• 45 ter : Un trio de Princes !
    45 ter : Un trio de Princes ! Etre authentique. L’obsession classique de tout rappeur qui se respecte. Mais l’authenticité, ce n’est pas forcément un CV de criminel…

Mots-clés

Suivez-nous !

Facebook   Instagram   Youtube   Myspace

Newsletter

Restez informé en vous inscrivant à notre newsletter !
Please wait

Nos partenaires

Didier Deroissart

Didier Deroissart

samedi, 27 octobre 2018 17:09

Femi n’a toujours pas viré sa Kuti…

C’est le dernier jour du festival. L’afrobeat (NDR : cocktail explosif de jazz, de funk et de musique africaine traditionnelle) a toujours reçu une place de choix au Festival des Libertés. Et c’est à nouveau le cas pour cette édition. Femi Kuti est devenu le porte-parole contemporain de ce style musical. Il est d’ailleurs aussi engagé que son père, Fela, dont il a repris le flambeau. A travers sa musique, il dénonce les injustices, la tyrannie et les oppressions des pouvoirs politiques sur les peuples. Tout comme son paternel, il critique virulemment la corruption et de l'incompétence de l'ancien régime militaire nigérian. Son combat, il le mène pour davantage de justice et de liberté. Et il n’est pas prêt à virer sa cuti. C’est la deuxième fois qu’il se produit dans le cadre de cette manifestation. Au sein d’un Théâtre National comble.

Sur scène, Femi Kuti est soutenu par The Positive Force, un baking group réunissant un guitariste, un bassiste, un drummer (perché sur une estrade), un percussionniste, un préposé aux synthés et quatre cuivres, dont deux saxophonistes (baryton et alto), un trompettiste (à coulisses) et un joueur de bugle. Soit 9 musicos habillés de costumes traditionnels nigérians de couleur jaune chamarrés de formes géométriques symboliques et de pantalons en toile de teinte bleue. Sans oublier les trois choristes/danseuses en petites tenues ethniques (jupettes, bustiers et rubans sur les jambes de couleur rouge et jaune, maquillage tribal). Femi Kuti a enfilé un deux pièces africain de teinte noire, tapissé de signes indigènes de couleur blanche, sur la face de sa chemise. Il va se consacrer au sax et aux synthés, suivant les morceaux. Bref, ils sont treize sur les planches.  

De grande taille, Femi n’est ni un chanteur extraordinaire (NDR : sa voix passe quand même bien la rampe, quand elle devient autoritaire) ni un saxophoniste génial (NDR : ce qui ne va pas l’empêcher d’accorder un solo de plus de 10’ sur son instrument). Mais c’est un fameux showman et un chef d’orchestre hors pair, qui sautille ou gesticule continuellement, la plupart du temps, dos au public. Il demande de lever les bras, de danser, de jumper et de reprendre des couplets de manière incantatoire. Cependant, pour mettre l’ambiance, il peut également compter sur sa section de cuivres. Ainsi que les choristes/danseuses qui, frénétiquement et sensuellement, remuent le popotin.

Pendant une bonne demi-heure, il va revisiter ses classiques, et notamment, le titre maître de l’album « Africa For Africa », une compo qui monte progressivement en intensité, mais également  le puissant « Politics Na Big Business », une piste qui figure sur l’elpee « No Place For My Dream ». Avant de passer aux titres du dernier opus, « One People One World », son dernier LP, paru en février dernier, dont les versions sont davantage développées que sur disque.  

A l’instar de Youssou N'Dour ce leader de revue (NDR : à l’américaine ou à l’africaine, selon) nous a réservé un spectacle plus grand que nature… un peu dans l’esprit de feu James Brown. La grande salle du Théâtre National s’est ainsi transformée en ‘Shrine’ (NDR : une boîte mythique ouverte par son père, mais qu’il a relancée à l’aide de sa sœur), le temps d’une soirée…

Au Nigeria, on se bat pour la justice et la liberté une guitare à la main (un saxo dans le cas de Femi) et on fait de la musique, comme on fait la révolution…

Femi Kuti and The Positive Force

(Organisation : Festival Des Libertés)

Originaire d’Atlanta, Nashville Pussy a été fondé par Blaine Cartwright et son épouse Ruyter Suys, au cours des nineties, un quatuor déjanté qui a toujours aimé jouer sur l’image provocatrice, à la limite de la pornographie. Au sein du line up, plusieurs drummers masculins et bassistes féminines ont déjà défilé. Le groupe a publié son nouvel elpee, « Pleased to eat you », en septembre dernier. Il s’agit de son septième ! 

Le supporting act est assuré par Scramjet, un combo issu de l’Est de la France, mais établi en Belgique depuis deux ans. Formé en 2009, ce power trio réunit Piero Mondeira (chant/guitare), Sturgis Rushmore (batterie) et Savatore Canicatti (basse) et reconnaît pour influences majeures Black Sabbath, Queens Of The Stone Age et MC5. Un album à son actif et un second en préparation.

Dès le début du set on a l’impression de replonger au cœur des seventies. L’énergie est omniprésente. Les traces de blues malsain et de stoner graisseux sont bien perceptibles. Explosive, puissante mais mélodieuse, la voix s’autorise de belles envolées. Les morceaux libèrent, en outre, un excellent groove. Piero ne tient pas en place et est parfaitement épaulé par une solide section rythmique. Plus paisible, « Final Fight » nous réserve une jolie envolée aux cordes. Le spectre du Led Zeppelin plane tout au long de « Hangin’ On The Phone ». Pas étonnant que le band attaque une cover de « Kashmir ». Et elle est excellente. « Queen Of The Night » se caractérise par un changement radical de rythme en milieu de parcours. Et le set de s’achever par une autre reprise, mais de Jimi Hendrix, « Electric Ladyland »…

Setlist : « Intro », « Hangin’ On The Phone », « What I Saw », « Final Fight », « The Visionary », « Excuse Me », « Kashmir », « Queen Of The Night », « Electric Ladyland ».

C’est la reprise du « Kicked In The Teeth » d’AC/DC qui ouvre le set. Première constatation, le volume sonore a augmenté de quelques (?!?!?) décibels. Ruyter Suys, la guitariste, a enfilé un tee-shirt particulièrement échancré et un short en jeans au dessus de bas résilles. Blaine Cartwright, le chanteur/guitariste a toujours ce look de bouseux ventripotent. Coiffé d’un stetson de couleur noire, il ressemble de plus en plus à feu Lemmy Kilmister (Motörhead). A la basse, Bonnie Buitrago, est intenable. Mais pas autant que Ruyter Suys, hyperactive du début à la fin du show et dont la crinière blonde est constamment en mouvement. Elle s’agenouille régulièrement pour balancer ses solos ou aguiche les premiers rangs en affichant ses généreux attributs. Assoiffé, Blaine Cartwright vient régulièrement se désaltérer en lampant une bouteille de Jack Daniels, qu’il va vider en compagnie des deux gonzesses qui assurent le show. Le couple a beau friser la cinquantaine, il est toujours aussi déchaîné sur les planches. Enfin, le drummer va se révéler, à travers ses interventions imparables, mécaniques, sauvages voire tribales, un musicien techniquement balèze… 

La musique de Nashville Pussy se nourrit de racines sudistes, empruntées tour à tour à Lynyrd Skynyrd ou à ZZ Top, même si les riffs de gratte sont aussi meurtriers que ceux dispensés par Angus Young mais avec la fougue semblable à celle affichée par Airbourne…

Sex, fun and rock'n'roll est la devise du groupe. Mais un r’n’r graisseux, décomplexé et redoutable. Le tout sur fond de drapeau sudiste.

Pas de temps mort entre les titres. Les hymne primaires, grrovy, défilent ou déferlent, selon…

La voix de Blaine évoque pourtant aujourd’hui davantage Alice Cooper. Et c’est particulièrement flagrant tout au long du sémillant « Go Home And Die », une compo dont les lyrics auraient pu être signés par Vincent Funier, en personne.

Infernal, le concert s’achève par l’inévitable « Go Motherfucker Go ». Ce soir, face à un auditoire comble (250 personnes), Nashville Pussy a dispensé une véritable leçon de rock’n’roll…

Setlist : « Kicked In The Teeth » (AC DC cover), « Piece Of Ass », « Wrong Side Of A Gun », « PillBilly Blues », « We Want a War », « Rub It To Death », « Go Home And Die », « She Keeps Me Coming And I Keep Going Back », « CCKMP » (Steve Earle cover), « 5 Minutes To Live », « Low Down Dirty Pig », « First I Look At The Purse » (The Contours cover), « Go To Hell », « I'm So High », « I’M The Man », « Why Why Why ».

Rappel : « Struttin' Cock », « Till The Meat Falls Off The Bone », « Go Motherfucker Go ».

(Organisation : Zik Zak + Rock Nation)

Après la projection d’un film d’une dizaine de minutes consacré aux différents artistes qui se produisent dans le cadre du Festival Des Libertés, une présentatrice vient présenter Fakear. Elle déclare notamment que Fakear mérite sa place lors de cette manifestation, comme d’autres courants musicaux. Le concert est soldout depuis quelques semaines.

Originaire de Cannes, Fakear, aka Théo Le Vigoureux, a provoqué un engouement musical qui résonne bien au-delà de la sphère électro. Puisant son inspiration dans la world, le trip-hop et la deep house, il propose une expression sonore limpide, puissante et personnelle. Dès le départ, son succès a été foudroyant, son style passionnant les amateurs de musiques électroniques. Sa générosité et son univers à la fois onirique et mystique ont fait de lui un véritable phénomène dont les concerts reflètent parfaitement la magie. Grâce à son goût prononcé pour la mélodie et une nouvelle manière d'aborder la musique électronique, le jeune producteur est parvenu à imposer sa griffe prometteuse. Après avoir pris d'assaut la scène électro, rempli un Olympia, tourné en Amérique, Australie et dans toute l’Europe, sa musique solaire va irradier le Festival des Libertés.

« All glows », son dernier opus, est paru en avril dernier. Un disque pour lequel il a reçu le concours de quelques collaborateurs huppés, dont le trompettiste Ibrahim Maalouf, le rappeur Ebenezer, Polo & Pan, Clément Bazin, Noraa et Ana Zimmer.

Le bassiste et le claviériste sont installés sur une petite estrade. Le drummer sur la sienne. Casquette retournée vissée sur le crâne, Fakear, sur une troisième, centrale, mais en arrière-plan, sur laquelle ont été posés deux contrôleurs Midi MPD, un synthétiseur et un Mac sur une table basse. Devant le batteur, se plante la harpiste. Trois écrans (NDR : un grand et deux petits) ont été placés en fond de scène, des écrans sur lesquels vont défiler des images mêlées à des effets lumineux. Puissants, les projecteurs leds plongent la scène dans le bleu, avant que les musicos ne grimpent sur les planches.

Si la musique est exclusivement instrumentale, les voix émanant uniquement des deux contrôleurs MPD, le set proposé ce soir implique de véritables musiciens, et pas seulement des machines, une formule destinée à la rendre le plus ‘live’ possible. D’ailleurs Theo va également jouer de la guitare. Plutôt timide, il cause peu, mais annonce quand même qu’il s’agit de la dernière date en compagnie du line up actuel. Dans une gestuelle frénétique –tressautement sur les touches, poignets souples et virevoltants, main qui se lève et vrille avant de se poser à nouveaux sur les pads– il transforme son electronica imprégnée de world music en danse hallucinée. D’ailleurs, rapidement, la fosse se métamorphose en dancefloor. « Lost In Time » est assurément le hit qui a fait danser le monde entier. Et ce titre ne déroge pas à la règle, ce soir. Le public se laisse transporter, au gré des sons oniriques, enfantins et des nappes vaporeuses (« Lou », « Animal »).

Cette musique est également très susceptible de nous transporter dans le temps ou sur les autres continents, plus particulièrement l’Asie du Sud (NDR : celui qu’on appelle le sous-continent indien), à travers « Chakra » et « Karmaprana ». La setlist alterne nouveaux morceaux et ancien répertoire, à l’instar de « Darjeeling ». C’est en solo, en se servant de ses seuls pads que Theo enchaîne « Something Wonderful », « Silver » et « Training Lesson ». Trépidante et souriante, la harpiste vient aider Fakear à frapper énergiquement les tom bass, tout au long d’« Ankara ». Les portables illuminent la fosse pendant « La Lune Rousse ». Lorsque les beats electro s’emballent, les infrabasses suivent ; mais pas de panique, le tout est réglé correctement, sans risque de distorsion de son. Dommage que les voix féminines aient été exclusivement dispensées par des machines. Deux chanteuses physiquement présentes auraient permis d’apporter une dimension plus vivante au show. Car malgré un line up en chair et en os, ce sont les machines qui ont volé la vedette à l’humain, lors de ce spectacle…

Setlist : « Lou », « Karmaprana », « My Own Sun », « Song For Jo », « Out Of Reach », « Lost Colours », « Something Wonderful » (solo), « Silver » (solo), « Training Lesson » (solo), « Lost In Time », « Sacred Féminine », « Animal », «  La Lune Rousse », « Consciousness », « Damas », « Darjeeling », « Tigers », « Ankara ».

Rappel : « Neptune », « Chakra ».

 

(Organisation : Festival Des Libertés)

Le parcours de Jorja Smith a été fulgurant. Il y a environ trois ans, elle était encore pratiquement inconnue. Après avoir publié de nombreux singles autoproduits et un Ep intitulé « Project 11 », en 2016, elle a sorti son premier elpee, « Lost and found, en juin dernier. Drake et Elton John en sont de fervents admirateurs. Née en 1997, à Walsall en Angleterre, elle est d’origine jamaïcaine.

Le supporting act est assuré par Maverick Sabre. C’est un Londonien, mais aux racines irlandaises. Le style de ce chanteur s’inscrit dans la droite lignée de la nouvelle génération de chanteurs incarnée par Isaac Gracie, Daniel Docherty et Soham De. A son actif, deux long playings, « Lonely Are The Brave » (2012) et « Innerstanding » (2018). Et son dernier single, « Drifting », qui vient juste de paraître, est excellent…

Sur les planches, ce soir, Maverick est soutenu par son pote, Charlie, à la gratte. Sabre est avant tout chanteur, mais il se sert également d’une loop machine et circonstanciellement d’une gratte semi-acoustique. Notamment sur le titre d’entrée, dont il pince les cordes délicatement. Son débit de paroles est constant. Sa voix de crooner est puissante. Proche de celle de Colin Blunstone (NDR : le chanteur des Zombies), elle est capable de monter dans les aigus, sans difficulté, comme Jonathan Jérémiah. Charlie récupère la guitare et Maverick en profite pour arpenter le podium de gauche à droite, et inversement, en incitant la foule à reprendre le refrain. Il lui demande régulièrement si elle est en forme. Qui lui répond en applaudissant. Tout au long du single, « Drifting », les cordes finissent par littéralement vous envoûter. Lorsque Macrick rencontre un problème avec ses pédales, il en profite pour chanter tout en plaisantant. Manifestement, cet artiste a un fameux charisme…

La salle est comble. Trois estrades sont réparties sur la scène. Une est destinée au claviériste, la deuxième au guitariste ainsi qu’au bassiste et la dernière au drummer. Jorja a revêtu une longue robe blanche qui brille de ses milles étoiles sous le light show. Elle entame son set par le titre éponyme de son premier LP. Puis embraie par « Teenage Fantasy », une chanson qui décrit les amourettes adolescentes et qu’elle interprète sur un ton langoureux. Plus sombres, « The One » et « Wandering Romance » permettent à Jorja Smith d’ouvrir réellement son cœur sur un lit d’instrumentation particulièrement riche. D’ailleurs, elle n’hésite pas à étaler ses états d’âme lors des morceaux les plus intimistes... voire personnels. Ballade acoustique, « Goodbyes » scelle un véritable moment de communion entre les artistes et la fosse. Mrs Smith étale toute la puissance de sa voix, tout au long de « Tomorrow ». On pense tour à tour à Sade, Beyoncé, Rihanna, mais surtout Amy Winehouse, mais sans les dérives nées de la consommation excessive d’alcool ou de substances illicites. La surprise va survenir lors du freestyle « Lifeboats ». Tapissée par une instrumentation aux sonorités hip-hop sur fond de pluie, elle se lance dans le rap. Pari réussi !  

Avant d’attaquer « Carry Me Home », Maverick est invité à la rejoindre pour y prêter sa voix de crooner. Certaines compos de Jorja Smith pourraient facilement devenir des classiques. Et notamment le hit « Blue Lights », dont la version ‘live’ est absolument somptueuse, une compo qui clôt une prestation d’une durée de 75’, rappel compris. A l’issue du show, on a la conviction que Jorja possède toutes les aptitudes pour succéder à feu Amy Winehouse… 

Setlist : « Lost & Found », « Teenage Fantasy », « Something In The Way », « February 3rd », « The One », « Goodbyes », « Tomorrow, You Got Me » (The Roots cover), «Wandering Romance », «Carry Me Home », « On Your Own », « Lifeboats », « Where Did I Go? », « I Am », « Blue Lights ».

Rappel : « Don't Watch Me Cry », « Let Me Down », « In My Mind ».

(Organisation : Live Nation)

jeudi, 18 octobre 2018 16:47

Une danse des sentiments…

Le Festival Des Libertés s’ouvre par le concert de Brigitte, au Théâtre National. Cet événement constitue le rendez-vous automnal des défenseurs des droits humains, des agitatrices de réflexion, des amateurs de subversion, des brasseuses de diversité et des inventeurs de possible. S’y déroulent une multitude de documentaires, de débats, de spectacles, d’expositions et, bien sûr, de concerts. Toutes les formes d’expression se concentrent sur leur époque, engagées dans une démarche critique, inspirées par la promotion d’un monde plus juste et mélangées dans une ambiance conviviale et festive qui fait aussi sa renommée. 

Le concert est soldout. Le duo Brigitte réunit Aurélie Saada et Sylvie Hoarau. Elles viennent de fêter les dix ans de scène du duo, en publiant un troisième elpee baptisé « Nues », un disque qui leur colle parfaitement à la peau (?!?!?). Une décennie que cette paire glamour et langoureuse apporte un vent de fraîcheur à la chanson française.

Réalisatrice, Aurélie Saada est la plus sexy. Elle nous parle avec humour et passion de ses deux filles, Shalom et Scarlett, de leur père, de son paternel, de ses déboires ou passages à vide au cours desquels elles le soutenaient. Elle porte des bagues à chaque doigt comme dans « Le tourbillon de la vie », une chanson que Jeanne Moreau interprétait pour le film « Jules et Jim », en 1962. Plus réservée, Sylvie Hoarau est chaussée de lunettes rondes qui lui confèrent un air intello, mais pas coincé. Sur les planches, ce sont de véritables show girls.

Le podium est recouvert d’une cinquantaine de serpents factices qui portent en bouche une lampe. Six colonnes en tout ! Sans oublier les grappes de raisins, les serpentins et les colliers de fleurs. Et au milieu du jeu de quilles, en hauteur, trône une tête de taureau bien illuminée. Probablement celle qui représente Apis, le symbole de la force physique, de la fertilité et de la puissance sexuelle… Le décor est planté.

Les nanas sont soutenues par quatre musicos ; en l’occurrence un guitariste, un bassiste, un drummer et une claviériste. Elles apparaissent dans des longues robes blanches, dignes de celles de mariées, des toilettes signées Alexis Mabille, leur couturier fétiche. Des accords de gratte semi-acoustiques et d’ivoires ouvrent délicatement « Palladium » (NDR : très fréquentée au cours des sixties et des seventies par, notamment, Salvador Dali et les Beatles, le Bus Palladium est une boîte parisienne branchée ; Téléphone y a même enregistré son premier 45trs en ‘live’). Comme deux sirènes, elles ondulent déjà langoureusement le corps. Les textes sont explicites : ‘On boira du rock'n'roll, sur des vieux hits a la gomme’. Le set nous entraîne dans une forme de danse des sentiments, valsant au gré des chansons de « Nues », un album dont le message féministe s’inspire tour à tour de Lilith, Marie Leveau, Zelda Fitzgerald ou encore Frida Kahlo, à travers des histoires de femmes, de sœurs, de filles, de mères, d’amantes et d’amies. Certaines d’entre elles s’extirpent des clichés en misant sur la sincérité. Ainsi « Zelda » nous entraîne dans le Paris des années folles. Le recours au piano y est plus fréquent, et le sémillant « La Baby Doll De Mon Amour », un morceau electro/funky/disco en est une belle illustration. Caractérisé par ses rythmes endiablés, « Hier Encore » s’enfonce dans la culture malienne. Nos deux dames entonnent un vibrant « Ma benz » a cappella. A vous flanquer des frissons partout !  

La seconde partie va se révéler davantage intimiste et acoustique. Alors que les filles ont pris place sur un banc, les musicos sont tous en ligne à l’avant du podium, pour attaquer « Cœur de chewing-gum », le drummer s’asseyant sur un cajon face à des percus africaines. Et enthousiaste, la foule reprend le refrain en chœur. Le gratteur a opté pour la pedal steel alors que Sylvie est armée de sa Gibson de couleur brune pour « Insomniaque », une compo qui baigne au sein d’un climat western. Aurélie dédie « Mon Intime Etranger » à son père, une chanson vraiment bouleversante : ‘Il paraît qu'on reproduit les schémas. Ma mère est psychanalyste, ça ne m'a pas empêché de reproduire les schémas, hein maman?’’. Puis, un sanglot dans la voix, elle précise : ‘Cette chanson est pour le père de mes filles’. Après le dansant « Paris », « La Morsure » nous emmène en Afrique du Nord et plus exactement en Tunisie, là d’où est originaire Aurélie Saada. Le morceau évoque une femme blessée qui essaye d’aimer et de se laisser aimer. Evoquant la difficulté de quitter un homme qui la détruit, « Sauvez Ma Peau » rend hommage à Michel Berger, France Gall et surtout Véronique Sanson. Un bel hommage à ces icônes de la chanson française. Et après les inévitables « A Bouche Que Tu Veux » et « Oh La La », le concert s’achève par un « Battez Vous » démentiel. Les artistes saluent le public et sont longuement applaudis.

Deux morceaux seront accordés lors du rappel. Tout d’abord « La Vengeance d’Une Louve », moment propice aux déhanchements sensuels. Dos à dos, elles se trémoussent indolemment et menacent : ‘Touche pas à mon homme, sinon je te mange tout cru’. On suppose que le message est passé. Elles en profitent encore pour prendre un dernier bain de foule, alors que la foule est invitée à s’asseoir, pendant le morceau final, « La goutte de Sel De Tes Larmes », une compo qui fait fondre les cœurs, comme neige au soleil. Et c’est en triomphe que Brigitte quitte les planches…

Setlist : « Palladium », « La Baby Doll De Mon Idole », « Tomboy Manque », « Plurielle », « Suzanne », «  Zelda », « Hier Encore », « Ma Benz », « Cœur de Chewing Gum », « English Song », « Insomniaque », « Monsieur je t’Aime », « Mon Intime Etranger », « Carnivore », «  La Morsure », « Paris », « Sauvez Ma Peau », « J’Sais Pas », « A Bouche Que Tu Veux », « Oh La La », « Battez Vous ».

Rappel : « La Vengeance d’Une Louve », « La goutte de Sel De Tes Larmes ».

(Organisation : Festival Des Libertés et Bruxelles Laïque)

vendredi, 19 octobre 2018 15:33

The Legacy Of Atlantis

Fondé en 2012, Imperial Age est particulièrement apprécié par les musiciens de Therion. Pas étonnant que le groupe suédois les ait invités à assurer le supporting act de sa tournée. Et puis qu’il ait reçu le concours de la moitié de ses membres. En outre, la formation russe a également bénéficié de la collaboration du chœur de chambre du Conservatoire de Moscou ainsi que de Sergei Lazar (Arkona) à la mise en forme. Vu le contexte susvisé, vous vous doutez bien qu’Immperial Age pratique du metal symphonique.

En 2016, son Ep « Warrior Race », avait recueilli des critiques favorables sur la scène internationale, un disque qui faisait suite à « Turn The Sun Off! », paru en 2012. « Atlantis » constitue donc son second elpee. « Atlantis » désigne, dans la mythologie grecque, les filles du Titan Atlas. C'est aussi le nom choisi par Platon pour évoquer le continent disparu…

Théâtral et mélancolique, « The Awakening » véhicule des accents slaves. Un morceau d’entrée de plus de 14 minutes caractérisé par des chœurs riches et puissants. Une puissance qu’on retrouve sur « The Legacy Of Atlantis » et « Domini Canes ». Plus paisibles, « The Monastery » et « Life Eternal » se distinguent par leurs chœurs grégoriens, un peu dans l’esprit de Muse, Epica ou Dream Theater…

Des chœurs qu’on retrouve encore sur l’emphatique « Love eternal », une plage qui aurait pu naître de la rencontre entre les Chœurs de l’Armée Rouge et un orchestre symphonique, mais sous un angle métallique…

L’intensité monte en puissance tout au long de l’impérial, « Islands In Time »…

L’opus s’achève par un « And I Shall Find My Home » démoniaque et dévastateur.

 

vendredi, 19 octobre 2018 15:27

Constellation Of The Black Light

Ce band finlandais réunit Tuomas Saukkonen (guitare, chant), Mika Lammassaari (guitare solo), Joonas Kauppinen (drums) et Lauri Silvonen (basse, chœurs). « Constellation of the Black Light » constitue son quatrième opus. Il succède à « Tyhjyys », paru en 2017. Son style ? Le death métal mélodique.

Découpé en 7 pistes, cet opus s’inspire de la beauté et la froideur du pays natal des membres du groupe. Tuomas signale que la détermination et la persévérance ont été nécessaire pour graver cet LP, et qu’il a fallu franchir certains obstacles afin d’y parvenir. Le quatuor est cependant fier du résultat.

D’une durée de 10’, « Everlasting Fall » s’ouvre par des sonorités de cordes semi-acoustiques, au sein d’un climat paisible. Le ressac arrive peu à peu et le death metal revient au galop. Les percussions explosent et le chant hurlé de Tuomas nous prend à la gorge. Et pour « Breakwater » (voir vidéo ici), ce sont des notes d’ivoires qui amorcent discrètement la piste. Un riff de gratte suscite l’inquiétude avant que les cordes ne se fracassent sur la digue au cœur de laquelle le chant guttural finit par trouver l’ouverture.

« Forge With Fire » se répand comme une coulée continue…

Particulièrement mélodieux, « Defender » est hanté par le démon des ténèbres…

« Warfare » prône un black métal originel, torturé et sauvage.

Caractérisé par ses riffs ronflants, « Valkyrie » est d’une efficacité militaire, un morceau sur lequel vient se poser quelques accords de piano. Dynamisée par une batterie dévastatrice, la ligne rythmique sert de tremplin à des envolées de 6 cordes acrobatiques.

Wolfheart se produira en concert au Biebop de Vosselaar le 18/11/2018

 

lundi, 08 octobre 2018 16:48

Un Cœur de Pirate si fragile…

Le parcours de Béatrice Martin, aka Cœur de Pirate, a démarré il y a dix ans ; une décennie au cours de laquelle est a vendu quelques millions d'albums, décroché plusieurs prix et accordé de nombreux concerts au sein de 10 pays, en salle ou lors de festivals, dont ceux de LaSemo et des Francos, au cours de cet été. Elle se produisait donc ce mercredi 10 octobre à l’AB. La salle n’est pas comble ; d’ailleurs le second balcon a été fermé. Elle vient de publier, en juin dernier, son septième opus, « En cas de tempête, ce jardin sera fermé », un disque qui fait suite à un long passage à vide et dont les plages reflètent cet état d’âme, évoquant les relations amoureuses toxiques qu’elle a vécues en compagnie de ses ex-partenaires. Rappelez-vous, la Québécoise avait même envisagé d’arrêter sa carrière…

Gaël Faure assure le supporting act. Un Ardéchois (NDR : il est issu de Valence) qui après avoir participé à 4 saisons de la Nouvelle Star, a publié trois elpees, « Jardins En Ville » (2008), « De Silences En Bascules » (2014) et enfin « Regain » (2018), dont il va nous proposer, ce soir, plusieurs extraits, un disque mis en forme par Renaud Letang (Feist et Gonzales) et pour lequel Pierre et Charles Souchon, alias Ours, ont coécrit plusieurs chansons.

Il grimpe sur le podium seul. Barbu, il est armé d’une gratte électrique. Il déclare être presque chez lui en Belgique car il y a vécu 3 ans. Il soulève sa jambe droite en signalant qu’il assure la première partie de Béatrice. Un petit grain de folie qui me rappelle, quelque part, Julien Doré. Il entame son récital par « La Saison » avant d’embrayer par « Only Wolfes », dans la langue de Shakespeare, un morceau qui prend aux tripes. Sa voix semble camper un hybride entre un Polnareff jeune et Calogero. « Siffler » nous raconte avec humour, l’histoire d’un gars qui en a marre de son boulot et souhaite tout recommencer à zéro. Une chanson qui traduit le mal-être de la quarantaine. Surtout ne pas siffler, sinon l’artiste se déconcentre. Gaël confesse vouer une grande admiration à l’écologiste Pierre Rahbi qui a fondé le mouvement « Colibri » ; et à travers cette chanson, Gaël témoigne son engagement écologique en communiquant aux générations futures, ce que l’homme a foutu en l’air. Il faut donc sauver la planète. On sent d’ailleurs qu’il est proche de sa terre. Natale, mais pas seulement. « Traverser l’hiver » clôt un set de bonne facture…

Setlist : « La Saison », « Quelques Choses Sur La Lune », « Only Wolves », « Siffler », « Colibri », « Traverser L’Hiver ».

Une estrade d’une hauteur de près de 3 mètres, structurée en 8 paliers, occupe toute la scène. Au sommet, outre les énormes spots, sont plantés le drummer et le guitariste/claviériste. Les escaliers s’illuminent régulièrement lorsque Béatrice les escalade ou en descend. Un piano, lumineux par-dessus, de couleur blanche, trône en avant-plan. Il est destiné à Béatrice. Une autre claviériste s’installe à droite et un bassiste à gauche. Chaussée de baskets blanches et vêtue d’un pantalon et d’une veste de couleur noire, la Canadienne est resplendissante.

Le set s’ouvre par le quatrième single issu du dernier LP, « Combustible », un morceau qui emprunte subrepticement, un tempo bossa nova, avant qu’il n’adopte un profil davantage électro, la voix de Béatrice se noyant progressivement dans l’instrumentation. « Pour Un Infidèle » ainsi que le magnifique « Ensemble » reproduisent un schéma semblable. Interactive, elle gigote beaucoup, même si sa chorégraphie gestuelle est un peu répétitive. C’est en mode piano/voix qu’elle interprète « Francis », « City Lights » et « Place De La République », d’anciennes compos, chargées d’émotion. Pourtant, elle déclare s’en moquer, à plusieurs reprises. Mais on se rend vite compte que cette émotion est bien palpable, et pas seulement lorsqu’elle revisite les titres de ses 6 elpees précédents, mais surtout lors de ses nouvelles chansons. Elle aborde le thème des expériences traumatisantes comme le viol ou les violences conjugales. Se prononce sur le refus d’une relation née lors d’un flirt d’un soir, tout au long d’« Amour d’Un Soir ». Tout en libérant un max d’énergie, on la sent très fragile et lorsqu’elle parle de son vécu, on a l’impression qu’elle se met à nu. Le set s’achève par son hit, « Comme Des Enfants »…

En rappel, Cœur de Pirate nous réserve « Dans La Nuit » et « Prémonition », avant de verser quelques larmes. La sensibilité à fleur de peau, manifestement Béatrice n’est pas encore totalement parvenue à remonter la pente…

Setlist : « Combustible », « Pour Un Infidèle », « Ensemble », « Les Amours Dévoués », « Golden Baby », « Je Veux Rentrer », « Drapeau Blanc », « Malade », « Wicked Game », « Francis », « City Lights », « Place De La République », « Somnanbule », « Salement romantique », « Saint-Laurent », « Amour D’Un Soir », « Crier Tout Bas », « Carte Blanche », « Adieu », « Oublie- Moi », « Comme Des Enfants ».

Rappel : « Dans la Nuit », « Prémonition ».

(Organisation : Live Nation et Astérios Spectacles)

Sonnfjord dévoile un nouveau clip pour le morceau « Desert Town » figurant sur son Ep « City Lights », sorti en avril dernier, un disque à la fois rafraîchissant et lumineux. Alors qu'il vient d'être annoncé à l'affiche du prestigieux festival Eurosonic (Pays-Bas), le groupe se produira ce 16/11 au Reflektor (Liège) ainsi qu’au Salon de Silly le 03/11/2018 avec en supporting act The Sundays Charmer.

La vidéo, c’est par ici

http://www.sonnfjord.be/
https://www.facebook.com/sonnfjord/

mardi, 16 octobre 2018 16:17

C’est toujours l’été pour Arabella

« Summertime again », c’est le titre du single qui prélude le nouvel Ep d’Arabella, dont la sortie est prévue pour la fin de l’année. Nourris depuis l'enfance à la culture rock et pop Anglophone, ce quatuor masculin propose sa propre lecture du rock’n’roll, quelque part entre le Swinging London des 60's et le rock des années 2000. Puisant son patronyme d’un titre des Arctic Monkeys, ce band grançais réunit Rémi Guirao (guitare, chant), Noé Trystram (guitare/chant), Martin Caudrey (basse) et Karim Réveillé (drums).

Les morceaux de ce groupe à la vingtaine triomphante évoquent les problématiques de leur temps, de leur époque : la jeunesse, le plaisir, les relations au monde et l'amour. Des titres urgents où les riffs de guitares se faufilent entre basse lourde et batterie brute pour soutenir une voix libre et sauvage.

Le clip, c’est par ici  

https://www.facebook.com/ArabellaOfficiel/

 

 

Page 4 sur 68