MoonStone est issu de la région du Centre (La Louvière). Il reconnaît pour inspiration majeure, des groupes comme Nothing But Thieves, Muse et Royal Blood. Ses lyrics sont interprétés en anglais. Fondé en 2019, la formation s’est enrichie d’un nouveau membre.…

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Ki ! est l’alias de l'auteur-compositeur et multi-instrumentiste Christian Ki Dall. Hormis sa production solo, il est à la fois guitariste (avec Sterling Roswell de Spacemen 3, The Telescopes, Death Valley Sleepers et bien d'autres), et producteur (pour le…

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Pierre Vangilbergen

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mardi, 27 février 2018 11:00

Nebula Septem

C’est sous une pluie froide et drue de riffs que Monolithe ouvre le rideau d’un chancre désolé de quarante-neuf minutes, précisément. Un septième album studio réunissant sept morceaux de sept minutes chacun. Monolithe semble également monomaniaque. Si la symbolique du chiffre six, dans le paysage métallique, se rapporte fréquemment à l’occulte et au maléfique, ce nouvel opus en prolonge la mystique : après le passage du Malin, il ne reste plus que des ruines. Ce paysage de post-dévastation, c’est ce que vous propose de contempler ce sextuor français sous l’aura froide et lente du Doom. Chaque titre est en soi une construction complexe, où les motifs musicaux se répètent à l’envi, telle une spirale infernale, en mutant graduellement vers une forme nouvelle. Le tout, arraché laborieusement à coups de voix grave d’outre-tombe. Quelques riffs heavy sur « Coil Shaped Volutions » permettent d’entrevoir une brèche lumineuse avant de replonger, de plus belle, six pieds sous terre. Une contemplation majestueuse du néant. Le genre de long playing qui nécessite de prendre le temps, de se laisser emporter tout en restant attentif, d’avoir le plaisir de vivre et de revivre une exploration hors de soi. Monolithe trace des balises, certaines sont confortables, d’autres demandent d'abandonner une part de soi au seuil de la conscience. « Delta Scuti » en est à ce niveau exemplatif : il emporte l’auditeur·trice au cours du morceau dans un vortex de sonorités anxiogènes, nourri à coups de boucles électroniques brèves mais totalement inattendues et déstabilisantes. Une parenthèse temporaire avant de poursuivre la sombre exploration. Une pérégrination qui peut même à certains moments prendre la forme d’un rite initiatique, tel qu’à la fin d’« Engineering The Rip », pour enfin renaître sous une nouvelle mouture évoluée et clore cette petite heure expérimentale par une voie électronique, que la mémoire collective pourrait raccrocher à un univers astéroïdal, une envolée finale positive au-delà de la gravité après avoir ressenti et vécu différentes phases de spleen, de doutes et de retours à soi.

 

mardi, 27 février 2018 10:42

L’esprit des vents

Aorlhac, une graphie certes particulière mais qui pourrait se perdre dans la pléiade de noms de groupes issus du Black Metal. Et pourtant… il serait vraiment dommage de passer à côté. Fondé il y a un peu plus de dix ans, Aorlhac désigne en occitan la ville d’Aurillac, d’où est originaire le trio de musiciens. Un détail linguistique qui revêt toute son importance car c’est autour de cette langue que les Français bâtissent leur univers musical. Ils vont même plus loin en approchant l’occitan non pas seulement comme une langue mais bien comme une culture à part entière, plongeant ses racines dans le Moyen-âge et berçant l’histoire du Sud de la France jusqu’au nord de l’Italie et de l’Espagne. Vous voyez un peu le paysage ? Place à présent à la musique !

Après huit années passées à l’ombre, Aorlach revient aujourd’hui à l’avant de la scène, armé sous le bras d’un troisième elpee studio poétiquement nommé « L’Esprit des Vents ». Dix titres de Black Metal au coeur épique et pagan. Pendant un peu moins d’une heure, c’est à dos de cheval lancé en plein galop que les artistes vous feront déguster leurs racines, leur patrimoine, leurs mythes et légendes qui ont imprégné ces terres pendant des siècles. Un Black Metal plutôt old school mais dopé néanmoins quand il le faut d’une prod lourde et ronde, emmenée par la voix arrachée et rageuse de Spellbound, hurlant sans vergogne, seul face à l’immensité d’une plaine vallonnée.

Chaque titre est une épopée. Comme en témoigne le titre d’ouverture « Aldérica », du nom de cette jeune fille qui a perdu la vie face à une invasion de cavaliers sarrasins. Ça blaste, ça sent la sueur et le sang. Quelques instants plus tard, c’est la légende de Saurimonde qui nous est contée, cette fée à la fois femme sauvage et démon. Un titre ponctué aux deux tiers par un instrument aux sonorités moyenâgeuses. Un apport musical folklorique qu’on aurait pu espérer un peu plus présent tout au long de cet elpee. L’une des compositions les plus intéressantes reste « Mandrin l’enfant perdu », délicieusement rock’n’rollesque, évoquant la vie du sombre Robin des Bois, Louis Mandrin. Aorlhac y démontre tout son savoir faire : sa décharge de rage chauffée à blanc accompagnée de ses lignes de guitare heavy et symphoniques, le tout enveloppé dans une bulle de narration parfois digne d’une prestation théâtrale.

Ce nouvel effort d’Aorlhac n’est pas sans rappeler les meilleures heures de Belenos, mû par cette capacité de planter un décor d’époque d’antan, empreint parfois de nostalgie, mais surtout motivé de garder en vie ces fragments d’Histoire, ces racines qui ont fait d’eux ce qu’ils sont aujourd’hui. Un legs du passé, courageusement transmis par les distorsions d’un Black Metal puissant, rapide et teinté par la mémoire d’hier. Un retour pleinement réussi, où Aorlhac joue son rôle de barde des temps modernes en proposant, à sa façon, une apnée temporelle sur les terres occitanes.

 

dimanche, 10 décembre 2017 02:00

Des Flamoutchs et de la bonne humeur !

Après avoir gravé « Exit Humanity », le 27 octobre dernier, Channel Zero est venu défendre son septième LP studio sur les planches du Zik Zak, à Ittre, ce dimanche 10 décembre. Les fers de lance du Metal en Belgique se sont, par la même occasion, adjoint les services d’un nouveau mercenaire, Christophe Depree. Loin d’être un inconnu sur la scène locale, le guitariste sévit depuis bientôt trente ans au sein du band thrashy After All et injecte à présent également ses riffs dans les morceaux de Channel Zero. Une mini-tournée de huit dates dans le plat pays, dont deux en Wallonie, afin d’exposer par l’exemple la nouvelle mouture du combo. Compte-rendu à l’autopsie.

L’année 2017 égrène ses derniers jours et a profité de la nuit pour recouvrir le paysage belge d’un léger manteau blanc. Insignifiant pour le grand monde, mais imposant pour la modeste Belgique. Ittre n’est pas nécessairement connue pour ses frasques rock’n’rollesques, mais force et de constater qu’il commence à se créer quelque chose autour de cette ancienne école de musique devenue un antre à décibels. Quelques routes sinueuses mènent finalement à un paysage industriel, plongé dans l’obscurité et arrosé par une pluie froide d’hiver. Il suffit d’ouvrir la portière pour se prendre une drache. Évidemment ! En suivant les badauds on finit par entrer dans une petite salle à l’éclairage tamisé, plus large que profonde, où l’ambiance paraît de suite décontractée. Typiquement le genre d’endroit à fréquenter en pantoufles tant on se sent vite chez soi. A l’exception près que de mes enceintes ne sort que très rarement « Like a Virgin » de Madonna…

Après avoir été le second groupe à ouvrir la journée du samedi de l’Alcatraz Festival, en août dernier, King Hiss poursuit à présent sa conquête du Royaume. Malgré une apparente linéarité au niveau des compos, la formation envoie du lourd. Optant pour des sonorités plutôt Heavy en début de set, les Meninois vont progressivement dérouler un Stoner ample et rond comme il se doit. Al dente ! Jan, le vocaliste, impressionne par sa puissance vocale. Et tout particulièrement lors du morceau éponyme, dont le premier couplet est interprété a capella, un pied sur l’ampli, le corps tendu en un élan, afin d’expulser un maximum d’air de ses poumons, électrisant la fosse face à lui. En une grosse demi-heure, King Hiss a pu démontrer qu’il avait du punch dans les tripes. Certains de ses morceaux trottent longtemps dans votre tête, ne demandant qu’à être réécoutés a posteriori afin d’en savourer tout le potentiel. Il est fort à parier que ces gars issus de Flandre-Orientale feront encore parler d’eux à l’avenir…

Alors que Channel Zero s’était permis d’enrichir la scène d’un décor, quelques jours plus tôt, à Bruxelles, c’est aujourd’hui sur un mode plus old school que le quintet va se produire en ‘live’. En effet, seul un backdrop frappé du logo du groupe surmonté d’un crâne de bouc est accroché à l’arrache en arrière-plan. La batterie de Seven Antonopoulos repose sur un podium et la peau blanche des grosses caisses a été peinte du logo de la formation. Le drummer est d’ailleurs le premier à monter sur les planches, l’œil gauche bardé d’un sparadrap blanc (une indiscrétion sur les réseaux sociaux permettra d’apprendre que le musicien s’est blessé la veille, atteint par un éclat de baguette dans le globe oculaire). Pas le choix, il va falloir ce soir viser juste ! Il est suivi de près par Mikey Doling, tignasse ébouriffée et vêtu d’un t-shirt rappelant ses origines californiennes. De racines, il en est également question en observant le t-shirt à l’effigie de ‘La Muerte’, enfilé par le bassiste Tino De Martino, puisqu’il milite également au sein de ce band metallo-punk bruxellois. Pourtant discret, le bracelet éponge du nouveau venu, Christophe Depree, ne manquera pas lui aussi de montrer ses origines, rappelant subtilement qu’il gratte nerveusement depuis quelques années sous la bannière Thrash d’After All. Et puis, comme d’habitude, habillé de noir et chaussé de ses éternelles New-Rock, Franky De Smet Van Damme est le dernier à débarquer, micro à la main.

Après une tournée acoustique et un show d’entraînement accordé en ouverture des Guns N’ Roses, en juin dernier, Channel Zero est désormais bel et bien de retour sous sa forme métallique. Alors qu’il aurait été classique de dégainer par un morceau de son nouveau long playing, c’est par « Dark Passenger » (NDR : et c’est une surprise), titre d’ouverture du précédent opus, « Kill All Kings », que le concert s’ouvre. Le volume sonore décoiffe, et le public, majoritairement composé de trentenaires ainsi que quadras, opine directement du crâne. « Ammunition » et « Hot Summer », issus de « Feed Em With A Brick », plongent tout le monde dans le bain. Il faut aussi dire que Franky a l’art de mettre à l’aise. Il a un sens de l’humour bien belge. D’ailleurs, pour lui, les tensions qui dressent Nord et Sud du pays ne veulent pas dire grand-chose. ‘Bonsoir Ittre’, lâche-t-il, l’accent flamand bien prononcé. ‘Bon, allez, ce soir on va parler français… on est passé ici de l’autre côté de la frontière linguistique, on n’est plus chez les Flamoutches !’, ajoute-t-il ironiquement Manifestement, en cette soirée hivernale, il est particulièrement en forme...

Le band continue son exploration dans le temps en s’attaquant au groovy « Fools Parade » de 96, suivis d’« Unsafe » et « Héroïn ». De quoi ravir les fans de la première heure. Il faudra donc attendre un tiers du concert avant que Channel Zero ne commence à interpréter quelques compos de son nouvel elpee. ‘Bon… vous savez qu’on vient de sortir un album hein !’, déclare le vocaliste. ‘Qui l’a déjà acheté… ? un… deux… trois… quatre… cinq ! Allez, c’est déjà pas mal, on sera peut-être à dix à la fin de la tournée’, poursuit-il en se marrant. « Blood Letters » embraie, ce qui permet de découvrir enfin une nouvelle face de la palette vocale du chanteur, s’évadant davantage dans des envolées plus aiguës et mélodiques ; constat qui ne fera d’ailleurs que se confirmer tout au long d’« Exit Humanity ». S’il venait un jour à ne plus chanter, nul doute que Franky pourrait alors se tourner vers le one-man-show. ‘Mesdames, c’est un peu le moment émotionnel de la soirée… tu vois, ce moment où tu touches ton nipple et que ça te fait de l’effet… Et bien c’est maintenant !’, donnant dès lors le coup d’envoi de « Let the Games Begin ». La petite salle est désormais baignée dans les tons rouges, accentuant le côté intimiste de ce morceau langoureux.

Mais l’ambiance de fête s’impose à nouveau très vite, Franky invitant non seulement les membres de King Hiss à les rejoindre sur l’estrade, mais également les gars de Fleddy Melculy qui rencontre un beau succès, particulièrement en Flandre, et spectateurs de la soirée pour l’occasion. ‘Aussi des flamoutches !’, indique Franky en désignant les artistes. Avant que le vocaliste de Fleddy Melculy ne pousse la chansonnette sur « Bad To The Bones », l’ensemble des musicos présents sur les planches sont invités à affronter le ‘Channel Zero Challenge’ : vider chacun une bouteille de bière en moins de trois secondes. Quelques instants plus tard, une autre guest est invitée à grimper sur le podium, sous les acclamations unanimes de la foule. Et pour cause, tout metalhead qui se respecte connaît Anik, une véritable icône dans le milieu. Longtemps propriétaire du célèbre –voire culte !– magasin Hard Rock Market, situé dans le centre de Bruxelles (et contrairement à ce qui avait été annoncé dans les médias, toujours bel et bien ouvert!), elle a conseillé plusieurs générations de passioné(e)s de musique forte… ‘Faites un putain de bordel pour Anik’, réclame Franky en s’adressant à l’audience, face à une Anik aussi timide que modeste, comme de coutume (NDR : une ambiance quasi familiale, on vous l’annonçait !) Le band ne manquera d’ailleurs pas de chaleureusement remercier cet auditoire d’être toujours aussi fidèle : ‘On a tous plus ou moins autour des cinquante balais à présent. Si vous n’étiez pas là à nous soutenir, on serait juste chez nous en train de nous branler dans le fauteuil’, avoue le chanteur, potache. ‘Pas vrai, madameke ?’, en interpellant un quinqua aux premiers rangs. ‘Tu vas voir, tu vas venir chanter avec moi bientôt, on va reprendre du Slayer !’

Malgré son récent engagement au sein de la formation, force est de constater que le courant passe déjà très bien entre Christophe Depree et Mikey Doling. Il faut dire aussi que ce dernier n’était autre que la roadie technique de Mikey depuis quelques années… Plus d’une fois durant le show, il suffira d’un échange du regard entre les deux musiciens pour qu’ils se retrouvent au centre de la scène, s’affrontant fraternellement à coups de riffs. Plutôt en retrait pendant l’heure et demie de concert, Tino De Martino finira néanmoins par se frayer un chemin entre les deux guitaristes afin de se faire porter dans la fosse tout en martelant sa basse.

Le set touche à sa fin et les dernières balles, de choix, sont tirées. Après un « Help » largement entonné en chœur par la foule et « Suck My Energy » toujours aussi puissant, entrecoupés de riffs d’Iron Maiden et de Pantera, Channel Zero finit au chalumeau en balançant une reprise du « Reign in Blood » des maîtres du Thrash, Slayer. Chose promise, chose due ! Alors que le public s’était contenu tout au long du set, il n’en fallait pas plus pour finalement mettre le feu aux poudres et déclencher quelques bousculades dans la bonne humeur. Mais les Belgo-Américains ne pouvaient évidemment pas prendre congé de leurs fans sans leur jouissif « Black Fuel », ultime occasion de donner de la voix en cette soirée décidément aussi puissante que festive. C’était en tout cas, un vrai plaisir de constater que Channel Zero, qui rappelons-le, avait rempli six fois d’affilée l’Ancienne Belgique lors de sa reformation en 2010, a été loin de faire la fine bouche ce soir face à une audience de taille plus réduite que d’ordinaire. Au contraire même (et preuve de son professionnalisme) : il est parvenu à injecter une perfusion de bonnes ondes, typiquement rock’n’roll. C’est sans aucun doute que son bonheur communicatif à se produire sur les planches a contaminé l’ensemble de l’auditoire. On recommence quand ?

Setlist : Dark Passenger - Ammunition - Hot Summer - Fools Parade - Unsafe - Heroin - Blood Letters - Exit Humanity - Let The Games Begin - Bad To The Bone - Dashboard Devils - No more - Wish You Well - Mental Breakdown - Refugee - Help - Suck My Energy - Reign in Blood (Slayer cover) - Black Fuel.

(Organisation: Zik Zak)

Channel Zero, Evil Invaders et King Hiss se sont également produits au Trix à Anvers (Org: Alcatraz Music), ce 15 décembre. Les photos sont à découvrir ci-dessous.

 

2017 arrive presque à son terme que l’année suivante se profile déjà. Et elle sera importante. Mais également intéressante. Métalliquement parlant. Et pour cause, Machine Head s’apprête, le 26 janvier prochain, à publier son neuvième opus studio, « Catharsis ». A quoi dès lors s’attendre ? Que nous a réservé la bande à Robb Flynn ? Afin de tenter d’y voir plus clair, rien de tel que de s’informer auprès du Général en personne. Comme d’habitude, ce fort en gueule ne va pas mettre de filtre.

En tournée dans toute l’Europe, afin de tailler le bout de gras auprès de la presse, Robb Flynn a largué ses amarres en Belgique, le temps d’une journée, dans une chambre du prestigieux hôtel bruxellois Radisson Blu. Son homme de confiance m’ouvre la porte et m’invite à m’asseoir. Robb apparaît dans la pièce, prend place dans un canapé à mes côtés, et entame un copieux hamburger posé devant lui. ‘Ne t’inquiète pas, je mange vite’ me confie-t-il en continuant à fixer son pain double étage. Il finit par déposer son plateau à l’arrière de la chambre et se frotte la bouche d’un revers de la main. L’entrevue peut commencer.

Les premiers mots que tu prononces sur ce nouvel elpee, ‘Fuck the World’, reflètent-ils l’état d’esprit dans lequel tu étais plongé lorsque « Catharsis » a été composé ?

Robb Flynn : (il rigole) Je ne sais pas s’ils reflètent l’état d’esprit dans lequel j’étais tout au long des sessions d’enregistrement, mais bien lors du morceau d’ouverture ! Cette chanson a été en effet écrite et enregistrée le jour de ces atrocités commises à Charlottesville (NDR : le samedi 12 août), cette fameuse date marquée par ces fêlés de la suprématie blanche. Je me souviens… je me suis senti vraiment bizarre en regardant les événements relatés à la TV. C’était juste dingue : voir cette voiture débouler dans la foule et tuer cette fille… Horrible ! Je pense que j’ai écrit ce morceau dans les vingt minutes qui ont suivi le drame. Il s’agit donc là d’une interprétation très brutale et à chaud de mon ressenti par rapport à ce qui s’est produit. Tout ce que j’ai pu y éprouver s’y retrouve.

Le titre de l’album m’interpelle : doit-on y voir ta propre catharsis via ce nouvel LP ou une forme de catharsis offerte à celles et ceux qui vous écouteront ?

Je pense qu’il s’agit un peu des deux… En ce qui me concerne, cet album –mais la musique en général– est très cathartique pour moi. J’avais seize ans quand j’ai commencé à assister aux concerts de Thrash Metal… Je me souviens encore de ce jour où j’ai vu Metallica en ouverture de Raven, devant 250 personnes. C’était mon moment Beatles à moi ! A partir de ce jour-là, j’ai empoigné une guitare et j’ai tout de suite pris conscience que la musique pouvait revêtir ce pouvoir cathartique. C’est ce que j’évoque notamment au cours d’un des morceaux : ‘la seule chose qui me maintienne sain d’esprit / la musique dans mes veines /et si ces mots sont mes poings / peux-tu ressentir ma catharsis ?’ En prenant un peu de recul, je pense qu’il s’agit vraiment d’un album très éclectique : il est d’un côté très sérieux par son approche critique, humaine et politique de la société. Mais d’un autre côté, c’est aussi un appel à la fête. ‘Fuck the World !’ On y passe souvent de la dépression à la joie, en retrouvant tout un panel d’émotions entre les deux. La catharsis est un nettoyage, elle permet de faire table rase de beaucoup de choses. C’est exactement ce qui se produit dans cet album.

C’est également votre opus le plus long : quinze morceaux pour un peu plus d’une heure et quart !

En effet ! Quinze morceaux, c’est quasi le Seigneur des Anneaux (il rigole) ! Pas mal de monde m’a demandé pourquoi je m’entêtais à réaliser des disques aussi longs alors qu’aujourd’hui, on était davantage dans l’ère du single… ?  C’est vrai, il n’y a peut-être que trois morceaux qui en ressortiront vraiment et la plupart des gens ignoreront probablement le reste. Et tu sais quoi ? Ce n’est absolument pas un problème et c’est ainsi ! Je ne vais de toute façon pas changer la façon dont les gens consomment aujourd’hui la musique… C’est notre neuvième LP, j’ai cinquante balais et je le fais comme je le sens. D’ailleurs, je le considère un peu comme un film : une collection de quinze morceaux interconnectés entre eux, qui deviennent une œuvre d’art quand tu prends la peine de l’appréhender dans sa globalité. Tu préfères n’écouter qu’une partie ? Comme tu le sens ! Mais si tu veux gratter un peu plus, comprendre le contenu plus en détail, écoute alors l’ensemble et tu verras…

J’ai aussi l’impression que plus les années passent, moins tu te soucies de ce qu’on peut penser de ton groupe et/ou de toi. Un constat qu’on retrouve dans ce choix audacieux pour votre prochaine tournée, réservant uniquement des dates ‘an evening with…’ Peux-tu nous éclairer un peu plus à ce sujet ?

L’idée remonte à 2012, une année au cours de laquelle on s’est produit dans presque tous les festivals de la terre (il rigole). Et… ça m’a vraiment fait chier. Je n’ai pas du tout aimé. Absolument aucune connexion entre le groupe et l’auditoire. Une vraie perte de temps. Ce n’était ni productif, ni bénéfique, autant pour nous que pour nos fans. On s’est mis alors autour d’une table, on en a discuté et on en a conclu qu’on fonctionnait ainsi depuis vingt-cinq ans, mais que ce n’était pas pour autant la panacée. A-t-on vendu plus de disques ? Non ! A-t-on touché davantage de monde ? Non, au contraire, on était de moins en moins en contact avec notre public ! On a donc pris une décision, celle de mettre un terme aux festivals et de laisser la place aux ‘evening with’ où on jouera entre 2h30 et 3h par soir. Point ! Je suis conscient que cette résolution peut paraître un peu insensée à premier abord, parce qu’on rencontre un certain succès… mais c’est comme ça ! Et oui, on gagnera en effet moins d’argent, parce que les festivals paient les plus gros cachets. Mais tu sais quoi ? Ces ‘evenings with’ sont vraiment plus gratifiantes car on y ressent un lien super fort avec notre audience. Et puis, c’est aussi une manière de remotiver nos fans ! Vous voulez assister à un set de Machine Head ? Rien ne sert de vous rendre dans tel ou tel festival où on ne jouera quand même que quarante-cinq minutes. Mais venez par contre nous voir en salle et vous ne serez pas déçu·e·s ! C’est un peu comme Bruce Springsteen, il n’y pas tout le temps cinq groupes qui ouvrent pour lui. C’est Bruce Springsteen, point ! Comme pour AC/DC ou les Foo Fighters ! Il existe une ancienne tradition dans l’univers du métal qui consiste à proposer des packages de groupes par tournée ou encore des affiches sur lesquelles figurent des dizaines de formations… C’est peut-être bien pour certains bands, mais plus pour nous.

Mais ces premières parties, n’est-ce pas une opportunité accordée à de plus petits combos de se faire connaître ?

(il sourit en coin) … allez, soyons honnêtes, la foule ne se déplace jamais pour les petits groupes, mais bien pour les têtes d’affiche ! Et tu sais, je n’ai rien contre les promoteurs de festival… c’est juste que pour nous, ce système ne fonctionne plus. Mais je pense qu’il demeure, par contre, très intéressant pour de plus petites formations, où elles gagnent là à être connues.

Lors d’une précédente interview accordée au magazine anglais Metal Hammer, en novembre 2014, le journaliste affirmait que Machine Head était finalement et uniquement le groupe de Robb Flynn. Partages-tu son point de vue ?

(il sourit et s’enfonce dans son fauteuil)… je sais que ma réponse peut paraître arrogante, mais oui, c’est le cas. C’est mon groupe. J’ai trouvé le nom. J’en ai dessiné le logo et je suis le seul qui fasse partie du line up originel… Donc, ouais, c’est le mien ! Et je n’ai pas honte d’en être fier ! Il y a vingt-cinq ans que je me casse aussi le cul pour ça. Mais bon… Dave (NDR : McClain, le batteur) milite au sein du line up depuis maintenant 22 ans. Phil (NDR : Demmel, le guitariste), depuis 14 ans. Il y a un bail que ces gars et moi jouons de la musique… et c’est très important pour nous de former un véritable collectif, dans le sens où on bosse tous ensemble. Tu sais, Machine Head, c’est un peu comme une bagnole : je l’ai achetée moi-même mais on a mis ensemble de nouveaux pneus et on a refait la peinture. Mais au final, c’est vrai qu’il n’y a qu’un volant et que je suis le gars qui est derrière.

En 2007, Machine Head publiait « The Blackening » et rencontre alors son plus gros succès à ce jour. Penses-tu avoir atteint ton ‘golden age’, il y a maintenant dix ans ?

Je ne pense pas avoir atteint un quelconque ‘golden age’, du moins je ne pense pas en ces termes là… C’est sûr que grâce à ce disque, on a vécu des moments de dingue. C’était un peu comme sur des montages russes, notre parcours partait dans tous les sens et à une vitesse folle. Mais je reste quelqu’un de frustré, j’ai et j’aurai toujours quelque chose à dire. Je veux donc toujours aller plus loin. D’autant plus que dans l’univers du Metal, je ne me sens pas toujours respecté. Et je voudrais changer la donne ! On n’est jamais nominé pour des ‘Grammy Awards’, par exemple ! Aucune section n’est consacrée au Metal ! On est à des années lumières de recevoir une invitation pour ce genre de cérémonie. Et pourquoi ? On écrit pourtant des chansons. On joue sur nos propres instruments. On n’arrête pas de se produire en concert. Etc. Notre style musical est moins bien que les autres ? Je pense que comme musicien qui pratique du Metal, il est nécessaire de changer son fusil d’épaule et tout faire pour toucher davantage de monde, en intéresser de plus en plus et ne pas sans cesse rester cachés dans l’underground.

… tu n’appartiens donc pas à cette catégorie d’artistes qui voient le streaming musical d’un mauvais œil ?

Alors là pas du tout, j’adore ça ! Le streaming a changé ma façon d’écouter et d’apprécier la musique ! Je passe ma vie à parcourir le monde, je ne vais quand même pas sans cesse me balader avec une valise pleine de cd ! Même mon ordinateur portable n’a plus d’entrée pour les cd, c’est dire… Tout est à présent dans mon téléphone et je dois avouer que je suis devenu un accro à Spotify. Toute l’histoire de la musique est ainsi à portée de main. Tu aimes les Misfits ? Tape le nom du groupe et tu tomberas sur 20 singles différents, des faces B, des morceaux rares, des titres live, etc. Putain, mais c’est génial quand même ! Je n’ai plus aucune utilité de me rendre au disquaire du coin, qui n’aura de toute façon pas ce que je cherche… Grâce au streaming, tu peux aussi voir ce que les gens aiment actuellement, les morceaux les plus écoutés, etc. Il faut s’y faire : on est devenu une société à la demande. Tu en connais encore beaucoup toi des gars qui vont louer des DVD ? (rires).

Revenons à votre nouvel album : lors du processus d’écriture, penses-tu déjà à l’impact que pourrait provoquer un morceau lors de son interprétation en live ? Je pense notamment à « Kaleidoscope », qui semble être taillé pour la scène !

... bonne question. Je n’en ai vraiment aucune idée. Tu sais j’écris et j’enregistre les chansons comme elles me viennent et je ne pense pas vraiment à sa transposition sur les planches. Mais c’est marrant que tu évoques ce titre car la façon dont on l’a enregistré, et tout l’album d’ailleurs, était vraiment neuf pour nous. Comme d’habitude, on a répété près du studio d’enregistrement, là où on avait notamment mis en boîte « The Blackening ». Mais dès qu’on disposait de trois pistes, on filait au studio, on les enregistrait en une prise ou deux et puis on ressortait tout aussi vite. Pas question pour la circonstance de rester enfermés des semaines entières afin d’arranger telle ou telle partie de chanson pour qu’elle sonne idéalement. En se servant de ce système, on avait à peine joué les riffs quelques fois qu’ils étaient déjà dans la boite ! Ce qui insuffle aux compos une incroyable énergie. On ne les a pas répétés cent fois avant, on fonce et on y va ! Tu sais, particulièrement dans le Metal, il n’est pas rare –voire même fréquent– que la démo soit meilleure que la version finale, car elle conserve précisément cette énergie et cette spontanéité ! Et justement, pour « Kaleidoscope », c’était la toute première fois qu’on l’interprétait en entier, notamment au niveau des paroles. Je tenais ma feuille sur laquelle figurait les lyrics en main pendant que je les chantais et c’était à peine si je savais suivre ! Et rien à faire, ce côté spontané, on le ressent ! On a essayé ensuite de la réenregistrer mais les prises suivantes n’ont rien donné du tout. On perdait alors cette tension où tout pouvait déraper. Après… c’est toujours facile de tout lisser en se servant de logiciels tels que Cubase ou ProTools. J’adore pourtant ces logiciels, mais la perfection n’entre pas dans l’esprit du Metal. On a donc ici expressément voulu laisser quelques imperfections sur cet album.

… et puis,  le Metal n’a de toute façon jamais été quelque chose de parfait !

Tout à fait ! Et justement, c’est ce qui est génial : c’est un beau bordel. Mais il n’empêche pas notre nouvel essai de bénéficier d’une grosse production. On voulait qu’il soit imposant et épique. Et aussi cinématique ! C’est un film !

Peux-tu finalement réserver quelques mots l’artwork de Catharsis ?

Une fois qu’on est tous tombé d’accord sur le nom de l’album, on a imaginé différentes manières pour l’illustrer. Il s’agit d’un concept qui n’est pas si évident à mettre en images… Après quelques recherches sur Internet, j’ai découvert une photo représentant un corps recroquevillé en sang et entouré de roses. L’idée me semblait simplement géniale ! Je l’ai donc transmise aux autres membres du band. Ils ont tout de suite aimé ! J’ai demandé au gars qui avait réalisé cette photo, s’il pouvait nous en recréer une dans le même style. Mais… il m’a répondu que si je l’aimais, je pouvais la prendre et m’en servir ! On a donc ensuite réalisé avec lui un shooting dans le même esprit, afin de compléter l’artwork. On a envoyé le tout à Nuclear Blast et les responsables du label nous ont informé qu’ils allaient imprimer un livret de 24 pages ! Ce booklet me tient à cœur. Quand on l’ouvre, on ne tombe pas simplement sur les paroles. Ce n’était d’ailleurs pas mon souhait. Je veux qu’elles soient immergées dans notre monde et qu’on la fasse voyager !

Interview réalisée le 25 octobre à Bruxelles.

Merci à Jaap (Nuclear Blast) !

samedi, 02 décembre 2017 02:00

Au bord du précipice…

Le moins qu’on puisse dire, c’est que 2017 a été une année rock’n’roll pour Marilyn Manson. Quelques mois après avoir perdu son père, l’homme qui terrorise toujours les Etats-Unis sort son dixième opus studio, « Heaven Upside Down ». Ce dernier a été reçu tièdement par les critiques et surtout va largement en deçà des espoirs de renaissance formulés par un « The Pale Emperor » prometteur, publié en 2015. Mais c’est un Manson amoché qui a assisté à la sortie de son nouvel elpee. Son décor de scène s’est en effet effondré sur lui, quelques jours plus tôt. Une jambe doublement cassée a entraîné un gros retard dans la tournée. Ainsi, neuf dates ont été postposées. Le 20 octobre, Twiggy Ramirez, son ami et bassiste, est accusé de viol par une ancienne petite amie. Manson prend de suite la décision de l’exclure du band et de le remplacer par Juan Alderte, qui milite alors chez The Mars Volta. Bref, en cette soirée de décembre, Forest National accueille un Marilyn Manson affaibli.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le Maître de la provocation attire aujourd’hui toutes tranches d’âges et tous styles confondus. Les éternel·le·s gothiques en cuir et latex croisent des quadras et quinquas en tenues civiles. Quelques motards sirotent une bière, à deux pas d’un père et sa fille qui ont l’air d’assister à un concert pour leur première fois. Manson n’incarne plus uniquement l’icône d’une jeunesse révoltée mais a visiblement engendré, en plus de deux décennies, quelques générations d’anticonformistes. Mais… pas autant que nécessaire afin de remplir totalement la salle bruxelloise. Certains gradins sont bâchés, les rangées de sièges les plus hautes resteront inoccupées. Idem pour la fosse, où le peuple se concentre véritablement aux abords de la scène, laissant l’arrière pour le moins aérée. La salle baigne dans l’obscurité, seules les lumières de GSM éclairent des visages d’une lueur blafarde. Sur les planches, six faisceaux bleus illuminent une table.

Marilyn Manson a toujours cultivé l’art de surprendre là où on ne l’attendait pas. Cette soirée ne figurera pas parmi les exceptions. Alors qu’une myriade de groupes rêveraient d’arracher quelques headbangings en jouant les ‘opening acts’, le trublion grandiloquent a préféré faire appel à un DJ, en l’occurrence Dinos Chapman, afin d’ouvrir son show. On pourrait dès lors espérer un mix nourri de Rock, de Metal ou autres styles proches. Que nenni ! Une demi-heure d’électro ambiant. Tomorrowland parachuté au pays des clous et des riffs. Un étonnement qui se muera très rapidement en lassitude. La linéarité du set finit par avoir raison de ma bonne conscience, qui m’avait alors poussé jusque là à rester sur place, intimement convaincu que l’atmosphère allait s’enflammer d’un moment à l’autre. Niet popov. Une décision s’impose donc : direction le bar.

La salle est à présent voilée et laisse apparaître sur les côtés ce qui pourrait s’apparenter à des croix orthodoxes renversées. L’hémicycle est plongé dans le noir. Les baffles crachent du Cure, puis les Doors avant de s’envoler sur du Mozart. Le rideau finit par tomber, deux énormes pistolets croisés et posés sur leur crosse envahissent l’arrière du podium. Un véritable stéréotype de Rap US (et ces mêmes pistolets qui avaient eu raison de la gambette de Manson, deux mois plus tôt !) Originalité : au lieu d’être rejetée en fond de scène, la batterie du groupe est disposée à l’extrême droite, perpendiculairement à la stage. Tyler Bates et Paul Wiley, grimés, sont accrochés à leur guitare. Il en va de même pour la toute nouvelle recrue, Juan Alderte, de plus petite carrure et dont la basse paraît donc exagérément grande pour lui. Derrière, on remarque la présence d’un siège hybride ; il est effilé au-dessus, à mi-chemin entre la chaise roulante et électrique. Tel un empereur, Marilyn Manson y repose et entame « Revelation #12 », titre d’ouverture du dernier LP, « Heaven Upside Down ». Alors qu’on pourrait croire à un effet de scène, fréquemment usité par le Révérend, ce dernier demeure immobile dans son fauteuil, se contentant de le faire rouler sur l’estrade de quelques mètres ou de tourner sur lui-même. Le constat est implacable : Manson souffre encore bel et bien de sa jambe. Une suspicion qui se transforme en certitude lorsque le vocaliste balance un ‘This is the New Shit’, toujours bien ankylosé sur sa Manson-Mobile tunée. Les bras se lèvent, certains crient, le morceau commence à sortir timidement la fosse de sa léthargie. Ce n’est plus un secret : on est aujourd’hui loin des déchaînements de foule de la période « Antichrist Superstar ». Fin du morceau, l’obscurité retombe et deux faire-valoir du musicien, habillés pour l’occasion en médecins, viennent l’aider à se placer à l’avant du podium. Tel un Ozzy Osbourne dernière mouture, Manson ne lâchera plus son pied de micro, cloué au sol par une jambe encaquée dans une grosse botte médicale.

 Il va de soi que cette immobilité du chanteur, d’ordinaire beaucoup plus amène à arpenter les planches de long en large, ne manquant jamais l’une ou l’autre pose suggestive avant de ramper par terre, finira par rapidement infecter la foule. C’est mou, très mou, trop mou ! Quelques jeunes éméché·e·s sautent quand même en l’air sur « Disposable Teens », mais sont bien esseulé·e·s. L’arrière-plan arbore à présent le faciès du chanteur, mais de profil. Il ne faut pas attendre le quatrième morceau pour qu’un moment de gêne, plutôt embarrassant, engourdisse la salle : « Mobscene » est complètement massacré. Conscient que l’interprétation part en eau de boudin, Manson stoppe la machine au beau milieu du parcours et convoque Tyler Bates à ses côtés, qui se prend pour l’occasion une remontrance publique. Tant bien que mal, Manson et son gratteur le clôtureront à deux. Alors qu’une majorité de formations auraient tout simplement repris le morceau –tout le monde peut se planter– Manson préfère embrayer sur la suite. Je-m’en-foutisme, quand tu nous tiens…

Il en remettra d’ailleurs une couche quelques minutes plus tard, en interrompant « The Dope Show », sous prétexte que des personnes dans le public le filment. ‘A chaque fois que je vois une lumière rouge’, prévient-il les premiers rangs, ‘je stoppe et chante le refrain de « I don’t like the drugs but the drugs like me »…’ Une mise en garde qu’il met évidemment en application, menaçant même de vider les lieux si les spectatrices et spectateurs ne mettent pas leur poing dans la figure –mais de manière douce, précise-t-il quand même– à celles et ceux qui s’amuseraient à l’enregistrer. De longues minutes d’attente avant que la Diva Manson ne daigne quand même poursuivre. Dur d’accepter de se faire filmer quand on est plus que l’ombre de soi-même…

Même si la soirée peut être globalement créditée d’un flop, il faut néanmoins reconnaître que Manson maîtrise aujourd’hui davantage ses nouvelles compositions. « Third Day of a Seven Day Binge » et « Deep Six » permettent au chanteur d’exploiter une énième facette de sa palette vocale, chargée en émotions et qui ne manquera pas d’électriser la foule. Il en va de même pour « Say 10 », qui envoûte graduellement l’audience jusqu’à l’inciter à crier, comme un seul homme : ‘You say God and I say Say 10’. Un lointain arrière goût de ce qu’ont pu incarner ses anciennes messes révolutionnaires de la fin des années 90…

C’est finalement par le très émouvant « Coma White » que l’Antéchrist prend congé. Une fois de plus, typiquement du Manson : après avoir énervé, déçu ou lassé son public, l’artiste finit par une très belle interprétation de ce langoureux morceau. Un dernier ‘fuck’ adressé à l’auditoire, qui adoucit néanmoins ce goût amer, devenu de plus en plus prononcé au fur et à mesure que le show s’est déroulé. Il n’empêche que de ce concert émanait le dérangeant fumet d’une prestation bâclée. Pourquoi persister à poursuivre son périple alors qu’il n’est pour le moment pas capable d’offrir un show digne de sa réputation ? Il s’agit certes d’un détail, mais en jetant un bref coup d’œil au merchandising on se rend compte que des t-shirts sont vendus à des prix exorbitants, alors qu’on aurait presque pu dire qu’il s’agissait de transferts faits maisons (Manson ?). Un détail, évidemment, mais qui dénote du peu de respect que l’artiste réserve à ses fans. Il se permet de vivre de son aura, et devrait certainement en profiter pendant encore de nombreuses années ; cependant, son public finira bien par s’éroder s’il poursuit dans la même voie. De cette soirée en ressort en tout cas un triste constat : le Révérend glisse dangereusement vers le précipice… déjà qu’il s’est brisé la jambe…

(Voir aussi notre section photos ici)

Organisation : Live Nation Belgium

samedi, 25 novembre 2017 02:00

Doom Wood 2017 : samedi 25 novembre

En cette froide soirée de novembre, cinq formations ont décidé de convertir cette seconde édition du Doom Wood Festival en manifestation toute aussi lourde en riffs qu’en décibels. Sur l’autel : du Drone, du Doom et du Sludge. Selon leurs vices respectifs, les groupes vont proposer des sets courts mais d’une incroyable intensité, au cours desquels chaque band aura le loisir de déverser sur la fosse, la noirceur de son âme. Un chapelet de bulles opaques et crades juste comme on les aime, et que tout amateur du genre ne devait pas louper pour la circonstance. Un peu moins de cent personnes s’étaient déplacées pour cet événement. Immersion.

Tamines, petit village de Sambreville. Les rues sont plutôt calmes voire même désertiques en cette fin de journée d’automne. Un certain contraste par rapport au déferlement de décibels qui s’annonce à 300 mètres du lieu où une place de parking est disponible pour votre serviteur. En pénétrant dans la rue de la Maison des Jeunes de Tamines, théâtre des opérations du jour, impossible de ne pas tomber sur un food-truck au menu plutôt varié et alléchant. Le bougre fera son beurre ce soir, ne manquant pas d’assouvir la faim des badaud·e·s avides de musique épaisse. Quelques personnes grillent une cigarette ou s’enfilent à leur aise une bouteille de vin face au modeste bâtiment dont l’écriteau, au graphisme digne d’un des meilleurs vendeurs de kebab, ne permet pas de se tromper sur l’emplacement. Le mur de droite de la petite salle sert de présentoir aux t-shirts, cd, vinyles et autres patches et stickers des combos qui se produisent ce soir. Au fond, l’arène.

Le Passeur entame cette soirée. Costumes noirs de rigueur, les deux musiciens se font face sur le podium, assis sur une chaise. Sur la gauche, de longues notes graves sont tirées d’une guitare, torturées par les multiples pédales de distorsion. A droite, posés une petite table, une boite à effets et un bol tibétain. Le vocaliste de la formation interrompt à intervalles réguliers le bourdonnement de la gratte, tel un parolier lançant des appels à l’aide, d’avance perdus dans l’océan. On pourrait croire à une discussion schizophrénique. Bien que certains éléments perturbateurs parasitent le set, les deux musiciens parviennent à rester dans leur bulle surréaliste. Devant eux et dos au public, une artiste laisse courir un fusain (ou du moins, ça y ressemble) sur le papier d’un flipchart. La noirceur des sons traduite en traits, formant des illustrations abstraites. Après une vingtaine de minutes, la prestation atteint son point d’orgue. Les cris s’étranglent en une envolée dépressive, la guitare n’émet plus qu’un chaos sonore et tout finit par retomber. Les musiciens quittent l’estrade aussi abruptement qu’ils y sont arrivés. Les vannes sont ouvertes. Il y plane désormais une ambiance lourde et froide qui collera au mur jusqu’en fin de parcours…

Le temps de s’offrir une bière et de s’autoriser une brève prise d’air à l’extérieur, Lethvm est déjà prêt à démarrer les hostilités. Une prestation quelque peu symbolique puisqu’elle célèbre la sortie, la veille, de son premier album « This Fall Shall Cease ». L’apocalyptique et dépressif « Wandering at Dawn » entame le concert. Les rangs se sont resserrés. Beaucoup de métalleux semblent avoir fait le déplacement pour l’occasion. Les musicos prennent pleinement possession de la scène. Pendant que Ben semble hanté par la noirceur des morceaux, ne faisant plus qu’un avec sa basse, Mathieu, le guitariste, planté à l’autre extrémité du podium, conserve un visage impassible comme s’il était enfermé au sein d’une bulle musicale hermétique. En chef d’orchestre bienveillant, Tony, quand il ne martèle pas ses fûts, veille à insuffler par sa frappe ce tempo lent et hypnotique. Face à lui, Vincent se démène comme un beau diable, tout en barbe et cheveux blonds. Ses hurlements écorchés et plaintifs –très susceptibles d’évoquer ceux du chanteur de Burzum, Varg Vikerness– le traversent de part en part. Son registre vocal est incroyable ; ce qui lui permet d’ailleurs ensuite de s’autoriser des envolées plus graves et solennelles, bras tendu vers un infini, par définition inaccessible. Ou encore cet autre instant où il préfère abandonner son micro derrière lui, s’époumonant à blanc face à l’audience. Du meilleur effet ! Peine perdue de vouloir poser le pied pour reprendre un quelconque équilibre, Lethvm vous rattrape de suite par la gorge. Alors que l’ambiance s’enfonçait dans une atmosphère sombre et dépressive, « Winter’s Journey » réveille les âmes et leur colle un coup de pied bien placé, direction le purgatoire. Quelques bras se lèvent, des applaudissements émergent mais la majorité des spectatrices et spectateurs semblent être, à juste titre, happés par les morceaux. Vincent finit par sauter dans la fosse, s’empare d’une grosse caisse déposée à côté, rue dans le public et finit par se poser face à la scène, formant à présent un duo en compagnie du batteur pour clore ce set. Tous les ingrédients sont réunis pour que Lethvm monte en puissance dans les mois et années à venir. Et surtout, qu’il ne laisse plus au fond de la gorge ce goût amer de trop peu. 

Attention, ça colle aux poumons ! Atomic Trip débarque pour la première fois, en Belgique. Il a emmené dans ses bagages un OVNI instrumental, entremêlé de Sludge et de Doom. Impliquant un batteur et deux guitaristes (dont l’un des deux n’est autre que le vocaliste de Cult of Occult, programmé en tête d’affiche), le trio va dispenser, pendant une bonne demi-heure, une musique extrêmement grasse, lente, parfois minimaliste et surtout crasseuse à souhait. Les mots sont parfois difficiles et vains à placer pour décrire une ambiance. C’est le cas ici. Le plus efficace serait peut-être de vous imaginer confiné·e dans un espace clos et que les murs se rapprochent petit à petit, à vitesse égale, finissant par froidement vous broyer, sans aucun état d’âme. Une stérilité qui se traduit également sur les planches, où les musiciens ne sont pas venus pour taper dans les mains et divertir la plèbe. C’est à prendre ou à laisser. Une hallucination acide, éveillée et partagée par celles et ceux qui se montrent ouvert·e·s et fait appel à ce qui se situe au-delà des mots. Atomic Trip a proposé ce soir un voyage, toutes fenêtres ouvertes et à contresens. Seul·e·s les mordu·e·s ont continué le périple jusqu’au bout.

C’est encore sous l’épais brouillard sonore laissé par leurs prédécesseurs que débarquent les Allemands de Phantom Winter. Deux pieds de micro sont disposés en vis-à-vis, plaçant les deux vocalistes parallèlement à la scène. Vous pouvez définitivement laisser de côté les ballons multicolores, la soirée se poursuit dans la suie. Les niveaux sonores sont pour le coup montés d’un cran, conférant aux lentes et chaotiques compositions une impressionnante couche anxiogène. Face au public, les growls impassibles et martiaux répondent aux vociférations aigues et possédées, le tout noyé dans une soupe de riffs glacés et démoniaques. Il règne une tension particulière, un confluent où l’aura nihiliste du punk finit par rencontrer l’appel funéraire propre au Doom. Seule une lumière bleue foncée, posée au sol, illumine l’ensemble de la scène, conférant aux visages des musiciens des traits aussi tirés que ravagés. Une haine froide et contenue face à un déchirement sans filtre, fréquemment entrecoupée de samples déclamatoires, qu’on pourrait croire sortis d’une chaîne de news allemande. Un peu comme si la musique de Phantom Winter reflétait un négatif inversé de la réalité, ce qui se passe de l’autre côté du miroir, ce no man’s land d’où on ne peut revenir une fois la ligne franchie. Alors que le quintet arrive petit à petit à instaurer cette ambiance atypique, les rangs se déforcent graduellement, préférant aller tailler le bout de gras à l’extérieur. Dommage !

Quelque peu éméchés, certains s’amusent à faire cracher les baffles de leur voiture parquée en face de la Maison des Jeunes. D’autres vident joyeusement leur bouteille de vin ou s’enfilent un dernier hamburger avant de se prendre la tête d’affiche dans l’estomac. Ces derniers effectuent les derniers réglages. Les vibrations parviennent jusque dans la rue. Les bouchons d’oreille sont vivement conseillés, car les Lyonnais de Cult of Occult ont plutôt la main lourde sur les niveaux sonores. Quelques spots à l’arrière inondent à présent la scène d’un rouge sang. Tous encapuchonnés, les artistes s’emparent de l’espace. Alors qu’il était plutôt discret lors de sa prestation chez Atomic Trip, caché derrière un ampli, le vocaliste a désormais laissé tomber la guitare pour s’emparer du micro et venir se planter à proximité de l’audience, pied sur l’ampli, dominant d’un regard froid et déshumanisé. La machine démarre. C’est lent, très lent. Le son emplit toute l’atmosphère, pousse les murs. Un long cri guttural sature les lieux. La décadence s’est désormais invitée aux festivités macabres. Ne cachant pas son attrait pour la boisson, le vocaliste s’abreuve d’une Rochefort en deux ou trois gorgées, nourrissant sa barbe par la même occasion, avant d’attraper et de vider, quelques instants plus tard, un gobelet rempli de houblon. La trentaine de personnes encore présente dans la fosse balance lentement la tête au rythme du claquement des cymbales. Les vibrations s’infiltrent insidieusement dans le corps, tel un venin qui grappille et infecte sans interruption les cellules saines. Une petite quarantaine de minutes, hors du temps, véritable expérience misanthropique et malsaine qui ne peut que souiller l’âme et y laisser des traces indélébiles. Seule stigmate physique de ce passage infesté : les oreilles bourdonnent dangereusement. Après avoir vomi toute leur haine, les artistes dégagent un à un de la scène, laissant les baffles hurler un larsen sillant littéralement les tympans. Le chanteur finit par remonter sur l’estrade et coupe d’un geste sec les amplis. Soulagement. La tempête est passée, il ne reste plus qu’à s’en remettre.

A l’heure où la tendance se porte plus que jamais sur la musique lisse et exempte de remous, le Doom Wood Festival prend le risque de mettre sous les projecteurs des formations atypiques et parfois loin de susciter l’intérêt général. Une organisation qui a le cran d’aller à rebrousse poils et d’offrir à son public des expériences sensorielles, davantage que des classiques prestations. Un saut à pieds joints dans la flaque d’eau, et peu importe si on en ressort les pieds mouillés. Il est donc plus que jamais nécessaire de soutenir ce type de manifestation, du moins si on veut que le Metal puisse rester cet antre d’expressions multiples, certes parfois dérangeant, mais ô combien salutaire...

(Organisation M.J. Tamines)

 

 

vendredi, 24 novembre 2017 15:37

Passing the Nekromanteion

Arkhon Infaustus appartient à cette catégorie de formations incontournables, qui pratiquent le metal extrême, en France. Tapi dans l’underground de 98 à  2007, il a, endéans ces quelque années, non seulement gravé quatre albums studio et deux Eps, mais s’est aussi produit sur les même planches que de grosses pointures, comme Mortician, Vader, Deicide, Enthroned et Belphegor. Une décennie plus tard, le combo parisien reprend les armes, motivé par l’idée d’être entendu au-delà de l’Hexagone, en publiant un nouvel Ep, sobrement intitulé « Passing the Nekromanteion ». En quatre titres, le band rappelle que son univers est toujours aussi oppressant. Tel un gaz sournoisement diffus, qui se répand dans un espace calfeutré, Arkhon Infaustus vient subtilement vous asphyxier. Et il est bien déterminé à y parvenir ! Ce disque plante le décor dès les premiers instants. Les envolées de gratte ‘slayeriennes’ sont soutenues par le drumming de Skvm, semblable à une marche funèbre vers la potence. Et la voix gutturale et possédée de Deviant Von Blakk vient finalement s’imposer en emplissant tout l’espace sonore. À l’image de l’artwork de ce mini album, représentant le Nécromantion (un ancien temple grec et oracle de nécromancie), la musique du duo français est non seulement très sombre, mais également bourrée de détails. Une accumulation de motifs qui se superposent les uns aux autres, jusqu’à calfeutrer toute lumière. Après quelques coups de basse bien gras clôturant un chaotique « Yesh Le-El Yadi », c’est par un sinistre titre instrumental qu’Arkhon Infaustus se retire lentement de la scène apocalyptique qu’il a engendrée. Alors que certaines formations se servent parfois de l’instrumental pour combler l’espace, Arkhon Infaustus déploie alors, et pendant dix minutes, tout son potentiel pour créer une ambiance aussi martiale que démoniaque. Bien qu’à réserver principalement à des oreilles friandes de Metal extrême, « Passing the Nektromanteion » marque un retour plutôt réussi pour le groupe français. Ou plus particulièrement de son ombre, car une demi-heure, c’est encore trop court pour pouvoir juger du réel come-back de la bête. Mais tout laisse présager que les artistes ont en réserve un bon paquet d’ondes malsaines à propager…

 

lundi, 20 novembre 2017 10:57

Au peuple de l’abîme

Au diable les introductions suaves et mélancoliques ! Ce premier effort accompli par Heir entre directement dans le feu de l’action en balançant dans les dents et dès les premières minutes, une salve de blasts incisifs et dévastateurs. Après avoir publié un premier Ep, l’an dernier, dont les trois titres figureront un peu plus tard, sur un split, partagé entre Spectrale et In Cauda Venenum, le combo toulousain dévoile, sur « Au peuple de l’abîme », cinq compositions totalement originales. D’entrée de jeu, « Au siècle des siècles » laisse augurer un Black Metal aussi rapide que chaotique, avant de se poser et devenir plus aérien et contemplatif. Se servant d’un chant articulé et pratiqué dans la langue de Molière, Heir ouvre une porte permettant d’accéder à son univers par la voie des paroles. Une approche pas toujours très habituelle au sein de ce style musical ; mais encore faut-il rappeler que signée chez Les Acteurs de l’Ombre, elle a plutôt l’habitude de s’extirper des sentiers battus. Sortir de l’ornière, il en est également question à propos de la linéarité dont pourrait souffrir le long playing. Alors que les morceaux ont une propension à adopter un ton uniforme, le combo parvient à déjouer cette impression de lassitude par le biais de certaines suspensions dans le temps ou encore grâce à quelques motifs musicaux hypnotiques, permettant dès lors de nous immerger au cœur d’un sombre périple (NDR : en dernière partie de l’« Heure d’Hélios », par exemple). La recette apparaît, certes classique, mais fonctionne ici plutôt bien : vous rouer de coups afin de vous vous laisser ensuite, lentement, prendre conscience de ce qui vous a été asséné. Galopant sous le blason du Post-Black Metal –le titre L’Âme des Foules, collant aux poumons, en est certainement le bel exemple tant il parvient à récupérer les ficelles du Black tout en les nouant à d’autres styles– Heir propose un premier album studio tout à fait convaincant et laisse entrevoir de beaux horizons ténébreux devant eux.

 

lundi, 20 novembre 2017 10:55

Paranormal

Faites le test : colportez autour de vous qu’Alice Cooper a gravé un nouvel album et attendez les réactions. Il est alors probable qu’on vous réponde : ‘Quoi, il chante encore ?’ Et pas qu’un peu qu’il chante encore ! Bien qu’affichant bientôt 70 balais et plus d’un demi-siècle au compteur, à arpenter les scènes, le maître de l’‘horror show’ propose son vingt-septième opus (!), « Paranormal ». Sorti six ans après « Welcome 2 My Nightmare », il est divisé en deux parties.

Cette énième édition du bal des horreurs débute par un surprenant titre éponyme, aux sonorités plutôt pop. L’homme au serpent aurait-il décidé de voguer sur d’autres rives ? Quoi qu’il en soit, il est aidé à la rame par –ni  plus ni moins– Roger Glover, le bassiste de Deep Purple. Il faut attendre le single, « Paranoiac Personality », pour être rassuré : le fibre du Hard Rock est toujours aussi vivante chez le père du Shock Rock. Jusqu’à sonner très ‘ZZtTopien’ sur « Fallen in Love »… même trop pour que… ah ben oui, c’est bien Billy Gibbons, guitariste et vocaliste du trio Texan, qui apporte son concours à la gratte et aux vocaux…

Ce nouvel LP s’inscrit dans un contexte particulier. Celui de l’univers des contes. Ainsi Cooper et son ami producteur en ont écrit vingt. Et douze ont été retenus pour être traduits en chansons. 

Alors que « Dynamite Road » aborde la sinistre rencontre entre un groupe de musique et le Malin, « Fireball » évoque un cauchemar apocalyptique au sein duquel est empêtré Alice, avant que ce dernier ne finisse par se réveiller et contempler la fin du monde de ses propres yeux. Ou encore « Genuine American Girl », qui dépeint la transsexualité d’un gars bien décidé à le faire savoir. Ce titre figure d’ailleurs sur le second CD de « Paranormal », suivi de « You and All of Your Friends ». Deux morceaux à la saveur particulière, vus qu’ils ont été enregistrés en compagnie du guitariste Michael Bruce, du bassiste Dennis Dunaway et du batteur Neal Smith –soit le line up originel du backing group d’Alice Cooper (NDR : hormis, malheureusement le guitariste Glen Buxton, décédé en 97)– au cours de la première partie des années 60 ! Exhalant un léger fumet de ‘bouche-trou’, six titres interprétés en live (à Colombus, en 2016), viennent combler ce second disque. On ne cachera néanmoins pas sa joie de réécouter des classiques tels que « School’s Out », « Feed my Frankenstein » ou encore « No More Mr. Nice Guy », bien que ces enregistrements n’apportent rien de bien neuf à l’ensemble.

Un peu déroutant en début de parcours, « Paranormal » permet finalement de passer un bon moment de rock’n’roll aux spectateurs•trices de ce grand parc d’attractions autant kitsch que cauchemardesque, bâti pierre par pierre pendant plus de cinquante ans par cette incontournable icône. On pourrait certes tergiverser sur l’utilité de la seconde plaque, mais au risque alors de se limiter à une seule et donc de se priver de cet épisode revivaliste, illustré par ces deux morceaux, qui traversent la zone grise de cette fin d’opus. Après une telle longévité, autant ne pas bouder son plaisir.

 

dimanche, 19 novembre 2017 12:04

Fitz Roy lâche son Animal !

Fitz Roy, jeune formation bruxelloise de Grunge aux touches de Stoner, vient de sortir son prermier clip vidéo intitulé "Animal". Il s'agit là du titre d'ouverture de leur premier album studio de neuf titres, enregistré au début d'année au Jet Studio et mixé au Rec’n'Roll en avril aux côtés de Charles de Schutter (qui a collaboré notamment avec M, Ghinzu ou encore Komah). Bien que ne se réclamant pas uniquement du Grunge, les fans de Nirvana ne pourront que s'en donner à coeur joie!
 
Charmé·e ? Fitz Roy s'exécutera sur la scène du Botanique le 15 décembre prochain , en première partie des Français de Last Train.


 
 
 
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