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Stéphane Reignier

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"We Belong" annonce un nouvel album de la série “Inspired by”. Dans le passé Vanbergen et sa compagne de route Charlotte Caluwaerts se sont inspirés de divers artistes tels que Michaël Borremans, Kobe Desramaults, Diana Monkhorst, Zoro Feigl, Painting VR et Guttlin Guitars. Pour “Circle Back” leur septième elpee, qui fait partie de la collection “Inspired By”, ils ont puisé leur inspiration chez Kadir Ferati Balci

Balci a sélectionné de courts fragments de son travail, les transformant en une sorte de résumé visuel de son œuvre, qui s’étend des films aux documentaires. Il a ajouté une dimension supplémentaire à ces fragments, en inversant certaines parties et en présentant le tout dans une sorte de mouvement circulaire.

La collaboration entre Caluwaerts, Vanbergen et Balci n'est pas nouvelle. Le duo a ainsi déjà contribué à plusieurs projets musicaux réalisés par Balci.

Mais cette fois-ci, la musique ne devait pas être fonctionnelle, comme c'était le cas lors des coopérations précédentes (docu sur Stefan Hertmans, la série "Een Goed Jaar", la série "Storm Lara").

Dans le cas de "Circle Back", la musique est un monde en soi. Le contraste rend les images plutôt contemplatives, ce qui correspond bien à la réflexion de Balci sur son travail précédent. Le titre "Circle Back" n'aurait pas pu être mieux trouvé.

Autrefois Vanbergen a obtenu un diplôme de violoniste de jazz au Conservatoire de Gand. Et cela se ressent sur ce disque pour lequel il s’est entouré des meilleurs mucisiens belges, Dré Pallemaerts et Lara Rosseel, à la batterie et à la contrebasse, ainsi que, bien évidemment, Charlotte Caluwaerts qui ne manque pas de montrer à quel point sa palette s'est élargie au fil des années.

8 titres de jazz accompagnés chacun d'un clip de Kadir Ferati Balci, avec une séquence cachée, des sons psychédéliques et des paroles aliénantes, contemplatives et philosophiques. Une expérience réussie dont "We belong" se situe bien au milieu de toutes les atmosphères offertes par ce disque.

Pour découvrir la vidéo de « We belong », c’est ici

vendredi, 29 septembre 2023 18:49

Ma musique est instinctive…

Chaque dernier samedi du mois d’août est synonyme de joie et bonne humeur dans la cité sonégienne. Le centre culturel y concocte en effet un vaste programme multidisciplinaire entre animations de rue et concerts totalement gratuits. Les seuls maîtres-mots sont la joie et la bonne humeur.

Si, cette année, la météo s’est montrée capricieuse, les plus courageux se sont pressés pour y découvrir une belle brochette d’artistes. Et pas des moindres puisque Talisco était l’une des vedettes à s’y produire.

Méconnu pour beaucoup, Jérôme Amandi, à l’état civil, est l’auteur de plusieurs succès dont « Your Wish » et « The Keys ». La gloire lui importe pourtant peu. Talisco est un passionné cherchant encore et toujours cette paix intérieure qu’il fantasme tant.

Se livrant en anglais depuis le début de sa carrière, il entame un virage à 180 degrés en publiant un nouvel elpee ce 29 septembre 2023 au sein duquel il ose se frotter à la langue de Shakespeare.

Entre musiques, projets et introspection, cet artiste est un homme d’exception qui a fait d’une passion, un métier à part entière. Compte-rendu d’une rencontre…

Tu crées une musique à la fois lumineuse, subtile et complexe. On y découvre beaucoup de superpositions tant dans les sons que dans la voix. Comment expliques-tu cette direction artistique ?

De manière globale tout simplement ! Je ne vais pas te faire rêver ! Je ne suis pas en haut d’une colline pour y puiser l’énergie solaire ou de la nature. La façon dont je crée est on ne peut plus simple ! Lorsque des idées et des fantasmes musicaux me traversent l’esprit, je m’assieds devant mon ordinateur, guitare à la main. Je m’aide de claviers et des sons qui m’entourent. Je mets à plat toutes les idées qui se bousculent dans ma tête. A vrai dire, je ne crois pas que le processus créatif soit le plus important. L’essentiel est tout ce qui se situe en amont : les éléments que je pioche ci et là, de mes rencontres, des voyages que j’ai pu réaliser, des frustrations et les fantasmes également. Tous ces éléments sont les plus importants pour la création.

La musique de Talisco est franche, directe, immédiate et ne s’éparpille pas. Ton approche est plutôt instinctive ?

Oui, effectivement, ma musique est instinctive. Je refuse d’ailleurs qu’elle le soit autrement.

Paradoxalement les produits formatés sont aujourd’hui pourtant très présents. Quel regard portes-tu sur l’industrie musicale ?

Je me garde bien de poser un regard sur l’industrie musicale. C’est un domaine qui ne m’intéresse pas ! Ça reste du business. Et je n’ai pas l’intention de regarder comment les autres l’abordent, ni même de m’en inspirer. Je trace ma route, voilà tout.

La pub 4G de Bouygues Telecom s’est approprié en son temps « The Keys » et « Sun » a été choisi comme générique d’une série sur France2, ‘Un si grand soleil’. Finalement, le grand public connaît tes chansons sans forcément savoir qui s’y cache derrière. N’est-ce pas un peu frustrant ?

Pas du tout ! J’adore ça ! A vrai dire, c’est ma plus grande réussite. Je n’ai jamais travaillé pour que mon nom soit connu. Très sincèrement, je m’en fous complètement. D’ailleurs, mes idoles ne sont pas des gens notoires, mais des producteurs qui ne sont pas nécessairement des figures marquantes dans le domaine de la musique. Qu’elle soit écoutée et qu’elle me permette d’en vivre reste le plus important. Lorsque je me lève le matin, je compose. Lorsqu’une chanson paraît, peu importe qu’elle soit signée Jérôme Amandi ou Talisco. Vraiment, ce n’est pas essentiel.

Finalement, tu es comme l’artisan, fier de ton travail…

Oui, c’est exactement cela ! Grand bien me fasse de ne pas être connu, je n’ai pas à me soucier de mon image. Je n’ai pas envie de me lever tous les matins et de me préoccuper du temps qui passe sur mon physique, ma tête ou encore mes cheveux. Il n’y a que l’aspect musical qui m’intéresse.

De qui es-tu le plus fier ? De l’homme ou de l’artiste ?

Bonne question ! Je dirais de l’homme parce que je n’ai jamais dissocié l’homme de l’artiste ou encore l’aspect artistique de moi-même. Je n’ai jamais porté cette double casquette. Je suis simplement une personne qui fait de la musique avec acharnement et passion.

A t’entendre, tu sembles être quelqu’un de très humble et qui a les pieds bien sur terre, tout en sachant exactement dans quelle direction tu souhaites te diriger…

Je pense que sans les valeurs du travail, l’aspect artistique ne vaut strictement rien…

Je sais que tu n’aimes pas devoir expliquer ton son en termes de genre. Mais, comment te définis-tu en tant qu’homme et artiste ?

C’est difficile à dire. Je me considère simplement comme quelqu’un qui fait de la musique pour se faire du bien.

La musique impacte directement l’homme et l’artiste. Si je la conçois triste, elle va me remplir de tristesse et m’épuiser. Je la vis pleinement. A vrai dire, je me plais à composer des morceaux positifs, puissants et assez ouverts parce qu’ils me grandissent. Si je réalise un disque uniquement dans cette veine, ça me fait du bien fou et ça me porte.

Tu sais, Talisco n’est qu’un nom derrière lequel se cache une personne à part entière.

Tu possèdes des origines espagnoles. As-tu choisi ce nom de scène en fonction des consonnances latines ?

Effectivement. Un nom, c’est comme un tableau. Derrière, Talisco, il n’y pas d’histoire en soi. C’est un univers qui permet de m’évader.

Contrairement à certains artistes qui estiment devoir servir de porte-drapeau de causes nobles et justes ou encore évoquer une tranche de vie à travers leurs compositions, les thématiques de tes chansons misent plutôt sur le fantasme, la rêverie et la liberté. Est-ce une forme de modestie ?

Ce n’est pas mon tempérament tout simplement. J’admire ceux qui y parviennent à travers leurs chansons. Mais, c’est délicat en ce qui me concerne parce que je n’ai pas vraiment d’idées à faire passer, mais simplement l’énergie et les envolées de ma musique. Elle est là pour transporter, voyager et faire du bien. Je sais que certains de mes auditeurs sont gravement malades. Si mon travail peut leur apporter un peu de réconfort, pour moi, c’est gagné. Je ne suis pas assez calé pour traiter des thèmes lourds et graves comme l’écologie ou la politique. Et puis, ce sont des sujets qui, objectivement, ne m’intéressent pas.

Après plusieurs tournées intenses à travers le monde depuis 2014, tu sors un nouvel opus porté par un single en français « C’est ici », une première dans ta carrière. On le sait, l’anglais est plus musical et exportable. Ce choix traduit-il le besoin de se challenger ? Comment comptes-tu aborder ta carrière, à l’avenir.

Franchement, j’ignore si je vais renouveler l’expérience. A la base, il s’agissait d’un ‘one shot’. Lorsque je compose, je n’ai aucune idée de la direction vers laquelle je vais aller. Le français était une manière de me surprendre. J’ai réalisé quatre disques et j’ai toujours parlé de la même chose. J’adore cela et je ne m’en lasse pas. Je vis pleinement les bons moments et peu importe l’environnement ou la couleur. Toutes mes chansons parlent d’évasion et le français reste une très belle expérience quoiqu’il en soit.

En formule ‘live’, des musiciens t’accompagnent. Mais Talisco est d’abord et avant tout un projet personnel ?

Tu sais, jouer seul serait chiant. Le concept ne m’intéresse pas du tout. Je préfère de loin partager un bon moment entre potes et vivre quelque chose de merveilleux.

Si certains artistes conçoivent leur disque de manière plus ou moins orientée pour le ‘live’, chez Talisco, on prend un plaisir partagé à écouter sa musique, aussi bien assis confortablement dans son salon que lors d’un concert. Quelle est la formule dans laquelle te sens-tu le plus à l’aise ?

Il m’arrive d’y penser. Parfois, je crée des sons qui possèdent un potentiel énorme en ‘live’, mais je ne compose pas dans cette optique. Parfois, je me demande s’il ne faudrait pas changer de fusil d’épaule, car certains de mes morceaux sont impossibles à reproduire en concert. Dommage, mais c’est bien la preuve que je ne pense pas uniquement en fonction du ‘live’.

Les sonorités de Talisco sont influencées par Ennio Morricone et la guitare, en particulier, parce qu’on y associe cette notion de liberté, mais aussi et surtout par la musique des années 80. Quels sont justement les artistes de cette décennie qui t’ont le plus influencé ?

J’y pensais, il n’y a pas très longtemps. J’en ai discuté avec ma mère. J’avais entre deux et dix ans durant cette décennie. Pourtant, mes parents m’achetaient déjà des disques. Je citerai A-ah ou Simple Minds. Mais plus généralement les groupes de cette génération. Les chansons étaient punchy et se distinguaient par de grandes mélodies et des envolées fantastiques. Ensuite, dans les années 90, j’ai surfé sur la vague du Rock. Je devais avoir 13-14 ans. Ecoute le premier album de A-ah, c’est juste grandiose. De même que Cock Robin ; comment ne pas tomber sous le charme ? Ces musiques te hissent vers le haut tout en exhalant un parfum de nostalgie. Lorsque je prends du recul sur ma musique, j’ai cette sensation.

On le sait moins, mais tu travailles aussi, en parallèle, sur d’autres projets, dont Old Caltone, référence à Dracula, avec Sébastien Thebault. Il s’agit d’une musique plutôt conceptuelle et élitiste puisqu’elle s’adresse à un public cible. Les multiplier te permet-il de prendre de la distance par rapport à Talisco, plus dense et populaire ?

C’est une soupape pour moi. C’est quelque chose de théâtral et je m’en amuse. Je suis très proche du projet Talisco, pas de celui-ci. Talisco est très instinctif alors que Old Caltone est nettement plus pensé. Il faut le considérer comme de la mise en scène. Il me permet de prendre du recul.

Les réseaux sociaux, s’ils appauvrissent la pensée, peuvent se révéler indispensables pour un artiste qui souhaite se faire connaître et partager. Quel est ton rapport face à ce média ?

Oui, évidemment, ils peuvent constituer un outil exceptionnel. Pour être tout à fait honnête, je suis plutôt mauvais élève, mais j’y travaille. Je suis plutôt passif, je n’utilise pas ces canaux de manière très saine. Pour schématiser, il y a deux types d’individus : ceux qui sont actifs et passent leur temps à faire des stories ou des montages et les autres, comme moi, qui ne font que regarder du contenu. Il m’arrive de regarder des conneries, du genre ‘un crocodile mange une vache’. Non seulement, le temps que j’y passe est perdu, mais ce passe-temps ramollit le cerveau.

Ta conception du bonheur est de trouver la paix intérieure. Artiste épanoui et la tête sur les épaules, Jérôme, dis-moi, l’as-tu enfin trouvée ?

Je l’ignore ! Nous y travaillons tous au quotidien, j’en suis convaincu ! Nous cherchons exactement les mêmes choses dans chacune de nos existences. Beaucoup pensent qu’avoir un bon travail, de l’argent ou encore de la reconnaissance sociale est synonyme de bonheur. Alors qu’au contraire, une personne peut être très heureuse et épanouie alors qu’elle ne possède rien. On rencontre souvent cette paix intérieure dans les pays pauvres. Dans notre société occidentale, nous ne fonctionnons qu’à travers le matérialisme et la position sociale. Personne ne nous a jamais inculqué le sens du bonheur. Si je n’ai pas trouvé la paix intérieure, je l’effleure parfois du bout des doigts. J’essaie en tout cas de maintenir le cap. C’est le travail de toute une vie.

Talisco. Nouvel album « Cinematic ». Sortie ce 29 septembre 2023.

En concert, le 16 novembre au Rideau Rouge  et le 17 nov à l'Atelier Rock de Huy.

Deux albums encensés par la critique, des clips léchés, une esthétique soignée, un duo sexué et une pop organique envoûtante. Ce sont quelques superlatifs résumant parfaitement la culture de ce binôme convaincu et convaincant.

Derrière cet idiome, se cachent Juliette Bossé, féministe assumée, et Kévin Brieuc, le rêveur mélomane. Ils sont issus de Bruxelles et sont venus défendre les couleurs de « Collision », un prétexte pour se plonger dans les entrailles d’une rencontre amoureuse passée, le besoin de liberté et l’évolution de chacun des protagonistes, sous un angle lumineux et plein d’espoir. Un conte chanté entre rêve et réalité…

Sans doute, faut-il y déceler un enjeu féministe de taille, l’objectif de la demoiselle étant de retrouver sa place dans la société et de faire écho auprès de toutes celles qui vivent une situation identique.

Bénéficiant d’une production musicale audacieuse, grandiloquente, mais orchestralement portée par une émulsion artistique spectaculaire, la musique de RIVE s’inscrit dans l’air du temps en abordant des thématiques universelles et intemporelles.

Pour ce second elpee, RIVE change de ton et gagne encore en crédibilité tout en s’imposant de plus en plus comme une valeur sûre de la scène francophone.

Juliette et Kévin se dévoilent en toute intimité au travers un jeu de questions/réponses.

Le fil rouge de votre nouvel opus, « Collision » raconte l’histoire d’une relation amoureuse passée, le besoin de liberté et l’évolution de chaque individu. Alors qu’il est difficile de parler d’une liaison qui est terminée, vous avez réussi de la traduire en disque plutôt lumineux et plein d’espoir. Comment avez-vous abordé l’angle créatif ?

Juliette : Je suis contente de t’entendre dire que cet album est lumineux. Il était important pour Kévin et moi de conserver cet aspect lumineux dans notre musique. En réalité, il a été conçu en deux temps. J’ai rompu durant la période de confinement. Nous disposions de chansons très intimes liées à ce que je vivais personnellement et plus généralement au contexte global. Je me suis reconstruite ensuite petit à petit. « Rêver grand » et « « Sole rosse », par exemple, ont été écrits durant cette seconde phase, alors que des ballades telles que « Polaroid » avec Sofiane Pamart ou « Manque moi » font écho à la tristesse profonde que j’éprouvais. Le disque reflète donc ces deux atmosphères.

Avez-vous travaillé de la même manière que sur « Narcose » ?

J : Non, à l’époque, j’étais davantage dans la composition. Kévin s’est chargé ici de la production des musiques.

Nous vivions en colocation. Lorsqu’il me proposait des compos, il devinait immédiatement mon état d’esprit. Il existait une vraie interaction. Lorsque nous étions sur la même longueur d’onde, je posais des mélodies de voix et des paroles. Par rapport au premier album, l’approche était donc différente.

Kévin : Sur le premier, Juliette se chargeait des accords de guitare et de piano. Les arrangements étaient réalisés ensemble. Lorsque nous avons commencé à construire ce nouvel album, Juliette n’était pas au mieux de sa forme, alors je me suis consacré à la production. Je lui proposais des idées et nous discutions quant à l’opportunité de les garder ou non. Elle avait ensuite carte blanche pour les voix et mélodies de voix. C’est de cette façon que « Collision » est né.

J : Kévin et moi avons toujours eu recours à ce type de collaboration, que ce soit sur les paroles ou la musique d’ailleurs.
K : Lorsque ton morceau n’est qu’instrumental, tu peux le faire claquer. Ce n’est pas un problème. Mais lorsque la voix s’y pose, tu es obligé de le faire évoluer différemment, une adaptation s’impose.

Juliette, à l’écoute de tes chansons, je déduis que les échecs amoureux transportent autant que les réussites, voire plus. Est-ce la réalité ?

J : Tout dépend des personnes ! En ce qui me concerne, j’étais tellement triste que je ne pouvais écrire que sur cette thématique. En même temps, il était difficile d’imposer à Kévin des textes liés à des chansons d’amour. Mais, j’étais vraiment dans cet état d’esprit. Comme je l’ai abordé tantôt, j’ai vécu cette phase obligée de reconstruction, raison pour laquelle le disque contient des plages comme « Rêver grand » qui aborde l’ambition et le fait de vivre ses rêves. Oui, effectivement, le chagrin rend créatif, je dirais qu’il s’agit d’une obligation, d’une urgence. C’est ‘cliché’, mais je crois qu’objectivement, transformer ce chagrin en musique a été salvateur et révélateur.

Au fil des compositions, tu sembles partagée entre l’envie de poursuivre cette relation amoureuse ou retrouver ta liberté. Y a-t-il une résolution féministe dans cette décision ?

J : Totalement ! Parfois, nous vivons des relations qui ne nous conviennent pas. Mais aussi, au sein desquelles on peut être hyper amoureux. D’un côté, ces relations rendent malheureux, alors que de l’autre on a envie de vivre intensément cette passion amoureuse. En filigrane, se pose alors la question de cette liberté. Les chansons abordent cette émancipation, cette lutte permanente entre cet amour tout puissant, la souffrance et cette envie de retrouver cette liberté perdue.
En ce qui me concerne, je l’ai enfin retrouvée. Lorsqu’une relation ne fonctionne plus, il faut fuir. C’est difficile, mais il faut trouver la force et le courage de le faire.

Fusionnel ou très indépendant, chaque couple a sa propre notion de la liberté, finalement. J’estime qu’il est difficile, voire malaisé d’établir une norme dans le fonctionnement d’un couple…

J : Je vivais avec une personne très différente de moi. Nous nous étions enfermés dans une relation assez toxique. La seule issue est alors de la fuir. L’objectif du couple est de créer une relation dans laquelle chacun peut s’épanouir tout en permettant à l’autre de garder une certaine forme de liberté. Construire un couple dans lequel les deux individus restent libres constitue pour moi la plus belle preuve d’amour.

La thématique des relations n’est pas neuve chez vous puisque « Fauve », un titre issu de votre opus précédent, traitait déjà du désir et de l’alchimie des corps qui s’étiole, même si l’amour perdure. Il est de coutume aujourd’hui que les artistes se dévoilent voire se mettent à nu. L’intime est-il politique et doit-il être dévoilé ?

J : Je le pense, effectivement ! Dans le milieu féministe, on dit souvent que l’intime est politique. En exprimant ce qui se passe au sein du couple, le rapport aux corps, la relation, l’amitié ou encore la famille, on touche aux dimensions universelles. A partir de là, on peut être à même de comprendre d’autres situations. L’intime est politique parce qu’il est universel effectivement ! Il faut en parler. C’est d’ailleurs le comportement adopté par de nombreuses féministes, en révélant les rouages de la sexualité. Ce sont des sujets qui concernent tout le monde.

En abordant des sujets aussi personnels, ne craigniez-vous pas que ce disque soit perçu comme très autobiographique ?

K : La voix à elle seule porte le message. Lorsque je compose un morceau en instrumental, l’émotion est créée par la musique. On est alors envahi de joie, de tristesse ou de nostalgie. Tout va passer par une série d’accords. Le chant appartient à l’intime parce qu’on va s’identifier à la chanteuse.
J : Kévin et moi sommes très proches. Il a toujours été très présent dans toutes les étapes que j’ai vécues. J’ai fait de même pour lui en ce qui concerne ses relations. Il est donc tout à fait naturel que Kévin partage musicalement cette intimité. Ce qui me touche, le touche aussi. On est suffisamment proches que pour porter à deux un projet aussi intime.

« Dictaphone » clôture l’album. L’histoire de ce titre est cocasse. Tu te trouves en Bretagne, il est six heures du mat et tu enregistres, sur ton dictaphone, les derniers moments d’une relation toxique en t’éloignant définitivement de la maison où tout s’est déroulé. Dans quel état d’esprit te situes-tu à ce moment très précis ? Le fait de pouvoir poser ces mots a-t-il été libérateur ?

J : Exactement ! Une rupture est forcément quelque chose de compliqué à gérer. C’est un moment de solitude extrême. Disposer d’un téléphone et lui parler était en quelque sorte une manière de communiquer avec la Juliette du futur. Une façon de me dire que je n’étais pas la seule. Je me suis permise d’exprimer mon départ, valise à la main par un beau matin glacial de Bretagne. Je crois que c’était une manière de conjurer ma solitude. J’ai souhaité poser ce message sur l’album parce qu’il colle parfaitement à l’histoire. Il s’agit d’un moment fort. Il faut y voir une délivrance. J’aurais été touchée si j’avais pu entendre quelqu’un s’exprimer de la sorte. Sans doute que ce message aurait fait écho en moi. On a tous vécu des tristesses amoureuses, des déceptions, des engueulades. Dans ces situations, on a tous l’impression d’être la personne la plus seule au monde.

Justement, vous avez commencé le concert par ce morceau. Est-ce une manière de boucler la boucle ?

J : Oui, évidemment ! J’adore la relation entre la tristesse de « Dictaphone », qui annonce le départ en plage de fin et « Rêver grand », en ouverture du disque. En concert, nous enchaînons les deux. On passe de la tristesse à la magnificence de la vie, l’espoir et l’ambition. Les deux titres vont très bien ensemble car ce sont des volets de la vie. D’un côté, celui de la joie, de l’émotion et du merveilleux et de l’autre de l’intime et de la souffrance. Ces émotions forment un joli panel d’extrêmes.

Ressasser les mêmes histoires à tout bout de champ, de concerts en concerts, ne risque-t-il pas de te cloisonner émotionnellement. Et si au lieu de tourner la page, tu la déchirais ?

J : La page est tournée et bien tournée ! Parfois, en concert, j’aime me replonger dans ces sentiments de l’époque, des sentiments forts, de tristesse et de joie intense issus d’une passion amoureuse. Le fait d’y retourner me rend vivante. Je suis parvenue à prendre du recul. Aujourd’hui, ce sont des chansons qui appartiennent aux gens. Je communique un message qui doit les toucher. Enfin, j’espère…

Sais-tu si la personne à qui tu t’adresses a écouté l’album et compris les messages qui lui étaient destinés ?

J : C’est le but ! Certaines chansons ont été écrites lorsque nous étions encore ensemble. Oui, effectivement, cette personne a écouté le disque et l’a même apprécié. Elle nous a félicité aussi pour le travail effectué. Aujourd’hui, c’est loin tout ça. Pour être franche, je ne crois pas que cet individu soit capable de livrer son intimité à l’heure où nous parlons. Qui sait dans 20 ans… Je suis en tout cas vaccinée contre les relations passionnelles. Cependant, je suis très heureuse de l’avoir vécue. Elle m’a fait rêver. Mais, en même temps, j’étais triste aussi. C’est très dangereux finalement parce que, selon moi, ce genre de relations peut mener à la mort de soi, voire la mort concrète. Il y a cette dualité extrême de joie et de tristesse. C’est également un apprentissage car on expérimente quelque chose de très intense. De l’exploration de soi et de jusqu’où on peut aller par amour pour quelqu’un. Le plus important reste de s’en sortir. Mais beaucoup de personnes n’y parviennent pas, malheureusement.

« Narcose », votre premier opus, baignait dans une veine électro. Ici, la ligne artistique diffère puisque « Collision » met davantage l’accent sur le côté organique. En opérant ce choix, n’y avait pas un risque d’altérer la nature même de RIVE ?

K : Ce n’est pas par dépit que nous avons opéré ce choix. C’est délibéré. Comme nous avons débuté l’écriture de l’album durant le confinement, nous recherchions des instrumentaux un peu plus sensibles. Pour y parvenir, le piano a été un allié de taille. Il est devenu un fidèle compagnon de choix, de vie et de route durant tout le processus de création. Il correspondait aussi avec l’état d’esprit dans lequel Juliette se trouvait à ce moment-là. On a voulu garder cette atmosphère organique, l’orchestration, l’ambiance du piano et du violon. Des compos comme « Obsession » ou « Orage » baignent plutôt dans cette veine néo-classique. Le côté électro est effectivement moins présent comparativement à notre premier opus. En tout cas, on y a recours de manière plus sensible et plus subtile.
J : On aime bien explorer et changer de direction. C’est un exercice que l’on pourrait réitérer à l’avenir. On ne voulait pas faire la même chose.
K : Oui, nous nous refusions à un bis repetita. Nous voulions surprendre, même en ce qui concerne les textes. Ici, ils sont moins imagés, la musique n’a donc pas besoin d’artifices. On a davantage misé sur l’intime et les messages véhiculés.

Oui, effectivement les textes sont plus que jamais ciselés et mettent en exergue la justesse du propos. Faire passer autant d’émotion aurait été plus compliqué dans une autre langue ?

J : Nous ne sommes pas fermés à l’écriture d’une chanson en anglais dans le futur. Le français est la langue dans laquelle je m’exprime le plus. Avant ce projet, nous avions un projet rock dans lequel l’anglais primait. Depuis que nous chantons dans la langue de Voltaire, nous n’avons jamais autant voyagé. Le réseau de la francophonie est assez développé. Paradoxalement, en Chine ou au Brésil par exemple, il existe un vrai public pour la chanson française. Il y une forme d’aura autour de ce style musical.

RIVE, c’est évidemment la musique, une prose poétique, mais aussi une esthétique et une culture à l’image très imprégnée, notamment à travers ce nouvel artwork (NDR : réalisé par Laetitia Bica) qui montre le reflet transformé de ton visage. Référence à cette transformation où on se découvre soi-même ?

J : L’album s’intitule « Collision ». La collision peut naître de l’affrontement vécu dans une relation difficile avec quelqu’un de très différent. Ce genre de relations nous oblige aussi à nous confronter avec d’autres facettes de nous-mêmes. On peut évidemment entrer en collision avec soi. C’est l’image reproduite par la pochette. Le reflet renvoie une photographie différente, un peu difforme, celle d’une femme qui a changé à la suite de cette expérience. Celle d’une femme qui se redécouvre en quelque sorte.

Temple Caché à qui vous aviez fait appel dans le passé, notamment pour « Vogue », « Justice » et « Fauve », a de nouveau participé à cet elpee.

J : Oui, effectivement. Nous avons une confiance totale en Temple Caché. Nous avons beaucoup bossé avec cette équipe. On adore leur univers magique qui fait rêver. Nous sommes très contents d’avoir pu collaborer à nouveau avec eux et plus particulièrement la réalisatrice Clara Liu.
K : Cette collaboration permet de créer un lien entre les deux albums. « Narcose » date de 2019. Quelque temps après, nous avons été touchés de plein fouet par la COVID et ses périodes successives de confinements. Temple Caché a donc créé cette passerelle pour le retour de RIVE. Nous avions besoin d’un visuel fort.
J : Nous avons aussi reçu le concours d’autres artistes, dont Super Tchip pour le clip « A-m-o-u-r » ou encore Jean Forest pour « Obsession ». Nous sommes impatients d’en découvrir d’autres et il n’y a aucune raison d’agir autrement si l’occasion devait se représenter.

Lors de vos tournées précédentes, vous vous produisiez à deux sur scène. Un troisième vous a rejoint ; il se charge du piano et de la basse. On en a parlé tantôt, cet LP est davantage organique, alors que le précédent était davantage focalisé sur les arrangements. Entre production et émotion, où se situe le juste milieu ?

K : Les arrangements étaient nettement plus présents sur le premier album parce qu’il revêtait un caractère nettement plus instinctif. Nous nous étions présentés à un concours avec trois titres et nous l’avons gagné. Au départ, nous devions tenir vingt à trente minutes sur scène pour basculer ensuite à soixante. Nous avons donc conçu ce disque en fonction de celles et ceux qui en voulaient toujours plus. Il a été réalisé de manière progressive et instinctive. Il en résulte un produit fignolé, mais avec des choses qui partent dans tous les sens. La musique prenant l’ascendant, la voix importait moins, raison pour laquelle elle était plus imagée.

Puisqu’on parle de concours, quelques années plus tôt, avant de participer à ‘Du F. dans le texte’ vous déclariez n’avoir aucune dynamique de travail particulière et de prendre les choses comme elles venaient. Comment abordez-vous aujourd’hui votre travail ?

J : Nous bossons tranquillement depuis la maison. Le travail de production est réalisé via nos ordinateurs et le piano sur place. J’enregistre les voix chez moi. La colocation facilite les opérations. Le mix, quant à lui, est réalisé en studio. C’est notre manière de fonctionner. Pour le live, nous participons à pas mal de résidences, ce qui nous permet de travailler en profondeur et de préparer la scène.

Vous avez reçu le concours du pianiste Sofiane Pamart et de la chanteuse suisse Sandor, pour enregistrer ce long playing. Vous les aviez rencontrés auparavant ?

J : Nous avions croisé Sofiane au Canada, à Québec plus précisément, où nous avons fait un gros plateau. Le courant est relativement bien passé. J’ai collaboré avec lui et Scylla sur l’album « Pleine Lune 2 ». Par la suite, je l’ai sollicité afin qu’il me propose un morceau au piano ; j’y ai ajouté une mélodie de voix et des paroles.
Quant à Sandor, nous nous sommes rencontrés à Québec, en Suisse et en France. Nous nous intéressions à son parcours. Et c’était réciproque. Comme on se voyait très peu, les réseaux sociaux restaient notre meilleur allié pour communiquer. Nous avons ensuite composé un morceau ensemble. Cette artiste est mon alter ego suisse. Nous avons une trajectoire parallèle. Je suis très contente d’avoir pu échanger avec elle.

« Collission » a été mixé par Lionel Capouillez (Stromae). Pourquoi l’avoir choisi précisément et quelle est la plus-value apportée ?

K : Notre album était déjà produit à la maison. Nous voulions que Lionel puisse faire ressortir la voix un maximum et que la musique reste un support. Nous souhaitions un travail différent du premier album. Nous avions cette volonté d’expérimenter un autre créneau.
J : Oui, c’est exact ! La priorité était de faire un gros travail sur la voix afin de la rendre dynamique. Lionel Capouillez est un mec très sympa et très efficace.

Vous faites de la musique ensemble. Vous vivez toujours en colocation. L’un de vous a-t-il un ascendant sur l’autre ? J’imagine que garder l’église au milieu du village, pour reprendre une expression populaire, ne doit pas être facile au quotidien…

J : Comme dans toutes les relations de couple, de famille ou d’amis, il y a forcément des moments où c’est orageux. Nous nous connaissons parfaitement et nous communiquons beaucoup. On rigole pas mal aussi. On se permet de dire les choses voilà tout.

K : Justement, on peut se permettre d’être très transparents parce que nous sommes des amis avant tout. Si cette amitié n’existait pas, on ne se dirait rien.
J : J’ai aussi un chat qui s’appelle « Bisous » (rire)

Juliette, dis-moi, as-tu enfin trouvé la paix intérieure aujourd’hui ?

J : Cette histoire a pris fin il y a deux ans déjà. La période de reconstruction qui s’en est suivie a été longue. J’ai appris énormément. J’ai également engagé un travail thérapeutique par le biais d’une professionnelle. Comme tout était détruit en moi, le fait de consulter m’a considérablement aidée. Aujourd’hui, je suis très heureuse d’être sur scène et de pouvoir me produire en concert. On s’en sort toujours en construisant des relations plus belles. C’est la morale de toute cette histoire. Et je ne regrette rien.

Et si la vraie thérapie résidait avant tout de la musique ?

J : C’est un mix des deux. La musique m’a aidé, mais le soutien de cette thérapeute a été également salvateur…

samedi, 26 août 2023 15:04

Août en Eclats 2023 : samedi 26 août

C’est devenu une tradition. A Soignies, le dernier samedi est consacré à la joie et à la bonne humeur !

Depuis 2005, en effet, le Centre culturel concocte un vaste programme destiné à plaire au plus grand nombre. On y trouve une vingtaine de spectacles, un village des enfants, un marché du monde et des saveurs, des animations de rue ou encore une affiche musicale haute en couleur. Toutes ces activités sont regroupées dans le centre historique de la cité millénaire fondée au VIIème siècle par Vincent Madelgaire (Saint Vincent). Ce qui confère à Août en Eclat, un côté bucolique que l’on ne retrouve nulle part ailleurs.

Alors que certains festivals deviennent hors de prix pour le mélomane, ici c’est gratuit ! Mais pour combien de temps encore ?

Côté pile, il s’agit d’une festivité accessible, multidisciplinaire et bon enfant.  Côté face, la météo capricieuse de ces dernières semaines a probablement impacté l’enthousiasme de la foule, le site ayant été impacté.

Les plus courageux déambulent, s’arrêtent songeurs devant les nombreuses échoppes avant de plonger subrepticement sur les rares sièges disponibles aux terrasses des cafés lorsque le soleil décide, durant quelques minutes, de briller de tout son… éclat.

Nombreux sont les enfants qui profitent de leur avant-dernier jour de congé d’été, comme pour prolonger indéfiniment cette sensation de liberté qui les envahit depuis pratiquement deux mois…

Lorsque votre serviteur débarque sur les lieux, Sharko entame son tour de chant. Le frontman a l’honneur de se produire sur la grande scène.

Après avoir surpris tout son monde en opérant quelques détours contrastés au cœur de son approche musicale, depuis l'acoustique « Hometour » en passant par l'electro-pop « Glucose », l’Arlonais revient aux fondamentaux proches du rock.

Bartholomé, à l’état civil, est soutenu par Guillaume Vierset à la guitare et Olivier Cox à la batterie. Comme il aime à le souligner, ils sont tous deux originaires de Soignies et donc venus en amis et voisins. Info ou intox ? Peu importe, le public y croit dur comme fer !

Sur la scène noir-jaune-rouge, ces musiciens sont loin d’être des inconnus puisqu’ils se sont imposés dans l’univers musical, tantôt comme leaders ou encore comme sidemen dans diverses formations. Enfin, Bartholomé se charge de la basse comme d’hab’, son instrument de prédilection.

Il est parvenu à créer un style ‘pop surréaliste’ ou ‘avant-pop’ pour son aspect bricolé. Nombreux sont ceux qui se sont pressés devant l’estrade pour (re)découvrir le bien nommé.

Le set débute par « Wake up », un morceau épatant, direct et sans concession. La musique est simple voire élémentaire. Une compo à l’image de son auteur, en quelque sorte.

Le trublion belge est parvenu à mettre le public dans sa poche qui ne rate d’ailleurs pas une seule seconde les élucubrations du showman. Une mise en bouche suivie de l’excellent… « Excellent », un morceau caractérisé par la voix rocailleuse de son auteur.

Deux titres radiophoniques qui permettent aux plus anciens de se remémorer les heures de gloire du personnage aux facettes équivoques jusqu’à ce que « Never Alone », un single optimiste qui figure sur son dernier elpee, « We love you David », soit interprété.

Le quinqua en a dans le falzar. Débordant d’énergie, il est quand même moins imprévisible qu’à ses débuts.

Ce qui n’empêche pas sa musique de vous entraîner parfois dans des contrées aux allures magiques, comme lors de cet étrange « Padam », aux accents syncopés et aux envolées de guitare féériques.

Le gars est viscéralement déjanté, à l’instar de « Family », ‘l’histoire d’une famille qui prend l’E411 et puis c’est tout…’, sous les cris hilares d’un public qui a bien dû mal à le cerner.

« I went done » constitue un des moments clé de ce concert. Sans oublier cette chorégraphie surréaliste, lorsque, plongé au milieu du public, son corps s’exprime par saccades. Le visage expressif et les convulsions provoquent chez certains une crainte bien légitime.

Le concert tire doucement sa révérence. « Sweet Protection », autre compo connue, éveille chez la plupart un sursaut de bonheur. Une chanson dont la thématique traite de l’existence et de l’amour, à travers le prisme de la sécurité que lui procurait sa mère. Et par extrapolation la mère patrie. Un manifeste de la bienveillance qui colle bien avec le côté militant de l’artiste.

Un « Président » du tonnerre de Dieu et un « We Sould Be Dancing » solaire, cèdent le relais à un « We Love You David », résultante d’une vision narcissique.

Cet après-midi, Sharko s’est une nouvelle fois transformé en homme de théâtre offrant ci et là des moments inoubliables, sans oublier ce son et cette identité vocale qui le caractérisent si bien.

Direction tribord, sur la petite scène. RIVE s’y prépare.

Deux albums encensés par la critique, des clips léchés, une esthétique soignée, un duo sexué et une électro pop envoûtante. Ce sont quelques superlatifs résumant parfaitement la culture de ce binôme convaincu et convaincant.

Derrière cet idiome, se cachent Juliette Bossé en féministe assumée et Kévin Brieuc, le rêveur mélomane.

Le duo nous vient de Bruxelles. Il s’était déjà produit, il y a quelques années, sur la plaine de Soignies. Une opportunité pour l’interviewer, Musiczine constituant un des premiers médias à s’intéresser au projet ; et l’entretien avait séduit les deux artistes.

RIVE est venu défendre les couleurs l’elpee « Collisson », un prétexte pour se plonger dans l’histoire d’une rencontre amoureuse passée, le besoin de liberté et l’évolution de chacun des personnages, sous un angle lumineux et plein d’espoir.

Habitué à se produire à deux, le tandem est aujourd’hui soutenu par un préposé à la basse et aux claviers. Ce qui permet à la musique d’emprunter un format plus organique tout en servant de support aux textes de la jeune femme.

« Dictaphone » est proposé en intro. Une chanson composée alors que Juliette, en Bretagne, avait pris la décision de quitter une relation qu’elle estimait toxique et dans laquelle elle s’était enfermée imprudemment jusqu’à un point de non-retour.

Vêtue de noir et d’un short, Juliette s’avance, sourire aux lèvres, tandis que son comparse s’installe devant les fûts, casquette vissée sur la tête. Le troisième larron, lui, se plante devant les ivoires.

C’est alors que « Rêver grand » se révèle et révèle les désirs d’une femme, partagée entre l’envie de poursuivre cette relation amoureuse, et dans le même temps, de retrouver cette liberté en tant que personne, mais aussi et surtout dans le souci de s’épanouir. Sans doute, faut-il y voir un enjeu féministe de taille, l’objectif de la demoiselle étant de retrouver sa place dans la société et de faire écho auprès de toutes celles qui vivent une situation similaire. Un appel à la vie tout simplement…

Kévin a posé un bout d’étoffe sur la caisse claire, de manière à obtenir un son suffisamment feutré pour laisser la porte ouverte à cette voix sublime, touchante et sensuelle. Parfois son jeu devient tribal, à l’instar de « Justice » ; ce qui lui permet de frapper ses peaux avec davantage d’amplitude et apporter un peu plus de visuel.

Entre rêve et réalité, RIVE a pris le parti de revisiter, le temps d’une tournée, certains titres de son premier bébé sous une nouvelle orchestration, comme pour ce « Vogue », un morceau abordé à l’aide d’une guitare prêtée pour l’occasion, celle de Miss Bossé l’ayant lâchée. Ou encore « Soleil », un titre étonnement paradoxal, ce samedi noir.

Grâce à une production musicale osée, grandiloquente, mais orchestralement portée par une émulsion artistique spectaculaire, la musique de RIVE s’inscrit dans l’air du temps en abordant des thématiques universelles et intemporelles.

Alors que beaucoup d’artistes choisissent l’anglais pour mieux s’exporter, la formation persiste et signe dans la langue de Voltaire, permettant non seulement une expression soignée, mais aussi beaucoup de rondeur à la poétique dialectale.

Même lorsqu’il est question de compositions plus frontales, comme « Tension » ou « Obsession », Juliette dévoile une fébrilité et fragilité extrêmes, les échecs amoureux la transportant sans doute autant que les réussites.

Une thématique qui n’en est pas à son coup d’essai puisque le combo s’était déjà essayé sur ce terrain lors du précédent opus. Comme ce « Fauve », traitant du désir et de l’alchimie des corps qui s’étiole, même si l’amour perdure. L’intime semble politique et doit être dévoilé…

Bref, RIVE gagne encore en crédibilité et s’impose de plus en plus comme une valeur sûre de la scène francophone. Une bien jolie prestation.

Talisco et son équipe se pressent sur la main stage. Vu ses origines espagnoles, il n’est pas étonnant qu’il ait choisi un pseudo aux consonnances latines.

Les nuages commencent à devenir menaçants. Le public semble relativement pessimiste pour la seconde partie de cette journée. Certains se sont équipés de parapluies ou de K-ways. Quant aux autres…

Le jeune Jérôme Amandi, de son vrai nom, découvre la musique et la guitare à l'âge des premières révoltes. Le conservatoire le saoule, il compose ses chansons dans sa chambre et monte un groupe de rock, sur les traces de Slash, Rod Stewart et Stevie Wonder. Mais la vie l'embarque vers d'autres horizons. Il met sa carrière musicale entre parenthèses, et bosse dans l’univers du marketing. Mais en 2010, il décide d’en revenir à la musique et se lance dans l’aventure. Une voie qu’il ne quittera plus…

Il est soutenu par un bassiste ainsi qu’un drummer et se consacre à la guitare et aux synthés, son expression baignant au sein d’une ‘frenchie pop électro’…

Il éprouve beaucoup de plaisir à exprimer son art au sein du plat pays. Il estime que le public belge est le meilleur, le déclare et le répète, communiquant à l’auditoire présent, un légitime sentiment de fierté.

Un quatrième opus est en préparation. Il serait chargé de surprises ! Et à l’écoute des nouvelles compos, non seulement les aficionados ne seront pas déçus, mais elles permettront de de découvrir une autre facette de cet artiste (d)étonnant.

Considérer Talisco comme une machine à tubes serait réducteur. Il est plus que ça. Sa musique, en multipliant les décors, est une invitation aux fantasmes. Une perspective volontairement lumineuse et subtile. Sans oublier son caractère complexe, l’artiste tirant parti des superpositions tant des sons que de la voix.

Instinctive, la musique de Talisco est franche, directe et immédiate, à l’instar de ce « Thousand Suns » et sa rythmique syncopée ou encore ce « The Martian Man » qui invite à l’évasion interstellaire.

Difficile de la définir, ses chansons baignant tour à tour le rock, la pop ou encore l’électro. Une chose est sûre, il s’impose en artisan bricoleur, humble face au résultat de sa création.

Naturellement, les sonorités de Talisco sont influencées par Ennio Morricone. A cause des sonorités de la guitare. Mais aussi par la musique eighties dont il reste un fan absolu.

Si certains artistes enregistrent en fonction du ‘live’, on prend un plaisir identique à l’écouter aussi bien dans le salon, confortablement assis, cocktail en main, qu’en concert, entouré de centaines de personnes qui partagent une même vision des événements.

Il faut cependant attendre des titres incontournables comme « The Keys », 2ème single extrait de l'album « Run », pour que le public s’enflamme. Une compo restée dans la mémoire collective puisqu’elle a été choisie pour illustrer, en son temps, la nouvelle campagne 4G de Bouygues Telecom.

Selon l’adage toutes les bonnes choses ont une fin. Alors que l’ambiance est à son paroxysme, une véritable trombe d’eau s’abat sur la foule, obligeant la quasi-majorité des festivaliers à s’abriter, soit au sein de bistrots avoisinants, soit sous des abris de fortune, comme l’espace dédié aux ingé-sons, écourtant ainsi au passage l’exaltation naissante. Seule une poignée de courageux (téméraires) braveront la drache, forçant ainsi l’admiration du frontman, qui en est resté bouche bée.

Le déluge passé, le populaire « Sun », générique d’une série sur France2 ‘Un si grand soleil’ achève un concert empreint d’onirisme.

Après avoir réalisé les interviews de RIVE et de Talisco, votre serviteur entend au loin un son électro plutôt intéressant. Le temps d’arriver devant le podium, le set de Kowari vient de commencer…

C’est le projet au patronyme étrange drivé par le violoniste Damien Chierici (Dan San, Yew) et le pianiste Louan Kempenaers (Piano Club, Aucklane où il se consacre à la basse), tous deux issus de la scène pop/rock belge.

Si Kowari est un petit mammifère à la queue en plumeau, comme dans ‘Le Roi Lion’, le nom de scène évoque plutôt le totem scout d’une amie commune.

Bien qu’à la base, le projet était destiné à la musique de film, très vite on lui suggère le ‘live’, l’univers du duo s’y prêtant admirablement bien.

Tout en s’appuyant sur sa formation classique dans la structure des chansons, Kowari propose une expression sonore qui navigue entre néo-classique et ambiant, Chierici se chargeant d’y apporter de la douceur alors que Louan la sublime de ses sonorités électroniques.

Une musique dont l’approche, la culture et l’instrumentation n’est pas sans rappeler celle du duo berlinois Two Lanes.

Kowari s’inscrit dans cette nouvelle génération d’artistes repoussant les frontières entre l’organique et l’électronique avec un souci de la précision et du show poussés à son extrême.

Secondé par un light show absolument délicieux, les deux comparses livrent un set empreint d’instinct et d’expérimentation, grâce aux synthés et autres loops. Sans oublier les cut-offs sur les instruments. Bref, une panoplie technologique qui leur permet de s’exprimer cinématographiquement.

Sensorielle, profonde et altruiste, la musique de Kowari, entre passages calmes et envolées diaboliques, explore de grands espaces recouverts de sable chaud propices à la sensualité. Des chansons qui se vivent plus qu’elles ne s’écoutent.

Un groupe qui peut surprendre dans un festival où le line-up se veut plutôt populaire et accessible, mais ses élans sauvages et ses air(e)(e)s de liberté s’intègrent plutôt bien dans un tel environnement…

Il fait nuit depuis un moment maintenant. Les températures ont considérablement baissé, plongeant le site dans une atmosphère automnale. La pluie tombe par intermittence. Pourtant la place de Soignies est pleine à craquer. Pas étonnant, Louis Bertignac constitue la tête d’affiche.

Pour tous les fans de rock français, Louis Bertignac restera à jamais intimement lié à l'histoire du groupe Téléphone. Entouré de son compère et complice Jean-Louis Aubert, ainsi que de Richard Kolinka et Corine Marienneau, le quatuor va régner sur le rock français de 1977 à 1986. Au sein de la formation, Lulu s'impose comme un guitariste de grand talent, dont il est aussi chanteur et compositeur.

Après la dissolution du groupe, l'artiste fonde Bertignac et les Visiteurs. Une aventure qui va durer cinq ans, sans jamais s'approcher de l'immense succès de Téléphone. Pas de quoi décourager l’homme qui va alors se lancer en solo dans les 90’s.

Le presque septuagénaire vient de sortir son dernier album « Dans le film de ma vie » et s’est lancé dans une tournée de près de 50 dates, parmi lesquelles figure Août en Eclats.

Accompagné d’un bassiste, d’un batteur et d’un claviériste, l’idole des jeunes commence son tour de chauffe par un « Ca c’est vraiment toi », suivi du mash up d’un célèbre titre des Rolling Stones « (I can‘t get no) satisfaction ». Deux titres forts qui lui permettent d’explorer pleinement les sonorités de sa célèbre guitare Gibson SG Junior pour le plus grand plaisir de la foule.

Résolument rock, Bertignac aligne alors, dans la foulée, quelques plages de son dernier opus, dont « Jamais », un titre fédérateur aux relents fondamentaux.

On le sent à fleur de peau, notamment lorsqu’il évoque sa femme Laetitia Briche, de trente-quatre ans sa cadette, à travers « Peut-être un jour ». Une chanson écrite durant la période de confinement et sur laquelle elle pose d’ailleurs la voix dans la version studio ; mais surtout, une étape difficile vécue par le couple en proie à des querelles au sujet de leur fils, Jack, les obligeant à faire chambre à part pendant deux à trois mois, se souvient-il, amusé.

Une composition légère, fraîche, qui a permis à son auteur de renouer le dialogue avec sa promise par échange de sms aime-t-il à détailler sous les cris hilares des spectateurs, ayant aussi connu, eux aussi, probablement pareille mésaventure.

Bertignac s’épanche ensuite sur une autre histoire d’amour, celle de sa célèbre Gibson SG Jr achetée à Londres en 1974. La même Gibson que John Lee Hooker détaille-t-il, laissant surgir ce qu’il y a de plus profond chez chacun des musiciens.

Bref des compos dans lesquelles l’artiste se confie tout à tour sur le temps qui passe, sur l’amour, les séparations ou encore la drogue.

Véritable touche-à-tout, Bertignac est un curieux qui se laisse bercer par la vie. Un artiste qui ne cesse de s’inventer et se réinventer.

Mais aussi, un homme attaché au passé et aux valeurs sûres de la chanson française. A commencer par ce « Cendrillon » qui ravit la fan base ou « Un autre monde », autre titre phare de Téléphone, issu du cinquième et dernier elpee du quatuor, gravé en 1984.

Il est déjà presque temps de tirer le rideau et de laisser cette petite ville vaquer à ses occupations.

Bertignac s’exécute en personnage iconique et véritable institution, en s’appuyant sur un « Purule Rain » du regretté Prince, une version impressionnante, jouée tout en retenue et sublimée par le jeu down tempo du drummer.

Encore une fois, le Centre culturel et plus largement la Ville de Soignes sont parvenus à démontrer leur savoir-faire en proposant des concerts de qualité et totalement gratuits. Des faits tellement rares qu’ils méritent d’être soulignés, dans un monde gangréné par cette course effrénée aux profits.

Mais combien de temps résisteront-ils encore ?

(Organisation : Août en Eclats)

 

 

 

samedi, 05 août 2023 10:35

Ronquières 2023 : samedi 5 août 2023

La pluie n’a pas cessé de jouer au trouble-fête tout au long de ce samedi. Les organisateurs ont dû repousser l’ouverture du site et annuler le concert de Rosedog afin de prendre des mesures d’urgence.

Les conditions climatiques sont exceptionnelles. Si les années précédentes, votre serviteur arrivait dégoulinant de transpiration, l’eau sur le visage est due cette fois à la pluie qui s’est invitée, même en place VIP svp.

Il pleut depuis le 14 juillet. La boue accumulée et les intempéries ont nécessité une intervention matinale pour sécuriser le plan incliné. 120 ballots de paille ont été dispersés ce matin pour rendre les zones de passages plus praticables.

Une onzième édition qui n’a donc pas été épargnée par la météo, comme une bonne partie de l’Europe d’ailleurs. Paradoxalement, d’autres suffoquent en ce moment.

Il semblerait que ce soit la seconde année où le RF doit subir les caprices du temps. La première remonte au lancement du festival. Forcément, avec moins de monde, il y avait moins de mécontents.

Au niveau des parkings, les organisateurs ont mis à pied d’œuvre des solutions, en créant des centaines de lignes de paille. Ainsi, quelques 8 000 places ont été sécurisées.

Quant aux problèmes de circulation rencontrés la veille, des circuits de délestage ont été conçus de manière à fluidifier le trafic. La veille, c’était pire que le périphérique de Paris, un dimanche soir…

Comme disait Jean-Jacques Rousseau, ‘La critique est un exercice facile, il faut un mot pour critiquer et des pages pour se défendre’. Alors, oui, soulignons les bonnes initiatives prises en urgence, dans le cadre d’un contexte de crise.

Toutefois, force est de constater que les solutions concernant les parkings sont largement insuffisantes. Les bénévoles conseillent de ne pas stationner le véhicule aux abords du site, mais le long des voiries accessibles, en risquant de devenir piéton le temps d’une nuit. Résultat des courses, ce sont de longues dizaines de minutes à pied qu’il faut parcourir afin d’atteindre le site. Si en soit, l’exercice est bon pour la santé, il peut cependant se révéler périlleux lorsque la pluie battante frappe comme c’est le cas en ce moment.

Quant aux circuits de délestage, partant du principe que le public serait présent en masse pour les concerts de Louise Attaque et d’Indochine et que les départs auraient lieu dès la fin des horaires de travail, la cohue aurait pu être évitée en répartissant mieux le flux. Et que dire des départs ? Si gouverner, c’est prévoir, organiser également !

Prudent, votre serviteur préfère donc parquer son véhicule le long d’une des voiries, à environ 45 minutes de marche. La pluie battante rend difficile le parcours.

Sur la scène ‘Tribord’, un compatriote, en l’occurrence Pierre de Maere, monte sur le podium. L’artiste est originaire de Walhain, dans le Brabant Wallon, et sa popularité a vite monté en flèche, grâce au percutant « Docteur ».

Votre serviteur avait déjà assisté à son set, dans le cadre de la dernière édition du LaSemo, il y a quelques semaines. La curiosité le pousse à rester malgré tout. Les fans se pressent.

Autodidacte, il compose ses premiers morceaux sur le logiciel ‘Garage Band’, dès l’âge de 9 ans, avant de s’intéresser à la photographie de mode. C’est au cours de ses études à l'Académie royale des Beaux-Arts d'Anvers qu’il publie son premier morceau, sous statut indépendant, « Potins absurdes ». Le succès est immédiat.

Repéré par le label Cinq7 (Dominique A, Kalika, Jean-Louis Murat), il publie son premier Ep dans la foulée, « Un jour, je », en janvier 2022. Le disque est propulsé par les médias au-delà de ses espoirs. Pierre de Maere enchaîne alors les plateaux télévisés et les interviews dans la presse.

Après avoir décroché le prix de la Révélation belge de l'année aux NRJ Music Awards en 2022, il reçoit une ‘Victoire de la Musique’ en 2023 dans la catégorie ‘Révélation masculine de l'année’.

Pierrot est fringué classieusement, costard-cravate, lunettes à la Tom Cruise dans Top Gun et cheveux ébouriffés. Il est accompagné de ses fidèles collaborateurs : deux préposés aux claviers et un drummer. Leur look est du même acabit.

Son côté arrogant et maniéré peut prêter à confusion. Dans le métier, il faut se donner un genre. Mais au fond, le garçon semble tout à fait proche de son public, n’hésitant pas à communier avec lui par le chant ou la danse.

Que ce soit à travers « Lolita », « Roméo » ou encore « Menteur », le jeune artiste d’à peine 22 piges, démontre qu’il est un virtuose de la composition. Des chansons pertinentes, savamment orchestrées. Des textes ciselés et des mots qui font mouche. Sa voix aux roulés très marqués évoquent Stromae et même Brel. Nul doute que De Maere deviendra une des figures de proue de la scène belge.

Il est manifestement à l’aise, déambulant sur les planches, de long en large. A lui seul, il assure le show. A cette heure précoce, il fait encore jour (quoique ?!) et le light show sert de prétexte. Au fond, il n’en a pas besoin, ses chansons sont suffisamment lumineuses.

Pierre de Maere est un artiste à part entière. Il baigne au sein d’un univers fantasmagorique qui lui va bien, tout comme celui de Lady Gaga dont il voue une admiration sans faille.

« Docteur » maque la pierre angulaire d’un concert impeccable et d’une positivité à toute épreuve.

La pluie déverse son flots par intermittence. Il faut prendre chaque minute de répit comme une victoire.

Jain se produit sur la ‘Colline’, tout à droite. Un nouvel endroit qui a déjà fait couler beaucoup d’encre : une orientation scénique discutable et une acoustique pour le moins détestable. Sans oublier, le côté pentu du terrain qui rend encore un peu plus compliqué la mobilité déjà fort difficile.

L’endroit est quasi-marécageux. Il faut rester extrêmement prudent, la glisse est devenue le sport local. Rares sont ceux qui ne portent pas les traces d’une culbute… Les gens qui n’ont pas les moyens de se rendre en montagne et pratiquer le ski, sont encouragés à venir à Ronquières ! C’est plus près et moins cher !

Pour ne pas se casser la figure, il est préférable de rester statique.

Jain est entourée de ses musicos. Elle est venue vaille que vaille défendre les couleurs d’un nouvel opus.

Le décor est relativement sobre. Un plateau métallique accueille synthés et percus en tout genre. A gauche, le préposé à la gratte. Il s’agit de Benjamin Porraz qui a également accompagné Clara Luciani lors de sa tournée. A droite, une nana se charge de tracer des lignes de basse.

Son arrivée dans l’univers musical s’apparente à un raz-de-marée. Auteure, compositrice et interprète, elle rencontre le succès dès la sortie de son premier long playing, « Zanaka » ; et des titres tels que « Come » et « Makeba » (qui signifie enfant en malgache) tournent en boucle sur les ondes radiophoniques. Le suivant rencontrera un succès plus important encore. Paru 2018, il se vend à 1,2 million d'albums dans le monde et atteint plus de 2 milliards de streams.

Après cette envolée qu’elle ne maîtrise pas, elle annule sa dernière tournée pour se ressourcer. Au bout de quatre longues années, elle refait surface, plus positive que jamais et nous propose un nouvel essai baptisé « The Fool ». Certains n’ont pas hésité à établir un parallèle avec la carrière de Stromae qui lui aussi s’est vite laissé submerger par la réussite et les tournées fatigantes.

Jeanne Galice, à l’état civil, est venue défendre son dernier long playing. Cinq longues années auront donc été nécessaires à la jeune femme pour remonter la pente (?!?!?), après avoir publié l’elpee, « Souldier ».

Déjà, après avoir gravé « Makeba », qui deviendra un tube, la pression était devenue trop importante. Aujourd’hui, dans son dernier disque, l’artiste propose des compos plus matures et sans doute aussi moins accessibles pour le mélomane lambda.

Cependant, sur les planches, elle ne se laisse pas démonter pour autant, alternant nouvelles compos et hits qui ont assis sa popularité.

Une première partie qui met l’accent sur des titres plus doux et atmosphériques comme ce « Heads Up » à la rondeur absolue ou encore le radiophonique et entêtant « Alright ». Des titres brûlants qui sentent bon le sable chaud et la couleur de l’été. Si, si… une ambiance qui contraste évidemment avec les pluies battantes qui viennent de reprendre de plus belle. Et l’horizon noir et chargé est loin d’être rassurant...

Afin de remercier le public, l’artiste descend dans la foule pendant le très allègre « Come », autre morceau indémodable. Les plus jeunes peuvent s’essayer aux joies de la popularité puisque Jain les invite à enregistrer leurs voix et les intégrer à sa performance. Plutôt sympa non ?

Après cette mise en bouc(h)(l)e, l’autre moitié du set est consacrée aux morceaux plus punchy, à l’instar de « Save The World » ou de « Star », tous deux issus de « Soudier. » Des titres qui montrent là toute l’étude du talent de l’artiste et lui permettent littéralement de se défouler et d’entraîner le public qui tente vaille que vaille à se mettre dans l’ambiance.

La prestation prend doucement fin. Evidemment, l’inévitable « Makeba » n’est pas oublié, un morceau qui a repris vie grâce à la plateforme Tik Tok. Dès les premiers ‘Ooh-ee’ les cris fusent et les bras s’agitent vers le ciel. Une communion s’annonce. Si les fans sont évidemment ravis, l’artiste n’est pas en reste non plus.

C’est à l’issue de la ballade « Maria » que Miss Jain prend congé de ses invités. Une chanson dans laquelle, on se laisse surprendre par des vocalises d’une douceur exotique aux relents rocailleux dans les aigus.

Si jusqu’alors, votre serviteur n’avait pas été séduit, Jain a trouvé son heure de gloire et confirmé son statut d’artiste féminine.

Humaine et altruiste, Jain est parvenue à se réinventer après des années de doute et d’errance. Bravo !

En bas, à ‘Tribord’, Diziz s’apprête à lâcher son flots de mots. Votre serviteur préfère rester à quai sur la plaine en amont. Les risques de débouler comme un tonneau sont moins élevés.

Le gaillard est tout de noir vêtu… comme Ardisson. Il est chaussé de lunettes de soleil, afin de narguer ses hôtes d’un jour.

Il s’agit d’un personnage incontournable du rap français. De son véritable nom Sérigne M'Baye Gueye, c’est un artiste complet, chanteur, écrivain et comédien.

Son style est assez percutant, mais n’évite malheureusement pas les écueils du genre. Une expression artistique poussive dans laquelle, le jeune homme s’enlise, rejoint par une horde de fans, casquettes vissées sur la tête, qui semble épouser ce genre.

Le jeune homme s’exprime dans un langage, il est vrai, difficile pour un quinqua comme votre serviteur. On est loin de la prose d’un Pierre de Ronsard, par exemple.

La surprise est donc de taille pour quelqu’un qui aime les jolies rondeurs textuelles, à la Dominique A.

Il en faut pour tous les genres ! Et étrangement, les mots livrés par cet individu ne semblent pas étrangers pour la plupart des jeunes festivaliers. Il semblerait même que ces expressions dialectales soient leur moyen de communication. De retour à la maison, Becherel et autres ouvrages littéraires iront à la poubelle.

Le rappeur propose un florilège de chansons issues notamment des albums acclamés tels que « Extra-lucide » en 2012, « Transe-Lucide » en 2014 et « Pacifique » en 2017.

Mais, il faudra attendre « Rencontre », une compo issue de « L'Amour » (un album sorti en mars 2022), pour créer un véritable raz-de-marée humain. A la base, il s’agit d’un feat avec Damso.

« 'J'serai plus jamais en hess » (hein ??) repris en cœur par un public particulièrement ciblé, témoigne de l’influence de son auteur auprès des plus jeunes sur la scène musicale.

Même si le créneau musical reste très élitiste, Diziz s’est montré à la hauteur de ses ambitions en interprétant des morceaux qui font mouche.

Tant bien que mal, il est parvenu à fédérer et encourager le public à retrouver le sourire en balançant des incantations du style ‘On n’est pas dans le contexte du travail, ni des études ici’. Charmant !

Le concert de Juliette Armanet de ce soir est le dernier accordé en Belgique. Comme elle aime à le rappeler, chaque date dans le plat pays est une farce et attrape. On ne sait jamais sur quoi on va tomber !

Le décor est relativement simpliste, hormis cet immense cercle qui n’est pas sans rappeler celui de Pink-Floyd lors de la tournée qui a accompagné la sortie de « Division Bell ».

L’artiste n’a en tout cas pas froid (ni au corps, ni aux yeux). Habillée simplement d’un top, recouvert d’un fin gilet, qui laisse entrevoir une partie de sa féminité, elle contraste avec les festivaliers qui, eux, sont vêtus de pulls et parkas.

Bien connue pour son caractère bien trempé et son sens de l’humour décalé, la Lilloise a décroché une ‘Victoire de la Musique’ pour l’album de l’année, en 2018 (« Petite amie »). Depuis, le succès ne cesse de s’amplifier. Elle est venue défendre son dernier opus, « Brûler le feu ».

Elle est accompagnée d’un team constitué de deux claviéristes, dont l’un se charge également des congas, djembés, cymbales et autres cuivres ; mais également d’un drummer, un guitariste et un bassiste. Un piano à queue trône sur l’estrade, devant les claviéristes. Ce qui sous-entend que la chanteuse risque de nous réserver ses plus jolies compos.

Téméraire et courageuse, la presque quadra fait tomber la veste aux allures disco dès le tout début de sa prestation. Sa musique baigne dans le pop/rock et le disco. Des morceaux qui évidemment incitent le public à se lancer dans une danse de sioux alors que la pluie tombe à verse, en cette fin d’après-midi.

Le show atteint son point d’orgue très rapidement. La jeune Française de 39 ans s’anime. Elle aime danser, jouer et s’exprimer librement avec son public. N’ayant que faire des intempéries, elle s’arme de courage et plonge dans la foule dès la troisième compo, « J’te l’donne », afin d’y étaler ses talents de danseuse corps à corps. Des slows et un show qui ne sont pas passés inaperçus. Sans oublier ces bisous donnés au hasard de ses rencontres à ces hommes et femmes, parfaits inconnus qui ne se sont évidemment pas laisser démonter. Et la COVID dans tout ça ?

Durant ce périple, la jeune demoiselle révèlera même une partie de son intimité sous le regard médusé des hommes et horrifié des femmes. Après tout, c’est ça aussi la beauté d’un spectacle. Un show qui a au moins le mérite d’avoir (ré)chauffé les cœurs et éveillé un soubresaut d’excitation chez les mâles.

La galanterie étant de mise sur la plaine de Ronquières, un fervent chevalier s’est empressé de couvrir la chanteuse avec un poncho de fortune durant son numéro. De quoi toucher la jeune femme en plein cœur. En guise de remerciement, elle a fait contre fortune bon cœur, en poursuivant son concert par un piano-voix sur « Imaginer l’amour » avec la main du nouveau Roméo sur son épaule et une séance de bisous en guise de clôture. Une chanson qui tempère le vent de folie qui vient de souffler.

Une énergie qui sent bon la joie de vivre et fait presque oublier les conditions difficiles vécues depuis le début du festival.

Grâce à des compos aussi riches que variées, Armanet s’en donne à cœur joie. Sa voix cristalline émeut, son énergie étonne et sa personnalité détonne. Et lorsque le sax intervient, les compostions gagnent davantage de rondeur.

Si « Boum Boum Baby » emprunte des sonorités à Lenny Kravitz, « Tu me play » s’avère particulièrement percutant. L’ex-réalisatrice de documentaires, biberonnée à la culture et la musique par ses parents, embrase Ronquières de sa « Flamme », lorsqu’elle ne se met carrément pas à « Brûler le feu » qui est en elle, où on l’aperçoit torche à la main droite sur fond de décor… incendiaire.

Après un petit entracte, histoire de se changer, la demoiselle revient tambour battant dans une tenue qui laisse présager « Le dernier jour du disco ». Une chanson qui provoque l’euphorie dans le public qui la reprend en chœur.

Espiègle, charmante et délicieuse, Juliette appartient à cette nouvelle génération d’artistes qui parvient à s’inventer et se réinventer.

Elle a livré sur la scène de la ‘Colline’ un show exceptionnel, passant de l’obscurité à la lumière. Un moment rarement vu. Un moment inattendu. Un moment comme on aimerait en revivre.

Trempé jusqu’à la moëlle et couvert de boue jusqu’à la taille à la suite d’une chute, votre serviteur n’a d’autres choix que rentrer à la maison. Dommage, parce que Placebo y livre un concert dans quelques minutes.

Une journée bien contrastée, entre joie et déception. En tout cas, la fièvre d’un samedi noir, à défaut de la fièvre du samedi soir.

Photos Vincent Dufrane ici

(Organisation : Ronquières festival)

 

 

 

 

Une édition bien particulière cette année. Si lors des précédentes, il fallait s’armer de patience pour se dénicher un petit coin ombragé, en 2023, c’est tout le contraire. Il fait frais, humide et le ciel est gris. Selon certains météorologues, le temps devrait se calmer durant le week-end. Toujours est-il que la crème solaire est restée bien rangée dans l’armoire.

C’est donc sous l’eau au sens propre comme au figuré (NDR : le plan incliné se situe au-dessus des têtes du public) que le festival va se dérouler. Un festival marqué aussi par ses nombreux points noirs.

Votre serviteur, comme bon nombre de représentants d’autres médias, se sont vu refuser l’accès presse et le frontstage. Une décision stricte et consternante, Musiczine assurant la promotion de ce festival depuis ses débuts. Manque de communication, paraît-il ! (NDLR : mon œil !) Vraiment dommage ! Faudrait-il plutôt y lire entre les lignes que Ronquières, devenu tout puissant, dénigrerait les médias alternatifs qui lui ont permis d’acquérir une telle notoriété ? (NDLR : c’est de plus en plus évident ; le Dour Festival et le Pukkelpop, qui ont la mémoire aussi courte, leur refusent même les accréditations).

Les parkings ? Une catastrophe ! Les organisateurs n’ont rien trouvé de mieux que de laisser les zones couvertes d’herbe comme seule aire pour y mettre sa bagnole ! L’eau et la terre, ne font jamais bon ménage, un problème élémentaire que même un gamin de quatre ans aurait pu solutionner ! Résultat, les tracteurs ont été appelés à la rescousse pour sortir les véhicules enlisés dans les prairies. Génial !

Enfin, une nouvelle configuration du site a vu le jour. La scène ‘Bâbord’ fait désormais place au ‘Bâbord Club’, l’espace électro qui avait été inauguré l’an dernier. La ‘Tribord’ est conservée mais sert désormais de plus petite scène. Enfin, la nouvelle, baptisée ‘La Colline’, est la plus grande du festival et a été plantée à droite de la ‘Tribord’.

Elle est pratiquement impraticable. Un vrai champ destiné aux exercices militaire. C’est boueux, crasseux. Nombreux sont ceux qui se sont cassés la pipe dans l’épaisse couche de boue. Les filles ont tout intérêt à tronquer les talons aiguilles au profit de bottes. Elles sont moins sexy, mais nettement plus appropriées. Mais, son dénivelé important permet au plus grand nombre de profiter du spectacle.

Bref, c’est 2,5 hectares de terrains supplémentaires qui devraient permettre d’accueillir les 28 000 festivaliers prévus au quotidien.

Autre couac (décidemment), l’application permettant de recharger son bracelet de manière rapide et efficace pour boire ou manger, ne fonctionne pas, obligeant donc les spectateurs à poireauter dans les files, de longues minutes aux endroits (forcément moins nombreux) prévus à cet effet.

Question pépettes, les pintes restent accessibles pour un festival de cette envergure. Il faudra débourser trois euros. Et pour les plus affamés, 44 foodtrucks sont dispersés sur le pourtour du site.

Depuis quelques éditions, RF est passé à la vitesse supérieure. De deux jours, on est passé à trois. Si, dans le passé, le premier jour servait plutôt de mise en bouche, cette année, les organisateurs n’ont pas fait dans le détail, puisque la tête d’affiche n’est ni plus ni moins qu’Indochine !

Au vu de la circulation dense, votre serviteur arrive très tardivement, plusieurs heures de route ont été nécessaires pour atteindre le site. Du jamais vu !

Arrivé sur la plaine, au loin, The Subways termine sa prestation.

Originaire de Welwyn Garden City, dans la banlieue de Londres, ce groupe de rock indie britannique est né en 2003 et compte cinq albums studio à son actif.

Le line up réunit deux frères, Billy Lunn et Josh Morgan ainsi que l'ex-fiancée de Billy, Charlotte Cooper. Ce n'est pas parce qu’il craignait d’être confondu avec Billy Corgan (chanteur des Smashing Pumpkins) mais bien en hommage à son grand-père qui lui a acheté sa première guitare que Billy a choisi Lunn comme nom de famille.

Le band est formé très tôt alors qu'ils n'avaient que 16 ans. Tout commence quand un ami de Billy l’emmène faire un tour en voiture. Il lui fait alors écouter « Supersonic » d’Oasis. C’est la révélation. Billy apprend à jouer de la guitare et participe à une compétition de groupes locaux. Il est seul armé de son instrument et se fait jeter par le jury... Il décide alors que, s’il veut former un groupe, ce sera une famille. Comme quoi, il ne faut jamais écouter ceux qui vous disent que vous n’avez pas de talent !

Billy embarque donc son petit frère Josh à la batterie et Charlotte à la basse.

Très vite, ils commencent à composer leurs propres chansons, se produisent dans de petites salles locales, investissent dans du matériel d’enregistrement, rejoignent la line-up du prestigieux Glastonbury Festival et publient un premier elpee en 2005.

En janvier 2023, le trio publie son cinquième opus, « Uncertain Joy ». A l’instar de nombreux artistes, The Subways a profité du confinement pour écrire et enregistrer une grande partie de ce projet, dont les sonorités de riffs de guitare rappellent les débuts du combo, tout en laissant place à l’innovation. L’introduction d’un synthétiseur a permis à « Uncertain Joy » de devenir l’elpee le plus varié de la discographie du combo.

Les Londoniens ont la réputation de déchirer sur les planches.

Lorsque votre serviteur débarque enfin après plus de deux heures de palabres, « Rock and Roll Queen » retentit ». Fausse joie, ce sera le dernier morceau du set. Frustrant !

Après un break qui s’imposait, Louise Attaque grimpe sur l’estrade. Une aubaine pour votre serviteur qui a pu assister, à deux reprises, au concert de Gaëtan Roussel, son chanteur charismatique.

Après avoir publié un premier LP, sobrement éponyme (1997), Louise Attaque a connu un succès fulgurant. Totalement inconnue du grand public, la bande à Roussel finit par envahir toutes les ondes radio. Mais il aura fallu du temps. L’opus se vendra à 2,5 millions d’exemplaires, également promu par une tournée nationale de deux ans.

En 2001, le quatuor s’était séparé une première fois pour laisser la place à deux projets : Tarmac, réunissant Gaëtan Roussel et Arnaud Samuel ainsi qu’Ali Dragon, impliquant Robin Feix et Alexandre Margraff. Avant de se reformer en 2005, pour graver un troisième elpee. Puis de splitter à nouveau en 2007, ouvrant ainsi la voie à la carrière solo de Roussel. En 2015, le combo remet le couvert et décide d’enregistrer « Anomalie », son quatrième elpee, sous la houlette d’Oliver Som.

Louise Attaque, c’est un ‘je t’aime moi non plus’ en quelque sorte.

Le décor est plutôt minimaliste. La batterie est étrangement haut-perchée sur une sorte de colonne. On ne peut pas la rater. Faudra voir si le préposé osera s’y aventurer.

Le chauve grimpe sur le podium et se plante en position centrale, très rapidement suivi de ses comparses. Il met en garde les spectateurs : le set sera principalement constitué des chansons issues du premier album éponyme…

Une belle revanche pour un combo complètement boudé par les radios, à ses débuts. Preuve en est que l’on peut réussir à s'imposer uniquement par les tournées, le bouche-à-oreille, et à trouver un très large public, en dehors des canaux proposés par les médias conventionnels et notamment alternatifs.

C’est donc presque un concert sans surprise auquel les fans vont assister.

« Les Nuits Parisiennes », « Léa » ou encore « Ton invitation » rappellent déjà toute l’étendue du talent de compositeur. Roussel, c’est d’abord une voix remarquable, éraillée, qui titille vos tympans, sans les effrayer. Une richesse absolue dans la recherche d’émotion. C’est une plume également. Unique, incisive, touchante, légère et accrocheuse. Autant de qualificatifs qui procurent à l’ensemble des chansons une beauté simple, mais tellement sincère.

Archet à l’épaule, Arnaud apporte un vent de fraîcheur aux compositions. Sa longue intro sur « Cracher nos souhaits » rappelle que l’instrument occupe une place de choix. La basse de Robin vient, quant à elle, envelopper les compositions de sons graves et francs. Si cette dernière se révèle, la plupart du temps, plutôt discrète, elle prend une dimension toute particulière sur « Toute Cette Histoire » et son intro haletante.

Roussel aime aussi jouer avec son public lorsque, par exemple, lui et ses musiciens, jouent en boucle une même suite d’accords jusqu’à ce que l’impulsion du public soit suffisante pour passer à l’accord suivant.

Influencé par la musique anglo-saxonne, c’est dans la langue de Voltaire qu’il dispense ses incantations jubilatoires. Gaëtan Roussel en duo (Tarmac) ou en solo, qu’il a transformé en carrière solo décomplexée et d’une grande liberté, est parvenu à exploiter le succès engendré par Louise Attaque. Et comme frontman, il raconte perspicacement le quotidien, ses joies et ses travers.

Tandis que le drummer a retrouvé sa place au sol, deux musiciens complémentaires grimés de drôles de masques viennent renforcer l’enveloppe musicale, l’un au clavier et l’autre à la gratte électrique. Ils ne se découvriront pas. Un détail, puisqu’ils apportent de toute façon davantage d’énergie au set (qui n’en manque d’ailleurs pas).

Tout est dans la nuance, la subtilité et l’intensité. Sans en faire des tonnes, l’artiste aux multiples facettes parvient à fédérer simplement, en injectant cette dose d’humanité qui lui est propre.

La seconde partie du concert sera, elle, plus visuelle. A cause de ces énormes cercles métalliques qui tournoient au-dessus des têtes des musiciens, projetant des faisceaux lumineux rappelant… des soucoupes volantes. Ces objets mèneront la danse le reste du show exécutant des va-et-vient incessants.

Après avoir demandé aux milliers de festivaliers de mettre leur portable en mode lampe, le charismatique chanteur invite le public à s’envoler avec lui tout au long du méga-hit « J’t’emmène au vent ».

L’homme au grand cœur brasse avec conviction, réalisme et passion un florilège de chansons destinées à procurer un plaisir immense. Et l’objectif est pour le moins réussi !

Une entrée et un plat principal bien copieux. Passons maintenant au dessert en compagnie d’Indochine.

Après avoir bercé les étés des années 80, grâce à des titres incontournables, les pépés du pop-rock français ont signé un retour grandiloquant pour le quarantième anniversaire du groupe.

Sirkis semble ravi d’être parmi ses fans des premiers jours. Ces derniers aussi, puisque c’est la dernière date des onze d’un périple estival. On ne les reverra donc qu’après la sortie d’un nouvel opus, semble-t-il.

Autant dire que la pression est forte des deux côtés. Et puis, sans être chauvin, rappelons que c’est aussi le public belge qui a relancé la carrière du combo, lors de la sortie de « Dancetaria ». Un album sublime également marqué par la mort de Stéphane Sirkis, le frangin, impliqué dans l’aventure depuis ses débuts.

La formation attire depuis tout temps, un public multigénérationnel. On y croise des gens d’un âge canonique entouré des petits fils qui semblent connaître sur le bout des doigts les paroles d’Indo.

Sans être sarcastique, il faut reconnaître que Sirkis, même s’il a su fédérer autant sa carrière, est loin de manier la prose dans la manière dont il compose. Et sa voix, faussement juste, n’a rien de portante. Et pourtant…

Ce qui fait succès de ce sexagénaire (NDR : ben oui, il est né le 22 juin 1959) est sans doute le côté intemporel de ses compositions. Des chansons faciles, légères, dansantes, parfois profondes, dans lesquelles une large frange de la population se reconnait.

La formation a quand même vendu plus de 10 millions d’albums, ce qui n’est pas rien !

L’endroit est plein à craquer, l’angle de vue et d’audition n’est pas optimal. Même en se déplaçant de part et d’autre du site, il est difficile de se frayer un chemin tellement la foule est compacte…

Chevaux peroxydés, Nico est soutenu par ses fidèles musicos : Oli De Sat aux claviers, Boris Jardel à la gratte, Marc Éliard à la basse et Ludwig Dahlberg derrière les fûts.

Rien n’a été laissé au hasard : écrans géants, imposante structure scénique en U, ‘carré’ spécial récompensant les fans les plus matinaux sans oublier le light show impressionnant.

Emmené par des milliers d’aficionados (certains étaient même flanqués devant le crash dès les premières heures d’ouverte), Nico et son team ont non seulement misé sur des classiques « Trois Nuits par Semaine », « L’Aventurier », « Alice & June » ou encore « L’aventurier », héros de notre enfance, mais aussi « Nos Célébrations » dont le refrain est repris par la foule hystérique. Une setlist qui a de quoi ravir les quelques 30 000 personnes qui se sont glacé(es) les roubignoles ou la nénette tandis que l’autre sur scène faisait le show.

Le combo n’est pas constamment tombé dans la facilité puisque qu’il a également puisé dans ses fonds de tiroirs des titres emblématiques comme « Tzars », « Des fleurs pour Salinger » ou encore « Le Baiser », enrichi d’une intro profonde dans laquelle il cite l’immense Bowie, trop tôt disparu.

Des surprises, il en sera encore question, et en particulier une autre intro de « Love Will Tear Us Apart » de Joy Division avant « J’ai Demandé à La Lune », une ballade signée par un Mickaël Furnon particulièrement inspiré, issue de l’opus « Paradize », qui avait permis au groupe de renouer avec son public et les médias. Ou encore avec des méconnus comme « Manifesto (Les divisions de la joie) » ou « Le manoir » (« Paradize »).

Une véritable communion s’est établie entre Indo et son peuple, le combo s’étant toujours évertué à choyer son auditoire, en proposant des shows généreux (où jets de serpentins viennent de temps à autre les colorer), une musique soignée et un rapport à l’argent permettant à tout un chacun d’assister au spectacle sans se ruiner. Une qualité qu’il faut mettre en avant, la plupart des cachets demandés par les artistes et les groupes devenant exagérément élevés.

Un concert placé aussi sous le signe de la vindicative politique à travers ces images projetées, notamment de la guerre en Ukraine et d’un Poutine, largement hué par le peuple.

Il est un peu moins de minuit lorsque le show s’arrête. La plupart des festivaliers rebroussent chemin. Pourtant, Kid Noize fait de la résistance sur la scène ‘Tribord’.

Seuls les plus jeunes, les plus courageux ou les plus résistants aux intempéries resteront. Les vieux cons, réacs et autres du même acabit, iront se mettre sous la couette. Ce sera le cas de votre serviteur…

Photos Vincent Dufrane ici

(Organisation Ronquières festival)

 

 

 

dimanche, 30 juillet 2023 17:53

Les Gens d’Ere 2023 : dimanche 30 juillet

Le froid et la pluie se sont malheureusement donnés rendez-vous lors de cette dernière journée des Gens d’Ere.

La météo est digne d’un mois de novembre. Bon nombre ont ressorti leur doudoune. C’est franchement déprimant. Si la scène du chapiteau permet de rester à l’abri, l’autre, non couverte, risque d’être désertée.

Lorsque votre serviteur foule la plaine boueuse du site, COLT s’y prépare sous une pluie fine. Sous cet idiome, se cache Coline & Toitoine, des potes originaires de Bruxelles.

S’ils fonctionnaient jusqu’alors en binôme, ils jouent désormais en formule groupe depuis cet été. A la basse et aux claviers additionnels, de jeunes femmes. Les fûts sont percutés par un mâle.

Coline Debry et Antoine Jorissen se connaissent en fait depuis leur naissance. Ils fréquentaient la même crèche. Leurs parents sont toujours restés en contact. A l’adolescence, ils se sont voué une passion commune pour la musique. Le parcours était donc toute tracé.

Leur succès est en constante croissance. Ils ont écumé une kyrielle de festivals qui les ont emmenés jusqu’à New York. Sans compter les streams sur Tik Tok et Instagram, leurs clips ‘home made’ les portant au-delà de la sphère physique.

Antoine se charge du clavier/pad électronique, tandis que Coline milite au chant. Elle est aussi à l’aise dans la langue française que dans celle de Shakespeare.

« Milles vies » ouvre les hostilités, un titre qui figurera sur un premier Ep dont la sortie est prévue pour septembre, rapidement suivi de « Scooter » et « Ramenez-moi ».

Alors qu’elle s’applique méticuleusement, lui se lâche complètement dès le début du concert et le haut de son corps exécute des va-et-vient du haut vers le bas à chacun des coups de grosse caisse imprimé par son comparse caché derrière les fûts. Il est vraiment dedans.

Si le français est la langue maternelle de la dame, son anglais est parfait ; et elle le démontre tout particulièrement sur « Anymay » ou encore « Under my arms ».

COLT s’applique à jouer une musique plutôt électro/pop, lorgnant parfois vers le rock.

Les Bruxellois libèrent une belle énergie. Prestation qui verra une grosse majorité du public partir en vrille, la fine pluie se transformant en déluge torrentiel.

Le duo nous livre un mélange très réussi entre électro, pop, mais aussi indie et folk, nous réservant des titres aussi divers que variés comme « Oublie pas », « Lâchez-moi », « Démarre » ou encore « Chaos ». Une musique positive, rayonnante et lumineuse qui brasse finalement des genres assez différents. Elle donne envie de chanter, de danser et même de rêver. La petite se livre le temps d’une chanson baptisée « La salle aux lumières ». On y apprend ses orientations sexuelles et le courage qu’il lui a fallu pour faire son coming-out.

Vu la nature du sujet, qu’on peut qualifier de personnel, quel est l’intérêt à avouer son orientation sexuelle et de la traduire chanson ? La question mérite d’être posée…

Malheureusement, les conditions climatiques sont difficilement supportables pour les festivaliers, malgré le recours aux k-ways. Seuls les plus courageux (ou téméraires, c’est selon) restent plantés devant le podium jusqu’à la fin de la prestation. Votre serviteur, trempé jusqu’aux os, préfère s’abriter sous le chapiteau.

Au loin, COLT poursuit vaille que vaille son show. Le band l’achève par « Insomnie ».

FùGù MANGO prend le relais. Le chapiteau est noir de monde.

C’est l’histoire d’un groupe bruxellois aux consonances exotiques, à l’univers musical atypique et éclectique, rondement mené par deux frères, Vincent et Jean-Yves Lontie, qui rallient une communauté de fans de plus en plus nombreuse et internationale. Ils ont été depuis rejoints par la claviériste et bassiste Anne Fidalgo.

L’aventure de FùGù MANGO est née il y a approximativement 10 ans et évolue grâce aux voyages du duo. Sa musique en est clairement inspirée. Elle ne ressemble à aucune autre.

Vincent s’installe au centre de l’estrade. Il se charge du chant. Anne est à ses côtés. Jean-Yves se poste en retrait. Le line up est complété par trois blacks. Deux choristes féminines et un préposé aux fûts.

Le show s’ouvre par « Low and slow », une plage qui figure sur le nouvel elpee, « La Maquina », largement dominé par les musiques urbaines et électroniques. Elle est suivie par « Better Letter » et « Black Cat ».

Intemporel, « Blue Sunrise » (NDR : c’est un extrait de l’elpee « Alien Love ») rappelle l’aspect tropical et métissé de la pop concoctée par FùGù MANGO. Elle sent le sable chaud et la mer turquoise. Une musique qui permet de s’évader malgré le temps maussade de ces derniers jours. Et les percus lui apportent de la rondeur.

« Willy Wonka » permet de savourer pleinement les fragrances exotiques grâce à son rythme afrobeat. Une compo qui permet aux choristes de s’affirmer pleinement. Tout comme sur « Subugu », qui sert d’exutoire pour un collé/serré endiablé, encouragé par l’une des choristes. Il semble que ce soit un sujet qu’elle maîtrise à la perfection. Une compo chaude, puissante et… sensuelle.

Véritables hommes du monde, les frangins absorbent les cultures issues de leurs périples. Ces guitares langoureuses, ces nappes de synthé luxuriantes et ce plaisir de produire de belles mélodies illustrent parfaitement ces desseins. A l’instar de « La Maquina », aux accents hispaniques.

Le set touche doucement à sa fin. Une fois encore, les marqueurs profonds de FùGù MANGO restent atypiques. Une musique du monde, humaine et chaleureuse. Un mode universel, dominé par un courant exotique. On se sent porté par ce flux.

Un concert fait de différents genres, passant du maloya réunionnais « Maloya », à l’afro-rave, la britpop ou encore l’électro.

Mais finalement, l’ADN du groupe reste avant tout le live.

C’est maintenant au tour de 47ter de se produire outdoor. Les conditions climatiques sont loin d‘être pas optimales. Votre serviteur préfère rester à l’abri, en espérant une accalmie.

A 20 heures 15 pétantes, c’est le grand Saule qui débarque. Le gaillard à l’explosion capillaire ébouriffante est bâti comme un roc(k). Et il connait relativement bien l’endroit. Il en est à son troisième passage.

Baptiste Lalieu, de son vrai nom, s’est imposé auprès du grand public grâce à « Dusty Men », un titre qu’il a interprété en compagnie de Charlie Winston, en 2012. Il le reprend d’ailleurs. Mais pour la circonstance, Winston est ici remplacé par le guitariste qui endosse impeccablement ce rôle. Résultat différent, mais plaisir intense identique.

Une formule à quatre cependant, puisque le line up implique, pour l’occasion, un drummer qui impressionne par sa dextérité et un claviériste. Pas un inconnu, puisqu’il s’agit de Xavier Bouillon vu aux côtés de Lemon Straw ou de Mister Cover, dans le passé.

Le combo est parfaitement huilé. Le Montois entame son set par un « Delove Song » frais et sautillant, et embraie ‘dare-dare’ (NDR : c’est également le titre de son dernier elpee) par « Rebelle Rêveur ». Un trait de caractère qui vient d’un test de personnalité pour orientation professionnelle. Ce sont les deux personnalités type sur les six possibles qui ressortaient en ce qui concernait l’artiste. Et effectivement ses compos embrassent tantôt une forme légère et parfois des propos un peu plus percutants.

Saule est un « Type normal » qui met en exergue un réel amour de la chanson française tout en se montrant rigoureux dans la formulation. Même quand il jongle avec les doubles sens à la Antoine Hénaut, un autre artiste bien de chez nous. Un titre qui permet à Saule de jumper avec le public également. La communion est parfaite.

De voyages aux quatre coins de la planète, il en sera également question, à l’instar de ce « Mister Good Price », rencontré aux Antilles.

D’une voix ressemblant –parfois à s’y méprendre– à celle de –M–, l’artiste livre ici une prestation durant laquelle, on passe du rire aux larmes et de la surprise à l’écœurement sur fond de chansons festives et épicuriennes, à l’instar de son auteur. Des chansons qui recèlent leur part d’ombre, d’enthousiasme et de joie de vivre.

« L’Homme sans son chien » bénéficie du concours de Cédric, un ami violoniste, dont les interventions apportent beaucoup de relief au morceau.

Saule va encore nous réserver de belles surprises comme ce « Tu boudes », une chanson essentiellement dédiée aux filles. Les riffs de guitare et les rythmiques syncopées se joignent à la voix légèrement ébréchée de Baptiste, procurant à l’ensemble davantage de hargne. Ou encore l’inéluctable « Dusty Men » et sa très longue intro à la Sergio Leone, qui a déclenché cet élan de popularité…

Chanson d’amour entière et véritable, « Futur », une chanson jouée –selon ses dires– lors des mariages, laisse planer le spectre de Gainsbourg…

En bref, Saule a offert un concert rare, audacieux, unique et classieux.

On regrettera enfin l’absence de la très jolie « Marta Danse ». Une histoire inspirée d'une vieille dame, Marta Gonzalez, atteinte de la maladie Alzheimer qui à l'écoute du ‘Lac des cygnes’ se remémore les gestes qu'elle effectuait autrefois. Une compo poignante et morose, mais qui ne correspond pas vraiment à une envie de tourner une page pour en aborder une autre nettement plus positive…

La pluie s’est miraculeusement arrêtée. La plaine est bondée. Normal, Zazie s’y produit dans quelques minutes.

Pour les plus jeunes, Zazie est évidemment connue comme membre du jury de l’émission ‘The Voice’. Pour les autres, Zazie est cette incontournable auteure, compositrice et interprète française à l’origine de nombreux tubes alignés depuis le début des années 90.

Le décor est minimaliste. De longue bandelettes blanches. Quelques lumières assez sobres égrènent l’estrade.

Vêtue d’une tenue très classique, c'est à 21h30 pétante que la chanteuse déboule aux côtés de ses quatre musiciens, dont la guitariste Édith Fambuena et le claviériste Jean-Pierre Pilot.

Côté setlist, Zazie nous réserve des compos issues de son dernier opus, « Aile-P », mais aussi quelques tubes ‘de l’ère de glace’ comme elle dit, à l’instar du sublime « J’étais là », du célèbre « Je suis un Homme », du dynamique « Rue de la Paix », de l'excellent « Rodéo » ou encore des entraînants « Des Rails » et « Oui ». Des morceaux qui font mouche et déclenchent un vif enthousiasme au sein de la foule.

Parmi les compos les moins récentes, mais tout aussi convaincantes, on épinglera « Les contraires », l’iconoclaste « Speed », sans oublier le sympathique « Va chercher » …

Durant 1h30, Zazie enchaîne ses chansons au cours d’un show énergique et particulièrement réussi.

Un concert ponctué d’interventions caustiques. Notamment lorsqu’elle évoque la COVID et surtout ses conséquences sur l’événementiel. Un virus que l’on est parvenu à vaincre, contrairement à un autre qui se répand en France et pour lequel aucune solution n’est encore trouvée : le virus présidentiel.

Un concert qui ne manque pas d’humour, non plus. Ainsi, elle invite ses musicos à mimer leur mécontentement. A tour de rôle, ils exécutent quelques secondes d’un morceau. Le claviériste s’autorise « La danse des canards ». Le drummer reproduit, esquisse ou ébauche (biffer la mention inutile) le célèbre « Smells like teen spirit » de Nirvana. Piqué au vif, ce dernier décide de se casser… Mais revient quelques instants plus tard sur l’insistance de Zazie et empoigne d’une sèche. Evidemment, tout le monde aura compris qu’il ne s’agissait que d’une mise en scène parfaitement orchestrée.

Très impliquée et généreuse, Zazie aime aller à la rencontre du public. Et le public belge en particulier, même si elle n’hésite pas à égratigner quelque peu l’état de nos routes…

Il est 23h00 lorsque Zazie et sa troupe se retirent, après avoir longuement salué l’auditoire.  

La nuit tombe. Il fait de plus en plus frais pour la saison et le sol est gorgé d’eau. Votre serviteur préfère jeter l’éponge, sinon il risque de sa taper la crève.

Au loin, il perçoit les beats d’un autre artiste notoire au sein du plat pays, Kid Noise

Une édition au succès populaire incontestable (25 000 festivaliers sur 3 jours), malgré une météo exécrable ; mais marquée par le décès de ce jeune homme qui avait la vie devant lui. Enfin, suivant l’expression consacrée, ‘the show must go on’…

(Organisation : Les Gens d’Ere)

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samedi, 29 juillet 2023 11:40

Les Gens d’Ere 2023 : samedi 29 juillet

Premier jour de festival noir ! Dans la nuit de vendredi à samedi, un jeune garçon de 15 ans a malheureusement perdu la vie, victime d’une crise cardiaque. Ce qui ne devait être qu’une simple journée de détente et d’amusement, s’est transformé en drame. Les secours arrivés sur place immédiatement après l’incident n’ont strictement rien pu faire pour le réanimer. Les pensées auxquelles s’associent Musiczine vont à la famille et aux proches de la victime. La vie est parfois injuste…

Les stigmates de la météo sont bien présents. Le site est couvert de boue, mais au sol, des plaques ont été posées aux endroits les plus critiques et permettent de se déplacer sans trop de souci.

Si la veille la programmation était axée sur des prestations plutôt populaires, ce samedi fait la part belle à des artistes, tantôt émergents, tantôt confirmés.

Votre serviteur débarque sur le site pour la prestation de Sharko. S’il ne figurait pas parmi les têtes d’affiche du festival, David Bartholomé, son leader, est assurément l’une des figures de proue de la scène musicale belge.

Après avoir surpris tout son monde en opérant quelques détours contrastés au cœur de son approche musicale, depuis l'acoustique « Hometour » en passant par l'electro-pop « Glucose », l’Arlonais revient aux fondamentaux proches du rock.

Bartholomé est soutenu par Guillaume Vierset à la guitare et Olivier Cox à la batterie. Sur la scène noir-jaune-rouge, ce sont loin d’être des inconnus.

Vierset s’est imposé comme leader ou sideman au sein de différents projets ou pour des artistes, aussi bien en Belgique qu’à l’étranger, comme Harvest Group, LG Jazz Collective, Typh Barrow, Sacha Toorop, Thomas Champagne, Emily Allison, Bravo Big Band, sans oublier, bien sûr, Sharko. Et la liste est loin d’être exhaustive !

Tandis que Cox a apporté son expérience, dans de mêmes rôles, à des projets aussi divers et variés ou pour de artistes, tels que Dalton Telegramme, Moladji, Pipeau, Dan San, François Bijou, Little X Monkeys, Soul Caravane ou encore, et évidemment, Sharko.

La formule trio est celle qui leur convient le mieux. David se consacre au chant et à la basse.

Le set débute par un « Wake up » tonitruant. C’est simple, élémentaire et sans chichi. De là à imaginer un seul instant que le public était en état de léthargie, il n’y a qu’un pas que votre serviteur franchit allègrement ! Heureusement, la foule ne prend pas cette injonction au pied de la lettre.

Le chanteur attaque alors un excellent « Excellent », un morceau caractérisé par sa voix rocailleuse, reconnaissable entre mille.

Un titre connu qui permet à David de rester dans sa zone de confort. Il n’y reste pas pourtant très longtemps puisque la band nous balance « Never Alone », un single optimiste qui figure sur son dernier elpee, « We love you David ». Il sert d’exutoire au guitariste qui s’en donne à cœur joie.

Bartholomé est dans sa bulle. A vrai dire, il est parfois difficile de s’y immiscer. A l’instar de « Padam », une chanson qui narre l’histoire d’un type qui entend des trompettes dans la tête tout en se demandant pourquoi les autres ne les perçoivent pas. Il est vraiment déjanté ce type !

A vrai dire, le public n’en n’a que faire. Il y répond même favorablement. Des cris stridents s’élèvent dans les cieux. Le chanteur s’étonne d’être à Ere. Ne serait-on pas à Wembley ou encore au Stade de France, s’exclame-t-il. L’ambiance est à son paroxysme.

Le frontman, sûr de lui, s’avance et réserve spécialement aux Gens d’Ere, « Family ». Il se tourne vers son guitariste et lui demande s’il est prêt. Ce dernier, étonné d’une telle requête, répond par la négative, en tournant énergiquement la tête tout en souriant. Le plus étonnant, c’est que ce dernier a vraiment l’air surpris du choix de ce morceau. Mais il ne se laisse pas démonter un seul instant et s’applique tel un écolier devant une feuille de devoirs.

Marqué par ses envolées de guitare surréalistes « I went done » constitue un des moments forts de ce concert. Sans oublier cette chorégraphie étrange. Une chose est certaine, le gars est bien plus à l’aise à la basse qu’à la danse !

Avant d’entamer « Clash P », il demande aux enfants nombreux sous le chapiteau de se boucher les oreilles, car cette chanson est uniquement réservée aux adultes. On comprend pourquoi…

Le leader s’essaie ensuite à la langue de Vondel à travers « Trop Is Te Veel », une compo qui narre l’histoire d’un type qui en a ‘plein le cul’. Les festivaliers mettent une telle conviction à rependre le refrain en chœur qu’on imagine aisément qu’une majorité d’entre eux partagent le même point de vue.

Le concert tire doucement à sa fin. « Sweet Protection » traite du thème de l’existence et de l’amour, à travers le prisme de la sécurité que lui procurait la mère de David et par extrapolation la mère patrie. Un manifeste de la bienveillance donc.

Après, un « Président » du tonnerre de Dieu, un « We Sould Be Dancing » et le jeu d’équilibriste de Bartholomé sur les barrières nadar, il est temps de se dire adieu.

Et lorsqu’on s’aime et que l’on est un tantinet narcissique, quoi de mieux que de chanter « We Love You David » en sollicitant le public. Celui-ci se prête volontiers au jeu et fait mine d’envoyer des bisous.

Imaginé essentiellement par son auteur-compositeur-interprète David Bartholomé, le style Sharko est parfois ‘pop surréaliste’ ou ‘avant-pop’ pour son aspect bricolé. Ce soir, la formation a exécuté un show burlesque et énergique, mais à prendre au second degré.

Quoiqu’il en soit, rarement l’artiste aura été aussi expressif sur l’estrade. Un plaisir pour les yeux, mais pour les oreilles aussi. Que du bonheur !

Rori est programmée sur la scène extérieure.

La Liégeoise a connu son heure de gloire au sein de Beffroi, l'un des groupes les plus prometteurs de Belgique, notamment lors de la sortie de « Swim », un titre largement diffusé sur les ondes radiophoniques, en 2015. Elle n'a alors que 16 printemps. Malheureusement, sa moitié sur scène (Valentin Vincent) est emporté par la maladie à l'âge de 20 ans. L'aventure qui n'a plus de sens, prend fin. C'était en 2018.

Une période de reconstruction s'ensuit. Parmi les options plausibles : l'arrêt de sa carrière. Mais elle s'accroche. Sa rencontre avec Hadrien donnera naissance au petit Rori.

Vêtue d’un crop top de couleur noire, la jeune fille laisse apparaître un corps filiforme. Quel courage au vu des températures plutôt fraîches. C’est la première fois qu’elle se produit dans le Tournaisis, aime-t-elle à le rappeler.

Elle est épaulée par un guitariste et un drummer, en ‘live’. L’ex-The Subs, Hadrien Lavogez, est bien au poste à la sixcordes. Cependant, pour des raisons de santé, Pierrick Destrebecq (NDR : il a notamment milité chez Recorders, Abel Caine ou encore au sein du backing group de de Mat Bastard) a cédé le relais à Loïc Lavogez, pour se charger des fûts, dans le cadre de cette tournée estivale. Pour la petite histoire Lavogez et Destrebecq se connaissaient depuis des années. Ils ont tous les deux fréquenté l’école ‘Jazzstudio’ à Anvers.

Objectivement, le jeu de Loïc n’est pas suffisamment punchy. Ses gestes adoptent une amplitude excessive. Si sur le plan visuel, le lambda y trouve son compte, techniquement, c’est sans intérêt. Ce qui rend, en outre, l’expression sonore un peu molle…

La demoiselle entame son tour de chant par « Ma Place ». Alors qu'elle a toujours chanté dans la langue de Shakespeare, elle prend s’y exprime dans celle de Voltaire, ce qui lui permet de se raconter en regardant dans le rétroviseur de sa vie. C'est d'ailleurs en français qu'elle embraie la plupart des titres de son set : « Vampire », « Vertige » ou encore « Soleil ».

Caractérisé par son phrasé haché, ses sonorités pop et ses appuis rythmiques, la musique de Rori, artiste manifestement charismatique et communicative, rallie rapidement le public à sa cause et s'inscrit dans l'air du temps.

Sa compo spasmodique au parfum salvateur « C'est la vie », titre éponyme de son Ep, révèle des accents nostalgiques.

La musique de Rori embrasse différents styles : pop, rock et même funk.

Ses chansons abordent des sujets personnels et très intimes. Alors qu’hier, ces thèmes la rongeait, aujourd’hui elle semble les cultiver et tirer parti.

Justement, « Docteur » vient doucement caresser la fin d’un set très enrichissant. Une chanson ultra médiatisée dont la foule semble connaître le refrain et qui met exergue, ce sentiment de différence.

« Docteur » figure parmi les compos percutantes au cours desquelles Rori libère son mal-être.

Touchante et la sensibilité à fleur de peau, Camille, à l’état-civil, a livré ici un concert d’une intensité rare, livrant un peu plus encore le fruit de ses émotions.

Autre concert à surtout ne pas manquer, c’est celui de Hyphen Hyphen. Les Niçois avaient frappé fort déjà en 2018 lors de leur passage aux Gens d’Ere.

A l’époque, Zoé Hochberg se chargeait des fûts à la suite du départ de Zac. Sa main gauche était dans le plâtre et le bras en écharpe. Mais, malgré une seule droite active, force est de constater que la jeune fille s’en etait sortie admirablement bien…

Entre la sortie de leur dernier né et les nombreux concerts et festivals auxquels ils ont encore participé, depuis, les jeunes ont pris de la bouteille…

Déjà, le premier opus intitulé « Times », leur avait permis d’être récompensé aux Victoires de la Musique comme ‘Révélation Scène’… Depuis, le trio connait une histoire aux allures d’un conte de fée.

Le décor est constitué de vieux postes de télévision posés les uns sur les autres ; ce qui confère au cadre, un petit côté rétro.

Lors de l’interlude, le trio, resté en coulisse, s’avance peu à peu sur le podium sous les cris des spectateurs. Ils laissent apparaître des marques noires tribales sur le visage signifiant Hyphen (terme anglais qui se traduit par trait d’union).

Nouveau batteur, Axel se charge des fûts.

C’est alors que « Help Yourself Out », issu du dernier album « C’est la vie », donne le ton de ce qui restera l’une des meilleures prestations de cette édition des Gens d’Ere.

Santa (chant), Puss (guitare, claviers) et Line (basse, chœurs) ne ménagent pas leurs efforts. Les corps se tortillent, les têtes balancent d’avant en arrière régulièrement, spontanément ou volontairement à l’excès. Ils reviennent plus enthousiastes que jamais… Une odeur désagréable de transpiration plane. Les fronts perlent. Ils résultent de cette générosité physique intense…

« Own God » et ses riffs de guitare funkysants, permet à la chanteuse de se laisser porter. Jouissant d’un spectre vocal très large, elle passe des aigus aux graves avec une facilité déconcertante. Elle donne même l’impression de livrer un combat sur un ring. Une adversité protéiforme et absolue. On y sent de la force, de la fougue et de la rage…

« Young Leaders » (issu de l’album très réussi « HH »), dont le refrain est à la fois fédérateur et entêtant, vient encore renforcer cette impression.

A vrai dire, les concerts de Hyphen Hyphen ne concèdent aucun temps mort. « Wait For Me » permet au guitariste un lâcher-prise, le morceau lui permettant de réaliser un solo du feu de Dieu tout en s’exaltant sur les caissons de basses placés entre la scène et le crash.

« Voices In My Head », démontre à quel point la complicité est grande entre le public et le band où, lors du bridge, spectateurs et musiciens s’accroupissent pour laisser ensuite leurs corps s’élever au plus haut et sautiller ensuite au gré des gammes. Ou encore lorsque Santa demande au public de jouer à ‘1, 2, 3 soleil’. Il n’y en a pas beaucoup en cette journée de samedi s’amuse-t-elle à rappeler. La musique s’arrête net, les musiciens restent figés et le public haletant garde ses bras en l’air.

« Like Boys » permet à la leader de défendre son manifeste féministe dont le refrain enivrant ‘I don't even like boys / Don't you understand / You're just not my type / Don't you understand’ est repris par un public excité. Un titre emblématique, porte-drapeau de la défense d’une cause juste et noble.

« Be High With Me » embraie. Un morceau au cours duquel quelques dizaines de spectateurs ont pu monter sur scène, tout en agitant des drapeaux arc-en-ciel (NDR : à la demande de Harvey Milk, premier politicien américain ouvertement homosexuel, cet étendard est né à San Francisco en 1978 et a été imaginé l'artiste Gilbert Baker), symbole de la fierté LGBTQ+ qui représente la diversité sexuelle.

« Too Young », sous ses airs électro/pop rocailleux, est vraiment taillé pour le live. Une compo qui permet à Santa de se lancer dans l’exercice du crowdsurfing. Pendant ce temps, ses comparses, afin de passer le temps, se sont emparés de floor toms pour marteler chacune des mesures à l’aide de grosses mailloches.

Le concert touche à sa fin, la lumière peu à peu se feutre. Santa s’installe face au piano et entame un « Popcorn salé » tout en douceur. La petite Clémence, une fan qui suit la chanteuse sur les réseaux sociaux, est alors invitée à la rejoindre. La jeune fille, assise sur le rebord, poursuit, en compagnie de la vocaliste, cette jolie chanson. Un très grand moment qui restera à jamais gravé dans la mémoire de la demoiselle.

Il est déjà temps de se quitter. « C’est la vie », dernier titre, résume à lui seul, le contenu d’un show puissant à la courbe ascendante. Un ensemble cohérent, féroce, qui balaie d’un revers de la main les styles formatés et standardisés du moment.

Bref, un concert d’une énergie imparable, complètement jouissif.

A l’extérieur, Loïc Nottet et son team se sont empressés de préparer la scène pour un show qui devrait ravir les fans.

Découvert lors de la troisième saison de l'émission ‘The Voice Belgique’, en 2014, il est sélectionné six mois plus tard par la RTBF pour représenter la Belgique au Concours Eurovision de la chanson 2015, où il termine à la 4e place en interprétant « Rhythm Inside », premier single qu'il a composé.

En décembre 2015, il participe et remporte la sixième saison de l'émission télévisée française « Danse avec les stars » sur TF1.

Il a depuis publié les albums « Selfocracy, Sillygomania » et « Addictocrate », ainsi que plusieurs singles, dont « Million Eyes », « M./Mme » (son premier en français) et « Mélodrame ».

Il a enfilé une sorte de pyjama ringard. Après deux ou trois morceaux d’un set qui ne suscite guère d’intérêt chez votre serviteur, ce dernier préfère tirer sa révérence…

Nottet, qu’après trois minutes, votre serviteur avait déjà fait le tour du sujet !

La nuit est tombée et on ressent très fort un taux d’humidité qui remonte par le sol. Et à en croire les météorologistes la dernière journée devrait se dérouler sous la pluie. Pour changer !

Demain Zazie figure en tête d’affiche. Alors, autant être en forme !

(Organisation : Les Gens d’Ere)

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vendredi, 28 juillet 2023 17:24

Les Gens d’Ere 2023 : vendredi 28 juillet

Ce qui n'était qu'un prétexte à faire la fête entre quelques amis du village est devenu aujourd'hui un événement qui dépasse les frontières de cette petite bourgade de la région de Tournai.

Aujourd'hui, Les Gens d'Ere sont devenus... légendaires ! Si le plat pays regorge de festivals, la simplicité et la camaraderie sont de mise. Ici, pas de prise tête : un stand VIP réduit à sa plus simple expression, une équipe de bénévoles passionnés et souriants, des festivaliers contents de se retrouver entre potes après une semaine de boulot, un site bien aéré et une convivialité à toute épreuve.

Mais simplicité ne rime pas avec facilité. Loin de là ! En effet, si le festival reste un évènement de proximité, l’équipe organisatrice propose d’année en année, une affiche qui a de quoi jalouser ses pairs.

Si de plus en plus, les festivals préfèrent segmenter le line-up pour toucher un public cible, ici on mise encore et toujours sur une affiche la plus éclectique possible. De quoi ravir un public venu en masse. La preuve ? Certains jours affichent sold out !

Côté pile, tout est donc réuni pour passer un moment sous le meilleur des auspices. Côté face, Miss météo a joué les capricieuses. La veille, il a plu comme vache qui pisse et le sol est couvert de boue. Les parkings sont d’ailleurs devenus partiellement impraticables. Heureusement des alternatives sont mises en place, comme ces bus qui assurent le transport des plus prudents.

Il faut malheureusement craindre pour demain et après-demain, car des averses sont à nouveau prévues.

Pourtant des milliers de festivaliers ont décidé de braver ce temps purement belgo-belge pour un week-end, non pas de farniente, mais placé sous le signe des décibels.

A l’instar des éditions précédentes, deux scènes se côtoient, l'une couverte baptisée ‘Le Chapito’ et une autre, ‘Plein Ere’, logiquement outdoor. Elles proposent en alternance un line-up cohérent.

Les prestations sur l’une et l’autre permettent au peuple de se déplacer tranquillement sans devoir se heurter au stress de louper le début d’un set. Un détail qui peut se révéler réconfortant, croyez-en l’expérience d’un vieux de la vieille !

Soyons honnête, la tête d’affiche de ce vendredi reste Machiavel, même si les organisateurs ont misé sur des noms aussi populaires que Mister Cover ou Daddy K pour attirer la grande foule...

Machiavel s’est formé en 1974. Ses heures de gloire, il les a connues au cours des seventies, en pleine période prog, en gravant les albums « Mechanical Moonbeams » (1978) et « Urban Games » (1979), mais avant tout en publiant des hits incontournables comme « Rope Dancer », « Fly » et bien sûr, « After the Crop » …

Si le line up a vécu quelques changements, notamment en raison de divergences artistiques, et le décès de deux de ses membres, sa figure de proue et l’un des membres fondateurs est toujours au poste. Il s’agit bien sûr du charismatique Marc Ysaye, batteur du groupe, ex-boss de Classic 21, et animateur des ‘Classiques’.

Le claviériste Albert Letecheur est décédé en 2004 et Mario Guccio, qui assurait le chant depuis 1977, en 2018, à l’âge de 64 ans. Et il était convenu, avant sa disparition, que Marc Ysaye le remplace aux vocaux pour la tournée baptisée ‘The Early Years’.

Il aura fallu attendre 2022, pour que le micro soit confié à Kevin Cools. Il avait déjà tapé dans l’oreille de Guccio lorsqu’il militait chez Niitch et FEEL. Mario dernier avait même déclaré qu’il était son ‘fils spirituel’. Pour la petite histoire, Cools avait participé à ‘The Voice Belgique’ en 2012 et avait impressionné les jurés lors de son interprétation de « Roxanne ».

Ysaye est placé au centre de l’estrade, caché derrière les nombreux fûts et cymbales. Petit et trapu, il est à peine visible. A sa gauche, Hervé Borbé se charge des ivoires et Christophe Pons de la guitare. Roland de Greef, placé à sa droite, se consacre à la basse.

Le petit Kévin est deux fois moins âgé que les autres membres de la formation dont il pourrait être l’un des fils. Néanmoins, il existe déjà une belle cohésion entre eux.

Le frontman est vêtu de ‘jean’. Un look premier de classe, bien loin de celui qu’affichait feu l’excentrique Guccio.

« Mister Madman » ouvre les hostilités. Un titre bien pêchu à travers lequel, conscient de l’héritage qu’il porte sur ses épaules, le nouveau visage de Machiavel semble très à l’aise.

Une mise en bouche qui prouve que le Sieur Cools s’est parfaitement adapté au nouveau rôle qui lui est attribué. Le public semble aussi avoir fait le deuil de Mario en acceptant cet homme à l’âme d’enfant.

Pas étonnant que Machiavel ait signé son dernier album « Phoenix » afin de marquer la transition entre son passé et son futur…

La setlist est particulièrement variée et les sonorités d’un morceau comme « She’s a snake » se perdent dans l’immense enceinte couverte.

Le temps que le chanteur chauffe sa voix et que les musicos se mettent dans le ‘mood’ et « Over The Hill », dont le refrain est toujours aussi entêtant, soulève une immense salve d’applaudissements…

Comme il fallait s’y attendre, « Rope Dancer » rend hommage à Mario Guccio, une ballade magistrale toute en retenue, mais enrichies d’envolées ‘floydiennes’ …

Le band a atteint son rythme de croisière et nous réserve alors « Six Feet Under » et « After The Crop ».

Pour célébrer cinquante années d’une carrière riche en émotion, Machiavel n’en n’oublie pas l’incontournable « Fly », démontrant une nouvelle fois que le son proposé par le combo, en ‘live’, est toujours aussi impeccable…

Il faut cependant attendre « Lay Down » au cours duquel Christophe Pons et Kevin Cools vont se lancer dans un duel de guitares, pour atteindre le point d’orgue d’un concert mémorable.

Une chose est certaine, Machiavel is not dead !

STTELLLA grimpe sur le podium. Kesaco ? Pour faire bref, un truc étrange venu de nulle part qui n’était pas supposé durer…

Ça c’est sur le papier, parce qu‘il y a 45 ans que Jean-Luc Fonck, tantôt seul, accompagné de Mimi (jusqu’en 1993) ou encore soutenu par une poignée de musiciens, fait le zouave en balançant des chansons banales, mais truffées de traits d’esprit qu’il conduit parfois jusqu’au délire. Et en plus de quatre décennies, il a quand même publié 15 albums !

C’est presque un rituel, les loustics ont enfilé des tenues de scène farfelues. Un kilt pour le bassiste, un pyjama à carreaux recouvert d’un peignoir rouge pour le frontman et un costume rose pour le préposé à la basse et aux claviers

Des « Tartines » à « Nagasaki ne profite jamais », on ne peut pas dire que ça vole très haut. Mais bon, peu importe, le public prend du bon temps. La communication entre l’auditoire et les joyeux drilles est optimale. Il pleut des jeux de mots (NDR : c’est toujours mieux que de la flotte). Ce qui provoque sourires, rires et larmes (de joie) …

Enfin, pour terminer la soirée, retour sous le chapiteau pour le concert de Mister Cover.

Fondé en 2002, le combo puise son répertoire dans les standards du rock, de la pop, de la soul, des variétés et de la chanson française. N’hésitant pas à balayer 5 décennies de musique populaire.

Techniquement, rien à redire, les musicios sont de vrais pros. Le groupe parvient à fédérer toujours davantage. Mais pour se frayer un passage sous la tente, il faut vraiment jouer des coudes…

La formation passe d’un titre à l’autre, d’un tempo à l’autre avec une facilité déconcertante. Des heures et des heures de travail sont nécessaires pour en arriver à un tel résultat. C’est carré, c’est sympa et c’est festif. Mais pas très original. Interpréter les chansons d’autres artistes, sans se les réapproprier et leur donner une nouvelle âme, s’avère être un exercice de style assez limite…

Il est dommage de constater que beaucoup de festivaliers se contentent d’écouter la resucée de tubes déjà mille fois entendus plutôt que de s’intéresser à de bons groupes ou artistes qui foisonnent aux quatre coins de la Belgique, sans rencontrer le succès mérité.

En conclusion, Mister Cover est à la musique ce que la nourriture est au MacDo’. A petites doses, c’est sympa, mais faut pas en abuser !

Les journées qui suivent seront focalisées sur des groupes ou artistes aux compos originales. Vivement le week-end !

(Organisation Les Gens d’Ere)

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dimanche, 09 juillet 2023 19:05

LaSemo 2023 : dimanche 9 juillet

Clap de fin pour l’édition du LaSemo. Une quinzième du nom qui aura marqué les esprits.

La météo se fait capricieuse, le tonnerre commence à gronder au loin et des nuages menaçants gravitent autour du site. Les météorologues sont relativement pessimistes. Les organisateurs des Ardentes ont d’ailleurs mis la clé sous le paillasson, obligeant des milliers de personnes à plier bagage dans une cohue générale. Bref, c’est le bordel !

Après avoir ouvert comme prévu à 10h30, le LaSemo a également pris la décision de fermer ses portes de manière provisoire. La plaine a donc été évacuée préventivement. Les festivaliers ont été invités à se mettre à l'abri, chez eux, au collègue Saint-Augustin, au Nautisport ou dans la caserne des pompiers.

C’est vers 15 heures que les autorités ont donné leur feu vert pour rouvrir le site. Une aubaine pour ceux et celles qui n’auraient pas voulu perdre une goutte (sans mauvais jeu de mots) du spectacle. Finalement, plus de peur que de mal, car hormis une bonne pluie d’une vingtaine de minutes qui mouille légèrement un sol plus que sec, aucun dégât n’est constaté.

L’équipe s’est affairée pour que les concerts prévus puissent se dérouler malgré tout, de manière plus ou moins normale.

Sur la scène du Château, Pierre de Maere (NDR : ce jeune homme est issu de Walhain, dans le Brabant Wallon), dont tout le monde parle, va grimper sur les planches

Autodidacte, il compose ses premiers morceaux sur le logiciel ‘Garage Band’, dès l’âge de 9 ans, avant de s’intéresser à la photographie de mode. C’est lors de ses études à l'Académie royale des beaux-arts d'Anvers qu’il publie son premier morceau, sous statut indépendant, « Potins absurdes ». Le succès est immédiat.

Repéré par le label Cinq (Dominique A, Kalika, Jean-Louis Murat), il publie son premier Ep dans la foulée, « Un jour, je », en janvier 2022. Le disque est propulsé par les médias au-delà de ses espoirs. Pierre de Maere enchaîne alors les plateaux télévisés et les interviews dans la presse.

Après avoir décroché le prix de la Révélation belge de l'année aux NRJ Music Awards en 2022, il reçoit une ‘Victoire de la Musique’ en 2023 dans la catégorie ‘Révélation masculine de l'année.

Sur l’estrade, il est flanqué de trois musiciens habillés en costard/cravate, genre ‘men in black’. Lorsqu’il entame les premières notes de « Lolita », on l’aperçoit déambuler sur le podium, laissant apparaître de drôles de chaussettes jaunes. Ce qui cadre mal avec le côté classieux de son look.

De prime abord, il paraît arrogant et pédant. Est-ce un rôle qu’il aime se donner ? En tout cas, une chose est sûre, il est apprêté et sophistiqué.

Que l’on aime ou pas son côté dandy, il faut admettre que ce jeune artiste d’à peine 22 piges, compose de belles chansons. Pertinentes, savamment orchestrées, elles véhiculent des textes ciselés et des mots qui font mouche. De Maere est à la musique ce que le bijou est à l’orfèvrerie.

Il enchaîne sans hésiter par « Roméo », une compo qui l’oblige à monter dans les aigus. Et il s’y sent d’ailleurs très à l’aise.

Il affirme, pour avoir déjà bien bourlingué au-delà de nos frontières, que les Belges sont les plus vifs d’esprit. Il n’en fallait pas plus pour que la foule déclenche des applaudissements interminables. C’est alors que pour le remercier, Pierrot le fou se livre dans un « Menteur » majestueux.

De Maere, c’est de la pop francophone efficace, une manière de rouler les ‘r’ à la Stromae et de belles envolées vocales.

Il revient pourtant de loin et se souvient de ses moments difficiles lorsque par exemple, un soir, il s’est rendu à Cannes et y a chanté pour une soirée privée. Personne ne le regardait, comme s’il était le bouffon du roi. Un évènement qui semble l’avoir bouleversé au plus haut point. Cette histoire ressemble à celle de Lady Gaga (NDR : il lui voue d’ailleurs une admiration sans faille) qui n’avait d’autre choix que de se dévêtir pour attirer l’attention des clients, quand elle chantait dans les bars.

Le set touche doucement à sa fin. Naturellement, arrive le « Docteur », une manière de penser les plaies de celles et ceux qui ont bravé la pluie et le vent.

Enfin, « Mercredi », une compo empreinte de nostalgie qui invite à retourner dans la fantaisie de l’enfance, clôture un superbe concert, également placé sous le signe du kitsch et de la bonne humeur.

Pierre remercie le public et son équipe. Sans oublier son frère Xavier qui l’accompagne partout (c’est son ingé son) et lui ressemble à s’y méprendre.

Retour à la scène de la ‘Tour’. Deux filles aux combinaisons rouges, sexy mais classieuses, s’y produisent. Des fringues qui laissent deviner des corps de rêve. Il s’agit de Juicy, un binôme composé de Julie Rens et Sasha Vonk.

C’est au conservatoire de Bruxelles en Jazz, dans la classe de David Linx, qu’elles se rencontrent et commencent rapidement à se produire ensemble au sein de différents projets, dans des styles variés.

En 2015, c'est sur un concept de reprises de classiques du r'n'b et du hip hop des années 90 que les chanteuses se font connaitre sur la scène bruxelloise à travers Juicy Cover. En 2017, elles annoncent la sortie de leur premier Ep « Cast a spell », autoproduit à hauteur de 20 000 euros. Elles défendent notamment ce disque sur Radio Nova et en première partie d'Angèle.

Enfin, à partir de l’été 2018, puis en 2019, elles écument les festivals, tant en Belgique, qu’en France.

Les gonzesses rentrent dans le palmarès restreint des Belges qui s’illustrent dans l’Hexagone. Leurs reprises déjantées de tubes hip hop des années 90 aux paroles misogynes, à l’instar du « Work it » de Missy Elliott ou encore du « Partition » de Beyoncé, ont pesé lourd dans la balance, épousant ainsi la même courbe de popularité que Damso ou encore Romeo Elvis.

Elles défendent les couleurs d’un premier album « Mobile » qui relate toutes les failles de l’Homme (avec un grand H) paraît-il.

Léger dans le ton, mais profond sur le fond, les compos abordent des sujets comme le sexisme ou encore les agressions sexuelles et s’enracinent dans un style hybride entre rap et r&b…

Elles se consacrent donc toutes les deux aux synthés, samplers et vocaux. Sasha se réserve cependant la guitare et Julie, la boîte à rythmes. Elles remplissent à elles seules l’espace scénique et n’ont pas vraiment besoin d’autres musiciens.

Durant le show, elles ne cesseront de se tortiller sensuellement, comme des geishas. Difficile de rester insensible face à ces nanas qui doivent faire tourner pas mal de têtes…

Si le style musical de Juicy est le fruit d’un cocktail de hip-hop, de r&b et de pop, il s’avère à la fois catchy et sophistiqué.

Le duo livre une performance fort dynamique (NDR : c’est une bonne habitude), ce qui explique aussi et sans doute pourquoi il s’est constitué une ‘fan base’ solide.

Typh Barrow, de son véritable nom Tiffany Baworowski, est programmée sur les planches du ‘Château’. Une artiste dont le minois est bien connu puisqu’elle a participé au télécrochet ‘The Voice’, comme coach, pendant plusieurs saisons.

La popularité de Typh trouve sa genèse, lorsqu’en 2013, elle commence à poster sur Youtube des reprises en piano-voix qui dépassent rapidement le million de vues. Sa version du « Gangsta’s Paradise » est d’ailleurs repérée par le rappeur Coolio, son interprète original, la partageant plusieurs fois sur ses propres réseaux.

Elle s’avance d’un pas franc, laissant apparaître une tenue assez courte de couleur rouge à paillettes. Ses hauts talons galbent un corps dont la rondeur laisse peu de place aux doutes. Main sur le ventre, sourire aux lèvres, elle transpire de bonheur à l’idée de mettre au monde son enfant. Ce n’est plus vraiment une surprise puisqu’elle avait fait cette annonce lors d’un concert à Forest National.

En attendant, elle va se mettre au vert, afin de profiter un maximum de sa grossesse entamée il y a six mois, comme elle aime à le préciser. On comprend dès lors mieux pourquoi de nombreux fans ont fait le déplacement, bien décidés à profiter d’une dernière de ses apparitions, avant une période de pause...

Elle est soutenue par un trio de musiciens et deux choristes, tous vêtus de vestes bariolées. Sur l’estrade, trône majestueusement un piano de couleur noire.

Elle se plante devant un synthé placé face à la scène et remercie le public d’avoir fait preuve d’autant de patience compte tenu des conditions climatiques. Faut dire que le concert prévu initialement à 17h a été retardé à 18h15.

La voix écorchée, chaude et puissante, elle fixe l’horizon de ses yeux perçants pour dessiner le contour d’un « Damn You’re Bad » chargé d’émotions.

Typh Barrow nous a offert et s’est offert un set aux accents tour à tour, pop, soul, jazz et blues, nous réservant des morceaux comme « Color », « Very First Morning », « I Ruled the World », « The Other Woman, Taboo », « Replace » et « Hold You Sister », au cours duquel elle s’est autorisé une promenade au sein de la foule ou encore « Don’t Let Me Go, I got You ».

Mais pas seulement, puisqu’on a eu droit à l’une ou l’autre nouvelle chanson qui laisse penser, de source sûre, que le prochain album est quasi écrit et composé et est en phase de production. De quoi ravir les fans.

En mêlant douceur et émotion mais aussi ardeur et de puissance, Typh a savouré ce moment rien qu’à elle…

Le set s’achève sur « Aloha », titre éponyme du dernier opus, suivi d’un « Daddy’ Not Coming Back » grandiose.

Place ensuite à Jeanne Galice, aka Jain.

Son arrivée dans l’univers musical s’apparente à un raz-de-marée. Auteure, compositrice et interprète, elle rencontre le succès dès la sortie de son premier long playing, « Zanaka » ; et des titres tels que « Come » et « Makeba » (qui signifie enfant en malgache) tournent en boucle sur les ondes radiophoniques. Le suivant, « Souldier », paru en 2018, fait encore mieux : 1,2 million d'albums vendus dans le monde et plus de 2 milliards de streams.

Après ce succès, elle annule sa dernière tournée pour se ressourcer. Au bout de quatre longues années, elle refait surface, plus positive que jamais et nous propose un nouvel essai baptisé « The Fool ». Certains n’ont pas hésité à établir un parallèle avec la carrière de « Stromae » qui lui aussi s’est vite laissé submerger par la réussite et les tournées fatigantes.

La scène du ‘Château’ est épurée. On n’y aperçoit que des synthés entourés par un décor grillagé.

Votre serviteur avait pu découvrir Jain il y a quelques années. A l’époque elle était seule sur les planches et se servait d’un tas de boucles. La performance était louable, épicée et originale. Ce soir un guitariste et une bassiste l’épaulent. Le show commence. Riche, le light show aux nombreux effets lumineux valorise parfaitement le spectacle.

Elle chante dans la langue de Shakespeare des compos plutôt pop, mais qu’elle mêle à d’autres genres, comme l’électro, le reggae ou la world, inspirée par ses nombreux séjours à l'étranger.

La demoiselle travaille particulièrement son image, que ce soit à travers son apparence ou la mise en scène.

Malheureusement, le concert ne parvient pas à éveiller un soupçon d’intérêt chez votre serviteur. C’est comme si vous deviez réaliser une recette de cuisine, mais qu’il vous manque un ingrédient. Le set manque de saveur, ce soir.

Pas grave, le LaSemo 2023 a tenu toutes ses promesses. Une affiche alléchante, une météo relativement clémente, une ambiance bon enfant et un anniversaire fêté dignement. What else ?

(Organisation LaSemo)

 

 

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