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Didier Deroissart

Didier Deroissart

The Inspector Cluzo est un duo réunissant le guitariste Laurent Lacrouts et le drummer/chanteur Philippe Jourdain. La moitié de l’année, le tandem part en tournée mondiale. L’autre, ces gentlemen farmers élèvent des oies et des canards, de manière traditionnelle. Pour fabriquer des rillettes, du foie gras et du confit, qu’ils vendent directement du producteur au consommateur ; et notamment au merchandising (NDR : en deux temps trois mouvements, tout était écoulé !) Ils comptent même planter du riz sur leurs terres. Une terre enracinée dans le cœur, alors qu’ils ont le rock dans la peau. Leur ferme labellisée ‘Lou Casse’ est plantée au milieu d’un domaine de 10 hectares, à Eyres-Moncube (NDR : c’est dans les Landes, en Gascogne), et constitue leur gagne-pain. Et leur musique, ils la veulent aussi naturelle et artisanale. Ils sont fiers de s’autoproduire sans aucune contrainte. Fort de 10 ans d’existence, ils ont visité plus de 60 pays pour y accorder plus de 1 200 concerts, et comptent des milliers de fans dans le monde entier (Japon, Chine, States, Amérique du Sud). Votre serviteur les suit à la trace depuis leurs débuts, en assistant, chaque fois qu’ils se produisent en Belgique, à leurs shows. Car de spectacle il y a, la fin d’un set s’achevant même le plus souvent par le démantèlement du kit de batterie et la projection des cymbales dans la foule… Ils viennent de remplir à La Cigale à Paris et s’apprêtent à entamer une grosse tournée aux States en compagnie de The Clutch. Leur sixième album, « We The People Of The Soil », est paru l’an dernier. Il a été enregistré à Nashville sous la houlette du fameux Vance Powell, qui est venu frapper à leur porte après les avoir vu en live. Ce dernier est également pressenti pour produire le prochain long playing.

La Rotonde est pleine à craquer lorsque le tandem grimpe sur les planches. Ils saluent l’auditoire comme on le fait chez eux, puis s’installent. Le concert s’ouvre par une marche militaire pré-enregistrée. Et pour rester dans le ton, l’intro est balayée de cacardements ou de cancanements. Incisives, les cordes de gratte décapent déjà. Suivant un rituel, Laurent, imposant et charismatique, clame dans le micro : ‘Ici pas de samples, de bandes enregistrées, de putains d'ordinateurs, de set-list, que du spontané avec seulement une putain de batterie, une putain de guitare et pas de basse car la basse, ça ne sert à rien bordel’. Le public participe à l’ambiance, bien maîtrisée, cependant, par le duo. Funk/blues, « A Man Oustanding In His Field », une chanson dédiée à leur voisin agriculteur, Alain Laborde, libère un fameux groove. C’est le titre qui ouvre le bal. L’histoire prend tout doucement forme. La frappe de Mathieu sur ses fûts est à la fois efficace, sauvage et tribale. Légèrement désaccordée, la guitare met rapidement le souk, dans l’auditoire. La voix de Laurent monte dans les tours et grimpe dans les aigus (NDR : à cet instant, on ne peut s’empêcher de penser à Jeff Buckley) ou descend dans les graves, avec une facilité déconcertante. « Little Girl And The Whistling Train » nous entraîne à travers les grandes plaines de l’Ouest. Et Lorsque Laurent sifflote, on ne peut s’empêcher de penser à Sergio Leone.

Les joueurs de de leur équipe de rugby préférée ne sont pas déplacés pour participer à l’interprétation de « I'm A Japanese Mountain ». Mais la version est excellente. Au fil du set, les influences de la paire remontent à la surface. Elles sont puisées, manifestement dans l’histoire du rock de la fin des sixties, du début des seventies et des nineties. Soit dans le psychédélisme (Jimi Hendrix), le hard rock (Led Zeppelin, Black Sabbath) et le grunge (Nirvana, Pearl Jam). Mais également dans le funk, le blues et le gospel…  

Laurent nous signale que ce soir, on est une famille et on est unis. Il affiche un beau sourire en observant ses fans plus âgés –et ils sont nombreux– s'éclater comme des gosses (NDR : il voue un grand respect aux anciens). Ils remercient leur petite équipe, se disent fiers de leur parcours et d'en être arrivé là en restant totalement indépendants. Bref, son discours est toujours aussi pertinent et efficace…

 On n’est pas au bout de nos surprises, Car il est temps, pour Mathieu, de monter sur son kit de batterie et de déhancher son petit cul. L’ambiance monte encore d’un cran. On rigole bien mais surtout, on prend son pied lors du show de ces rockeurs fermiers.

En 75 minutes de temps le duo est parvenu à mettre les spectateurs sur les rotules. Partout où The Inspector Cluzo passe, le public trépasse…

(Organisation : Botanique)

Ce soir, le Botanique accueille deux formations néo-orléanaises, en l’occurrence Tank and the Bangas et en supporting act, Sweet Crude. Et l’Orangerie est comble pour assister à ces concerts censés plonger l’auditoire au sein d’une ambiance festive. Car lorsqu’on évoque la Nouvelle-Orléans, on pense immédiatement au Mardi Gras, au dixieland, à la zydeco et au cajun. Mais si le premier groupe est plus proche des racines, le second pimente son jazz –que l’on a également baptisé le ‘bouce’, à la N-O– d’une multitude de d’épices sonores.

Sweet Crude est un sextuor responsable de deux elpees à ce jour, en l’occurrence « Super Vilaine », en 2014 et « Créatures » en 2017. Drivé par Sam Craft (violon/chant) et Alexis Marceaux (chant, percus, synthé), il implique également un claviériste, un bassiste, un drummer/percussionniste et un préposé aux cuivres. Pas de guitariste au sein du line up. Soucieux de laisser transparaître ses racines cajuns dans sa musique, le combo mêle le français et l’anglais dans une grande majorité de ses textes, communiquant une coloration locale aux compos, même s’ils ne sont pas toujours très cohérents.

Morceau d’ouverture, « Parlez-Nous à Boire » est déjà explosif et passionné. Difficile de ne pas remuer lors de cette parade drum pop franglish. Faut dire que les compos sont particulièrement percussives et dynamiques ; ainsi, il arrive que quatre des six interprètes jouent de la batterie en même temps. De quoi remuer les tripes. Charismatiques, Sam Craft et Alexis Marceaux sont les véritables moteurs du band. Le premier possède une voix plus discrète mais atmosphérique et ses interventions au violon sont magiques. Celle de la seconde est puissante et sa présence scénique enivrante. Faut dire qu’elle a la danse dans la peau. Mais africaine, un peu comme Joséphine Baker, bien sûr, sans la ceinture de bananes. Parfois, elle me fait même penser à Merill Garbus de Tune-Yards. Enfin, leurs harmonies sont aussi rythmées que joyeuses.

Elle attaque a cappella « Mon Esprit », avant que les autres musicos la rejoignent ; un moment au cours duquel la fête a pris brièvement la pause. Et le show de s’achever par l’étincelant « On Est Paré ». Pour une première sur le sol belge, il faut reconnaître que le concert, d’une durée de 40’, a parfaitement chauffé l’ambiance…

Setlist : « Parlez-Nous à Boire », « One in the Hand », « Déballez », « Laces », « Mon Esprit », « Rougarou », « Porkupine », « Fingers Guns », « Logo », « On Est Paré ».

Les membres de Tank and the Bangas se sont rencontrés dans un bar à open mic (scène ouverte), le ‘Liberation House’, à la Nouvelle-Orléans. La formation a remporté le légendaire concours NPR Music Tiny Desk (principal réseau de radiodiffusion non commercial et de service public des États-Unis), l’année dernière, aux States. Sa musique ? Un cocktail savoureux entre soul, r&b, hip hop, funk et jazz, qui laisse une bonne part à l’impro. Elle s’était déjà produite, en Belgique, dans le cadre du Pukkelpop et à Couleur Café.

Tarriona Tank Bell en est la chanteuse principale. Bien en chair, elle focalise tous les regards, une sorte de chef d’orchestre dont la voix est capable d’osciller du rap à la voix enfantine en transitant par le discours évangélique. Celle d’Angelika ‘Jelly’ Joseph, qui l’épaule, passe aisément des graves aux aigus. Le line up est complété par un drummer, et deux préposés aux synthés, dont l’un se consacre également à la flûte et à la trompette, ainsi que Jonathan Johnson, un fameux musicien qui joue d’une basse à 5 cordes. Ses impros en ‘slap tap’, tout au long de « Quick », sont magistrales. Et son solo sur la reprise du « Descends » d'Anderson. Paak est d’une rare prouesse technique.   

Au bord des larmes, Tank s’épanche. Elle révèle sa déchirure vécue en se séparant d’un homme qu'elle aimait, au milieu de « Oh Heart », une jolie chanson minimaliste dont la finale soul est particulièrement riche. Ses paroles exprimées lors de ces improvisations sont toujours bien choisies et témoignent de son talent de puriste du langage. « Human » est chargé de sonorités jazzyfiantes. Au cours de la seule compo lente, « The Bradys », les musicos contemplent la fosse, qui a alors sorti les smartphones pour immortaliser l’instant.

Tanks est en perpétuel mouvement et touche des mains. Elle est particulièrement à l’aise sur les planches, alors que sa collègue est plutôt statique. Et comme le son était excellent, permettant d’entendre distinctement chaque instrument (NDR : bravo l’ingé-son !), tout en incitant la foule à se déhancher grâce aux grooves irrésistibles, imprévisibles, rafraîchissants et énergiques, on ne peut qu’espérer revoir rapidement la troupe nous dispenser un nouveau concert de la même trempe…

Setlist : « Crazy », « Levitate », « Quick », « Descends » (Anderson Paak), « Big Bad Wolf », « Rhythm Of Life », «Boxes And Squares », «Roses » (Outkast cover), « The Brady's », « Smells Like Teen Spirit » (Cover Nirvana)

(Organisation : Botanique)

Ce soir, l’Ancienne Belgique est comble pour accueillir un ovni du rap game, Kekra (NDR : kekra signifie crack en verlan). Fan de grime, un style de musique né à Londres, le Français est aussi un des rappeurs les plus prolifiques dans sa catégorie. En outre, il apparait en avance sur son temps, tourne ses clips à Tokyo, Miami, en Belgique ou au Togo, tout en conservant l’anonymat autour de son identité. Après le succès de la trilogie « Vréel », l’artiste est revenu sur le devant de la scène rap francophone en avril 2O18, préludant l’album « Land » par le titre « 10 balles ».

La majorité de la foule ne dépasse pas la trentaine. Dj Captain Nemo s’installe devant la table avec 15 minutes de retard. Deux platines ‘Pioneer’ y sont posées, sur lesquelles il va s’acharner tout en sautillant derrière son pupitre. Aucun contact entre le dj et le public, et c’est vraiment dommage. Pendant son set, il se place un masque de protection respiratoire en papier sur le nez, mais de couleur kaki. Puis à 21h15, Kekra débarque de l’arrière du podium en compagnie d’un second MC. Encagoulés, chaussés d’énormes lunettes noires, ils tiennent leurs micros en main. Le public se masque également de la même manière et se rapproche de plus en plus de l’estrade. La situation devient de plus en plus tendue et suffocante, en avant-scène ; aussi votre serviteur préfère battre en retraite. Kekra salue ses fans à la manière des Japonais (NDR : il a déclaré que le Japon était son peuple de cœur). C'est par « Gros », l'un des morceaux phares de son avant-dernier projet « Vréel 3 », que l'artiste attaque le set en douceur, entouré de ses proches et content de retrouver ses franjitos, appellation qu'il donne à ses aficionados. Entre ses fameux gimmicks et autres bruitages dont lui seul a le secret, il lâche un petit ‘On s'en bat les c**illes’, avant d'enchaîner par l'énervé « Poches Pleines » et de rendre le public dingue. Il n'hésite d'ailleurs pas à s’autoriser quelques pas de danse. Evidemment, la setlist va nous réserver plusieurs titres de son dernier elpee, dont l’inévitable single « 10 Balles ». Malheureusement, on ne comprend pas trop bien les paroles de ses chansons. M’enfin, est-ce important, vu qu’elles non ni queue ni tête, servant surtout à mettre une ambiance de feu. D’ailleurs dans la fosse les spectateurs jumpent et font la fête. Une ambiance de folie qui va durer près de 60 minutes, sans faiblir. Et pas évident de rester en place. D’ailleurs, lorsque votre serviteur quitte la salle, l’ambiance est à son apothéose. Le Kekra ne se produira probablement plus très longtemps au sein des clubs ; il faudra donc s’attendre à ce qu’il soit programmé dans les plus grandes, mais aussi lors des festivals…

(Organisation Ancienne Belgique)

dimanche, 10 février 2019 15:47

Les Filles au bord de RIVE…

Après « Fauve », le duo bruxellois RIVE nous propose son single « Filles », deuxième extrait de son premier album « Narcose », dont la sortie est prévue pour ce 1er mars 2019. Fondé en 2015 par Juliette Bossé (chant, guitares) et Kévin Mahé (batterie, claviers), RIVE a été lauréat du Franc'off organisé par les Francofolies de Spa et a remporté une douzaine de prix dans le cadre du concours ‘Du F. dans le texte’ initié par le Conseil de la Musique de la Fédération Bruxelles-Wallonie. Très attaché à son identité visuelle, RIVE collabore avec le collectif Temple Caché pour ses vidéos et son artwork. Leur clip « Justice » a été sélectionné et primé dans plus d’une dizaine de festivals internationaux. « Narcose » a été enregistré par RIVE au Rare Sound Studio, à Bruxelles, avec la complicité de Rémy Lebbos (Atome, Vismets, Nicolas Michaux).

La troisième vague féministe voit le jour. Dans cette nouvelle pièce, « Filles », Juliette continue d’aborder les thématiques liées à l’égalité femmes-hommes, déjà présentes sur le premier Ep du groupe « Vermillon ». Après les deux premières vagues féministes, celles du début du XIXème et des années 70, « Filles » évoque le réveil du mouvement. Depuis quelques années, « les consciences s’éveillent » à nouveau, la clameur des filles exaltées résonne un peu partout dans le monde.

Sur une rythmique percussive qui renvoie aux marches des femmes, les paroles des couplets consituent un clin d’oeil adressé à l’hymne du MLF et aux écrits de Benoite Groult, alors que le refrain sonne comme un cri d’espoir. 

Le clip, es disponible ici 

Concerts :

28/02/2019 - Marche-en-Famenne, BE - Maison de la Culture (Support Clara Luciani)

02/03/2019 - Mons, BE - Le Manège (Support Clara Luciani)

14/03/2019 - Bruxelles, BE - Botanique – Rotonde

03/07/2019 - Lautrec, FR - Café Plùm (Pause Guitare)

04/07/2019 - Albi, FR - Festival Pause Guitare

21/07/2019 - Spa, BE - Francofolies

~~~ d'autres dates bientôt annoncées ~~~

https://www.facebook.com/rivemusique/

dimanche, 10 février 2019 15:43

EUT pas Het !

EUT a opéré une entrée fracassante dans le monde de la pop grâce à une bonne dose d’énergie injectée dans des sons inspirés des nineties, puisant ses influences chez des groupes comme les Pixies, Yeah Yeah Yeahs, Blur, Weezer, Hole, Wilco et Beck.

Aux côtés de la charismatique et énergique Megan de Klerk, le groupe façonne des chansons aux mélodies captivantes, des morceaux pop très catchy, qui parlent de la jeunesse et du passage à l’âge adulte. Aussi dynamiques que bizarres, ces compos ne sonnent jamais trop parfaites et c'est ce qui rend leur musique aussi chaleureuse.

Les membres d’EUT, qui vivent aux Pays-Bas, se sont rencontrés pendant leurs études d’art à l’université, et ont fondé leur groupe en 2016. Le premier single, « Supplies », est sorti en juin 2017 chez V2. Le premier album, « Fool For The Vibes », est sorti le 5 octobre dernier

Après avoir fait sensation au Festival des Transmusicales pour leur première date française, EUT est parti en tournée. Un périple qui passera par

12.02 La Laiterie, Strasbourg

13.02 La Cave Aux Poets, Roubaix

14.02 La Citrouille, St Brieuc

15.02 L’Ephemère, Paris

16.02 La Cordonnerie, Romans Sur Isère

Pour découvrir la vidéo de « Supplies », c’est ici 

https://www.thewordiseut.com/info

dimanche, 10 février 2019 15:41

Trixie Whitley « Touch » au but…

En janvier 2019, Trixie Whitley annonçait la sortie de son troisième album studio tant attendu, « Lacuna ». Prévu pour le 29 mars, il révélait également un tout nouveau titre intitulé « Touch ». Paru en single, il fait également l’objet d’un clip (voir ici).

« Touch » est la première vidéo d’une trilogie de clips musicaux pour lesquels Trixie a collaboré avec la plasticienne et directrice créative Hannah Marshall, notoire avoir bossé pour des groupes comme The XX, Florence and the Machine, Savages et Goldfrapp.

Trixie présentera ses nouveaux titres lors d'une tournée européenne qui passera par le Benelux, dont deux dates à l’AB. Celle du 28 mai est déjà sold out, reste celle du lendemain, dont les places sont encore disponibles.

https://www.facebook.com/trixiewhitley

https://www.trixiewhitley.com/

 

samedi, 02 février 2019 15:11

Ne jamais se fier aux apparences…

Dans le cadre de l’Open Club Day’, le Salon de Silly (‘Clubs Plasma’), accueillait ce vendredi soir, Adam Naas, Tanaë et Dj Mixsoup, ces deux derniers respectivement comme supporting act et en after. Près de 250 personnes se sont déplacées pour cette soirée. L’Open Club Day (organisé par Live DMA) s’est déroulé pour la première fois en 2012 à Zurich, en Suisse et vise à sensibiliser les voisins, les acteurs culturels locaux, les autorités et les décideurs politiques à la réalité du travail quotidien dans un lieu de concerts. Le 2 février 2019, 120 clubs sis parmi 10 pays européens, dont Le Salon, ont ouvert leurs portes à un public qui pourrait ne pas être familier avec les activités de musique ‘live’ et de ‘clubbing’. Une occasion de dévoiler l’envers du décor et de proposer une série d’activités inédites : visites guidées, découverte des coulisses, échanges avec le personnel et les bénévoles, introduction aux différentes professions et activités, ateliers et activités participatives, concerts...

Tanaë est une jeune liégeoise (NDR : 22 printemps !) qui a été propulsée sur le devant de la scène, suite au buzz de sa reprise « One Dance » de Drake et une réinterprétation pour le moins surprenante de « Barbie Girl » de Aqua. Elle a gravé son premier, « Introspection », début 2018 et son premier elpee devrait paraître en mai prochain. Influencée par Lauryn Hill, Portishead et Amy Winehouse, mais également par la génération montante comme Jorja Smith, Billie Eilish ou Kali Uchis, cette jeune chanteuse/compositrice parvient à faire danser le public, sur des rythmes urbains.  

Quand elle grimpe sur les planches, on se rend compte qu’elle n’est pas très grande. Elle est soutenue par un préposé à la semi-acoustique, sans un poil sur le caillou, mais assez technique et talentueux. Et puis par une loop machine, dont les sonorités en couches collent parfaitement à la voix de Tanaë, une voix soul, graveleuse qui évoque tour à tour BJ Scott, Beth Hart voire Typh Barrow, et quand elle monte dans les tours, on est véritablement scotchés. Elle entame son set par « Shill be ». Pop, ses mélodies sont accrocheuses. Le son est excellent. Elle agite constamment les mains, à la manière de Joe Cocker. Sa setlist est partagée entre compos personnelles et covers, dont une d’« Addicted To You » du regretté Avicci, une version cool et acoustique… Une prestation bien sympathique…

Setlist : « Shill Be », « Addicted To You », « Need You Love », « All In You », « One Dance », « All In You », « Glory Box », « Heartless », « Wonder Why », « Let Me Love », « Don’T Go », « One  Night ».

Dans la catégorie des promesses pop alternatives, Adam Naas est considéré comme un des grands espoirs de la scène française. Il puise ses influences musicales chez The XX, James Blake, Dermot Kennedy, Hozier, Rag'n'Bone Man et Prince (NDR : ce look !), alors que soul et fragile, sa voix évoque tour à tour Anohni Hegarty, Benjamin Clémentine, Asaf Avidan ou Ben l’Oncle Soul.  

Sur scène, le Parisien semble timide, désorienté et mal à l’aise. Il communique très peu, et les quelques mots dispensés entre l’une ou l’autre chanson manquent d’assurance. Faut dire que plutôt chétif, son physique le rend vulnérable. On dirait presque un moineau tombé du nid plutôt qu’une future valeur sûre de la pop, biberonnée à la Motown. Pourtant, lorsqu’il chante, cette pusillanimité disparaît pour laisser place à la classe. Il est flanqué de deux claviéristes qui reproduisent les sonorités de cuivres, cordes ou ivoires et se sert parfois d’une gratte électrique ou acoustique. Et c’est loin d’être un manchot sur son manche ! Sa voix passe du plus grave aux aigus avec une facilité déconcertante, à tel point que parfois on se demande si ses cordes vocales ne sont pas artificielles. N’empêche elle sera parvenue à bouleverser l’auditoire pendant une bonne heure…  

Setlist : « Golden Drop », « You Shoud Now », « Fading Away », « No Love Without Risk », « Close To Me », « The Love », « Shalala Love », « Fool », « Untitled 1 », « Strange Love », « Holding Me », « Love Is Never To Blame », « Cherry Lipstick ».

(Organisation : Silly Concerts) 

mardi, 29 janvier 2019 08:02

Le nouvel axe du Stax…

Pour la seconde soirée consécutive, le Cirque Royal programme Nathaniel Rateliff, au sein d’un Cirque Royal complètement rénové et à l’acoustique digne de celle de l’Ancienne Belgique. Et l’hémicycle est comble pour accueillir le natif du Missouri, flanqué de ses Night Sweats. Il y a cinq ans, il avait gravé « In memory of loss », un album sculpté dans le folk/americana. En mars de l’an dernier, il a publié « Tearing at the steams », un opus tout au long duquel il a généreusement coloré sa musique de soul, de r&b et de gospel ; mais dans un style rétro, inspiré du meilleur des fifties et des sixties, dans l’esprit ‘Stax’ (NDR : pas pour rien que cet LP est paru sur le label Stax Records !) tout en conservant une touche bien personnelle. Et cet elpee a bénéficié des arrangements de Richard Swift (bassiste des Black Keys), un concours qui a apporté davantage de modernité et de fluidité à l’ensemble.

Beth Lowen assure le supporting act. Blonde, pétillante, féline et sexy, elle grimpe sur l’estrade en compagnie d’un bassiste, d’un guitariste et d’un batteur. Cette chanteuse/guitariste possède une voix puissante rappelant tour à tour Lzzy Hale (Halestrom), Beth Hart et même Tina Turner, quand elle monte dans les tours. Musicalement, le set va osciller entre blues et rock réminiscent des 70’s. Hormis le blues lent « Self control », le répertoire est plutôt énergique, le drumming technique et percutant constituant une remarquable assise pour l’ensemble du répertoire. Pas de « Stay » au menu, pourtant prévu dans la setlist…

Setlist : « Hitman », « Stay », « Self Control », « Natural Disaster », « Second Hand », « Home », « Oh No », « Wolf ».

Huit musiciens accompagnent Nataniel Rateliff sur les planches : le bassiste Joseph Pope III, le drummer Patrick Meese, le claviériste/pianiste Mark Shusterman, le trompettiste Scott Frock, les saxophonistes Andreas Wild et Jeff Dazey ainsi que deux guitaristes, dont Luke Mossman. Séducteur, Stetson rivé sur le crâne, Nataniel se consacre au lead vocal et à la gratte (électrique ou semi-acoustique).  A noter que la section de cuivres se charge des percus accessoires, et notamment du djembé, alors que tous les musicos assurent les chœurs, qu’on pourrait qualifier de gospel.

Amorcé par ces percus, pêchu et chargé de groove, « Shoe Boot » entame le set comme il ouvre le nouvel opus. Bien soutenue par les cuivres et le Hammond, la voix de Rateliff est à la fois très soul et sucrée/salée. « Be There » embrasse une multitude de styles, depuis le r&b au gospel, en passant par la soul, le folk, le blues et l’americana, synthétisant parfaitement celui de Nataniel. « I Did It » fait la part belle aux cordes dont l’intensité graduelle va être poussée jusqu’à la rupture. Des cordes qui vont se révéler étincelantes sur un lit de Hammond tout au long du bien cuivré « A Little Honey ». Des cuivres qui vont même s’enfiévrer sur « Babe I Know », incitant la foule à jumper

Entre chaque chanson –ou presque– Nataniel change de gratte et lorsqu’il la projette dans les airs, son roadie est attentif pour la rattraper… et éviter la casse.

« S.O.B. » achève show, une compo qui évoque l’épisode de ‘delirium tremens’ vécu par le chanteur, avant qu’il ne décide d’arrêter de boire. Nathaniel Rateliff avoue pourtant n’avoir jamais beaucoup aimé la chanson qui a pourtant permis de le faire connaître hors de son Colorado béni. Et pour la circonstance tous les musiciens nous gratifient d’un chœur… gospel.

Dans le genre, Nataniel Rateliff est devenu un fameux concurrent pour Marcus Mumford et Bon Iver…

Setlist : « Shoe Boot », « Be There », « Look It Here », « I've Been Failing », « I Did It », « Say It Louder », « Howling At Nothing », « A Little Honey », « Coolin' Out », « Out On The Weekend », « Shake », « You Worry Me », « Wasting Time », « Babe I Know », « Still Out There Running », « Intro », « I'll Be Damned », « S.O.B. ».

Rappel : « Hey Mama », « I Need Never Get Old ».

(Organisation : Live Nation)

 

mercredi, 30 janvier 2019 11:17

Dream Songs

« Dream Songs » constitue le troisième elpee de Stigman, un disque qui fait suite à « Broken Skins », paru en 2013 et « Fathers », en 2015.

Stigman, c’est le projet de François Borgers. Agrégé en philosophie, ce Namurois est fan de cinéma, et tout particulièrement d’Ingrid Bergman ainsi que du réalisateur russe Andreï Tarkovski. Son patronyme s’inspire d’Ira Stigman, le personnage central d’‘À La Merci D’un Courant Violent’, un roman signé Heny Roth, écrivain américain disparu en 1995, un livre qui traite sans concession de la perte de l’innocence ainsi que la transgression.

Nonobstant ces références, la musique concoctée par Stigman n’est pas cérébrale. Elle est même plutôt accessible. Il compose la musique et les textes, joue de tous les instruments (guitares, synthés/claviers, boîte à rythmes, en vertu de la technique du re-recording), chante d’une voix chaude et expressive dans la langue de Shakespeare, et diffuse ses propres films lors de certains concerts.

Dans l’ensemble, l’atmosphère de cet opus baigne au sein de la mélancolie. Délicates, la plupart des compos sont tramées par les cordes acoustiques, les cordes électriques créant les reliefs, alors que les parties de basse sont exécutées par les synthés.
Depuis le fragile « My Castle » au dansant « Wake up », en passant par le radiophonique « Are You As Alone As I Am ? », cet LP souligne le talent de mélodiste de Borgers. A vivement conseiller si vous aimez Marble Sounds, Saint Sister ou encore Soham D…

Le paternel de Hollie, Paul Cook, se chargeait des drums au sein du mythique Sex Pistols, un groupe légendaire (?!?!?) que votre serviteur avait eu l’opportunité de revoir à Lokeren, Il y a plus de 12 ans, lors d’une reformation éphémère, consécutive à une sombre histoire de pognon. Boy George est son parrain et sa mère, Jennie Matthias, était choriste chez Culture Club. Elle a entamé sa carrière musicale, en 2006, alors qu'elle est encore au lycée, en assurant les chœurs pour les Slits. Mais en 2010, Ari Up, sa chanteuse, décède des suites d’un cancer, disparition qui met un terme à l’histoire de ce band féminin.

A ce jour, Hollie a publié 4 elpees, dont un remix du premier, produit par Prince Fatty. Gravé en 2011, son premier opus recelait les hits « Body Beat » et « Shadow Kissing ». Son dernier, « Vessel of Love », est paru l’an dernier. Ce soir elle va largement puiser dans cet LP pour forger sa setlist.

Pas de supporting act. Le show débute à 20h30 précise. Il y a du peuple à l’AB Club ! Sur les planches, Hollie Cook est soutenue par un claviériste, un drummer et un guitariste. Vêtue d’une robe à fleurs assez ample, elle a la danse dans la peau. Sa musique est moelleuse, chaude et sucrée, une forme de reggae fortement teintée de dub et de rock steady, qu’elle qualifie elle-même de Tropical Pop.

Le début de set est prometteur : « Postman », « Body Beat » et « That Very Night » passent plus ou moins bien la rampe. Mais il y a quelque chose qui cloche. On n’entend pas trop ce qu’elle raconte. Le son est gâché par les infrabasses. Et le préposé aux manettes est probablement sourd pour ne pas se rendre compte que le décibelmètre dépasse allègrement les 100 db. D’ailleurs pas mal de spectateurs vident les lieux au bout de quelques titres. Et sans bouchons dans les oreilles, c’est insoutenable

Avant le rappel, votre serviteur tire sa révérence, déçu de na pas avoir pu savourer en live, les compos de son excellent dernier long playing…  

Setlist : « Intro SFX », « Postman », « Body Beat », « That Very Night », « Shadow Kissing Pull », « Shadow Kissing », « Sugar Water », « Ghostly Fading », « Used To Be », « Turn It Around », » Lunar Addiction », « Survive », « Sweet Little Chocolate », « Angel Fire », « Together », « 99 ».

Rappel : « Milk And Honey », « Stay Alive ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

     

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