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    Complètement perdus … Barry Moore est musicien, auteur et compositeur. Cet Irlandais est encore un enfant lorsqu'il plaque ses premiers accords sur la…

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Stéphane Reignier

Stéphane Reignier

Un premier Ep, « Vermillon », encensé par la critique. Un album dans sa parfaite lignée. Des clips léchés, une esthétique soignée, un duo sexué et une électro pop envoûtante. De quoi résumer parfaitement le groupe RIVE.

Derrière cet idiome, se cachent Juliette Bossé en féministe convaincue et convaincante ainsi que Kévin Mahé, le rêveur mélomane.

Ils nous viennent de Bruxelles et assurent ce soir le supporting act de Clara Luciani, une artiste française très en vogue en ce moment, grâce à sa « Grenade », véritable misandrie.

Ils s’étaient produits il y a deux ans au festival ‘Août en Eclat’ au cours duquel, le jeu des questions-réponses de Musiczine, un des premiers médias à s’intéresser à leur projet, les avait séduits.

« Narcose », premier long playing aux sonorités à la fois contemplatives, précises et exquises, risque de faire un tabac…

En se produisant lors de dizaines de concerts et de festivals, le duo s’est forgé une expérience certaine. Il était intéressant de retracer le parcours des deux jeunes artistes au détour d’un concert, préambule à la release party qui se déroulera le 14 mars, dans l’enceinte de la Rotonde.

L’année 2018 a été prolifique pour Rive. Votre premier Ep, « Vermillon », vous a permis de décrocher des nominations aux Octaves de la Musique, aux Sabam Awards, et de tourner pas mal en Belgique et en France, mais surtout au Québec et en Chine. Si vous deviez jeter un regard critique sur votre parcours depuis 2015, quel serait votre point de vue ?

Juliette : Les trois dernières années ont été magnifiques. Prolifiques aussi puisqu’au-delà de tous ces concerts, nous avons été créatifs en concoctant de nouveaux morceaux. Vraiment une belle expérience !
Kévin : J’ajouterai que nous nous sommes nourris aussi de l’environnement immédiat dans lequel on vivait ; ce qui, d’une manière ou d’une autre, a causé un impact inévitable sur notre musique. Je pense notamment aux paysages.
Juliette : Oui, Kévin a raison. Durant tout ce temps, nous avons beaucoup tourné. Nous avons rencontré du monde. Nous avons joué avec d’autres groupes aussi. L’album est la résultante de tout ce vécu !

A propos de vos prestations en Chine, quelle expérience en retirez-vous et comment le public chinois vous a-t-il accueilli ?

Juliette : Nous avons tourné en compagnie de Français, de Suisses et de Québécois. Les salles dans lesquelles nous nous sommes produits, d’une capacité variant de 300 à 1500 personnes, étaient souvent pleines à craquer. Pour la Chine, les spectateurs ne nous connaissaient pas nécessairement, mais ils étaient intéressés par notre musique et la culture francophone. L’accueil a toujours été très bon. Dès qu’on arrivait sur scène, l’hystérie était palpable. Après les prestations, on signait énormément d’autographes et les demandes de photos étaient légion. Je crois que notre style a bien plu. Nous sommes revenus au bercail vraiment très satisfaits de ce séjour…

Il y a encore quelques années, avant de participer au concours ‘Du F. dans le texte’ vous déclariez n’avoir aucune dynamique de travail particulière et de prendre les choses comme elles venaient. J’imagine que le succès, la sortie d’un disque et les tournées qui ont suivies modifient la manière de concevoir les événements…

Juliette : La pression, c’est nous qui nous la mettions ! Lorsque nous avons sorti « Vermillon », il y a deux ans, nous savions que nous ne devions pas attendre trop longtemps pour graver ce nouvel album. En réalité, nous avons enregistré un nouveau morceau tous les deux à trois mois. Les dates de réservation du studio étaient programmées à l’avance. Une manière d’être contraints de bosser en amont pour arriver le jour ‘J’ avec de la matière sous le bras. C’est vraiment notre technique de travail.

L’expression graphique est très présente chez vous. L’artwork d’abord et ensuite les clips créés par l’équipe du Temple Caché pour lesquels vous avez remporté des prix internationaux. Je pense à « Vogue », « Justice » ou encore ici à « Fauve ». Si l’esthétique est importante à vos yeux, n’avez-vous pas peur qu’elle prenne le pas sur le son et que l’on parle de Rive essentiellement pour l’image ?

Kévin : La musique a toujours été ma passion. Que ce soit dans le domaine des films, de la littérature ou encore de la bande dessinée, un milieu où nous avons beaucoup d’amis, nous aimons travailler avec ceux qui possèdent un univers fort et créatif… Il est important pour nous de soigner cet aspect visuel et esthétique, tout comme le son, dans ses moindres détails. Ce mélange de genres nous passionne véritablement.
Juliette : Oui, l’identité visuelle fait partie intégrante du projet depuis le début parce que nous y sommes sensibles. Elle constitue même une part importante de la culture de RIVE. On le ne reniera jamais…

A propos des clips, étrangement, vous n’y apparaissez jamais …

Juliette : C’est un choix ! Le but était de laisser libre cours à l’imagination des réalisateurs. Pour l’instant, nous nous en contentons. C’est très bien ainsi ! Ce qui ne veut pas dire pour autant qu’on n’y apparaîtra pas un jour, mais ce sera à travers une esthétique particulière, je pense.

Pour beaucoup, la musique est souvent juste un produit de consommation marketing qui n’existe que pour satisfaire un besoin immédiat. Pensez que Rive puisse traverser les âges et les générations ?

Juliette : Avons-nous un futur sur cette planète fatiguée et malade ? L’idée est de poursuivre notre chemin, c’est-à-dire créer une musique qui nous touche. J’estime que c’est ce qui est le plus important. On verra si dans le futur, le public continuera à être sensible à cet univers de la même manière. Nous restons très influencés par le passé, mais nous écoutons pas mal de musiques actuelles. Nous sommes attentifs à tout ce qui se passe aujourd’hui. Si besoin, nous nous adapterons musicalement car nous sommes très ouverts à ce sujet. Mais, dans milieu, tu sais comme moi, que l’on ne peut rien prédire…

Chez Rive, il y a peu d’instruments organiques. Juste un peu de gratte électrique, du synthé, du piano et la rythmique de Kévin. Vos chansons apparaissent donc en grande partie en fonction des arrangements. N’avez-vous pas peur que le travail de production tue l’émotion ?

Kévin : C’est une bonne question ! Nous nous la posons aussi lorsque nous élaborons les morceaux et que nous les enregistrons. Nous sommes attachés aux mélodies. On les retrouve souvent dans la pop. Lorsque Juliette compose un morceau au piano, la difficulté est d’atteindre le bon équilibre entre les arrangements et la voix. Nous aimons nous surprendre, mais au fond que faut-il ajouter pour avoir un son 100% RIVE ? L’objectif premier de la formation est de ne pas s’arrêter sur une esthétique simpliste, même si elle plutôt agréable à l’oreille. Et puis, ce travail de recherche nous amuse beaucoup. Après, libre à chacun de savoir s’il s’y retrouve ou pas.

Le féminisme et les thématiques liées à l'égalité femmes-hommes appartiennent, depuis longtemps, à votre identité. Le morceau « Nuit » abordait déjà le sujet (avec en voix off, les extraits d’une conférence de la féministe américaine Andrea Dworkin). "Filles" revient sur la troisième vague féministe et évoque le réveil du mouvement. Ce dernier a-t-il aujourd’hui toujours une raison d’exister, qui plus est en Europe occidentale ? Les femmes n’ont-elles pas la place qu’elles ont toujours voulu obtenir dans cette société moderne ?

Juliette : Quand on commerce à s’intéresser à cette question, on se rend compte qu’il y a encore énormément de travail. Ne serait-ce qu’en termes d’inégalité salariale ou de violences faites aux femmes par exemple. Ce combat est encore légitime aujourd’hui. A vrai dire, le féminisme a commencé à couler dans mes veines lorsque j’étais adolescente. Très longtemps, j’étais seule au front et on me considérait péjorativement comme la peste de service. J’ai pris ce rôle très à cœur et tenté d’élargir mon cercle de sympathisants. Aujourd’hui, il y a ce nouveau mouvement et je crois que c’est ultra positif. Il suffit d’examiner les affiches des festivals d’été. Elles recensent 80% de groupes de mecs pour seulement 20% de nanas. En Chine aussi, nous étions quatorze musiciens pour seulement deux filles. Les inégalités sont encore d’actualité à tous les échelons de la société. Crois-moi, il y a encore beaucoup à faire…

On sait aussi que ce sujet appartient également aux revendications de Clara Luciani. Hormis sa participation au groupe emblématique La Femme, elle est l’auteure de « La Grenade » qui scande ‘Prends garde, sous mon sein, la grenade’ ou encore « Drôle d’époque » qui détaille le poids de la condition féminine et son désir de liberté. Est-ce la raison pour laquelle vous avez été choisis pour assurer de la première partie ?

Juliette : Non ! Je pense que ce qui nous rapproche est la manière d’aborder les événements et de les transcrire. Nous avons joué à Marche-en-Famenne avant-hier soir et le public, à priori venu pour Clara, a été très réceptif à notre univers…

« Fauve » avance : ‘Le temps brûle nos sens ; tant d’autres que nous s’aiment et ne se trouvent plus’. Ce titre traite du désir et de l’alchimie des corps qui s’étiole, même si l’amour perdure. Etrange vision de l’amour alors que vous êtes si jeunes…

Juliette : Est-ce une étrange vision ? Je ne pense pas ! Je crois surtout que c’est un sujet dont on parle peu. La question de la sexualité dans le couple de longue durée est finalement peu abordée de nos jours. Enormément de films et de romans parlent de la relation amoureuse sans retirer la moindre information sur ces couples. Je dois t’avouer que ça me fait rire. Comment faire pour entretenir la flamme ? Même en termes de désir charnel. Ce sont des questions qui m’intéressent et je sais que je ne suis pas la seule à me les poser.

« Croisades » quant à lui évoque la nostalgie de l’adolescence. Qui étiez-vous à cette époque ?

Juliette : J’étais la même qu’aujourd’hui. J’adorais la musique, je jouais dans des groupes et j’étais ultra féministe. J’espère que j’ai évolué un peu quand même…
Kévin : Je crois que j’étais celui que je suis. J’étais rêveur et je continue de l’être. C’est sans doute pourquoi que je suis là ce soir.

Les textes sont ciselés. Ils ont du coffre et de la puissance. Souvent, on aime revivre les compositions à travers les textes. Est-ce votre cas ?

Juliette : Oui ! Faire figurer les textes sur le vinyle et le CD était une décision importante. Nous avons d’ailleurs poussé cette réflexion jusqu’au bout en les publiant sur le net et youtube. En ce qui me concerne, j’éprouve souvent le besoin de lire les paroles pour les comprendre ; car en règle générale, je me focalise un peu trop sur la musique.

A contrario un texte, quand il est écrit, est parfois plus difficile à accepter que chanté…

Juliette : Effectivement ! Perso, j’aime qu’ils soient assez courts. Je cherche à faire résonner certaines expressions ou les mots. « Justice » scande : ‘Toi contre moi et le temps contre nous’. Si les gens ne se souviennent que de ce slogan, c’est en soi déjà suffisant. Ils peuvent ensuite s’approprier le contexte et y mettre ce qu’ils désirent en fonction de leur envie ou de leur désir. Raison pour laquelle, nous n’avons d’ailleurs choisi qu’un seul mot pour illustrer nos compositions. En fin de compte, si le support est important, il est peut-être inexistant afin de permettre à l’auditeur de se laisser emmener par les mots. N’est-ce pas là l’essentiel, finalement ?

Si le mois de mars est marqué par les prémices printanières, soufflant le froid polaire ou le chaud méditerranéen, le spectacle qui se déroule aujourd’hui, dans l’enceinte du Théâtre du Manège de Mons, est quant à lui brûlant d’intérêt.

RIVE, binôme sexué bruxellois et Clara Luciani, artiste en vogue outre-Quiévrain, sont programmés au sein de cette structure dont le nom a été choisi en souvenir de l’ancien manège militaire de Léopold, car c’était son emplacement, avant qu’il ne soit bombardé en 1944.

Les lieux sont très tôt pris d’assaut, puisque le concert a été décrété sold out rapidement. Si les uns ont un premier essai tombé fraîchement dans les bacs depuis hier seulement, la seconde a déjà acquis une belle notoriété grâce à son tube « La grenade », martelé fréquemment sur les ondes radiophoniques généralistes.

A 19 heures pétantes, à peine la lune vient d’y dévoiler sa robe blanche et nacrée, que le duo monte sur les planches. Elle, au piano, à la gratte électrique et au chant. Lui, se charge des fûts et des claviers.

Formé en 2015, RIVE (s’) impose un style électro-pop enjoué. Face au succès critique et populaire, un premier Ep, « Vermillon », voit le jour seulement deux années plus tard. Deux titres seront traduits en clips, « Vogue » et « Justice », des vidéos à l’expression graphique hautement léchée que l’on doit à l’équipe du Temple Caché.

C’est un par « Soleil » rayonnant que nos hôtes d’un soir embrasent leur tour de chant. Juliette martèle l’ivoire avec conviction et détermination. Son grain de voix éthéré, chaud, passionné et sensuel suscite le désir et en devient même émouvant.

La frappe de Kévin sur les peaux est d’une amplitude rare, comme s’il était très habité. Il vit d’une intensité rare son univers. Sa rythmique hautement précise devient vite entêtante et enveloppe les compositions avec acharnement.

« Fauve » emboîte le pas et nous dévoile une vision de l’amour et des rapports charnels très contemporains, la demoiselle assumant, semble-t-il à merveille cette nouvelle féminité.

Les thématiques sont plurielles et contemplatives de la société moderne. Les textes sont ciselés. Ils ont du coffre et de la puissance tout en offrant une proposition narrative très intéressante. Il y a à la fois du vécu et un soupçon de virginité.

Qu’elle soit due à une phase de sommeil artificiel ou encore à l’ivresse incontrôlée, « Narcose » plonge l’assemblée, complètement happée par le show, dans une forme d’envoûtement, préambule au lâcher-prise…

Alors que les premières gammes de « Vogue » sont reproduites à la gratte, un problème de retour son oblige le drummer à stopper net dans sa progression. La maîtresse des lieux se défendra pudiquement en s’excusant presque pour ces aléas du direct et de reprendre de plus belle le premier morceau qui a propulsé médiatiquement le duo. Un incident très vite oublié…

Alors que la métaphorique boréale lumineuse devient alors de plus en plus discrète, l’auditoire semble subjugué. La « Nuit » se pose enfin dans un crépuscule reposant par un quatre mains au piano mémorable en guise de dessert, annonçant une inéluctable fin…

Une prestation unanimement appréciée qui est parvenue à condenser un florilège d’émotions : on a ri, pleuré, dansé, dans une existence perceptive. Bref, on a vécu, tout simplement le temps d’une trentaine de minutes (voir les photos ici)

Sur le coup de 20 heures, en fond de scène, des vitraux estampillés ‘CL’, joliment animés par les lights, apparaissent. De l’aveu même de Clara Luciani, ces dessins seraient tout droit sortis de son imaginaire lorsqu’elle était seule dans sa chambre.

Après un spoken word saisissant en voix ‘off’, « On ne meurt pas d’amour » ouvre les hostilités, la ligne de basse accentuant encore les doutes et les fêlures de cette composition.

Véritable guerrière des temps modernes, elle enchaîne par « Comme toi », avant de prendre une petite pause et signaler au public qu’il s’agit de sa troisième date belge. Faut-il la croire sur parole lorsqu’elle scande tout comme César que les Belges sont les meilleurs ?

Elle aime aussi les chansons qui ont un prénom. ‘Quelqu’un s’appelle Eddy dans la salle ?’ demande-t-elle innocemment. Manifestement, les heureux élus ne sont pas légion. Peu importe, « Eddy » pointe quand même le bout de son nez sous un air groovy et parvient vite à faire oublier cette emphase…

Qu’on lui jette « Les fleurs », mais lorsqu’elle se met « Nue », Miss Luciani se dévoile constamment dans cette « Drôle d’époque ». Celle vers laquelle, nous jetons tous, un jour, un regard désabusé dans le rétroviseur de nos vies.

Quelque part entre rock ciselé et pop mélancolique, la Marseillaise d’origine ne s’improvise pas ; elle bouscule les conventions et défend ses idéaux en signant le combat d’une femme qui peine à trouver sa (juste) place, face à l’opprobre masculine…

Sa voix grave et chaude, souvent comparée à la regrettée Nico (NDR : une véritable icône du rock qui assurait les vocaux sur le premier elpee du Velvet Underground) ou à Françoise Hardy, affiche une identité vocale unique.

L’univers qui la hante surprend et nous offre une belle palette de sentiments, tantôt graveleux, tantôt atmosphériques. Ceux qu’elle admet bien vouloir partager le temps d’un soir avant que sa vulnérabilité la rattrape insidieusement. Il y a chez cette femme une dualité constante entre vouloir changer les choses et s’y complaire malgré elle…

Grâce à son refrain imparable, intime et puissant ‘Sous mon sein, la grenade’, la « Grenade », titre phare et explosif, résonne par son hymne révolutionnaire avant de voir disparaître l’artiste. Qui reviendra quand même pour accorder un double rappel.

« La dernière fois » sera l’occasion de tester les capacités oratoires des aficionados tel un laboratoire humain grandeur nature.

Sa version personnelle de « Blue Jeans » de Lana Del Rey, réinterprétée dans la langue de Voltaire, rappelle combien la jeune femme parvient, dans un registre plus doux et éthéré, à émouvoir encore davantage.

Autre reprise, celle de « The Bay », un tube signé par la clique à Joseph Mount (Metronomy), montre à quel point la Française est créative et aussi capable de surprendre, sans s’étendre…

Finalement, deux styles, des émotions parallèles et un combat unique ! Une belle bouffée d’oxygène…

Setlist RIVE : Soleil, Fauve, Justice, Narcose, Vogue, Nuit.

Setlist Clara Luciani : Intro - On ne meurt pas d’amour - Comme toi - A crever - Bovary - Eddy - Les fleurs - Nue - Mon ombre - Drôle d’époque - Dors - Monstre d’amour - Emmanuelle - Cette chanson - La baie - La grenade
Rappel : Folle - La dernière fois - Jean bleu

(Organisation : Mars)

 

samedi, 02 mars 2019 17:29

Narcose

Derrière RIVE, se cachent Juliette & Kévin. Amis dans la vie, ils sont unis par un lien quasi-ombilical entre complicité et complémentarité artistique.

Elle incarne le côté ouaté de la formation. Une voix chaude et sensuelle qui procure à l’ensemble quelque chose de très mélodieux. Lui apporte la subtilité un brin tribale avec cette rythmique précise qui devient vite entêtante.

Leur histoire pourrait s’inspirer d’un conte de fées. Formé en 2015, le combo remporte douze prix au dernier Concours ‘Du F. dans le texte’ l’année suivante. Le premier Ep « Vermillon », paru en 2017, est salué par la critique.

Si les compos éléctro/pop fleurissent au sein du paysage musical comme les jonquilles fleurissent au soleil, « Narcose », premier elpee, parvient à se démarquer brillamment de la masse. Il est particulièrement réussi.

Fait plutôt rare, l’univers sulfureux, singulier et enchanteur, puissant, émouvant et attachant, emmène celui qui prête une oreille attentive vers de grands espaces de liberté orgasmiques. D’une belle subtilité, les sonorités se chargent d’émotion à chaque écoute.

L’expression graphique ensuite. Le clip de « Vogue » comptabilise plus de 115 000 vues sur la plate-forme Vimeo et a créé la surprise dans différents festivals internationaux. « Justice » connaîtra un sort identique. Sans oublier l’artwork qui subjugue…

L’équipe du Temple Caché s’est d’ailleurs à nouveau penchée sur « Fauve », premier single, tout aussi léché dans l’esthétique, pour lequel la technique de la 3D a été utilisée afin de plonger le téléspectateur dans les années 80 à travers cette histoire iconoclaste d’un couple d’humanoïdes, survivant de l'apocalypse, qui tente de s'aimer à tout prix.

Les compositions sont limpides et plutôt simples dans la structure couplet/refrain, ce qui n’en fait pas pour autant un terrain critiquable. Ce qui les différencie vraiment de leur homologue, c’est l’absence de simplisme ; là où certains se seraient contentés d’une zone de confort, le combo bruxellois s’approprie des chansons qui vont crescendo pour maintenir la pression et finissent par exploser joyeusement à la tronche façon arc-en-ciel, à l’instar du titre maître.

A l’instar de « Filles », les thématiques féministes (parfois un peu poussives, mais on leur pardonnera) se réfèrent évidemment à cette nouvelle vague de protestation des femmes qui gronde en ce moment, lorsqu’elles n’évoquent pas la nostalgie de l’adolescence parti en « Croisades » ou encore l’amour éternel « Infini ».

La lettre comme toujours est ciselée pour mieux narrer tantôt le quotidien de tout un chacun, tantôt un imaginaire aux accents surréalistes conférant à cet opus un pouvoir surnaturel qui emmène naturellement l’auditeur vers des cieux infinis.

Le grain vocal de miss Bossé est contemplatif, doux et sucré. Il salive de tendresse, de douceur, de réconfort et s’émancipe de toute forme de mélancolie. Le jeu très subtil de son comparse épouse ces courbes immaculées de mystères et apporte une brise fraîche qui sent bon l’été tout proche.

Superbe !

dimanche, 24 février 2019 10:53

Elémentaire mon cher Watson !

Repérée en concert au printemps 2018 par Sanit Mils Records, BLEU REINE s’est révélé, pour la première fois sur internet, grâce à une reprise franco-allemande de Kraftwerk.

Quelques partages YouTube plus tard, la guitariste et chanteuse Léa Lotz sort un peu plus de l’ombre et dévoile le titre original « Les Yeux fermés », hommage romantico-folk au Cabinet du Dr Caligari (R. Wiene).

Ce single accompagné d’un clip tourné entièrement en analogique plante le décor du premier EP de BLEU REINE « Élémentaire » : personnages ambigus, équilibre fragile entre obscurité et lumière, choix de la langue française pour dessiner les contours de cet univers étrangement familier.

A mesure des concerts (Cimetière du Père-Lachaise, Le Motel, Les Trois Baudets, La Dame de Canton), BLEU REINE prend forme au contact de son public parisien.

Seule en guitare-voix, maîtresse de cérémonie invitant ses musiciens fétiches pour créer des formats (de moins en moins) éphémères et (de plus en plus) électriques, l’artiste de 27 ans défend ses chansons et maintient le cap d’une musique folk de tradition franco-britannique, teintée de grunge, traversée par la fièvre.

Introspectif, corrosif, émaillé à la fois de douceur mélancolique et de violence sourde, ce disque est fait pour être appréhendé comme un Polaroïd sonore : il offre une matière riche mais aussi brute que possible, offrant les indices clés de 27 ans de vie en 27 minutes.

Un extrait ici

 

 

dimanche, 24 février 2019 10:51

Aucun doute, Marianne fédère !

Du swing à l’électro, en passant par la samba et le jazz manouche, Marianne Feder ne souhaite pas se laisser enfermer dans des petits tiroirs dorés où la chanson ne serait qu’une histoire de style.

Avec « L’hiver des poètes », elle revient avec un troisième album pétillant, à la fois poétique et urbain, où les textes raffinés glissent subtilement sur des compositions personnelles, mais aussi sur les belles mélodies du grand guitariste de jazz Romane (Thomas Dutronc, Jil Caplan, le Trio Rosenberg…) avec qui elle a co-écrit en partie ce nouvel opus.

On retrouve également sur cet LP son ami de toujours Alexis HK pour un nouveau duo intimiste « L’amour est une danse », ainsi que l’accordéoniste Michel Macias ou encore le chanteur de jazz Yves Carini.

La réalisation à la fois nerveuse et fine de SOAP, artiste électro associé au collectif Chinese Man, communique à ses chansons une modernité et des sonorités proches des musiques actuelles.

Avec une question qui habillera tout le processus de création musicale : ‘Où est la place pour la poésie dans cette société actuelle survoltée, sans arrêt mouvante, où nous n’avons plus le temps de ressentir ni de contempler la beauté profonde du monde ?’

Sortie de l’album « L’hiver des poètes » le 17 mai 2019, distribué par Modulor

Un extrait ici afin de vous plonger dans l’univers de Feder.

 

dimanche, 24 février 2019 10:50

Le « V » vous pour Thomas Brenneck !

L’influent groupe instrumental du producteur et guitariste Thomas Brenneck (Charles Bradley, Amy Winehouse) revient avec un cinquième album qui risque de faire des ravages, plus de 4 ans après avoir publié « Burnt Offering ».

Si l’on retrouve les contours afro-soul et les rythmiques éthiopiennes propres à sa recette psychédélique, ce nouvel effort s'annonce comme le plus rock de sa discographie.  

D’après Tom Brenneck, « V » est la représentation la plus fidèle de ce qu’est le Budos Band.

Une partie de ce mélange harmonieux résulte de la phase de mixage de l’album, moment salutaire pour les deux cerveaux de la House of Soul, Brenneck et Roth (aka Bosco Mann), après les récentes tragédies vécues par le label new-yorkais (les disparitions de Charles Bradley et Sharon Jones).

Ce cinquième enregistrement marque une période de transition pour les Budos : Brenneck et Tankel ont tous deux déménagé en Californie après la sortie de « Burnt Offering », les obligeant à repenser leur manière de travailler, le reste du groupe étant resté à New-York.

Après son départ vers la côte Ouest, Tom Brenneck n’a pas masqué son inquiétude quant à l’avenir du groupe, la distance ayant été un véritable obstacle à la création. Il est aujourd’hui plus que jamais fier de la naissance de ce cinquième elpee, venant dissiper toutes ses craintes.

Depuis ses débuts à Staten Island, deux décennies se sont écoulées ; des performances live réputées sur quatre continents. Et un son plus que jamais inclassable qui navigue entre Afrobeat, Éthio-jazz, Proto-metal et Afro-soul… 

Un extrait est disponible ici

 

Au lendemain de sa récompense aux Victoires de la musique pour ‘La chanson originale de l’année’ grâce au titre « Je me dis que toi aussi », Boulevard des airs dévoile son troisième single, « Allez reste », un titre au cours duquel, Vianney vient chanter en duo. Vivre le moment présent, retenir le temps, les odeurs, les images et les heures de bonheur.

A travers cette chanson, le groupe aborde le thème de la mémoire, des souvenirs qu'on fabrique, de ceux qu'on veut garder, et de ceux qui s'envolent.

Irrémédiablement, avec le temps et parfois la maladie, la mémoire, surprenante, précise, souvent feignante et sélective se rappelle de choses étranges et un beau jour tout se mélange.

Ce jour-là, bienveillant, on implore encore un peu sa tête, allez reste, allez reste encore un peu. Et de sourire, aux souvenirs.

Pour le clip, c’est ici

https://www.youtube.com/watch?v=kkOPeQXcV4Y

 

dimanche, 24 février 2019 10:33

Pourquoi priver Framix des rayons du soleil ?

Un an à peine après avoir gravé son single Stronger, le musicien touche-à-tout Framix est de retour avec deux singles pleins d’énergie et un clip qui s’envole : « Deprived of the Rays Of the Sun » !

Accompagné de deux chanteuses gospel : Ivy et Kris, Framix décline une fois de plus son univers en le poussant vers un americana bien personnel, une musique country rurale et vivifiante enregistrée à l’ancienne et avec beaucoup de soin.

Comme d’habitude, Framix nous livre un clip DIY où pour la circonstance, une voiture de rêve s’envole - forme d’échappatoire au blues du narrateur, à la réalité du quotidien.

« Deprived of the Rays of the Sun », qui se traduit par ‘privé des rayons du soleil’, peut illustrer le jeu de cache-cache de la lumière qui parfois nous illumine et parfois nous oublie.

Framix assume son grand écart entre le sud des Etats-Unis où l’artiste a plongé ses racines et une France d’inspiration yé-yé.

Le second titre « Je m’en Fiche » est une revendication plus sociale où le chanteur clame en musique sa volonté viscérale d’éviter les masses en empruntant les chemins de traverse.

Lassé de l'hiver et en manque de soleil ? Il est temps de s'envoler avec Framix et son clip fait maison de "Deprived of the Rays of The Sun".

Pour découvrir le clip de "Deprived of the Rays of the Sun", c’est ici

 

 

 

dimanche, 24 février 2019 10:31

Epsylon, toujours plus haut…

« Astronaute », c’est le titre du 5ème album studio d’Epsylon.

C’est aussi la marche d’une force tranquille pour une carrière exemplaire sans esclandre ni tapage.

Un nouvel opus qui confirme le statut d’artisan de ce groupe respecté du rock celtique où il a trouvé une place singulière et unique.

Depuis 12 ans déjà, il progresse inexorablement vers les étoiles, sans avoir peur des remises en cause, avec de nouveaux musiciens, de nouveaux défis, une inspiration et une maîtrise du son toujours renouvelées.

« Astronaute », un nouvel album pour viser toujours plus juste et toujours plus haut.

Pour visionner le clip « C’est plus le paradis » feat. Melismell, c’est ici

 

 

vendredi, 22 février 2019 17:58

Chant libre

Ces véritables activistes de la chanson française comptent, en moyenne, plus de vingt années de carrière musicale. Ce qui n’a pas empêché Guizmo (Tryo), Gari (Massilia Sound System), Mourad (La Rue Ketanou), Danielito (Tryo), Gerome, Erwann et Fred (Le Pied de la Pompe), Alee, DJ Ordoeuvre, Max (Le P'tit son) et Syrano de participer au projet Collectif 13, dont le deuxième elpee propose quinze titres qui décoiffent…

« Chant libre » est une ode à la joie et au bonheur de vivre ensemble avec en point de mire l’autodérision sur fond de modernité !

Mais si les compos sont parfois puissantes et incisives (« Trumperie ») ou aussi légères et drôles, elles s’éloignent des pamphlets philosophiques ; pas besoin d’ailleurs de prêter une oreille nécessairement très attentive pour cerner le sens des chansons. Tout au plus, sait-on que l’humain reste au centre des débats (« Collègues », « Mon frère »).

Globalement le prisme d’action niche essentiellement au sein d’une narration contemplative de la société et de ses travers contemporains (« Réseaux »). Le ton est vindicatif à souhait et décrit toute la complexité de l’Homo sapiens.

Depuis le dansant « Collègues » à la ballade faussement sautillante « Il arrive », en passant par le reggae cuivré « Rien à foutre » et un « Last black Friday » découpé dans des guitares cinglantes, les compositions bénéficient, dans leur ensemble, d’une belle palette de sons et d’arrangements colorés…

Si ce disque ne doit pas être perçu comme celui que l’on retiendra nécessairement une fois l’été passé, il doit tout de même s’écouter pleinement et souffler le chaud jusqu’à enflammer !

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