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Ceci n'est toujours pas LaSemo 2021 : samedi 10 juillet

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Après avoir vécu une vague successive de (dé)(re) confinements, qui aurait pu imaginer une seule seconde qu'il serait un jour possible de se rincer à nouveau les portugaises comme au bon vieux temps ? Pas grand monde !

Pourtant les organisateurs du LaSemo y ont cru jusqu’au bout et déployé des moyens (in)humains pour perpétuer ce qui fait le fleuron du parc du château d’Enghien depuis toujours : de la musique, de la culture et surtout de la curiosité.

Rebaptisé pour l'occasion ‘Ceci n'est toujours pas LaSemo’, le festival a de nouveau mis en pratique ses principes de développement durable. Ainsi, outre le tri des déchets, on récupère aussi le fruit des entrailles déposé délicatement dans les toilettes sèches (NDR : pas besoin de faire un dessin) pour nourrir les légumes du jardin de bobonne. On demande aussi aux festivaliers ne pas fumer dans les espaces publics (en plein air). Une première en Europe paraît-il ! Ou encore, on préfère la récupération du vieux mobilier et des tourets dispersés çà et là, sur le site, histoire de boire son godet en toute tranquillité. Parfois sur un ton décalé et rempli de bonne humeur.

A l’instar des années précédentes, toute une série de stands permettront aux parents de chiner en toute quiétude en attendant que bambin termine son petit tour de tourniquet avec, pour seul moteur, la seule force d’une paire de guibolles.

Quand on vous dit durable, il ne s'agit pas d'un doux euphémisme.

Parka trop grand et pantalon trop court, l’inimitable et incontournable JeanJean est prévu dans le casting. Le géant givré de service est chargé d’introduire avec humour et légèreté les artistes. Et la verve qui le caractérise est demeurée intacte.

Mesures sanitaires oblige, afin de contenir un maximum de festivaliers, la programmation a été établie en demi-journées identiques.

Un festival mi-figue mi-raisin donc puisque les pluies diluviennes qui se sont abattues ces dernières heures ont fait craindre le pire. De la boue et de grosses flaques d'eau parsèment le parcours et il faut faire des pas de géant pour atteindre sa cible. Ce qui ressemble presque à un décor de film post-apocalyptique.

La programmation est une fois de plus relativement éclectique. Il est 17 heures, lorsque votre serviteur passe le traditionnel portique de sécurité. Cette année, plus aucune fouille n’est permise. Ce qui n’est pas pour autant très rassurant.

La fournée d'avant-midi vient de quitter le parterre, laissant place à quelques centaines de nouveaux spectateurs venus se délecter de l’affiche.

Nicolas Michaux est fin prêt à grimper sur les planches de la Guinguette, un espace joliment décoré de palettes et de vieux vinyles.

Quelques courageux rafistolent le toit de la baraque en y posant une toile de manière à rendre imperméable l’endroit, tandis que d’autres s’évertuent à chasser l’eau du sol à l’aide d’une raclette.

L'ex-chanteur d’Eté 67, une formation qui a sévi de 1998 à 2002, est venu défendre son second album solo studio, « Amour Colère », un opus qui s’inscrit parfaitement dans la lignée parfaite des années 60-70.

Nico est soutenu par deux comparses. Ses soldats amoureux comme il aime les appeler.

Tout en soignant ses arrangements et étalant une dextérité sur sa gratte à faire frémir, celui qui se partage entre le Danemark et la Belgique, interprétera durant près d'une heure des chansons tantôt en français, tantôt dans un ‘franglais’ impeccable et amusant, une série de compositions empreintes de candeur, de douceur et de fraîcheur, dans un style qui oscille entre pop et folk.

D’une voix timorée, le chanteur survole autant les titres de son dernier bébé que ceux du précédent opus, « A la vie, à la mort », sur fond de déclinaisons dichotomiques de la vie (l’amour, le déchirement, etc.).

Plutôt nonchalant et la plupart du temps la bouche ouverte (voulait-il gober les mouches ?), on ne peut pas dire que le gaillard se soit évertué à mettre une ambiance de feu. De l’amour, oui, mais pas une once de colère.

Bien que sa prestation soit quelque peu maniérée, elle a été avant tout réussie, se reposant surtout sur des accords de cordes, sensibles et délicats.

Un bon moment de partage d’une musique de qualité reflétant une finesse dans l’écriture. De quoi rappeler un certain Dominique A dont il pourrait être le parfait héritier...

Que demander de plus ?

Direction la grande scène, derrière l'édifice du château pour entendre une jeune demoiselle, subtilement rebaptisée pour la circonstance ‘L'Impératrice’.

Impliquant 6 membres –Charles de Boisseguin (clavier), Flore Benguigui (chant et texte), Hagni Gwon (claviers), David Gaugué (guitare basse), Achille Trocellier (guitare électrique) et Tom Daveau (batterie)– ce groupe atypique se nourrit clairement de pop chic, d’électro débridée, de french touch et de disco/funk cosmique à coloration 70’s.

Non seulement la gonzesse s'est affublée d'un accoutrement à la Star-Trek, mais elle arbore une chevelure de couleur bleue, telle une Schtroumpfette des temps modernes.

Révélé au grand public par un troisième Ep intitulé « Odyssée », le sextuor embarque immédiatement le public à bord de son vaisseau spatial où les sons disco, funk et groove se succèdent pour le plus grand bonheur des popotins qui trouvent là un bon moyen de s'exprimer chacun derrière sa chaise. Ambiance post-nuke on vous le disait.

Le groupe est venu défendre les couleurs de son nouveau joujou, « Tako Tsubo » (une expression japonaise ‘pièce à poulpe’ signifiant ‘le syndrome des cœurs brisés’) qui marque un tournant dans sa direction artistique post-nuke. Manifestant un sens de l’érotisme décomplexé, les musicos s’appuient sur des synthés rétros, des cuivres chaloupés et des percussions tribales. Et vu l’approche très Frech touch de l’expression sonore, la filiation avec le défunt Daft Punk est inévitable.

Taillé pour le live, le band n’hésite pas à balancer ses tubes (« Peur des filles », « Hématome »), tout en proposant des textes à l’esthétisme léché et visionnaire.  

En naviguant entre mystère, féminité et l'élégance, L'Impératrice ressemble finalement à son avatar.

Les quatre joyeux lurons de La Rue Kétanou embraient. Dès les premières notes, on se rend compte que les chansons seront festives, mais aussi réalistes et engagées très second degré.

Si la liberté de ton et d'expression y est, ce n’est pas du tout la tasse de thé de votre serviteur qui préfère profiter de l’offre proposée par la poignée de food-trucks dispersés sur la plaine.

Retour à la Guinguette pour y découvrir La Yegros, combo menée de front par la grande et plantureuse Mariana Yegros, chanteuse argentine originaire de Buenos Aires.

L’estrade est jonchée de (fausses) plantes qui laissent planer une (fausse) impression d’être plongés dans la jungle.

A l’arrière-plan, une nana un peu rondelette siège derrière les fûts.

Accusant un accent à la Cristina Cordula, la donzelle entame tout de go un show rythmé par des musiciens dont la joie communicative et l’insouciance reflètent bien le tempérament sud-américain…

D’ailleurs les compos sont issues d’un mélange subtil entre différentes influences latino-américaines ; de la cumbia au chanamé, en passant par le carnavalito, la Yegros a le chic pour dégripper les corps les plus rouillés, même si cette musique est plutôt répétitive et finalement sans grand relief.

Son énergie folle, sa liberté de ton et d’action irradie les plus léthargiques. Mais bon, il faut vraiment apprécier ce style pour s’en s’imprégner.

Hormis le plaisir des yeux face à la sensualité de ces corps en mouvement, la prestation n’apporte pas vraiment de plus-value à la soirée.

Malgré les paillettes et l’ambiance festive, il est sans doute plus opportun de regagner ses pénates que de rester les yeux écarquillés devant une telle plastique.

Mais comme le trio invite au lâcher prise –et y parvient– de concert restera, selon les spectateurs présents, comme l'un des plus stimulants de cette édition sur le plan festif.  

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Organisation LaSemo     

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  • Date: 10/07/2021
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