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Didier Deroissart

Didier Deroissart

vendredi, 28 décembre 2018 18:32

Encore à décanter…

C’est la première fois que Hooverphonic foule les planches du Lotto Arena. La salle est archicomble pour accueillir la formation drivée par Alex Callier et Raymond Geerts, dont une nouvelle chanteuse vient d’être recrutée. En l’occurrence une lauréate du télécrochet ‘The Voice’ versus Flandre : Luka Cruysberghs. Toute jeune chanteuse, elle n’avait alors que 17 printemps. Lors de ce concours, elle avait brillé en interprétant « Mad to you », un hit du groupe. Son coach, Alex, avait alors décidé de l’intégrer à son combo. Une première ! Hooverphonic a prévu de partir en tournée, cet été, aux USA. Mais, le baptême du feu de Luka est prévu ce vendredi 28 décembre, à Anvers. La sixième vocaliste du band a la lourde tâche de reprendre le flambeau laissé, par ses ‘prédécesseures’. Elle a cependant, déjà participé aux sessions d’enregistrement du 10ème opus, « Looking For Stars », un disque paru ce 16 novembre ; et le résultat est concluant. On attend donc de la voir et surtout de l’entendre, en ‘live’…

Une cape noire recouvre la tête de Luka qui laisse néanmoins entrevoir de longs cheveux blonds platine. A côté d’Alex ou de Raymond, elle paraît toute petite. Ils auraient d’ailleurs pu être leur père.

Tour à tour rouge ou bleu, suivant les variations du light show (NDR : 6 rampes de 4 spots superposés, sont disposés de chaque côté du podium alors que 6 projecteurs sont destinés à se focaliser sur les différents artistes), un rideau est tendu derrière le drummer planté sur une estrade. A sa droite, Pieter Peirsman se charge de claviers, d’une gratte semi-acoustique et assure les backing vocaux.

Le set s’ouvre par deux titres issus du dernier elpee, « Concrete Skin » et « Lethal Skies », des compos qui collent parfaitement à la voix de Luka. A l’issue de ce dernier morceau, elle ôte sa cape, laissant apparaître une robe bouffante de couleur rouge, enfilée au-dessus d’un pantalon, lui même enfoncé dans des bottes ; le tout de teinte noire. Alex troque ses claviers contre une basse et attaque « Ether » (« Reflection »). A cet instant, malgré son potentiel vocal, on se rend compte qu’elle n’a pas encore complètement assimilé l’ancien répertoire de Hooverphonic. Alex évoque les 23 années de carrière du band, au cours desquelles la formation a eu recours à des cuivres, des cordes et même à un orchestre symphonique. Mais ce soir, il en est revenu à une formule plus basique. D’ailleurs ces cordes et ces cuivres sont samplées par les synthés de Peirsman. Luka enlève sa robe et se retrouve en body, falzar et bottillons. Peirsman la seconde tout au long de « Horrible Person » et « Badaboum », aux vocaux. Caractérisé par ses grandes envolées, de riches contrastes, des touches subtiles et une mélodie envoûtante, le futur single, « Romantic » (NDR : sortie prévue le 18 avril), baigne au sein d’un climat vintage. Plus dansant, « Uptight » reflète très bien l’ambiance du nouvel opus. Et dans le même esprit, « Looking For Stars » est hanté par un Simple Minds au sommet de son art. Alex à la gratte et Luka, qui pour la circonstance a endossé une mante argentée, interprètent en duo l’inévitable « Mad About You ». Le contraste est flagrant, mais la voix manque de maîtrise. Et au bout de 90’, Hooverphonic clôt le show par un « Amalfi » d’anthologie.

Les artistes saluent et vident les lieux, mais accorderont un rappel dont une cover du « Suspirium » de Thom Yorke, bien réappropriée. Et c’est « Long Time Gone qui achève un concert au cours duquel on s’est rendu compte que l’intégration de la nouvelle chanteuse était encore en pleine phase de rodage…  

Setlist : « Concrete Skin », « Lethal Skies », « Ether », « Vinegar & Salt », « Heartbroken », « Anger Never Dies », « Horrible Person », « Eden », « Romantic », « Sleepless », « Jackie Cane », « The Night Before », « Hiding In A Song », « Mad About You », « Uptight », « One Two Three », « Badaboum », « Looking For Stars », « Amalfi ».

Rappel : « Suspirium » (Thom Yorke cover), « 2Wicky », « Long Time Gone ».

(Organisation : Greenhouse Talent)

dimanche, 30 décembre 2018 08:43

Diablo dans le nouveau clip de Jain

Jain, la nouvelle icône de la chanson française, est actuellement en tournée en Europe. Elle en a profité lors d’un concert à Barcelone (Espagne), pour réaliser le vidéo-clip de « Oh Man », extrait de l’album « Souldier », dans la salle ovale du Musée National d’Art de Barcelone (MNAC). Cette pièce est située dans le Palais National de Montjuïc de Barcelone, construit pour l’Exposition Universelle de 1929. La performance live a été tournée en un seul plan séquence avec la participation de 7 musiciens portant des masques, une trentaine de figurants et du danseur Diablo. Les images s’enchaînent et il apparaît au milieu des œuvres d’art. Une scénographie qui s’achève par un mouvement de nombreux danseurs prenant part à un tableau géant.

Pour découvrir la vidéo, c’est ici

https://www.jain-music.com/fr/

 

https://www.jain-music.com/fr/

samedi, 22 décembre 2018 18:05

Un débordement d’énergie et d’humour…

Située à Opwijk, la salle Nosta est réputée à la fois pour sa convivialité et la qualité de son matos audio. Ce soir, on y célèbre la Chlistmasfest, une soirée organisée par Fleddy Melculy, un groupe plutôt insolite, puisque non seulement ses textes –à prendre au second, voire au troisième degré– sont torchés en patois flamand bruxellois, mais aussi parce qu’il pratique une forme de recyclage écologique de l’histoire du métal. Leader du combo, Jeroen Camerlynck (NDR : c’est également la tête pensante de la formation De Fanfaar) s’autoproclame fils illégitime de Lars Ulrich et de Lita Ford ; et il n’a pas tout à fait tort. Les influences majeures du combo oscillent cependant de Motörhead à Aborted en passant par Korn et Metallica. Les lyrics abordent les sujets aussi hétéroclites que la faim, la nourriture, l’humeur, la boisson, le nightshop du Paki, la musique qu’il déteste (le jazz) ou encore le t-shirt de Metallica.

Le supporting act est assuré par The Curse Of Millhaven, dont le patronyme est emprunté à une compo de Nick Cave. Issu d’Ypres, ce quintet réunit le chanteur Jasper Lobelle, le bassiste Bram Dewilde, le drummer Bart Rambour (NDLR : on n’a pas dit Tambour !) ainsi que les guitaristes Jeroen Debruyne et Kurt Mylle. Il pratique un death métal mélodique teinté de deathcore. Bref, c’est du lourd ! Sombres, les lyrics traitent de thèmes aussi joyeux et divers que l'infection, la maladie la mort et l’enfer. Bref, tout ce qui pourrait détruire notre race humaine. Bel enchaînement !

Le musicos sont en ligne pendant la diffusion d’une intro préenregistrée. Ils regardent le drummer frapper ses cymbales pendant qu’une voix d’enfant pose des questions existentielles. Jasper lève un poing vengeur, se retourne vers le public, le salue, l’incite à se rapprocher et à entamer des pogos juste devant lui. La setlist est partagée entre morceaux du premier elpee, « Vestibulle Of Hell », paru en 2017, et le nouvel Ep 8 titres, « Plagues », gravé en août 2017. Le drumming est incendiaire, démoniaque même.

Très technique, tour à tour rapide ou flemmard, le sixcordiste excelle sur son instrument. Et il le démontre tout particulièrement tout au long de « Black Death ». La voix de Lobelle est rageuse et âpre, mais parfaitement mélodique. Le chanteur invite la foule à se lancer dans un circle pit pendant « Simony », mais il ne prend réellement forme qu’à partir de « The Infection ». Pour remercier le band, certains spectateurs aux premiers rangs courbent le corps, en signe de reconnaissance. C’est un peu une chorégraphie rituelle exécutée lors des concerts de métal. Une bonne entrée en matière… (Pour les photos, c'est ici)

Setlist : « Bringer Of Disease », « Frame Of Deceit », « Black Death », « Downfall Of Inquisition », « My Reign, My Wrath », « Shelter », « Left In Steench », « Simony », « The Infection », « Plagues ». 

Comble, la salle accueille 300 personnes. Le set de Fleddy Melculy démarre à 22h00 précises. Une voix ‘off’ annonce le concert de Channel Zero (humour melculyal). Puis signale qu’il s’agit d’une erreur et rectifie le tir. Le ton est donné. Jeroen rectifie, on va bien assister au concert de Noël de Melculy. Il vient de débarquer au son de cloches d’église et de clochettes chères au Père Noël. Il est vêtu d’une chemise à carreaux de couleur rouge et noire (NDR : de bûcheron, si vous préférez). Le bassiste et l’un des deux gratteurs portent des masques de cuir. L’autre est coiffé d’un chapeau. En retrait, le drummer est planté sur son estrade. Outre la double grosse-caisse plantée à l’avant, son kit est décoré de guirlandes de Noël.

Morceau qui ouvre le set, « Kerk » est slammé. Le flow est constant. La compo évoque la difficulté de chauffer un édifice aussi spacieux qu’une église. Samplées, les sonorités aux ivoires sont puissantes. Les cordes de grattes grondent. Infernales, torturées elles menacent de vous conduire sur les rives du Styx. Ce déchaînement se poursuit tout au long de « 2 Dagen Te Laat » et « Feestje In Uw Huisje ». Deux gamines, âgées de tout au plus 10 ans, montent sur les planches, tendent les bras et entament un crowdsurfing jusqu’au fond de la salle, un exercice qui va se répéter tout au long du show. Mais également entraîner de nombreux spectateurs à les imiter. D’autres préfèrent s’abandonner dans des moshpits. Le groupe n’en oublie pas son hit explosif, « Geen Vlees Wel Vis ». Que ce soit du punk, du punk core, du death core, du metal core ou du truc core, l’ambiance, au sein de la fosse, ne baisse jamais d’un cran. « Apu Van De Nightshop » incite votre serviteur à se joindre à la fête. Ce débordement d’énergie et d’humour met tout le monde d’accord et surtout de bonne humeur.

Autre titre incontournable, « T-Shirt Van Metallica » clôt le concert. Le meilleur moment de la soirée ! La formation se produira au Zik Zak de Ittre le 27 avril 2019. Et le supporting act sera assuré par Baraka, d’autres barakis qui décoiffent tout autant… (POur les photos, c'est )

Setlist : «  Kerk », « 2 Dagen Te Laat », « Feestje In Uw Huisje », « Geen Vlees Wel Vis », « Camouflage », « Ik Ben Kwaad », « Moeidunidotcom », « 668 », « Apu Van De Nightshop », « Varken », « Brood », « Pinker », « Nooit Meer Drinken », « Fuck Dees Fucking », « Ik Haat Jazz », « Voor Altijd Jong ».

Rappel : « T-Shirt Van Metallica ».

(Organisation : Nosta)

 

mardi, 18 décembre 2018 17:47

Au bout de l’ennui…

Douglas Firs c’est le band du Gantois Gertjan Van Hellemont, une formation active depuis 2012. Un quatuor responsable de trois albums à ce jour ainsi que de quelques singles qui ont cartonné au Nord de la Belgique, comme « Caroline » ou « Pretty Legs And Things To Do ». Son style ? Une forme de folk/country/americana qui a valu au groupe des comparaisons flatteuses avec Ryan Adams. Il s’était déjà produit en 2017 à l’ABClub, dans une salle comble. Ce soir, il est programmé à l’AB Box.

Pitou assure le supporting act. De son véritable nom Pitou Nicolaes elle est amstellodamoise. Après avoir gravé un premier Ep éponyme en 2016, elle a publié son second, « I fall asleep so fast », en mai dernier. Sept titres qui reflètent ses influences oscillant du folk au rock en passant par la world. Timide, elle chante d’une voix fragile, attachante, mais quelque peu monocorde, en s’accompagnant à la gratte électrique qu’elle ré-accorde entre chaque morceau. Cependant, c’est lorsqu’elle va opter pour la guitare semi-acoustique, en l’occurrence lors des deux derniers titres, que son set va véritablement décoller, sa voix adoptant un profil davantage atmosphérique…

Setlist : « Problems », « Melody », « OCut A Hole », « Give Me A Glass », « Animal », « Run Boy Run », « I Fall Asleep So Fast », « Helium », « Debt Of A Lover ».

Une intro préenregistrée prélude l’arrivée de Gertjan sur les planches. Il est seul pour attaquer « I Will Let You Down » et il excelle à la six cordes. Puis les trois autres musicos le rejoignent, soit son frère Sem, aux claviers, Simon Casier Simon Casier (Balthazar), à la basse et Laurens Billiet, aux drums. « The Both Of Us » nous entraîne à travers les vastes plaines du Far West. Sem donne de la voix ou souffle dans son harmonica tout au long de « Hannah ». Gertjan se réserve deux autres compos en solitaire, « Motel Blues » et « That King Of Thing ». A cet instant on ferme les yeux et on ouvre bien grand les oreilles pour savourer ce moment de tendresse et de délicatesse. Les frangins et Casier chantent a cappella « The Waiting Around ». Superbe ! Mais à partir de « A Long Time Ago », tramées dans une forme de country un peu trop conventionnelle, le concert traîne sa monotonie. Et au bout de 50 minutes, votre serviteur commence à s’endormir ; aussi, il préfère s’éclipser préférant retrouver les bras de Morphée… dans son lit…   

Setlist : « I Will Let You Down » (Solo), « The Both Of Us », « Hannah », « 45 Days », « Caroline », « How Can You Know », « Shimmer And Glow », « Motel Blues » (Solo), « That King Of Thing » (Solo), « The Waiting Around » (Trio), « A Long Time Ago », « Undercover Lovers », « Everythings A Lie », « Pretty Legs ».

Rappel : « Never Cared Enough », « Judy ».  

(Organisation : Ancienne Belgique)

samedi, 15 décembre 2018 10:16

Les bons mots de Bénabar…

Le Palais 12 est une salle modulable. Ainsi, pour accueillir les 3 000 spectateurs qui vont assister, ce soir, au concert de Bénabar, elle a été configurée en ‘Théâtre’, une forme plus conviviale et intimiste qui rapproche l’artiste de ses fans. Réalisé par Mark Daumail, le leader du groupe Cocoon, le huitième opus du bientôt quinquagénaire, « Le début de la suite », est sorti en mars dernier. Il y renoue avec la finesse de plume et la rondeur des chansons qui ont forgé son énorme succès, à ses débuts, en 2000. Un album qu’il a voulu joyeux et lumineux dans lequel il met en scène des personnages, dont une petite vendeuse, un vigile, un marathonien, un chevalier sans armure, un chauffard et un sédentaire. Ses textes imprégnés à la fois d’humour cynique et de tendresse dépeignent avec justesse le monde qui l’entoure et les tracas de la vie quotidienne. Bref, Bénabar décortique, Bénabar se moque, Bénabar analyse la nature humaine, à la manière de Renaud, en sondant la nature humaine, dont il épingle au vitriol, les différentes facettes et pas toujours les meilleures.

Le supporting act est assuré par Laurent Lamarca, un Lyonnais établi à Paris. Ce troubadour compte deux albums à son actif : « Nouvelle Fraîche », paru en 2013 et le second « Comme Un Aimant », en avril dernier. Il est surtout connu pour ses deux singles, « Le Vol des Cygnes » et « Bella Vida », diffusés régulièrement sur les ondes francophones. Apprécié par, notamment, Julien Clerc et Francis Cabrel, il a imaginé un concept de concert futé : le ‘Homme Sweet Home’, où il propose à ses fans de le rejoindre dans des lieux confidentiels et inattendus, comme une église, une maison d’hôtes ou une grange.

Il débarque seul sur les planches et chante en s’accompagnant à la gratte semi-acoustique, d’une percussion électronique, qu’il active du pied droit, et parfois il souffle dans un harmonica. Comme sur le titre qui ouvre le set, « Main dans la main ». Sa voix est puissante et sableuse. Il signale être content de nous voir, ce soir, et demande de rester sur place pour le petit gars qui va le suivre, parce qu’il s’agit de son premier concert. Une forme d’humour qui établit déjà l’interactivité avec la foule. Adapté dans la langue de Voltaire, le « Ho hey » des Lumineers met littéralement le feu aux poudres. « Taxi » est une compo qui roule… Il nous réserve, bien sûr, des titres issus de son dernier elpee –une œuvre empreinte de mélancolie douce– à l’instar de l’inévitable « Vol Des Cygnes », une chanson qui incite au voyage, ainsi que « Croire en toi et moi », titre qui clôt son récital. Conquis, l’auditoire se lève pour l’applaudir chaleureusement…

Setlist : « Main Dans La Main », « Le Vol Des Cygnes », « Taxi », » Ho Hey » (The Lumineers Cover), « Croire En Toi Et Moi »

C’est la dernière date de la tournée de Bruno Nicolini, aka Bénabar. Son backing group réunit un drummer, deux claviéristes dont un double aux percus, un bassiste, un guitariste, un bugliste et un saxophoniste/accordéoniste.

L’entrée en matière est percutante. Une voix d’enfant samplée prélude « Brève Et Approximative Histoire De France ». Lors de la version acoustique de « Quatre Murs et Un Toit », encouragé par les applaudissements du public, le guitariste se consacre au banjo. Long monologue humoristique consacré aux enfants qui se cassent à 20 ans. Bénabar signale que lui et ses musicos sont tous pères de familles et que les gosses sont dans la salle, mais qu’ils peuvent parfois être ‘casse-couilles’. La foule reprend en chœur le refrain de « L'effet Papillon ». Bénabar ne tient pas en place se déplace aux quatre coins du podium. Et le duo de cuivres danse également régulièrement sur place. Coloré par le mélodica, « A Notre Santé » nous entraîne sous le soleil, sur les plages de Kingston. Bénabar remercie l’auditoire à la fin de chacune des ses chansons, en concédant son rituel ‘Merci M’sieurs dames’

« Le Zoo De Vincennes » décrit les déboires des animaux vieillissants, confinés au sein d’un enclos restreint. Une leçon de vie ! « La Petite Vendeuse », Bruno l’a rencontrée, elle fumait sa clope derrière le Leclercq. Il ajoute cependant, qu’en Belgique, cette situation se déroulerait au Delhaize. Et c’est le hit « A La Campagne » qui clôt la première partie du set. Des roadies apportent un piano rouge sur le cercle blanc formé par le faisceau lumineux. Bénabar plaisante. Il est très interactif. Il rabat un support en bois de couleur blanche contre celui-ci, et l’instrument devient à queue et de cette teinte immaculée. Seul derrière ses ivoires, Bénabar interprète « Le 115 », « Bon Anniversaire », « L'itinéraire », « Maritie Et Gilbert Carpentier », « Politiquement Correct », « Les Rateaux » et « Dis-Lui Oui ».

Ses musicos reviennent sur le podium à partir de « Le Slow ». Bruno nous parle de ses musicos. Des alcoolos, insinue-t-il, qui le suivent depuis 20 ans. Mais également de sa compagne et de ses enfants. Le public ne tient plus en place, et se lève de plus en plus de ses sièges. Le son est excellent, le light show est soigné. Toutes les chansons se succèdent harmonieusement et on se surprend à plonger tête baissée dans cet univers unique où l’artiste multiplie les bons mots tout en nous réservant des mélodies imparables. « Feu De Joie » clôt le concert dans un climat joyeux et presque enfantin, avant que la troupe ne réserve trois titres en rappel…   

Setlist : « Brève Et Approximative Histoire De France », « Quatre Murs et Un Toit », « L'effet Papillon », « A Notre Santé », « L’Agneau », « Le Zoo De Vincennes », « Chauffard », « La Petite Vendeuse », « Le Regard », « A La Campagne ».  

Pot-pourri, medley joué seul au piano : « Le 115 », « Bon Anniversaire », « L'itinéraire », « Maritie Et Gilbert Carpentier », « Politiquement Correct », « Les Rateaux », « Dis-Lui Oui ».

Pot-pourri, medley joué avec les musiciens : « Le Slow », « Y'a une fille qu'habite chez moi », « Monospace », « La Berceuse ».

« Ça Ne Sert A Rien Une Chanson », « Le Début De La Suite », « Les Mots D’Amour », « Paris By Night », « Les Epices Du Souk Du Caire », « Chevaliers Sans Armure », « Le Dîner », « Feu De Joie ».

Rappel : « Je Suis De Celles », « Majorette », « La P'tite Monnaie » 

(Organisation : UBU Production en accord avec Caramba Spectacles et Alias Production)

Le guitariste Nile Rodgers et le bassiste Bernard Edwards ont fondé Chic en 1976. Ce groupe de disco/funk yankee a rencontré un succès international fin des 70’s grâce à des titres comme « Le Freak » ou « Good Times ». La conjugaison des grattes des deux membres fondateurs a eu une influence majeure sur la musique de cette époque. Malheureusement, Edwards est décédé en 1996, laissant son binôme seul avec sa guitare rythmique. Souffrant d’un cancer diagnostiqué en 2010, Nile Rodgers a déclaré être guéri depuis 2013. Une épreuve qui a diamétralement changé sa philosophie de vie. Fin septembre, il a publié un nouvel album (NDR : au cours de sa carrière, il en a vendu plus de 300 000 à travers le monde !), un disque pour lequel il a reçu, notamment, le concours d’Anderson.Paak, Emeli Sandé, Lady Gaga, Craig David et Elton John.

Pour cette tournée, Nile a emmené ses fidèles musiciens, qui le suivent depuis 2013. En l’occurrence le batteur Ralph Rolle, le bassiste Jerry Barnes, le claviériste Richard Hilton, le saxophoniste Bill Holloman et le trompettiste Don Harris. Sans oublier les choristes Folami Thompson et Kimberly Davis.

Lorsqu’on débarque à FN, vers 19h00, 3 Dj’s (Star Bar dj's) sont affairés derrières leur table posée en avant-scène. Réunissant Wauter De Sadeleir, Pieter Struye et Koen Hulsmans, le trio jouit d’une solide réputation en Flandre. Ils bossent à l’ancienne et se servent de maxi vinyles et de cds en mixant le tout judicieusement. Pour leur programmation, ils puisent au sein des standards du funk et de la soul des années 70 à nos jours…

Si le concert est sold out, la salle a été adaptée en configuration club. Tant mieux, c’est sous cette forme que le son est le meilleur. Bref, il y a 2 500 personnes pour accueillir cette légende vivante du funk américain.

Un peu avant 21 heures, Nile Rodgers, casquette noire retournée vissée sur le crâne et vêtu d’une veste à paillettes de couleur gris alu, vient saluer son public. Un roadie vient lui apporter sa célèbre ‘Fender Iconic Hitmaker’ (NDR : elle est estimée à 4 500 € !) alors que ses musiciens s’installent, dont un claviériste supplémentaire. Pendant qu’ils accordent leurs instruments, Nile s’adresse à la foule : ‘Nous allons danser ce soir. Chaque soirée est magique. Vous êtes avec moi. Levez les mains’. Il se place ensuite dos au public –intergénérationnel, il faut le souligner– et face au drummer. Les deux choristes lèvent les bras, reculent, puis Nile vient se planter devant son micro et entame le premier morceau,  « Everybody Dance ». La machine à hits est déjà en route. Nile signale que les chansons choisies ce soir ne sont pas des reprises mais des morceaux qu’il a écrit ou produit pour différents artistes (NDR : il a composé, entre autres, pour David Bowie, Diana Ross, Madonna, Daft Punk, Sam Smith, Lady Gaga, Sheila, Sister Sledge, Diana Ross, Debbie Harry [Blondie], Grace Jones, INXS, Mick Jagger, Paul Simon, Al Jarreau, et la liste est loin d’être exhaustive...)

Au centre, le kit de batterie est impressionnant. Le clavier de Richard Hilton est rafraîchi par un énorme ventilateur. La section rythmique est particulièrement solide. Les compos libèrent un groove irrésistible. En retrait, sur leur estrade, les cuivres sont fusionnels. Barnes vient régulièrement affronter Nile, manche contre manche, et incite le public à applaudir. Les voix des deux choristes sont limpides, emphatiques et intarissables. Malgré ses 66 berges, l’artiste semble avoir retrouvé une nouvelle jeunesse.

Lors d’une petite pause, Nile parle longuement de sa collaboration avec Daft Punk et le succès de « Get Lucky » illumine Forest National, comme une voie lactée, et tout particulièrement quand Rodgers invite la foule à allumer ses téléphones portables. Dans la fosse, c’est un dancefloor permanent. De parfaits inconnus dansent ensemble et finissent par se lier d’amitié…

Le show s’achève par « Good Times, Rapper's Delight ». Une cinquantaine de personnes envahit le podium. Pas de panique, il s’agit de spectateurs qui ont opté pour le ‘Good Times package’. A 420 € la place, ce n’est pas donné ! Mais bon, c’est la rançon du marketing ! Une chose est sûre, pendant 120 minutes, Forest National s’est transformé en immense temple du funk.

Comme d’hab, il faudra presque mettre Nile dehors. La foule savoure son bonheur. Nile s’accroupit en bord d’estrade et serre les mains des premiers rangs, des gestes amicaux qui vont s’éterniser, démontrant l’affection qui le lie à ses aficionados.

Setlist : « Everybody Dance », « Dance Dance Dance », « I Want Your Love », « I’m Coming Out » (Diana Ross cover), « Upside Down » (Diana Ross cover), « He's The Greatest Dancer) » (Sister Sledge cover), « We Are Family » (Sister Sledge cover), « Like A Virgin » (Madonna cover), « Lost In Music » (Sister Sledge cover), « Notorious » (Duran Duran cover), « Thinking Of You » (Sister Sledge cover), « My Feet Keep Dancing », « Get Lucky » (Daft Punk cover), « Chic Cheer », « My Forbidden Lover », « Let's Dance » (David Bowie cover), « Le Freak », « Good Times, Rapper's Delight ».

(Organisation : Live Nation)

vendredi, 07 décembre 2018 16:46

Grandgeorge dans les petits papiers des fans…

L’univers de Benjamin GrandGeorge vogue entre Paris, Londres et Bruxelles, où il vit actuellement. Il reconnaît pour influences majeures Paul Simon, Jeff Buckley, Mozart, Sting et Richard Bona. Il aurait pu devenir trader à Londres. Il a choisi d'être chanteur. Une chose est sûre, vu les nombreux pays qu'il a visités, ce joyeux trentenaire est parvenu à conserver le meilleur, au fil des rencontres : un regard au Brésil, un rythme en Afrique ou une humeur en Asie ; soit autant de sources d'émotion et donc, d'inspiration. Il doute cependant de tout, sauf de son amour immodéré pour la musique. Et on le ressent particulièrement en ‘live’. Ce vendredi 7 décembre, il se produisait donc à La Madeleine de Bruxelles, date de la sortie de son second elpee, « Face to faith ». Compte-rendu.

Le supporting act est assuré par le duo Ebbène. Echappé des Tellers et de Paon, Ben Baillieux-Beynon s’est associé à Jérôme Magnée (Dan San, Gaëtan Streel, Yew) pour fonder ce duo qui a publié un premier Ep 4 titres, en octobre dernier. Un album est en préparation.

 Les deux compères grimpent sur l’estrade. Et déjà le charme opère auprès du public féminin. Ben se sert d’une gratte semi-acoustique, Jérôme cumule claviers, boîte à rythmes et guitare électrique. « Début De Soirée » ouvre le set. Chargée de spleen, la voix de Ben est douce, attachante et harmonieuse. Elle évoque parfois celle de Jean-Louis Aubert ou de Raphael. Elle s’épanche sur des textes poétiques, parfois empreints de désespoir. Jérôme piaffe déjà d’impatience, derrière ses claviers, sa 6 cordes en mains, alors que quelques sonorités électro émanent du MPD placé devant lui. Le tandem nous réserve deux nouveaux titres, « Vert » et le paisiblement atmosphérique, enrobé de chœurs, « Un » ; probablement des compos destinées au long playing. « Tout oublier » nous invite à se détacher des tracas de la vie quotidienne. Les cordes semi-acoustiques illuminent « Barcelone », un morceau imprimé sur un beat subrepticement électro, alors que la voix vaporeuse de Ben est bien soutenue par les  chœurs de Jérôme. Faut dire que c’est lorsqu’elles sont conjuguées que les harmonies vocales passent le mieux la rampe, un peu comme chez Dan San. Bien équilibré, le concert va cependant proposer autant de compositions empreintes de sérénité que nerveuses…

Setlist : « Début De Soirée », « Vert », « Un », « Tout Oublier », « Barcelone », « Ne Penser À Rien », « Tout Change », « Nuit Américaine ».

Particulièrement chaud, le public attend impatiemment la tête d’affiche. La responsable du fan club a distribué des papiers que les spectateurs sont invités à élever lors de la seconde partie du titre, « Sunny Anyway ». Le set s’ouvre sous un light show de couleur rouge. Aux drums, Sam Rafalowicz vient se placer à droite sur son estrade et le claviériste, Xavier Bouillon, à gauche. C’est toujours Nicolas Lherbette qui se charge de la basse. Stéfy Rika (NDR : elle a notamment prêté sa voix à Akro, Starflam, Axel Red, Selah Sue et Zap Mama) se plante derrière son micro, se retourne et applaudit. Benjamin GrandGeorge débarque enfin, sa gratte semi-acoustique à la main. Les applaudissements fusent. Le concert débute par « Fading Away ». Le refrain est déjà repris en chœur par l’auditoire. Trépidant, Benjamin semble heureux d’être là, ce soir. Avant d’attaquer ce fameux « Sunny Anyway », le premier single du long playing, censé emprunter une nouvelle direction musicale, il se désaltère, puis confesse modestement : ‘Ce second album n’était pas une mince affaire ; j’ai bien cru qu’on ne se retrouverait pas’. Il remercie le public pour sa présence. La voix de Stefy s’envole, bientôt rejointe par Benjamin, qui sans guitare, gigote de droite à gauche, et inversement. D’une durée de 6 minutes, cette version est pourtant plutôt paisible. Les fans soulèvent alors ces petits papiers. L’auditoire reprend le refrain. Emu, Ben lui manifeste sa reconnaissance. La guitare haute, l’oreille tendue vers celui-ci, il embraye par « Stay With Me », une chanson tendre mais complexe. Il doit d’ailleurs la reprendre à zéro et l’interprète d’une voix aiguë. Dominé par les claviers, « Losing You » est davantage électro et surtout dansant. La fosse se transforme d’ailleurs en dancefloor. Stéfy y apporte son grain de voix soul, alors que Benjamin s’applique sur les cordes de sa sèche. Avant d’aborder « Radical Bourgeois », plage d’ouverture du nouveau long playing. Benjamin signale que l’on doit rire, mais que cette chanson n’est pas marrante. Les voix sont parfaitement conjuguées. Au cours de ce titre électro/funk, il invite la foule à lever les bras et à jumper. On passe ensuite à « Dancing In The Morning », le premier bonus de l’album. Benjamin s’adresse à l’assemblée et demande si elle souhaite danser jusqu’aux petites heures, puis embraie par « Dancing in the morning », une compo qui nous entraîne à travers l’Afrique de L’Ouest, et plus exactement le Burkina Faso. Le light show est discret mais efficace. Tout au long de « Warmer » la voix du Grand Ben est vocodée. Pendant « Go For A Ride », Benjamin invite la foule à chanter avec lui. Il interprète seul et unplugged « Just In Time », un titre qu’il entame sous les applaudissements nourris de l’auditoire. Il n’en oublie pas pour autant « So Fine »… mais pas de trace de « How long » ; et c’est vraiment dommage. Opérant un dernier crochet par l’Afrique, « I’ll Be Trying (Comptez Sur Moi) » clôt le show.

On aura cependant encore droit à deux rappels ; et au cours du second, « Petit Dej » va nous plonger au cœur de la Nouvelle-Orléans.

GrandGeorge se produira le 14 mars 2019 au Reflektor de Liège et le lendemain à l’Eden de Charleroi.

Setlist : « Fading Away », « Sunny Anyway », « Stay With Me », « Losing You », « Radical Bourgeois », « Dancing In The Morning », « Warmer », « Go For A Ride », « Just In Time », « So Fine », « I’ll Be Trying (Compter Sur Moi) »

Rappel 1 : « Another Day In Heaven », « Easy Emotion »

Rappel 2 : « Petit Dej »

(Organisation : UBU Productions)

 

Marcus Miller feat. Selah Sue

Compositeur, producteur et multi-instrumentiste (NDR : à la basse, il est vraiment génial !), Marcus Miller possède un CV impressionnant. Et ses collaborations sont innombrables. Il a ainsi bossé en compagnie d’artistes aussi prestigieux que Miles Davis, Eric Clapton, Aretha Franklin, Carlos Santana, Frank Sinatra, Elton John ou encore Michael Jackson.  

Pionnier tout-terrain de la basse électrique, ce musicien précoce (NDR : il est né en 1959) a connu les grandes heures du r&b et du funk dans les années 60 et est devenu le spécialiste du jazz fusion. Actif sur le circuit jazz depuis 1983, il est parvenu à développer un style nouveau, dynamique et créatif. Miller propose sa propre vision de la musique noire actuelle, avec pour influences principales le hip-hop, le trap, le r&b et bien sûr le gospel et la soul qui l’ont toujours inspiré. Sans pour autant négliger la pop et la world.

Dans l’esprit de Kendrik Lamar, il aime organiser des réunions de famille en faisant appel à des musiciens, le tout dans un esprit très décontracté, très « Laid Back ». C’est d’ailleurs le titre de son dernier elpee. Il a ainsi réservé une place de choix à la voix puissante, profonde, sans compromis, farouche et troublante de la nouvelle diva soul, Selah Sue. Et ce soir, elle a été invitée en featuring.

Pas de supporting act. Le concert est sold out depuis belle lurette. Marcus va nous proposer de très larges extraits de ce dernier opus (NDR : les 21ème en tenant compte des ‘live’ et des ‘best of’).

Le public applaudit et scande le nom de Marcus Miller. Il débarque enfin, chapeau noir rivé sur le crâne, souriant et accompagné de ses quatre musiciens, en l’occurrence le batteur Alex Bailey, le trompettiste Russel Gunn, le claviériste Bett Williams et le saxophoniste Alex Han, dont le premier LP a été produit par Miller himself. Le décor est dépouillé : pas de light show envahissant ; une estrade est prévue à gauche, pour le claviériste, et une à droite, pour le drummer.

Il salue la salle en français et en anglais et signale qu’il va interpréter deux chansons de son nouvel opus, soit « Untamed » et « Sublimity ‘Bunny’s Dream’ ». Tout au long de « Untamed » (NDR : 6’ quand même !), il étale toute sa technique au ‘slap’ sur son manche. Les deux cuivres s’avancent et dispensent des sonorités en sourdine, la boîte à rythmes est judicieusement intégrée, alors que le maître s’autorise quelques impros. Marcus se sert de trois basses différentes, et lorsqu’il joue celle à cinq cordes, il est véritablement sublime. D’un signe de la tête, il dirige son backing group.

Toute de noir vêtue, le ventre bien rond (NDR : elle est enceinte de 6 mois !), Selah Sue débarque avant d’attaquer la cover de Doris Day, « Que Sera », une chanson chargée de spleen, mais dont le parfum très 50’s semble émaner de la Nouvelle Orléans… Sa voix est langoureuse, frémissante, savoureusement surannée. Un moment fort du concert. Elle la pose également sur un thème dédié à Aretha Franklin, « Natural Woman ». Et caresse délicatement son ventre. Pendant le « Don’t Explain » de Billie Holliday, Marcus entame un long solo improvisé. Les musicos affichent une belle complicité tout au long du « Pusher Man » de Curtis Mayfield.

Marcus troque sa basse contre une clarinette basse pour interpréter « How Great Thou Art », un morceau dédié à deux membres de sa famille, décédés lors de l’enregistrement de l’album, ainsi qu’à ses ancêtres esclaves.   

Pour clore le set, il nous réserve une version très cuivrée de « Tutu », un titre qu’il avait écrit pour Miles Davis. Le trompettiste tire ici son épingle du jeu, avant que le saxophoniste ne vienne le rejoindre. D’ailleurs lors du show, ces deux musiciens s’autorisent régulièrement des duels…

Le public en veut encore. Le band revient sur les planches pour accorder deux reprises. D’abord le « Ain’t No Sunshine » de Bill Withers. Telle un caméléon, Selah Sue s’adapte parfaitement à la nouvelle mouture. Puis une adaptation hypervitaminée et rafraîchissante du « Come Together » des Beatles.

Un concert de 105’ très pro et riche en émotions…

Setlist : « Untamed », « Sublimity », « Trip Trap », « W/Selah », « Que Sera » (Doris Day cover), « Don’t Explain » (Billie Holliday cover), « Pusher Man » (Curtis Mayfield cover), « Natural Woman » (Aretha Franklin cover), « How Great Thou Art », « Tutu » (Miles Davis cover).

Rappel : « Ain’t No Sunshine » (Bill Withers cover), « Come Together » (The Beatles cover).

(Organisation : Greenhouse Talent)

 

mercredi, 28 novembre 2018 11:12

Un peu trop sur rails…

Pas grand monde à l’arrivée de votre serviteur devant les grilles de Forest National. Même à l’ouverture des portes la foule ne s’y bouscule pas. Interpol s’y produit, pourtant, ce soir. Il est venu défendre son dernier elpee, « Marauder », paru en septembre dernier. Un bon cru ! Pourtant, il y a de quoi être inquiet de l’affluence. 2 500 personnes sont attendues, alors que la salle peut en accueillir plus de 7 000. Mais en pénétrant au sein de FN, on se rend compte que les lieux ont été aménagés en conséquence. Les balcons du haut sont condamnés par d’immenses tentures noires. La fosse a été réduite des deux tiers. Le podium s’avance profondément dans la fosse. Et les premiers gradins se remplissent correctement. Une formule ‘club’ qui va se révéler intéressante, favorisant la proximité entre la foule et les artistes ; et puis elle va procurer un son de bonne qualité. Ce qui est plutôt rare dans cette salle.

Le supporting act est assuré par Nilüfer Yanya. D’origine turque d'origine turque, irlandaise et bajan, cette Londonienne figure dans la liste finale du ‘BBC Sound’, en 2018. En outre, elle a été invitée par Courtney Barnett pour jouer dans le cadre du denier ‘Sonic City’. 

Sur les planches, elle est soutenue par la multi-instrumentiste Jazzi Bobbi et le claviériste/bassiste, Luke Bower. Blonde, Jazzi se réserve de superbes envolées jazzyfiantes au saxophone. Graveleux, soul groovy, le timbre de voix de Nilüfer est savoureux. Tour à tour, on pense à la regrettée Amy Winehouse, Sade voire Janelle Manaë. Evidemment, les racines moyen-orientales de Mrs Yany filtrent à travers sa musique. Et tout particulièrement sur la reprise du « Hey » des Pixies. Elle nous réserve, son nouveau single, le touchant « Heavyweight Champion of the Year », en primeur. Elle se produira dans le cadre de l’édition 2019 des Nuits Botanique, le 29 avril.  

Place ensuite à la tête d’affiche, Interpol. Du line up initial, il ne reste plus que Paul Banks (voix, guitare rythmique) et Daniel Kessler (guitare, chœurs). On pourrait presque ajouter Sam Fogarino (drums), présent depuis l’an 2000. Sur les planches, Ils sont soutenus par Brandon Curtis (claviers, chœurs) et Brad Truax (basse). A son actif, six opus studio. La set list va privilégier le dernier, « Marauder », ainsi que les deux premiers, 2002 : « Turn on the Bright Lights » et « Antics », le troisième, « One love too », ne livrant que deux titres.

Surmontés d’énormes spots, dix gigantesques tubes leds verticaux entourent les artistes. Trois boules à facettes sont disposées à des hauteurs différentes, et elles vont refléter les faisceaux lasers dans la fosse.  

« Pionneer To The Falls » ouvre le set. Les artistes sont bien alignés mais adoptent une posture plutôt statique. La voix de Banks –peu interactif, par ailleurs– et l’instrumentation respectent un parfait équilibre, reflétant une belle homogénéité au sein du groupe. Et si les claviers s’immiscent insidieusement dans l’ensemble, c’est quand même les percus, tribales et énergiques de Sam Fogarino, qui s’imposent tout au long de « C’Mere », et de briller par ses interventions de caisse claire sur « Stay In Touch ». De temps à autre, les spectres de Joy Division et des Chameleons se mettent à rôder, mais également ceux de Kraftwerk, à cause des sonorités électroniques, qu’on pourrait qualifier de métronomiques. Les titres se succèdent sans la moindre surprise. Section rythmique imparable, cordes de gratte incisives, voix bien timbrée, mais sans grande passion : c’est irréprochable, mais un peu trop sur rails. Y compris lors d’un rappel, réservant à l’auditoire, trois compos…

Setlist : « Pionneer To The Falls », « C’Mere », «  If You Really Love Nothing », « Public Pervert », « Roland », « Complications », « Say Hello To The Angels », « NYC », « The Rover », « Rest My Chemistry », « NYSMAW », « Stay In Touch », « All The Rage Back Home », « The New », « Flight of Fancy », « Slow Hands ».

Rappel : « Lights », « Evil », « Obstacle 1 »

(Organisation : Live Nation)

lundi, 26 novembre 2018 11:41

Prête pour les grandes scènes…

La tournée d’automne d’Angèle va pratiquement se dérouler à guichets fermés, à l’instar de ses deux concerts programmés à l’Ancienne Belgique. Si bien que de nouvelles dates ont été ajoutées pour 2019, dont le Palais 12, le 19 novembre, et le Lotto Arena, le 10 novembre.

De l’anglais au français, de la pop au r’n’b, Angèle est parvenue progressivement à imposer son style volontiers décalé. Y compris dans l’Hexagone, où elle va d’ailleurs se produire l’an prochain. Angèle n’est autre que la sœur de Romeo Elvis, la fille de Marka et de Laurence Bibot. Cependant, à 22 ans, elle n’a pas besoin de ce lien filial pour réussir et se forger un prénom. Elle s’en détache même. Joyeuse, joueuse, désinvolte (un peu), la Bruxelloise prend par exemple de haut la « Loi De Murphy » une chanson co-écrite avec Veence Hanao et Matthew Irons, qui a atteint plus de seize millions de vues sur la toile. Et ses deux singles suivants, « Je Veux Tes Yeux », puis « La Thune », marchent allègrement sur les traces du premier tube. Musicalement, elle tire aussi bien parti de la pop, de l’électro que du hip hop, parfois du jazz, une forme d’éclectisme dont s’inspirent de nombreux artistes contemporains.   

Salomé Dos Santos assure le supporting act. Alias Blu Samu, cette compositrice-interprète belgo-portugaise est originaire d’Anvers, mais relève de la scène hip-hop bruxelloise. Elle vit auprès de ses potes du 77 et se produit à travers le pays, en compagnie de Zwangere Guy. Mais depuis la sortie de son Ep « Blue », en 2015, elle a séduit de nouveaux adeptes grâce à son mélange intuitif de hip-hop et de soul. Tout de go, elle annonce qu’elle doit mettre le feu ; et flanquée d’une djette, elle va entretenir une belle ambiance dans la fosse. Elle prépare l’enregistrement d’un premier elpee…

Deux estrades sont disposées sur le podium. Celle de gauche est destinée au drummer, et de droite au préposé aux synthétiseurs et machines. Plus de bassiste. Un synthé de couleur rouge sur roulettes est réservé à Angèle (NDR : ce qui lui permettra de le déplacer sur les planches). Alors que le light show inonde la scène, les musicos débarquent. On devine également la présence de deux yeux projetés sur une toile de fond. On entend la voix samplée d’Angèle. Le regard est maintenant bien visible, alors que l’artiste déboule, armée d’une immense mitraillette en plastique de teinte bleue. Elle dépose le jouet sur l’estrade. Elle est vêtue d’un pantalon rouge, un pull en treillis militaire et est coiffée d’un béret. L’auditoire lui réserve de longs applaudissements.

Le set s’ouvre par « La Thune ». Elle bondit d’avant en arrière, sur un rythme de reggae, tout en invitant la fosse à jumper. Ses deux musicos assurent les chœurs. Tout en chantant, elle tâte du MPD, placé à sa droite et salue le public. Elle vient se planter derrière son clavier et attaque l’engagé « Balance Ton Quoi » Le public s’emballe. Elle calme le jeu et signale que c’est elle qui chante. Elle ajoute qu’une petite chatte doit traverser l’œil et si elle va trop vite, elle risque de se casser la figure. La Bruxelloise reprend tout à zéro et lorsque le public est en effervescence, elle exécute quelques pas de danse, alors que le jeu de lumières nous en met plein la vue. Lors du plus paisible « Les Matins », elle se sert de son fameux clavier rouge sur roulettes. La foule reprend en chœur le refrain de « Jalousie », un autre titre au cours duquel le light show est à nouveau éblouissant.      

Angèle est modeste, humble, à taille humaine. Elle a la tête bien sur les épaules, mais c’est indéniable, sur les planches, c’est une fille sensible qui vit ses chansons et son écriture. Tout au long de « T’es Beau », la cover de Pauline Croze, les premiers rangs lèvent les bras et les balancent de droite à gauche, alors que smartphones illuminent la salle. « La Loi de Murphy » déclenche un fol enthousiasme dans la fosse ; un morceau au cours duquel l’interactivité entre Angèle et le public est à son comble. Il connaît parfaitement le refrain et le reprend en chœur. En se produisant dans la capitale de l’Europe, elle ne pouvait négliger « Bruxelles ». Et puis, c’est chez elle. Enfin, pour clore le spectacle en beauté, son frangin, Romeo Elvis, la rejoint pour interpréter « Tout Oublier ».  

Mais Angèle va nous accorder un rappel de trois chansons. Elle revient donc sur le podium, après avoir enfilé un froc scintillant. Au cours de « Ta Reine », elle remercie son public, ses musicos, son manager et sa famille. Et après « Flou », elle conclut ce concert par l’inévitable « Je Veux Tes yeux »…

Manifestement, le nouveau show d’Angèle a été imaginé pour les grandes scènes. En outre, ce soir, elle a conquis un public intergénérationnel…

Setlist : « La Thune », « Balance Ton Quoi », « Les matins », « Victime Des réseaux », « Jalousie », « T’es Beau » (Pauline Croze cover), « La Loi de Murphy », « Bruxelles » (Dick Annegarn Cover), « Nombreux », « Flemme », « Tout Oublier » avec Roméo Elvis.

Rappel : « Ta reine », « Flou », « Je veux tes Yeux ».

(Organisation : Live Nation)

 

 

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