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Didier Deroissart

Didier Deroissart

samedi, 18 septembre 2021 08:42

Une histoire de famille…

Le rappeur Scylla, aka Gilles Alpen, a participé au collectif OPAK avant de se lancer dans une carrière solo. Il est actif sur le circuit depuis plus de 20 ans et remplit même les salles dans l’Hexagone, comme l’Olympia de Paris. Ce Bruxellois a opté pour le pseudo Scylla, en référence à la mythologie grecque et plus précisément à l’épisode de la nymphe qui avait été transformée en monstre marin par Circé.

Il y a plus d’un an et demi que ce concert aurait dû se dérouler à l’AB. La Covid en a décidé autrement. Et 5 jours avant la nouvelle date prévue, il a encore été reporté. Enfin, c’est le grand jour. Cette fois, ça y est et la salle est comble.   

Le supporting act est assuré par un pote de Scylla ; en l’occurrence, Dayaz. Il va accorder un set de 20’ au cours duquel, flanqué de 2 Mc’s, il va chauffer l’ambiance. Mais on va le revoir en action lors du set de Scylla…

Setlist : 1. « Intro » 2. « VIDA Loca » 3. « Frayeur » 4. « I.R.M » 5. « Vous noyés » 6. « Mes faiblesses » 7. « Câbler » 8. « Couteau sous la Gorge »

Scylla est considéré comme l'un des porte-drapeaux du rap conscient belge. Non seulement son rap est influencé par le blues, mais il se sert d’instruments organiques comme le piano et les cordes, pour mettre en exergue sa poésie. Son dernier opus, « BX Vice », est paru en 2019. Et il va nous en proposer de larges extraits.

MC Solaar est probablement son maître alors que Lomepal, Roméo Elvis, L’Or du Commun, Orelsan, Cabalero et JeanJass pourraient incarner ses fils spirituels.

Son pianiste favori n’est autre que Sofiane Pamart, un musicien incontournable dans le milieu du rap et du hip hop old school. Sylla y émarge ; c’est même un pionnier du genre.

Il aime s’entourer de MC’s ; et ce soir, Isha, Furax, Barbarossa, B-Lel et Dayaz vont se relayer, même si c’est ce dernier qui aura la préséance. Et lorsque l’un d’entre eux commence à agiter l’éclairage de son smartphone, incitant la foule à l’imiter, on a alors l’impression que l’AB ressemble à la voie lactée. 

Hormis Furax habillé d’un training multicolore, Scylla et ses MC’s sont tout de noir vêtus. Noir comme le parapluie que tient Scylla en main, quand il débarque sur les planches. Noir comme les trois autres pépins ouverts dont on remarque la présence, dans la pénombre (NDR : ils semblent masquer les MC’s qui accompagnent le maitre des Abysses belge), mais également suspendus sur un haut porte-manteau. Sombre comme le décor, somme toute. Et c’est le light show qui va mettre en exergue les différents personnages sur l’estrade. 

La foule est littéralement envoûtée par ses textes qu’il déclame d’une voix très rauque, ses visuels et son jeu de scène. Son flow est constant, sa poésie déborde de rimes sombres, mais criantes de vérité. Il me fait parfois penser à Thomas Akro du collectif Starflam, même si le set baigne au sein d’un climat introspectif réminiscent d’IAM voire d’Akhénaton période « Le micro d’argent ». Il parle justement de la première fois qu’il a assisté à un concert du crew marseillais. C’était aux Halles de Schaerbeek, alors qu’à l’extérieur éclatait des émeutes. De sa jeunesse aussi. Charismatique, il est très volubile. Il s’assied sur un siège et commence à lâcher des vannes. Scylla tient son public dans la main. Il l’incite à mettre le Zbeul, mais également à prendre la pause, moment au cours duquel il remercie sa compagne à genoux, présente sa fille et son fils, sur scène. La famille est présente tant sur le podium que dans la fosse. La famille, ce sont aussi les fans. Mais musicalement, à l’exception du Dj derrière les platines, Scylla et ses MC’s il n’y a personne d’autre sur les planches et c’est bien dommage. Pas de cordes ou d’ivoires comme au Cirque Royal il y a 2 ans, mais des samples préenregistrés. Seule la voix de Scylla est en live. On regrettera également le volume sonore un peu trop puissant. N’empêche Scylla a accordé, ce soir, un concert généreux et riche en sensations. C’est la première fois que votre serviteur assistait à un de ses spectacles. Une idée du fiston qui l’a entraîné dans cette aventure. Et une bonne idée, parce que pour une fois, c’est lui qui a entraîné son Daron, et pas le contraire….

(Organisation : Ancienne Belgique et Back In The Dayz)


 

Nous sommes dans l’avant dernière semaine des Nuits Botanique ; une édition 2021 d’un grand cru, même si elle a manqué d’artistes internationaux. Ce soir, place à Adèle Castillon (aka Videoclub).

En mars dernier, Adèle et Matthieu Reynaud annonçait que Videoclub se séparait, via un clip intitulé « SMS » (NDR : une méthode également utilisée par Daft Punk, mais en plus explosif !). Le parcours du couple nantais aura duré 3 ans. Un seul elpee à son actif, « Euphories », paru en janvier dernier.

Ce couple, alors à la vie comme à la scène, a eu beau ne pas avoir connu la décennie des années 80, il nous a bel et bien replongé dedans, au rythme de morceaux électro pop dansants et aux mélodies à la fois tendres et authentiques. Sous le regard bienveillant de Matthieu, Adèle a décidé de continuer l’aventure seule. Le duo s’est cependant séparé en bons termes…

Lyonnaise, Poupie assure le supporting act. Paru en 2019, son premier Ep, « Feu » dévoilait toute l’énergie et la singularité de cette artiste en construction permanente, capable d’alterner une production autotunée avec un morceau où elle s’accompagne au piano ou à la guitare.

Poupie est une jolie poupée à la chevelure longue et rousse. Elle est vêtue d’un body de couleur noire et d’un pantalon de jogging, et possède un certain sex-appeal. Ou sex-appeal certain, si vous préférez. Et elle va mettre une sacrée ambiance dans l’auditoire. Une véritable chauffeuse de salle. Et cela se ressent dans sa façon d’être et dans sa musique aux couleurs reggae, trap et pop. Elle est épaulée par un drummer et un bassiste juchés sur une estrade. Rien de nouveau sur la planète Poupie alors qu’elle signale à plusieurs reprises sortir un premier album dans 8 jours (« Enfant Roi »). De son premier Ep, elle va interpréter quatre extraits : « Feux », « Tiens-toi bien », « Mojito » et « Nada de nada ». Et un seul du nouvel opus, « Thelma et Louise », même si plusieurs titres de son premier essai figurent sur l’album. A l’écoute de sa musique, on est transporté sous le soleil brûlant de Kingston. L’auditoire ne compte guère de trentenaires, mais bien d’adolescentes boutonneuses. Pas étonnant, puisque dans ses chansons, elle parle de ses petits secrets de jeune fille, de ses amours et même de son clitoris. Et puis ce public participe activement à mettre l’ambiance. Poupie chante aussi bien en anglais, en français qu’en espagnol. Bref, rien de bien neuf sur la planète jeunesse…

Setlist : « Ca Me Dérange », « Faut Me Croire », « Nada De Nada », « Thelma Et Louise », « Bongo-Filage », « Comme Personne », « Instinct Animal », « Mojito », « Comme Les Autres », « Feux », « Tiens-Toi Bien », « Ne M’invite Pas ».

Rappel : « Bed Time » 

Adèle a peu connu les années 80 mais nous en parle avec intérêt. Elle nous replonge dedans, au rythme de morceaux électro/pop dansants et aux mélodies à la fois tendres et authentiques. Il y a une sacrée ambiance et Adèle signale qu’hier elle se produisait à Lille, mais que les gens étaient un peu coincés. Ce n’est pas le cas ce soir. On ignore si elle s’inspire du cabri ou d’un kangourou, mais elle bondit aux quatre coins du podium. Parfois, elle me fait penser à Angèle. Une chose est sûre, elle sait s’y prendre pour mettre le feu dans l’assemblée. Tout comme lors du festival de Ronquières, elle est vêtue d’un pantacourt blanc et d’un body blanc et est épaulée par deux musicos. Mais son spectacle est similaire à celui accordé sur le site du Plan Incliné. Donc difficile d’en rajouter une couche. Dans ces conditions, rien de tel que d’aller relire le compte-rendu de Videoclub du 15 août 2021, ici

http://musiczine.net/fr/festivals/item/82886-ronquieres-festival-2021-dimanche-15-aout.html

Setlist : « Intro », « Suricate », « Petit Monde », « En Nuit », « XXX », « Enfance 80 », « Roi », « Un Autre Monde » (cover Téléphone), « Polaroïds », « Intro Kick », « Amour Plastique », « Mai », « SMS ».

Rappel : « 3 Jours », « Euphories »

Voir aussi notre section photos ici

(Organisation : Botanique)

 

 

 

 

C’est la fête, ce soir, au sein de l’écurie Humpty Dumpty. Au programme trois de leurs poulains sont programmés dans le cadre des Nuits Botanique, dont deux découvertes : Paradoxant, le side-project d’Antoine Meersseman, l’étonnant Unik Ubik et les valeurs sûres Mountain Bike, même si les cyclistes pédalent en roule libre depuis 4 ans. Etienne et son band ont d’ailleurs conservé la forme. Ils ne sont pas encore rouillés et en ont encore sous le pédalier. Une superbe soirée en perspective !

Bassiste et claviériste chez BRNS, Antoine Meersseman est bien dans sa peau, mais c’est un forçat du travail. Entre 2016 et 2017, il a écrit pas mal de nouvelles compos ; et donc, il voulait les concrétiser à travers un side projet. Il y a deux ans, il a donc fondé Paradoxant... Il avait confié lors d’une interview : ‘Ça faisait longtemps que j’avais envie de me challenger un peu, mais j’avais peur de m’y confronter parce que c’est difficile de porter un projet tout seul. Quand on est en groupe, on assume moins certaines responsabilités même si ça peut générer aussi d’autres frustrations…’ L’album « Earworm » est sorti en mars dernier. Un elpee qui a bénéficié du concours d’Antoine Pasqualini (Monolithe Noir), lors des sessions d’enregistrement.

Sur les planches, Antoine est épaulé par deux musicos. En l’occurrence Romain Bernard (Roporose) aux drums ainsi que la très jolie claviériste (Whoman) aux synthés et aux machines. Antoine se plante au centre devant ses claviers. A l’instar de BRNS, le trio a opté pour une configuration en triangle afin de renforcer la cohésion du band. Le jour du concert, la formation a lancé une cuvée spéciale. Baptisée ‘Brazilier-Paradoxant’, elle libère deux saveurs : « Mighty Sorrow » et « A New End », qui nécessitent cependant un code de téléchargement pour être dégustées. Romain signale qu’il s’agit d’une très bonne cuvée de ‘60-15 cl’ qui nous vient du Loir et Cher. Et il nous en sert une première, à consommer sur place.

Sinon, Paradoxant va nous réserver une bonne partie de son premier LP. D’abord certains morceaux improbables et envoûtants, abordés dans l’esprit de BRNS. Puis d’autres décousus et torturés qui nécessiteraient plusieurs écoutes avant d’être appréciés à leur juste valeur. Autrement dit, Ils sont tantôt accessibles, tantôt impénétrables, un peu comme s’ils naviguaient sans cesse entre l’univers de Liars et d’Ariel Pink. Sur une trame électronique, le rock de Paradoxant convoque voix déformées et rythmes exaltants. « Dead Beat » nous replonge dans les eighties, alors que « Ha Ha Ha Ha » se fend d’un rire glacial. Braillardes et vocodées, les voix inondent « Sometimes ». Enfin, l’électro/pop « Faster » est chargé d’intensité…

Setlist : « Unamed », « Unheimlich », « Modern Lie », « Dead Beat », « Rebirth », « Mighty Sorrow », « Ha Ha Ha Ha », « Sometimes », « Faster », « Asylum », « Summer », « Glow »

Issu de la région de Tournai, Unik Ubik pratique une musique hybride et festive, transgressive et difficile à étiqueter aussi, mais qui se nourrit notamment d’afro, de jazz, punk, rock, psychédélisme, ska, klezmer et folklore balkanique.  

A son actif deux album, mais un troisième, « I Am Not Feng Shui », paraîtra en novembre prochain.

Les musicos ont opté pour des pseudos à coucher dehors. Jugez plutôt : à la guitare... Orkestralone Seb Dlay (Kofeee) ; à la basse... T.Raznor (Maria Goretti Quartet, Spagguetta Orghasmmond) au saxophone… JB (Louis Minus XVI, Cheikh de stael) ; et à la batterie…  O'Von Pimpont ; von Basècles

Ils ne se prennent pas au sérieux mais techniquement, les musiciens sont doués. 

Sur scène, on sent que le quatuor est animé par un vrai plaisir de jouer. Les membres d’Unik Ubik ne reculent devant rien, collant aux riffs ravageurs des échappées ethnologiques, dopant leurs propos par une folie exploratoire débridée. Les voix sont entêtantes et complémentaires.

Légèrement bedonnant, le chanteur/guitariste met l’ambiance. ‘Santé’ crie-t-il en s’adressant à la foule tout en remplissant son verre de vin. Alimentée par une fureur et une humeur bien punk, cette atmosphère vire parfois au délire. Notamment lorsque le saxophoniste se déchaîne, tout en affichant une grande maîtrise de son instrument ; on pense alors à ‘Orchestre Du Belgistan’…

Setlist : « Maximum Delirium Maxi », « Western », « Bodies », « Mesmer », « Cab », « Dan-Jun », « I Am Not Feng Shui », « Right Or K », « Not-Ik », « Panther ».

Charles-Antoine, Aurélien, Étienne et Stefan sont de retour. Quelle bonne nouvelle ! Les vététistes ont repris la route et se sont lancés à la poursuite de Mathieu Van Der Poel. Maintenant, Stefan va devoir éliminer la bibine qu’il ingurgite pendant un concert (4 chopes sur une heure). C’est vrai quand même, que ça le rebooste. Si les trois-quarts de Mountain Bike ont abandonné les tee-shirts trop longs et les slips moule-bite, Stef est toujours vêtu d’un short léopard ; et ses interventions à la basse sont volontairement désaccordées. Etienne pète la forme. La sauterelle à l’humour décalé est toujours aussi habile sur sa Fender. Bandana rouge lui enserrant le crâne, le gros nounours derrière les fûts est imperturbable. Il s’est coupé les coupé ses cheveux et a taillé sa barbe. Pogos et crowdsurfing agitent la foule. Dans la salle, ça sent la sueur et la bière.

Hormis un morceau improbable et hilarant intitulé « Sandwich », la setlist est partagée entre morceaux issus des deux premiers long playings.

Ce retour sur les planches annonce-t-il un nouveau départ ? La sortie d’un nouvel album ? Ou est-ce simplement un comeback ponctuel ? On devrait en savoir plus d’ici quelques semaines, en attendant, ce set avait de quoi regonfler le moral des aficionados. Car il serait dommage de voir des gars qui ont autant de potentiel, d’humour et de talent rouler dans le jardin et tomber au fossé…

Setlist : « Torture », « Escape Plan », « Mean With You », « Nothing At All », « Bost My Hopes », « B + B - », « Pauspain », « Got Power », « Sandwich », « Photographs », « Lum », « Money », « Word Land », « Kissable Girl »

Mountain Bike + Unik Ubik + Paradoxant

Voir aussi notre section photos ici

(Organisation : Botanique)


 
vendredi, 17 septembre 2021 17:17

Le soleil, le vent et Kuunatic…

Kuunatic pratique une musique psychédélique tribale. Un trio féminin établi à Tokyo qui explore diverses sonorités world tout en se servant de voix puissantes. S’appuyant sur le background culturel et musical de chaque membre, la musique du band fait appel à des percussions rituelles, lignes de basse groovy, sonorités de clavier atmosphériques et instruments traditionnels japonais.

« Gate Of Klüna », c’est le premier album de Kuunatic. Il a été produit par Tim DeWit (Gang Gang Dance) et paraîtra ce 29 octobre. Issu de cet opus, le clip du single « Tītián » est disponible

 


 

Le label Nettwerk Music fourmille de nouvelles sorties. Vous trouverez, ci-dessous un aperçu des plus intéressantes ; bien sûr dans l’esprit de la ligne éditoriale de Musiczine. Et pour vous donner un avant-goût, rien de tel que d’y associer l’un ou l’autre clip vidéo ou un lien d’écoute...

THE BALLROOM THIEVES - "I'm Around" (03/09/2021)
Clip vidéo "I'm Around" (feat. Ariel Posen)

MIKI RATSULA - "Suffocate" (03/09/2021)
Clip vidéo "Suffocate" (feat. Lauren Sanderson)

WRABEL - "These Words Are All For You" (24/09/2021)
Clip vidéo du single "London"

LAWSON HULL - "Hanging Out With Cowboys" (Ep) (03/09/2021)
Clip vidéo du single "Girl"

OCIE ELLIOTT- Ep "A Place" (03/09/2021)
Clip vidéo du single "Eyes Fall"

THE LIGHT THE HEAT "Afterlight" (Ep) (19/11/2021)
Clip vidéo du single "Afterlight"

LINYING - "Springtime" (02/09/2021)
Clip vidéo "Springtime"

MORNINGSIDERS - "Easy Does It" (Ep) (08/10/2021)
Clip vidéo "Nightingale"

 


 

En septembre 2001, Björk –alors au sommet de son art– se produisait au Botanique, soutenue par un orchestre symphonique, une chorale et un duo électronique. Plus près de nous, Great Moutain Fire avait eu une idée semblable, lors d’un concert accordé au Cirque Royal, également épaulé par un ensemble classique. Ce type d’expérience a été inauguré par Deep Purple en 1969. Pas une grande réussite, il faut le reconnaître. A contrario de ce que vont réaliser Procol Harum, les Moody Blues, The Nice, Renaissance, Barclay James Harvest ou encore ELO, au cours des 70’s ; mais aussi, il ne faut pas l’oublier, de nombreux groupes de métal (Page & Plant, Metallica, Within Temptation, … et la liste est loin d’être exhaustive), par la suite. Et cocorico, à partir de 2012, Hooverphonic a accompli une longue tournée en compagnie d’un orchestre philarmonique, dénombrant parfois plus de 60 musiciens. On ne va pas refaire l’histoire, mais simplement rappeler que ce type d’aventure nécessite une énorme préparation et qu’elle est souvent… casse-gueule ! Bref, le projet imaginé par Julie Rens et Sasha Vovk est audacieux, même s’il a bénéficié du concours de Jean-Marie Rens, le papa de Julie. C’est lui qui s’est chargé de tous les arrangements. Vibration (c’est le nom du collectif) implique donc 23 musiciens, dont quatorze préposés aux instruments à cordes (violons, violoncelles), sept aux flûtes, un contrebassiste et un guitariste. Et c’est Denis Menier qui est à la baguette.

En 2019, lors de la release party accordée au Vk de Molenbeek, suite à la sortie du second Ep, « Crumbs », Juicy avait déjà surpris tout le monde en jouant au milieu du public, flanqué d’un quatuor à cordes, deux flûtistes et un contrebassiste, lors de la partie acoustique du concert. Le duo avait également créé la sensation en 2019, dans le cadre du festival de Dour, en proposant un set réarrangé par le trompettiste Thomas Mayade, impliquant 13 cuivres différents. Mais également la même année à Paris en la salle Le New Morning, appuyé alors par les ‘jazzeux’ de Commander Spoon et la chanteuse Yseult.

Pas de doute lors de cette création, l’orchestre va devoir sortir de sa zone de confort…

Le supporting act est assuré par Wayi. Agée de 28 ans, grande, effilée, cette belle femme afro a figuré dans différentes chorales gospel, au cours de sa jeunesse. A ce jour, elle a gravé un Ep 5 titres, « Love In Progress », en 2019, et un single, « What I Want », en juin dernier. Elton John n’a pas hésité à louer son talent de vocaliste. Et il est vrai que c’est une fameuse voix pour chanter le r&b et la soul. On dirait presque qu’elle s’en sert comme d’un instrument.

Sur scène, elle est épaulée par une choriste et un préposé à la guitare semi-acoustique. Les deux voix se complètent parfaitement et a cappella, le résultat est superbe. A vous flanquer des frissons partout ! Et en fermant les yeux on se plaît à rêver des artistes qui ont illuminé la Tamla Motown ou encore issus de la Nouvelle-Orléans…

Il y a du peuple sur le podium. Outre les 23 musiciens (le guitariste n’interviendra qu’à deux reprises) et le chef d’orchestre, il faut également caser Sasha et Julie. La première se plante à gauche, devant ses pianos, Julie à droite, derrière un tom bass sur pied et des cymbales. La foule est debout. C’est sold out ! Et comme d’habitude, c’est Benoît, l’ingé-son de Puggy, qui est derrière les manettes.

Sous une explosion lumineuse, le set démarre. Julie et Sasha sont vêtues de robes bouffantes à paillettes (NDR : pas pratique pour se déplacer !) ; des paillettes qui illuminent également leurs chevelures.

La setlist va proposer 6 anciens morceaux des 2 premiers Eps (« Cast A Spell » et Crumbs »), revus et corrigés pour la circonstance. Et puis une majorité de titres prévus pour le prochain elpee, dont la sortie est prévue pour l’an prochain.  

L’orchestre est impressionnant. Cordes et flûtes nous plongent au sein d’un univers atmosphérique qui fluctue constamment, mais parfait de maîtrise. Les filles et tout particulièrement Julie observent régulièrement le maestro pour rester en phase avec l’ensemble...

Tout en se concentrant sur les ivoires, Sasha et Julie posent leurs voix en couches successives. Et lorsqu’elles fusionnent, le résultat s’avère aussi beau qu’harmonieux ; mais quand elles montent en puissance, elles entrent alors en duel.

Si Juicy puise ses influences majeures dans la musique urbaine et tout particulièrement le r&b et le hip hop, au cours de ce concert, elles vont se frotter, bien entendu aux références classiques, mais également contemporaines et jazz.

Sasha et Julie vont même goûter à la langue de Voltaire, pour deux morceaux, alors que leur répertoire est interprété dans celle de Shakespeare. Tout d’abord « R’n’b de rue ». Puis l’improbable et décalée « La gigue de la quequette », chanson qui adresse un petit clin d’œil à Jean Sébastien Bach.

Conquis, le public a savouré ce moment de bonheur. Mais surtout, Juicy a gagné son pari. Le duo remettra le couvert à l’Ancienne Belgique, en février 2022.

Juicy Orchestra + Wayi

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(Organisation : Le Botanique)


 
vendredi, 03 septembre 2021 15:40

En attendant de retourner en Géorgie…

Le concert de Konoba avait été programmé dans la cour de la Ferme du Biéreau, mais vu l’incertitude de la météo, il va se dérouler dans la salle. En outre, ce spectacle devait clôturer sa tournée 2020, mais elle avait été interrompue, suite à la pandémie. Il a donc été reporté au vendredi 3 septembre 2021. Raison pour laquelle, ce sera la seule date pour cette année, en Belgique.

Konoba, c’est le projet de Raphaël Esterhazy. Originaire de Wavre, il compte 10 années de carrière. Finalement, ce soir, face au public brabançon, il ne devrait pas être trop dépaysé

Konoba et son ami R.O., aka Olivier Rugi, avaient accompli un périple, à travers le monde, avant de sceller une collaboration sur l’album « 10 », paru en 2019. Ils s’étaient alors produits en Allemagne, en Italie, en Tasmanie, en Turquie, en Arménie et au Japon, et sont chaque fois revenus avec une chanson pour chaque pays visité. Mais suite au confinement, l’auteur, compositeur et multi-instrumentiste a mis à profit son temps libre pour composer les chansons d’un nouvel opus, dont la sortie est prévue pour 2022.

Leo Nocta assure le supporting act. Cet artiste milite également au sein de différents groupes, et notamment Delta, formation que votre serviteur avait eu l’opportunité de découvrir dans le cadre du festival Scène-Sur-Sambre, en août 2017.

De grande taille, il est seul sur scène faisant face au public devant ses ivoires. Ses interventions au piano sont empreintes de délicatesse tout en révélant une grande agilité des doigts. Un véritable virtuose ! Il chante d’une voix vaporeuse, envoûtante, des chansons ténébreuses, mais chargées d’émotion.

Après une intro instrumentale au piano, Il entame son set par son nouveau single « Porto ». Puis, il va nous proposer des extraits de ses deux Eps, « Atom », paru en 2015, et « Origin », en 2017, ainsi que de son elpee « In Motion », publié en 2020.  Une prestation de 45’ qu’on pourra qualifier de bonne facture. Dommage qu’il ne se produise pas plus souvent en ‘live’…

Setlist : « (intro) - Porto », « Lost In The Rhythm », « Satellites », « How Beautiful », « L’Envolée », « Higher Than Here », « The Red Cake », « When We All Fall ».

Le podium est relativement dépouillé. On remarque quand même la présence d’un espace affecté au drummer, à gauche ; en partie centrale un synthé, un MPD et une guitare ; et à droite un synthétiseur, un MPD et des machines, instruments réservés à R.O..

Comment créer une chanson de A à Z ? Douce et poétique, « In the Mirror » reflète la vision du monde de l’artiste en période de coronavirus. Un message positif qui sert de prélude au futur long playing. Dont Konoba va nous dévoiler quelques morceaux. Mais sa setlist va essentiellement se focaliser sur les deux premiers albums. Si pour cette ouverture, Raphaël est armé d’une gratte électrique, il a également recours aux samples pour les backing vocaux, les percus et les sonorités de synthés.

Très haut-perchée, la voix de Konoba communique une belle intensité à son répertoire, et tout particulièrement lors de cette première partie, où il est seul sur les planches et au cours de laquelle il privilégie les chansons empreintes de douceur. Raphaël a aussi le bon goût d’apporter un commentaire avant d’interpréter chaque morceau.

Pour le second volet de son set, un drummer le rejoint sur l’estrade. Et de suite, le duo attaque son nouveau single, « There’s Always Something Wrong », qui provoque une réaction enthousiaste au sein de l’auditoire. Raphaël nous confie qu’il est content de se produire dans ce lieu magique qu’est la Ferme du Biéreau. C’est sa seule date pour 2021 en Belgique. II repartira bientôt vers la Géorgie et plus précisément à Tbilissi, sa capitale, où il est devenu une véritable star, pour se produire dans le cadre d’un festival qui va accueillir 15 000 personnes. Pendant de ce second acte, Raphaël jongle entre gratte, synthé et machines, ce qui rend sa prestation plus dynamique.

Konoba nous annonce l’arrivée de son ami, RO. Une troisième partie au cours de laquelle il va notamment nous réserver « Till We Get There », une compo enregistrée en Géorgie d’où est issu sa copine. Mais surtout « Smoke And Mirrors » ainsi que l’incontournable et sensuel « On Our Knees », morceaux qui vont mettre le feu au dancefloor.

Enfin, Konoba va accorder un rappel en solitaire, pour interpréter 4 morceaux, ponctuant une prestation de haut vol…

Setlist :

Partie I

« In The Mirror », « Magic Mellow », « Dancing In Moonlight », « I’m A Wolf » (solo)

Partie II

« There’s Always Something Wrong », « It’s Was Only A Dream », « On Your Way », « Growing », « Smoke And Mirrors », « To Go » (+ batteur)

Partie III

« Get Home », « Too Much To Soon », « Red Dress », « Till We Get There », « I Need You With Me », « Outro (+ R.O., mais sans batteur)

Rappel

 « I Could Be », « Winning Is For Losers », « On Your Knees », « Roll The Dice » (solo)

(Organisation : La Ferme Du Biéreau)


 
jeudi, 09 septembre 2021 18:07

Les Nuits Botanique : jeudi 9 septembre

Un an plus tôt, Pomme était programmée dans le cadre des Nuits Botanique, à la Rotonde. Suite à la Covid, le spectacle avait été annulé. Et aujourd’hui, elle est tête d’affiche sous le chapiteau. Bonne nouvelle, pour accéder aux concerts, le masque et la distanciation sociale ne sont pas imposés, mais un Covid Save Ticket doit être fourni à l’entrée. Baptisée ‘Les Failles Tour’, sa tournée visite la Belgique, depuis un bon mois (Festival de Ronquières, Théâtre de Mons, Nuits Solidaires à Namur) et ce soir elle se produira devant 1 200 personnes.  

Aurélio Mattern assure le supporting act. Il a milité chez Lucy Lucy, Paon et Sonnfjord. Multi-instrumentiste, il a décidé de se lancer en solitaire, en empruntant, pour patronyme, Aurel. D’Aurel à Aurélien, en passant par Aurélio et l’empereur romain Marc Aurèle, les racines sont identiques. Aurélio a gravé un premier Ep. Baptisé « Ah Ouais », il est paru en juin dernier.

Il est seul sur les planches avec pour équipement sa gratte électrique, son synthétiseur, ses machines et son iPAD ; et il jongle parfaitement entre les différents instruments. L’artiste semble bien plus détendu qu’au festival de Ronquières, en enchaînant facilement morceaux cool, nerveux, électro ou/et hyper dansants.

Aurélio adore la musique des années 80. Interprétées dans la langue de Voltaire, ses chansons sont autobiographiques. Celles d’un trentenaire pépère, perdu, et en même temps décidé à aller au bout de sa démarche. Il parle de tour-bus qu’il n’aura jamais. Il chante les couples qui se lassent. Il traite parfois du deuil et souvent de l’insomnie. Et s’autorise même d’un petit trip du côté de Coxyde, pour prendre un bain de soleil en amoureux (« Hier la plage »).

« Désert », « Vingt vingt » et « Saison Mandarine » sont de nouvelles compos écrites pendant le confinement. Aurélio voulait les partager et n’imaginait pas les jouer devant un vrai public. Bonne mise en bouche avant de croquer la Pomme…

Setlist : « Hier La Plage », « Esquisse », « Désert », « Vingt vingt », « Krang », « Ah Ouais », « Oxygène pour 2 », « Saison Mandarine ».

Claire Pommet a choisi comme patronyme et nom de scène, Pomme. C’est à l’école que ses camarades de classe lui avaient attribué ce surnom.

Pomme monte sur le podium et salue la foule, puis empoigne sa gratte semi-acoustique. Elle a coupé ses cheveux au bol comme Mireille Mathieu et n’arbore plus sa fameuse sa mèche blanche centrale si caractéristique. Elle est vêtue d’un pantalon noir et d’une chemise blanche à froufrou. Pomme est soutenue par le même backing group qu’au festival de Ronquières : une bassiste, également préposée aux synthés, juchée sur une petite estrade, et une drummeuse.

Elle entame son set par « Anxiété », un extrait de son second LP, « Les Failles », qui a forgé son succès. A cet instant, on aurait pu imaginer qu’elle allait dérouler le tracklisting de cet elpee. Finalement, elle n’en interprétera que 4 extraits.

Lors de ses chansons les plus acoustiques, donc intimistes, on dirait une petite sœur qui se confie en chuchotant à votre oreille.  

Particulièrement interactive, elle affiche un sourire permanent. Elle confirme tourner en Belgique depuis un petit temps et avoue apprécier le pays et sa gastronomie. Elle raconte qu’à Namur, elle avait demandé quelle était la spécialité culinaire. On lui avait appris qu’il s’agissait de la bière et du péquet. Mais elle avait répondu le vert à la pomme (NDR : c’est la couleur de cette eau-de-vie). Ce qui a déclenché l’hilarité dans l’auditoire.

Sa version du « Désenchantée » de Mylène Farmer booste l’ambiance. La foule connaît les paroles et chante en chœur. Notamment les aficionados agglutinés devant le podium. Et lorsqu’elle interprète « Les Séquoias », « Je Sais Pas Danser » et « Les Oiseaux », le public met littéralement le feu.  

Elle se sert de différents instruments : de la gratte semi-acoustique à l’électrique, en passant par le piano, un mini-synthé (qu’elle pose sur les genoux) et une autoharpe, un instrument à cordes pincées utilisée dans la région des Appalaches pour accompagner la musique folk, americana ou bluegrass. Et manifestement ces sonorités apportent une coloration originale à l’expression sonore.

Au bout de 50 minutes, le set proprement dit est terminé. Elle signale, qu’en général, elle passe un contrat verbal avec le public. S’il applaudit, elle reviendra pour 4 chansons. Finalement, on aura droit à 70 minutes de prestation.

En rappel, Claire revient coiffée d’un chapeau en forme d’énorme champignon. Elle déclare l’avoir reçu d’un certain ‘Pilou’ lors d’un concert à Tours. Depuis il est devenu son couvre-chef fétiche qu’elle porte à chaque concert. Projetés depuis l’arrière-scène, les faisceaux lumineux se focalisent sur Pomme ; surtout quand elle est seule sur scène. Tantôt de couleur verte ou rouge, ils passent au bleu et aveuglent littéralement les spectateurs, pendant « Soleil, Soleil ».

A l’issue du concert, un constat s’impose : Pomme est à l’aube d’une grande carrière…

Setlist : « Anxiété », « Je Sais Pas Danser », « Les Cours D’Eau », « Pourquoi La Mort Te Fais Peur », « Désenchantée » (Mylène Farmer), « Les Oiseaux », « Saphir », « De Quoi Te Plaire », « Les Séquoias », « La Lumière », « Ceux Qui Rêvent ».

Rappel : « Grandiose », « Soleil Soleil », « Une Minute », « On Brûlera ».

Pomme + Aurel

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(Organisation : Le Botanique)  


 
mercredi, 08 septembre 2021 10:28

Concerts UBU Productions (update 8/09/2021)

09.09 - LES INNOCENTS - Centre Culturel (Huy)

10.09 - LES INNOCENTS - Centre Culturel (Mouscron)

11.09 - LES INNOCENTS - Goose Fest (Virton)

11.09 - GRANDGEORGE - Goose Fest (Virton)

11.09 - GRANDGEORGE - Garden Side (Namur)

16.09 - GRANDGEORGE en duo avec Stefy Rika - Centre Culturel de Chênée

18.09 - OZYA - Festival Vibrations (Malmedy)

24.09 - THOMAS FERSEN - W:Halll (Bruxelles)

24.09 - SAGES COMME DES SAUVAGES - Arrêt 59 (Péruwelz)

25.09 - GIEDRÉ - Inc'Rock (Incourt)

01.10 - LES OGRES DE BARBACK - Centre Culturel (Soignies)

02.10 - LES INNOCENTS, AUTREMENT - Festival Francofaune (Bruxelles)

06.10 - OZYA - Botanique (Bruxelles)

28.10 - RENAN LUCE - W:Halll (Bruxelles)

28.10 - SACHA TOOROP (trio) - Centre Culturel de Seraing

29.10 - SACHA TOOROP (trio) - Centre Culturel de Mouscron

04.11 - AMADOU & MARIAM - Democrazy (Gand)

25.11 - OURS - Botanique (Bruxelles)

17.12 - THOMAS FERSEN - Théâtre de Namur

2022

08.03.2022 - BÉNABAR - Cirque Royal (Bruxelles)

18.03.2022 - TIBIDI - Arrêt 59 (Péruwelz)

05/05/2022 - LES FRANGLAISES - W:Halll (Bruxelles)

18/05/2022 - SAGES COMME DES SAUVAGES (duo) - Glaieuls Paradise (Bruxelles)

20/05/2022 - SAGES COMME DES SAUVAGES - La Madeleine (Bruxelles)

28/05/2022 - IVAN PADUART - EAR WE ARE + STRINGS - Palais des Beaux-Arts (Charleroi)

https://ubuconcerts.be/

 


 

Couleur Café est de retour à travers le Gate Festival. II avait été programmé du jeudi au dimanche, du 26 au 29 août et du 2 au 5 septembre. C’est donc à l’avant-dernière journée que votre serviteur participe. Après 8 jours de pur bonheur sous un soleil radieux, au cours desquels se sont déroulés plus de 40 concerts et DJ sets, le public a vécu du fun sans fin grâce aux ‘Anger Games’ ou s’est émerveillé devant les skate shows et d'innombrables autres surprises ; on peut dès lors honnêtement parler de succès. Les 10 000 festivaliers ont été comblés. Lieu magique, le ‘Studio CityGate’ a brillé de mille feux. Et ce festival s’est déroulé sans distanciation, sans masque mais avec le Covid Save Ticket.

Deux scènes ont été prévues : une petite dénommée ‘Brikabrak’ et une Main Stage, à droite, juste à côté. Comme à Couleur Café il y a des foodtrucks, des artistes de rue et des bars à profusion. On peut s’assoir et faire la fête. Les gens sont heureux de revivre et ont la banane. La vie normale reprend son cours…    

Scène Brikabrak : Diane

Il n’est pas évident d’ouvrir un festival. C’est la DJ bruxelloise et ingénieure du son Diane qui s’y colle. Un DJ set comme on les aime. Elle nous y réserve de la house (notamment afro), de la dance, du dubstep, du jazz, du funk, du disco, de la future bass, de la lo-fi et des soulful vibes, sous une forme percutante.

Bref, la musique est assez éclectique qui incite à remuer le popotin. Certainement à l’affiche du Couleur Café 2022…

Main Stage : Juicy

Juicy, c’est un duo réunissant Sasha Vovk (chant, claviers, guitare) et Julie Rens (chant, clavier, batterie électronique). Il est responsable d’une musique qui puise ses influences dans la pop, la soul, le jazz et le r&b, mais également le hip hop, notamment lors des covers de Diam’s…

Sasha et Julie sont en pleine forme et impatientes de retrouver un vrai ‘live’ face à un public démasqué, après ce long confinement. Une période au cours de laquelle elles ont décidé d’élargir leur palette sonore, s’affranchissant du RnB, pour embrasser le jazz, la musique contemporaine et classique, tout en se servant d’une instrumentation aussi bien électronique qu’acoustique…

La setlist prévoit 9 morceaux issus du futur elpee, dont la sortie est prévue pour 2022, ainsi qu’une nouvelle mouture de « Count Our Fingers Twice ».

Les filles sont vêtues de robes noires à froufrous et chaussées de claquettes, quand elles grimpent sur le podium. D’habitude, dès le début d’un set, Sasha est survoltée. Aujourd’hui elle est plutôt paisible. Julie lui fait face, derrière son piano. On aura ainsi droit à une prestation plutôt cool en mode piano/voix. Hormis tout au long de « Truth » et « Treffles », titres au cours desquelles elles sont vocodées, les voix sont parfaitement dosées et se conjuguent pour former différentes nappes, alors que les ivoires accentuent le climat atmosphérique des compos. Dans le passé, il se produisait plus que régulièrement un incident technique, lors de leurs concerts. Ce ne sera pas le cas en cette fin d’après-midi. Le son est nickel. Normal, puisque c’est Benoît (ingé-son de Puggy) qui est derrière les manettes. Enfin, on épinglera au sein du nouveau répertoire, « La gigue de la quequette », un morceau qui adresse un clin d’œil au célèbre Cantor de Leipzig, Jean-Sebastien Bach… Peut-être une indication pour le concert que Juicy accordera dans le cadre des Nuits Botanique, ce 10 septembre, flanquée de 23 musiciens…

Setlist : « You Don’t Have To Know », « Count Our Fingers Twice », « Truth », « Youth », « Haunter », « Remain », « Treffles », « La gigue de la quequette », « Call Me »

Main Stage : Kabola

Kabola est un collectif qui regroupe une nouvelle génération de jeunes musiciens congolais qui vivent à Bruxelles et pratiquent, bien évidemment, de la rumba congolaise. Le line up de base implique un drummer, un percussionniste, trois guitaristes, un bassiste, un chanteur, une chanteuse et un claviériste. Et au cours du set, des invités, chanteurs et/ou musicos, viennent rejoindre la troupe, pour atteindre, à un certain moment, la bagatelle de onze personnes.

Il ne faut pas très longtemps, avant que l’ambiance n’atteigne son paroxysme. Et pourtant dehors, la foule, massée aux premiers rangs, est accablée par un soleil de plomb. Qu’importe, les spectateurs sautent et dansent sans se ménager. Impossible de rester sur place.

Les chansons sont interprétées en français et en lingala. L’association drums, percus et basse remue littéralement les tripes. Les guitares libèrent chacune des sonorités différentes, dont la rythmique aux tonalités tour à tour afro ou caribéennes, lorsque la musique vire au reggae…

Main Stage : L’or Du Commun (ODC)  

Affichant au compteur plus de 10 ans d’existence, L’or du Commun est donc loin d'être un crew inconnu sur la scène hip hop, et notamment à Bruxelles où il multiplie les collaborations. Son line up réunit Swing, Loxley et Primero. Son style ? Du rap accrocheur, des flows old school, des lyrics pointus et des beats de qualité… Le projet a mûri, grandi et pris de l’assurance tout en restant très proche de son public. De la bande rigolarde, bourrée d’énergie boom bap décalée à la Saïan Supa Crew, la formation a conservé la spontanéité, la simplicité, mais en rendant le propos plus personnel. La famille est bien présente et en nombre, c’est ainsi qu’ODC interpelle ses fans.

Très concentré, Dj Junior Goodfellaz est planté derrière les platines. Il remue surtout les bras. Les 3 Mc’s bougent, sautent dans tous les sens, incitent le public à les imiter et à former des round circles. Dès le premier skud, « Négatif », la foule réagit au quart de tour. Le son est excellent. La setlist se limite à des titres issus du dernier opus, « Avant la nuit ». Mais en milieu de parcours, une panne de courant force les artistes à se retirer pendant 20 bonnes minutes. Le temps de chercher la cause du problème. Heureusement, le set ne sera pas écourté, mais simplement prolongé au-delà du temps normalement imparti.

Retour sur les planches pour le crew qui reprend donc du service…

Parfois le flow ralentit. Sans doute pour mieux comprendre les textes engagés, parfois quand même davantage teintés de mélancolie, comme sur le dernier long playing qui parle du passé, de leur carrière, des doutes et des nuits sans sommeil...  

La prestation monte progressivement en puissance. Anecdote, l’un des MC’s balance, en rigolant, qu’ils sont devenus des stars car ils ne circulent plus en tram et en bus…

Ils ont aidé Roméo Elvis à décoller et il leur rend bien. Il est ainsi sur place pour ce concert et les rejoint sur le podium pour attaquer les 4 dernières chansons. Coiffé d’une casquette et vêtu d’un short pantacourt, il prend même le temps de se rouler… ce qui ressemble à une cigarette…

La combinaison des trois voix est magnifique. Et lors du dernier morceau, le quatuor reprend, pour la seconde fois de la soirée, « Négatif ». Ils se produiront en concert à l’Ancienne Belgique le 15 avril 2022…

Setlist : « Intro », « Négatif », « C’est Dingue », « Ciel Rouge », « Nuit d’Hôtel », « Pansement », « Descente », « Cassé », « Ac », « Apollo », « Pollen », « Négatif »

Philou Louzolo + L’or du Commun + Juicy + Kabola + O’Simmie + DJ Insécure + Diane

(Organisation :  Couleur Café)


 
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