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Didier Deroissart

Didier Deroissart

mercredi, 26 novembre 2014 18:58

La Cavale (Ep)

Etienne Villeminot, aka Tony Melvil, est né en 1982 à Dijon. Tony entame sa carrière en 2002, au sein de différentes formations lilloises, notamment auprès du chanteur Lulu au sein du groupe de rue Tchobello. Violoniste de formation classique, il passe rapidement à la guitare et au chant et enchaîne de nombreuses expériences de spectacle pour lesquelles il est tour à tour violoniste, guitariste, comédien, choriste, compositeur, figurant, roadie, mais aussi chargé d'administration ou comptable.

En 2009, poussé par Thibauld Defever (Presque Oui) et Romain Delebarre (Delbi), il se lance en solo sous le pseudo de Tony Melvil et teste ses propres chansons sur scène. Thibauld Defever le conseille pour l'écriture et pose un oeil expérimenté à ses concerts. Quant à Delbi, il prend en charge les arrangements. Repéré par 'Tour de Chauffe' en 2010, puis par ‘Domaine Musiques’ en 2011, il enregistre automne de la même année « Tentative d'évasion », un premier Ep 7 titres, arrangé et réalisé par Delbi.

En mars dernier, Tony publiait son second Ep « La Cavale ». Chez At(home) un label qui ne se contente donc pas de signer des artistes de rock alternatif ou de métal. La chanson française à textes, surtout si elle est doublée par une attitude rock’n’roll a également voix au chapitre. A l’instar de ses prestations ‘live’ qu’il accorde en formule trio, Tony Melvil se consacre à la guitare, au violon et au chant. Il est épaulé par Delbi au dobro et aux claviers ainsi que Maxence Doussot à la batterie et aux percussions.

« On M'A Dit » ouvre le disque. Tony y parle de la vie et signale que tout ira mieux... un autre jour. Tony est d’abord violoniste, un instrument avec lequel il fait corps depuis l'âge de 4 ans. Et il nous le rappelle tout au long de « Les Miroirs A L'Envers », une chanson qui baigne dans un climat particulièrement mélancolique.

Pour « L'Esprit Aventurier », les paroles sont à prendre au second degré. Elles ne manquent pas d'humour et reflète son esprit aventurier. Une aptitude qu'il développe particulièrement bien sur disque, mais encore mieux en 'live'. C'est la raison pour laquelle je souhaitais absolument assister à un des concerts de cet asticot (NDR : pardon, dans la chanson il parle plutôt du papillon ou de la libellule). « Sans Langue Sans Visage » est la chanson la plus rock de cet Ep. Elle engage directement à se rendre sur le dancefloor. « Bien Avant » termine très bien ce second Ep. On attend avec enthousiasme et intérêt son troisième, actuellement en chantier. Tony est un artiste éclectique. Parallèlement à sa carrière solo, il tente un tas d'expérimentations, notamment au sein de sa Compagnie Illimitée qu'il a créée en 2012, afin de monter des représentations pluridisciplinaires sur base de chansons. Destiné au jeune public, son spectacle baptisé 'Quand je serai petit' sera mis en scène par Marie Levavasseur (Cie Tourneboulé). Il s'y produira en duo en compagnie du musicien/producteur lillois Usmar, à partir de la fin décembre 2014.

 

mercredi, 26 novembre 2014 18:53

KermesZ A L’Est (Ep)

Ce collectif implique 9 musicos issus de la région de Rochefort et de Bruxelles : Maxime Bocahut (trombone et clavier), Martin Chemin (grosse caisse, percussion et chant), Gaëtan Dardenne (clarinette), Emmanuel Haessig (saxophones alto et baryton), Thibault Jungers (caisse claire), Gilles Kremer (hélicon et clavier), Luc Lambert (trompette), Simon Menot (saxophones soprano et ténor) et enfin Maxime Tirtiaux (banjoline et basse). En 8 années d’existence, le band wallifornien a accordé plus de 500 concerts. Donc les planches, il connaît bien.

Le team s’adapte constamment aux circonstances. Imprévisible, il peut se produire au coin d’une rue, lors d'une festivité locale, au sein d’une salle de spectacle, dans le cadre d’un festival des Arts urbains, une kermesse au boudin ou à l'entrée d'un supermarché. Il se proclame première fanfare frigotartinable de Belgique. Elle est également taxée de ‘Fanfare de l'E411’, car elle est constituée d’anciens membres issus d’un collectif de promotion des arts de la rue à Louvain-la-Neuve. Ses musiciens sont aujourd’hui éparpillés le long de l'axe Nord-Sud de la Wallonie, et c’est la raison pour laquelle elle a reçu cette appellation.

KermesZ à l'Est privilégie avant tout, l’aspect festif de la musique. Une musique énergique et dansante. Née essentiellement de la rencontre entre musique traditionnelle klezmer (soit d’origine juive et pratiquée en Europe centrale et de l'Est), balkanique et rock. Et le résultat proposé sur ce premier Ep est détonnant. Il déménage et invite à danser. Si vous appréciez en même temps le trash metal, le bal musette et la musique manouche, vous allez adorer. « Zumkid » et « Papazov » incitent à vous remuer le popotin sur. Pot-pourri festif, « Rampi Rampi » agrège world music, musique manouche et slave. Cet Ep est exclusivement instrumental. « Sadovzko » est dominé par les cuivres. Plus expérimental, « La Noire » sort du cadre de cet Ep. Court, « La Blanche » s’ouvre dans un climat de bal musette. Pourtant, il s’agit de la dernière composition de cet essai parfaitement réussi.

Une fanfare d’un tel calibre est toujours impressionnante lorsqu’elle se produit en ‘live’. Et pour cause, pour faire partie d'un tel collectif, il faut être de fameux musiciens. Et ceux de KermesZ A L'Est le sont tout particulièrement…

 

mercredi, 26 novembre 2014 18:49

The Three Poisons

« The Three Poisons » constitue le troisième opus d’Elephant Stone, un trio canadien qui pratique une forme de rock psychédélique à coloration orientale. Et pour cause, il a également recours à des instruments issus de la musique traditionnelle indienne, comme le sitar, le tabla ou le dilruba. Le trio réunit Rishi Dhir (chant, basse et sitar), Miles Dupire (drums) et Gabriel Lampert (guitares et choeurs). En ajoutant un peu de patchouli, quelques volutes de ganja et beaucoup de fleurs, on pourrait se croire revenu en 1970, sur la côte Ouest des States. Encore que le combo évoque plutôt les Black Angels, Brian Jonestown Massacre et même Stone Roses, comme références majeures. Solides, il faut le reconnaître. La naissance d’Elephant Stone remonte à 2008/2009. Rishi Dhir venait de quitter The High Dials pour monter ce nouveau projet. A ce jour, le band a publié deux long playings, « The Seven Seas » en 2009 et « Elephant Stone » en 2013.

Tout au long de « The Three Poisons », le son est clair, limpide et soyeux. Le sitar constitue le fil conducteur de l’œuvre. Il supplante rapidement le riff de guitare sur « Motherless (Love's Not For War) » et se révèle souverain sur le grisant « Child Of Nature (Om Nava Shivaya) ».

Enrobés de chœurs, le titre maître et « All Is Burning » libèrent un excellent groove. « Wayward Son » est hanté par John Lennon. « Echo & The Machine » adopte un profil plus contemporain. Si « Worlds Don't Begin And End With You » manque un peu de puissance, il constitue une invitation à rejoindre la piste de danse en compagnie de votre partenaire.

Manifestement, ces musicos sont doués et ont bien assimilé les références de leurs maîtres es psychédélisme. Les esprits chagrins les taxeront probablement de revivalistes ; mais perso, j’estime que leur approche est finalement bien dans l’air du temps, évoquant même parfois en mon for intérieur la formation belge, Moaning Cities…

 

mercredi, 26 novembre 2014 18:44

Harlequin Dream

L’Australie a souvent donné naissance à des artistes ou groupes qui ont acquis une notoriété internationale. Pensez à INXS, Midnight Oil, AC/DC, Nick Cave, John Butler Trio, Angus et Julia Stone. Boy And Bear devrait leur emboîter le pas. Aux pays des kangourous, leur popularité est acquise. La formation a donc décidé de s’attaquer au Vieux Continent. Originaire de Syndney, elle a publié un premier elpee en 2011, « Moonfire », un disque qui avait rencontré un franc succès dans son pays d'origine, récoltant par ailleurs plusieurs prix lors des 'Victoires de la Musique Australienne'. Elle s’était produite en avril dernier, en première partie de Noa Moon. Des musiciens ouverts et sympathiques qui ne refusent pas de dialoguer à bâtons rompus, même dans la langue de Molière…

Le combo a gravé son deuxième opus, « Harlequin Dream », une œuvre classieuse, qui fait la part belle aux guitares et aux chœurs, dans l’esprit de Fleetwood Mac, Band Of Horses ou Fleet Foxes, en sculptant ses compos dans un folk/pop/rock/bluegrass/americana indie qui fleure bon le début des seventies.

En 2009, Boy and Bear n’était alors que le projet solo de Dave Hosking. Et sa première chanson « The Storm » devient l’indicatif d'une station de radio australienne. Il rencontre alors le chanteur/compositeur/guitariste Killian Gavin, qui milite alors chez Ovell. Les deux compères décident de collaborer. Le line up est ensuite complété par Tim Hart, le drummer de Wintersound et son frère Jon Hart, qui se consacre aux claviers, au chant, à la mandoline et au banjo. Un team que rejoint encore l’ex-bassiste de Tripartisan Approach, Jake Tarasenko, qui sera ensuite remplacé par Dave Symes.

Les mélodies torchées par Boy & Bear, tout au long de cet LP, sont terriblement contagieuses. Les harmonies vocales (« Southern Sun ») évoquent tour à tour Crosby, Stills & Nash ou Mumford & Sons, une formation insulaire pour laquelle, il avait assuré le supporting act de leur dernière tournée. « Old Town Blues » évoque les grandes plaines du Far West. Et « Harlequin Dream », « Three Headed Woman » ainsi que « Bridges » prolongent le trip. Sucre et miel enrobent la confiserie « A Moment's Grace », une plage caractérisée par un lead vocal vraiment bouleversant. Une jolie envolée de guitare et une superbe intervention de banjo dispensée à la manière de Marcus Mumford fustigent « End Of The Line ». Et « Back Down The Black » est une compo visionnaire de 6 minutes, à écouter les yeux fermés…

 

L’entretien se déroule le 30 août 2014, dans le cadre du festival des Barges à Scène sur Sambre. Les deux piliers et membres fondateurs sont au crachoir ; en l’occurrence le chanteur John Rohan et le bidouilleur/électronicien Hendrik Willemyns. C’est en 2003 que le duo a véritablement pris son envol ; et tout particulièrement lorsqu’il s’est rendu compte que le renouvellement des collaborateurs permettait à sa musique de prendre une autre envergure. Un concept que le band va reproduire, au fil des albums. Ainsi, pour enregistrer « Furu », il a bénéficié du concours de la très jolie Lydmor, une chanteuse féringienne. Quand au climat de l’elpee, il nous plonge carrément dans l’univers du pays au soleil levant…  

A chaque nouvel LP, les influences sont différentes. Est-ce intentionnel ?

Hendrik : On essaie toujours d’innover. Tant musicalement que vocalement. Au début, on engageait des artistes vivant à Bruxelles. Mais issus des quatre coins du globe. Surtout des Congolais et des Maliens. Un choix qui, au départ, a marqué notre style. Il a même été taxé de world. Une étiquette que je n’aime pas vraiment. En outre, on n'apprécie pas tellement ce style musical. A contrario de la musique brésilienne qui est primordiale, pour nous. Cependant, on a voulu se remettre en question et élargir nos expérimentations. Pour réaliser le second elpee, on a bossé en compagnie du chanteur de rock Aaron Perrino. C’était une première. Mais le projet nous a semblé intéressant. Novateur. A l’instar de ce qu’on réalise à l’aide de nouveaux instruments. C’est ce qu’on a voulu approfondir sur le nouveau cd. On a ainsi intégré des steel drums, des marimbas et autres instruments insolites. On se demandait quand même, quel serait le résultat. Mais finalement il ne nous a pas déçus.
John : Ce qui nous a permis d’acquérir davantage d’expérience. Et c’est primordial pour nous.

Dans quelles circonstances avez-vous rencontré Lydmor ?

Hendrik : On a découvert Lydmor sur YouTube. Ses chansons sont très belles. Sa voix est exceptionnelle. Ma copine estimait que beaucoup de filles chantaient comme elle. Je n’étais pas d’accord. Elle possède un feeling rare, spécial et différent dans la voix. Quelque chose qui dégage. Une forme de combinaison entre l’explosivité et l’originalité. Et on en eu la confirmation en studio. Si Lydmor est bien suivie et correctement managée, elle peut faire un malheur et recueillir un succès phénoménal. C'est tout ce qu'on lui souhaite.

Sur les planches, on ressent une belle connivence entre John et Léonie. Elle est instinctive ?

John : Notre coopération a très vite évolué. Nous avons rapidement été à l’aise ensemble, tout en se montrant respectueux ; ce qui a permis d'expérimenter et de se produire sur scène en sa compagnie, sans devenir pour autant un duo comique. Une certaine énergie se libère de notre connivence. Mais que nous souhaitons dispenser avec classe.

Vous vous produisez régulièrement dans le cadre des Lokerse Feesten. Et vos spectacles y sont toujours particuliers. C’est la conséquence d’une histoire d’amour entre Arsenal et le public de cette région ?

Hendrik : Oui, je pense. Il s’agit d’un des premiers festivals auxquels on a participé. On a un peu grandi grâce et au fil de ce festival. On s’y est produit pendant 8 ans. Chaque année, on y était. Non pendant 7 ans, pas l'année dernière ; mais on y est revenu en 2014. Oui, il est exact que nos shows y sont chaque fois explosifs. Le public est parfois nombreux pour applaudir des stars, mais parfois il est peu ou pas réceptif. Pour nous, il réagit toujours au quart de tour.
John : Curieux quand même ! Et pourquoi Lokeren ? Mais c'est très bien. A Lokeren, on n’a que de bons souvenirs.

Un concert d'Arsenal ressemble davantage à une fête de la musique qu’à un concert. Une explication ?

Hendrik : Ce n'est pas intentionnel. C'est parce qu’on aime ce qu’on fait. Et ce que le public aime. Au début, le concept se résumait à John et moi. On ne s’investissait pas beaucoup en ‘live’. On partageait simplement notre passion pour la musique. Puis, on s’est livré, et le public nous l’a rendu mille fois. C'est magnifique, c'est organique. Il y a une belle interactivité entre le public et nous. C'est Arsenal, quoi.
John : Et on s’est rendu compte que c’était chouette d’assister à un concert quand les artistes se livrent totalement. C’est ainsi qu’ils ont un retour. C’est ce qui marche le mieux.

Vous avez accordé la ‘release party’ de votre nouvel LP au Lotto Arena d'Anvers. Vous étiez dans une forme olympique, ce soir-là…

John : Merci, nous étions enchantés du concert. Pourtant, nous stressions avant de monter sur les planches. A cause du décor, du light show, de la mise en scène et surtout du son. Dans cette salle, tu as intérêt qu’il soit au top. Quand on organise un tel événement, il ne faut rien laisser au hasard. Finalement, on a le droit d’être fiers et satisfaits. D’autant que les réactions de la presse étaient bonnes. C'était du jamais vu pour nous en Belgique.

Avez-vous le projet de vous produire à nouveau plusieurs jours de suite à l’Ancienne Belgique ? A guichets fermés, bien sûr ?

Hendrik : On y sera le 15 mai de l’an prochain. Mais je ne crois qu’on reproduira ce type de spectacle en série. Sinon, pas que ce concept deviendrait une blague, mais plutôt une forme de concours. On veut quand même bien encore jouer quatre soirs d’affilée. La dernière fois, c’était à 6 reprises. La formule peut devenir ennuyeuse. En plus, aujourd’hui, tu ne peux plus rien faire à l’AB. Ni boire, ni fumer.

Entre vous et Gabriel Rios, il y a une grande complicité ?

Hendrik : Nous avons rencontré Gabriel à Amsterdam, alors que nous étions à la même affiche. C'est un très bon ‘performer’. Il a une belle voix. Et son concert baignait dans la world. On en a conclu qu’une collaboration pourrait déboucher sur un résultat concret. Après avoir tenté l’expérience, on en a conclu que ce n’était pas trop mal. Enfin, les compos qu’on lui avait refilées n’étaient quand même pas terribles ; mais sa carrière a explosé par la suite.  Parce qu'on était devant l'explosion avant l'explosion de Gabriel Rios. Nous disposions d’un morceau de Gabriel, « The Coming ». Et on l’a joué en studio. Puis mis en boîte. Et il a marché du tonnerre. Ce titre est devenu incontournable pour nous. Il en existe peu de comparables. Ensuite on est devenus amis. C’est un artiste que nous respectons. Je pense que c’est réciproque. Enfin, je ne sais pas, mais nous on l’estime énormément.

John le sait, je suis un fan de Puggy, et paradoxalement, les membres de Puggy sont des aficionados d’Arsenal. Ce qui m’a permis de me faire pas mal d'amis en Flandre. Votre musique est fédératrice, c'est fou quand même ?

John : Fédératrice, j'aime bien ce mot.
Hendrik : Fédératrice, je n'ai jamais entendu ce terme. C'est possible. On n'est pas un groupe flamand, mais belge. Au sein d’Arsenal, la plupart de nous parlent le français. Mais nous sommes moins connus en Wallonie que Puggy en Flandre ; et c'est dommage…
John : Je pense que Puggy est plus populaire en Flandre que nous en Wallonie. C'est bon pour eux, j'aime bien ce qu'ils font. Ils libèrent une bonne énergie en ‘live’.
Hendrik : C'est bon pour eux.

Vous vous êtes rendus au Japon pour apporter votre concours au film « Furu ». Comment s’est déroulé ce périple ?

Hendrik : En fait il s’agit d’un long métrage dont j'ai écrit le scénario en compagnie de Johny Whiteney, le mec des Blood Brothers. Celui qui participe aux vocaux sur « Lokemo » et le dernier disque aussi. On a écrit une histoire qui a servi de canevas à l'album. Nous avons produit ce film au Japon. L'avant-première sort mi-septembre à Tokyo. Ensuite, il sera présenté dans le cadre d’un festival cinématographique à Gand ; et puis, on le défendra en tournée. C'est l'histoire d'un personnage qui souhaite devenir musicien. Il habite le long de la mer. Il atteint son objectif. Et devient même célèbre. Mais il doit en payer le prix. Et il tombe ; or le verbe tomber se traduit en japonais par « Furu ».

Pas trop difficile le tournage du clip dans la piscine ?

Hendrick : Pas facile, mais finalement chouette. Y plonger en conservant ses vêtements et ses chaussures était très éprouvant. D’autant plus qu’on est resté un certain temps, au fond. J’ai bien cru que ma dernière heure avait sonné. Et à un certain moment, j'ai dit adieu.
John : C'était vraiment beau. J'ai montré le clip à Hendrick dans une prochaine vie, mais il est retourné dans l'eau.

La musique d’Arsenal est-elle tournée vers le futur ?

John : Un son du futur ! Difficile de donner une telle dimension à ta propre musique. C'est quand même un compliment, je l’avoue. Nous voulons aller de l’avant, c’est vrai. Nous ne sommes pas comme ces revivalistes qui recyclent les Beatles, les Stones ou d’autres groupes britanniques. Finalement, ils repassent toujours les mêmes plats. On essaie donc d’éviter la recette. Donc, si on me dit qu’Arsenal a un son du futur, c'est un compliment. Merci !

Mirko a bossé sur l’album de Marie Warnant. C'est une belle ouverture pour elle, en Flandre. Arsenal a de nombreux fans en Wallonie, mais y est rarement programmé en concert. Un problème de barrière linguistique ?

John : Il n’y a pas de booking ici. Depuis qu’on a sorti « Fury », c’est la première fois qu’on rejoue au Sud du pays. C’est dommage ! J’adore venir ici. Lors de la parution de nos anciens albums, nous avions accordé quelques dates à Mons, à Liège et à Charleroi. Et on a eu un franc succès. Hormis Scène sur Sambre, c’est le vide. J’espère que la situation va changer.

La musique est-elle devenue une drogue dure pour les membres d’Arsenal?

John : C'est un job superbe. Ce n'est pas une drogue dure, mais la musique en général, c'est le réveil du matin. Elle est très importante dans notre vie. C'est la première chose à laquelle on pense. Et puis je l’adore. Si je devais choisir aujourd'hui entre perdre mes yeux ou mes oreilles, j’opterai pour les yeux. Je ne peux pas vivre sans musique. C'est un choix très clair.

Hendrik, ne crains-tu pas qu’on te vole tes machines. Quelle serait ta réaction si tu subissais un tel préjudice ?

Hendrik : Aucune. Je rentre chez moi.

 

lundi, 17 novembre 2014 00:00

Avoir voix au chapitre…

Une superbe soirée nous attend à l'Orangerie du Botanique, ce 17 novembre 2014. A l’affiche Birdpen, le projet du claviériste/guitariste Mike Bird et de Dave Penney, un des chanteurs d’Archive, responsable d’un tout nouvel opus solo (le troisième) –intitulé « In The Company Of Imaginary Friends ». Et Beautiful Badness en supporting act. Votre serviteur avait assisté à leur prestation l’an dernier, à la Ferme du Biéreau de Louvain-La-Neuve, en première partie de Perry Rose.

Combo franco-belge, Beautiful Badness réunit le chanteur/claviériste/guitariste Gabriel Sesboué, l’autre gratteur Olivier Delescaille, le bassiste Eric Renwart, le drummer Gilles Servais et le claviériste Antoine Guenet. Eric et Antoine sont les petits nouveaux du groupe. Le Botanique leur a prêté ses installations pour répéter. Le band connaît bien les lieux, puisque ce n’est pas la première fois qu’il foule les planches d’une des salles. Côté son, pas de souci, puisque c’est l’ingé-son de Puggy, Alex Leroy qui est derrière les manettes.

Le quintet monte sur l’estrade. Gabriel a déjà viré ses godasses et ses chaussettes afin d’être plus à l’aise. Dès la première chanson, « Elders' Choir », il module sa voix comme un instrument. Il s’agit d’une nouvelle compo. A ce jour, Beautiful Badness a publié un Ep éponyme ; et un premier elpee devrait paraître en 2015. Un disque que votre serviteur attend impatiemment. Prof de chant, Gabriel a reçu une formation classique. Sa voix est vraiment prodigieuse. Pourtant, la soirée sera résolument rock'n'roll. D’ailleurs après l’envolée vocale de Gabriel, la section rythmique reprend ses droits, talonnée par la guitare. Le combo embraie par « Everybody Knows » et « Hard To Do It », deux autres nouvelles chansons. Le public semble apprécier. Lors de « Wasting Your Time », Gabriel pousse sa voix dans ses derniers retranchements, à la manière de Matthew Irons chez Puggy. Malgré le contexte, il faut avouer qu’il a voix au chapitre…

« Slipping Away » est un titre plus connu, tout comme « Run », leur single –et cheval de bataille– qui en général, met le feu. Un morceau mélodieux, précis et superbement construit. Un vrai régal ! Leur version du « We Will Rock You » de Queen est un peu casse-gueule, mais le résultat est surprenant. A croire que Freddie s’est réincarné dans la peau de Gabriel. Le set s’achève par « Sunny Morning », le premier single extrait du futur long playing. Et de nouveau, Gabriel se sert de sa voix comme d’un instrument. La formation a un talent fou et l’auditoire le reconnaît en applaudissant chaleureusement. D’ailleurs, à l’issue de leur prestation, la vente des Eps va littéralement cartonner.

Changement de matos et on va passer au set de Birdpen. Dave et Mike se consacrent tous les deux à la guitare, au chant, aux claviers et aux machines. Ils sont épaulés par le drummer James Livingstone Seagull et le bassiste Tim Slade.

Mike est philanthrope. Il s’est investi dans l’organisation caritative ‘Quest For Mont Blanc’ afin de lever des fonds en faveur de l'association Treskstock qui se charge de financer la recherche du cancer qui touche les jeunes. Dave a déjà récolté 30 000 livres pour alimenter son beau projet. Et à travers « Like A Mountain », il révèle son amour pour les sommets des montagnes. Tel un oiseau qui déploie ses plumes, sa prose plane au-dessus de cimes…

Pour info, Dave et Mike ont eu la gentillesse d’accorder une interview à Musiczine. Nous reviendrons donc sur cet entretien réalisé en compagnie de deux artistes éminemment sympathiques…

Il s’agit de la troisième fois que Birdpen visite la Belgique, cette année. La formation s’était ainsi déjà produite au sein d’un Witloof bar bien peuplé et dans le cadre du festival de Ronquières. On imaginait donc que leur retour au Bota se serait déroulé à la Rotonde. Une progression logique. Mais à l’instar des Strypes, Passenger et The Vaccines, ils passent directement à l'Orangerie. Pour le compte-rendu du concert de Birdpen, c’est ici.

(Organisation Botanique)

 

mercredi, 19 novembre 2014 00:00

Plus rock, tout simplement

Le ‘Dôme des Découveres’ accueille ce soir, l’ex-leader de Venus, Marc Huyghens. Il n’aime pas trop qu’on revienne sur le sujet. Donc, je n’en parlerai plus. Marc et Françoise Vidick ont fondé Joy, que la violoncelliste Anja Naucler est venue rejoindre au moment de l’enregistrement du tout premier elpee. Eponyme, par ailleurs. Le second, « All The Battles » vient de sortir. Anja ne participe plus à l’aventure. Elle a été remplacée par Katel, préposée à la guitare ou à la basse. La Rotonde est bien remplie.

Un duo assure le supporting act. L’un d’entre eux joue de la sèche et l’autre déclame, tour à tour dans la langue de Molière ou de Shakespeare, pendant que des vidéos sont projetées sur un écran. Le spectacle ne me botte pas du tout. Et je m’éclipse pendant les 30 minutes de leur prestation.

A travers Venus, formation belge majeure des 90’s, Marc Huyghens s'était joué des codes en introduisant des instruments atypiques, en communiquant une dimension théâtrale à son show et en s'imposant grâce au désormais classique "Beautiful Days", un hymne à la joie au texte désespéré. Marc est venu défendre son second opus solo, « All The Battles », paru chez Caramel Beurre Salé, le 3 octobre 2014. Après avoir gravé un premier elpee qui laissait une belle place au violon et à la contrebasse, le second adopte un format plus rock et plus insulaire. Il a été enregistré sous la houlette du maître du son organique, John Parish (PJ Harvey, Eels), et masterisé par John Dent (Radiohead, Goldfrapp). En à peine vingt jours de sessions.

Le trio ouvre le set par une nouvelle compo, « Drift And Drive ». La voix de Marc domine l’expression sonore. Les percussions de Françoise Vidick sont singulières. En fait, elles émanent de deux toms basse. « Jab The Fix », « Sunday And I » et « All The Battles » sont des plages issues du nouvel elpee. Et manifestement elles sont plus rock, moins cérébrales. Plus accessibles, aussi. A l’instar de « Mirage » pour lequel la basse a remplacé le violoncelle. Caractérisé par ses harmonies vocales envoûtantes, « 1924 » est plus calme mais troublant. Joy attaque deux plages du premier long playing, « The Long Way Around The Sea » et « Vertigone ». Piste contagieuse, « DNA » libère une belle intensité. « The White Coat » et « Great Fire » sont aussi deux compos issues du dernier elpee. On se rend alors compte, à travers ces deux titres, du souffle irrésistible que John Parrish est venu leur insuffler. Et le set de s’achever par « Golden Gun », encore un extrait du dernier LP. Une prestation qui a duré 60 minutes. Pas une de plus. Enfin, avant le rappel, au cours duquel JOY va nous réserver Life » et « Empire », deux titres particulièrement puissants. Un excellent concert !

(Organisation : Botanique)

dimanche, 16 novembre 2014 00:00

Il fallait vraiment assister à ce spectacle…

Remplir 3 fois de suite le Palais 12 du Heysel, c’est inouï ! Pourtant, c’est ce qu’a réalisé le plus Belge des Belges, Stromae. Près de 45 000 personnes sont venues applaudir Paul Van Hover, une véritable ‘Bête de Scène’. Et je pèse mes mots ! Ce dimanche 16 novembre, le Heysel est particulièrement peuplé. Outre le concert auquel votre serviteur assiste, les Diables Rouges affrontent le Pays de Galles au stade Roi Baudouin. Et pour corser le tout, le Salon Cocoon squatte Brussels Expo. Ce dimanche, il était donc préférable d’emprunter les transports en commun. Message bien reçu ! Il s’agit de la première fois que je me rends au Palais 12. Une salle plus grande que le Sportpaleis d'Anvers. Normalement, ma place est prévue au second rang, juste derrière la tribune des PMR. Pas un endroit idéal pour apprécier pleinement le concert. Et puis il faudra rester assis. Je projette donc de rejoindre la fosse. Un immense écran a été placé au-dessus du podium afin de permettre une vision optimale.

Je débarque vers 19h00 et rejoins mon fauteuil. La vue n’est effectivement pas idéale. Une heure plus tard, la scène commence à s’animer. Deux personnes s’agitent sur les planches. Un danseur fou et le projet de Mpula, Batida de Pedro Coquenão. Il vit au Portugal ; à Lisbonne très exactement. Baignant dans l’électronique, sa musique mêle afro-house, kuduro, benga et semba. Le ku duro, (littéralement ‘cul dur’ dans la langue de Gil Vincente) est une musique traditionnelle angolaise. C’est le groupe lisboète Buraka Som Sistema qui l’a popularisée à travers le monde. Mais mis à la sauce contemporaine, ce ku duro intègre break dance, semba (danse angolaise) électro et instrumentation africaine. D’une durée de 30 minutes, le spectacle ne manque pas d’allure, mais perso, j’aurais préféré revoir Gabriel Rios qui assurait le supporting act, lors des deux dates précédentes.

« Cheese », le premier album de Stromae, est paru le 14 juin 2010. Il recèle les singles « Alors On Danse », « Te Quiero », « House'llelujah », « Je Cours » et quelques autres... Un elpee qui s’est écoulé à plus de 200 000 exemplaires. Il est devenu disque de platine en France et triple en Belgique. Quant à « Alors on Danse », l’artiste en a vendu trois cent mille exemplaires (disque d'or et de platine dans 15 pays). Bref à l’instar des moules, des frites et de la bière, notre Paul est devenu un véritable phénomène qui fait l'unanimité partout où il passe. Ses spectacles sont sold out en moins de temps qu'il faut pour le dire…

La première fois que j’ai vu Stromae en concert, c’était le 4 mars 2011, dans une Ancienne Belgique pleine à craquer. Kid Noize figurait en première partie. Un show d'anthologie et de folie rehaussé par la présence d'Arno pour un « Putain Putain » de feu. Et rebelote un mois plus tard, toujours dans une AB pleine à craquer. Arno n'est plus de la partie. Et les surprises se font plus rares. La plupart des festivals le programment. Des spectacles réglés comme du papier à musique. Mais si on doit alors lui tirer son chapeau pour la perfection de ses shows, à la longue, une certaine forme de lassitude commence à vous envahir…

Il faudra attendre deux ans et demi avant qu’il ne publie son second long playing, « Racine Carrée ». En attendant, il aligne une suite de hits : « Papaoutai », « Formidable », « Tous les mêmes », sans oublier l’hymne officiel des Diables Rouges, « Ta fête ». Sa recette est simple : poser des mots forts sur des beat irrésistibles, en soulignant le tout par des images qui marquent les esprits. Et dès la sortie de son second essai, on se rend compte que notre petit génie parvient à fédérer le public de 5 à 84 ans. Il est humble et surtout ne se prend pas la tête. Une attitude que j’adore. Le 'Stromae' nouveau est reparti pour une nouvelle consécration. Et une volée de concerts. Il se produit un peu partout, mais je souhaitais découvrir son nouveau spectacle. D’autant que les médias colportent qu’il nous en en met la plein la vue.

Stromae a déclaré qu’il allait faire un break de 3 à 4 ans avant de graver un troisième elpee. Histoire de retrouver l'inspiration, de prendre un peu de repos, mais également pour éviter tout ‘burn out’. M’enfin, ce n’est pas pour tout de suite, puisqu’il s’est lancé dans une tournée  marathon qui passera en 2015 par la France, le Grand-duché de Luxembourg, la Suisse, la Hollande et la Belgique. Sans oublier son périple prévu outre-Atlantique, consécutif à deux concerts dispensés à New-York, deux shows au cours desquels il avait littéralement fait un tabac. Bref, Stromae a toujours voulu privilégier une vie aussi normale que possible et la qualité plutôt que la quantité.

« Raine carrée » est désormais l'album de tous les records : 2 600 000 exemplaires vendus à travers le monde, dont plus de 200 000 exemplaires rien qu'en Belgique et 36 semaines passées en tête des ventes. Et ce n’est qu’un début… Mais venons-en au concert de ce dimanche 16 novembre…

Un petit film d'animation en noir et blanc sert d’intro. Les yeux des spectateurs pétillent en le découvrant. La scène est immense et l'écran au-dessus également. Au bout de 4 minutes, la foule se lève comme un seul homme. Ou presque. Les quatre musicos sont d’attaque derrière leurs machines. Stromae est coiffé d’un chapeau melon. Il a enfilé un pantacourt et porte des chaussettes frappées de sa griffe. Le logo de « Racine carrée » est lumineux. Une belle mise en scène prépare « Ta Fête ». Paul débarque enfin sous un tonnerre d'applaudissements. Et on est parti pour 150 minutes de folie furieuse sous un déluge de lumières. Je me lève comme les personnes qui occupent les premiers rangs. Mais un grincheux râle en me signalant qu’il a payé 50 euros pour voir le show et pas mon dos. Je me rassieds, mais la vue est minimale et limitée. Heureusement le grand écran permet de compenser. Ce feu d’artifice a duré plus de 8 minutes. Magique ! Les Diables ne sont pas loin, mais cette entrée en matière fulgurante ne les a pas aidés à inscrire un but. « Bâtard » maintient la pression. Première interactivité entre Paul et son public. Stromae est chez lui. Et il sait qu’il est le chouchou du public belge. Il l’interroge pour savoir si tout va bien (la famille, les enfants, etc.) « Peace Of Violence » assure grave ! Quelques mots en espagnol préludent « Te Quiero ». L’énorme beat élecro t’invite à rejoindre le dancefloor. Stromae s'assied et demande à l’auditoire s'il peut retirer ses chaussures et pourquoi pas ses chaussettes. Il annonce la leçon '24', déclenchant des fous rires successifs. Son humour est particulier, mais terriblement efficace. Stromae enfile son veston rouge et noir. Il aborde « Tous Les Mêmes ». C'est à la fois singulier et divin. En tout cas, en ‘live’ !

Stromae se met à danser. Un exercice que lui interdit pourtant la faculté. En fait, il s’est fracturé le cinquième métatarse du pied gauche. On le traite de 'mytho' et il en redemande. Après le savoureux « Ave Cesaria », on contemple attentivement l’écran tout au long de « Sommeil », en écoutant soigneusement les paroles. Et c’est pareil pour « Quand C'est ? », une compo qui aborde le thème du cancer. Bouleversant ! Place ensuite à une brève présentation consacrée aux moules/frites. Destinée à alimenter la chanson de circonstance. « Formidable » ? Oui Paul, tu l'es. Pour « Carmen », les fringues sont passées au gris : chapeau melon, pantacourt et veste. Moment choisi pour empoigner sa cane micro. Des danseuses apparaissent sur l’écran derrière l’artiste pour « Humain à l'Eau ». Les personnages changent. Le clonage est parfait. Elles adoptent le même pas de danse que le maître de cérémonie. « Alors On Danse » ne pouvait donc que suivre. Et sert en même temps de final. En rappel, des images d’une usine à papa clonant le grand Paul défilent, avant qu’il ne débarque pour interpréter « Papaoutai ». Après un émouvant « Merci », Stromae et ses quatre musicos exécutent « Tous Les Mêmes », a capella, dans un silence de cathédrale. Magnifique !

Un jeu de scène parfait. Des artistes bluffants. Un écran géant judicieux et aux images adaptées aux lyrics. Une connexion permanente entre le public et l'artiste. Il fallait vraiment assister à ce spectacle…

(Organisation : Live nation)

 

 

lundi, 17 novembre 2014 18:03

Peaks…Peaks…Peaks!

Twentyfourlives nous vient de La Louvière. Fondée en 2009, la formation réunit le bassiste Maxime Boudart, le drummer Lionel Vanheuverzwijn ainsi que deux gratteurs, Francesco Di Bennardo et Stéphane Meunier, également préposé au chant et aux claviers. Le combo définit son style comme du post rock mâtiné de math rock.

Perso, je le qualifierai plutôt de prog rock. Un prog rock qui ne manque pas d’allure, il faut le reconnaître. Twentyfourlives a participé à la finale du Concours Circuit, en 2012. Votre serviteur avait découvert le combo lors d’un concert accordé dans le cadre du Pac Rock de Pont-à-Celles. A cette époque, il militait sous le patronyme de For24Lives.

Ce premier album a été enregistré aux studios ARAM de La Louvière, sous la houlette de Mario Benvenuto. Les artistes ont couché sur l'album 8 pistes de bonne facture. « Mammoth » figurait déjà sur l’Ep 3 titres du même nom. Il était paru en 2011 et précédait un premier single, publié en 2009, alors baptisé « For24Lives »…

Essentiellement instrumentales, les compos sont aussi particulièrement mélodieuses. Le titre maître est une compos solide aux arrangements bien ficelés. Une voix atmosphérique s’immisce timidement sur « Scarecrow » et « Htommam ». En fermant les yeux, on a l’impression de participer à un trip, avant d’être ramené les pieds sur terre.

« Horses », « Twelve » et « Selahtion » nécessitent plusieurs écoutes avant d’être appréciés à leur juste valeur. Si vous aimez 65 DaysOfStatic ou Mogwai, vous ne pouvez passer à côté de cet elpee. « We Need! » est une de mes compos préférées. Un glockenspiel se permet de percer un mur de guitares, sans pourtant manifester la moindre agressivité…  

 

vendredi, 14 novembre 2014 00:00

Bienvenue chez les Cht’is…

Un petit voyage chez nos amis et cousins ‘Les Ch'tis’ pour y assister au concert de Tony Melvil, à la médiathèque d'Avelin, une charmante commune sise à 10 km au sud-est de Lille. Le bâtiment est localisé près de la mairie. Tony Melvil est un des poulains du label parisien A(t)HOME, basé à Pantin. L'évènement est organisé par les associations 'Dynamo' (cette structure est destinée à repérer et aider les talents émergents en Région Nord-Pas-de-Calais) et 'Live Entre Les Livres', qui regroupe une dizaine de médiathèques de ce territoire. Ils organisent des événements culturels, dont des showcases dans les médiathèques, lieux aussi insolites que cosy. Dynamo et les iNOUiS du Printemps de Bourges présélectionnent également les groupes et artistes qui bénéficieront ensuite de la mise en vitrine du festival (NDR : en Belgique, ce rôle est assumé par Court Circuit). Bref, ça bouge dans le Nord...

De son véritable nom Etienne Villeminot, Tony Melvil est né à Dijon, en 1982. Il a entamé sa carrière musicale, en 2002. Il écrit des textes dans la langue de Molière. Et ils tiennent la route ! Dans un style qui s’inscrit parfaitement dans le créneau de la bonne chanson française. Il obtient de nombreux premiers prix lors de différents concours régionaux et nationaux. Il grave un premier Ep en 2011, en compagnie de son pote Delbi, aka Romain Delebarre (NDR : il est présent ce soir). Intitulé « Tentative d'Evasion», le disque paraît début 2012 et permet à Tony de sortir de l'anonymat. Depuis, il a fait son petit bonhomme de chemin, publiant notamment, en mars 2014, un second Ep baptisé « La cavale », bien sûr chez A(t)Home.    
  
                                         
En général, Tony se produit en solitaire. Mais ce soir, il a opté pour la formule trio. Melvil se consacre à la guitare, au violon et au chant. Il est épaulé par Delbi au dobro et aux (mini)claviers ainsi que Maxence Doussot à la batterie et aux percussions. Les artistes sont plantés au milieu des livres, dans l'allée centrale. Le public, (une vingtaine de personnes) est assis face aux artistes. Et cet environnement intimiste favorise une relation de proximité entre le public et le groupe. Le concert débute à 20h15. Après une petite présentation, il s’ouvre par un extrait du premier Ep, « Wagons à Bestiaux ». Delbi est à droite de Tony. Sa dobro lui permet d’assurer à la fois les accords de guitare conventionnels et les accès de basse. Plus discret, Max nous livre quelques interventions aux percus. « L'Esprit Aventurier » est un titre du nouvel Ep. Tony empoigne son violon fétiche en signalant qu’il en joue depuis l'âge de 4 ans, inspiré par l'album « Pierre Et Le Loup ». Et manifestement il est brillant sur cet instrument. Bien torchés, ses lyrics sont à prendre au second degré. Ils ne manquent pas d’humour et reflètent son esprit aventurier. Une aptitude qu’il développe particulièrement bien sur disque, mais encore mieux en ‘live’. C’est la raison pour laquelle je souhaitais absolument à assister à un des concerts de cet asticot (NDR : pardon, dans la chanson il parle plutôt du papillon ou de la libellule). Tony passe à la 6 cordes, et le Dobro embraye pour attaquer « La fleur Au Fusil », une compo qui traduit son esprit écolo et anti-militariste, un morceau qui parle de la guerre, des fusils et de ses rêves qui aspirent à mettre des ballons dans les canons...   
       
« 3 M carré » nous raconte la vie dans une prison aux cellules exiguës et dont les prisonniers rêvent d'évasion. « Emilie » est une ode au bonheur. Gainsbourg est redescendu sur terre. Il est parmi nous. Il s’est réincarné en Melvil… « On M'A Dit » est un titre récent. Il parle de la vie et signale que tout ira mieux... un autre jour. Autre nouveauté, « Ligne Blanche ». Delbi a abandonné sa Dobro et opte pour des percus (artisanales). Tony reprend le violon pour aborder le mélancolique mais engagé « Les Miroirs A L'Envers ». Après « Centurion », « Black And White » nous ouvre les zygomatiques. Le concert s’achève par « Sans Langue et sans Visage », la plage la plus rock du second Ep de Tony. Une envie de rejoindre le dancefloor t’envahit. Vu l’endroit, ce n’est pas une bonne idée. Aussi tu fermes les yeux, et tu imagines te libérer sur la piste de danse. En rappel, « Pom Pom » un beau témoignage de l'humour communicatif des trois espiègles. Delbi et Max nous réservent une petite lecture. Bénabar s’est invité. Tony s'éclate et nous amuse de ses textes joyeux. Et le macabre « Je M'Allonge » clôt définitivement le spectacle. Il y évoque la fin de la vie. La mort si vous préférez.

Je ne regrette pas le déplacement. Et reviendrai certainement. A l’issue du show, on a même eu droit au verre de l'amitié et à une petite collation. Manifestement, on est bien reçu chez nos cousins, les 'Ch'tis'. Hein biloute !   
                                                       
Tony Melvil est un artiste éclectique. Parallèlement à sa carrière solo, il tente un tas d’expérimentations, notamment au sein de sa Compagnie Illimitée qu’il a créée en 2012, afin de monter des représentations pluridisciplinaires sur base de chansons. Destiné au jeune public, son spectacle baptisé ‘Quand je serai petit’ sera mis en scène par Marie Levavasseur (Cie Tourneboulé). Il s’y produira en duo en compagnie du musicien/producteur lillois Usmar, à partir de la fin décembre 2014.                                                


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