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W-Festival 2019 : samedi 17 août

Écrit par Philippe Blackmarquis + Bernard Dagnies

Pour les fans de musique 'wave', c’est toujours un événement de retourner à Waregem. Cette ville flamande a, en effet, constitué un haut lieu de la période 'darkwave', entre 1990 et 2010. Le revival de la new-wave des années '80, qui fait recette aujourd'hui, n'était pas encore d’actualité et c'était une communauté très underground et exclusive qui se déplaçait de partout en Europe vers le Steeple, le Gaverke ou l'Expo pour communier dans le mysticisme et l'ambiance quasi-occulte des soirées gothiques. C'est donc avec un brin de nostalgie que nous foulons à nouveau le sol de l'Expo, théâtre des célèbres 'Gothic Festivals', à cette époque.

En ce weekend du 15 août, la salle accueille le W-Festival et c'est donc tout un symbole. Pour cette 4ème édition, exit Amougies et welcome Waregem. On regrettera le côté bucolique de la plaine très 'woodstockienne' du Mont de l'Enclus mais, suivant les organisateurs, le nouveau site est mieux situé, juste à côté de l'autoroute et surtout, la ville regorge d'entreprises prêtes à délier les cordons de la bourse pour soutenir financièrement l'événement.

Aujourd'hui, c'est le 3ème jour du festival et le line up est largement à la hauteur du 'plus grand festival new-wave d'Europe' car plusieurs groupes-phares de ce genre musical se partagent le haut de l'affiche, dont Killing Joke, The Human League et Nitzer Ebb.

Mais avant d'en arriver là, un programme chargé nous attend. Il commence dès 12h30 par Sono. Ce groupe hambourgeois a la lourde tâche de réveiller les festivaliers. Créé en 2001 par Lennart A. Salomon (chant, guitare), Sono propose une musique synth-pop très mélodique, abordée dans l’esprit de De/vision et Diorama. Il n'y a guère qu'une centaine de fans devant le podium, mais l'ambiance est bonne, notamment pendant « Supersonic », un titre très accrocheur. Flanqué de deux musiciens préposés aux machines, Lannart Salomon occupe bien le devant de la scène et n'hésite pas à fustiger les festivaliers qui jouent à Tetris au fond de la salle. Pendant « Flames get higher », Sono flirte avec la musique mainstream des hit-parades et en fin de set, « Keep Control » fait parfaitement mouche, grâce à son refrain mémorable. Une jolie mise en bouche pour commencer la journée...

Sur l'autre partie de la scène, place ensuite à Schmutz, un band issu des eighties, familier des festivals régionaux. Et pour cause, il est originaire de Neeroeteren, dans le Limbourg. Drivé par le remuant chanteur Guy Peeters, il est responsable d’une power-pop mélodique qui aurait parfaitement sa place aux côtés de A Flock of Seagulls. « Life is a merry go round » provoque de la réaction dans le public, déjà nettement plus présent. Le son est puissant, plus 'rock' que sur les disques et on est ravis de voir un groupe au grand complet, qui joue à 100% en live. Bien entendu, « Love games », son hit décroché en 1984, rencontre le plus bel accueil, grâce à son intro imparable au clavier (c'est le son d'un Fender Rhodes !) et son refrain mémorable.

A peine le temps de boire une bière et Portion Control embraie. Formé en 1979, le légendaire groupe anglais se singularise par le recours au 'sampling', une technique dont il est un des pionniers, et par un son EBM assez lent, caractérisé par des touches industrielles. Inspiré par Cabaret Voltaire et Front 242, son style a eu, à son tour, une influence incontestable sur la vague 'indus' de la deuxième partie des années '80, principalement sur Frontline Assembly, Skinny Puppy, Orbital, Suicide Commando et Nine Inch Nails. Sur les planches, le show est minimaliste à souhait : uniquement Dean Piavani au chant et John Whybrew derrière les machines, tous les deux vêtus de noir, et des vidéos à l'arrière-plan. Mais la machinerie du duo est efficace à souhait : « Icon », « Last of the breed » et « Hardman » affichent un aspect lourd et hypnotique qui fascine le public. « Dead Star » entretient la pression et, en point d'orgue, comme d'habitude, « Amnesia » sert de bouquet final dans un style très proche de la new beat.

Sigue Sigue Sputnik prend le relais. Ce groupe britannique a été créé en 1982 par l'ancien bassiste de Generation X, Tony James. SSS a classé trois titres dans le top 40 au Royaume-Uni, dont le célèbre "Love Missile F1-11". De la formation originelle, il ne reste plus que Martin Degville ; et quand il monte sur les planches, suivi de son team revivaliste, Sigue Sigue Sputnik Electronic, on a carrément l’impression d’être au carnaval. Coiffé d’un chapeau à plumes colorées, Martin est habillé comme un extraterrestre cyber-transsexuel. Les premières chansons, « Rocket Miss USA », « Alien Christ », « Hey Jane Mansfield Superstar » et « Teenage thunder » plantent bien le décor : un disco-punk 100% glam, à faire pâlir de jalousie Suicide et Gary Glitter. Peu importe que le show soit kitsch à souhait, l'idée est de s'amuser : et petit à petit, le public commence à réagir. Après le plus paisible « Atari Baby » et « 21st Century Boy », on a enfin droit au titre le plus attendu : « Love Missile F1-11 ». Sorti en février 1986 et produit par Giorgio Moroder, il est devenu un succès majeur dans plusieurs pays d'Europe. Une grande partie de l'auditoire chante le refrain ‘Shoot it up ...’, traduisant cette compo en un des premiers points forts de la journée !

S'ensuit une petite pause que nous mettons à profit pour tailler une bavette avec Olivier Tarabo. Le leader de Rosa Crvx nous confesse qu’il envisage la sortie d’un nouvel elpee, et qu'il pourrait être signé par Trisol. On est impatient de découvrir ce nouvel opus…

On n'attendait rien de particulier de la formation suivante dans la liste, Tyske Ludder, et pourtant on a eu une belle surprise ! Ce groupe allemand d'EBM, de ‘harsh EBM’, devrait-on plutôt dire, a sévi au sein de la vague darkwave au cours des nineties. On se souvient d'ailleurs l’avoir découvert, à l'époque, au Steeple de Waregem, si notre mémoire est bonne. Pour la petite histoire, ‘Tyske Ludder’ se traduit par ‘pute allemande’ en danois et en norvégien. Cette expression était utilisée pour désigner une femme autochtone qui avait eu des relations amoureuses avec un soldat allemand pendant la Seconde Guerre mondiale. On appréciera l'allusion, discrète, à Joy Division…

Sur le podium du W-Fest, on peut le dire, la formation teutonne à littéralement mis le feu. Emmenée par son charismatique chanteur Claus Albers, elle implique –signe particulier– deux batteurs, et l’un d’entre eux, Jay Taylor, joue le rôle de second ‘front-man’ car, bien souvent, c'est lui, qui vient au-devant de la scène pour 'chauffer' le public. Un public dont un contingent de fans ne se gêne pas pour manifester son enthousiasme. Le titre « Canossa », introduit par un irrésistible riff aux claviers, est d'une puissance étonnante. Complètement speedés (on ne sait pas à quoi), les musiciens ont l'excellente idée de reprendre « Oh La La ! » de TC Matic ; ce qui a l'heur de déclencher un beau délire dans l'Expo. ‘We Are against Fascism !’ éructe le chanteur avant que son comparse drummer n'aille faire un tour dans la fosse en emportant un de ses toms pour stimuler l'ambiance. Mission accomplie pour le combo ; et c'est carrément la folie quand retentissent les premières notes de « Panzer », le titre le plus notoire du band. Le chanteur l'interprète affublé d'un masque de Poutine sur la tête et un drapeau russe à la main. Cependant, l'apothéose est atteinte lorsque le groupe invite le public à scander « Panzer » a capella, avec juste une grosse caisse comme accompagnement. Un grand moment et, au final, un concert en forme de coup de poing !

Passer après une telle tornade, ce n'est pas un cadeau. C'est ce qu'a dû penser Darrin Huss, le leader de Psyche. Ce groupe canadien de dark synth-pop, maintenant établi en Allemagne, a entamé son parcours dans les eighties et propose une musique que l'on peut décrire comme du Soft Cell en version darkwave. Tout au long de « The Quickening » et « Uncivilized », la comparaison vocale avec Marc Almond est frappante et ce l'est d'autant plus que le gabarit de Darin Huss est comparable à celui du chanteur anglais. Sur l’estrade, le show de Psyche est sans fioritures. Aux côtés de Huss, un très discret Stefan Rabura est préposé aux machines et aux claviers et vu qu'il n'y a pas de vidéos, le point focal est concentré sur le chanteur. La setlist alterne entre titres très anciens et compos plus récentes, comme « Youth of tomorrow », sorti en 2017. Tout au long d’« Angel lies sleeping » et « Misery », Huss cherche à démontrer toute l'étendue de son registre vocal et on a peur pour sa santé lorsqu'il s'époumone au point d'en perdre son souffle. Après « Eternal », le moment est venu de ‘revenir au début des temps’ pour un touchant « Brain Collapse ». Fidèle à la tradition, Psyche termine le set par « Good bye horses », une reprise du titre signé Q. Lazzarus rendu célèbre par le film ‘Le Silence des Agneaux’, et enfin, par son 2ème. plus grand hit : « Unveiling The Secret ».

Escape with Romeo, le groupe suivant à l'affiche, constitue un changement complet de style vu qu'il pratique un rock 'dark' assez classique, quelque part entre R.E.M., Clan of Xymox et The Beauty of Gemina. Ex-Pink Turns Blue, Thomas Elbern est le leader de cette formation issue de Cologne, en Allemagne. Sur scène, il ressemble un peu à Joe Jackson, le costard et le chapeau compris. Les chansons, comme par exemple, « Helicopters in the falling rain » ou « Glitter on the snow » se distinguent par leurs arrangements soignés et, fait assez rare dans ce festival, aux solos de guitare. C'est surtout « Somebody » qui provoque le plus de réaction au sein d’un auditoire dans l'ensemble peu excité par la prestation. Le set se termine comme il a commencé, en douceur, par « It's loneliness » et le joli « Tears of Kali ».

Au lieu de monter en puissance, la programmation continue dans le mou. Et ce n’est pas la prestation de Rational Youth qui va changer la donne. Ce groupe canadien a été formé en 1980, à Montréal, par Tracy Howe, l'ancien batteur du combo punk The Normals (à ne pas confondre avec The Normal). Le line up actuel implique Howe et son épouse Gaenor. On pourrait peut-être décrire son expression sonore comme de la minimal synth véhiculant des paroles animées par une conscience politique. En ‘live’, le show est malheureusement assez décevant. Le couple accuse son âge et les compositions, que ce soit « Close To Nature », « This Side of the Border » ou « Money and Blood », sont interprétées sans relief particulier.

« Dancing on the Berlin Wall » révèle un délicieux parfum 'kraftwerkien' mais ne suffit pas à faire décoller l'ambiance. Un tant soit peu déçus, nous décidons de battre en retraite pour déguster une Kwaremont dans le fond de la salle.

C'est également de loin que nous assistons au concert suivant, celui de Mesh. Fondé en 1991, ce combo anglais propose une futurepop classique, proche d’Apoptygma Berzerk. Sur les planches, le chanteur, Mark Hockings, est toujours coiffé de son inséparable bonnet noir et son look de séducteur doit certainement toujours déclencher autant de réactions au sein du public féminin. Mais les chansons, particulièrement monocordes, ne parviennent pas à susciter notre intérêt. C'est donc sans regrets que nous décidons de faire une pause et d'aller prendre l'air, à l’extérieur… (P.B.)

Quand on parle de Lene Lovitch, on pense immédiatement à son single « Lucky number », un tube qui a tant fait danser la foule, lors de soirées dansantes de la fin des seventies et du début des eighties. Lili-Marlene Premilovich a bien encore publié l’un ou l’autre single, qui a rencontré un certain succès. Six albums aussi ! Mais progressivement, elle a plus ou moins disparu des radars, s’intéressant à d’autres formes artistiques, comme le théâtre ou la sculpture. Elle a même appris à jouer du saxophone et c’est également elle qui a écrit les paroles du plus grand hit de Cerrone, « Supernature ». Et puis, il ne faut pas oublier que son style vocal et visuel unique ainsi que ses compos expérimentales ont non seulement influencé une foultitude d’artistes, dont Nina Hagen, Dresden Dolls et même Lady Gaga, mais également la culture pop alternative. Elle s’était déjà produite dans le cadre de l’édition 2018 du W-Festival, mais un peu trop tôt dans la programmation pour votre serviteur…

Elle monte sur les planches, coiffée d’une énorme perruque de couleur rousse et vêtue d’une robe noire bordée de rubans à paillettes sur bas collants noirs. Dès qu’elle se met à chanter, son timbre vocal et ses intonations sont aisément reconnaissables. Sur les planches, elle est soutenue par un guitariste, une bassiste, également préposée aux backing vocaux, un claviériste et un drummer. Elle ôte cette moumoute à l’issue de ce premier morceau, pour laisser apparaître une chevelure de couleur jais. Si la musique emprunte un peu au punk, au post punk, à la pop, au folklore slave, les attitudes de Lene sont très théâtrales, dans l’esprit du cabaret. Ses mimiques sont particulièrement expressives, et reproduisent des sentiments de joie, sérénité, malice ou surprise. Circonstanciellement, elle souffle dans un saxophone, dans un style tour à tour musette ou free jazz. Outre « Bird song » et « Say when », elle n’en oublie pas pour autant son plus gros succès, « Lucky number » qui clôt une prestation finalement originale pour ne pas dire excentrique, parfois anarchique, mais tellement rafraîchissante…

Retour à l’electro dark wave en compagnie de Blutengel, une formation drivée par le Berlinois Chris Pohl et la chanteuse Ulrike Goldmann. Le premier possède un fameux charisme, un baryton profond. En petite tenue, la chanteuse possède une voix perçante. Sur les planches, le duo est soutenu par un guitariste, un drummer et un excellent claviériste, dont les interventions apportent une coloration symphonique à l’expression sonore, un peu comme chez Laibach. Et la foule est particulièrement enthousiaste face à un solide concert qui ne lésine pas sur les symboles traitant notamment de la mort, de l’amour, de la religion, de sexe et même de vampirisme, à travers des images projetées sur les écrans géants. Des allégories également illustrées par les lyrics mais également à travers les évolutions de la danseuse Viki Scarlet, qui apparaît même sur les planches tel un immense papillon blanc battant des ailes illuminées. Elle se déguise également en religieuse afin de s’agenouiller devant Ulrike, avant de l’enlacer et de l’embrasser langoureusement. Un set puissant, théâtral, auquel il a peut-être manqué quelques actrices, comme lors des concerts récemment accordés outre-Rhin, mais qui a déclenché une fameuse ovation en fin de parcours. Pas vraiment réceptif à ce type de musique, votre serviteur a quand même été bluffé…

Dernier spectacle pour votre serviteur, celui de Killing Joke, dont le début accuse 10 bonnes minutes de retard.

Il y a des lustres que votre serviteur n’avait plus assisté à un concert de ce combo insulaire. C’était le 17 juillet 2005, dans le cadre du festival de Dour. Et 14 ans plus tard, la musique du groupe originaire de Notting Hill n’a guère changé. Enfin si quand même. A cause du concours du claviériste, Roi Robertson (Mechanical Cabaret) dont les interventions sont plus subtiles, moins post industrielles. Coiffé d’un chapeau, il reste cependant très discret en arrière-plan. Sur les planches on retrouve toujours le guitariste Kevin ‘Geordie’ Walker, le drummer Paul Ferguson, le bassiste Martin ‘Youth’ Glover et bien sûr, Jaz Coleman, le personnage central. Cheveux noirs jusqu’aux épaules, traits déchiquetés, il monte sur scène vêtu d'une salopette bleue. Charismatique voire shamanique, chanteur à la voix cassée, rauque, inquiétante, lyrique, capable d’emprunter les inflexions à Franz Treichler (The Young Gods), il entretient une image sombre, menaçante, en grimaçant, en convulsant au rythme de la musique ou en transperçant les âmes des festivaliers d’un simple regard. Finalement, il aurait pu jouer le rôle du joker dans le film ‘Batman’. Le set est très puissant (NDR : ces infra-basses qui vous incitent à battre en retraite !) Cool, impassible, affublé d’un pantalon de training à rayures jaunes, Geordie Walker est impeccable sur sa gratte. La section rythmique broie le son au rouleau compresseur. Faut dire que la basse de Youth est un groove à elle seule ! Tribale et hypnotique, la musique de Killing Joke est noire, dérangeante, primitive et intense : elle est viscérale. Et Jaz fait son show. Il tremble de tout son être, fustige le public, l'exhorte à entrer en communion avec lui. Il vous fait croire chaque mot qu’il prononce. Mais nous délivre également un message de paix, dénonçant les conflits armés qui divisent le monde, mais en même temps craint qu'une nouvelle guerre du golfe éclate. Pas de baisse d’intensité tout au long d’un show qui a manifestement ravi les nombreux aficionados… (B.D.)

Setlist : “Tomorrow’s world “ “Wardance", “Eighties”, “Seeing red”, “European super state”, “Total invasion”, “Loose cannon”, “Exorcism”, “Pssyche”, “The wait”, “Pandemonium”.

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(Organisation : W-Festival)

Sono + Schmutz + Portion Control + Sigue Sigue Sputnik + Tyske Ludder + Psyche + Escape with Romeo + Rational Youth + Mesh + Lene Lovitch + Blutengel + Killing Joke

Informations supplémentaires

  • Band Name: Sono + Schmutz + Portion Control + Sigue Sigue Sputnik + Tyske Ludder + Psyche + Escape with Romeo + Rational Youth + Mesh + Lene Lovitch + Blutengel + Killing Joke
  • Date: 17/08/2019
  • Festival Name: W-Festival 2019
  • Festival Place: Expo
  • Festival City: Waregem
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