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Le nouvel album de Frankie Cosmos, « Inner World Peace », est sorti le 21 octobre 2022. Un single en a été extrait, "One Year Stand", et il est disponible sous forme de clip ici L’elpee a été est coproduit par Frankie Cosmos, Nate Mendelsohn et Katie Von…

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Stéphane Reignier

Stéphane Reignier

mercredi, 23 novembre 2022 11:23

Intemporel

Dans la vie, des choix drastiques se posent parfois. Certains ont dû y faire face ce mercredi 23 novembre 2022. Supporter les Belges lors de leur rencontre face au Canada ou se déplacer à Anvers pour y assister à un concert d’anthologie.

Les dirigeants de la FIFA n’ont en effet pas mesuré l’impact de programmer un match de la coupe du monde (fort décriée) alors que Robert et son équipe font escale au sein du plat pays dans le cadre d’une tournée européenne. Mais, à voir le nombre de fans qui ont rejoint le Sportpaleis, à Anvers, la question ne s’est probablement pas posée très longtemps !

C’est donc au sein de cette salle de spectacle multifonctionnelle, que le groupe devenu mythique, The Cure, a posé ses flight cases. Un endroit approprié puisqu’il peut accueillir jusqu'à 23 000 spectateurs. Et devinez quoi ? Le concert était sold out depuis de nombreux mois déjà. Pas étonnant vu la popularité de la formation !

The Twilight Sad, un des groupes préférés de Robert Smith assurait le support act. Malheureusement, la circulation était tellement dense que votre serviteur n’a pu profiter de cette entrée en matière. Mais le plat du jour est si consistant qu’il n’y aura aucun regret à avoir.

A 20h45 pétantes, la grande messe débute. La salle est pleine à craquer. Les musiciens s’avancent un à un tout au long d’une longue intro dévoilant un « Alone », nouveau morceau, issu d’un elpee que l’on annonce depuis (trop) longtemps et dont le titre devrait être « Songs of a Lost World ».

Une plage atmosphérique, presque religieuse, durant laquelle le gros Robert s’empresse de faire le pitre devant les caméras plantées sur le podium. Et lorsqu’il se met à chanter, vers la moitié du morceau, on se rend compte que sa voix si caractéristique, d’outre-tombe, n’a pas changé d’un iota. Dire que, lorsque The Cure s'est formé, Smith n'avait pas l'intention d'en devenir le leader, ni même le chanteur. Il l’est devenu par la force des choses, aucun de ses partenaires n'ayant convaincu face au micro.

Ce ne sera pas la seule découverte de la soirée ! Il offrira au public quatre autres inédits dans une veine tout aussi succulente : « And Nothing Is Forever », « A Fragile Thing », « Endsong », et « I Can Never Say Goodbye », un déchirant message à l'attention de Richard, son frère, disparu en 2019. Un opus annoncé comme l’un des plus ténébreux dans la carrière de The Cure, la mort du père et de la mère de Robert, survenus la même année, planant également dans ses chansons.

Simon Gallup, qui avait quitté la formation en 1982 à la suite d’une querelle avec le sexagénaire concernant la promotion de l’album « Pornography », a retrouvé son rôle de bassiste au sein du line up. Et il est toujours aussi convainquant. Ses lignes mélodiques sont entêtantes. Une patte qui lui est propre sur chacun des morceaux. A le voir s’amuser sur l’estrade, nul doute que la complicité qui le lie au leader semble intacte, même si le musicien avait une nouvelle fois quitté le band en 2021. Un remake de ‘je t’aime moi non plus’, en quelque sorte…

Jason Cooper se charge des fûts, tandis que Perry Bamonte, à gauche de la scène, passe des claviers à la guitare. Également préposé aux claviers, Roger O’Donnell, planté à droite, se charge de dispenser des nappes plaintives. Quant à Reeves Gabrels, ex-six cordiste de David Bowie, il est le responsable de solos éclatants.

Si le temps n’a pas d’emprise sur la popularité du combo qui rencontre toujours une fameuse notoriété, Robert Smith a le physique de son âge. Si le maquillage enduit toujours son visage, ses cheveux, bien qu’encore hirsutes, sont grisonnants. Que dire alors de son ventre bedonnant ? Mais quoiqu’il en soit, sa niaque est demeurée intacte.

Le light show est assez discret. Tantôt, de jolis voiles lumineux balaient les musicos, tantôt des images parfaitement adaptées sont projetées sur un écran géant situé derrière la scène comme ces cœurs rouges sur un « Friday I’m In Love » pétillant alors que The Cure ne venait pas défendre la réédition de « Wish » pour célébrer les 30 ans de sa sortie. Quoiqu’il en soit, le public a tout de même pu se réjouir d’entendre ce titre qui n’a pas pris une ride.

De beaux effets donc joliment orchestrés à l’image de ce paysage rural qui se décolore au fur et à meure d’un « Last Day Of Summer » d’une authenticité rare.

Alignant au passage 28 morceaux qui jalonnent la carrière du groupe, le combo a véritablement mis le feu aux poudres dès les premières notes de « Burn », une compo qui figure sur la bande originale du film, devenu culte, « The Crow ». Mais l’hystérie la plus complète atteindra son point d’orgue sur un « Push » et sa rythmique endiablée encouragée par les milliers de spectateurs.

Un Robert en très grande forme ! Lui qui d’habitude se fait plutôt discret, s’octroie des moments de pitrerie auprès d’un Gallup qui n’est pas en reste lorsqu’il l’affronte, épaule contre épaule, faisant mine de le bousculer. Ou encore lorsqu’il s’octroie de petits pas de danse maladroits devant un public amusé.

Une soirée où The Cure a aligné (forcément) des tubes, mais aussi des perles moins connues de son vaste répertoire : « The Hanging Garden » et son solo de guitare, l’hypnotique « Pictures Of You », le vénérable « At Night », l’intemporel « Charlotte Sometimes », l’immortel « Play For Today », l’irrévérencieux « Shake Dog Shake » ou encore un « From The Edge Of The Deep Green Sea » qui pourrait sonner le glas d’une soirée riche en émotion.

Que nenni ! Après une brève pause, le groupe a gardé sous le coude une pléiade de titres. Un premier rappel est consenti, au cours duquel un « Faith », rappelant les débuts du band, et une version stellaire de « A Forest », où la basse de Simon finira sur les planches dans une euphorie indescriptible, sont accordés.

Le second encore est destiné aux puristes. Une enfilade de chansons que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître (et c’est bien dommage) : « Lullaby », « The Walk », « Close To Me », « In Between Days » ou « Just Like Heaven » qui a servi, dans une version instrumentale, de générique à l'émission de télévision française ‘Les Enfants du rock’.

Et comme toute bonne chose, a une fin, un « Boys Don’t Cry » complètement hors du temps. Une jolie façon de se quitter, sans heurts et sans larmes…

A priori, pas un adieu, juste un au revoir, le ’See you soon’ de Smith laissant planer l’organisation d’une éventuelle tournée dans le cadre de la promotion du futur opus…

Il est près de 23h15. La formation a joué deux heures trente de manière quasi-ininterrompue. Une belle prouesse à souligner.

Un constat s’impose, l’acoustique du Sportpaleis, qui parfois souffre de la structure en béton, a été d’une limpidité surprenante, permettant ainsi d’apprécier toute la subtilité des sons et de la prestation des musiciens.

Un seul et unique regret, l’absence de l’épique « Plaisong », plage d’ouverture de « Disintegration », qui semble avoir été interprété lors de certains concerts du circuit…

L’homme habillé de noir éprouve beaucoup de difficultés à quitter ses convives. Il lui faudra plusieurs minutes avant qu’il n’ait le courage de retourner dans les coulisses et rejoindre ses comparses.

Que d’émotions réunies en une seule et unique soirée…

Si ce n’est le concert d’une vie, il aura été certainement un des plus beaux dans celle votre serviteur qui a déjà pourtant déjà bien bourlingué.

Setlist :

Alone – Pictures Of You – A Night Like This – Lovesong – And Nothing Is Forever – Burn – The Hanging Garden – The Lase Day Of Summer – A Fragile Thing – Cold – At Night – Charlotte Sometimes – Push – Play For Today – Shake Dog Shake – From The Age Of The Deep Green Sea – Endsong – I Can Never Say Goodbye – Faith – A Forest – Lullaby – The Walk – Let’s Go To Bed – Friday I’m In Love – Close To Me – In Between Days – Juste Like Heaven – Boys Don’t Cry.

 

mercredi, 23 novembre 2022 15:29

Ode

Après avoir publié « Homeless Songs », un long playing empreint d’une pointe de mélancolie douce, Stephan Eicher, nous propose son nouvel opus. Un disque qui réunit les titres de deux Eps sortis plus tôt cette année ainsi que cinq inédits.

Sur cet elpee, on retrouve cette voix grave, chaude et éraillée reconnaissable entre toutes. Mais surtout, l’artiste se met à nu en revenant aux fondamentaux, célébrant, en quelque sorte, le disque de la renaissance, après avoir essuyé l'un ou l'autre échec.

Tout au long de cette « Ode », ce polyglotte convaincu étend son champ d’action linguistique, puisqu’après le français, l’anglais, l’allemand, le romanche et l’italien, il se frotte au japonais au contact de la chanteuse nippone Yuuko Sings sur « Où sont les clés ».

Porté par les textes de Philippe Djian et Martin Suter, Eicher s’interroge de « Sans contact » à « Eclaircie, une parenthèse au sein de laquelle il vit de nouvelles aventures, depuis les tumultes de l’« Orage » jusqu’à l'accordéon de Mario Batkovic.

L’artiste conte sa poésie à travers des compositions délicatement nostalgiques, à l’instar d’« Autour de ton cou », au cours duquel de subtiles nuances sont apportées par les accords du piano de Reyn Ouwehand ainsi que les arrangements ou encore « Je te mentirais disant », une plage caractérisée par son spleen vibrant.

Décidément humain, l’homme dans un allemand authentique, chante son ‘amour aux autres’ (« Lieblingsläbe ») en mode acoustique. Une libération en quelque sorte.

Alors épidermique à ses débuts, l’artiste helvète apparaît aujourd'hui plus cool. Ce nouveau format et la force des compos lui permettent de tirer parti du passé et marquent bel et bien le début d'une toute énième (et définitive ?) direction, celle-là même que son public croyait perdue depuis quelque temps.

Le chanteur poursuit doucement et lentement son exploration du monde, mais sur « Ode », il affiche sa face la plus dynamique, rappelant ainsi ses heures de gloire vécues au cours des 90’s.   

Signée par l’artiste Sylvie Fleury, la pochette est illustrée par une énorme boule rouge (Un virus ? Un soleil ?) montée sur des pieds (féminins ?) chaussés d’escarpins de couleur verte. Un 17ème elpee énigmatique propice au questionnement ! 

Une ode ! Quelle soit à la vie ou à l’avenir, peu importe, chacun complètera selon sa propre vision des événements, de la vie ou de ses envies.

mercredi, 23 novembre 2022 15:18

Ephémère

Lorsque trois amis de longue date se lancent le défi de s’imposer un court séjour aux confins de Saint-Rémy-de-Provence pour y concrétiser leur désir de croiser des rimes sur des hymnes enchanteurs, le résultat se décline sous la forme de cet opus intitulé « Ephémère ».

En seulement 7 morceaux (un titre composé par jour), Grand Corps Malade, Ben Mazué et Gaël Faye ouvrent une parenthèse unique et figée dans un tumulte prolifique pour y conjuguer leurs talents.

Réalisé sous la houlette de Mosimann et Guillaume Poncelet, cet opus constitue un triptyque conceptuel qui magnifie trois plumes d’une efficacité redoutable. Et le titre-phare, « On a pris le temps », en est le plus bel exemple, résumant à lui seul l’urgence de se (re)concentrer tout en créant un espace de liberté pour les autres.

L’exercice de style est intéressant, chacun apportant à l’autre une caractéristique qui lui est propre sans que l’un d’entre eux ne prenne l’ascendant. Si les genres varient, afin d’aérer au maximum l’œuvre, le résultat s’avère particulièrement cohérent. Quant aux voix, elles se conjuguent à l’unisson.

L’album nous réserve également des moments drôles, à l’instar de « Qui a kidnappé Benjamin Biolay », lorsque le trio nous replonge en 2021, lors de la soirée des Victoires de la musique 2021, au cours de laquelle Biolay avait décroché celle de l’artiste masculin. Ou nostalgiques, comme sur « Sous mes paupières », morceau qui s’épanche sur les souvenirs d’enfance. Et même encore quand il s’agit de la crédibilité des artistes à défendre « La cause » intelligemment, une piste régie par un sample de… « La superbe », de ce même Biolay !

Enregistré avec l’intention première de donner du plaisir, « Ephémère » se savoure comme un livre ouvert où défile les inspirations d’hommes qui, franchi le cap de la quarantaine, se questionnent et se positionnent aussi obstinément sur le temps de « Tailler la route ».

Et si « Ephémère » n’était qu’une merveilleuse histoire de temps ? Ou peut-être tout simplement la promesse d’une pause, d’un répit ?

mercredi, 23 novembre 2022 15:16

Birthmarks (20th Anniversary Edition)

Plébiscité par Bowie himself qui voyait en lui un artiste novateur, Piet Hendrik Florent Goddaer, dit Ozark Henry, fête le 20ème anniversaire de la sortie de son album « Birthmarks ».

Un opus tout particulier dans la carrière de l’artiste, puisqu’il va se traduire par un succès commercial retentissant en squattant l’Ultrapop 90 semaines consécutives et lui permettre de décrocher un double disque de platine dont une kyrielle de singles radiophoniques seront extraits ; et notamment « Rescue », « Sweet Instigator », « Seaside », « Word Up » et « Intersexual ».

Popularité paradoxale puisque ce disque va aussi connaître non seulement les affres des attentats des tours jumelles à sa sortie en 2011, mais également celles de la Covid lors de sa réédition qui devra même être repoussée d’une année.

Un format né certes sous le signe de la résilience, mais qui constitue surtout un hommage vibrant aux deux femmes qui ont le plus compté dans sa vie. Sa mère, Andréa, décédée d’un cancer de la peau alors qu’il n’était qu’un adolescent et sa femme qui partage sa vie depuis maintenant trente années d’amour et de complicité.

Musicien surdoué, touche-à-tout et perfectionniste, Ozark Henry se plonge, sur « Birthmarks », dans des souvenirs lointains et remet au goût du jour des chansons pop-rock caressées par sa voix si particulière, nappées de claviers qui semblent émaner de fonds sous-marins, mais surtout qui glissent facilement dans le creux de l’oreille.

Si en 2001, son opus était paru alors que le hip hop et le néo r&b commençaient à concurrencer la pop et le rock, il faut reconnaître que 20 ans plus tard, « Birthmarks » n’a pas pris une ride. Preuve qu’Ozark Henry est toujours en phase avec son époque. En en traversant le temps, il en devient intemporel.

Le long playing recèle donc le tracklist initial remasterisé, des inédits, des remixes et des versions ‘live’. Sans oublier, un sublime duo que Piet partage en compagnie de l’actrice et chanteuse batave Ellen ten Damme qu’il avait rencontrée lorsqu’il bossait dans un théâtre aux Pays-Bas.

Ne voyez pas en « Birthmarks » un condensé de belle musique, mais un hymne ultime à la vie et à l'amour inconditionnel porté par les êtres qui nous entourent.

Plébiscité par Bowie himself qui voyait en lui un artiste novateur, Piet Hendrik Florent Goddaer, alias Ozark Henry, se produit ce 14 octobre à Braine-le-Comte pour y célébrer le 20ème anniversaire de son album a succès, « Birthmarks ».

Certifié disque de platine et né sous le signe de la résilience puisqu’il va connaître non seulement les affres des attentats des tours jumelles à sa sortie, mais également celles de la Covid lors de sa réédition.

Ozark se livre comme jamais sur sa vie, sa musique. Mais pas que puisque l’écologie s’invitera dans un débat qui restera riche et dense. Sans oublier la politique dans laquelle il n’a plus confiance.

Enfin et surtout, un album hommage aux femmes fortes de sa vie : sa maman et son épouse dont il se confie avec bienveillance, amour et sincérité !

Décryptage !

Piet, « Birthmarks » a un vécu peu ordinaire. Il est sorti le 11 septembre 2001, lors des attentats des tours jumelles. Et 20 ans plus tard, au moment où tu souhaites célébrer l’anniversaire de sa sortie, la COVID s’invite entraînant un arrêt brutal du secteur culturel. Pourtant, cet opus signe ton premier gros succès commercial, se maintient 90 semaines dans l’Ultratop et est certifié double disque de platine. Alors, « Birthmarks », œuvre de la malchance ou de la résilience ?

Il s’agit de mon premier succès commercial, mais je ne crois pas qu’il s’agisse du plus important. « Birthmarks » constitue mon troisième album. Les deux précédents ont connu de bons retours auprès de la presse spécialisée, comme les Inrockuptibles. C’est à cette époque qu’on m’a donné le sobriquet de jeune Bowie flamand. Mais, ils n’ont pas obtenu le succès commercial escompté. Mon deuxième opus affichait beaucoup d’ambitions car je devais tourner en compagnie de Zazie, Tricky ou encore Moby. Hasard des événements, le label sur lequel j’avais signé est tombé en faillite. Le disque n'est donc jamais atterri dans les bacs. On m’avait annoncé un délai supplémentaire de 9 mois. Une période creuse et pourtant, paradoxalement, je ressentais des ondes positives. C’est alors que Sony me contacte et me propose de reprendre les choses en main et de réaliser un album. J’accepte évidemment, mais en pensant qu’il s’agirait du dernier essai, parce que j’avais l’impression que le public n’adhérait pas à mon univers. Mais la manière de travailler était différente puisque j’ai pu compter sur des instruments à cordes dans un studio à Londres. Ce qui a forcément influencé la direction artistique de l’enregistrement. Et si je n’avais pas eu le soutien d’un label, c’est un projet qui aurait été impossible de concrétiser. Mes deux premiers albums ont été fabriqués à la maison. J’étais seul et je n’avais besoin de personne. Ici, le défi était tout à fait différent. Alors, oui, « Birthmarks » est le disque de la résilience.

La résilience s’est aussi invitée dans le combat mené par ta mère face à la maladie. Elle a aussi influencé quelque part cet elpee…

Ma mère, Andréa, est décédée d’un cancer de la peau alors que je n’avais que 15 ans. Le titre du disque y fait effectivement directement référence. J’ai en tête cette image d’une tache petite et innocente, mais qui peu à peu va devenir énorme. Avec toutes les conséquences que l’on connaît. Qu’elles soient négatives ou positives. Oui, c’est aussi une histoire de résilience.

« Sweet Instigator » est une compo écrite pour ta femme. Pour l’interpréter, Ellen Ten Damm t’accompagne au chant dans la réédition de l’album. Pourquoi le choix du duo et comment s’est opérée la rencontre ?

Il s’agissait d’une chanson qui se prêtait naturellement à l’exercice du duo. Je devais dénicher la partenaire pour l’interpréter, car je l’avais écrite pour mon épouse. J’ai donc mis un peu de temps. Je me rends compte qu’après vingt ans, le message résonne de la même manière. J’ai contacté Ellen, car avant de me lancer dans la musique, je bossais au sein d’un théâtre, à Amsterdam, comme scénographe. C’est une grande dame de théâtre aux Pays-Bas. Je lui ai proposé ce projet de collaboration et elle a immédiatement accepté. Parallèlement à sa carrière de comédienne, elle bénéficie d’une expérience dans la chanson. 

Puisqu’on parle de collaborations, tu n’en es pas à ton premier coup d’essai. Je pense notamment à l’immense succès de « I’m Your Sacrifice »…

Oui, tu as raison ! Ce titre est une ode au sentiment vécu par tous les couples au début d’une relation, le moment pendant lequel tout semble permis et imaginable. Une invitation à retrouver cette sensation, cet engagement de se renouveler, de tout faire l’un pour l’autre.

Vu le nombre de séparations et de divorces, cette chanson aurait-elle encore le même écho dans nos sociétés contemporaines ? Excuse-moi, mais ton message me paraît utopique, replacé dans ce contexte…

Si tu te sens bien auprès de l’être aimé, ce n’est pas un sacrifice ! Je vis avec la même femme depuis trente ans. Nous n’avons, elle et moi, jamais eu l’impression de réaliser des sacrifices.

Pour la réinterprétation de « I’m Your Sacrifice », tu as choisi de l’interpréter dans la langue de Molière. Alors que la version de « Sweet Instigator » figurant sur la réédition de « Birthmarks » l’est, dans celle de Shakespeare. Le français n’aurait-il pas pu apporter davantage de subtilité dans le texte ?

« I’m Your Sacrifice » n’a pas été écrite en français, il s’agit d’une traduction. Je ne crois que cette adaptation était meilleure que l’originale. Il s’agissait d’une demande du label pour pouvoir exporter la chanson vers la France. Même si le français reste une très belle langue.

Proposer cette chanson, certes en duo, mais dans son jus original, est peut-être aussi une manière de minimiser les risques et de rester dans sa zone de confort. A moins, qu’il ne s’agisse d’une approche purement commerciale, l’anglais s’exportant d’autant plus facilement. Quel est ton point de vue à ce sujet ?

L’anglais est le plus proche du flamand, de mon dialecte. En tout cas au niveau des sons ; ce qui aide beaucoup. Et puis, je maîtrise mieux l’anglais que le français tout simplement.

Tiens, est-ce que tu as écrit d’autres compos en français ?

Effectivement, j’ai écrit des chansons en français. Malheureusement, je ne les ai jamais enregistrées ni sorties.

Certaines d’entre elles ont un parcours atypique. Je pense ici tout particulièrement à « This One’s For You », une chanson initialement écrite pour Robbie Williams. Est-ce que tu pourrais nous en dire davantage ?

Oui, c’est exact ! Tout comme « Sweet Instigator » ! Je séjournais à New York en compagnie de Boots Ottestad, un des compositeurs de Robbie Williams. Il préparait l’enregistrement d’un album et cherchait des chansons. Je lui en ai proposées trois. Mais comme il souhaitait changer de direction artistique, elles n’ont pas été retenues. Pour ce disque, j’ai aussi travaillé en compagnie de Martin ‘Youth’ Glover, qui a été le bassiste de Killing Joke. Je l’ai rencontré à Londres. Je cherchais un ingénieur du son pour les sessions et j’avais un rendez-vous avec un manager.

Martin Glover était présent lors de cette entrevue. Il me demande des démos. Deux années plus tard, il me passe un coup de fil pour m’annoncer que Martin souhaitait produire l’opus. Il venait de décrocher un ‘Award’ pour « Urban Hymns » de The Verve. A cette époque, il travaillait avec Paul McCartney. Je n’avais pas les moyens financiers d’assumer un producteur de renom.

Mais il semblait tellement intéressé de collaborer que le volet financier l’importait peu. Cette idée me paraissait difficile dans la mesure où je produisais moi-même mes albums et je n’avais jamais travaillé jusqu’alors sous la houlette d’un producteur. Il m’a proposé de venir chez lui durant trois jours en emportant une sélection de septante titres, des compos originales et des titres écrits pour d’autres artistes. Le deal était d’interpréter en live les morceaux sélectionnés le matin, de les enregistrer en compagnie d’un groupe, de me positionner par rapport à mes envies artistiques et enfin de lui laisser quartier libre, ce qui me convenait tout-à-fait. C’est lui qui a sélectionné « This One’s For You ».

Si ton premier long playing, « I'm seeking something that has already found me », n’a pas eu un succès retentissant, il t’a non seulement permis de recevoir quelques bonnes critiques dans les Inrocks, mais surtout de toucher David Bowie. Ce qui n’est pas rien quand même…

Effectivement, Bowie aimait beaucoup mon premier album. Lorsqu’il s’était déplacé à Ostende pour assurer la promo de son disque, il m’a demandé de le rencontrer. A l’époque, ma vie d’artiste était dans l’ombre et lui m’a donné la lumière.

Nous avons beaucoup parlé et tout à coup j’avais l’impression que nous étions devenus des amis. J’étais jeune et plein d’ambition. Lors de notre entrevue, il avait l’âge que j’ai aujourd’hui. Lorsque je me rendais à Londres ou New York, s’il était disponible, nous allions prendre un café. La dernière fois que j’ai eu l’occasion de le voir, c’était juste deux mois avant son décès.

Il aimait chez toi particulièrement tes méthodes non conventionnelles puisqu’à l’époque, ne disposant que peu de moyens, tu produisais un son tout à fait particulier à l’aide de bandes magnétiques Revox…

C’est exact. Je m’amusais à créer des loops grâce à une sampling machine.

Il avait cette sagesse aussi en te conseillant de continuer à travailler en fonction de ce qui te semblait juste…

Le secteur de la musique est un monde fait de hauts et de bas. Il m’a inculqué de toujours garder la tête haute quoiqu’il advienne.

Ta carrière musicale est jalonnée d’opus très différents, oscillant de la pop au classique, sans oublier l’électro avant-gardiste. Comment se construisent-ils ?

Pour être franc, je ne sais plus exactement combien j’en ai réalisé. Je suis curieux de nature et j’aime travailler de manière différente. Je regarde le monde, j’absorbe ce qui se passe autour de moi et cela conditionne la réalisation du disque. Je n’ai aucun postulat de départ. Je place le décor et j’y conte une histoire. J’ai toujours eu de la chance de jouir de pas mal de liberté sur le label.

Le fait de disperser les directions musicales te permet-il d’éviter que l’on te catalogue dans un genre particulier ?

C’est évidemment plus compliqué de coller une étiquette en multipliant les genres. Et ce n’est pas nécessairement un avantage !

Je me suis laissé dire que tu écrivais une chanson par jour ?

C’est presque ça ! J’adore ça ! Mais je ne compose pas dans un but purement commercial. Chaque chanson correspond à une histoire. Lorsque tu la partages, elle plait ou déplait en fonction.

Ce qui doit représenter un bon paquet de compos…

A mon avis quelques milliers.

Comptes-tu en faire quelque chose un jour ?

Je n’en sais rien ! il y a cinq ans que mon album et paru. Si je sors toutes les chansons que j’ai réalisées, ça va devenir compliqué. Mais, il est vrai que parfois l’idée me tente. Cependant le format actuel ne s’y prête pas nécessairement.

Si je comprends bien, celles que tu as écrites il y a quelques années ne sont pas ou plus dans l’air du temps ?

Si je devais établir une liste des morceaux que j’aimerais partager, on en arriverait à 6 disques. Je te jure que si c’était possible, je les sortirais. Mais, je crois que mon label me prendrait pour un fou (rires).

Je sais que tu apprécies le mois de septembre. A ce stade de l’interview, j’ai pu me rendre compte à quel point tu aimais bosser. Mais cet amour inconditionnel de ce mois ne correspond-t-il pas à une période où la dynamique du travail reprend son cours normal après les deux longs mois de congé ?

Non, pas du tout. Lorsque j’étais à l’école, vers l’âge de 11-12 ans, ma mère était déjà très malade. Mes parents m’avaient inscrit à l’internat. Lorsque les vacances se terminaient, je ne voulais pas retourner à l’école. A la rentrée scolaire, dès que je rentrais en classe, je me rendais aux toilettes pour ensuite mieux prendre la poudre d’escampette. C’était ma tactique. J’aime l’idée d’avoir toujours le choix. Plus tard, lorsque je travaillais dans le théâtre, j’ai emboité le pas. Si j’avais une réunion en septembre, il m’arrivait le matin de me réveiller et de me dire que je ne m’y rendrais pas.

Ce sont des décisions courageuses, mais risquées…

Il faut juste accepter les conséquences de ses actes. Lorsque je n’ai pas envie de faire les choses, je ne les fais pas, peu importe les conséquences. Je m’en fous complètement…

Tu pourrais donc ne pas te produire ce soir...

Ne crains rien, septembre est derrière nous (rires) !

Piet, tu as été le premier artiste non classique à être invité par l'Orchestre National de Belgique. Ton père, Norbert Goddaer, était compositeur de musique symphonique et une sommité dans le milieu. Être le fils de ne t’a-t-il pas offert davantage d’opportunités ?

Non, pas du tout ! Mon univers musical n’est pas le classique. Il faut savoir que dans ce monde et celui du jazz, il existe une forme de snobisme. La pop et l’urban ne sont pas des références dans ce milieu. J’ai simplement prouvé qu’en maîtrisant mon sujet, je pouvais travailler en compagnie de l’ONB.

Tu as défendu de nombreuses causes durant ta carrière. Je pense ici tout particulièrement à la campagne choc de l’IBSR qui t’a demandé d’écrire une chanson pour rendre hommage à deux jeunes, Maxime et Kevin, tués dans un accident de la route. Elle s’intitule « 21 grams short ». Au fond, la musique constitue-t-elle le meilleur média pour communiquer d’une manière optimale ?

Oui, je pense ! Lorsque j’ai l’ai composée, j’avais en tête une image bien précise et je voulais y intégrer ces deux jeunes gens morts, à l’issue d’un accident de la route. Je reste persuadé que la musique peut avoir un impact retentissant. Je mène des recherches dans le cadre du son 3D, ainsi que de la manière dont le cerveau perçoit la musique et comment elle s’y connecte.

Justement, puisque tu abordes le sujet, l’album « Paramount » (2015) avait été sorti en ‘Auro-3D immersive sound’. 90 musiciens de l’Orchestre national de Belgique y avaient participé en cercle autour du public, ce qui donnait l’impression que le son provenait de toutes les directions.

J’ai consacré beaucoup de contenu à ce format. Je ne peux pas le partager, c’est sur mon bureau. La technologie est là, mais les outils doivent suivre. Pour utiliser une métaphore, c’est comme si nous étions passé du mono à la stéréo. Un monde de différence ! Lorsque j’ai réalisé « Paramount », j’ai été un des premiers à utiliser cette technologie. J’ai d’ailleurs été invité chez Google afin d’y présenter mon travail. Les interlocuteurs avaient été impressionnés par la manière dont j’appréhendais le son 3D. Cette démonstration m’a permis de voyager un peu partout dans le monde. Je me suis ainsi rendu, notamment, à San Francisco. Je suis convaincu qu’écouter de la musique sous cette forme deviendra la norme, mais cette adhésion prendra du temps. J’ai d’ailleurs construit un studio uniquement pour construire un son 3D. J’y réalise des démos et des concerts pour des petits groupes. Il y même des gens qui y sont venus du Japon, de Corée ou encore de Chine. J’estime que l’accès à cette technologie doit rester totalement démocratique.

Avant la Covid, il y avait une volonté d’y parvenir, mais depuis, la dynamique s’est un peu estompée. Aujourd’hui, c’est Apple qui domine le marché grâce à son Dolby Atmos System.

On connaît l’artiste, mais on connait moins l’homme soucieux de l’écologie et de la nature. On peut citer le DVD « Ecotone ». Mais aussi, les rénovations d’une ancienne maison bourgeoise à Oostdunkerque afin de la rendre quasi passive, sans oublier cette obédience pour favoriser les écosystèmes naturels. Si aujourd’hui, vu la crise que nous traversons, tout le monde s’accorde à dire que l’idéologie a fait place à la nécessité, tu restes en quelque sorte un précurseur en la matière. Tout comme dans la sphère musicale finalement…

J’ai été en effet un des premiers à installer des panneaux solaires en Belgique. Le matériel provenait d’Allemagne. J’étude les possibilités de l’updater. Je me souviens que le technicien à qui j’avais fait appel était assez surpris. Perso, c’est une évidence, il est grand temps que nous fassions un geste. Kyoto a quand même aujourd’hui 20 ou 25 ans.

D’une manière générale, tu restes en phases avec la nature…

Je reste en phase avec mon environnement tout simplement ! Tout comme ce qui m’entoure ! Lorsque je me rends aux Etats-Unis, par exemple, pays où les opportunités ne manquent pas et où tu peux rêver, j’ai un peu de mal vis-à-vis de certains comportements. On parlait tantôt de ma passion pour le monde immersif. Eh bien, c’est justement l’endroit qui te permet de rêver sans limite et d’expérimenter cette pratique. Tu essaies. Si ça marche, tant mieux, si pas, tant pis, tout le monde s’en fout. C’est aussi le pays du paradoxe. Si tu passes en rue et que quelqu’un est en train de crever, le premier réflexe serait de lui porter secours. Mais là, on te fait limite comprendre que si le gars est dans cette situation, c’est son choix. On ne fait plus attention à rien ni à personne. Lorsque je me suis rendu en Inde, c’était pareil. Je trouve cette attitude immonde. Pour la nature, c’est exactement le même topo. On peut ignorer et faire semblant. La situation s’aggrave de jour en jour. Il suffit de se remémorer ce qui s’est produit en Wallonie, tant au niveau de la sécheresse que lors des inondations. Tout le monde s’insurge, mais nous restons tous témoins de la situation. J’ai pris quelques jours de vacances avec des amis et nous nous sommes rendus à Las Vegas. Nous étions sur un bateau et on voyait très bien que le niveau du lac était très bas. On nous a expliqué qu’au début, la sécheresse était peu marquée, alors qu’aujourd’hui, elle prend des proportions importantes. Si j’établis le parallèle avec l’homme sur le point de mourir en rue, tu peux ignorer la situation sans essayer de comprendre son origine. Pour la nature, c’est la même chose. A force d’ignorer, nous allons tous droit dans le mur. On se souviendra longtemps de cet été.

J’habite à la côte où il ne manque pas d’eau et pourtant, il y avait pénurie, alors qu’ailleurs, des trombes s’abattaient. Vu que le climat belge est modéré, les écarts se creusent de plus en plus souvent et de manière de plus en plus conséquente entre ces deux extrêmes. Il faut réagir, mais les actions prennent trop de temps. Les politiques doivent prendre des décisions.

Prendre des décisions politiques est un acte qui nécessite du courage. La seule question n’est-elle pas de se demander si les politiques en ont suffisamment…

Je pense que le système est mal adapté. Les hommes et femmes politiques sont élus pour une période courte. Si cette situation présente l’avantage de les évaluer rapidement, le système ne permet pas d’avoir une vision à long terme. Et puis, il est conçu d’une telle manière que même si les gens votent pour quelqu’un et ses idéaux, ce ne sera peut-être pas lui qui sera en poste. Est-ce que les spectateurs présents ce soir accepteraient d’assister au spectacle d’un autre artiste, même si celui-ci est plus populaire et talentueux ? Bien sûr que non ! Ce n’est pas leur choix ! Nous ne vivons pas totalement dans un système démocratique. Alors est-ce que les politiques ont besoin de courage ? Bien sûr que oui !

Grand Corps Malade, Ben Mazué et Gaël Faye décident de miser sur l’éphémère afin de produire un objet musical né du désir de croiser leurs rimes et leurs émois. Chacun des trois frères de cœur a eu la superbe intuition de prendre le temps, pour mieux le laisser aux deux autres.

Courant avril, les trois artistes se sont retrouvés une semaine au studio La Fabrique où ils ont écrit 7 morceaux composés par Mosimann et Guillaume Poncelet.

« On a pris le temps », en ouverture de cet essai discographique baptisé « Ephémère », raconte avec mélancolie ce désir de maîtriser la course des horloges pour toujours souffler sur les braises de l’inspiration. On y comprend que pour ces trois garçons, le paradis ressemble à une feuille blanche. Cette promesse d’une pause, d’un répit, se révèle aussi pour chacun, un rendez-vous avec lui-même.

Dans le cadre idyllique et propice du studio d’enregistrement de La Fabrique à Saint-Rémy-de-Provence, le trio parie donc pour un allongement des secondes. Ce moment d’introspection collective imposée mais naturelle, ressemble alors à un inventaire, un état des lieux, un état des mieux et des moins bien, à mi-parcours d’une trajectoire artistique enfin balayée par les vents de la reconnaissance et du succès public.

Pour regarder et écouter le clip de « On a pris le temps » ici

« La symphonie du temps qui passe » n’est pas un album, ni un film, ni une comédie musicale, ni un recueil de poème, dirait Magritte.

Porté cœurs et âmes par Daria Nelson et Mathias Malzieu, ce projet projeté à 360 degrés est pourtant exactement tout cela.

Après avoir co-signé ‘Le dérèglement joyeux de la métrique amoureuse’ aux éditions l’Iconoclaste - un premier recueil de textes et collages - Daria Nelson et Mathias Malzieu ont magnifié leur histoire personnelle aussi merveilleuse que douloureuse pour donner naissance à cette multi symphonie.

Côté musique, il s’agit de chansons pop cinématographiques symphoniques matinées d’électronica. La reine du bal et surprise du chef reste l’interprétation vibrante de Daria Nelson, tant sur la bande qu’à l’écran. Chanteuse et photographe exposée à Arles ainsi qu’aux Etats-Unis et en Allemagne qui prépare déjà un elpee solo, cette artiste est LA découverte de cette symphonie du temps qui passe.

Danny Elfman (OIngo Boingo) et Olivier Daviaud (arrangeur pour Dionysos, Emily Loizeau et compositeur de musiques de film pour Joann Sfar dont « Gainsbourg, vie héroïque ») ont participé aux sessions d’enregistrement et  côté image, on retrouve un autre génie magicien, Sébastien Salamand dit Le Turk, rejeton étoilé de Georges Méliès et Jean Cocteau.

Pour Mathias Malzieu, ce premier disque hors Dionysos en tant qu’auteur-compositeur (pour mieux y retourner plus tard) est un jalon aussi important qu’a pu être pour lui « La mécanique du cœur ».

Bienvenue à bord !

Le premier clip qui résume bien l'univers, « La symphonie du temps qui passe » (tous les titres ont été clippés), est à découvrir ici

 

mardi, 01 novembre 2022 16:02

Vincent Delerm au temps du cinéma muet…

A l’occasion de ses 20 ans de carrière, Vincent Delerm a sorti, ce 28 octobre, un livre-disque (comprenant 140 pages d’archives personnelles, photographies, manuscrits de chansons… et 2 long palyings comprenant 8 inédits) ainsi qu’un coffret collector “20 ans” (édition limitée) et un vinyle de l’album “Sans Paroles”.

“Comme une histoire” est un album qui raconte ces fragments du parcours, des premiers concerts sur le campus de la fac de Rouen jusqu’au tournage de ‘Je ne sais pas si c’est tout le monde’ et la tournée “Panorama”. Un peu comme un ‘album-film’ qui mêle huit chansons inédites (dont “Avec Jeanne” désormais disponible) à toutes les archives sonores mises de côté au fil des années.

“Sans Paroles” est un elpee instrumental, une version piano solo de vingt titres, joués comme s’il était seul chez lui, en partant des mélodies des chansons et en dérivant ensuite.

Le livre qui accompagne ces deux opus regroupe les archives visuelles, photographies de studio ou de tournée, manuscrits de chansons, lettres reçues…

Et puis dans la boîte, quelques surprises.

Sur Instagram, l’artiste Delerm célèbre un LP différent chaque semaine en dévoilant des vidéos, photos souvenirs, archives, manuscrits ainsi que des lives inédits : Ben Mazué, Vincent Dedienne ou encore Sandrine Kiberlain revisitent certains titres, accompagnés par Vincent.

Regarder “Avec Jeanne” extrait du Livre-disque 140 pages / double album “Comme une histoire / Sans paroles”

Le clip d’“Avec Jeanne”, est disponible

 

 

mardi, 01 novembre 2022 16:01

La paix de Planterose…

C’est le premier album de Planterose, mais pas les premiers pas dans la musique pour ses équipiers.

Amoureux de pop culture, ce monde idéal où Flavien Berger partage un verre avec l’homme de Rio, Gainsbourg s’adonne à la Dream pop, et Laetitia Sadier conduit la Ford Mustang de Bullit.

Ce monde n’a pas de frontières, on peut y remonter le temps ou s’échapper vers le futur en épousant ses mélodies, éternelles. Mélodies des mots où résonnent en écho le bruit des ruptures, du temps qui court, du désir d’être là, encore.

Ecrire en français parce que les mots viennent comme ça et s’assemblent comme un jeu, Pong Game poétique, lunaire et mélancolique.

Les 8 chansons de ce premier disque restent dans la tête, Florence (chant), Thierry (guitare), Nicolas (basse), Éric (batterie) ont réussi à mélanger leurs influences d’hier et amours d’aujourd’hui pour offrir une musique actuelle et intemporelle, prête à conquérir ce monde parfait.

« En paix » est en écoute ici

 

Le groupe allemand de rock alternatif Milky Chance s'est associé à la légende luso-américaine de la dance-pop, RAC (RAC, c’est l'alter ego d'André Anjos, un producteur de Portland qui compte plus de 200 remixes à son actif ; il a notamment réalisé des remixes pour Kings of Leon, Lana del Rey, Phoenix, New Order et Linkin Park), pour sortir un remix puissant de son dernier tube "Synchronize". L'ambiance mélancolique de la version première a été conservée et les percussions ont été remaniées à la manière d'un RAC classique, à l’aide de caisses claires percutantes et de fills imprévisibles.

Les deux artistes sont de vrais fans de leur travail respectif et étaient plus qu'heureux de se ‘synchroniser’. Ceux qui veulent voir Milky Chance en action devront se rendre dans la grande salle de l'Ancienne Belgique à Bruxelles le 17 octobre 2022.

Le clip de ce remix est à découvrir

 

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