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Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

jeudi, 18 juillet 2019 22:03

Age of unreason

Bad Religion comptera, l’an prochain, 40 années d’existence, même si le groupe s’est séparé pendant une grosse année, après 1985. « Age of unreason » constitue son dix-septième elpee, un disque mis en boîte à Sunset Sound. Peu de surprise sur l’opus du combo californien, puisqu’il nous y propose son sempiternel punk/rock frénétique, souligné de superbes harmonies vocales, tout en continuant à véhiculer des messages engagés. A l’instar de « Candidate », radicalement anti-Trump. Riffs de guitare menaçants, thrash et solos bien sentis, parfois glorieux, servent de carburant à des compos souvent accrocheuses et aux refrains hymniques. Trois exceptions qui confirment la règle : les rock bien dansants et accrocheurs Down fall » et « Big Black dog » ainsi que le titre maître, une plage quelque peu bridée dans le tempo, mais conflictuelle dans le message. Ce qui n’est pas neuf dans la bouche du chanteur, Graffin…

jeudi, 18 juillet 2019 16:48

Live in London

Flight of The Conchords et un duo de musiciens et humoristes néo-zélandais réunissant Bret McKenzie et Jemaine Clement. Outre leurs séries radiophoniques et télévisées, pour lesquelles il a décroché toute une série de récompenses, le tandem compte quand même toute une série d’Eps et 5 albums, dont le dernier « Live in London », a bien sûr été enregistré en public. En l’occurrence à l’Eventim (autrefois Hammersmith) Appolo de Londres.

Pour bien apprécier les 22 morceaux de ce double album, dont 7 n’avaient jamais été enregistrés et de nombreux classiques du duo, il faut bien saisir toutes les nuances de la langue de Shakespeare, la paire multipliant les punchlines, les traits d’esprit et les plaisanteries, aussi bien entre que pendant les morceaux. On en oublierait presque la musique qu’on pourrait qualifier de folk/pop parodique. Cet enregistrement devrait bientôt faire l’objet d’un Dvd, et il faut admettre que l’image permettrait de mieux s’imprégner de l’ambiance dans laquelle le concert a été plongé…

jeudi, 18 juillet 2019 16:32

2020 2020

« 2020 2020 » constitue le huitième elpee de cette Suédoise établie à Berlin, un album dont le thème des compos traite de l’avenir sombre de notre planète, suite à la gestion désastreuse du présent, par nos édiles politiques. Ainsi sur « A slice of lemon, elle donne son avis sur le changement climatique, alors que « Gun control » aborde le sujet du port des armes. A l’instar de Connan Mockasin ou de Jonathan Donahue, la voix de Nilsson Molly, souvent overdubbée et soutenue de chœurs, est trafiquée. Pas vocodée, nuance. Hormis quelques contributions à la gratte ou à la basse ainsi qu’à la trompette, déléguées à des invités, elle assure l’intégralité de l’instrumentation qui se résume aux synthés et autres boîtes à rythmes. Lorsque son synthpop baigne au sein d’un climat solennel, on pense à Mercury Rev dans sa période la plus électro, mais en général, les plages souffrent d’un manque flagrant de créativité, « Blinded by the night », ballade mid tempo qui clôt l’opus, nous plongeant même dans une sorte de bal populaire digne de la réélection de votre Bourgmestre ou Mayeur, après les dernières élections…

Johnny Clegg, surnommé le Zoulou blanc, est décédé ce 16 juillet, des suites d’un cancer du pancréas. Il venait de fêter ses 66 ans. Né près de Manchester, en Angleterre, d’un père britannique et d’une maman zimbabwéenne, chanteuse de jazz et de cabaret, il a été initié aux cultures locales, par son beau-père journaliste, dès l’âge de 7 ans, en Rhodésie, pays qu’il avait rejoint après le divorce de sa mère. Avant que la famille ne débarque à Johannesburg, en Afrique du Sud. En 1976, il y fonde Juluka, en compagnie du Zoulou Sipho McChunu. Ce qui ne plaît guère au régime raciste minoritaire qui détient alors toutes les commandes du pouvoir. Alors, lorsque sa chanson « Asimbonanga » sort en 1987, dont les paroles appellent ouvertement à la libération de Nelson Mandela, alors emprisonné, il est victime de la censure. Pendant les pires heures de ce régime suprémaciste blanc, ses compositions seront donc interdites. Après sa libération, Mandela le remerciera pour son combat contre l’apartheid, en 1997, après avoir débarqué sur scène, d’une manière inattendue, lors d’un concert à Francfort. Il va même se mettre à danser après avoir déclaré ‘C’est la danse et la musique qui me mettent en paix avec le monde’ (voir le moment immortalisé ici. La danse et la musique, ce sont les sources majeures des son inspiration qu’il restituait à travers une expression sonore où les rythmes zoulous endiablés se fondaient dans l’instrumentation organique, et tout particulièrement la guitare, les claviers et l’accordéon. Il avait encore honoré une tournée mondiale d’adieu en 2018.

RIP

      

Dimanche 24 novembre 2019 - Michael Kiwanuka - Ancienne Belgique, Bruxelles

Jeudi 19 décembre 2019 - Mahalia - Ancienne Belgique, Bruxelles

Vendredi 20 décembre 2019 - Dimitri Vegas & Like Mike - Sportpaleis, Anvers

Samedi 21 décembre 2019 - Dimitri Vegas & Like Mike - Sportpaleis, Anvers

Samedi 8 février 2020 - Liam Gallagher - Forest National, Bruxelles

Dimanche 16 février 2020 - Babymetal - Ancienne Belgique, Bruxelles

Samedi 9 mai 2020 - Ibe - Trix, Anvers

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7 septembre: Maria Violenza, grappe, ruines

11 octobre: rouge gorge, pollux

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dimanche, 14 juillet 2019 07:52

Cactus Festival 2019 : dimanche 7 juillet

On en est déjà au troisième jour du Cactus, un festival dont l’apothéose a été confiée à dEUS qui va donc réinterpréter « Th ideal crash », l’album-phare paru en 1999. Pour votre serviteur, les concerts de Mono, Parquet Courts et Trixie Whitley ne sont surtout pas à manquer. Compte-rendu…

Il revenait à Boy Azooga d’ouvrir le festival en ce samedi 7 juillet. Une formation galloise responsable d’un rock british sauvage et bien électrique. Les compostions les plus âpres pourraient figurer au répertoire de Wallace Vanborn, alors que les plus allègres et chargées de feeling se révèlent particulièrement mélodiques. Parfois, la voix de Davey Newingtonle éprouve certaines difficultés à monter d’une octave ; ce qui ne nuit cependant pas à l’ensemble du set. Et finalement, le quatuor nous a réservé un set aussi excitant que frais…

Hanna Harding, aka Aldous Harding, est une auteure/compositrice/interprète néo-zélandiase. Bien soutenue par son backing group, elle chante d’une voix veloutée des chansons à la fois fragiles et intrigantes. Des morceaux accrocheurs, qu’elle interprète avec une désinvolture naturelle. D’ailleurs l’auditoire ne s’y trompe pas en écoutant religieusement ce concert…

Mono est issu de Tokyo, une formation de post rock qui entame son set par "God Bless", la plage d’ouverture de son dernier opus, "Nowhere Now Here", paru l’an dernier. Elle va d’ailleurs nous proposer de larges extraits dont "Sorrow", un morceau au départ calme et mélodieux mais qui au fil du parcours monte en crescendo avant d’atteindre son point culminant en intensité. La setlist a cependant également inclus des plages plus anciennes comme "Ashes In The Snow" ("Hymn To The Immortal Wind") et "Surrender" ("Rays Of Darkness"), publiés respectivement en 2009 et 2014. Excellent !

La dernière fois que votre serviteur a assisté à un concert de Parquet Courts, qui se fait aussi parfois appeler Parquet Quartz, c’était en 2004, dans le cadre du Festival des Inrocks, au Grand Mix de Tourcoing. Depuis, il faut reconnaître que si son garage/rock est toujours aussi expérimental, il est devenu plus allègre. La faute à Austin Brown, le guitariste/claviériste qui apporte une touche théâtrale aux prestations ‘live’. Vêtu d’une veste et d’un pantalon en jeans, lunettes rondes et cheveux longs, il a le même look que John Lennon, lorsqu’il était jeune. Si l’énergie punk est bien présente, certaines compos sont davantage élaborées, dans l’esprit de Sonic Youth. Pas étonnant que le groupe ait régulièrement tourné en compagnie de Thurston Moore. Le set s’ouvre par « Master of my craft » et va nous réserver plusieurs compos du dernier album, « Wide awake », paru l’an dernier dont le ‘sydbarretien ‘mais légèrement dub « Almost Had to Start a Fight / In and Out of Patience » et « Freebird ». Mais encore un « Violence » hanté par Beck, le titre maître et surtout « Total football », deux compos au cours desquelles Brown va se servir d’un sifflet pour rythmer la compo, la première baignant dans une ambiance latino funk, lorgnant carrément vers Radio 4 et la seconde, plus funk/psyché, chaloupée, également latino, au cours de laquelle, il va se servir d’une guitare à 12 cordes. Le set va bien sûr nous réserver quelques titres bien percutants et punks, mais au sein d’un ensemble bien équilibré.

Neneh Cherry a certainement ramené du peuple, ce dimanche au Minnewaterpark. Sur les planches, on remarque à ses pieds un trépied recouvert de fleurs. Elle est soutenue par une harpiste/claviériste/percussionniste, un bassiste bidouilleur, deux préposés aux machines et synthés, dont son mari Cameron McVey, et une percussionniste (Rosie Bergonzi) à la chevelure bouclée, qui jongle entre xylophone, marimba et djembés. Au cours de son set, la Suédoise va bien sûr nous réserver les hits « 7 seconds » (NDR : sans Youssou N’Dour, of course), « Manchild », « Woman » et bien sûr « Buffalo stance », un show au cours duquel la musique a oscillé entre trip hop (parfois dubby), funk, jazz, rap et r&b. Un bel éclectisme, mais pas vraiment convaincant. Il faut cependant préciser que sa prestation a rencontré quelques problèmes techniques… Pourtant, c’est en fin de parcours, lorsqu’elle est rejointe par deux percussionnistes londoniens (une fille et un garçon) pour y jouer de la mangrove et régaler nos oreilles de sonorités antillaises que le concert va prendre une autre dimension. On lui concèdera cependant qu’elle est particulièrement interactive ; ainsi lorsqu’un spectateur lui offre un paquet de cerises, elle le remercie, avant d’en redistribuer à ses musiciens ainsi qu’à quelques personnes agglutinées aux premiers rangs. Mais bon, il faut avouer que ce style musical n’est pas trop la tasse de thé de votre serviteur…

Place ensuite à Band of Horses. En 2017, Tyler Ramsey et Bill Reynolds avaient quitté le groupe, remplacés respectivement par le guitariste Richard Fitzpatrick, et le bassiste Matt Gentling, qui opérait son come-back. Ce dernier, secouant constamment ses cheveux longs, aurait pu figurer au sein d’un groupe de grunge du début des nineties. En outre, il tire des sonorités hyper-puissantes de son instrument. Le quintet implique également un claviériste, un drummer et le chanteur Ben Bridwell, dont la voix est aussi écorchée que celle de Daniel Johnson (Centro-Matic). Parfois, elle est noyée sous le volume sonore. D’ailleurs si le décor, en arrière-plan, est représenté par une forêt américaine typique, la musique dépote. En ouverture, Ben joue de la pedal steel, en pinçant ses cordes, avant de se focaliser sur la guitare, dont il va en changer quasiment entre chaque morceau. Si certaines ballades évoquent le Barclay James Harvest, grâce aux harmonies vocales, les plus country/rock lorgnent carrément vers Poco. Mais en règle générale, le groupe a privilégié des compos bien pêchues, même si les musicos semblaient fatigués de leur longue tournée...

Trixie Whitley, c’est la fille de feu Chris Whitley, décédé à l’âge de 45 ans. Un chanteur et gratteur (guitare, banjo, steel) qui s’était forgé une fameuse notoriété aussi bien dans le blues, le rock que le folk. Belgo-américaine, Trixie sait donc bien de qui tenir. Curieusement, son dernier elpee, « Lacuna », est davantage électro, mais sur les planches, elle propose un set davantage organique et minimaliste. Le plus souvent à la guitare, parfois aux claviers voire aux drums, elle est soutenue par le drummer Chris Vatalaro. Elle possède une voix remarquable, sorte d’hybride entre Janis Joplin et Annie Lennox. Sa technique sur sa gratte est largement au-dessus de la moyenne, même lors de ses envolées les plus sauvages. Dans ce cas de figure, elle rappelle PJ Harvey, à ses débuts. Vêtue d’un ensemble de sport, bleu-indigo noir et portant des boucles d’oreille aux mêmes coloris, elle communique cependant très peu. Elle y pense quand même en fin de parcours, mais surtout laisse de longues secondes s’écouler entre les morceaux, cassant littéralement l’ambiance qui finit par se figer. Guère interactive, elle garde le silence quand elle casse une corde, alors qu’elle pourrait manifester de l’autodérision, afin de détendre une atmosphère qui au fil du set va devenir de plus en plus lourde…

dEUS a donc décidé de partir en tournée pour y interpréter l’intégralité de son opus, « Ideal crash », gravé il y a 20 ans. Une œuvre dont le thème central est le chagrin d’amour et la guérison. Il a rôdé son spectacle, et notamment lors de 8 dates à l’AB. Donc, ce soir la machine est bien huilée. Le quintet monte sur l’estrade. Toujours aussi charismatique, Tom Barman est vêtu d’une jupe. En arrière-plan, le light show est composé d’une multitude de rectangles aux coloris flous. Le combo attaque « Put the freaks up front ». Aussitôt, habillée de noir, une troupe de 8 danseurs (4 garçons et 4 filles) débarque. Ils se contorsionnent en synchro dans un style digne de Béjart et boostent le morceau. Il faut croire que la troupe a bien répété, car ce soir, sa prestation est impeccable. Elle va d’ailleurs revenir à plusieurs reprises, au cours du show. Tom rappelle que c’est la quatrième fois qu’il se produit au Cactus. Les versions de « The ideal crash » défilent et on sent la différence entre Mauro Palowski et le nouveau guitariste soliste, Bruno de Groot. Si le premier osait l’impro, le second est davantage sur les rails. Ce qui explique pourquoi le set est davantage dans la maîtrise que dans l’audace. Ce qui ne va pas empêcher de superbes envolées, à l’instar de « Dream sequence #1 », qui ponctue le set de superbe manière, en tirant également parti d’une boîte à rythmes ou encore de « Everybody's Weird », un morceau mid tempo qui monte en crescendo. Mais le plus intéressant procède de l’apport des différents musicos, que ce soit le bassiste, dans ses interventions jazzyfiantes, Klaas Janssens (NDR : déjà au sein du line up à l’époque), le violoniste, responsable de montées en intensité, de la basse bien chaloupée et des harmonies vocales impeccables, sans oublier la voix de Barman irréprochable, pour tresser des titres complexes, bien électriques, mais diablement mélodiques.  Le band va accorder un rappel, et lors du premier titre, « Quatre mains » Tom brandit sa guitare d’une main, alors que les danseurs reviennent, les hommes alors torses-nus…  Et le spectacle de s’achever par l’inévitable « Roses », que chantaient deux filles à vélo, en quittant le Minnewaterpark… 

Setlist : 1. ‘Put the Freaks Up Front’, 2. ‘Sister Dew’, 3. ‘One Advice, Space’, 4. ‘The Magic Hour’, 5. ‘The Ideal Crash’, 6. ‘Instant Street’, 7. ‘Magdalena’, 8. ‘Everybody's Weird’, 9. ‘Let's See Who Goes Down First’, 10. ‘Dream Sequence #1’, Encore : 11. ‘Quatre Mains’,  12. ‘Fell Off the Floor, Man’, 13. ‘Roses’  

(Organisation : Cactus, Bruges)

Boy Azzoga + Aldous Harding + Mono + Parquet Courts + Neneh Cherry + Band of Horses + Trixie Whitley + dEUS

(Voir aussi notre section photos ici)

 

samedi, 06 juillet 2019 07:28

Cactus Festival 2019 : samedi 6 juillet

L’édition 2019 du festival Cactus est une parfaite réussite en matière de fréquentation, puisque le festival a été décrété ‘sold out’, les trois jours. Si mes souvenirs sont bons, cette situation ne s’était jamais produite. Qu’importe, le soleil est au rendez-vous, mais on ne sera pas trop accablé par la chaleur quand même. Il va d’ailleurs pleuvoir entre 19 et 20 heures. Et puis il y a ces arbres qui vous permettent de vous protéger du soleil quand il tape trop fort. Un festival familial, convivial qui se déroule toujours au cœur du Minnewaterpark de Bruges.

Finaliste du Humo’s rock Rally, en 2012, Reena Riot a gravé son premier elpee, « Nix », l’an dernier. Drivée par la chanteuse Naomi Sijmons, la formation implique également des musiciens belges expérimentés. En l’occurrence le guitariste Jan Myny, le bassiste Alan Gevaert (dEUS, Chantal Acda, Trixie Whitley), le drummer Bernd Coene (Tiny Legs Tim) et le claviériste Thomas Werbrouck (Krankland, Little Trouble Kids). Si le band reconnaît le blues comme influence majeure, sa musique se distingue par ses lignes de guitare fragmentaires, déchirantes et mélodiques, alors que celles de la basse fédèrent l’ensemble. Enfin, lumineuse, la voix de Naomi Sjimons évoque parfois celle de Rachel Davies (Esben And The Witch)…

Programmer Rolling Blackouts Coastal Fever à 13h40, c’est un peu tôt dans la journée, et le peuple commence seulement à débarquer lorsque le quintet australien monte sur les planches. En juin 2018, le band avait accordé un remarquable concert à l’AB Club, avant de revenir dans le cadre du Pukkelpop. Presque une année vient de s’écouler et il est donc de retour sur le sol belge. Enfin, sur les planches du Cactus. Et le groupe n’a rien perdu de sa superbe, grâce à ces trois grattes qui échafaudent la musique sur un tempo bien enlevé. Des grattes bringuebalantes, tintinnabulantes qui se superposent et s’appuient sur une section rythmique basse/batterie, imparable. Ces deux musicos semblent constamment en osmose, le bassiste jouant souvent dos au public, face au drummer. Et puis on retrouve ces trois voix qui modulent les mélodies, des voix qui se succèdent ou se conjuguent en harmonie. La setlist va nous réserver les deux morceaux du nouveau single, « Read my mind », un titre qui s’adresse aux politiciens responsables ainsi que l’hymnique « In the capital », mais aussi 6 plages de l’album « Hope drums » et enfin 8 compos plus anciennes gravées sur des singles ou Eps. Cependant, le plus passionnant procède de cette capacité à développer les compos, en les sortant de leur carcan studio. On en aurait voulu davantage, mais à cette heure, difficile de jouer les prolongations. Juste après le set, Frank Keany et Joe White, sont venus à notre rencontre pour expliquer que le nouvel LP ne paraîtra que l’an prochain, au plus tôt. Le band est actuellement en tournée européenne ; aussi, s’il passe près de chez vous et que vous aimez les groupes à guitares, dans l’esprit du label Flying Nun, ne les manquez surtout pas.

Setlist : ‘Clean Slate’, ‘Julie’s place’, ‘Hammer’, ‘Sick Bug’, ‘Read my mind’, ‘In the capital’, ‘A/C Man’, ‘Bellarine’, ‘Exclusive grave’, ‘Sisters Jeans’, ‘Talking Straight’, ‘Mainland’, ‘Fountain’, ‘French Press’

La plaine est bien remplie lorsque Omar Souleyman grimpe sur l’estrade. Ce chanteur/poète syrien s’est exilé en Turquie, dès 2011, suite aux intenses combats, nés de la guerre civile. Habillé d’une djellaba de couleur blanche, coiffé d’une shemagh à carreaux rouges et chaussé de lunettes fumées, il est soutenu par un bidouilleur qui se sert de samples et d’une boîte à rythmes. Omar chante dans sa langue natale, mais le commun des mortels ne comprend pas un mot. Ce ne serait pas trop grave, si la musique respectait parfaitement la tradition du Moyen-Orient, en se servant de véritables instruments comme l’oud, la darbouka, le mendir, le zurna, le qanun et on en passe (NDR : et pourquoi pas le violon), ainsi que de vocalistes féminines qui poussent des youyous. Mais toutes les sonorités se limitent à des échantillonnages sans âme, imprimés sur du ‘tchack tchack boum’. Une grosse partie de la foule semble apprécier et danse sur cet ersatz de world, alors qu’Omar frappe des mains en cadence, mais sans trop se fatiguer. N’en jetez plus, la coupe est pleine…

Après une brève annonce de la présentatrice Kirsten Lemaire, Nic Balthazar, Michael Pas et un groupe de jeunes sont montés sur le podium pour transmettre un message à la foule, en lui demandant si elle acceptait de contribuer à un grand scoop. Elle a donc été invitée à participer à un ‘Clap for climate’ en faveur de Youth For Climate, l'organisation environnementale d'Anuna De Wever and co. L’événement fera l’objet d’un clip vidéo. Curieux de savoir quand il sera diffusé à la TV et de voir quelle incidence il pourra avoir sur la société.

La presse spécialisée belge est dithyrambique à l’égard de Whispering Sons, une formation limbourgeoise établie à Bruxelles, responsable d’un post punk ténébreux qui aurait certainement eu sa place au cours des eighties. Un combo qui a publié un excellent LP, en octobre dernier, « Image ». Chemisier blanc sur pantalon beige, qui contraste avec les vêtements de couleur noire des autres musicos, Fenne Kuppens, la chanteuse, ne tient pas en place tout au long du set. Elle s’agite même comme si elle était possédée. Si certaines sonorités de guitare semblent empruntées à Danse Society, le spectre de Sisters of Mercy plane régulièrement, la voix de Fenne semblant refouler sa colère, campant même le pendant féminin de celle d’Andrew Eldritch. L’ensemble ne manque certainement pas d’allure et les musicos remplissent parfaitement leur rôle, mais ils ne sortent que trop rarement d’une structure un peu trop linéaire au goût de votre serviteur. L’objectif est sans doute de préserver un climat sombre au set ; mais lors d’un festival, il est beaucoup plus difficile d’y entraîner un auditoire aux goûts éclectiques…    

Après s’être séparé pendant 16 longues années, Dead Man Ray s’est reformé. Il a publié un Ep puis, en avril dernier, un album elpee baptisé « Over ». Et dans la foulée, il est parti en tournée. Le line up réunit le guitariste Elko Blijweert, cheveux longs, casquette de base-ball enfoncée sur le crâne, qu’il enlève lorsqu’il se déchaîne sur ses cordes, le drummer Karel De Backer, deux claviéristes, dont Wouter Van Belle au moog et Herman Houbrechts, qui se charge probablement des parties de basse, le chanteur/guitariste Dann Stuyven et le gratteur Rudy Trouvé. Ex-dEUS et Kiss My Jazz, ce dernier s’installe sur la droite de biais, assis devant une sorte de petit clavier. Il se lève de temps à autre pour nous servir l’un ou l’autre commentaire, le plus souvent humoristique, mais surtout se charge de tous les petits bruitages, fonction qui reflète parfaitement son goût pour l’improvisation. Et il fume cigarette sur cigarette tout au long du set allumant même son briquet, comme lors des célébrations de masse, lors d’un titre plus hymnique. A contrario l’humour de Daan semble plus tôt cynique : il déclare ainsi : ‘Cela fait environ 20 ans que nous sommes venus ici et nous sommes heureux d’y être. Donc, pour notre prochain passage, nous attendons encore 20 ans…’ Entre mélodies romantiques et montées en crescendo chargées d’intensité électrique, les compos glissent parfois dans la discordance, une discordance cependant bien maîtrisée. Quant à la voix de baryton de Daan, elle se pose en toutes circonstances, parfois découpée par syllabes, rappelant souvent celle de Matt Berninger (The National), alors que de temps à autre, Karel assure les backing vocaux… en falsetto. Une prestation solide, chaleureusement applaudie par le public…   

Chan Marshall, alias Cat Power, embraie. Vêtue d’une longue robe noire, elle est soutenue par deux multi-instrumentistes. Une guitariste/drummeuse (Alianna Kalaba), aux traits asiatiques, et un bassiste/claviériste (Erik Paparazzi). Chan entame son set par « He turns down ». Elle a une superbe voix, chargée de feeling, qui rappelle Sinead O’Connor, mais cette voix semble si fragile. D’ailleurs, par prudence, elle avale quelques gorgées de thé, entre les morceaux. Il se met soudain à pleuvoir, pluie qui ne cessera plus jusqu’à la fin de son concert. Et elle s’en excuse. Elle chante aussi en se servant de deux micros, qu’elle tient en mains. Parfois on a l’impression qu’elle manque d’assurance ; ce qui rend son concert encore plus émouvant…

Une des têtes d’affiche de ce Festival Cactus était incontestablement Joe Jackson. Et il va le démontrer. Un décor en forme de rideaux en velours, comme au théâtre, est tiré en arrière-plan. Lumineux, il va régulièrement changer de couleur. Joe Jackson grimpe sur l’estrade, salue la foule et s’installe derrière son piano Roland AD-800. Elégant dans son costume bleu ciel, pâle, les cheveux blonds et luisants, il a le visage gonflé au botox. Bien qu’âgé de 65 balais, son talent est intact. En outre, il est soutenu par trois fameux musiciens. Tout d’abord son fidèle bassiste Graham Maby qui l’accompagne depuis plus de 40 ans, puis le batteur Doug Yowell et enfin le guitariste Teddy Kumpel, costard mauve et casquette bleue, cravate verte et souliers rouges à paillettes. Le set s’ouvre par « One more time » et va nous réserver de nombreux hits puisés au sein de sa large discographie, dont les refrains sont chantés –parfois en chœur– par les spectateurs, mais également des extraits de « Fool », son dernier opus, qui traite de la comédie et de la tragédie ; notamment le titre maître, qui passe en revue hip hop et rythmes latinos. Sans oublier la cover du « Rain » des Beatles. Ses interventions au piano qui oscillent entre jazz, classique, pop, rock et soul sont lumineuses. Un virtuose des ivoires ! Sa voix, oscillant du rocker cynique au crooner sophistiqué, est excellente. Et son backing group, irréprochable. Il souffle de la clavinet sur le ska/reggae « Sunday papers », en reproduisant quelques notes du « Gangsters » des Specials. A la fin de « Ode to joy », le groupe fait un arrêt sur image pendant 30’. Epatant ! Ce qui va valoir au quatuor une fameuse salve d’applaudissements de la part l’auditoire. Mérité, au vu également du solo de batterie exécuté par Doug, qui a alors démontré toute l’amplitude de son drumming.  Et après le plus punk « I am a man », reflet d’une époque où il était souvent en colère, Jackson et son le band vont nous accorder en rappel, l’incontournable « Steppin’ out »… Un remarquable concert !     

Setlist : ‘One More Time’, ‘Is She Really Going Out With Him?’, ‘Fabulously Absolute’, ‘Strange Land’, ‘Another World’, ‘Real Men’, ‘Rain’ (The Beatles cover), ‘Invisible Man’, ‘It's Different for Girls’, ‘Fool’, ‘Sunday Papers’, ‘You Can't Get What You Want (Till You Know What You Want)’, ‘Ode to Joy’, ‘I'm the Man’, ‘Steppin' Out’

Il revenait à Bloc Party de clôturer la soirée. Pas évident après un set tel que celui de Joe Jackson. Finalement on a eu droit à une prestation en dents de scie. La voix de Kele Okereke semblait manquer de maîtrise. Et était-ce une bonne idée de rejouer l’intégralité de son premier album, « Silent alarm », son magnum opus paru en 2005 ? Probablement pas ! Si les fans de la première heure ont chanté et apprécié, le set n’a pas répondu aux attentes. Kele a bien essayé de communiquer avec la foule, mais sans succès. Il chantait parfois trop doucement, ne finissant pas ses phrases et s'éloignait souvent trop vite de son micro, à tel point que certaines paroles n'étaient même plus perceptibles. Dommage, mais manifestement, au fil du temps ce Bloc Party s’est effrité…

A demain…

(Organisation : Cactus, Bruges)

Reena Riot + Rolling Blackouts Coastal Fever + Omar Souleyman + Whispering Sons + Dead Man Ray + Cat Power + Joe Jackson + Bloc Party

(Voir aussi notre section photos ici)

CIVIC (AU), CROWS (UK), DJ ST. PAUL (NL), MOONEYE, CONJUNTO PAPA UPA (VE), VALLEY MAKER (US), WILLY ORGAN, SCOTT YODER (US), BRLRS ET HIGHKICK WIZARD sont venus s’ajouter à la programmation.

Pour rappel, le festival se déroulera du 13 au 15 septembre, et il s’agira de la 43ème édition.

Les tickets sont en vente.

http://www.leffingeleurenfestival.be

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