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Ki ! est l’alias de l'auteur-compositeur et multi-instrumentiste Christian Ki Dall. Hormis sa production solo, il est à la fois guitariste (avec Sterling Roswell de Spacemen 3, The Telescopes, Death Valley Sleepers et bien d'autres), et producteur (pour le…

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Danko Jones

Un retour aux sources

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Dix-huit ans que Danko Jones nous balance son Rock explosif aux multiples influences. Il est peine perdue de tenter de les ranger dans tel ou tel style. Leur but : traduire en musique le feu intérieur qui ne cesse de les consumer. ‘Fire Music’, son onzième album studio, enregistré sous un nouveau line-up et marqué par un retour aux sources, sortira au début du mois de février 2015. Rencontre avec Danko Jones et John Calabrese, respectivement chanteur/guitariste et bassiste de la formation.

C’est à Bruxelles, dans un hôtel situé à côté de la Gare de Bruxelles Midi, que la rencontre s’est déroulée. La formation canadienne y était venue nous parler de leurs nouvelles compos. Le précédent elpee, ‘Rock and Roll is Black and Blue’, était paru il y a trois ans. Le groupe a depuis lors sillonné les routes et mis le feu à bon nombre de festivals. On se souviendra notamment du set endiablé accordé lors de leur dernier passage en Belgique, dans le cadre de l’édition 2013 du Festival de Dour.

Le temps d’avaler leur repas et ils me rejoignent, autour d’un verre, pour débattre de leur nouvelle production. « Il n’y a pas de concept au-delà des chansons elles-mêmes » explique Danko, chanteur de la formation. « On voulait tout simplement apporter de nouveaux morceaux au public. Comme à chaque fois, on a tenté de rassembler l’énergie qui était en nous et de la transposer en musique ». Ce qui explique d’ailleurs le choix du titre du nouveau CD, ‘Fire Music’, un brasier musical retranscrit en onze morceaux, certains plus calmes, d’autres carrément déchaînés. « On pourrait qualifier notre album de Fast and Furious », ajoute en rigolant le bassiste John Calabrese.

Ce nouvel opus célèbre également le retour du producteur de leurs débuts, Eric Ratz. C’est lui qui était derrière les manettes pour le premier opus intitulé ‘My Love is Bold’. Le groupe et lui s’étaient ensuite perdus de vue, chacun poursuivant son chemin. Et ce, jusqu’à ces dernières années où Danko et lui avaient fini par se recroiser de temps à autre. Se rendant compte que le courant passait toujours aussi bien, Danko n’a pas hésité à lui confier une nouvelle collaboration. « Eric a de suite accepté de devenir à nouveau notre producteur, en adoptant la même méthode de travail que celle qu’il avait appliquée en ’99. On avait beaucoup aimé ce qu’il avait réalisé à cette époque. C’était quelque chose d’important pour nous qu’il accepte à nouveau de collaborer. C’est comme si on revenait à cette phase initiale où tout a débuté pour nous. C’était un retour aux sources ».

‘Fire Music’ est également marqué par l’arrivée de Rich Knox, nouveau batteur au sein du trio. Un changement bénéfique pour le band, où chacun peut apparemment désormais se concentrer uniquement sur son instrument. « C’est le premier drummer à rejoindre le line up pour lequel je n’ai absolument rien à dire concernant son jeu. Ce n’était pas le cas de nos deux précédents, car je devais fréquemment vocaliser la batterie pour qu’ils comprennent. Rich est un peu comme Damon Richardson (NDR : derrière les fûts jusqu’en 2005). Aussi, je peux à nouveau me concentrer sur mes vocaux et ma guitare sans avoir à me soucier des drums. » Une osmose qui, selon le groupe, s’étend également au niveau relationnel. Après avoir sillonné bon nombre de routes l’année dernière, le nouveau trio n’hésite pas à parler de symbiose entre eux trois. Une ambiance qui facilite le quotidien, particulièrement lors du récent passage en studio. « Tout a immédiatement bien fonctionné. Rich est entré dans le studio et a géré totalement l’affaire. A un certain moment, lors de l’enregistrement, Eric (NDR : le producteur) s’est tourné vers nous et a déclaré ‘Vous l’avez trouvé où ce mec ?!’. Ses parties de batterie ont été magnifiquement exécutées, sans que nous en ayons particulièrement discuté auparavant. Le genre de détail qui facilite la vie… »

L’adage est bien connu : qui dit sortie d’album dit nouvelle tournée. Même si les dates n’ont pas encore été toutes dévoilées, les Canadiens ont d’ores et déjà confirmé leur présence en Belgique en juin prochain, au Graspop Metal Meeting. « C’est un peu bizarre pour nous de jouer au Graspop car c’est un festival de Metal, et on se demande si on est vraiment en phase pour jouer là, aux côtés de Slipknot ou encore d’In Flames. Une situation qui nous laisse un peu perplexes. Mais on verra bien ! », lance Danko. Le groupe est d’ailleurs un habitué de nos festivals. Outre celui de Dour en 2013, le band s’est déjà affiché à Werchter ainsi qu’au Pukkelpop. « Les festivals belges sont incroyables. Je me souviens que lorsqu’on s’y est produit, le Pukkelpop programmait en tête d’affiche Iron Maiden. On jouait évidemment sur la scène voisine et il n’y avait que quelques personnes pour nous regarder, mais c’était très intense. On ne pouvait s’empêcher de penser, pendant notre set, qu’Iron Maiden allait embrayer à côté de nous juste après… », raconte en souriant le bassiste John Calabrese.

L’occasion de revenir sur leur participation au ‘Motörhead’s Motörboat Cruise’ à la fin du mois de septembre 2014. Une expérience particulière de cinq jours, sur un bateau de croisière, où se sont succédés des groupes invités par Motörhead. « Cette invitation a vraiment été un honneur pour nous. Ce périple nous a permis de jouer parmi d’autres groupes comme Down, Anthrax ou encore Testament. Sans oublier les gars de Ministry, pour qui on avait déjà ouvert le show à Los Angeles. Ce sont des amis. On s’est vraiment bien amusés ! » Ce n’est pas non plus la première fois que Danko Jones figure sur la même affiche que Mötörhead. On se souviendra notamment de leur set en 2008, à l’Ancienne Belgique, où les Canadiens avaient ouvert pour la bande à Lemmy, avant de rejoindre ce dernier sur les planches, un peu plus tard, sur le morceau ‘Killed By Death’.

Danko se remémore : « Je pense qu’on a joué ensemble à une vingtaine de reprises. J’ai eu l’occasion de voir Lemmy deux fois sur le Motörboat, dont une fois où on a pu parler entre quatre yeux, ce qui n’était pas facile car il y avait toujours une vingtaine de personnes autour de lui. Je dois dire que c’était quand même intimidant de se retrouver face à lui. Il est ce qu’il est ! Il a une aura. Il dégage quelque chose de particulier. J’ai d’ailleurs une bonne anecdote… Lemmy savait que je ne buvais pas beaucoup d’alcool mais il a quand même tenu à m’offrir à boire un whisky coca. Mais je ne savais pas qu’un whisky coca à la Lemmy, c’était autant de coca et autant de whisky (NDR : il mime un dosage dans un verre où le whisky est largement dominant…) Et moi, évidemment, j’ai bu ça comme si c’était de la bière. J’ai bien failli m’étaler. Lemmy a rigolé et m’a rattrapé par le bras en me disant ‘Sit down man, take it easy…’ On a bien rigolé ! »

C’est d’ailleurs à l’occasion de cette croisière que le groupe a partiellement tourné le clip de ‘Gonna Be a Fight Tonight’ (pour le visionner, c’est ici), single du nouvel album, histoire de se mettre l’eau à la bouche avant la sortie officielle de ‘Fire Music’ le 6 février prochain. A bon entendeur : outre leur concert prévu au Graspop Metal Meering en juin, il est probable que Danko Jones revienne  à l’Ancienne Belgique, après l’été.


 

The Scrap Dealers

Marre du garage…

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Ce 13 décembre 2014, la formation liégeoise The Scrap Dealers se produisait au Water Moulin de Tournai. Précédant le set de The Marvin Gayes et The Shivas. Avant de monter sur les planches, le quintet nous a accordé une interview. Au grand complet. Pendant leur collation. Seul souci au moment de rédiger cet article, c’est qu’en retranscrivant cet entretien, difficile de déterminer si les propos émanent de Hugues (guitare, chant), Régis (guitare, chant), Justin (basse), Cédric (guitare) ou Antoine (drums). Heureusement la plupart de leurs avis sont partagés. Et quand ils sont plus nuancés, votre serviteur tachera de le préciser.

La conversation débute par une boutade, puisque ‘The Scrap Dealers’ se traduit par ‘les ferrailleurs’. Or, à Kain, près de Tournai, le long de l’Escaut, est implanté, un énorme chantier de recyclage de métaux. Je leur demande donc si avant de débarquer au Water Moulin, ils y ont fait un crochet. L’allusion semble les perturber avant que l’un d’entre eux ne retombe sur ses pattes : « Faut demander à Hughes. Fallait trouver un nom. Ben, c’est vrai qu’il n’est pas très intelligent, alors on ne préfère pas en parler… » L’occasion d’embrayer par une question bateau (?!?!?), pour connaître le parcours musical des membres du groupe. Ainsi, Antoine a milité au sein de Pirato Ketchup et les autres, Local Fourmost Band, qu’ils ont quitté pour raisons personnelles, afin de rebondir chez The Scrap Dealers. « Un nom plus intelligent », embraie le même interlocuteur… Et en remontant ce nouveau projet, les musicos ont décidé d’y insuffler un nouvel esprit et d’écrire de nouvelles compos.  

Leur premier Ep s’étale sur plus de 33 minutes. Pourquoi donc n’a-t-il pas été considéré comme album ? Le groupe le considère comme tel, mais c’est JauneOrange qui a décidé de lui coller l’étiquette d’Ep. La plupart des critiques du disque que le band a pu lire soulèvent la même remarque. « On pense que la manière et la longueur y sont. On ne croit pas qu’il soit vraiment courant qu’un Ep réunisse 8 titres en près de 35 minutes. C’est même plutôt rare… » Un disque qui recèle un morceau caché. Comme pas mal de cds gravés au cours des nineties. Mais dans un style différent. Plus folk. Minimaliste même. Et sans titre. C’est Hugues qui s’exprime : « Il nous a quand même demandé une journée d’enregistrement. En fait, je voulais composer une chanson pendant les sessions et la travailler en compagnie du groupe. Mais cela n’a pas marché. Comme je l’avais écrite, on l’a enregistrée uniquement avec une guitare et quelques effets et on l’a ajoutée au tracklisting… » Une compo beaucoup plus paisible. « Effectivement, on voulait calmer le jeu. Que ce morceau surprenne. Et on l’assume à 200%. On est satisfait du choix d’ailleurs. » Oui mais alors pourquoi trois guitares sur scène ? « Parce que s’il ne tenait qu’à nous, on en mettrait davantage. Le problème en ‘live’, c’est qu’il faut de la place pour les caser. Et en général, sur les planches, il manque d’espace… »

Etonnant, mais vu leur jeune âge, les musiciens n’ont pas une mauvaise connaissance de l’histoire de la musique pop/rock. Et surtout sont conscients de leurs influences. Intentionnelles ou pas. Un titre comme ‘No sense in your eyes’ est imprimé sur une rythmique hypnotique qui pourrait faire penser aux débuts de Hawkwind. Ou alors a des combos issus du mouvement krautock comme Can ou Faust. Hugues reconnaît écouter beaucoup de rock allemand. Et bien sûr apprécier ce style musical. « On voulait créer un mur de son, en y ajoutant de la distorsion. Mais que ce soit en même temps ‘motorik’. Et c’est facile à jouer tout en y injectant de l’énergie afin de faire passer un simple message. Nous ne sommes pas des rockeurs progressifs comme Hawkwind. D’ailleurs on est moins doués. On essaie cependant de rester cohérents dans la structure des morceaux. Et puis, on ne connaît pas trop bien Hawkwind. M’enfin chacun a le droit de discerner, dans notre musique, ce qu’il ressent. Certains y décèlent du Count Five, du Blue Cheer ou du Blues Magoos… » Avis qui n’engage que votre serviteur, les mélodies d’‘Im so proud’ et de ‘For another day’ lui semblent aussi hymniques que chez les Dandy Warhols. « Davantage dans l’esprit de Brian Jonestown Massacre », me rétorque-t-on. Pourquoi pas ?

Abordons maintenant l’aspect plus garage de leur musique. A l’instar du morceau ‘I need you tonight’. Plus aride, plus malsain, mais dans l’esprit des Pink Fairies, voire des Deviants, deux groupes énormément portés sur les excès en tous genre. Justin prend la parole : « Deviants, j’adore. C’est même carrément mon groupe préféré. A cause du climat au sein duquel leur musique baigne. Sur cette chanson, la voix est particulièrement torturée. Et c’est en même temps lo fi. Très lo fi. Mais le thème de la chanson n’est pas particulièrement ‘harshé’. Elle demeure malgré tout sentimentale. Mais on a mixé très, très vite. Peut-être un peu trop. Pink Fairies ? J’aime un peu moins. Toujours aussi garage, mais plus pop… » Quant à ‘Evil ride’, il affiche une très jolie ligne mélodique. On pourrait même ajouter dans l’esprit du garage sixties cher aux compiles ‘Peebles’ et ‘Nuggets’. Ces anthologies figurent-t-elles dans leur discothèque ? « En fait, c’est une de nos plus vieilles chansons. Elle a même un petit côté post punk. La mélodie accroche facilement, c’est vrai. C’est aussi une des plus courtes. Une ballade de 2’30. » Mais le garage, ils en en ont tous un peu marre qu’on leur en parle et surtout qu’on les enferme constamment dans ce cadre. « Il faut savoir que depuis le début, on nous confine dans une cave. En nous comparant aux Black Lips, par exemple. On en a plein le c** ! Nous ne souhaitons pas être cloîtrés dans un genre,  à tout prix. Correspondre à une image prédéfinie. On a commencé comme formation de garage punk. La critique a essentiellement retenu cet épisode. Et elle continue à nous comparer aux Black Lips, aux Seagulls ou encore à Oh Sees. Ces analogies nous collent encore à la peau comme un chewing-gum pourri. Notre musique est en évolution constante ! Et le public est étonné de voir que le nouveau répertoire est totalement différent du single. En fait nous sommes encore un jeune groupe. Il n’a pas trois ans d’existence. Et au début, on a dû cravacher pour écrire des morceaux. Il était donc plus simple d’adopter le punk garage. Aujourd’hui, on a un peu plus de disponibilité pour travailler notre musique et rendre nos compos plus élaborées. Ce n’est pas qu’on change vraiment de style, mais on consacre plus de temps à les réaliser. Et puis on n’a pas envie de toujours reproduire la même chose. On a envie de toucher à des tas d’autres trucs. En fonction des humeurs… »

Inévitablement, quand on touche au psychédélisme, on pense au recours à des instruments insolites, indiens ou orientaux, notamment. Ou alors à l’utilisation de l’électronique comme Animal Collective, MGMT et il y a quelques années Ozric Tentacles. Alors, tenté par cette vision plus électro ? « On verra bien. Dans le futur, on va essayer de nouveaux types de synthés. Il y aura certainement des choix à poser. Ce sera une décision commune. Si tout le monde est d’accord, pourquoi pas ? Sans culpabilité aucune. On ne va cependant pas aller sur la voie du rock expérimental électronique ou post rock avec énormément de moog. Mais en ce qui concerne un tel recours, dans certains morceaux, à l’avenir, c’est possible. Tout est envisageable. On n’est fermé à rien du tout. Mais ce n’est pas sûr que ce soit en live. Plutôt en studio. Et puis on est plutôt réticent par rapport à l’électro pure. On veut conserver l’aspect hypnotique et psychédélique de notre rock alternatif. Ce qui ne nous empêchera pas d’évoluer. » Un concept hypnotique qui soudain évoque pour votre serviteur –et je me lance alors sans filet–Loop et Spiritualized... En plein dans le mille ! Surtout pour Hugues. « Personnellement que ce soit à travers Spacemen 3 ou Spiritualized, Jason Pierce est un dieu. A cause de la personnalité et de la sensibilité de sa musique. Bien sûr, je ne cautionne pas tout ce qu’il a fait, mais pour moi son œuvre est remarquable. Par contre, Loop adopte un profil plus aride et nonchalant. Plus shoegaze… » Comme Jesus & Mary Chain et Black Rebel Motorcycle Club ? « On apprécie la musique de Jesus & Mary Chain, mais pas vraiment l’attitude de poseurs des frère Reid. BRMC est responsable de quelques bons titres, mais les ¾ ne nous accrochent pas vraiment. Le leader joue bien de la guitare, il chante bien, il est beau, et il le sait. C’est une attitude qui fait c*****… »

Intéressant de savoir quand même si un nouvel et véritable elpee (?!?!?) serait en chantier. « Il est terminé. Il est au mixing. Mais il n’a plus rien à voir avec ce qu’on a fait sur le premier. Pas mal de monde va se poser des questions… »  

 

Fastlane Candies

C’est l’énergie qui fait la différence…

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C'est dans le cadre des Francofolies de Spa que Fastlane Candies a eu l’amabilité de nous accorder cette interview. Soit ce 18 juillet 2014. En fin de soirée, après une journée torride. L’entrevue s’est déroulée dans le hall d'entrée de l'Hôtel Radisson Blu Palace. En délégation, le guitariste Laurent, aka Krispy Velours, et la claviériste Sandy C.

D'où vient le patronyme Fastlane Candies ?

Sandy C : Perso, je ne participais pas encore à l’aventure. Mais quand Alexis et Laurent l’ont entamée, ils cherchaient un nom qui sorte de l’ordinaire. Ils ont commencé à feuilleter les magazines de PMU et leur esprit a été attiré par celui d’une jument. Elle s'appelait ‘Fastlane Candy' et était encore à débourrer. Elle empruntait toujours la voie rapide. Le choix venait d’être établi.
Laurent : Nous ne voulions pas d’un nom qui représente quelque chose de spécifique. Qui définisse notre style. On l’a plutôt choisi pour sa consonance. Les mots correspondaient bien à l'esprit de notre projet. Le plus marrant, c’est que quand certaines formations américaines ou anglaises en adoptent un, ils cherchent à lui donner plusieurs sens. Parfois secrets. Nous avions côtoyé un groupe australien qui avait déclaré que le sien, Oh Drug's, en suggérait bien d’autres. Un but que nous ne poursuivions pas au départ. En fait, nous souhaitions simplement que le public y trouve ce dont il avait envie. C'est un concept intéressant. Il n'existe pas qu’une seule dimension dans un nom ou dans la musique. Chacun a le droit de s'y plonger et s'y retrouver à sa manière.

Candies, en français, se traduit par bonbons. Ce qui explique pourquoi votre pop est plutôt sucrée ?

Laurent : Oui, c'est sucré. C'est clairement dans cet esprit que notre musique évolue. Pour nous, Candies est un nom qui sonne pop. Il est pétillant et lolipop. Il est toujours difficile de déterminer l’origine de notre musique. Quand on a entamé ce projet, on n’était pas nécessairement attirés par ce style. Perso, j'écoute pas mal de trucs différents. Du psychédélisme. Du rock. Parfois plus dur, plus complexe. Au départ on a voulu emprunter une voie pop et directe. Positive, même. Certainement pas nous enfoncer dans un univers sombre. Et après l’avoir développée, elle est devenue un peu ‘sucrée’.

Sucrée, mais également colorée, comme « La Chica » ?

Laurent : Ce n'est pas incompatible. Certaine sucreries sont multicolores. Un peu comme chez Badbadnotgood, un trio de jazz/rock vraiment génial. Notre musique est colorée, mais nous voulons encore y amener d'autres teintes. En y apportant des éléments différents et en explorant d’autres sources. Nous essayons de rendre nos disques les plus cohérents possible. Davantage que les albums. Pour se forger un propre style. Sur le cd, on a voulu développer de nouvelles idées, comme sur « Charm » qui est un peu plus électronique. Dans le passé, j’avais un petit problème avec les cuivres. Mais depuis, j’ai écouté pas mal de bands qui y ont recours, et dont la section pète littéralement des flammes. Ces instruments sont plus classiques et permettent de générer des ambiances ou des nappes sonores. Ce qui me plaît beaucoup. Nous ne sommes pas assez compétents pour les développer nous-mêmes. On doit faire appel à des collectifs spécifiques. Mais c’est envisageable. On pourrait les utiliser d’une manière mélancolique, atmosphérique, comme Beirut. Miles Davis est aussi un musicien que j’adore…
Sandy C : Alexis est d’origine espagnole. J’apprécie des formations plus latino. Calexico, par exemple

Peut-on également qualifier votre musique de légère ?

Laurent : Difficile à dire ! Sur scène, c’est différent, on libère davantage d’énergie. On essaie de provoquer un déclic. Mais aujourd'hui, ce n'était pas évident. La salle était très belle, mais ce Théâtre Découverte est en configuration assise. Le public n’était pas très nombreux. Donc, au début, quand tu commences à jouer, tu as une drôle d’impression. Tu te sens un peu mou. Puis progressivement, tu entres dans ton trip. Surtout quand les spectateurs commencent à réagir. C’est à partir de ce moment que tu peux commencer à libérer l’énergie. Il n’y a pas de secret, c'est l'énergie qui fait la différence. Et cette interactivité entre l’artiste et le public. Mais ce n’est pas quelque chose qui soit prévisible. Parfois ça marche, parfois pas. Bien sûr, dans notre setlist, on glisse des titres qui ont de la pêche, au bon moment. Pour permettre au concert de décoller…  

Vous comptez beaucoup sur le collectif JauneOrange ?

Laurent : Oui, c'est important pour nous. Si nous avons atteint ce stade, c'est parce que nous appartenons à ce collectif qui se charge aussi de  notre booking. Ses relations nous permettent de se produire dans pas mal d'endroits. Il héberge plusieurs groupes liégeois qui s’entraident de manière générale. Et pas seulement pour la promo et le booking. La semaine dernière, nous avions besoin d'un van. Nous nous sommes adressés à notre label et The Feather nous a prêté le sien. C’est une forme de solidarité. Notre album a été produit par Xavier Guinotte, membre de MLCD et du collectif depuis le début. My Little Cheap Dictaphone, je les avais vus en concert, dès l’âge de 15 ans.

Question bateau, mais nécessaire pour mieux connaître Fastlane Candies. Quelles sont vos influences ?

Sandy C. : C'est assez marrant. Elles partent dans tous les sens. Même vers l’électro. J’aime beaucoup Django Django, par exemple…
Laurent : Elles sont multiples. Comme les comparaisons. Celle qui revient le plus souvent concerne Clap Your Hands Say Yeah. La voix du chanteur est particulière. Spécifique et immédiatement identifiable. Un peu comme celle d’Alexis. Et puis on aime bien ce groupe. Leur indie/rock n'est pas complètement calibré. Il est mélancolique, mais très susceptible de partir dans toutes les directions. Et c’est ce côté un peu 'fou, fou' qui peut contribue à mettre la pêche. A nos débuts, on aimait bien inclure des percussions, des couleurs exotiques, tropicales, et puiser dans d’autres cultures. Comme Django Django. Moins aujourd’hui. Perso mes goûts sont assez éclectiques. J’appréciais beaucoup Madrugada, dont la structure reposait davantage sur les guitares. Ce band norvégien s’est séparé. J’affectionne autant l'indie/rock américain et anglais en général que l’électronique. Je suis également un fan des Doors…

Et les Beatles ?

Laurent : Je ne crois pas qu’ils soient une source d’inspiration immédiate. Mais mon père était fan des Beatles. Il avait tous leurs vinyles et au cours de mon enfance, forcément je les ai écoutés. Tout comme Sandra, d’ailleurs. Nos parents sont également musiciens. Ce qui nous a permis de découvrir un tas d’artistes différents. Mais manifestement, les Beatles demeurent une référence imparable.

Le vinyle et la bonne vieille cassette audio, ringard ou un effet de mode ?

Laurent : Je ne peux pas en dire du mal, car je possède une platine vinyle depuis longtemps et je rachète des disques de ce type. J’en possède beaucoup. J'aime les écouter. Ce qui ne m’empêche pas de me poser des questions. Il y a, en effet, peut-être aussi un effet de mode. J’ai écouté ceux de mon père, tout petit, puis on est passé au cd. Après, on n'a juré que par le cd parce que c'était cool à ce moment-là. Maintenant le vinyle revient et c'est un son différent. C’est quand même en vogue. Les gens ont besoin d'un nouveau support et d'une nouvelle motivation. Le vinyle sonne bien et est plus chaleureux. La pochette est plus belle que cette du cd. C'est bien, mais ce n'est pas forcément l'essentiel. Bien que collectionneur de disques, j’avoue que ce comportement, cette envie d'accumuler un maximum de disques, ce n'est pas l'essentiel dans la musique. L'essentiel, c'est quand même de l’écouter. Pourquoi acheter ce que tu ne vas pas écouter ? Je me procure les disques qui me plaisent vraiment et j'essaye de rentrer dedans et de vivre vraiment la musique. Maintenant, si on peut l'auditionner dans de bonnes conditions sur une bonne chaîne hi-fi qui diffuse un son chaleureux, tant mieux ! Tout dépend aussi de la qualité du vinyle. Certains ne sont pas bien masterisés. Et il y en a plein. C’est pourtant indispensable. Pourquoi graver un cd en vinyle s’il sonne à l’identique ? Il est alors préférable de le laisser en cd. J'organise parfois des soirées 45 tours. Et je peux t'assurer que je suis dedans…

Trois albums cultes ?

Laurent : J’hésite entre « Trompe Le Monde » et « Bossanova » des Pixies. En fait, j'aime bien ces deux-là, car ils ont un gros son. Le public préfère, en général, leurs premiers. L’album éponyme de Suede. Je suis un grand fan de ce groupe. « Wish » de Cure, ensuite. C’est l’œuvre majeure de leur carrière. Elle m’a particulièrement frappée. Je l’ai beaucoup écoutée à l'époque. Mais « Disintegration » me plaît également. Il recèle davantage de diversité et renoue avec les débuts. 
Sandy C : Je ne vais pas te citer des titres d’albums, mais plutôt des artistes qui m'ont marqué. The Cure, Clap Your Hands Say Yeah dont je suis fan. Wampire également, dont on a assuré la première partie.

Vous avez participé à la plupart des festivals d'été ?

Laurent : En Wallonie, on en a assurés quelques uns…

Lors de votre concert accordé au Salon de Silly, vous avez rencontré un problème de claviers. Finalement, vous vous en êtes bien tirés ?

Laurent : Oui, c’est vrai. Pour ces Francos, on a joué sous un line up plus restreint. En formule acoustique avec un synthé. Ce n’est pas un problème pour nous. A la base, nous écrivons nos chansons suivant un profil guitare/voix. Mais elles sont adaptables. Pour l’album, on les a étoffées afin de leur communiquer une sonorité davantage pop/rock. On peut également leur donner une autre dimension. Il n'est pas impossible qu’à l'avenir on se serve uniquement de synthés et ou de boîtes à rythmes. Nous n’avons pas peur d’expérimenter et aimons emprunter de nouvelles directions…

Votre setlist est-elle immuable ou la modifiez-vous en fonction des circonstances ?

Laurent : Certains enchaînements entre morceaux fonctionnent bien. On a donc envie de les conserver. Parfois on opère la transition entre les compos à l’aide de passages aux synthés. Ce n’est pas une formule que nous avons adoptée aujourd’hui, car nous ne disposions pas des machines et nous produisions en ‘light’. Dans une setlist, certains titres sont prévus pour le début et d’autres pour la fin. Pour le reste, on essaye de varier quelque peu. Lors d’un festival, on n'a pas beaucoup de temps pour mettre en place une telle structure, et on privilégie ce qui accroche. Pendant un concert, j’aime qu’il se déroule par vagues. Une alternance entre moments plus énergiques et plus paisibles. Pour ne pas lasser…

Un nouvel album ou un Ep en préparation ?

Laurent : Pas pour l’instant. Mais Sandra bosse également sur son projet baptisé Telegraph. Alexis et moi-même avons le nôtre qui mêle musique et littérature. Alexis a publié un bouquin. Il a écrit les textes. Nous y travaillons. La lecture de ce livre est entrecoupée de fragments musicaux.
Sandy C : Oui, quand je disposerai d’un peu plus de temps disponible, je me focaliserai davantage sur mon projet. Pour l’instant, c’est assez difficile, car il demande trop d’application et de travail. Mais dès que possible il va se concrétiser. Et on va alors sortir quelque chose…
Laurent : Il est normal que de temps à autre, on prenne du recul par rapport au groupe. Qu’on s’aère l’esprit. Perso, j’aime bien m’aventurer dans l’électro. Et c’est en expérimentant qu’on trouve de nouvelles directions. J’imagine, qu’après avoir exploré d’autres horizons, on va remettre son métier sur l’ouvrage. Probablement en automne. Je ne pense pas qu’il faille écrire tout le temps et ramer encore et toujours dans la même direction. A un moment, il faut un peu s’arrêter. Ce qu’on vient de faire, mais pour se produire en concert. Mais ensuite, il va falloir se changer les idées, écouter d’autres trucs, se remettre en question, et reprendre alors notre route…

 

BirdPen

Même s’il faut soulever des montagnes…

Birdpen est une formation anglaise drivée par le chanteur/guitariste d’Archive, David Penney, et le guitariste/claviériste Mike Bird, roadie au sein du même collectif. C’est à l'hôtel Bloom, situé à deux pas du Botanique, que le tandem nous a accordé cette interview, juste avant son concert à l’Orangerie. Après avoir publié 5 Eps (autoproduits) depuis 2003, BirdPen a gravé « On/Off/Safety/Danger » en 2009, « Global Lows » en 2012 et « In The Company Of Imaginary Friends », cette année. Mais intéressons-nous d’abord à l’opération ‘Trekstock’ à laquelle participent les membres d’Archive, et Dave, notamment…

Dave : « Trekstock » est un projet caritatif qui vient en aide aux enfants atteints du cancer. Mais également qui se préoccupe de la jeune enfance, afin de prévenir cette maladie. En l’invitant à adopter une vie et une alimentation plus saines, notamment. Un projet qui a démarré, il y a plus ou moins 18 mois. C’est Alex, notre tour manager, qui nous a sensibilisé à cette question. Nous avons rencontré des membres de l'organisation et nous sommes avons projeté de réaliser l'ascension du Mont Blanc, pour lui donner une impulsion. Nous ne sommes pas parvenus au sommet, mais au moins au dôme, dernier niveau avant l'ascension finale. Nous étions presque arrivés au but, mais le temps s'est un dégradé vers 5 heures du matin. Nous étions accompagnés de guides chevronnés. Nous avons donc dû rebrousser chemin. On a quand même réussi à collecter 13 mille livres. Puis on a accordé quelques concerts au cours desquels on a accompli quelques DJ sets. Toutes ces initiatives nous ont permis de collecter des fonds. C'était une superbe aventure qu’on a vraiment appréciée. Et le dessein nous tenait vraiment à coeur.

Ce sont des gens comme toi qui permettent de se mobiliser contre cette maladie, surtout quand elle touche les plus jeunes. Quand on est passé par là, on sait de quoi il en retourne. Et la musique devient alors pour toi, une véritable drogue.

Dave : Oui en effet, la musique est toujours un bon moyen de s'évader et de prendre du recul par rapport à la maladie. Je te remercie pour le compliment.

Gravir le Mont-blanc, c’était un fameux défi, quand même ?

Dave : Je n'avais jamais osé me lancer dans une telle aventure auparavant. J'avais bien réalisé quelques petites ascensions, dans d’autres régions, mais jamais je n’avais eu recours à des équipements aussi spécifiques que des pics à glace ou des casques. Il a fallu que me fasse violence pour sortir de mon confort quotidien. C'était un challenge à la fois relativement neuf et effrayant en même temps. Mais, ce défi m’a permis de donner un autre sens à la vie…

Vous tenteriez à nouveau l’expérience ?

Dave : Oui, car je sais maintenant à quoi m'attendre.

En insistant davantage sur la préparation ?

Dave : Oui, principalement mentale. Nous vivons dans un une région peu accidentée. Pour s’entraîner, on est obligé de se rendre au Pays de Galles ou dans les Midlands. Donc il est relativement difficile de pouvoir s'exercer. J’ai un peu fréquenté les salles où on pratique l’escalade. Mais cela n'a rien à voir. Physiquement, j'étais prêt. Mais mentalement, c'était une autre paire de manches…

Pourquoi avoir fondé Birdpen ? Surtout quand on est impliqué dans un groupe qui possède déjà une telle notoriété. Vous avez dû sortir de votre cocon ?

Dave : Mickael va répondre…
Mickael : Les événements se sont déroulés différemment. Birdpen est un projet que nous menions, bien avant de nous investir chez Archive. En 2002, nous réalisions déjà des vidéos pour d'autres groupes, que nous signions Birdpen. Puis on a commencé à se produire en concert et développé d’autres concepts…

Vous parvenez à gérer deux groupes ? N'est-ce pas, parfois, un peu schizophrène ?

Dave : Complètement. Actuellement je suis impliqué dans 3 projets. Je bosse également dans l'industrie musicale. Tout dépend de la nature de ton job. On pourrait se contenter de s’exprimer uniquement à travers Archive ; mais je ne crois pas que ce soit une bonne idée. Parfois, on veut développer d’autres trucs, différents du collectif Archive. Archive est le fruit de l’imagination de différents musiciens. Aux idées différentes. Ce qui le rend billant et unique en son genre. Birdpen se limite à celles de Mickael et des miennes. Et c'est vraiment très bien ainsi. Le troisième plan auquel je participe, c’est celui de Robin Foster. Mais il se charge de la musique, et moi des paroles. Ces trois projets me tiennent vraiment à cœur. Le plus important est de rester actif. Chaque fois, ce sont des moyens qui permettent d'exprimer tes idées, tes opinions et de solliciter ton inspiration. Nous avons beaucoup de chance que le public apprécie notre création. Mais pour y parvenir, tu dois t’impliquer à fond et montrer ce dont tu es capable.

Et en même temps, te permettre de t'échapper d’Archive ?

Dave : Absolument ! Même s’il est parfois plus difficile de les mener à bien que de participer au collectif. Mais l’inverse est également vrai. Quand je me retrouve au sein d’Archive, je peux également m’évader des autres projets. Et je le reconnais, c’est une énorme opportunité de pouvoir disposer de plusieurs cordes à ton arc, et de vivre ta vie comme tu souhaites la vivre. Ce qui te permet d'acquérir de l'expérience, d’emmagasiner des connaissances, trouver de l’inspiration pour écrire et t’ouvrir l'esprit.

Vous semblez très proche du public belge ?

Dave : C’est sans doute dû au fait qu’on y accorde le plus de spectacles, depuis un bon bout de temps. Les Belges et les Anglais ont pas mal de points communs. Chaque fois qu’on se produit en Belgique, sa réaction est vraiment surprenante. Que ce soit lors des festivals ou au Botanique, elle est même fantastique. Au fil du temps, les représentations se sont enchaînées et l’accueil est toujours aussi bon.

Il sert de test pour vos nouveaux shows, avant de partir en tournée ?

Dave : On a déjà joué nos nouvelles chansons dans d’autres pays. C’est la première fois qu’on les interprète, ici en Belgique. On avait inversé le processus, lors de la sortie du précédent album. On avait inauguré nos compos sur le sol belge. Mais pas cette fois-ci. Nous ne pouvions pas attendre avant de les dispenser. Mais je pense que certains fans ont déjà entendu nos nouvelles chansons. Donc, ils savent, je pense, plus ou moins à quoi le nouvel album ressemblera…  

C’est votre troisième. Il s’intitule « In The Company Of Imagining Friends ». On peut en savoir davantage?

Dave : Oui, bien sûr. L’an dernier, nous avions composé deux morceaux et nous voulions approfondir le sujet. Le concept repose sur la perte de conscience. Pense aux alcooliques ou aux drogués. Ils s’enfoncent progressivement dans le côté obscur de l’existence. Et quand ils sont dans les ténèbres, il faut pouvoir s’en sortir. De nombreux êtres humains traversent des épreuves dans la vie. Cela m'affecte. Elle est relativement clémente pour moi ; mais ce n’est le cas pour tout le monde. Des tas de mésaventures peuvent s’y produire. Mais au mieux on peut les analyser, au plus elle deviennent claires et au mieux on peut les combattre. Ce disque est une porte ouverte qui laisse les gens entrer. C'est un album très personnel. Mais, aussi une libération pour pouvoir exprimer et évacuer sa détresse. Il reflète ce que l'on fait dans sa propre vie…

Est-ce une forme de thérapie qui vous a été nécessaire ?

Dave : Nous l’avons enregistré. Nous l’avons mixé ; une tâche que nous n’avions jamais exécutée auparavant. Mickael y a passé beaucoup de temps. Quand on l'écoute, les sonorités sont tout simplement incroyables. On l'a conçu et on l'a produit. C’est du 100% Birdpen. Autrefois, on devait avoir recours à un producteur et à un mixeur. Nous sommes relativement fiers du résultat.

L’accouchement a été difficile ?

Dave : Pas vraiment ! Nous connaissions parfaitement le sujet. Nous savions ce qu’on voulait faire. Ce qui est plus facile que lorsque tu ne sais pas exactement ce que tu veux. Nous étions très confiants. Nous étions conscient qu’on pouvait y parvenir ensemble. Et on y est arrivé…

Qui se charge des textes ?

Dave : Je les ai tous écrits !

Et de la musique ?

Dave : Mickael et moi, ensemble !

En général, le troisième album constitue un tournant dans la carrière d'un groupe. Etiez-vous conscients de cette situation, quand vous avez décidé de le produire et de le mixer vous-mêmes ? N’avez-vous pas l’impression d’avoir pris des risques ?

Dave : On a accompli un grand pas en avant en se chargeant à deux de cette tâche. Et si on est capable de l’accomplir, je ne vois pas de raison de changer notre fusil d’épaule, dans le futur. Il ne s’agit pas vraiment d’un changement ou un tournant, mais plutôt d’une progression naturelle dans la manière de travailler ensemble et d'écrire. De toutes manières, le résultat correspond exactement à ce que nous souhaitions entendre. Et puis Birdpen n’était pas très connu et il ne l’est pas beaucoup plus aujourd’hui. Au départ, tu enregistres toujours un album pour toi-même ; mais lorsqu’il sort, un tas de monde s’y intéresse et passe son temps à creuser le contenu…  

« I Like A Mountain », c’est la première plage de l’elpee. On en revient à l’ascension du Mont Blanc ?

Dave : J'avais écrit cette chanson avant d’entamer cette aventure. « I Like A Mountain » n’évoque pas l’escalade d'une montagne, mais un état d’esprit. Il faut prendre ce titre au sens figuré. Mon message c’est quelle que soient les épreuves de la vie, il faut juste les affronter comme elles sont. Même si on a l’impression de devoir soulever des montagnes pour trouver une solution. J'aime cette métaphore…

Quelques mots sur le nouvel album d'Archive ?

Dave : Il s’intitule « Restriction » et on vient de publier 3 singles en même temps. C'est encore le fruit d’idées fraîches et novatrices. On a de nouveau essayé de repousser les limites. Nous avons réalisé ensemble et simultanément toute une collection de vidéos aux visuels différents. Nous allons les faire vivre. On a beaucoup expérimenté. On s’est ouvert de nouvelles perspectives. Je pense que le public va vraiment apprécier. Une longue tournée suivra. On prie pour que tout se passe bien. Je touche du bois (NDR : il joint le geste à la parole).

Natalia Doco

La musique, un langage universel…

Natalia Doco est née en Argentine. Elle a pas mal bourlingué. Au Mexique, notamment. Avant d’atterrir en France. Elle a appris à parler la langue de Molière. Elle a été repérée par Serge Sabahi, un véritable découvreur de talents. Le courant est passé immédiatement entre eux. Mais il existe également une grande complicité entre Natalia, Serge et Fréro De La Vega. Ce qui lui a permis d’assurer le supporting act du duo, au Théâtre 140, le 12 novembre dernier. Elle reviendra, toujours en première partie, mais de Rodger Hodgson, l’ancien co-leader de Supertramp, le 25 janvier 2015, au Cirque Royal. Le concert est déjà sold out. Pour entamer cet entretien, les circonstances ne sont pas très favorables ; et pour cause, des groupies ont insulté Natalia, dès le début de son concert. Ce qui l’a forcée à quitter la scène après seulement trois chansons. Evidemment, c’est le sujet de départ de notre conversation…

Pas facile à encaisser. Il m’a fallu un certain temps avant de me remettre et de me calmer. Oui, je suis déçue. C’est la première fois qu’une telle situation m’arrive… j’ai essayé de me concentrer afin de pouvoir continuer à chanter, mais peine perdue, elles continuaient à crier qu’il fallait que je dégage. Tout ce qu’elles attendaient, c’était de voir débarquer les garçons. Quand le public est assez jeune, ce sont des mésaventures qui peuvent survenir…

Parlons un peu de toi. Ton itinéraire musical est assez atypique. Tu es née en Argentine. Tu as vécu un moment au Mexique. Et finalement tu t’es installée en France. Que t’a apporté ce parcours dans ta carrière ?

Je me suis énormément produit au Mexique. J’en ai tiré une grande expérience. Surtout quand tu joues en compagnie de musiciens qui ont une vision différente de la musique traditionnelle. Et cet enrichissement culturel a inévitablement influencé mon style.

Nous t’avons découverte sur YouTube. Manifestement, tu es très active sur les réseaux sociaux. C’est une aide précieuse, pour toi ?

Absolument ! C’est en postant des vidéos sur Internet que j’ai été remarquée par ma maison de disques et mon manager.

Après avoir gravé un premier Ep, tu as sorti un premier album. Il s’intitule « Mucho Chino ». Il a bien été accueilli.

Oui. C'est ce qui m’est arrivé de mieux, depuis que je suis arrivé en France. Mais les événements se précipitent. J’y ai débarqué depuis deux ans, et il se produit de bonnes surprises tous les jours…

Pas aujourd’hui, malheureusement. Tu as chanté exclusivement en espagnol ; mais tu utilises également la langue de Shakespeare et de Molière. Tu es sans doute le plus à l’aide dans ta langue natale ?

Je chante également en portugais. Dans quelle langue ? Tout dépend. Oui il est plus facile pour moi de chanter en espagnol ou en portugais. Mais je m’inspire beaucoup de la musique anglo-saxonne. Et je ne peux l’exprimer qu’en anglais. Je viens d'écrire une chanson, à moitié en français et moitié en espagnol. Mais je dois encore m’améliorer dans ce domaine. Il y a trop peu de temps que je suis en France. La première année, j’étais incapable de m’exprimer dans cette langue.

Dans quelles circonstances as-tu rencontré les Fréro et Serge ?

J'ai rencontré Flo De La Vega pendant les vacances que je passais à Paris. Au cours de la dernière soirée. On s’y est croisé à différents endroits, au cours de la même nuit. Une histoire romantique. Depuis ce moment-là on est ensemble. Et la suite coule de source…

Tu es parvenue à séduire la France. Comment compte-tu faire pour séduire la Belgique ?

Je n’en sais rien. Aujourd’hui, c’était mon premier test. Je ne sais comment y parvenir. En fait, je ne vais rien faire. Ou si, continuer à faire ce que je sais faire : tout simplement chanter et tenter d’entrer en communion avec le public. Le public séduit sera celui qui partage une même énergie que la mienne. Mais ce soir, ce n'était pas possible.

Pour séduire le public belge, il faut un peu le connaître…

Je ne connais pas trop, effectivement. Mais… ne me quitte pas.

Ah Brel, très bien !

C'est une chanson que j’ai entendue très jeune. Même bien avant de savoir qu'il y existait une possibilité de vivre en France. En fait, c’était la version de la B.O. du film de Pedro Almodovar (NDLR : « La Loi du désir » - 1986, le titre y est interprété par Maysa Matarazzo). J'adore ce réalisateur. Il y a plusieurs années que je tente de la chanter. Mais auparavant, l’interpréter en français était pour moi totalement impossible. Il y a des années que j’essaie pourtant. Aujourd’hui, c’est amusant, elle représente beaucoup pour moi. C'est le premier moment proche de la langue française...

Quelque part, Brel t'a donc inspirée. Mais depuis que tu as débarqué en France, on pourrait y ajouter Charles Aznavour et Henri Salvador.

Salvador, j'aime bien. Il m'inspire beaucoup. Georges Brassens également.

Pour la réalisation artistique de ton album, tu as opté pour Jacques Ehrhart. Un choix personnel ?

C'est le patron de ma maison de disque qui me l'a présenté. Il avait déjà entendu quelques chansons… des maquettes notamment. Nous avons énormément discuté et il m’a conseillée. Nous avions plus ou moins les mêmes idées. C'était une belle opportunité de travailler avec quelqu'un à qui je ne dois pas tout dire. Quand j’ai entamé l’enregistrement, je ne parlais pas français. Donc, c'était bien de s'entendre dans une langue musicale, sans trop causer...

Les Beatles, Led Zeppelin ou les Stones ? Tu as une préférence ?

Immédiatement, je te réponds les Beatles. Mais j’adore aussi le Led Zeppelin. Mais pas seulement. Le Pink Floyd, également. La musique qui a bercé ma jeunesse. Mais les Beatles, je peux en écouter tous les jours ?

Qu’est-ce qui t’as poussé à te lancer dans une carrière musicale ?

J'ai fréquenté un peu le Conservatoire. En Argentine, le cursus est très long et je voulais toujours en connaître davantage. J’ai assisté aux cours pendant deux ans et j'ai retrouvé plein de musiciens qui sont mes amis. Mais j’ai arrêté pour en suivre d’autres, afin d’apprendre plus et plus vite.

Tes parents y sont pour quelque chose ?

Ma mère s’intéresse à toutes les formes musicales. Toute petite, elle m'a permis de découvrir les Beatles, Queen et Led Zep. Mon père jouait beaucoup de guitare. C'était un peu le roi de la soirée quand il en jouait en chantant. Il m'a éveillé à toute la musique révolutionnaire d’Amérique latine. J'ai donc grandie dans ce contexte.

Comment envisages-tu ton avenir ?

Je ne pense pas trop au futur. Cette attitude provoque trop d'anxiété. Tu penses que tout va bien ou le contraire. Je vais profiter de faire de la musique tant que je le pourrais.

Donc sur scène, tu es plus anxieuse que sur YouTube ?

Oui, un peu. Mais je profite du moment présent et de la scène. Sauf que je ne veux pas m’enfoncer mille plans dans la tête. Car, une telle accumulation limite les alternatives. Il faut accepter les choses telles qu'elles sont…

Antoine Chance

De Geluck à Chance, il n’y a qu’un ‘c’ de différence…

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C’est dans le cadre du Brussels Summer Fetival que nous avons rencontré Antoine Chance, juste avant le concert qu’il a accordé au Magic Mirror. Nous sommes dans les loges, devant un petit rafraîchissement. Antoine, c’est le fils de Philippe Geluck, le célèbre dessinateur du ‘Chat’. Il a la même bouille. Même calvitie naissante, même sourire enjôleur, même répartie, même bonne humeur. Et puis le mot néerlandais ‘Geluk’ ne se traduit-il pas en français, par chance ? C’est un clone presque parfait. En 2013, il assurait l’ouverture au même endroit. Aujourd’hui, il est programmé en tête d’affiche. Quel parcours accompli depuis les Nuits du Soir, auquel il avait participé l’an dernier !

C'est drôle quand même. Il y a un an pile poil, je jouais ici en première partie des Innocents et aujourd'hui, je me retrouve en tête d'affiche. Depuis, il y a eu la sortie du single et de l’album.

Il t’a fallu 10 ans avant de sortir ton premier album. Un bail quand même ?

Effectivement. J'ai développé des projets, sans forcément attendre un certain résultat. Ensuite, j’ai voulu qu’ils soient bien ficelés. Et dix ans se sont écoulés. Mais le disque a du succès. En même temps, je me sens en phase avec ce que j'ai fait. Il aurait pu totalement se planter. Alors j’aurais vraiment été mal dans ma peau. Je pense que j’aurais eu du mal à encaisser le coup. Même si je ne me serais pas entièrement remis en question. Je ne vais plus patienter 10 ans avant de graver un nouvel album. « Fou » est vraiment le premier. Si j’en sors un par décennie, je ne vais pas en enregistrer beaucoup. Et si je meurs à 81 ans, j’en réaliserai donc huit.

Peux-tu nous parler de ton parcours musical, en quelques mots ?

J'ai commencé à jouer du piano classique à l'âge de six ans. A douze, j’ai opté pour la guitare. Et j’ai délaissé le piano, avant d’y revenir vers 18. C’est à cette époque, que je suis parti étudier la musique, en Angleterre, près de Brighton. Puis, je suis rentré en Belgique et je me suis posé des milliers de questions. Envisageant alors de commencer à écrire des chansons. Je me suis lancé. Il a fallu de temps. Et le résultat est là.

Tu me fais penser à un moteur diesel, il te faut du temps pour te mettre en route…

C’est exact, j’ai un petit côté diesel.

Te sens-tu soutenu par ton label ?

Ma firme de disques est très présente et croit à mon projet. Elle m’a habitué à un gros ‘taff’ et c'est super. On bosse comme des tarés. On a bénéficié d’énormément de promo. En fait, c’est la même équipe qui me suit depuis longtemps. Et on obtient des résultats.

« Fou » est produit par Renaud Létang. Une raison ?

Je suis signé chez Mercury en France. On s'est posé la question avec mon équipe là-bas. Qui serait le gars ou la personne idéale pour assurer la production ? On est vite arrivé sur son nom. On lui a passé un coup de fil, il est venu, on s'est rencontré et tout s'est très bien passé. C'était finalement assez simple. J’ai été très impressionné, car je pensais que dans ma carrière, je ne travaillerai jamais avec quelqu'un de cette envergure. Et capable de concrétiser autant de projets qui lui plaisent. Ce qui me rassurait quand même. Je souhaitais bosser sous la houlette d’un pro qui me dise ce qui allait et n'allait pas. Et finalement si j’ai travaillé tous les jours dans son studio, j'étais parfaitement à l'aise. Renaud Létang a réussi à mettre de l'ordre dans mes idées. Il a sollicité le concours de deux musiciens de studio ; en l’occurrence Ludovic Bruni et Vincent Taeger. Qui ont abattu un fameux boulot. Le son est bon, assez brut, dépouillé. Peut-être un peu trop. Il est vrai que parfois, j’aime bien en remettre une couche. Il faut cependant savoir dire 'Stop'. Mais quelquefois, on a dit 'Stop' un peu trop tôt. Mais bon, sans quoi c’est un disque pour lequel je reste en phase. Dont je suis fier. Cependant, à la fin des sessions, je me suis rendu compte qu’il n’avait pas de fil conducteur. Que c’était une sélection de titres réalisés par une équipe. Ce qui explique pourquoi, en bout de course, on a dû mettre de l’ordre entre les bonnes idées et les moins bonnes. Et finalement, on a seulement conservé les morceaux les plus simples.

Le concert que tu as accordé à la Rotonde était blindé de chez blindé. Satisfait ? Surpris ?

Oui, c'était impressionnant. J'ai vu les vidéos, par la suite, et elles m’ont quelque peu bouleversé. Sur scène j’étais également assez ému. J'avais dur à tenir ma voix. Un tiers de l’auditoire était constitué de membres de la famille et d’amis. Sympa, car ce sont les personnes qui m’ont toujours encouragé à poursuivre ma carrière. Perso, cette date est importante et restera gravée dans ma mémoire. La salle est superbe et on peut en tirer un son impeccable. Faut dire que derrière les manettes, il y avait un expert (NDR : il s’agit de Benoît, l’ingé son de Puggy ; il n’est pas loin d’Antoine…)  

Ton planning de concerts en Belgique est bien fourni. As-tu prévu de partir à l’étranger ?

J’ai appris que Montréal se profilait ; notamment dans le cadre des ‘coups de cœur francophones’. Les Québécois ont reçu mon album ; et apparemment, ils l’apprécient. En outre, je ne connais pas le Canada et j’ai envie de m’y rendre.

Coco Royal, c'est de l’histoire ancienne ?

Pour l’instant, ce n'est plus du tout à l’ordre du jour. C'était la concrétisation de mon premier projet. On a accompli un bout de chemin ensemble et nous avons expérimenté un tas de formules. Nous étions encore à la recherche de la meilleure. Mais j’ai aussi vécu de très bons moments. Oui, en effet, j’ai mis Coco Royal, entre parenthèses…

Qui t’accompagne en tournée ?

Yannic Dupont se consacre à la batterie. Quand on s’est produit aux Nuits du Soir, c’était Ziggy de Puggy qui s’y collait. Il a un même talent. Il est cependant plus petit et affiche un physique moins suédois. On d'abord bossé en duo. C'était cool. Au départ, il est percussionniste, mais c’est un multi-instrumentiste. Il est également excellent arrangeur. Et puis, il a vraiment de bonnes idées. Geoffrey est arrivé ensuite. Il joue aussi bien de la basse que de la guitare et possède un fameux vécu dans l’univers musical. J'aime beaucoup mon groupe. On forme une belle équipe. On bosse énormément, et on s’entend très bien. Et puis, il y a pas mal de concerts. C'est vraiment chouette aussi.

Souchon et Voulzy, des références pour toi ?

Plus Alain Souchon, mais j'écoute aussi Voulzy. C'est un peu plus sucré et kitsch. J'aime bien Renaud aussi. Renaud et Souchon abordent l’écriture d’une manière totalement différente. Souchon utilise une forme poétique quand il raconte une histoire. Dans le domaine, c’est vraiment le maître. On attribue toujours la mélodie à Voulzy. Voulzy se chargerait de la musique et Souchon des paroles ? Ce n'est pas vrai ! Souchon est un grand mélodiste et j’en suis un grand fan…

Tu es très attentif au sens mélodique. Une conséquence de tes influences ?

En tout cas, c'est ce qui me préoccupe le plus. Après, je ne promets rien. J'essaye d'écrire un peu plus de textes. Et puis, je veux tout contrôler. Pour que tout soit parfait. Je suis aidé pour les textes de mes chansons. Effectivement, je passe beaucoup de temps à travailler les mélodies. C’est ce qui me passionne, en fait. De nouvelles chansons sont en chantier…

Ton single « Fou » est diffusé sur toutes les ondes. Ton nom est sur toutes les lèvres. L'année 2014 sera celle d’Antoine Chance ?

Je n’en sais rien. Ou alors, tous les gens que je rencontre sont soit des amis ou des ennemis. On me dit souvent que je cartonne et qu’on m’entend partout. Effectivement, le disque marche plutôt bien. Mais en même temps, depuis 2010, j’espère chaque fois que ce sera la bonne année. Et finalement, nous sommes déjà en 2014…

« Fou d'Amour », s'adresse-t-il à ton épouse ? Es-tu fidèle ? Es-tu un grand sentimental ?

Je ne suis pas fidèle du tout. Ainsi, elle va apprendre aujourd'hui. Je ne voulais pas lui annoncer. Je plaisante bien sûr. Oui, je suis extrêmement fidèle. Je suis plutôt un sentimental, quelque part, un romantique.

C’est la lune qui t’a inspiré pour « La Nuit Interpelle » ?

Que veux-tu que je réponde à cette question ? La  lune est toujours une source d’inspiration. Mais je n’ai jamais écrit de chanson au sujet de la lune.

Sur la nuit, oui !

« La Nuit A Ses Défauts » est une belle chanson. Je ne signe pas les textes ; mais c’est une belle chanson.

« Sur l'Asphalte » raconte ton parcours, ton histoire…

Je ne suis pas non plus responsable des paroles. En fait, c’est assez amusant, pour cette compo, j’ai envoyé à Marcel Khange, le parolier, quelques indications personnelles. Et résultat, elle colle parfaitement à mon parcours. L’autre jour, j’ai écrit le texte d’une chanson, en m’imposant de ne pas parler de ce dont je te parle ; et j'en parle quand même. Parfois, on se laisse un peu embarquer. Lors d’une émission, dernièrement, j’ai entendu Gainsbourg déclarer que c'est le mot qui donne l'idée ou l'idée qui donne le mot. Pour lui, c'est le mot qui donne l'idée. C'est donc ainsi. Chacun a sa vision des choses. Je suis assez d'accord à ce sujet.

Cette compo me fait quelque part, penser à Coldplay…

La démo, au départ, évoquait un peu Agnès Obel. Coldplay ? Peut-être. J'aimais vraiment bien. Mais aujourd’hui, c'est devenu une grosse machine. Il y a un bout de temps d’ailleurs. Ce qui est sujet à la critique, évidemment. Chris Martin est un poète. Il a quelque chose dans la voix et dans son écriture qui me touche.

« Qui c'est » adresse-t-il un clin d’œil à Bowie ?

Oui. Bowie est une sacrée référence. L'idée est venue naturellement. L'histoire de la guitare, c'est celle du batteur en studio. Il ne joue pas de guitare. Elle est drôle cette chanson. Mais au fil du temps, on l’a remaniée. Au départ, elle était plus mélo, plus Coldplay. C'est devenu un truc un peu rigolo, où on a ajouté des ‘claps’, aussi.

As-tu prévu de sortir un second single ?

Oui et c'est « Parader En Enfer ». On s’est rendu compte qu’elle avait une certaine pêche, qu’on ne retrouve pas sur disque. On l'a donc retravaillé. Pour l’adapter à la scène.

Antoine, la toile et les réseaux sociaux, est-ce important pour toi ?

Oui, très important. Essentiel, même. Je ne suis pas accro à Facebook. Mais je me suis inscrit sur des tas de réseaux sociaux. Je dispose même, depuis peu, d’un compte Twitter, que je n'utilise presque jamais.

Espères-tu décrocher un prix aux Victoires de la Musique ?

Un paquet ! Je ne sais pas… A vrai dire, l'album n’est pas distribué en France. En Belgique, on peut toujours espérer un ‘Octave de La Musique'. Peut-être…

 

Hell City

L’Apocalypse selon Hell City…

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Fondé en 2009, Hell City est un groupe belge de Heavy Metal qui monte petit à petit les échelons. « Victorious », leur dernier album, est sorti au mois de novembre dernier. L’occasion de revenir sur la conception de l’elpee, le climat au sein duquel il baigne, et ce qui lie les musiciens à leur producteur, Mikey Doling. 

Pouvez-vous retracer brièvement l’histoire de Hell City ?

Hell City, c’est tout d’abord l’histoire de deux gars qui voulaient simplement faire de la musique ensemble. Et plus précisément, des covers de Metallica. Parmi ces deux personnes figure Tommy, l’actuel batteur. Quelques compositions ont à l’époque commencé à voir le jour, dans un mélange de Heavy Metal et de Rock Stoner. On était alors en 2007. Le plus dur a été ensuite de dénicher de bons musiciens et de favoriser un déclic entre eux. Hell City a connu quelques chanteurs avant l’arrivée de Michelle (NDR : l’actuelle vocaliste). Michelle était en fait déjà présente au sein du line up, mais se chargeait seulement des backing vocals. Jusqu’au jour où on s’est rendu compte qu’on pourrait vraiment ajouter un plus si elle devenait la chanteuse principale. Ce qui a également influencé notre décision, c’est qu’elle était bien meilleure que notre chanteur précédent. Le choix a été vite fait !

Quelles sont vos sources d’inspiration ? Qu’insufflez-vous dans vos compositions, que souhaitez-vous communiquer au public ?

Nos sources d’inspiration varient fortement d’une personne à l’autre. Elles oscillent du Death Metal, genre Carcass, Arch Enemy ou At the Gates, au Funk en passant par le Rock plus classique. Note bassiste est par exemple un fan notoire de Prince ! Michelle a quant à elle de bonnes connaissances en musique électronique. Tu dois certainement te demander comment obtenir un ensemble homogène dans ce contexte ? Et c’est justement cette diversité qui est passionnante ! On retrouve dans Hell City des traces de tous ces genres musicaux, transformées en riffs de guitare, en mélodies et en lignes de chant. Le tout doit sonner rock et proposer de bon riffs accrocheurs. Et plaire au public. Cette particularité musicale nous a toujours permis de partager aussi bien une affiche où figurent des formations ‘easy-listening’ que plus lourdes.

Comment est né « Victorious » ? Quel est le processus d’écriture chez Hell City ?

Une grande partie du processus d’écriture se déroule dans nos locaux. Nous avons depuis peu notre propre espace de répétition où sont composés tous les riffs de guitare. C’est ensuite retravaillé et mis en forme, jusqu’à ce que nous entrions en pré-prod. On réalise cette tâche généralement en utilisant du matériel informatique de base, tout en réfléchissant déjà à ce qu’on pourra ajouter comme effets. Ce sont des étapes très riches musicalement parlant ! Mais c’est seulement lors de la production finale que l’ensemble prend forme. C’est également à ce moment que les compos doivent être adaptées les unes par rapport aux autres. Et c’est là que Mikey (NDR : Mikey Doling, producteur de l’album mais par ailleurs guitariste de Channel Zero et Snot) a été très bon : il a tiré l’album vers le haut, sans en perdre le côté rock’n’roll.

Comment s’est passée votre rencontre avec Mikey Doling ? Qu’a-t-il apporté à Hell City ?

Nous avons rencontré Mikey la première fois lors des Muzikantendag à l’Ancienne Belgique à Bruxelles. Franky (NDR : chanteur de Channel Zero) et lui donnaient une sorte de conférence à propos de l’arrivée de leur groupe au sein de l’industrie musicale. Nous étions à ce moment-là en plein dans le processus de mixage de notre précédent cd et nous avions déjà l’intention de lui faire écouter ce que nous avions réalisé. Il s’est montré disponible mais il a fallu attendre l’enregistrement d’un nouveau single pour qu’il intervienne. C’était pour « Ice Cold Rage », une première coopération et un premier test pour d’éventuelles implications futures. Et tout s’est très bien passé ! Mikey est un gars super, très positif et particulièrement intuitif aussi. Il nous a stimulés afin que nous nous dépassions et réalisions de cette production quelque chose de monumental. Il est lui-même guitariste. On a pu voir qu’il était également à l’aise lors des enregistrements des parties vocales. C’était vraiment un plaisir de le voir à l’action. Un de ses mots d’ordre ? ‘Don’t bore us, get the chorus !’ Des refrains ‘catchy’, c’est ce qui importe ! Que vous soyez dans le circuit commercial ou dans le monde du metal, peu importe, c’est ce qu’on retient ! Et qu’on a donc fait…

La pochette de ce nouvel album évoque un paysage apocalyptique, montrant en avant-plan un bras coupé, poing fermé, suspendu en l’air par des câbles électriques. De plus, votre site Internet, en parlant de nouvel opus, mentionne qu’‘il est de temps réaliser qu’ensemble, nous nous soulèverons, nous serons victorieux’. Doit-on y voir le symbole d’une forme de résistance dans une société bouleversée, parfois chaotique ?

On a surtout travaillé la thématique de l’apocalypse, la fin des temps comme nous l’entendons, pas nécessairement le naufrage total mais une sorte de survie dans une jungle de déchéance. C’est un thème qui nous obsède. Le nom de notre groupe va dans le même sens. Sans vouloir paraître condescendant, cette idée d’une survie de la société actuelle, rongée par ses dérives agressives, son extrémisme, son isolement, me fait penser finalement à une sorte d’évasion romantique. Le titre de l’elpee, « Victorious », se réfère plutôt à une victoire à la Pyrrhus, une victoire après une bataille dévastatrice, où les pertes sont tellement grandes qu’elle ne peut avoir qu’un goût amer. Mais ce n’est pas de l’arrogance ! Ce titre se réfère également à l’élaboration de l’album et les efforts que nous avons dû accomplir afin qu’il puisse voir le jour.

On connaît davantage de présence féminine au chant dans des groupes de Metal symphonique (tels Nightwish, Epica, etc.), plus que dans des groupe de Heavy. Hell City se définit par ailleurs sur les réseaux sociaux comme un ‘Female Fronted Metal band from Belgium’. L’identité du groupe se focaliserait-elle sur la présence de Michelle Nivelle, vocaliste de la formation ?

L’enfant doit bien porter un nom et pour beaucoup de monde, il est plus confortable de nous cataloguer comme ‘Female Fronted Metal’. Cette connotation est plutôt une discrimination positive. Pourquoi profiterions-nous du fait qu’une femme joue dans notre groupe ? Michelle est un des gars parmi nous ! Ce qui n’empêche pas beaucoup de gens d’être charmés par cette compensation féminine au milieu de cette violence musicale.

Les morceaux de l’elpee sont présentés dans le livret, sous un ordre différent de celui présenté à l’arrière du CD. Un changement de dernière minute concernant la succession des morceaux ?

C’est la malédiction de « Victorious » ! Non, c’est une blague… C’était en fait une erreur lors du processus d’impression, une erreur de communication. Ce premier lot de livrets a par la suite été remplacé par un autre, cette fois-ci correct. Tu possèdes donc un exemplaire collector !  

Le titre « Ice Cold Rage » est repris dans une version acoustique (très réussie !) en fin de long playing. Pouvez-vous nous expliquer ce choix d’une version acoustique ? Et pourquoi ce titre en particulier ?

Nous avions cette idée en tête depuis un petit temps… « Ice Cold Rage » est actuellement notre composition favorite et c’est, selon moi, le meilleur morceau du CD. Nous avions lancé pour l’enregistrement de cet album un appel à dons via crowdfunding. Un des lots à recevoir était une soirée Hell City en acoustique. Nous avions, pour l’occasion, préparé sous cette forme, un certain nombre de nos morceaux ainsi qu’un set de covers. Il ne faisait aucun doute qu’on y inclurait « Ice Cold Rage ». L’acoustique permet d’ouvrir les portes à un large public. Beaucoup de gens sont surpris quand tu arrives avec tes guitares acoustiques et, qu’au final,  tu annonces jouer du Metal. Toujours drôles ces froncements de sourcils !

Vous vous êtes produits au Graspop, au Suikkerrock et au Metal Female Voices Festival. Vous aviez également assuré la première partie de Channel Zero, au mois d’avril dernier et vous jouerez avant les Vandenberg’s Moonkings à la fin de ce mois de novembre. Une tournée est-elle prévue pour la sortie de ce nouvel LP ? Avec qui rêveriez-vous de partager l’affiche ?

Quelques concerts sont prévus pour le début de l’année prochaine ainsi que pour l’été. Nous assurons par exemple les premières parties de Snot en février pour leur tournée européenne. Nous partons ensuite sur les routes, en Angleterre et au Danemark. Le Headbanger’s Balls est également confirmé. Pareil pour le BiesenRock. De belles perspectives en vue ! Le festival rêvé durant lequel nous pourrions partager l’affiche doit hélas, quant à lui, encore être trouvé ! Ce qui permettrait en tout cas un beau clash d’artistes !

« Victorious » est un long playing qui a pu voir le jour, comme vous le dites, notamment grâce aux dons reçus de vos fans via une plateforme de crowdfunding. Le montant espéré n’a malheureusement pas été atteint mais le disque a néanmoins pu voir le jour. Le crowdfunding permet-il à de nouveaux groupes d’émerger ? De quel œil voyez-vous ce nouveau type de soutien aux créations artistiques ?

Ce projet de crowdfunding a quand même permis d’obtenir de bons résultats car bon nombre de personnes nous ont contactés en-dehors la plateforme, notamment via les réseaux sociaux ou même directement. Le total des montants reçus nous a donné assez de possibilités pour nous lancer. Mais il est toujours difficile de se vendre, vu le nombre de portions du gâteau à partager au final entre les participants. Mais désormais, l’implication du public qui te suit dans ce projet t’oblige à revoir ce que tu leur proposes. C’était devenu quelque chose de plus personnel et, pour tout dire, ça fonctionne bien.

Les sources de revenu ne proviennent plus de la vente de cd mais bien de celle de places de concerts et surtout, majoritairement, du merchandising. Partagez-vous ce constat ? Hors grosses pointures, vivre de sa musique est-il devenu illusoire ?

En effet, la musique est aujourd’hui majoritairement digitale. Les medias via lesquels la musique est écoutée sont adaptés à ce format : lecteurs mp3, GSM, autoradio en Bluetooth, docking stations, etc. C’est pourquoi le CD est aujourd’hui devenu une sorte de fossile moderne. Mais on peut remarquer que la vente de merchandising a toujours la cote auprès du public Metal. La culture du t-shirt est toujours bien vivante, ce qui permet toujours au groupe de s’y retrouver quelque peu.

Allah-Las

Pourquoi se prendre la tête quand il y a du soleil…

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Allah-Las a publié, ce 16 septembre 2014, son deuxième album. Intitulé ‘Worship the sun’, ce disque baigne paradoxalement dans une musique minimaliste et psychédélique. Qu’on pourrait qualifier de rock garage, dans l’esprit des compiles ‘Nuggets’ et ‘Peebles’, anthologies qui ont permis aux mélomanes de (re)découvrir des formations de la mi-sixties comme The Seeds, Sonics, Electric Prunes, Standells, Count Five, Chocolate Watch Band et bien d’autres. Le quatuor reprend d’ailleurs régulièrement des titres de ces groupes mythiques. En live surtout. Dont le ‘Werewolf’ des Frantics et le ‘Long journey’ de The Roots. Vu cet intérêt pour cette scène, un elpee réunissant uniquement des covers de ce type ne ferait pas tache dans leur discographie. Un peu comme Ulver l’avait réalisé pour l’excellent ‘Childhood's End’. Miles Michaud, le chanteur/guitariste, n’envisage pas du tout de se lancer dans un tel projet…  

« On aime bien glisser l’une ou l’autre chanson de ce type dans notre répertoire, mais on préfère composer nos propres chansons. L’écriture et l’enregistrement sont deux actes gratifiants. Non, nous n’avons pas l’intention de sortir un disque réunissant exclusivement des reprises… » Les recueils ‘Nuggets’ et ‘Peebles’ constituent de véritables bibles pour Rudi Protrudi, le leader des Fuzztones ; mais Miles avoue ne pas connaître ce défenseur de la cause garage. Il avoue cependant qu’il va s’intéresser au personnage. Par contre, il considère les Beatles comme une référence majeure en matière de psychédélisme. ‘Magical Mystery Tour’ serait-il un album culte pour l’artiste ? Il admet : « Oui, j’aime beaucoup cette œuvre. En outre, j’apprécie tous les albums des Beatles. Mais, il est vrai que dans le domaine du psychédélisme, ils étaient au top. Pourtant, si ce concept était élémentaire, au départ, il a enfanté autant de miracles que de canulars. Mais absolument, ‘Magical Mystery Tour’ est, à mon humble avis, un chef d’œuvre ». Miles avoue beaucoup apprécier les combos issus des 80’s et des 90’s comme Spacemen 3, Jesus & Marychain, The Gun Club, The Clean et les Gories. Et parmi les plus contemporains, il cite Brian Jonestone Massacre. Il approuve : « Absolument ! Tous les groupes que tu viens de citer m’ont marqué. Mais aussi Red Krayola, Beat Happening et Mazzy Star ». Notre interlocuteur et ses acolytes connaissent plutôt bien les Warlocks, puisqu’ils sont également issus de Los Angeles. Il s’épanche : « Ils sont de la vieille école et pratiquent un psychédélisme conventionnel. Très branché sur les guitares. Puissant, musclé. Et se servent généreusement des delays. Ce n’est pas vraiment notre tasse de thé. Nous préférons mettre l’accent sur la mélodie, les harmonies et tirer parti d’un son de guitare susceptible de booster notre son. Quand on a l’occasion, on va quand même les voir en concert… » Lorsqu’on est issu de Los Angeles, on imagine que des mythes comme Love, les Beach Boys, les Byrds et les Doors constituent des références ultimes. Il confirme : « Effectivement. Il y a quelque chose qu’il faut bien comprendre, c’est que lorsque vous bossez à L.A., vous êtes inéluctablement bercés par la musique. Il est impossible d’éluder ce phénomène. A cause de l’environnement. Du temps. Mais c’est davantage lié à la musique qu’aux groupes ou artistes, qui sont passés par la ville elle-même. »

Pour enregistrer ‘Worship the sun’, les Allah-Las ont de nouveau fait appel à Nick Waterhouse, à la production. Est-ce devenu le cinquième membre du groupe ? Miles clarifie : « On se connaissait déjà avant de fonder notre combo et que lui ne monte le sien. On s’est connus à l’université de San Francisco et on partageait les mêmes goûts musicaux. Et quand on a entamé notre aventure, il venait nous voir en concert. C’est alors qu’il a déclaré vouloir travailler avec nous. Il a ainsi mis en forme notre premier single ‘Catamaran/Long Journey’. Nous avions testé d’autres producteurs ; mais faute de résultat probant, leurs pistes avaient été abandonnées. En fait, il sait exactement ce que nous voulons, connaît nos goûts et nos influences. Dans ces conditions, nous ne pouvions qu’être sur la même longueur d’ondes… »

Penchons nous un peu sur l’album. Pourquoi avoir choisi pour titre du long playing, un morceau aussi cool que ‘Worship the sun’ ? Il s’explique : « Ce titre se focalise sur des problèmes qui n’existent pas ou compliquent la vie inutilement. Pourquoi ne pas se simplifier l’existence ? Quand au soleil, il est bien présent, on le voit. Et on peut en ressentir les bienfaits. Pourtant, un tas de monde estime que ce titre est une incitation à glander au soleil. Mais il a une explication bien plus existentielle que de simplement s’allonger pour se faire dorer la pilule… » ‘501 – 415’ traite du thème du destin et du regret. Serait-il autobiographique ? Il répond : « Je ne suis pas sûr. C’est davantage qu’autobiographique. On peut partir de sa propre expérience et la transposer ailleurs. Alors on n’est plus dans l’autobiographie. C’est valable pour tous les titres de nos chansons. Au départ, il y a toujours un élément personnel. Puis on extrapole. Aussi quand je parle de sa vie, ce n’est pas ma vie… » ‘Had it all’ semble quelque peu calqué sur le ‘Heart full of soul’ des Yardbirds. Est-ce une coïncidence ? Miles confesse : « Oui, je pense. En fait, on avait interprété ce titre en studio. Récréativement. Et puis quand on a attaqué ‘Had it all’, on l’avait encore en tête. Il se pourrait donc bien que ce soit une coïncidence… » ‘Better than mine’ baigne dans la country. L’ombre de Beachwood Sparks semble même planer. Pas étonnant vu la réponse de Miles : « Je suis un grand fan des Beachwood Sparks. Quand on a monté notre groupe, on les considérait comme un modèle. Quant au country/rock, bien sûr, on ne peut nier ces influences. Que ce soit Gram Parsons, The Byrds, The Radio, Lynyrd Skynyrd et j’en passe… » ‘Every girl’ évoque le ‘Some girls’ des Stones. Même le refrain est hymnique. « Oui, mais pour le texte on parle de la difficulté rencontrée par les hommes d’admettre qu’ils ne peuvent pas tous être acceptés par les femmes. De ces mecs qui se promènent dans rue et tombent amoureux de 20 femmes par jour, et prennent régulièrement des vestes… » Le disque recèle quelques instrumentaux. Plutôt rare en 2014. « On aime la musique instrumentale. Ce n’est pas aussi rare que tu le penses. Disons que c’est plus étrange. Mais on considère ces morceaux comme du contenu. Et ce choix peut représenter une forme de rupture par rapport aux parties vocales. On peut insérer deux ou trois titres du style sur un album ; et on a remarqué que le public les apprécie également en ‘live’ ». ‘Ferus gallery’ est une chanson qui rend hommage à un endroit et un mouvement artistique qui n’a pas obtenu la juste reconnaissance. Le band y démontre son intérêt pour d’autres formes d’art ? « Oui absolument ! On s’intéresse à tout ce qui touche au domaine visuel. Au cinéma. A la vidéo. Et puis, nous sommes branchés sur l’urbanisme. Et particulièrement l’architecture. On apprécie la manière dont elle reflète et relie la culture à l’histoire. Et l’interaction entre l’architecture et le reste. Je suis passionné par des tas de formes artistiques. Et l’architecture est l’une d’entre-elles. J’aimerais bien me mettre à la photo, mais je n’ai pas assez de temps à y consacrer… »

Le site Internet d’Allah-Las est assez particulier. On y découvre une panoplie de photos qui semblent se dérouler à l’infini. Mais qui se charge des mises à jour ? « On y participe tous, mais c’est principalement Spencer (NDR : le batteur) qui s’en charge. Surtout pour les photos »

Avant de poser la dernière question, il était intéressant de comprendre la signification du patronyme et puis d’entendre la bonne manière de le prononcer. Allah, oui, on sait pourquoi. Enfin, surtout quand on sait que le guitariste est de confession musulmane. Pour Las, on imagine une référence aux combos de la mi-sixties, et en particulier aux Shangi-Las. La ville de Los Angeles est inévitablement un symbole pour ce combo issu de la côte est des States. Mais, The La’s est également un band insulaire qui a marqué les eighties. Des comparaisons que ne conteste a priori pas Miles. Quand à la prononciation du band, dites ˈælə-lɑːz’…

(Merci à Vincent Devos)

 

 

Arsenal

Il y a une belle interactivité entre le public et nous…

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L’entretien se déroule le 30 août 2014, dans le cadre du festival des Barges à Scène sur Sambre. Les deux piliers et membres fondateurs sont au crachoir ; en l’occurrence le chanteur John Rohan et le bidouilleur/électronicien Hendrik Willemyns. C’est en 2003 que le duo a véritablement pris son envol ; et tout particulièrement lorsqu’il s’est rendu compte que le renouvellement des collaborateurs permettait à sa musique de prendre une autre envergure. Un concept que le band va reproduire, au fil des albums. Ainsi, pour enregistrer « Furu », il a bénéficié du concours de la très jolie Lydmor, une chanteuse féringienne. Quand au climat de l’elpee, il nous plonge carrément dans l’univers du pays au soleil levant…  

A chaque nouvel LP, les influences sont différentes. Est-ce intentionnel ?

Hendrik : On essaie toujours d’innover. Tant musicalement que vocalement. Au début, on engageait des artistes vivant à Bruxelles. Mais issus des quatre coins du globe. Surtout des Congolais et des Maliens. Un choix qui, au départ, a marqué notre style. Il a même été taxé de world. Une étiquette que je n’aime pas vraiment. En outre, on n'apprécie pas tellement ce style musical. A contrario de la musique brésilienne qui est primordiale, pour nous. Cependant, on a voulu se remettre en question et élargir nos expérimentations. Pour réaliser le second elpee, on a bossé en compagnie du chanteur de rock Aaron Perrino. C’était une première. Mais le projet nous a semblé intéressant. Novateur. A l’instar de ce qu’on réalise à l’aide de nouveaux instruments. C’est ce qu’on a voulu approfondir sur le nouveau cd. On a ainsi intégré des steel drums, des marimbas et autres instruments insolites. On se demandait quand même, quel serait le résultat. Mais finalement il ne nous a pas déçus.
John : Ce qui nous a permis d’acquérir davantage d’expérience. Et c’est primordial pour nous.

Dans quelles circonstances avez-vous rencontré Lydmor ?

Hendrik : On a découvert Lydmor sur YouTube. Ses chansons sont très belles. Sa voix est exceptionnelle. Ma copine estimait que beaucoup de filles chantaient comme elle. Je n’étais pas d’accord. Elle possède un feeling rare, spécial et différent dans la voix. Quelque chose qui dégage. Une forme de combinaison entre l’explosivité et l’originalité. Et on en eu la confirmation en studio. Si Lydmor est bien suivie et correctement managée, elle peut faire un malheur et recueillir un succès phénoménal. C'est tout ce qu'on lui souhaite.

Sur les planches, on ressent une belle connivence entre John et Léonie. Elle est instinctive ?

John : Notre coopération a très vite évolué. Nous avons rapidement été à l’aise ensemble, tout en se montrant respectueux ; ce qui a permis d'expérimenter et de se produire sur scène en sa compagnie, sans devenir pour autant un duo comique. Une certaine énergie se libère de notre connivence. Mais que nous souhaitons dispenser avec classe.

Vous vous produisez régulièrement dans le cadre des Lokerse Feesten. Et vos spectacles y sont toujours particuliers. C’est la conséquence d’une histoire d’amour entre Arsenal et le public de cette région ?

Hendrik : Oui, je pense. Il s’agit d’un des premiers festivals auxquels on a participé. On a un peu grandi grâce et au fil de ce festival. On s’y est produit pendant 8 ans. Chaque année, on y était. Non pendant 7 ans, pas l'année dernière ; mais on y est revenu en 2014. Oui, il est exact que nos shows y sont chaque fois explosifs. Le public est parfois nombreux pour applaudir des stars, mais parfois il est peu ou pas réceptif. Pour nous, il réagit toujours au quart de tour.
John : Curieux quand même ! Et pourquoi Lokeren ? Mais c'est très bien. A Lokeren, on n’a que de bons souvenirs.

Un concert d'Arsenal ressemble davantage à une fête de la musique qu’à un concert. Une explication ?

Hendrik : Ce n'est pas intentionnel. C'est parce qu’on aime ce qu’on fait. Et ce que le public aime. Au début, le concept se résumait à John et moi. On ne s’investissait pas beaucoup en ‘live’. On partageait simplement notre passion pour la musique. Puis, on s’est livré, et le public nous l’a rendu mille fois. C'est magnifique, c'est organique. Il y a une belle interactivité entre le public et nous. C'est Arsenal, quoi.
John : Et on s’est rendu compte que c’était chouette d’assister à un concert quand les artistes se livrent totalement. C’est ainsi qu’ils ont un retour. C’est ce qui marche le mieux.

Vous avez accordé la ‘release party’ de votre nouvel LP au Lotto Arena d'Anvers. Vous étiez dans une forme olympique, ce soir-là…

John : Merci, nous étions enchantés du concert. Pourtant, nous stressions avant de monter sur les planches. A cause du décor, du light show, de la mise en scène et surtout du son. Dans cette salle, tu as intérêt qu’il soit au top. Quand on organise un tel événement, il ne faut rien laisser au hasard. Finalement, on a le droit d’être fiers et satisfaits. D’autant que les réactions de la presse étaient bonnes. C'était du jamais vu pour nous en Belgique.

Avez-vous le projet de vous produire à nouveau plusieurs jours de suite à l’Ancienne Belgique ? A guichets fermés, bien sûr ?

Hendrik : On y sera le 15 mai de l’an prochain. Mais je ne crois qu’on reproduira ce type de spectacle en série. Sinon, pas que ce concept deviendrait une blague, mais plutôt une forme de concours. On veut quand même bien encore jouer quatre soirs d’affilée. La dernière fois, c’était à 6 reprises. La formule peut devenir ennuyeuse. En plus, aujourd’hui, tu ne peux plus rien faire à l’AB. Ni boire, ni fumer.

Entre vous et Gabriel Rios, il y a une grande complicité ?

Hendrik : Nous avons rencontré Gabriel à Amsterdam, alors que nous étions à la même affiche. C'est un très bon ‘performer’. Il a une belle voix. Et son concert baignait dans la world. On en a conclu qu’une collaboration pourrait déboucher sur un résultat concret. Après avoir tenté l’expérience, on en a conclu que ce n’était pas trop mal. Enfin, les compos qu’on lui avait refilées n’étaient quand même pas terribles ; mais sa carrière a explosé par la suite.  Parce qu'on était devant l'explosion avant l'explosion de Gabriel Rios. Nous disposions d’un morceau de Gabriel, « The Coming ». Et on l’a joué en studio. Puis mis en boîte. Et il a marché du tonnerre. Ce titre est devenu incontournable pour nous. Il en existe peu de comparables. Ensuite on est devenus amis. C’est un artiste que nous respectons. Je pense que c’est réciproque. Enfin, je ne sais pas, mais nous on l’estime énormément.

John le sait, je suis un fan de Puggy, et paradoxalement, les membres de Puggy sont des aficionados d’Arsenal. Ce qui m’a permis de me faire pas mal d'amis en Flandre. Votre musique est fédératrice, c'est fou quand même ?

John : Fédératrice, j'aime bien ce mot.
Hendrik : Fédératrice, je n'ai jamais entendu ce terme. C'est possible. On n'est pas un groupe flamand, mais belge. Au sein d’Arsenal, la plupart de nous parlent le français. Mais nous sommes moins connus en Wallonie que Puggy en Flandre ; et c'est dommage…
John : Je pense que Puggy est plus populaire en Flandre que nous en Wallonie. C'est bon pour eux, j'aime bien ce qu'ils font. Ils libèrent une bonne énergie en ‘live’.
Hendrik : C'est bon pour eux.

Vous vous êtes rendus au Japon pour apporter votre concours au film « Furu ». Comment s’est déroulé ce périple ?

Hendrik : En fait il s’agit d’un long métrage dont j'ai écrit le scénario en compagnie de Johny Whiteney, le mec des Blood Brothers. Celui qui participe aux vocaux sur « Lokemo » et le dernier disque aussi. On a écrit une histoire qui a servi de canevas à l'album. Nous avons produit ce film au Japon. L'avant-première sort mi-septembre à Tokyo. Ensuite, il sera présenté dans le cadre d’un festival cinématographique à Gand ; et puis, on le défendra en tournée. C'est l'histoire d'un personnage qui souhaite devenir musicien. Il habite le long de la mer. Il atteint son objectif. Et devient même célèbre. Mais il doit en payer le prix. Et il tombe ; or le verbe tomber se traduit en japonais par « Furu ».

Pas trop difficile le tournage du clip dans la piscine ?

Hendrick : Pas facile, mais finalement chouette. Y plonger en conservant ses vêtements et ses chaussures était très éprouvant. D’autant plus qu’on est resté un certain temps, au fond. J’ai bien cru que ma dernière heure avait sonné. Et à un certain moment, j'ai dit adieu.
John : C'était vraiment beau. J'ai montré le clip à Hendrick dans une prochaine vie, mais il est retourné dans l'eau.

La musique d’Arsenal est-elle tournée vers le futur ?

John : Un son du futur ! Difficile de donner une telle dimension à ta propre musique. C'est quand même un compliment, je l’avoue. Nous voulons aller de l’avant, c’est vrai. Nous ne sommes pas comme ces revivalistes qui recyclent les Beatles, les Stones ou d’autres groupes britanniques. Finalement, ils repassent toujours les mêmes plats. On essaie donc d’éviter la recette. Donc, si on me dit qu’Arsenal a un son du futur, c'est un compliment. Merci !

Mirko a bossé sur l’album de Marie Warnant. C'est une belle ouverture pour elle, en Flandre. Arsenal a de nombreux fans en Wallonie, mais y est rarement programmé en concert. Un problème de barrière linguistique ?

John : Il n’y a pas de booking ici. Depuis qu’on a sorti « Fury », c’est la première fois qu’on rejoue au Sud du pays. C’est dommage ! J’adore venir ici. Lors de la parution de nos anciens albums, nous avions accordé quelques dates à Mons, à Liège et à Charleroi. Et on a eu un franc succès. Hormis Scène sur Sambre, c’est le vide. J’espère que la situation va changer.

La musique est-elle devenue une drogue dure pour les membres d’Arsenal?

John : C'est un job superbe. Ce n'est pas une drogue dure, mais la musique en général, c'est le réveil du matin. Elle est très importante dans notre vie. C'est la première chose à laquelle on pense. Et puis je l’adore. Si je devais choisir aujourd'hui entre perdre mes yeux ou mes oreilles, j’opterai pour les yeux. Je ne peux pas vivre sans musique. C'est un choix très clair.

Hendrik, ne crains-tu pas qu’on te vole tes machines. Quelle serait ta réaction si tu subissais un tel préjudice ?

Hendrik : Aucune. Je rentre chez moi.

 

Romano Nervoso

Une tournée des bars comme répète générale…

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Cet entretien s’est déroulé le dimanche 31 août, dans le cadre du festival des Barges, à Scène sur Sambre. Au crachoir, Giacomo Panarisi, le leader de Romano Nervoso, une formation louviéroise que votre serviteur suit depuis pas mal de temps. Intitulé « Born To Boggie », son second elpee est paru ce 22/10/2014. Et pour la circonstance, il a bénéficié d’une ‘release party’ à la Rotonde du Botanique. Malgré le succès du combo, notre 'Italian Stallion' a bien la tête sur les épaules. Tout en demeurant éminemment sympathique.

On soupçonne fort que tu sois l'enfant naturel né d’une idylle entre Marc Bolan et Mick Jagger. Qu’as-tu à nous avancer pour ta défense ?

Giacomo : Marc Bolan, mon maréchal ! On dirait un gars de Saint-Vaast qui parle. En fait, ils avaient accordé un concert à Houdeng, en 1977. Ils étaient pétés. Ils ont fait l'amour. Je ne sais pas comment, mais je suis sorti du trou de balle d’un de ces deux-là. C'est bien moi, le fils de ce couple illégitime…

Quelle est ta définition du rock spaghetti ?

Giacomo : C'est du spaghetti rock. Tout simplement du rock. Il ne diffère en rien du rock conventionnel. Sauf qu’il est chanté en italien. Donc trahit des consonances latines. Celles de mes origines. Je mets donc mes origines au service du rock'n'roll.

Ton nouvel opus sort bientôt. As-tu des détails à nous communiquer à ce sujet?

Giacomo : Il sera dans les bacs le 22 octobre, jour de notre release party, organisée à la Rotonde du Botanique. Il s’intitulera « Born To Boggie » et paraîtra chez Mottow Soundz. Et j'en suis très fier.

Il ne devait pas sortir plus tôt ?

Giacomo : Effectivement, car au départ il s’agissait d’une autoproduction. Mais finalement, un label s’est intéressé à notre projet. Le temps de discuter du deal et on a pris du retard. Et puis je n’étais pas satisfait du premier mix. Donc il a fallu le recommencer et cet épisode a encore reporté sa sortie. J’ai préféré attendre que le produit soit entièrement fini et corresponde à mes attentes. D’où ce retard.

Ton dernier single s’intitule « Aline/Maria ». Adamo y est pour quelque chose ?

Giacomo : Adamo ? Non, Christophe. Daniel Bevilacqua est français, mais d’origine italienne. Et cette chanson, je l’écoute depuis ma plus tendre jeunesse. Je voulais donc en réaliser ma propre version. Tout en rendant hommage à Christophe, compositeur de ce bon vieux morceau de blues interplanétaire.

Tu as eu l’opportunité d’assurer le supporting act de Johnny Hallyday au Sportpaleis d'Anvers. Est-ce lui qui t'a choisi ? C'est quand même une fameuse référence pour toi, non ?

Giacomo : Au départ, je pensais que c'était une blague. Effectivement, c’est lui qui nous a invités. Mais l’expérience est vraiment unique. Tu joues tous les soirs devant 25 000 personnes qui ne te connaissent absolument pas. C’est terrible ! En fait, quand on a rencontré Johnny il nous a parlé de notre musique et de nos chansons. Manifestement, c’est une des plus belles aventures que j'ai pu vivre sur la scène musicale.

Johnny ratisse large. Sa musique s’adresse aux jeunes de 7 à 80 ans…

Giacomo : Oui il ratisse large, son public oscille entre 7 à 77 ans. Le public réunit de nombreux fans, mais également des curieux qui souhaitent voir le phénomène sur les planches…

Apparemment parmi ses aficionados, nombre d’entre eux ont apprécié votre set. Des amis présents ce soir-là me l’ont signalé ?

Giacomo : Cet écho est agréable à entendre. Perso, j’ai beaucoup aimé la réaction de la foule.

Parmi les premières parties, on pourrait également épingler celles que tu as accomplies pour Skip The Use et Electric Six…

Giacomo : Electric Six ? Il y a un bail ! Skip The Use, c'était à Mons. Le groupe débutait également. Depuis, nous sommes devenus amis…  

En 2013 tu as réalisé une tournée baptisée 'We Love Bars'. Dans quel but ?  

Giacomo : Afin de bosser sur tous les nouveaux morceaux du futur album. Et la meilleure manière de les tester, c’est de les interpréter dans des conditions de merde. Enfin, pas de merde… plutôt dans des conditions qui en reviennent aux roots. C’est-à-dire dans les bars. Ce périple nous a permis de faire une répète générale avant d’entamer la tournée des salles et des festivals. Finalement, l’épisode s’est bien passé et on s’est super éclatés…

Lors du dernier festival de Dour, je t’ai aperçu discuter en compagnie de Fred Lani (NDR : le leader de Fred & The Healers) et effectuer un échange de Cd.

Giacomo : Oui nous nous apprécions, tout comme j’apprécie sa musique et lui la nôtre. Et puis, j’ai un faible pour le blues…

Quels sont tes objectifs à court terme ?

Giacomo : Sortir l’album. Se produire en concert. Bien se sentir dans ma peau et réaliser ce que j’aime, sans devoir abaisser mon froc, tout en propageant la bonne parole, l'humour et le rock 'n' roll, à travers le monde.

 

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