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Blues in the morning

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Kevin Doublé est originaire du pays de Loire. De Nantes, très exactement. Un jeune chanteur harmoniciste qui n'a pas encore trente ans. Sevré par la musique de Sonny Terry, Muddy Waters et Little Walter, il avait été durant plusieurs années le leader de Scratch My Back. Ce très bon premier album nous offre toutes les palettes du talent de Kevin, nous invitant constamment à voyager entre jazz et blues classique, sans oublier d’y inclure systématiquement cette subtile pointe de swing. Kevin est soutenu par Julien Brunetaud, véritable prodige au piano. Il a entraîné ses musiciens dans l’aventure : le drummer Guillaume Nouaux, le bassiste Sébastien Girardot et le guitariste Anthony Stelmaszack.

 

Le swing est omniprésent tout au long des premières plages. Bercé par un swing délicat,  "Jumpin' the blues" est guidé par les balais de Guillaume. Nous baignons ici au sein d’un univers très jazz. Et le jeu des solistes en est la plus belle démonstration. En particulier celui de Julien, particulièrement proche de McShann. Ce qui n’est pas une surprise. Pendant que Rahoerson se démène sur son saxophone ténor, Anthony emprunte une ligne de conduite inspirée par Kenny Burrell. Kevin chante d’un timbre chaud et velouté le "One scotch, one bourbon, one beer" d'Amos Milburn. L’approche est jazz. Le climat feutré évoque Nat King Cole ; surtout le jeu développé par Julien aux ivoires. Les cuivres, et en particulier Jérôme Etcheberry à la trompette et Serge au sax ténor, viennent tour à tour colorer cette ambiance de cabaret fin de soirée. Lorsque Kevin souffle enfin dans son harmonica, on est alors plongé dans l’univers du blues. D’abord le Chicago Southside. Sa reprise du "I can't hold out much longer" de Little Walter est respectueuse du maître. Il chante en douceur et souffle parcimonieusement, privilégiant la sensibilité. Ce schéma est reproduit lors du "Reefer head woman" de Jazz Gillum. Manifestement, les musiciens  ne veulent pas en remettre une couche et c'est tant mieux. Le message passe bien la rampe. Julien introduit le "Great pleasure" de Louis Jordan au piano boogie woogie. L'ensemble s'articule brillamment autour de ce rythme nerveux. Le spectre des années 50 plane. La section rythmique, les cuivres et le piano forment un ensemble très soudé. Le résultat interpelle et surprend, même lorsqu’apparaissent enfin et soudainement les cordes d'Anthony Stelmaszack. Et dans un style jump bien affirmé. Trois plages d’excellente facture marquent un retour au Chicago blues. Et se succèdent. Tout d’abord le "Lightnin" d'Otis Spann, un exercice de style instrumental impliquant Julien dans le rôle d'Otis et Kevin dans celui de Little Walter. Le "Since my baby been gone" de Willie Dixon ensuite. Interprété sous la forme d’un duo harmonica/piano, il libère beaucoup d'émotion, d'intensité dramatique. Le "Mean mistreater" de Muddy Waters, enfin. Julien Brunetaud en personne vient y rejoindre Kevin au chant. Le swing refait surface lors d’une nouvelle cover : celle du "Buzz me baby" de Louis Jordan. Vincent Talpaert (de Bo Weavil) s’y réserve la basse. Mr Doublé a empoigné la guitare, et il s'acquitte de sa tâche avec un réel bonheur. "That ain't rigt" est issu de la plume de Nat King Cole et cela s'entend. L’atmosphère est feutrée, très intimiste. Un peu comme lorsqu’elle envahit les salles enfumées des night clubs. Aux petites heures. Ce climat est ici parfaitement restitué. Ce blues lent traîne son swing en permanence. Sur les cordes, Anthony réincarne le T Bone des années 30 et 40, lorsque ses cordes étaient à peine amplifiées. L'album s’achève comme il avait débuté : par une composition de Jay McShann. En l’occurrence "Confessin' the blues". Un R&B boogie aux accents jazz entretenus par le piano et bien sûr les cuivres. Une excellente entrée en matière.

Informations supplémentaires

  • Band Name: Kevin Doublé
  • Genre: Blues/Roots
  • Label Prod: KD
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