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Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

mercredi, 21 février 2018 12:28

Burn me alive

Jeune et jolie, Heather Newman chante le blues et la soul. Originaire d'Omaha, elle illumine la scène musicale de Kansas City, depuis quelques années. C’était la bassiste du backing group de l’ex-TUF, Nick Schnebelen, une figure marquante de la scène blues, qui sévit sur la rive droite du Missouri. Elle est d’ailleurs créditée sur l'album "Live at Knuckelhead's Vol 1" de Nick. Elle a donc décidé de voler de ses propres ailes et s’est entourée d’un band, réunissant le guitariste Keith Ladd, le claviériste Ryan Flemmer et le batteur/guitariste Cole Dillingham. Sur "Burn me alive", elle signe les 12 titres.

Blues/rock bien nerveux, stimulé par l’excellente attaque sur les cordes, "Willie James" ouvre la plaque. Percutante, la voix d’Heather est bien mise en exergue. Et souligné par le piano de Ryan, "Howling for love" est de la même trempe. Le chant est également parfaitement adapté aux tempos plus lents, à l’instar de la ballade soul/blues "I don't know why", une piste illuminée par l’orgue. Le répertoire est varié. Ainsi, "Bring the swing" emprunte le Bo Diddley beat. Atmosphériques, "Burn me alive" et "How many times" ne manquent pas de charme. Caractérisé par les interventions au saxophone de Michael Lefever, "Dirty blues" est un blues qui concède de solides accès jazzyfiants. Enfin, "High Mountain blues" constitue certainement la meilleure plage du long playing. Tout en véhiculant les accents exotiques du mambo, elle favorise un nouvel exercice vocal tout en permettant à son ex-partenaire, Nick Schnebelen, de se réserver une excellente incursion à la guitare… 

 

mercredi, 21 février 2018 12:27

Brand new day

The Mavericks est une formation étasunienne responsable d’une musique dite americana, soit pour la circonstance un mélange entre country, western swing et latino… Le band est né en 1989, à Miami. Membre fondateur, le chanteur en est aussi le leader. L’aventure avait cessé au début de ce XXIème siècle. Mais elle a recommencé en 2011. Outre Malo, le batteur Paul Deakin est le seul membre originel. Son dernier opus, "Mono", est paru en 2015. Le line up actuel implique également le claviériste Jerry Dale McFadden et le guitariste Eddie Perez.

Caractérisé par les interventions d’un violon, d’un accordéon, d’une trompette et d’un banjo, "Rolling along" baigne dans une sorte de tex mex teinté de bluegrass. L'influence latine domine manifestement cet opus. Les compos sont, en général surannées, mais entraînantes. Malheureusement, la voix de Malo ne colle pas vraiment à l’ensemble. Deux plages sortent quand même la tête de l’eau. Tout d’abord "Damned (if you do)". A cause de ce charme sudiste communiqué par la trompette, mais aussi des sonorités rythmiques plus fondamentalement rock. Puis le r&b latino "Ride with me". Un peu comme si on retrouvait Kansas City sur la carte du Mexique. En y invitant la guitare bien sentie d'Eddie Perez et les claviers de McFadden…

 

mercredi, 21 février 2018 12:26

Natural

Andrea Marr est issue de Melbourne. Elle chante aussi bien le funk, le blues que la soul. Elle a déjà été primée en Australie. Tout particulièrement en 2005 et 2009. D’abord comme ‘Blues Perforner of the Year’, puis meilleure artiste féminine. En 2012, elle a représenté son pays à l'International Blues Challenge de Memphis. Depuis, elle drive sa propre formation, baptisée Funky Hitmen, dont le line up implique huit musicos chevronnés et particulièrement performants en ‘live’. Elle-même foule les planches depuis 1999. "Natural" réunit plusieurs plages parues en 2012 sur son Ep "Sass & Brass". Les autres titres ont été enregistrés en 2017, en compagnie de son backing group. 

Andrea Marr et ses Funky Hitmen puisent essentiellement leurs sources dans le Memphis r&b, et plus précisément le southern r&b de Stax. C’est flagrant dès le morceau qui ouvre la plaque, "Force of nature". Mais également "Credit", un r&b explosif au cours duquel la voix rayonne face au de cuivres. Le funk investit naturellement "Rock steady", "Mama got it wrong sometimes too" et "What to I have to do". Les climats y sont parfaitement homogènes et André y impressionne par sa réserve vocale. Elle est cependant tout aussi à l’aise lors des tempos plus lents, à l’instar de "Grateful" et "That's where love ends". Soulignons encore la performance du gratteur de service, Dave Reynolds, singulièrement en verve tout au long de "Let's take it to the bedroom" et "Real good man". Et manifestement, il a un fameux potentiel !

 

mercredi, 21 février 2018 12:23

Windows (Réédition)

Jon Lord est un des fondateurs de Deep Purple, un groupe notoire né en 1968. Ce célèbre claviériste anglais y a milité jusqu’en 2002. Jon a malheureusement quitté ce monde en 2012. Il avait 72 ans. Il restera l'un des musiciens les plus doués de sa génération. De formation classique, il réussit, dès 1969, à faire enregistrer Deep Purple en compagnie d’un groupe philharmonique, "Concerto for Group and Orchestra". Il poursuit cette expérimentation sous son propre nom, en 1971 et publie "The Gemini suite", en 1971, œuvre pour laquelle il avait reçu le concours du London Symphony Orchestra. L’étape suivante, "Windows", est immortalisée ‘live’ à Munich, le 1er juin 1974. Eberhard Schoener, adepte des synthétiseurs, qui dirige pour l'occasion le Munich Chamber Opera Orchestra, y collabore. Ce "Windows" a été remasterisé. Quelques musiciens rock ont participé à cette aventure, dont David Coverdale et Glenn Hughes", alors impliqués chez Deep Purple, mais également Tony Ashton, Ray Fenwick et Pete York.

L’opus ne recèle que deux plages. "Continuo on BACH" s’étale sur plus de 16'. Il s’agit de la vision personnelle de l'artiste sur une fugue inachevée de Jean-Sébastien Bach. La seconde dépasse la demi-heure. C’est le titre maître. Divisé en trois mouvements, il permet d'une part aux sopranos de l'orchestre de chambre de tirer leur épingle du jeu, et d'autre part, une fusion de rock, blues et jazz dans la sphère classique, permettant également aux deux vocalistes du band insulaire, Coverdale et Hughes, de mettre leurs organes en exergue. Lors de ces expériences opérées entre rock et classique, il y a toujours à boire et à manger. Votre chroniqueur n’avoue aucune addiction particulière en cette matière.

 

mercredi, 21 février 2018 12:21

Basics

Agé de 42 ans, Hamilton Loomis est issu de Galveston, au Texas. Chanteur, compositeur et multi-instrumentiste (NDR : c’est avant tout un guitariste, mais il est aussi doué à la basse, à l’harmonica qu’aux claviers). Il a beaucoup appris des bluesmen notoires comme Johnny Copeland ou Albert Collins ; mais surtout, il revendique l'héritage de Bo Diddley ! Son premier opus, "Hamilton" remonte à 1995. "Basics" constitue son neuvième. Les treize plages sont signées ou cosignées par Loomis, le plus souvent en compagnie de son ami Tommy Sims.

Puissant funky r&b, "Sugar baby" ouvre la plaque. Il y évoque la maladie congénitale dont souffre son jeune fils, âgé de quatre ans à peine. Une bonne entrée en matière. Blues, rock'n'roll, soul et funk coulent naturellement dans les veines de l’artiste. En outre, il prend le soin de soigner le sens mélodique de ses compos. Même sur les cordes. Sa voix est très harmonieuse et s’intègre parfaitement au sein de cet univers sonore empreint d’esthétisme.

Soutenu par les interventions à la slide de Chris Eger, Hamilton double cordes et harmonica sur l’excellent blues/rock "Ain't what it ain't". L’émotion est d’une grande pureté tout au long des ballades "Getting so big" et "Prayer". Loomis entame "Come and get me" au piano électrique, avant de se consacrer à la guitare, sur laquelle il accorde un envol remarquable. Une très belle plage ! "Funky little brother" clôt le long playing. Un funk rock construit sur un mur de guitares constitué de trois grattes. Au bout de six minutes, la piste vire à la jam au cours de laquelle défilent successivement quatre musiciens issus de Houston. Sarah Kimberly en profite pour tirer son épingle du jeu à l'orgue et à la trompette.

mercredi, 21 février 2018 12:20

Claw Machine Wizard

Il y a déjà 10 ans que ce duo issu de l'Indiana propose un cocktail tumultueux de garage, blues, rock et punk. Et au fil de ses albums, manifestement, il ne lâche rien. Au départ, LLC avait emprunté le sillage tracé par des formations comme Black Keys ou White Stripes. Depuis, l’expression sonore est devenue bien plus personnelle. L'inaltérable Freddy J Evans IV est toujours aux commandes. Il se consacre à la slide et au chant. Il est épaulé par le percussionniste Pete Dio. Les sessions se sont déroulées au sein du studio Off the Cuff de Jason Davis, dans leur base à Fort Wayne.

Le titre maître entame les hostilités. Agressif, le chant punk libère une puissance destructrice. Une voix qui demeure aussi féroce tout au long de "The point is overflowing", un blues plus sauvage et sans compromission, digne du label Fat Possum. Métallique, la slide alimente "Booga Chaka", un blues farouche qui intègre parfaitement les percussions. Une plage de choix ! Plus surprenant, la voix de Freddy devient plus douce sur "Lay down". Et c’est encore sans la moindre colère qu’il aborde "Burn em brew", une plage discrètement tapissée par un orgue. Caractérisés par des éclats de slide, "Still rollin" et "Lately" replongent dans le garage. "High maintenance" émarge au Mississippi blues. Enfin, les interventions au bottleneck sur la gratte électrique ainsi que les riffs plaqués et implacables dopent littéralement la plage finale, "Liquor store", la voix de Freddy se chargeant du reste. Excellent !

 

mercredi, 21 février 2018 12:20

Spiritus

Jane Lee Hooker, c'est le patronyme d'un groupe de blues/rock new-yorkais. Particularité, il réunit cinq jeunes femmes, soit la chanteuse –claviériste à ses heures– Dana ‘Danger’ Athens, la bassiste Mary Zadroga, la drummeuse Melissa ‘Cool Whip’ ainsi que les guitaristes Tracy Hightop et Tina ‘T-Bone’ Gorin. Elles avaient commis un premier album, "No B!", en 2016. Les dix plages du second opus ont été écrites par le collectif des 5 ladies. 

"How ya doin?" rock et rolle dès l'ouverture. La voix ressemble à un cri. Les gratteuses ne tiennent pas en place. "Gimme that" et "Be my baby" sont des pistes découpées dans des riffs stoniens. Plus paisible, la dernière est également mieux réussie, grâce aux cordes qui se relaient. "Later on" est une plage indolente, proche du r&b. La voix de Dana éclate sans se forcer, impressionne même, avant que ne débarquent des cordes majestueuses. Elle se charge de passion tout au long d’"Ends meet", un titre au cours duquel elle s’accompagne au piano. Garage/rock, "Black rat" est à la fois frénétique et enlevé. "Turn on your lovelight" baigne au sein d’un climat digne du ‘live’ ! Signé Bobby Bland, ce morceau notoire est adapté un peu comme chez l’Allman Brothers Band, les deux grattes entrant en effervescence. Blues lent assez classique, "The Breeze" clôt cet LP, une longue plage qui suscite presque l’ennui, jusqu’au moment où, à deux minutes du terme, Dana rameute sa troupe… d’un air menaçant…

 

mercredi, 21 février 2018 12:19

Live

Cette Californienne (NDR : elle vit à San Diego, près de la frontière mexicaine) vient à peine de fêter ses 25 printemps. On compare souvent sa voix à celle de Janis Joplin ; ce qui n'est pas nécessairement un cadeau. Son batteur et partenaire dans la vie n’est autre que fils de la regrettée chanteuse Candye Kane, Evan Caleb Yearsley. Et Laura Chavez, sa guitariste, sévissait au sein du backing group de cette dernière. Cet elpee constitue le premier de Casey. Il a été immortalisé en public au studio Thunderbird de Thomas Yearsley, c’est-à-dire le père d'Evan Caleb qui milite également chez les Paladins. Une histoire de famille ! Pour enregistrer cet opus, elle a également reçu le concours du brillant saxophoniste Johnny Viau et du bassiste Marcos C. Le tracklisting épingle quelques compos signées par Mrs Hensley, mais surtout des reprises de titres d'artistes notoires.

L’opus s’ouvre par le "Big Mama's coming home" de Big Mama Thornton. Sa voix est puissante, dans un registre proche d’Etta James, mais elle la force quelque peu et finit par la briser. Elle n’a d’ailleurs pas besoin de se faire violence pour chanter. Et le démontre tout au long du blues lent "Put your lovin' where it belongs". Plusieurs plages indolentes figurent sur cet LP. A l’instar du célèbre "I put a spell on you" de Screamin' Jay Hawkins. Mais sa voix part parfois à la dérive. Heureusement, très souvent, les interventions dynamiques de Viau au saxophone, sauvent la mise. "Ball and chain" est une autre compo issue de la plume de Big Mama Thornton. Elle figurait également au répertoire de Janis Joplin, quand elle sévissait au sein du Big Brother and the Holding Company. Paradoxalement, Miss Hensley est tout à fait à l’aise pour la restituer. Ce long playing sonde également le rock'n'roll et le funky r&b, notamment à travers le "Voodoo woman" d'Etta James. Mais c’est surtout la guitariste Laura Chavez qui tire son épingle du jeu, sur cet album. Irréprochable, elle se déchaîne d’un bout à l’autre de la plaque. Elle a, en outre, très bien assimilé le style de Johnny Guitar Watson. "Too tired" en est d’ailleurs la plus belle illustration…

 

mercredi, 21 février 2018 12:17

Big Road

Fondé en 2010, Erin Harpe and The Delta Swingers est un quartet issu du Massachusetts. Erin en est bien sûr le leader. Il se réserve le chant et la guitare. Il est épaulé par le bassiste Jim Countryman, l’harmoniciste Matt Prozialeck et le batteur Kendall Divoll. "Big Road" constitue le second opus du band. Il fait suite à "Love whip blues", paru en 2014. En outre, le même line up se produit sous le patronyme de Lovewhip, mais dans un registre electro funk.

Erin a également assuré la mise en forme de ce nouvel elpee. Un disque découpé en dix plages, dont trois compositions personnelles et des reprises qui reflètent bien son attachement au blues originel du Delta.

Plage d’ouverture, "Kokomo" est également la meilleure. Une version énergique d’une compo signée par le légendaire Mississippi Fred McDowell. Très amplifiée, elle se distingue par un dialogue entre les sonorités traitées au bottleneck par Erin et l'harmonica de Matt, tout en restant fidèle à l’esprit du Delta. "Lonely leavin' town" est un morceau plus cool. Les reprises restent bien dans l'esprit des créateurs d'avant la grande guerre, Tommy Johnson et Mississippi John Hurt. Sur "Big Road", les Delta Swingers évoquent le Canned Heat originel. La reprise fétiche du "Shake your hips" de Slim Harpo est la plus longue plage, un boogie qui se distingue par de belles envolées aux cordes et à l'harmonica. "Voodoo blues" s'enfonce dans la Louisiane. Erin se consacre au frottoir et Michael Casavant, invité pour la circonstance, à l'accordéon. Le titre final, "Gimme that", s’inscrit davantage au cœur de l’autre projet, Lovewhip ; une piste electro funk dansante qui laisse une large place aux solistes et aux percussions de Kendall !

 

mercredi, 21 février 2018 12:16

Meeting my shadow

Agée à peine de 27 printemps, Vanessa Collier est chanteuse, compositrice et saxophoniste. Elle appartient à la scène blues de Boston et a étudié au prestigieux Berklee College of Music. Elle a fourbi ses armes au sein du backing band du notoire Joe Louis Walker, entre 2012 et 2013. Son premier opus, "Heart Soul & Saxophone", remonte à 2014. Elle a depuis signé chez le label allemand Ruf et a participé à la tournée européenne ‘Blues Caravan’. La majorité des titres de ce nouvel opus sont issus de sa plume. Lors des sessions, elle a bénéficié du concours de son backing group et d’invités talentueux comme Lara Chavez à la guitare et Charles Hodges aux claviers. La mise en boîte s’est déroulée à Memphis.

Vanessa se réserve différents claviers et la flûte sur le subtilement funk, "Poisoned the well", une ouverture qui tient parfaitement la route. Un funk qui contamine davantage "Dig a little deeper", un r&b dansant qu’elle souligne de son saxophone ténor. "When it don't come easy" nous entraîne dans le Delta du Mississippi, un blues enrichi par l'orgue de Charles Hodges et la slide de Josh Roberts. Miss Collier apprécie le r&b. Elle le démontre tout a long du dynamique et galopant "Two parts sugar, one part lime", mais également lors de l'excellente version de "When love comes to town", une compo que U2 avait enregistrée avec BB King, dans les studios Sun de Memphis, en 1988. La voix de Vanessa excelle tout au long de la ballade à coloration Stax, "You're gonna make me cry", un titre que le chanteur soul O.V Wright avait transformé en tube, en 1965. Autre cover, celle du "Up above my head, I hear music in the air" de Rosetta Tharpe. Laura Chavez y brille aux cordes alors que le sax de Vanessa est littéralement en liesse. Et elle en remet une couche tout au long de "Whiskey and women", un Chicago shuffle classieux !

 

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