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Ceci n'est toujours pas LaSemo 2021 : dimanche 11 juillet

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Seconde et dernière journée pour ce semblant de festival comme à la bonne vieille époque où tout était permis sans aucune restriction.

Les pluies diluviennes de la veille ont laissé place à quelques rayons de soleil. Et c’est de bon augure ! Les pulls et parkas sont d’ailleurs remplacés par les lunettes de soleil et les t-shirts à manches courtes. Les canards et les vers de terre, quant à eux, tirent la gueule.

La boue et les flaques d’eau se sont substituées à une herbe d’un vert éclatant. Le contraste est saisissant. Même, le marchand de glaces est pris d’assaut ; une image rendue impossible il y a encore vingt-quatre heures.

Vu la programmation un peu plus pop que la veille, ‘Ceci n'est toujours pas LaSemo’ risque d’attirer un public un peu plus mainstream...

En débarquant sur la plaine du Château d’Enghien, c’est Kid Francescoli qui s’y colle. Le gaillard est derrière ses machines.

Il est accompagné pour l’occasion de deux belles et plantureuses demoiselles figées derrière les touches d’ivoire. Une black et une brune à la plastique avantageuse.

Mathieu Hocine à l’état-civil a constitué ce projet musical en 2002. À partir de 2009, il accueille Julia Minkin en compagnie duquel il co-écrit les chansons.

Mais, c’est véritablement en 2013 qu’il rencontre le succès populaire grâce à son titre phare, « Blow up ».

Le Marseillais d’origine n’est pas un inconnu puisque sa musique à maintes fois servi à sonoriser des spots publicitaires (Façonnable, Lanvin, Lacoste5, Chanel, Lancôme, Aldi, Citroën...)

Le trio empiffre les spectateurs d’une multitude de sons électro. Comme une oie qu’on gave, on se sent obligé d’écouter, d’apprécier et d’attendre le morceau suivant. On en redemande encore et encore. C’est captivant à souhait. Mais un set qui ne prend jamais le parti d’une direction affirmée ; c’est soit planant ou dansant.

Il est venu défendre les couleurs de « Lovers », un nouvel album qui marque deux changements notables. La fin de sa collaboration avec Julia et l’expérimentation de différentes voix, dont le portugais.

Le timbre grave du Kid et les vocalises de ses deux demoiselles d’honneur flirtent allègrement, au sein d’un climat très sensuel, mais également suave et cosy qu’alimentent des sonorités chaudes et latines inspirées par sa région d’origine.

La black qui possède un corps sculpté à faire damner un Saint, prend un malin plaisir à émoustiller les nombreux mâles postés aux premiers rangs. Les mouvements de son fessier en disent longs sur ses intentions. De quoi rendre jalouses toutes les compagnes.

Direction la Guinguette, pour y assister au set de David Numwami. Sans doute la plus belle surprise de cette édition.

Ce jeune Africain, ayant élu domicile à Bruxelles, monte sur les planches. Vêtu de noir, il ne possède pour seules armes qu’une sèche bariolée de jaune et rouge et d’une gratte électrique d’une blancheur classieuse. Quoique, cette dernière a certainement bien bourlingué, quand on voit les quelques traces essuyées par sa carcasse…

Plutôt discret, le claviériste semble s’ennuyer ferme…  

Numwami a autrefois milité au sein de Le Colisée, formation pop qu’il avait créée à l’aide de ses potes de lycée. Les fidèles aficionados l’ont aussi aperçu sur scène auprès de Frànçois and The Atlas Mountains et Charlotte Gainsbourg, entre autres. Il a aussi enregistré l’album « Concrete And Glass » en compagnie de Nicolas Godin, la moitié du groupe Air, en 2019.

Depuis, il se produit en solitaire. Il puise son inspiration au sein du post-rock dans l’esprit et du rock dans l’attitude. Entre joie et tristesse, humour et mélancolie, ses compos correspondent parfaitement à l’air du temps ; et si elles ne se distinguent pas par leur originalité, elles atteignent une grâce incomparable.

Sur scène, il se révèle décontracté, chaleureux ou (super) rêveur. Ses compos libèrent un spleen très communicatif. On l’écoute religieusement, sans un bruit, sans un mot.

Ce garçon est vraiment très doué. Sa technique n’a rien à envier à Gilmour ou Knopfler. Impressionnant pour quelqu’un de vingt-six printemps, à peine.

Né au Rwanda, une semaine avant le début du génocide, il aime s’évader au quotidien et sortir de l’ombre, à l’instar de son titre « Beats ! ».

Après un set plutôt feutré et statique, l’artiste sort tout à coup de ses gonds, quitte le podium et se trouve nez à nez avec les spectateurs du premier rang médusés, avant de slalomer entre les chaises au plus grand bonheur des aficionados. Sa seule limite émanant du câble de son micro.

On le sent très fortement impliqué dans son monde, comme il le rappelle à travers « Numwami World ».

La fin de sa prestation est plus étonnante encore. Il frotte son instrument contre le bord du podium comme un schizophrène. Ce qui provoque la rupture de deux de ses cordes. Pas facile dès lors de poursuivre dans de telles conditions.

Bref, on peut en conclure que son concert était à la fois hors norme, sympa mais quand même décalé…

Le concert de Naâman and co vient de démarrer sur l’estrade du Château.

De son vrai nom Martin Mussard, il est issu d'Offranville, près de Dieppe en Normandie.

Ses influences oscillent entre reggae, raggamuffin, hip-hop et soul. Pas vraiment de quoi susciter un intérêt particulier chez votre serviteur qui préfère se remplir l’estomac d’une nourriture thaïlandaise dont les qualités diététiques laissent cependant à désirer.

Direction la Guinguette et son Saule. Le gaillard bâti comme un rock et à l’explosion capillaire ébouriffante, ne laissera pas un bon souvenir dans la mémoire des préposés à la sécurité.

Baptiste Lalieu s’est imposé auprès du grand public grâce à « Dusty Men », un titre qu’il a interprété en compagnie de Charlie Winston, en 2012. Il le reprend d’ailleurs, pour la circonstance ; mais Winston est ici remplacé par le guitariste qui endosse ce rôle avec une facilité déconcertante. Effet différent, mais plaisir intense identique.

Une formule à trois donc, puisque guitariste et chanteur sont accompagnés pour l’occasion d’un drummer qui impressionne par sa dextérité.  

Le combo fonctionne à merveille. Le Montois d’origine enchaîne ses chansons dare-dare à l’instar du titre de son dernier album… qui a failli ne pas voir le jour. En fait, l’artiste avait jeté à la poubelle une première mouture qui ne lui convenait pas au grand dam du label qui voyait là une dépense budgétaire à laquelle il ne s’attendait pas.

Un concert audacieux (Dare se traduit par audace en français), au cours duquel le spectre de Gainsbourg s’est mis à planer ; mais surtout qui a permis de combler l’urgence à (re)donner de la musique au peuple.

Une prestation unique où riffs de guitare et rythmiques syncopées viendront surligner la voix légèrement ébréchée de l’auteur procurant à l’ensemble davantage de hargne et vergogne.

La déferlante de compos « Tu boudes », « Rebelle Rêveur », mettent en évidence un réel amour de la chanson française et cette exigence de la précision. Sans oublier les doubles sens à la Antoine Hénaut, un artiste bien de chez nous.

Les premières notes du « Nevermind » de Nirvana, jouées seulement quelques secondes, histoire d’éviter de payer des droits à la Sabam (dixit les dires du gaillard), ont mis le feu aux poudres, provoquant l’exaltation des festivaliers.

Pogos, embrassades et danses de Sioux – honteusement encouragés par l’artiste, il faut aussi le souligner – ont certes mis une ambiance de feu fort compréhensible, mais ont surtout provoqué une profonde injustice face à tous ceux qui se battent chaque jour pour maintenir des conditions sanitaires acceptables depuis près d’un an et demi. Un comportement déplorable qui aurait le mérite d’être sanctionné !

Bref, une prestation durant laquelle, on passe du rire aux larmes et de la surprise à l’écœurement sur fond de chansons festives et épicuriennes à l’instar de son auteur, entre part d’ombre, enthousiasme et joie de vivre.

On regrettera enfin l’absence de la très jolie « Marta Danse ». Une histoire inspirée d'une vieille dame, Marta Gonzalez, atteinte de la maladie Alzheimer qui à l'écoute du « Lac des signes » se remémore les gestes qu'elle faisait autrefois. Sans doute, une compo hors du temps et bien trop tristounette en un jour qui se doit de tourner la page vers quelque chose de nettement plus positif…

Saule salue le public et clame haut et fort avoir une pensée pour les sans-papiers en grève de la faim à l’église du Béguinage sous une belle salve d’applaudissements.

‘Ceci n’est toujours pas Lasemo’ en version minimale aura en tout cas le mérite d’avoir surmonté un ensemble de contingences entre conditions sanitaires difficiles, météo capricieuse et envie furieuse de recouvrer la vie … la vraie !

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(Organisation LaSemo)

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  • Date: 11/07/2021
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