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Les Gens d'Ere 2022 : dimanche 31 juillet Spécial

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Troisième volet de la trilogie. Si durant les deux premières journées, la chaleur était supportable, elle est devenue aujourd’hui quasi-caniculaire.

Votre serviteur se rend en backstage pour réaliser une interview de Cali. Motif ? La sortie de son nouvel opus en octobre. Vous retrouverez celle-ci prochainement dans les colonnes de Musiczine.

Le timing est serré. Pas moyen de rencontrer Stéphane, une jeune artiste suisse, découverte, il y a peu. Il est fort à parier que son nom risque de faire la une dans quelque temps. Quoiqu'il en soit, une interview devrait également lui être consacrée prochainement. Affaire à suivre...

Il est environ 17 heures lorsque votre serviteur file vers la scène couverte. Non pas pour s'y mettre à l’abri, mais pour y assister au set de Delta, un duo bruxellois réunissant Benoît Leclercq et Julien Joris. Ils militaient auparavant chez Meridians.

Le tandem a choisi la langue de Voltaire pour les paroles de ses chansons.

« Héréditaire » et « Le verre de trop » les ont propulsés au sommet des charts au point de les révéler. Certains des textes sont d’ailleurs signés par un Jali en forme.

Les compos se distinguent par leur aisance et leur fluidité mélodique, définissant les contours d'une approche radiophonique. Le public s'approprie certains titres, comme ce « Notre ADN » où les voix masculines se conjuguent parfaitement.

Se nourrissant de folk et de pop, Delta ‘plane’ au sein d’un environnement sucré, chaud et limpide, quelque part entre Coldplay, Souchon et Goldman. Soit un produit très populaire.

Les titres son éminemment propulsés par le besoin de conquérir un prisme le plus large possible. Ce qui donne un résultat, parfois un peu mièvre et linéaire, configuré sous la pression des maisons de disque et ce malgré quelques mélodies pop accrocheuses.

Direction la scène ouverte. Votre serviteur se plante au niveau du crash. Il y a plus de confort visuel, d'autant qu'aucune consigne n'est donnée aux photographes qui souvent doivent déguerpir dès la troisième chanson terminée.

Alors qu'il venait juste de finir de pioncer lorsque l'entretien s'est déroulé, l'ami Cali a repris ses esprits. Il est fringant comme un gardon.

C'est une valeur sûre ! Ses concerts sont toujours très animés, le chanteur communiant systématiquement avec ses disciples.

« Elle m'a dit » donne le ton de ce qui sera un entrelacs de fougue et de sincérité. Un titre qu'il dédie à son amie Dani, décédée le 18 juillet 2022.

La chanson à peine achevée, le troubadour de la chanson française commence à manifester une envie irrésistible de jouer avec le public.

Dopé (à une substance psychotrope ??), le chanteur/amuseur ne cesse de faire le pitre durant le live et ce pour le plus grand bonheur des fans ébahis ! Grimaces, gestes amicaux, regards insistants accompagnent le gai luron lors de la seconde compo, tout aussi tonitruante, « Hey les amoureux ».

Ce qui devait arriver, arriva. L'homme taillé comme un gringalet se hisse sur le frontstage, prend un élan, et s’abandonne au crowdsurfing pour entamer une danse du diable perché dans les airs. C'est un passage obligé chez lui et ce soir ne fera pas exception à cette règle, qui semble-t-il, est immuable ! Le tout sans perdre de souffle ! Pas mal pour un gars qui a la cinquantaine passée... Heureusement pour ceux qui l'ont soutenu, le casse-cou doit à peine faire cinquante kilos, tout habillé !

Repoussant ensuite les principes des règles de sécurité, l'artiste dynamise un peu plus le spectacle et invite toute la presse à monter sur le podium devant un parterre de quelques milliers de personnes pour immortaliser le souvenir d’une photo de famille puissance mille.

Sa réputation de personnage complètement déjanté est largement méritée.

« Lâche pas », titre ‘guest’, en attendant l'album "Ces jours qu'on a presque oubliés", figure dans la setlist, histoire de voir comment ce nouveau format est perçu. Un livre ouvert dans des moments forts vécus auprès des êtres chers, des femmes essentiellement, parties, quittées, envolées… Mais chuttt, impossible de dévoiler quoi que ce soit maintenant, les curieux devront attendre la mi-octobre pour se faire une idée du contenu.

Quoiqu'il en soit, examen réussi avec grande distinction ! Dans l'attente, il invite le public à aller voir le clip. Faut bien attiser la curiosité non ?

Histoire de satisfaire les grabataires, il a sorti de ses tiroirs poussiéreux une vieille chanson « C'est quand le bonheur ? », issue de l'album « L'Amour parfait », paru en 2003. Mais au fond Cali, c'est quoi le bonheur ? Une compo qui va fêter ses vingt piges et pourtant elle n’a pas pris une ride !

Enfilant les tubes, le Toulousain, expose et s'expose à travers le prisme de sa vie, ses amours, ses attentes et ses envies.

Livrant tour à tour des musiques simples, mais accrocheuses, il a pris le parti de choisir ses mots avec une grande délicatesse afin de décrire intelligemment et sincèrement les maux de la vie et la difficulté d’aimer aujourd’hui. Au fond, Cali, n’est-il pas préférable de ne pas aimer plutôt que ne plus aimer ? A méditer...

Le champ du possible de ce grand Monsieur est illimité. Véritable touche-à-tout, Cali multiplie ses engagements, tant dans l’univers du théâtre, de la poésie, de la littérature et, bien évidemment, de la musique.

Bruno Caliciuri, à l’état-civil, est un être doué d’un charisme exemplaire et un humaniste engagé ! Sans oublier, un homme d’exception !

Un fan, accroché au premier rang, vêtu d'un training de couleur bleue et coiffé d'une casquette, est invité à monter sur l’estrade. C'est son anniversaire ! Et dans une cohue indescriptible, le peuple est invité à fredonner le rituel ‘Joyeux anniversaire’. L'homme s'en tire bien, timide au début, il finit par s'apprivoiser l'espace. Si bien, que Cali lui permet de rester sur le podium pour l’accompagner dans le refrain de la chanson qui suit.

Le set se termine doucement. « Je dois encore vivre », titre rocailleux, met en exergue des guitares dans un esprit pop anglo-saxonne.

« 1000 cœurs debout » sonne le clap de fin. Un moment qui permet au drummer de se lâcher comme jamais et d'extérioriser toute sa technique de frappe. Une page se tourne, mais des pages entières restent à écrire...

Putain, quel moment de grâce ! Un concert à revivre en replay encore et encore...

Un autre artiste qu’il ne fallait surtout ne pas manquer, c'est Mustii. Avec deux ‘i’ insiste-t-il. La scène est très joliment décorée façon vintage et bariolée d'inscriptions ‘My generation’, ‘Free’, ‘A miracle’, etc. Une grande horloge y est même accrochée. Mais pas d'aiguilles, juste l'inscription ‘MUSTII’. Faudrait pas qu'on l'oublie celui-là...

Homme de scène, c'est vêtu d'un ersatz de peignoir à capuche de style ‘Boxer’ et chaussé de lunettes de soleil, qu'il s'avance. A moins que ce ne soit tout simplement la nuisette de bobonne...

L'intro passée, histoire de faire monter la pression, le jeune homme, entame la chansonnette par « It's Happening Now », titre éponyme d'un second album particulièrement réussi et qui a fait couler beaucoup d'encre sur le site de Musiczine.

Une composition qui prend un sens particulier aussi, puisque le jeune artiste belge y conte l’histoire de son oncle, Michel, atteint de schizophrénie et décédé il y a une dizaine d’années après une longue souffrance psychologique. Dont acte !

Si l’elpee précédant surfait plutôt sur les nappes de synthés, ici ce sont les guitares qui règnent en maître. « Alien », « New Becoming » et « Run For Your Friend », livrés à la queue leu-leu, confirment les contours rugueux du style musical.

Une musique de mec pour les mecs qui en ont dans le falzar !  Des chansons brutes qui signent un retour aux sources et à l’enfance.

Dans un versant plus électro, « 21st Century Boy » contraste avec des relents pop électro enivrants et légers. Une compo qui s’apparente à une caresse apaisante et valorise davantage la puissance vocale du blondinet platine.

Au fil des années, Mustii est parvenu à tirer parti d'une maturité en progression constante. Si l’aspect pop subsiste en filigrane, il semble assumer davantage les références rock, new-wave tout en adoptant un son plus électrique. Ce qui donne un résultat singulièrement riche et vivifiant. Un genre qui lui va comme un gant.

Acteur, auteur, compositeur et interprète, le Belge surprend. Par la musique, la vitalité, la communion, la générosité et l'expression sonore.

Le show est rythmé par son art à maitriser les mouvements ! Dans une forme olympique, le gaillard ne cesse de courir et d’interagir avec les spectateurs, lorsqu'il ne s'improvise tout simplement pas acrobate sur les montants du chapiteau (ou plutôt du ChapitO). De quoi donner des frayeurs aux assureurs...

Grâce à son physique de jeune premier, il semble trouver auprès des gonzesses une certaine empathie.

Thomas Mustin maîtrise parfaitement les codes de la scène, c'est indéniable. Ses prestations sont toujours extrêmement théâtralisées, stylisées et millimétrées. Mais en jouant un personnage à outrance, ne risque-t-il pas de dénaturer l’âme du show ? Même, s'il s'essaie à garder une certaine spontanéité, il s'installe malgré tout dans la chorégraphie, laissant trop peu de place à l'intuition et à la liberté d'action. C'est vraiment dommage !

Soudain, Thomas lance un appel à travers « Give me a hand », un morceau caractérisé par son refrain entêtant. Une chanson fédératrice, imprimée sur un tempo entraînant. Une manière délicate d'entamer cette quête ultime de rédemption en vue d’exorciser ses vieux démons. Puisse-t-il y parvenir enfin !

Responsable de chansons intelligemment réalisées, interprétés et soignées, l’excité de service prend les rênes de cette soirée en s'imposant. Il se dévoile pour la seconde fois aux Gens d'Ere lors d’un concert d'une rare intensité.

En quelques années seulement, le répertoire de Mister Mustin s’est enrichi. Entre rock et clubbing ses compos sentent bon la vie et l'urgence. Ce gars est littéralement taillé pour la scène !

Caractérisé par son tempo frénétique, « Skyline » souligne une quatrième de couverture réussie, signant au gros marqueur noir ce qui a toujours été une évidence : Mustii est un artiste à part entière.

Même s'il se détache difficilement des poncifs du genre, il acquiert ses lettres de noblesses en dispensant une musique qui plaît parce qu'ambassadrice de bonne humeur.

Mustii, caméléon s'adapte et s’enivre de tout ce qui l’entoure. Cheville ouvrière du touche-à-touche, ce soir, il a été parfait.

Le soleil prend doucement la poudre d'escampette. Le vent souffle comme pour effacer tous ces souvenirs. Christophe Maé s'invite.

Icône de la pop et de la chanson française ‘un peu facile’, ses albums revêtent des couleurs assez différentes, oscillant du blues à la soul en passant par le jazz.  

Après quelques minutes d’écoute, sa voix rauque commence à casser les oreilles de votre serviteur. En outre, le show est mielleux et linéaire. La dynamique qui, jusque-là, s’était installée, est rompue.

Maé chantait « Il est où le bonheur ? ». Pour votre serviteur, il n’est certainement pas ici !

Trois jours aux Gens d'Ere et des étoiles pleins les yeux, l'édition 2022 a une fois de plus tenu ses promesses.

A l’année prochaine !

(Organisation : Les Gens d’Ere)

Delta + Cali + Mustii + Christophe Maé

(Voir aussi notre section photos ici)

Informations supplémentaires

  • Date: 2022-07-31
  • Festival Name: Les Gens d'Ere
  • Festival Place: Rue de Longuesault
  • Festival City: Tournai
  • Rating: 8
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