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Didier Deroissart

Didier Deroissart

Cet entretien s’est déroulé le dimanche 31 août, dans le cadre du festival des Barges, à Scène sur Sambre. Au crachoir, Giacomo Panarisi, le leader de Romano Nervoso, une formation louviéroise que votre serviteur suit depuis pas mal de temps. Intitulé « Born To Boggie », son second elpee est paru ce 22/10/2014. Et pour la circonstance, il a bénéficié d’une ‘release party’ à la Rotonde du Botanique. Malgré le succès du combo, notre 'Italian Stallion' a bien la tête sur les épaules. Tout en demeurant éminemment sympathique.

On soupçonne fort que tu sois l'enfant naturel né d’une idylle entre Marc Bolan et Mick Jagger. Qu’as-tu à nous avancer pour ta défense ?

Giacomo : Marc Bolan, mon maréchal ! On dirait un gars de Saint-Vaast qui parle. En fait, ils avaient accordé un concert à Houdeng, en 1977. Ils étaient pétés. Ils ont fait l'amour. Je ne sais pas comment, mais je suis sorti du trou de balle d’un de ces deux-là. C'est bien moi, le fils de ce couple illégitime…

Quelle est ta définition du rock spaghetti ?

Giacomo : C'est du spaghetti rock. Tout simplement du rock. Il ne diffère en rien du rock conventionnel. Sauf qu’il est chanté en italien. Donc trahit des consonances latines. Celles de mes origines. Je mets donc mes origines au service du rock'n'roll.

Ton nouvel opus sort bientôt. As-tu des détails à nous communiquer à ce sujet?

Giacomo : Il sera dans les bacs le 22 octobre, jour de notre release party, organisée à la Rotonde du Botanique. Il s’intitulera « Born To Boggie » et paraîtra chez Mottow Soundz. Et j'en suis très fier.

Il ne devait pas sortir plus tôt ?

Giacomo : Effectivement, car au départ il s’agissait d’une autoproduction. Mais finalement, un label s’est intéressé à notre projet. Le temps de discuter du deal et on a pris du retard. Et puis je n’étais pas satisfait du premier mix. Donc il a fallu le recommencer et cet épisode a encore reporté sa sortie. J’ai préféré attendre que le produit soit entièrement fini et corresponde à mes attentes. D’où ce retard.

Ton dernier single s’intitule « Aline/Maria ». Adamo y est pour quelque chose ?

Giacomo : Adamo ? Non, Christophe. Daniel Bevilacqua est français, mais d’origine italienne. Et cette chanson, je l’écoute depuis ma plus tendre jeunesse. Je voulais donc en réaliser ma propre version. Tout en rendant hommage à Christophe, compositeur de ce bon vieux morceau de blues interplanétaire.

Tu as eu l’opportunité d’assurer le supporting act de Johnny Hallyday au Sportpaleis d'Anvers. Est-ce lui qui t'a choisi ? C'est quand même une fameuse référence pour toi, non ?

Giacomo : Au départ, je pensais que c'était une blague. Effectivement, c’est lui qui nous a invités. Mais l’expérience est vraiment unique. Tu joues tous les soirs devant 25 000 personnes qui ne te connaissent absolument pas. C’est terrible ! En fait, quand on a rencontré Johnny il nous a parlé de notre musique et de nos chansons. Manifestement, c’est une des plus belles aventures que j'ai pu vivre sur la scène musicale.

Johnny ratisse large. Sa musique s’adresse aux jeunes de 7 à 80 ans…

Giacomo : Oui il ratisse large, son public oscille entre 7 à 77 ans. Le public réunit de nombreux fans, mais également des curieux qui souhaitent voir le phénomène sur les planches…

Apparemment parmi ses aficionados, nombre d’entre eux ont apprécié votre set. Des amis présents ce soir-là me l’ont signalé ?

Giacomo : Cet écho est agréable à entendre. Perso, j’ai beaucoup aimé la réaction de la foule.

Parmi les premières parties, on pourrait également épingler celles que tu as accomplies pour Skip The Use et Electric Six…

Giacomo : Electric Six ? Il y a un bail ! Skip The Use, c'était à Mons. Le groupe débutait également. Depuis, nous sommes devenus amis…  

En 2013 tu as réalisé une tournée baptisée 'We Love Bars'. Dans quel but ?  

Giacomo : Afin de bosser sur tous les nouveaux morceaux du futur album. Et la meilleure manière de les tester, c’est de les interpréter dans des conditions de merde. Enfin, pas de merde… plutôt dans des conditions qui en reviennent aux roots. C’est-à-dire dans les bars. Ce périple nous a permis de faire une répète générale avant d’entamer la tournée des salles et des festivals. Finalement, l’épisode s’est bien passé et on s’est super éclatés…

Lors du dernier festival de Dour, je t’ai aperçu discuter en compagnie de Fred Lani (NDR : le leader de Fred & The Healers) et effectuer un échange de Cd.

Giacomo : Oui nous nous apprécions, tout comme j’apprécie sa musique et lui la nôtre. Et puis, j’ai un faible pour le blues…

Quels sont tes objectifs à court terme ?

Giacomo : Sortir l’album. Se produire en concert. Bien se sentir dans ma peau et réaliser ce que j’aime, sans devoir abaisser mon froc, tout en propageant la bonne parole, l'humour et le rock 'n' roll, à travers le monde.

 

vendredi, 24 octobre 2014 01:00

7 sur 7 !

Il s’agit de la septième fois que votre serviteur assiste à un concert de Gabriel Rios. Ce soir, son backing group réunit les musicos qui l’épaulent depuis un bon bout de temps. En l’occurrence Amber Docters van Leeuwen au violoncelle ainsi que Ruben Samana à la contrebasse, au piano et chant. Un set (NDR : le n°7 ?) en version semi acoustique. Et c’est sous cette forme que j’apprécie le plus la musique de cet artiste, pro jusqu'au bout des ongles.

La première partie est assurée Katell Keineg. Une Bretonne qui va nous réserver un récital de trente minutes. Elle chante en s’accompagnant à la sèche. Pas vraiment transcendante, sa prestation sera, en outre, gâchée par l’auditoire. Le bruit des conversations va créer un tel brouhaha, qu’on n’entend pratiquement rien du concert. Pourtant sa voix est puissante, mais quand elle tente de monter dans les aigus, on sent qu’elle coince.

Le dernier opus de Gabriel, « This Marauder's Midnight », vient de sortir chez Sony Music. En octobre 2013, Gabriel avait décidé de publier un nouveau single chaque troisième lundi du mois. Un projet destiné à alimenter un nouvel elpee, un an plus tard. Et il a tenu parole.

Le parcours étonnant de Gabriel Rios débute en 1998. Il participe alors au Humo's Rock Rally, en compagnie du groupe The Nothing Bastards. Mais c’est en 2004 qu’il publie son premier album solo, « Ghostboy ». Après avoir rencontré Jo Bogaert (Technotronic). Le single « Broad Daylight » rencontre un immense succès et permet à Rios de dépasser les frontières de la Belgique. Musicien talentueux, chic et sexy, Gabriel séduit aussi bien sur disque que sur scène. Faut dire que, fruit d’un mélange détonant de swing, de rock et de funk et parfois de jazz, sa musique ne manque pas de charme. Il décroche de nombreuses récompenses belges et internationales. En 2007 il grave son deuxième opus, « Angelhead », qui squatte à nouveau la tête des charts, durant de longues semaines. Devenu alors une star de la pop, il décide d’en revenir à une formule plus intimiste. En solitaire ou en se limitant à un minimum de collaborateurs, comme Jef Neve et Kobe Proesmans.

Gabriel entame chaque fois ses shows par le « Voodo Chile » de Jimi Hendrix. Seul, à la gratte. Un titre qui figure sur « Angelhead ». Un rituel que semble apprécier le public. Conquis dès ce premier morceau. Un public en compagnie duquel il aime parler. Entre chaque titre, évidemment. Et il ne change pas de fusil d’épaule. Ce soir, le Cirque Royal n’est rempli qu’aux trois-quarts. Le décor est simple. La pochette de « This Marauder's Midnight » est projetée en toile de fond, à gauche. Gabriel est au centre. Au bord du podium. A sa gauche, Ruben. A sa droite, Amber. Judicieux, le light show met bien en exergue les trois musicos, même si Gabriel est davantage sous le feu des projecteurs, notamment à travers les lumières qui convergent vers la foule. Ce soir, le line up est enrichi d’une section de trois cuivres (trompette, trombone et cor d'harmonie), qui participent aux compos, suivant les morceaux. Et manifestement, ce concours apporte un plus à l’ensemble.

Après « Straight Song », un extrait de l'album « The Dangerous Return », le combo attaque les plages du nouvel elpee, « This Marauder’s Midnight ». « Skip The Intro » d’abord. Subtils, les instruments à cordes soutiennent à merveille la voix de ‘sérial lover’ de Gabriel. Les compos défilent : « City Song », un morceau au cours duquel les cordes montent en puissance, « Angelhead », « Madstone » et « Burning Song ». Souvent apaisante, la voix de Rios est susceptible de monter dans les aigus. Et ces envolées sont absolument divines. Gabriel nous signale que son père est dans le public. Plus dansant, « Broad Daylight » est issu de « Ghostboy », son premier LP. Une chanson qui figurait dans le soundtrack du film « 06/05 » de Theo Van Gogh, long métrage qui relate l'assassinat du leader nationaliste hollandais Pim Fortuyn. Le Gantois d'adoption revient alors à des pistes issues de son nouvel essai ; soit « Song n°7 », « Work Song » et le très médiatisé « Gold ». Un filet de guitare guide les cuivres et canalise la voix sucrée de Gabriel. Ruben frappe sur sa contrebasse, suppléant ainsi parfaitement l’absence de percussions. Katell Keineg rejoint Rios au chant, pour attaquer « Swing Low », un titre au cours duquel, il se consacre aux ivoires. Le concert est terminé. Il est passé trop rapidement.

En rappel, nous aurons droit à « El Carretero » du Buena Vista Social Club, collectif que votre serviteur avait pu voir, la semaine dernière, à l’AB. J’en ai d’ailleurs encore des paillettes dans les yeux. La cerise sur le gâteau, nous viendra de « Police Sounds ». Bouleversant ! Gabriel Rios signale que son grand-père chantait cette chanson. Une superbe fin pour cet excellent spectacle. A l’issue duquel, à l’instar de nombreux aficionados, votre serviteur s’est rendu au stand merchandising. Rien de tel pour clore la soirée en beauté…   

(Organisation : Live nation)

Ce soir l’AB est archi-comble pour accueillir l’Orquesta Buena Vista Social Club. On va donc vibrer aux sonorités cubaines de la guajira, du danzon, du bolero, du cha-cha-cha et de la rumba. Entre autres. C'est la tournée d'adieu du Buena Vista Social Club. Elle a d’ailleurs été baptisée 'The Adios Tour'. Et la nouvelle mise en scène devrait permettre au répertoire, pourtant classique, de prendre une nouvelle dimension.   

Le Buena Vista Social Club est à l'origine, une mythique boîte de nuit située dans la banlieue de La Havane, à Cuba. A l’issue de la révolution cubaine de 1959, ce night club a disparu. Cinquante ans après sa fermeture, le nom a été repris pour baptiser un projet musical imaginé par Nick Gold de la maison de disques World Circuit et le guitariste américain Ry Cooder. L'idée de ce projet était de réunir dans un même enregistrement des musiciens cubains ‘campesinos’ (soneros légendaires des années 1930, 40 et 50) et d'Afrique de l'Ouest. Retenus à l'aéroport de Paris, les Africains n’avaient pu rejoindre Cuba. Finalement l'enregistrement de l'album sera réalisé sans eux. Intitulé « Buena Vista Social Club », il va rencontrer un tel succès que le groupe sera invité à se produire sur scène. D’abord à Amsterdam, en 1998 ; puis pour une série de concerts au Carnegie Hall de New York. Le cinéaste Wim Wenders sera même sollicité pour filmer ces événements. Il va en réaliser un documentaire, en ajoutant des interviews accordées par plusieurs musiciens, à La Havane. Et le film va même porter le même titre, 'Buena Vista Social Club'.

Avant le spectacle, l’impatience est palpable dans la grande salle de l'Ancienne Belgique. L’auditoire est constitué essentiellement de quadras et de quinquas pour cet avant-dernier show. A 20h30 pétantes, les lumières s'éteignent. Rolando Luna se dirige vers son piano, placé à l’extrême gauche du podium. Il est seul pour rendre un premier hommage. A Ruben Gonzales, décédé en 2003. En interprétant « Como Sento Yo ». Tout au long de ce récital, une vidéo consacrée à Ruben défile en arrière-plan, sur un écran. Bouleversant ! Le combo déboule ensuite sur les planches, sous la houlette du tromboniste Aguaje Ramos. Pour cet ‘Adios Tour’, il a entraîné dans le périple, plusieurs musiciens qui avaient participé à la confection de l’opus ainsi qu’au film, il y a plus de 15 ans. Et tout particulièrement Eliades Ochoa, le guitariste au chapeau de cow-boy, le trompettiste Guajiro Mirabal et le virtuose du laud, Barbarito Torres. Ils sont soutenus, ce soir, par de nombreux musicos qui les ont rejoints au cours de l'aventure, dont le vétéran Papi Oviedo, particulièrement dynamique à la guitare 'tres', le jeune pianiste –un virtuose !– Rolando Luna, et une fameuse section rythmique composée du contrebassiste Pedro Pablo et des percussionnistes Andres Coyao (congas), Filiberto Sánchez (timbales) et Alberto 'La Noche' (bongos). Sans oublier le trio de trompettiste drivé par Luis Allemany et le célèbre chanteur de 'son', Carlos Calunga. Chef d’orchestre, Jesús 'Aguaje' se consacre également au chant. Il y est secondé, par la très belle Idania Valdés.

Le second hommage est réservé au contrebassiste Israel ‘Cachao’ López, disparu en 2008. Et c’est évidemment Pedro Pablo qui donne le ton, tout au long de « Tumbao », alors qu’en arrière-plan, ce sont les images de Cachao qui sont projetées. On en arrive donc à « Santa Lucia ». Là en fermant les yeux (NDR : surtout si on a vu le film), on se sent transporté à la Havane, dans la rue, où défilent devant vous des vieilles bagnoles américaines rafistolées. « Rincon Caliente », « Carretera » et « Trombon Majadero » permettent d’entretenir ce voyage. Comme son titre l’indique, « La Percusion » va démontrer tout le talent du trio de percussionnistes, installés sur une estrade, au fond de la scène. Après « El Ruisenor », on a droit à un troisième hommage à travers « Bruca Manigua ». Il s’adresse à Ibrahim Ferrer qui s’est éteint en 2005. Votre serviteur avait eu la chance d’assister à un concert de ce personnage, physiquement frêle, mais grand pas son talent de vocaliste, un an avant son départ. Je regarde donc attentivement les images qui défilent sur l’écran. Et un quatrième est dédié au guitariste Manuel Galbán, qui nous a quittés en 2011, lors de l’interprétation de « Marieta ». Après « Batanga », j’assiste à l'arrivée triomphale d'Omara Portuondo. Ce moment est particulièrement attendu par l’auditoire. Car, cette jeune fille n’a que 84 ans. C’est l'une des dernières icônes vivantes de la grande 'Musica Cubana'. Et quand elle déboule sur les planches, c’est pour mettre le feu. Tout d’abord lors des trois premières chansons qu’elle interprète. Omara et le Rolando Luna sont très complices. Et « Mulata En Cha Cha Cha », « 20 Anos » et « Quizas Quizas » en sont de belles illustrations, des compos au cours desquelles, la voix de Mrs Portuondo vous prend littéralement aux tripes. Elle s’éclipse alors sous un tonnerre d'applaudissements. Deux ans, que je n'avais pas vu la grande diva et je dois vous avouer jubiler de bonheur en revivant de tels instants magiques. Sa voix vous fait fondre comme un glaçon au soleil.

« Chan Chan » constitue le cinquième hommage. Il s’adresse à Compay Secundo, un remarquable guitariste décédé en 2003. Lui et Ibrahim formaient un duo infernal. Les images nous feraient presque croire que Compay est présent parmi nous. Le sixième concerne Pio Leiva, la voix de Buena Vista Social Club. Il a rejoint l’autre monde en 2006. Idania Valdés et Carlos Calunga saluent divinement sa mémoire, à travers « El Cuarto De Tula ». Le concert est fini. Mais ce n’est pas la fin...

Omara, la grande dame, est de retour. Mon coeur frétille comme un gardon avant même qu’elle ne se mette à chanter. « Dos Gardienas » et « Candela » constituent assurément les cerises sur le gâteau des 95 minutes de ce fabuleux spectacle. Que je n'oublierai pas de si tôt. En finale, on retiendra encore les exercices de style de Guajiro Mirabal et les pirouettes de Barbarito Torres, qui va même jouer de son laud, dans le dos.  

(Organisation : Ancienne Belgique + Jazztronaut)

Voir aussi notre section photos ici  

 

jeudi, 30 août 2018 13:56

A prendre au second degré…

Les R'tardataires sont toujours à l'heure. Pas vraiment, puisque si leur set était annoncé pour 20h00 pétantes, il a débuté à 20h30 précises. Vu la maigre assistance je crains alors le flop. Heureusement, dès que les musicos montent sur le podium, le public va commencer curieusement à affluer. Dont de nombreux Liégeois. Venus en car, pour la plupart, ils sont restés coincés dans les embouteillages (NDR : sommet européen oblige). Et lorsque le reste de la foule est arrivée, plus moyen de bouger le petit orteil. Donc, contrat déjà rempli avant le début du concert. Ne restait plus qu’aux artistes à faire le reste. Et ils vont se montrer largement à la hauteur. Un show de 110 minutes, sans la moindre pause. Tout comme lors des Francos 2014, les Les R’tardataires vont nous mettre un feu d'enfer.

Le crew est mené de main de maître par deux Mc's : Max (Maxime Lacroix) et Ced (Cédric Chiappe). Ils sont épaulés par quatre musicos : Benoît Lesage à la basse, Andréa Monticciolla aux claviers, Aurelien Wynant aux drums, Sébastien Hogge à la guitare et Dj Nsk aux platines. Ils l'avaient annoncé via les réseaux sociaux : la soirée allait être particulière est chargée de surprises. Et pour cause, quelques invités vont participer à la fête, dont 'Daddycookiz' d'Atomic Spliff and The Rebel Dubz et le gratteur Chicos y Mendez. Sans oublier Terence Deepijan, un grand rigolo plutôt talentueux, préposé aux congas, qui avait participé aux sessions d’enregistrement de leur dernier elpee.  

Après une petite intro, Max et Céd déboulent sur les planches. Ils ont l'air particulièrement en forme. De suite, ils chauffent le public et font monter la pression. Ils sont incapables de rester en place une seule seconde et vont littéralement mouiller leur chemise, tout au long du show. Qui s’ouvre par « En Retard ». Ce n'est pas le cas. « Onanaoo » embraie, dans un climat digne de Kingston. Une compo aux lyrics plutôt cocasses. Et la foule jumpe ‘sec’. « C'est Grillé » baigne dans une atmosphère reggae. Il n’y manque plus que le ganja. Max et Céd se rapprochent du bord de l’estrade afin de nous raconter une petite histoire : « Les Escargots-DF ».

Retour back stage avant de revenir masqués pour « Martiens ». Les paroles sont à prendre au second degré. Et elles sont vraiment drôles. « Zion » évoque inévitablement Bob et ses Wailers. Après « Interlude Lucky Peterson », Max et Ced vident les lieux. Mais on s’en doute, ils préparent une descente de police dans l’hémicycle. Les deux flics réapparaissent alors, revêtus de leurs gilets pare-balles, sur lesquels est mentionné le mot 'Poulet', afin d’attaquer « Chopons Les/22, Fais Tourner ». Cocasse ! Et c'est la folie sur le dancefloor. Place ensuite à la cover du « Kiss » de Prince. Andréa s'époumone. Il est soutenu par Dj Nsk aux platines. Des images de pendules dont les aiguilles tournent sont projetées sur des écrans ronds, situés sur le dôme, au-dessus de la scène. Les 'deux furieux' ont enfilé des tee-shirts signés 'B'. J’ignorais qu’ils bossaient à la SNCB. Daddy Cookiz rejoint la troupe sur le podium, pour un « Good Vibes » décapant. Cap une nouvelle fois vers Kingston. A travers une chanson de l’artiste invité. L’ambiance monte encore d'un cran dans la fosse. Le public est de plus en plus bouillant.

Pas étonnant, car le retour des deux Mc’s se précise et se concrétise à travers une version dantesque de « La Folie Des Glandeurs ». Ils ont enfilé des pyjamas et des peignoirs bleus. Et chaussé des charentaises. C’est un morceau qui fait également l’objet d’une vidéo hilarante (voir ici). Elle raconte le parcours d’un être humain délaissé qui se laisse aller. A prendre au second degré, bien sûr. Mais qui reflète parfaitement la dure réalité de la vie. Changement de déguisement pour Max et Ced qui font leur come-back. Ils portent maintenant des lunettes fumées. « A la pêche aux moules » ? C’est une chanson d’amour proposée sous la forme d’un rap consistant. « P'tit Dylan » opère une petite incursion dans l'univers manouche de Django Reinhardt. Et ils sont doués les musicos. Ils sont même capables de mettre n’importe quel style musical à la sauce rap. Ce qui explique sans doute pourquoi, leur musique touche un large public. C’est au tour de Chicos Y Mendez aka David Méndez Yépez de faire son apparition. Pour deux pièces de résistance. Tout d’abord « Rien De Nouveau Sous la Pluie », un titre à la coloration latino étonnante. Qu’il chante. Et puis « Di Llo Mas Fuerte », au cours duquel, il joue de la guitare. Dans un climat réminiscent de Rodrigo Y Gabriela, des Buenas Ondas voire de Manu Chao. La fin du set approche. Un p'tit ska pour la route ? C’est « Natural ». D’autant que cette chanson raille les filles qui se maquillent ou ont recours à la chirurgie esthétique. Et « C'est Bon » clôt le concert. Au départ, j’avais du mal à accrocher. Aujourd’hui, je la digère plus facilement.  

Pour le rappel, Les R’tardataires reviennent déguisés en curés. Une belle chorale. « Mamy Blues » nous entraîne dans le delta pour conter l'aventure d'une petite vieille oubliée à la maison de retraite. Un message terriblement réaliste.

Et le set de s’achever par « Soirée Mousse », contexte idéal pour une distribution de 'pt'ites chopes'. Le concert est passé très vite. Les gars ont assumé 'grave'. On sent qu’ils on pris de la bouteille et sont prêts à faire les grandes scènes.

(Organisation : Le Botanique)

Le concert Rockpalast filmé par la TV allemande a été restauré et édité pour la 1ère fois !

En DVD, et en couble CD + DVD. Il paraîtra ce 24 novembre 2014. Son titre ? “Uprising live”

Tracklisting

I Threes (Rita Marley, Marcia Griffiths & Judy Mowatt) 1) « Precious World »  2) « Slave Queen »  3) « Steppin' Out Of Babylon »  4) « That's The Way Jah Planned It » Bob Marley 5) « Marley Chant »  6) « Natural Mystic »  7) « Positive Vibration » 8) « Revolution » 9) « I Shot The Sheriff »  10) « War / No More  Trouble »  11) « Zimbabwe »  12) « Jamming »  13) « No Woman, No Cry »  14) « Zion Train »  15) « Exodus »  16) « Redemption Song »  17) « Could You Be Loved »  18) « We Can Make It Work » 19) « Natty Dread »  20) « Is This Love »  21) « Get Up, Stand Up »  22) « Coming In From The Cold »  23) « Lively Up Yourself ».

 

La première fois que j’ai entendu parler d’Irma Pany, c'était en 2011. Elle venait de poster son futur tube « I Know », sur la toile. Les internautes lui ont ensuite fait confiance et ont financé son premier album, « Letter To The Lord », via la plateforme participative 'My Major Company'. Et l’elpee est rapidement devenu disque de platine. Son premier concert, elle l’accorde à l’Ancienne Belgique, en première partie de Stromae. Coiffée d’un bonnet, armée d’une sèche, et tirant parti d’une loop machine, elle s’y produit en solitaire. Et tout en démontrant déjà son immense talent, sa superbe voix fait déjà la différence. Quelques mois plus tard, elle foule les planches de l’Orangerie, devant un auditoire sold out, pour y livrer un set empreint d’une grande sensibilité.

Irma est depuis soutenue par un backing group. Elle se charge du chant, de la sèche et des percus. Des percussions auxquelles se consacre entièrement Claire Pastor. Le line up est complété par le drummer Nicolas Dacunha, la bassiste Elise Blanchard, le guitariste Gautier Vizioz ainsi que Nicolas Liesnard au piano et synthétiseurs. Agée de 26 printemps, la Camerounaise possède un grain soul particulièrement émouvant dans la voix. Et difficile de ne pas y succomber. Sur les planches, sa frêle silhouette et son instrument font littéralement corps. Que ce soit la guitare, le piano ou les percus, qu’elle alterne avec le même bonheur. Son second album « Faces », est paru début juin. Elle l’a enregistré aux States. Elle est donc venue le défendre. L'Orangerie du Botanique est en configuration assise comme il y a deux jours pour Adam Cohen.

L’estrade est complètement dégagée au centre. A gauche sont concentrés la bassiste (également préposée aux synthés), le guitariste, et sur une estrade, la percussionniste. A l'extrême droite, le drummer jouit d’un emplacement de choix, sur un petit podium. A ses pieds, s’est installé le claviériste. Le concert va débuter. La scène est balayée d’un light show aux couleurs jaunes/orangées. Manifestement, un événement va se produire. Effectivement, Irma déboule depuis de fond du décor, alors inondé de lumière. Elle a abandonné son bonnet, mais pas sa six cordes. Elle entame le set par le single qui a précédé la sortie de son dernier opus, « Hear Me Out ». Sa voix est douce, enchanteresse. Progressivement, elle l’amplifie avant de lui donner toute sa puissance, sous un tonnerre d’acclamations. Je suis déjà conquis. Et j’en attrape déjà des frissons partout. Première constatation, les percussions ont pris une plus grande place dans l’expression sonore, communiquant davantage de couleurs aux compos. « Letter To The Lord » et « Their Truth » ne manquent pas de charme. Irma demande de balancer les épaules et de se les tenir. Pas évident quand on tien un appareil photo en main. Mais on se plie au jeu. Le public et l’artiste sont entrés en parfaite communion. Et elle sera permanente. Pour « Save Me », elle a empoigné une mandoline, un r&b qui ne manque pas de groove. Les cordes acoustiques guident « Where Do You Go ». Une formule qui a fait son succès. Et qu’elle exploite ici, à fond.

Percus et applaudissements accompagnent la voix d’Irma tout au long de « Watching Crap On Tv ». Elle en profite pour retrouver toute la magie des sonorités de sa loop machine. Et on se délecte des « Street Lights », « Ain't Easy » et « Everything Comes And Goes ». « Trouble Maker » rend un hommage appuyé à Michael Jackson. Elle ose un pas de danse qui devient presque envoûtant. On a envie de la rejoindre, mais c’est interdit. Elle nous réserve une autre reprise, mais de Justin Timberlake, toujours aussi dansante. Pour « Love Me », elle participe activement aux percussions. Et la belle va même au charbon. Chaleureux, l’auditoire l’accompagne en tapant dans les mains. Une envie irrésistible de quitter son siège vous envahit, mais la sécurité veille au grain. Les consignes sont strictes. Restez assis, vous pouvez vous agiter, mais modérément. Elle n’oublie pas son hit « I Know », qui lui a permis de faire sa place sur la scène musicale. « Catch The Wind » n'est pas une reprise de Donovan. Ou je me trompe. Mais c’est surtout une chanson qui incite au recueillement. En fermant les yeux, on entre dans le monde du rêve…

« Unconditional » constitue le dernier titre du concert. Enfin, celui pour lequel elle est soutenue par ses musicos. Car elle revient pour un petit rappel, mais en solitaire. Elle s’assied sur le bord de l’estrade pour interpréter « End Of The Story ». Bouleversant ! Et nous réserve une version acoustique, empreinte de tendresse, d’« I Know ». Votre serviteur a passé deux soirées d'exception en trois jours dans cette Orangerie en configuration assise : Adam Cohen et Irma. Deux artistes talentueux, mais qui sont demeurés humbles. Et qui respectent leur public…

(Organisation : Botanique)

mercredi, 15 octobre 2014 16:33

Chain Reaction

Distorted Harmony nous vient d'Israël et plus précisément de Tel Aviv. Le groupe est né en 2009, suite à la rencontre entre le compositeur/claviériste Yoav Efron et le drummer Yogev Gabay. En 2011, le duo est rejoint par le guitariste Guy Landau, le bassiste Iggy Jackson- Cohen aka Jalapeno et le chanteur Misha Soukhinin. Le premier album « Utopia » est paru en 2012. « Chain Reaction » constitue donc leur second. Et dès la première écoute on ressent de bonnes sensations.

Le combo pratique un métal/prog/rock tour à tour paisible ou musclé. Et la transition entre ces deux pôles est impeccable. Les mélodies sont soignées, les refrains contagieux (« Methylene Blues »), mais les guitares (parfois envahissantes, quand même) sont régulièrement découpées dans des riffs sauvages ; à l’instar du deuxième morceau de l’LP, « Children Of Red ». Etonnant, malgré leur origine, le band ne concède aucune influence orientale ou même moyen-orientale.

Afin de me forger une idée plus précise de l’évolution de la formation, j’ai pris la peine d’écouter leur premier long playing, « Utopia ». Manifestement le band a pris de la bouteille. Les musicos maîtrisent parfaitement leurs instruments. Et certaines pistes trahissent quand même des influences puisées chez Dream Theater. 

« Every Time She Smiles » ouvre la plaque, une plage aux arrangements puissants, mais soignés, sur laquelle se pose une voix harmonieuse. Une voix qui sert souvent de modérateur. A l’instar de « Misguided », une chanson de 8’ (NDR : c’est la plus longue de l’elpee), au cours de laquelle la gratte démarre en douceur, s’emballe avant d’être rejointe par les claviers. Manifestement, ce morceau adopte une structure bien prog.  

Nothing (But The Rain) » est un instrumental assez bien balancé. « As One » constitue la plage du long playing que je préfère. Au fil de l’écoute, j’y découvre de nouvelles sonorités. Déroutant au départ, « Hollow » nécessite également plusieurs écoutes avant d’être apprécié à sa juste valeur. Et paradoxalement, il finit par vous apaiser. Des cordes acoustiques ouvrent « As You Go ». La voix est tendre et mélodieuse ; mais ce n’est qu’un tremplin pour permettre une montée en puissance graduelle qui intervient lors de « Naturel Selection »…

 

mercredi, 15 octobre 2014 16:27

A Social Berserker

Tacit Fury pratique du death et du trash metal. Fondé en 2001, ce groupe russe réunit le chanteur/guitariste Enoth, le drummer Imidazo et le bassiste German. Intitulé « Imaginary Suffering », son premier elpee paraît en 2002. Et le deuxième, « The Invented Pain », en 2006. Le combo se sépare ensuite pour se reformer en 2010. Il publie alors « Horrors From Depth », en 2012 ; et enfin, « A Social Berserker » en mars dernier, chez Fono Ltd. L'intégralité de cet opus a été produite aux studios Hertz en Pologne où ont notamment enregistré des formations comme Behemoth, Vader et Decapitated.

Depuis la chute du mur de Berlin, l'ouverture vers l'Est touche également la musique ; et on y recense d’excellentes formations qui méritent de s'exporter vers nos contrées. Et Tacit Fury en fait assurément partie.

Découpé en 12 morceaux, cet album est une véritable tuerie. Il fait d’ailleurs le buzz, dans les médias, un peu partout en Europe. L’expression sonore évolue quelque part entre celle de Motionless In White et de While She Sleeps. Le premier single extrait de l’LP s’intitule « Lacerated, Strangled, Impaled » ; il fait également l’objet d’un superbe clip vidéo. Et c’est ce morceau qui ouvre les hostilités. Grattes et drums se livrent une véritable guerre des tranchées. La voix est puissante et percutante. Les riffs de gratte sont très soutenus. Dans le style « Run While You Can », « Mind Crushing Power Dominance » et « Release The Lions » devraient régaler les mélomanes du style. La voix d’Enoth se crispe pour « Chronology Bleached », alors que les soli de cordes sont à la fois épiques, précis et techniques. Tout comme pour « A Standard Of Perfection » et « Future For Future ». « Overbade » et « Ferocity Unleashed » constituent les deux pistes qui me bottent le moins. « The Saw Wheel Of Fortune » et « War Against All Living » nécessitent plusieurs écoutes avant d’être appréciés à leur juste valeur. « Creeping Death » clôt les débats. Bonus track, il s’agit d’une cover de Metallica. Et à la sauce russe, le résultat est probant.

 

mardi, 14 octobre 2014 15:42

Horaire décalé…

Ce vendredi 18 juillet, les R’tardataires ont ouvert le festival des Franfofolies sur la scène ' Ice Watch' du Village FrancoFou. Pas un challenge facile. Mais ils s’en sont bien tirés. Il y avait du peuple et la prestation a été bien accueillie. Les R'tardataires ont été lauréats du ‘Franc'Off’ et finaliste de la ‘Biennale de la Chanson Française’, en 2013. Une belle carte de visite. A l’issue du concert, Cédric et Max, les deux vocalistes ont accepté de nous accorder un entretien. Rendez-vous pris dans le hall de l'Hôtel Radisson Blu Palace de Spa, et pas question d’être en retard…

 

Les R’tardataires qui intitulent leur album « Mieux Vaut Tard que Jamais », c’est un peu un poncif ?

Cédric Chiappe (Céd) : Il faut bien qu'on arrive un jour. Les R'tardataires, c'est bien. Etre en retard, c'est beau. A un certain moment, il faut qu'on arrive. Et puis tout le monde est concerné. Aussi bien toi que moi. Il vaut mieux tard que jamais...
Maxime Lacroix (Max) : Ce titre, nous l’avions choisi, un an et demi avant sa sortie. On a déduit que dans le contexte, il n'était pas mal du tout.

Quelques mots sur votre parcours ?

Céd : Nous avons démarré en 2010. On a enregistré un album démo tous les deux. Nous avions déjà adopté le style qui allait devenir celui des R'tardataires. Mais on voulait immédiatement bosser en compagnie de musiciens. Pendant trois ans, on a beaucoup tourné à Liège. Ce qui nous a permis de réunir une bonne base de fans. Et puis, on a eu la chance de gagner deux ou trois concours : La Biennale de La Chanson Française et les Franc'Offs qui nous ont permis de nous produire, aujourd'hui. On a joué aux Ardentes, la semaine dernière Nous partons à Montréal pour le ‘coup de coeur francophone’, en novembre. Parcours simplifié, mais non moins beau.

On en arrive inévitablement à vos influences musicales ?

Céd : Le rap français, bien sûr. Le reggae, le ragga.
Max : Pour les autres musiciens du groupe : le funk, le rock, le jazz.

Dans vos textes vous avez constamment recours à la dérision. Et puis ils sont décalés. C’est une ligne de conduite ?

Céd : Oui, ce besoin de dérision est essentiel. Dès la première démo, nous nous en servions déjà. Nous essayons d’aborder les événements au second degré. Comme j’essaie de le faire maintenant. Et c’est un gros effort. Les textes sont donc volontairement décalés. Nous abordons des sujets sérieux sous cet angle. C'est notre kiff.

Des exemples ?

Céd : Les textes ? C'est de la merde. Sinon, franchement, on raconte la vie de tous les jours. Des mammys qu’on place dans les maisons de retraite, qu’on oublie et laisse mourir dans les homes. Des sans-abri, dont tout le monde s'en fout. Des martiens qui décident de passer leurs vacances sur la terre. Des filles qui sont belles au naturel. Des trucs parfois sans importance qui nous font bien rire. Tout ce qui nous passe par l’esprit et susceptible de faire une bonne chanson.
Max : De tout et de rien. De la folie des glandeurs. Des soirées ‘mousse’.

Votre clip « 22, fais tourner », est plutôt drôle ? D'où vous est venu l'idée du scénario ?

Céd : Pas pour remuer la merde. La réalité reste la réalité et la police n'est pas toujours... On caricature à mort. C'est à cause des décisions gouvernementales que les policiers se retrouvent parfois dans des situations délicates. On le remarque au quotidien. C’est un problème que nous dénonçons. Et que nous étalons au grand jour…
Max : Au départ, notre intention n’est pas de pleurer sur notre triste sort. Ce n’est pas la police, mais plutôt le système que l'on caricature. Et ensuite, comme les flics incarnent le système, ils deviennent les boucs émissaires…  

Vous utilisez également la toile et surtout les réseaux sociaux, pour communiquer ? Est-ce, pour vous, un maillon essentiel dans le processus de promo ?

Céd : Quand tu fais un clip aujourd’hui, il est très facile de le poster sur internet.
Max : Pour nous, non. Mais si tu veux un max de visibilité, tu n'as pas le choix. Il n'y a pas d'autre moyen aussi efficace. Tu dois faire ta propre pub via Internet. Et gérer ta promo. Tu passes par Facebook et c'est parti. Avant, ce n’était pas le cas. Ce qui change tout pour un groupe.

Prince vous aimez ?

Max : Un tout petit peu.

Et le rappeur Makyzard ?

Céd : Ah oui que l'on connaît ! C'est tout bon. On avait partagé une petite scène avec lui au Live and Stage à Chênée. Après son set on s’était un peu lancé dans l’exercice du free style. Il est terrible ce gars et en plus il crée de la très bonne musique. Son guitariste est un vrai malade mental. Il n'y a pas que lui d'ailleurs. Ses musiciens sont hors pairs. Il chope des mots qui viennent du public et les transforme en chanson. Nous avons un peu perdu cette discipline. Mais il n’est pas dit qu’on n’y reviendra pas. Quand tu explores ce créneau, tu participes à la culture hip hop. Improviser sur des mots en ‘live’, c’est très difficile à réaliser…

Sur les planches, vous libérez de l’énergie positive, non ?

Céd : Absolument ; on met toute notre énergie négative dans nos chaussures et puis on y va. Oui, à fond. Le but est de se marrer. Sur scène, devant la foule, on n'a pas envie de débarquer comme des mollassons. On souhaite que ça pète. Et en même temps, on se fait plaisir. On cherche à chauffer la foule et qu’elle jumpe avec nous. On n’est pas du genre à interpréter des chansons tristes destinées à faire pleurer les gens. Ce n'est pas notre style. Même dans les textes, on positive. La scène, c'est primordial pour nous !
Max : Good Vibrations. Le délire général du groupe c'est qu'il faut positiver un peu.

Après les Ardentes, vous ouvrez les Francos à 13h00, un joli défi pour vous ?

Céd : Oui un vendredi, c'est un challenge et on a bien relevé le défi. Du moins, je pense. Il y avait du monde malgré la chaleur. Il y avait du soleil et nos compos ont apporté au public un certain réconfort.

Votre rap est coloré, métissé, même. C’est dans l’esprit de notre musique ?

Céd : Sympa comme réflexion. C'est le but aussi. Toujours sur une base hip hop, mais bien colorée.
Max : En fait, ce feeling reflète les influences des autres musiciens. Que ce soit du reggae, ska, du latino ou de la drum&bass, quand on se lance, c’est à fond les manettes…

Quels sont vos trois albums de chevet ?

Céd : « L'Ecole du Micro d'Argent » d’IAM, le premier de Féfé, « Les Jeunes A La Retraite » et « X Raisons » de Saïan Supa.
Max : Idem que Céd. Celui de Raggasonic aussi.

Le concert qui vous a le plus fait flasher ?

Max : Celui de de Stromae aux Ardentes. C'est un grand malade, ce type. Son show à l’américaine est d’une grande précision. Mais quand tu tournes, tu te rends compte du taf qu'il y a derrière. C'est une vraie machine de guerre. Depuis deux ans, il a fameusement évolué. Au point de vue technique, c'est pointu et le top.
Céd : Perso, celui de IAM qui a accordé un show à l'ancienne. Un sommet !

jeudi, 09 octobre 2014 01:00

Le déluge sonore a brisé mon élan…

Le Botanique a pris une coloration canadienne ce soir. Aussi bien à la Rotonde qu’à l’Orangerie. La grande salle devrait vibrer aux sonorités électro de Caribou. Et la Rotonde trembler sous les décibels de Death From Above 1979. Votre serviteur remplace au pied levé un collaborateur empêché pour le concert de Daniel V. Snaith et sa bande. Il y a énormément de monde pour les deux concerts. Ils sont même sold out. La soirée sera donc chaude, mais pas exceptionnelle.

Jessy Lanza est également canadienne. Elle sert de supporting act pour Caribou. Elle va sauver ma soirée. Née en 1985, cette chanteuse/musicienne est issue de Hamilton, dans l’Ontario. Elle est considérée comme une des découvertes les plus marquantes, au pays de l’érable, en 2013. Perso, je la découvre également. Elle a reçu une formation jazz, mais avoue pour influence majeure, le r'n'b. Et apprécie notamment des artistes comme Missy Elliot et Timbaland. Son premier elpee, « Pull My Hair Back », est paru en 2013. C’est d’ailleurs des extraits de ce disque qu’elle va interpréter lors de son set. Elle est seule sur les planches, entourée de ses synthétiseurs et machines. Douce, troublante et sensuelle, sa voix colle parfaitement à son électro. Jessy est cependant timide et ne communique guère avec le public, pourtant attentif à sa prestation. Le son est presque parfait. Et à l’issue de son show, d’une durée de 30 minutes, elle est chaleureusement applaudie. Malgré le bref laps de temps qui lui a été imparti, il faut reconnaître que l’artiste a laissé entrevoir un énorme potentiel. A revoir certainement, mais en tête d'affiche. Quelque part, elle me fait penser à M'Michèle, véritable surprise électro, lors des dernières Francos…

Caribou, c’est le projet de Dan Snaith. Un multi-instrumentiste, producteur, chanteur, arrangeur et compositeur qui fait un véritable tabac sur la scène contemporaine. L’animal doit être beau et impressionnant pour recueillir un tel crédit. Faut dire qu’il compte –en tenant compte de ceux de Daphni et Manitoba– 7 albums à son actif. Précédé par le single « Can't Do Without You », son dernier LP, « Our Love », est paru ce 6 octobre. Et en ‘live’, il est soutenu par 3 collaborateurs.

Les quatre acolytes sont disposés en cercle, un peu comme chez BRNS, pour démontrer leur cohésion. Dan se charge des percus et des synthés. Deux batteries se font face. Les autres musicos se partagent machines et autres synthétiseurs. Lorsqu’il monte sur l’estrade, Smith est acclamé par une foule venue spécialement pour lui. Mais dès le départ, je constate que le son est de qualité médiocre. Les synthés saturent et les retours de basse sont excessifs. J’ai beau changer de place, le résultat est identique. Même près de la table de mixage. C’est peut-être un choix du leader qui souhaite probablement noyer l’auditoire dans son déluge sonore. Mais perso, je préfère rester la tête hors de l’eau. Dès que le son est de piètre qualité, je suis mal à l'aise et je finis par vider les lieux. Avant même la fin du concert. Comme ce soir. Une seule chanson fera exception à la règle, plus paisible également, et paradoxalement celle au cours de laquelle Dan va inviter Jessy à le rejoindre sur le podium.

Notre rédac’ chef néerlandophone assistait au concert de Death From Above 1979 à la Rotonde. Il a débarqué à l’Orangerie à deux reprises, me signifiant que la musique de Caribou était superbe. Sur disque, certainement. Bon, comme le justifiait Johan, elle n’est peut-être pas adaptée aux petites salles et prend, paraît-il, une autre dimension lors des festivals. C’est à vérifier…

(Organisation : Botanique)  

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