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    Will Butler insatiable… Will Butler publiera son deuxième elpee solo en septembre 2020. Au cours des cinq dernières années, Will Butler a sorti…

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Stéphane Reignier

Stéphane Reignier

vendredi, 03 juillet 2020 10:20

J’aime le pouvoir et le poids des mots

L’actualité des concerts réduite comme peau de chagrin, c’est par le biais de Skype que votre serviteur s’invite à pénétrer dans l’univers particulier de Kosmos. Son frontman, Tom, se livre entre actualité brûlante, confinement et un amour inconditionné des mots. Naviguant quelque part entre Michel Berger, -M- et les Rita Mitsouko, sa musique s’ouvre et risque de surprendre, grâce à une palette de compos à la fois légères et énigmatiques qui flirtent autant avec la pop, le funk que la ballade bossa. Après avoir publié “Je connais un guerrier Maasaï”, un single remarqué, le groupe français sort un premier Ep baptisé « Des Kollages ». Un second Ep tout aussi solennel est déjà en préparation et devrait ravir (encore une fois) les amateurs du genre.

Derrière Kosmos se cachent cinq personnes aux influences musicales plutôt variées : jazz, funk, métal, techno, etc.

Quel est le point commun entre les membres de la formation et comment s’est déroulée votre première rencontre ?

Je vais commencer par la rencontre parce qu’elle constitue la base de pas mal de choses… Durant plusieurs mois, j’ai écrit et composé des chansons que j’avais par ailleurs maquettées. Je voulais dénicher des musiciens susceptibles de transposer le projet sur scène. Ce qui nous lie, c’est l’envie de s’ouvrir à des univers qui ne sont pas les nôtres, tout en évoluant en dehors de notre zone de confort. A titre d’exemple, Adrien vient du monde de l’électronique alors que Cyprien, de celui du jazz. Ce dernier amène l’harmonique des morceaux. Au départ, je cherchais de jeunes musiciens qui souhaitaient bosser ensemble sur le long terme. Habitant Pigalle, j’ai effectué le tour des écoles de mon quartier. C’est ainsi que j’ai rencontré, par le biais d’un contact, un bassiste. De fil en aiguille, nous nous sommes retrouvés à cinq. Tout le monde se connaissait au moins un peu ou avait déjà travaillé avec les autres. Il existe cette volonté chez chacun d’atteindre un équilibre qui à l’origine n’est pas le sien. Nous restons persuadés que si nous avions choisi de se consacrer à la musique individuellement, nous ne serions jamais parvenus à ce résultat. La dynamique de groupe l’a emporté !

Un Ep qui résume à lui seul le côté créatif du combo. Les sonorités partent dans tous les sens : il y a de la pop, du funk, une ballade bossa. On ne peut pas dire que les compos soient cadenassées dans un style particulier… Était-ce une volonté commune ou les choses se sont-elles déroulées naturellement ?

Les paroles et les structures harmoniques étaient déjà écrites. Il y avait effectivement une volonté de créer une ossature autour de ces éléments. Puisque la base de travail était existante, j’envoyais simplement les maquettes à mes comparses. Généralement, lorsqu’un groupe débute, ça prend du temps parce qu’en amont, tout un processus créatif est à mettre en place, de la composition à l’écriture. Nous avions donc un gros avantage à ce niveau. On pourrait penser que c’est moi qui décide, mais pas vraiment. On essaie de se remettre en question tout le temps. Il existe cette volonté d’aller toujours plus loin. D’ici quelque temps, on va enregistrer un nouvel Ep. Nous sommes au stade de la réalisation des maquettes et des arrangements de dernière minute. Cette après-midi encore, nous répétions. La manière dont nous allons aborder ce disque reste cohérente ; à vrai dire, nous refusons la facilité. Aune sortie physique n’est prévue. On aimerait bien sortir un vinyle ou un CD commun, une fois le second Ep finalisé.  

Cette approche stylistique constitue un pari osé, l’auditeur pourrait penser qu’on veut l’induire en erreur et le surprendre trop fréquemment...

C’est clair ! Il s’agit probablement d’un reproche que les auditeurs pourraient formuler à l’égard du groupe. C’est une des raisons pour lesquelles l’Ep s’intitule « Des Kollages », une manière de brouiller les pistes, de dérouter le mélomane. Nous sommes conscients que cette démarche ne s’inscrit pas dans l’air du temps. Aujourd’hui, tout doit être identifiable et cloisonné. Les points de friction constituent justement une démarche artistique en tant que telle. Pour être tout à fait honnête, la première écoute est souvent saisissante. Il faut du temps pour s’imprégner des morceaux et en pénétrer toutes les couches. Nous souhaitions obtenir un produit fini assez ‘riche’. Je n’aime pas trop ce terme parce que parfois la simplicité rime avec grande richesse. Oui, effectivement, la manière dont nous concevons les choses peut être déroutante, mais l’univers dans lequel nous baignons l’exige. Quoi qu’il en soit, il existe une grande sincérité dans nos actes.

Pour certains, confinement a rimé avec productivité en termes de créativité musicale. As-tu profité de cette parenthèse obligée pour laisser exprimer tes idées soit individuellement, soit collectivement ?

Spontanément, la réponse est non ! Parfois, tu as l’impression de perdre ton temps et de ne rien faire alors qu’en réalité il y a tout un tas de processus qui se met en place. En ce qui nous concerne, nous avons été confinés à des endroits géographiquement différents. Les sessions en commun sont très précieuses en termes d’échange d’idées. Se réunir au sein d’une seule et même pièce est important. Cette période Covid a effectivement eu un effet dévastateur : les concerts et la sortie de l’Ep ont été suspendus. Les maquettes du prochain étaient prêtes. Nous voulions, lors du déconfinement, proposer un produit fini et, dans la foulée, commencer à enregistrer. La réalité a été un peu plus compliquée qu’on ne l’imaginait, parce que vu la distance, nous devions transmettre des fichiers qu’il fallait ensuite centraliser. Résultat, un travail qui aurait dû nécessiter une seule après-midi en temps normal, nécessitait parfois presque une semaine. Heureusement, nous avons respecté une certaine discipline. A titre tout à fait personnel, d’un point de vue musical, je n’ai pas l’impression d’avoir été particulièrement créatif. Nous avons traversé une période pour le moins anxiogène. Paradoxalement, lorsque tu es musicien ou artiste, en général, tu aspires à disposer de temps pour laisser exprimer cette créativité latente. J’étais confiné chez moi, entouré de mes instruments et de mon matériel. Faire de la musique était quasi la seule occupation qui m’était permise. Je me suis remis au piano classique. Ce qui m’a, cependant, fait un bien fou. Cette parenthèse inattendue m’a démontré, qu’au final, ce n’est pas de temps dont on a besoin, mais de l’équilibre de la vie et des gens qui t’entourent pour trouver l’inspiration. Il est peut-être un peu tôt pour prendre le recul nécessaire, mais je n’affirmerai pas que cette période ait été totalement inspirée. Pareil pour mes comparses, je crois. Entre les conditions de confinement pas évidentes et l’absence d’activité du groupe, je dois avouer que ce n’était pas facile tous les jours. Nous pensions qu’en se servant des réseaux sociaux, nous serions plus inventifs, mais c’était une erreur. La virtualité ne remplacera jamais la réalité ! Être musicien, c’est partager ! Confiner un musicien, c’est à contre-courant de sa nature profonde. Ce n’est pas comme si le gars partait durant trois semaines dans son coin pour se réaliser. Non, ici les conditions étaient totalement surréalistes. Je suis donc mitigé par rapport à cette situation, mais l’avenir nous dira si je me suis trompé…

Tom, tu as écrit les morceaux au revenir d’un voyage d’un an autour du monde. Qu’en as-tu retiré sur un plan tant musical que personnel ?

Ce voyage a marqué un tournant dans ma vie tout simplement. Je n’avais pas l’intention de me lancer dans la musique de manière professionnelle. Si je l’ai toujours pratiquée, notamment en jouant du piano et en militant dans pas mal de groupes, j’ai aussi suivi un cursus scolaire dans une école de commerce. J’ai monté un projet en compagnie de trois amis. Notre job consistait à mesurer l’impact social de pays en voie de développement. On a travaillé dans des endroits d’une violence extrême en matière d’environnement, de pauvreté, etc. J’ai vite commencé à prendre du recul et me suis rendu compte que nous avions de la chance de vivre dans une région comme celle-ci. Pourtant, nous sommes vite préoccupés par nos petites contrariétés qui peuvent aussi rapidement prendre des proportions sidérales. Un jour, au Madagascar, je discutais avec un étudiant de mon âge. Un traducteur qui me rappelait la chance d’être français. Nous sommes entourés de magasins de musique. On se paye ce que l’on veut. Là-bas, si un autochtone veut s’acheter un ampli guitare, c’est quasi-mission impossible. Cette expérience a changé mes objectifs. J’en ai conclu que voulais vraiment me lancer dans la musique. C’est ce qui me passionne. C’est la raison pour laquelle je me lève le matin. Ce vécu a marqué au fer rouge mon existence et je crois qu’il se ressent dans les paroles des compos de cet Ep. J’aime prendre du recul par rapport à un quotidien qui a parfois tendance à nous ensorceler et nous emporter dans un tourbillon chaotique.

« Des Kollages » c’est un peu l’histoire d’un gars qui se cherche pour se (re)trouver. Une histoire autobiographique ?

Bien évidemment. On y décèle des fragments de ma vie personnelle. Cet écho est d’ailleurs bien plus subtil dans d’autres morceaux. J’ai essayé d’imaginer une suite logique a posteriori, mais lorsque j’écris des textes, j’aime l’idée que l’on ne puisse pas vraiment comprendre ce qui se passe immédiatement, mais qu’ils laissent une impression. Je suis un fan inconditionnel de Bashung, par exemple. Lui et son parolier ont réalisé un travail formidable. Cet artiste joue et triture les mots quitte à les travailler syllabes par syllabes. Si tu prêtes une oreille attentive à certaines de ses compositions, tu te rendras compte qu’il y a des mots qu’on entend, mais pas prononcés. Dans « La nuit je mens », il cite : ‘J’ai fait la cour à des murènes’. Pourtant, je perçois ‘J’ai fait l’amour à des sirènes’. Le sens est à construire en permanence. N’est évidemment pas Bergman qui veut, mais j’apprécie l’idée de fourvoyer l’auditeur et de le forcer à réfléchir pour le rendre partie prenante de l’écoute. Cette approche renforce aussi la cohésion du groupe, car nous n’accordons aucune concession. Je suis bien conscient que cette attitude ne facilite pas une diffusion sur les radios généralistes. Nous n’essayons pas d’aller au plus efficace. Notre réalisateur est aussi là pour nous cadrer parce que si nos chansons restent de la pop, il ne faut pas le perdre de vue, le but n’est pas davantage de composer des morceaux de jazz qui s’étalent sur quinze minutes.

Dans le titre « Dé-Pense », tu dis ‘Je mène la résistance contre ceux qui pensent, qui calculent, qui font des plans pour gagner du temps’. Pourtant aujourd’hui, nos vies sont définies par des algorithmes en tout genre jusqu’à même prendre le pas sur notre libre arbitre…

Oui, complètement. C’est sans doute le morceau le plus autobiographique de l’Ep. Lorsque je fréquentais l’école de commerce, on nous enseignait l’efficacité, le gain de temps, comment produire plus avec moins de ressources, etc... Je me suis rendu compte que dans nos vies, tout est formaté jusqu’au moindre désir. Les réseaux sociaux modélisent nos rapports à l’amitié, les applications de dating ou encore les GPS qui indiquent le chemin le plus court. Aujourd’hui, il faut gagner du temps à tout prix en supprimant les obstacles comme si nous devions agir comme des ordinateurs. L’optimisation est profondément inhumaine. Les rencontres imprévues et les chemins de traverse demeurent réjouissants. Tout comme perdre son temps permet d’exercer son imagination. Les plus belles fêtes sont celles que l’on n’a pas prévues. Je réfute l’idée de devenir une machine. J’habite Paris. Ici, le matin, les gens ressemblent à des zombies. Ils courent sans cesse pour essayer de rattraper le temps. Parfois, moi aussi, il m’arrive de rater le métro et de râler. C’est ridicule parce que le prochain arrive dans quatre minutes. Cette pression constante devient pesante même. Il faut pouvoir prendre du recul parce qu’au fond que perd-t-on lorsqu’on perd du temps ? Je terminerai en affirmant que c’est sans doute le morceau le plus engagé.

L’enregistrement de l’Ep a été réalisé à l’aide de matériel exclusivement analogique. Pour accentuer l’émotion ?

Je ne suis pas ingénieur du son, mais je pense que oui. Il y a une chaleur et une humanité dans le matériel analogique. On sent les résistances qui chauffent et ce grain particulier, même si je reconnais qu’on peut obtenir un résultat quasi-équivalent par le biais de procédés modernes. Il ne faut pas tomber dans l’excès inverse et devenir anti-digital ! Nous souhaitions quelque chose de très organique dans le projet et nous préférions capturer l’énergie du moment plutôt que de passer des mois à mixer. On préférait, dès le départ, un résultat tranché quitte à réduire le champ des possibles. Perso, en tous cas, ce à quoi je suis sensible, c’est la sincérité, peu importe d’ailleurs le genre et l’histoire à raconter.

Pour beaucoup, la musique est souvent juste un produit de consommation marketing qui n’existe que pour satisfaire un besoin immédiat. Vu votre style si particulier, crois-tu que Kosmos puisse traverser les âges et les générations ?

J’aimerais bien. Aujourd’hui, il faut pouvoir plaire à tout le monde. Quel est l’individu qui prend encore le temps de se poser dans le salon pour écouter un album entier ? C’est devenu tellement rare ! Et pourtant, c’est un vrai plaisir. La musique est de nos jours écoutée dans les transports ou en toile de fond, à peine perceptible. Plus jeune, lorsque j’écoutais des CD, le rapport à la musique était beaucoup plus lié à l’objet. Attention, il ne faut pas non plus tomber dans le discours rétrograde, ce n’était pas forcément mieux avant. Par exemple, grâce à Spotify, j’ai pu écouter des centaines de chansons que jamais je n’aurais découvertes autrement. Je crois encore une fois, qu’il il faut être autothétique dans la démarche et conter de belles histoires à l’auditeur, car il y est sensible. Si effectivement, il y a une kyrielle de morceaux qui sont cadrés pour le succès, un tas d’artistes ont encore cette ambition de vouloir raconter quelque chose à l’auditeur et lui permettre d’être partie prenante de cette démarche. Je cite souvent Flavien Berger qui reste tellement libre dans ses démarches et sincère dans ses propos. Il réalise parfois des morceaux de douze minutes et ils fonctionnent ! Ce n’est peut-être pas les plus gros succès, mais il a foulé les planches de l’Olympia. Si nous arrivions ne serait-ce qu’à sa cheville, nous serions déjà contents. Il est aujourd’hui navrant de constater dans les statistiques de Youtube que les gens décrochent parfois juste après quelques secondes d’écoute. J’ignore s’il s’agit de l’air du temps. Nous les jeunes, nous consommons pas mal de streaming, c’est une histoire de génération. Les plus âgés sont moins réceptif à ce mode d’écoute. La génération actuelle deviendra plus mature dans vingt ans, les mentalités aussi sans doute. Mais, comment prédire l’avenir ? Tout change tellement vite. C’est un vrai sujet de fond. Comme je te signalais tantôt, la formation ne fait aucune concession dans sa démarche artistique. A tort, peut être…

Les textes sont ciselés. Ils ont du coffre et de la puissance. Souvent, on aime revivre les compositions à travers les paroles. Est-ce votre cas ?

J’affectionne écrire les textes et sortir le meilleur jus des mots. Presque plus encore que d’écrire les musiques. Ma mère est anglaise, ma plume s’exerçait dans un premier temps dans la langue de Shakespeare. Pour ce projet précis, l’envie de coucher les mots sur le papier en français était grande. J’aime le pouvoir et le poids des mots. J’avoue que la prise de risque est plus importante car les gens dressent une oreille plus attentive en français alors que pour l’anglais ils s’attachent plus à la mélodie. J’apprécie l’idée que l’auditeur puisse jouer un rôle à part entière dans cette dynamique. Comme expliqué avant, il est aussi intéressant parfois de ne pas saisir le sens des mots, mais juste être bercé par les paroles. Une manière de sensibiliser sans proposer quelque chose de manichéen…

A contrario un texte, quand il est écrit, est parfois plus difficile à accepter que chanté…

Oui, tout-à-fait ! C’est la philosophie que nous épousons ! Sur « Dé-Pense » par exemple, j’ai fait le choix, à la fin de la compo, de ne faire que des jeux sur les syllabes. Sur le prochain Ep, il y aura beaucoup d’homonymes. Je ne suis pas convaincu que les paroles doivent être lues, mais juste entendues. Par analogie, au collège ou au lycée, on demande aux élèves de lire des pièces de théâtre ; c’est contre-productif ! Une pièce existe pour être entendue et interprétée, pas nécessairement pour être analysée. 

Quand on écoute, « Je Connais un Guerrier Maasaï », on se dit qu’au fond, la recette de Kosmos pour faire plus facilement passer un message, c’est un texte bien écrit et un groove. Ces deux éléments se suffisent-ils à eux-mêmes ?

C’est tout à fait exact ! Nous sommes à la recherche d’un groove, mais au sens large du terme. Pour chaque morceau, nous essayons d’adopter une rythmique qui se suffit à elle-même tout en balançant son lot de paroles qui sonne bien. Nous aimons maquiller le très sérieux et le très lourd avec un soupçon de futilité. L’idée est encore une fois de rendre l’auditeur actif dans l’imaginaire. Ce qui me tient à cœur, c’est l’histoire qui est racontée, pas une succession de mots alignés les uns derrière les autres…

Quel(s) est (sont) le(s) artiste(s) qui t’a (ont) le plus marqué(s) ou influencé(s)

Lorsque j’étais adolescent, j’ai découvert les Beatles. Comme eux, j’écris une musique mélodique à fredonner. Il y a quelque chose d’immédiat. J’étais aussi fan de la musique anglo-saxonne des années 60-70 ; ma mère étant anglaise, j’ai baigné dans cette culture. Mais aussi, tout ce qui est rock progressif et pop-rock de cette époque. Sans oublier la chanson française, évidemment. Il est difficile de cibler précisément un artiste précis. Je citerai quand même Michel Berger, France Gall, Serge Gainsbourg. Dans la musique plus contemporaine par contre, j’apprécie l’Impératrice. Il s’agit d’un groupe de pop/disco français, fondé à Paris en 2012. Il est parvenu à créer un univers ambitieux, mêlant des genres musicaux iconoclastes lui permettant de s’auréoler d’une identité réelle. Je crois qu’il est parvenu à marquer un tournant dans la chanson française. J’aime aussi l’univers de Flavien Berger. Je suis aussi fan de Philippe Katerine depuis ses débuts. La sincérité dont il fait preuve dans sa folie m’émeut complètement. En matière de musique internationale, j’adore Parcels, groupe originaire de Byron Bay en Australie, formé en 2014. Je suis allé les voir au Botanique et j’ai été bluffé par la légèreté et leur groove.

Avant de nous quitter, peux-tu dévoiler quelques petites news pour les lecteurs de Musiczine ?

Oui, le prochain Ep sur lequel nous travaillons s’intitulera « Dé Ménage ». Il contiendra cinq titres, des chansons d’amour. Il ne s’agira pas d’une suite, mais plutôt d’un pendant au premier volet. Le réalisateur sera le même. Je pense que ce disque sera plus homogène en termes de style, mais je ne m’avance pas trop, on verra bien… Nous sortons d’ici quelques semaines un nouveau single qui s’intitulera « Petit Suisse ». Il sera assez proche du « Guerrier Maasaï » dans le côté décalé. Nous devrions jouer en live en septembre, mais les dates ne sont pas encore confirmées. Les salles parisiennes sont en effet un peu plus frileuses à l’égard des petits groupes comme les nôtres et prennent davantage de précautions vu cette crise sanitaire. Nous espérions pouvoir participer à quelques festivals cet été… Se produire en Belgique serait une opportunité à saisir, il y a chez vous une proximité et une accessibilité que l’on ne retrouve nulle part ailleurs.

Les Eagles publieront un album live et un film du concert avec 26 chansons enregistrées lors de leurs trois concerts au Forum à Los Angeles, en octobre prochain.

Les Eagles ont passé la plus grande partie de l'année 2018 tourner à travers les Etats-Unis. Don Henley, Joe Walsh, Timothy B. Schmit, Deacon Frey et Vince Gill ont reçu des critiques élogieuses de la part des fans et des critiques. Ils étaient donc sur le qui-vive pour leurs trois shows à guichets fermés au Forum de Los Angeles les 12, 14 et 15 septembre. Les moments forts de ces trois shows ont été sélectionnés et rassemblés sur un nouvel album live avec 26 chansons et un film du concert "Live from the forum MMXVIII".

Aux États-Unis, le film du concert a été diffusé en exclusivité par ESPN ce dimanche 5 juillet. Le film a été présenté par Chris Berman, fan des Eagles.

"Live from the forum MMXVIII" est une production de Scheme Engine dirigée par Nick Wickham et enregistrée avec 14 caméras 4K. Il sera disponible le 16 octobre via Rhino en Blu-ray, CD, Vinyle et en streaming. Une édition super deluxe sera également disponible.

Le " Live from the forum MMXVIII " recèle les performances live des plus grands succès du groupe ("Hotel California", "Take It Easy", "Life In The Fast Lane", "Desperado") mais aussi des morceaux d'album ("Ol' 55"), "Those Shoes"), ainsi que certains des plus grands succès en solo des membres du groupe ("Boys Of Summer" de Henley, "Rocky Mountain Way" de Walsh et "Don't Let Our Love Start Slippin' Away" de Gill).

Dans le paysage rock moderne et fragmenté d'aujourd'hui, les Eagles conservent un attrait qui transcende à la fois la génération et le genre, renforçant le rôle du groupe en tant qu'icône musicale.

En tant que groupe américain le plus vendu des années 1970 et l'un des groupes les plus vendus de tous les temps, les Eagles ont vendu plus de 150 millions d'albums dans le monde entier dont 6 ont obtenu la place de numéro 1 et ils se sont retrouvés cinq fois en tête des charts.

Leurs "Greatest Hits 1971-1975" et "Hotel California" sont les albums les plus vendus de tous les temps selon la RIAA, certifiés Platine 38x et 26x respectivement. Ils ont remporté six GRAMMY® Awards, ont été intronisés au Rock & Roll Hall of Fame en 1998 au cours de leur première année d'éligibilité et ont reçu le Kennedy Center Honours en 2016.

https://www.eagles.com/

jeudi, 23 juillet 2020 11:42

Bénabar livre sa version de l’amour !

« Tous les Divorcés » lance un message d’espoir : on peut aimer plusieurs fois dans sa vie.

Avec humour et une pointe d’émotion, Bénabar continue d’explorer le thème du couple, de la famille et des aléas de la vie. Du piano, de la place pour la voix, une production très organique : Bruno réunit des ingrédients essentiels pour faire ressortir l’émotion brute du texte.

« Tous les Divorcés » constitue le premier extrait du nouvel album sur lequel Bénabar travaille en collaboration avec Johan Dalgaard, un elpee qui sortira à l’automne.

Un extrait acoustique est à découvrir ici

jeudi, 23 juillet 2020 11:40

Vikken à couper au couteau…

Artiste transdisciplinaire de la scène électro (Vatican Soundsystem, Virile), Vikken crée en 2019 son premier projet solo sous son nom.

De ses expériences en tant que producteur et DJ, il garde la ligne électronique, la recherche de textures et de rythmes downtempo qui incitent au lâcher-prise.

La forme finale n'arrivera que quelques mois plus tard lorsque viennent des textes en français, comme une évidence - créative, politique, cathartique - sur des titres jusqu’alors instrumentaux.

Entre ambiant-pop et électro, Vikken aborde les thèmes de l’identité, du questionnement des normes, sous une forme peu empruntée.

En attendant la sortie de son 1er EP début 2021, il vient de sortir un rework, relayé notamment par Brain, Manifesto XXI... du titre « Pass this on de The Knife ».

Le clip est à voir ici

Un clip en forme de court-métrage réalisé par Bruno Merle explore de façon onirique le trouble de la violence dans l’amour. Pendant le confinement, les associations ont observé une terrible aggravation des violences conjugales et domestiques.

Ruppert Pupkin et Bruno Merle ont créé ce film pendant le confinement, en réaction à ce tragique constat.

Une femme marche d’un pas décidé. Où se rend-elle ? Où s’enfuit-elle ? Elle perd bientôt son chemin, ses repères et sa mémoire.

Trouvant dans son sac un téléphone dont elle ne connaît plus le code, une adresse qui est sans doute la sienne et des clés, elle entre dans une maison qu’elle semble découvrir pour la première fois et qu’elle cherche à reconnaître.

L’histoire d’amour qui se déroule dans la chanson « T’en as plus pour longtemps » est peut-être à double tranchant.

Prise dans la boucle obsessionnelle de sa mémoire, elle se love dans le costume de l’homme qu’elle pense avoir aimé, et exhume la violence enfouie d’une relation amoureuse qui aurait trouvé une issue tragique dans un meurtre hypothétique dont elle serait l’actrice.

Cherchant la vérité dans les miroirs, la meurtrière prise dans une spirale hypnotique a peut-être inventé toute cette histoire, ou simplement inversé les rôles le temps d’une chanson…

« Dans ma peau », on ne tue jamais par amour mêle une version live de la chanson « Dans ma peau » de Ruppert Pupkin, enregistrée le 4 mars au Grillen, avec le musicien Benoit Perraudeau et la version de l’album "Digital After Love" de Ruppert Pupkin sorti en 2019 chez Actes Sud Musicales, arrangée avec Pygmy Johnson. (Dans ma peau @flushing - track 4)

On retrouve Ruppert Pupkin, Bruno Merle et Pygmy Johnson le 15 juillet 2020 au cinéma dans le Film ‘Felicità’ de Bruno Merle, avec Pio Marmaï, Rita Merle et Camille Rutherford.

Ruppert Pupkin et Pygmy Johnson ont composé la chanson “An average girl” (disponible sur toutes les plateformes) pour le deuxième long métrage du réalisateur, qui raconte la vie d’une famille hors-normes.

C’est au cours d’une nuit mouvementée que Tommy (Rita Merle), la jeune héroïne de ‘Felicità’, et son père (Pio Marmaï) croisent dans un bar une chanteuse (Ruppert Pupkin) qui fait danser la foule depuis son fauteuil roulant.

A découvrir ici

Tout au long du précédent opus, « Pink Air », Elysian Fields explorait le moment présent, celui de la crise existentielle. Celui-ci se porte des siècles dans le passé et sur des terres lointaines.

« Transience of Life », album concept tiré du vénérable roman chinois ‘Dream of the Red Chamber’, place l’auditeur dans un paysage onirique à l’atmosphère électro-acoustique, ponctuée du rock noir mélodique caractéristique du groupe.

Les morceaux dépeignent les scènes hantées d’un conte de fées abordant le destin et la perte. C’est aussi un document social dont les thèmes du bouleversement et de la perte d’autonomie résonnent encore à notre époque.

Le roman du 18ème siècle de l’auteur Cao Xueqin, peu connu aujourd’hui des lecteurs de l’Ouest, est une épopée nationale, qui, dans la littérature chinoise, tient un rôle comparable à celui de Shakespeare dans le monde occidental. Son intrigue basée sur un couple de jeunes aristocrates dont la relation amoureuse est condamnée ne peut d’ailleurs que faire penser à Roméo et Juliette. En dépit de cette ressemblance, ‘Dream of the Red Chamber’ est bien plus singulier dans ces thématiques. Sexualité, servitude, pouvoir, destin et surnaturel s’écharpent dans un environnement doublement étranger : parce qu’il est aux confins du monde et parce qu’on car on y voyage dans un temps ou le déclin de la dynastie Qing était réel.

Le metteur en scène Jim Findlay a demandé à Jennifer Charles et Oren Bloedow de composer une musique inspirée des poèmes que Cao Xueqin a écrits pour son roman. Alors que le duo new-yorkais travaillait sur ce projet, il s’est rendu compte de la proximité de celui-ci avec sa propre esthétique. L’humeur naïve et les thèmes de l’amour, de la désillusion, du souci et du chagrin se marient parfaitement avec la sensibilité du groupe. L’idée de la fugacité de toutes choses est depuis longtemps un sujet central dans l’œuvre d’Elysian Fields, et, dans ces vers anciens, le groupe a trouvé l’âme sœur.

Après avoir terminé cette collaboration, Jennifer et Oren ont décidé de continuer leur travail sur d’autres poèmes de Xueqin pour le plaisir. Par la suite, ils ont invité le poète Lu Chen a co-écrire une chanson. Un dernier morceau a été trouvé dans l’œuvre de Warren Zevon, dont le titre « Indifference of Heaven » semble presque tiré des mêmes pages. Le producteur et collaborateur de longue date d’Elysian Fields, Thomas Bartlett, a piloté les sessions d’enregistrement, incorporant brillamment les performances du batteur Sam Levin et du virtuose de Piri, Saengkwang Gamin Kang.

“An Outsider Undeserving Of Love” est à découvrir

jeudi, 23 juillet 2020 11:33

Un clip à manger tout cru…

En tirage limité pour le Disquaire Day (20 juin 2020), "Petit Orang-outan", clip bien trippé de Cannibale, est un conte psychédélique qui raconte l'histoire d'un petit Orang-outan qui grandit tellement il devient gigantesque et hors de contrôle.

Il mange alors le soleil et disparaît dans la nuit

La vidéo ? C’est ici

jeudi, 23 juillet 2020 11:31

Un disque à l’effet anxiolytique …

Passé par A.H. Kraken, Plastobéton et surtout The Feeling Of Love, Guillaume Marietta a sorti en 2015 un premier album solo, « Basement Dreams Are The Bedroom Cream », collection de chansons bricolées sur un magnéto 4 pistes. Un de ces disques de chambre fermée à double tour au fond d’une maison sans adresse, comme on pensait seuls Syd Barrett ou John Frusciante –références un rien secouées, mais clairement identifiées– capables d’en réaliser.

C’est à partir du deuxième album que les repères se perdent. Parti enregistrer à Los Angeles avec Chris Cohen, Marietta en revient avec La Passagère, disque magnétique et luxuriant, genre de « Berlin » aux fenêtres grandes ouvertes ou de « The Idiot » baigné de soleil, alternant fouet et caresse avec une élégante désinvolture, jonglant hardiment entre le rock le plus exigeant et la chanson la plus engageante.

Sur ce disque, Marietta gagne une profondeur et une complexité inouïes mais perd une partie de son public, dérouté par cette sortie de route volontaire. De là, difficile d’envisager la suite.

Réalisé seul, comme le premier, mais cette fois à l’aide des logiciels de MAO crackés, « Prazepam St. » est un disque à la fois plus dense et plus simple à appréhender que les précédents, mais surtout plus ludique. C’est aussi, plus involontairement une synthèse. On y retrouve ainsi le côté artisanal du premier album, celui plus flamboyant et ambitieux du deuxième, mais aussi des traces des irruptions stridentes d’AH Kraken, des grandes embardées cosmiques de Feeling Of Love ou du groove magouilleur de Funk Police. Au-delà de ces références personnelles, Marietta y a jouté ses influences adolescentes dans lesquelles il s’est replongé durant l’enregistrement : Sonic Youth, Beck, Nirvana, les Beastie Boys, mais aussi Jim O’Rourke ou David Pajo. Le titre « Pajo » adresse un clin d’œil au guitariste de Slint dont le projet solo Papa M a beaucoup marqué Guillaume.

C’est aussi un disque sombre et troublé, porté par son titre, référence à un anxiolytique utilisé dans le traitement de la dépression.

Comme le montrent “Dmpa”, molécule utilisée comme castrateur chimique sur les délinquants sexuels américains, transformée ici en folk song cabossée écrasée par les samples, les boîtes à rythmes et les breaks d’outre-espace. Ou “Aluminium”, élément solide et brillant mais hautement nocif, à l’image de la ballade incandescente truffée de synthés grondants, qui ouvre l’album. Pas un choix tout à fait innocent : ‘L’aluminium reflète assez bien notre capacité à accepter toutes les choses merdiques qu’on nous présente comme étant nécessaires à notre quotidien, conclut Marietta. On est les champions pour toujours faire l’inverse de ce qui est bon pour nous’. Comme par exemple de passer à côté de Marietta aujourd’hui pour se morfondre en éloges dans 20 ou 30 ans.

Il est là. Profitez-en.

« Prazepam Street » est en écoute ici

jeudi, 23 juillet 2020 11:26

Hoops, il est tombé en arrière…

Démarré comme un groupe de noise ambient solo, Hoops s'est rapidement mué en une jolie promesse pop et ensoleillée.

Désormais quatuor, ce groupe originaire de l’Indiana a signé chez Fat Possum, preuve qu'on peut faire rêver simplement, tout en restant hyper ambitieux dans l’écriture.

« Fall Back » est à découvrir ici

jeudi, 23 juillet 2020 11:24

Un Elefan, ça trompe énormément !

Un an après la sortie de son premier clip d’animation, Elefan retrouve le réalisateur Pierre Watteyne pour développer l’univers de son nouvel EP « Origin » dans une nouvelle création.

Entouré de cinq autres jeunes talents issus de La Cambre, ils créent Aïe Aïe Animation pour travailler sur ce projet audacieux. Le clip de « Pavement » est la première réalisation du collectif et confirme la symbiose avec l’esthétique d'Elefan.

Pour rappel Elefan est un duo bruxellois réunissant Lionel Polis, pianiste, compositeur de musique à l'image et Brieuc Angenot multi-instrumentiste qui a notamment accompagné Angèle et Halehan. Le projet est signé sur le label allemand Connaisseur et combine les instruments acoustiques et classiques avec l'électronique.

Pierre Watteyne est sorti de La Cambre en juin 2019 avec le film "L'Ecume de la Ville", diffusé dans différents festivals européens, travaille désormais en tant que Lead Assistant Animateur sur un long-métrage pour Walking The Dog, studio d'animation situé à Bruxelles.

Tout fraîchement sorti le clip est disponible ici

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