » est tout aussi magistral. Ecrit par Lydon, après le décès de sa mère, cet éloge dub/disco intègre un passage classique de Tchaïkovski, interprété à la guitare. Pendant « Warrior », on se rend compte de la très haute qualité du son : le mixage est parfait et on distingue aisément tous les instruments. « Rise » et « Shoom » clôturent en force ce concert en tous points remarquable.

Avant de quitter l’estrade, Lydon se fendra même d'un petit speech, remerciant ses musiciens en les appelant chacun ‘Madame’. Il souligne que sa musique a été jouée avec le cœur et conclut par un vibrant ‘f*ck the music business !’ Comme quoi, malgré ses 60 balais, Johnny est toujours un punk !

Le point culminant de la journée, c’est le Sisters of Mercy d’Andrew Eldritch qui est censé l’atteindre. Malheureusement, et on le déplore, jadis légende du rock gothique, le chanteur anglais (NDR : aujourd’hui établi à Hambourg) a renoncé depuis longtemps à composer de la musique. Il se contente de 'cachetonner' en accordant des concerts au cours desquels il n'y a rien à voir. Et pour cause, les musiciens sont, en général, plongés dans un brouillard épais de fumigènes. Ce soir, Eldritch ne déroge pas à la règle et le début du set est annoncé par le souffle des canons à fumée. On aperçoit les ombres des deux guitaristes, Chris Catalyst et Ben Christo, ainsi que le préposé aux machines (Dr Avalanche a été remplacé il y a bien longtemps par deux laptop Apple). Eldritch est également habillé en noir et porte ses inséparables lunettes de soleil. Il ouvre le spectacle (?!?!) par « Detonation Boulevard ». Suivant une mauvaise habitude, le son est lourd, trop lourd, les grattes sont trop bruyantes et la voix, difficilement audible.

Heureusement, un accès frontstage est quand même prévu pour la presse pendant trois chansons ; ce qui nous permet de prendre quelques photos, certes très enfumées. Des petites perles comme « Alice » ou « Marian » sont ici massacrées à la tronçonneuse tant l'interprétation est grasse et pataude. « Dominion », par contre, passe beaucoup mieux la rampe ; pour la bonne et simple raison que les guitares y sont limitées a des arpèges plus discrètes, ce qui laisse plus d'espace à la voix.

Bien sûr, le public est aux anges, car il connaît toutes les chansons par coeur et est heureux d'écouter tous ces hits immortels, même si le son n'est pas idéal. La fin de parcours va cependant nous réserver une jolie surprise : dans « Flood II », Eldritch se dirige vers le côté droit pour allumer une cigarette et s’installe tout au bord de la scène, à quelques centimètres seulement du public ; lorsque soudain, il semble sortir de sa léthargie. Il commence à onduler comme un félin et son interprétation devient plus vivante, plus ouverte. Ce qui confirme que s’il le souhaitait vraiment, Eldritch pourrait nous réserver des concerts nettement plus passionnants.

Lors du premier rappel, « Something Fast » est victime d’un véritable carnage. A cause d'une guitare acoustique désaccordée et de vocaux inaudibles. « Lucretia, My Reflection » se distingue par sa rythmique d'enfer et le pogo endiablé qu’il déclenche dans les premiers rangs. Enfin « Temple of Love » et « This Corrosion » clôturent une prestation décevante malgré quelques bons moments. Pour apprécier les Sisters en live, il n'y a rien de mieux que la vidéo du sublime concert enregistré en 1985, au Royal Albert Hall (voir pour se consoler)

En conclusion, ce Sinner's Day est manifestement une belle réussite : et ce, à tous points de vue. Un regret quand même, l’absence de formations plus contemporaines dans la programmation, afin de démontrer toute la vitalité de la scène ‘wave’ actuelle. L'organisateur, Chris Vanhoyland, a dû nous entendre, car il annonce une prochaine édition qui s’appuiera bien évidemment sur des 'vieilles gloires', comme The Residents ou Revolting Cocks, mais proposera également du renouveau. La présence de Goose est d’ailleurs envisagée ; celle des Limbourgeois Whispering Sons, auréolés de leur victoire au Rock Rally, serait vraiment indiquée ; tout comme celles de Luminance, Organic ou Charnier... Et la liste est loin d’être exhaustive. Rendez-vous l'année prochaine !

Pour regarder les photos du Sinner's Day, c’est ici

Organisation : Sinner’s Day Festival (Star Events, Houthalen – Dp Communications) 

 

 

mardi, 15 novembre 2016 17:45

Cirque Royal : le cirque continue...

La saga de la gestion du Cirque Royal a pris un nouveau tournant. Pour rappel, le bâtiment appartient à la Ville de Bruxelles et est géré depuis 17 ans par le Botanique. Il y a quelques mois, la Ville annonce qu'elle rompt la convention avec le Botanique en vue de confier la gestion du Cirque à Brussels Expo, le gestionnaire du Parc des Expositions du Heysel, déjà exploitant du Palais 12, de la Salle de La Madeleine, organisateur du BSF et, tout le monde le sait, très proche de la Ville. Suite à un recours du Botanique auprès du Conseil d'Etat, la Ville se voit ensuite contrainte de lancer une procédure de sélection en bonne et due forme, qui permet au Botanique de déposer une offre, en partenariat avec le Sportpaleis.
 
Il y a quelques jours, le Colllège communal de la Ville a communiqué son choix : c'est Brussels Expo qui obtient la concession. Cette décision doit encore être avalisée par le Conseil communal mais ça ne devrait être qu'une formalité. De nombreuses voix se sont élevées, dénonçant un conflit d'intérêt – Philippe Close, échevin du Tourisme siégeant comme Président du Conseil d'Administration de Brussels Expo. D'autres ont stigmatisé un projet monopolistique, menaçant la mission culturelle du bâtiment.
 
Aujourd'hui, Brussels Expo a présenté son projet pour le Cirque Royal lors d'une conférence de presse et en a profité pour clarifier certains points. « Brussels Expo est une organisation indépendante », précise d'emblée Denis Delforge, CEO. « Nous ne sommes pas subsidiés par la Ville et nous n'avons pas été avantagés dans la procédure de sélection ». Selon lui, c'est le projet de revalorisation du Cirque et les perspectives d'optimisation de l'exploitation qui ont été décisifs. Quant à Denis Gerardy, Directeur Entertainment de Brussels Expo, il souligne que le volet culturel fera l'objet d'une attention toute particulière dans la programmation des activités futures. Au programme : des spectacles de tous types et un soutien des artistes locaux par le biais d'un fonds et par la mise à disposition des locaux pour des 'résidences' et des 'showcases'.
 
Pour notre part, nous craignons que le côté 'alternatif', cher au Botanique, ne laisse la place à une vision plus événementielle des spectacles musicaux, servant à redorer le blason de la Ville plutôt qu'à permettre l'émergence de nouveaux talents locaux. Denis Gerardy s'inscrit en faux par rapport à cette vision et précise que Brussels Expo n'est pas responsable de la programmation. En bon exploitant, il fera appel aux 'promoteurs' de concerts qui, eux, feront la programmation. Le Botanique fera d'ailleurs partie de ces opérateurs : il pourra disposer du Cirque Royal « au prix coûtant » pour les Nuits Bota et d'autres concerts éventuels.
 
On se prend à rêver que les deux concurrents s'assoient autour d'une table. Les deux organisations possèdent en effet des atouts parfaitement complémentaires. Elles feraient mieux de collaborer, au bénéfice de la culture, des artistes et du public, plutôt que de nous offrir ce regrettable 'cirque'...
 
Photo : © Thomas Thielemans – Belga
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