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Black Mirrors sortira son nouvel elpee, "Tomorrow will be without us", ce 4 novmebre. En attendant, il nous propose un premier titre, "Hateful Hate, I'll Kill You", sous forme de clip vidéo. Le release-concert est prévu (et déjà annoncé) le 18 novembre au…

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Pierre Vangilbergen

Pierre Vangilbergen

dimanche, 19 novembre 2017 11:02

Du Thrash qui a du cœur

Le Trix d’Anvers accueille, au beau milieu du mois de novembre, trois grandes pointures du Thrash : Testament, Annihilator et Death Angel. L’occasion de revenir sur l’actualité de ces derniers. Ont-ils prévus quelque chose de neuf sous le sapin ? Quel regard portent-ils sur leur 9ème elpee studio, « The Evil Divide » ? Quelques réactions recueillies en backstage, peu avant le lancement des hostilités.

Après un trajet en voiture pour le moins chaotique –le mois de novembre nous réservant, en cette fin d’après-midi, tout l’éventail des joyeusetés météorologiques qu’il a en stock– votre serviteur débarque enfin dans la salle anversoise en accusant un quart d’heure de retard. Le temps de passer un coup de téléphone à la ‘tour manager’, afin de lui signaler ma présence sur les lieux, elle répond, un peu confuse, devoir d’abord régler un petit problème et qu’elle me rejoindra plus tard. S’il faut patienter, alors autant lier l’utile à l’agréable et jeter un œil aux mouvements qui se produisent dans la salle de concert. Quelques roadies sont au turbin. Ils préparent la stage pour le show de Testament, la tête d’affiche du jour. Une imposante silhouette observe ce qui se déroule sur le podium. C’est Chuck Billy, le chanteur de Testament. Fidèle à son surnom, ‘The Chief’, il vérifie que tout soit en ordre. Assister au soundcheck de ce band yankee, il y a pire comme situation, dans la vie. La ‘tour manager’ finit enfin par arriver. Ce ne sera finalement pas le guitariste Rob Cavestany qui répondra à mes questions –il est encore dans les bras de Morphée– mais bien son acolyte, Ted Aguilar. On s’adaptera, ‘keep it rockin!’

C’est aujourd’hui la troisième fois cette année que vous foulez le sol belge. Les fans du groupe qui y vivent, n’ont donc pas d’excuses à faire valoir s’ils n’ont pas eu l’occasion de vous voir en concert, au cours de l’année 2017 !

Ted Aguilar : (il rigole) oui, en effet ! Et c’est aussi la seconde date à Anvers. On y était déjà passé cet été, dans le cadre de l’‘Antwerp Fest’ (NDR : qui s’est déroulé le 9 juillet) ! Mais la dernière fois qu’on a mis les pieds ici au Trix, c’était lors du ‘Thrashfest’, en 2010. Suicidal Angels, Exodus et Kreator étaient également à l’affiche.

Votre dernier long playing en date, « The Evil Divide », est maintenant sorti depuis un peu plus d’un an. Quoi de neuf à l’horizon ?

Un an et demi pour être précis ! Concernant notre prochain LP, on en a en effet déjà discuté ensemble… On a bien quelques idées, mais encore rien de concret. On va sérieusement se remettre à l’ouvrage après les fêtes de fin d’année. Quoi qu’il en soit, c’est de toute façon prévu !

Comptez-vous composer des morceaux dans le style de ceux qui figurent sur votre précédent opus ?

Ah… c’est une question à laquelle il est toujours difficile de répondre… Quand on compose, on ne pense pas nécessairement à ce qu’on a fait auparavant. On souhaite simplement réaliser les meilleures chansons possibles. D’autant plus que quand on se met à écrire, on n’a jamais vraiment une vue d’ensemble au moment présent. Du moins, en ce qui me concerne. Ce n’est que lorsque le master est prêt, que je m’assieds, je l’écoute et peux enfin conclure : ‘Ah ouais, je vois enfin ce que ça donne maintenant…’ (il rigole). Je ne suis pas le compositeur principal, je possède donc encore moins cette vision globale. Il m’est donc quasi impossible de présager ce qu’on va produire… On va écrire et puis on verra bien !

Dan le processus d’écriture chez Death Angel, vous composez d’abord la musique ou les paroles ?

La musique ! Rob (NDR : Cavestany, le guitariste principal) est généralement le premier à composer, sur base de quelques-unes de ses idées ou un squelette du morceau qu’il a imaginé. On se voit ensuite, lui et moi. On en parle jusqu’au moment où on sent qu’on tient quelque chose de concret. On passe finalement à l’enregistrement et on envoie le tout à Mark (NDR : Oseguada, le chanteur de la formation). C’est à partir de cet instant que Mark commence à prendre son stylo et du papier et qu’il se lance dans l’écriture des lyrics… Il a toujours besoin de la musique au préalable. Il est incapable d’écrire sans support. Il doit ressentir les mélodies avant que les idées ne se mettent à germer.

Dans quel état d’esprit étiez-vous lorsque vous avez composé votre dernier long playing ?

C’est une bonne question ! Je pense qu’on souhaitait un résultat davantage Heavy et un peu plus mélodique. L’album précédent, « The Dream Calls for Blood » (NDR : paru en 2013), était vraiment très Thrash. On a bien sûr conservé cet aspect rentre-dedans au niveau de la rythmique, mais musicalement, la coloration est bien plus Heavy. Mais bon, on reste évidemment un groupe de Thrash. Mais quand tu écoutes une chanson comme « Father of Lies », surtout le début du morceau, tu ressens cette petite touche propre à Black Sabbath. Et de manière plus générale dans « Lost »… Tu sais, quand Rob a écrit ce titre, il pensait à l’ambiance si particulière qui règne en festival, quand tout le monde lève les bras et crie en même temps. Il voulait vraiment que ce morceau incite les festivaliers à chanter. Je pense que nous étions dans cet état d’esprit à ce moment-là : insuffler une ambiance de festival, tout en parsemant ça et là, la compo de quelques touches de Heavy.

Te souviens-tu du groupe ou du morceau qui t’a transmis le virus du Metal ?

(il prend le temps de réfléchir) Wow, ça remonte ! Je pense que c’était du Black Sabbath… mais la période au cours de laquelle Dio était au chant (NDR : à partir donc de 79). Je n’ai vraiment découvert les compositions impliquant Ozzy Osbourne que plus tard. Je pense que c’est à cette époque que j’ai flashé sur ce qu’était le son typiquement lourd du Metal. Je me souviens aussi de l’album « Mob Rules ». Sa pochette était vraiment terrifiante. En réfléchissant, c’est un des premiers skeuds de Metal que j’ai écouté…

Le 20 janvier prochain, vous vous produirez en compagnie d’autres bands pour une soirée caritative afin de venir en aide à Sean Killian, le vocaliste de Vio-Lence (NDR : atteint d’une cirrhose, récemment diagnostiquée, il est en attente d’une transplantation). Pour vous, la solidarité n’est pas un vain mot ?

En apprenant cette terrible nouvelle, quelques groupes de la Bay Area dont Exodus, Testament et évidemment le nôtre ont décidé d’organiser un show ensemble et d’y jouer, entre autres, quelques morceaux de Vio-Lence. Toutes les recettes de cette soirée seront destinées à Sean pour son traitement. On espère du peuple pour ce concert un peu particulier et que de généreux donateurs assistent au spectacle. Je pense aussi qu’entouré de tous ses amis issus de la Bay Area, ce soutien devrait lui apporter du réconfort. On va prendre du bon temps tous ensemble…

…et vous reproduirez ce même type d’action en fin d’année, à l’occasion de votre Xmas Show, les 15 et 16 décembre prochains, à San Francisco, afin de venir en aide aux victimes des incendies qui ont ravagé le nord de la Californie, en octobre dernier.

En effet, on a décidé de leur reverser une partie des revenus issus de la vente des tickets et du merchandising. On y vendra également quelques trucs sympas du groupe, dont notamment l’une ou l’autre guitare. On fera de notre mieux !

L’espace contigu de la backstage de Death Angel, environs 8m², commence à devenir un peu à l’étroit pour quatre personnes. En effet, au cours de l’interview, le batteur Will Caroll et le vocaliste Mark Oseguada nous ont rejoints dans la loge. Ce dernier, sort à peine de la douche et ne porte qu’un essuie de bains autour de la taille. Il est d’ailleurs occupé de se brosser les dents. Un cadre quelque peu surréaliste ! Il est temps que je quitte temporairement mes hôtes du jour, pour les retrouver une poignée de minutes plus tard, sur les planches…

Interview réalisée le dimanche 12 novembre, au Trix d’Anvers.

(Merci à Nuclear Blast d’avoir permis cette rencontre !)

samedi, 18 novembre 2017 15:40

Décès de Malcolm Young, guitariste d'AC/DC

Le groupe lui-même vient d'annoncer la terrible nouvelle : Malcolm Young, guitariste d'AC/DC, est mort. 
 
C'est  avec beaucoup de tristesse qu'AC/DC doit vous informer en ce jour du décès de Malcolm Young. Malcolm, en compagnie d'Angus, étant le fondateur et créateur d'AC/DC. Doté d'un grand sens de dévouement et d'une grande implication, il était la force motrice derrière le groupe. En tant que guitariste, compositeur et visionnaire, il était quelqu'un de perfectionniste et un homme unique. Il savait toujours ce qu'il voulait et là où il voulait aller.
 
Il entreprenait tout avec passion. Sa loyauté envers ses fans était sans borne. C'était mon frère, j'ai aujourd'hui beaucoup de mal à trouver des mots afin de décrire à quel point il comptait dans ma vie, le lien si unique et si spécial que nous partagions. Il laisse derrière lui un énorme héritage, qui continuera à se perpétrer encore et toujours. Malcolm, tu as bien fait ton travail. 
 
Souffrant de démence depuis quelques années, Malcolm Young s'est éteint en paix ce samedi 18 novembre, auprès de sa famille. C'est la deuxième fois que la famille Young est ainsi tragiquement frappée, ayant perdu à la fin du mois d'octobre George Young, mentor du groupe et producteur des albums "High Voltage", "Dirty Deeds Done Dirt Cheap" ou encore "Let There Be Rock".
dimanche, 12 novembre 2017 02:00

Pas encore prêt à signer son testament

Les ami·e·s de la veste patchées se sont donné rendez-vous ce dimanche au Trix. Et pour cause, la salle anversoise a programmé trois pointures du Thrash : Testament, Annihilator et Death Angel. Des formations trahissant déjà plus de trois décennies au compteur. Et pas vraiment une bande de petits rigolos. Une affiche très riche, au line up certes discutable, mais qui va offrir à la foule en présence, un spectacle tout en puissance, truffé de riffs dévastateurs et doublé de blasts écrasants. Une leçon en la matière !

S’il fallait un bel exemple d’une journée d’automne en Belgique, ce 12 novembre en est la plus parfaite incarnation : des averses en rafales, un ciel aussi plombé que menaçant et quelques grêles offensives. Donc, une pénombre à perpète. Autant dès lors retourner la situation : quoi de mieux que d’affronter les forces de la nature afin de se préparer à cette soirée qui s’annonce d’ores et déjà épique ? Preuve en est, les metalheads sont nombreux dès le début des hostilités.

Y assister ou ici l’écrire demeure encore maintenant un paradoxe : Death Angel entame cette nuit. Sur les planches depuis 82 (NDR : en tenant compte, certes, du break de dix ans entre 91 et 2001), ces Californiens servent de fers de lance au Thrash de la Bay Area (au même titre qu’Exodus ou Metallica, pour ne citer que les plus notoires), depuis trente-cinq années. Et pourtant, c’est bien à eux que revient la tâche de tirer le premier coup de fusil. Et quel coup ! En toute simplicité, la bande à Oseguada débarque sur les planches et déverse un set intense et carré, sans breaks. Mais il sera court, bien trop court ! Trente-cinq minutes (alors qu’elle aurait pu en réserver quarante, soit un morceau de plus), c’est décidément trop peu pour l’aura dont bénéficie la formation. Quoi qu’il en soit, les six morceaux vont se focaliser principalement sur la partie la plus récente de sa carrière. « Father of Lies » et « The Moth », issus de son dernier elpee, ouvrent et clôturent le set. Mais les fans de la première heure ne seront pas pour autant négligés, bénéficiant des premiers riffs d’un « The Ultra Violence » (remontant à 87, cette plage atteint plus de dix minutes…) enchaîné au vitaminé « Thrown To The Wolves » (2004) avant de revenir, back in the years, à « Mistress of Pain ». La puissance vocale de Mark Oseguada est toujours aussi impressionnante. Son éternelle bouteille de Blue Bombay –à la main– est cependant aujourd’hui davantage entamée que lors de l’Alcatraz, en août dernier. Et on n’en oubliera pas pour autant ses musiciens, dont la bonne humeur est communicative. Bref, le band aurait pu, sans aucun problème, doubler la durée de sa prestation. (Voir les photos ici)

Autre set, autre pointure : l’espace est aménagé pour les Anglo-canadiens d’Annihilator. Deux structures entourent de part et d’autre la batterie, flanquées d’une représentation plutôt pileuse d’une gargouille démoniaque à trois yeux. Cette interprétation est issue de leur dernier opus, « For The Demented », paru il y a un peu moins de dix jours. Trois pieds de micro sont disposés sur l’estrade, dont un au milieu, réservé au chanteur/guitariste, mais également leader, Jeff Waters, reconnaissable à sa bonnette rouge (le pied de micro, pas Jeff hein !) et sa ribambelle de plectres accrochés (qu’il ne distribuera d’ailleurs pas). Le combo va bénéficier d’un temps de set un peu plus conséquent, soit dix minutes de plus, mais n’en tirera pas profit, se perdant même de temps à autre dans des breaks tirés en longueur, entre deux morceaux. Responsable de seize albums studio (!) à ce jour, il va étaler ses différentes couleurs musicales : un Thrash tantôt classique (« Phantasmagoria »), tantôt plus heavy (le ‘kingdiamondien’ « Alison Hell », au cours duquel le vocaliste n’assure pas les parties aiguës, invitant plutôt le public à le suppléer) ou qui lorgne carrément sur le Death (un « Twisted Lobotomy » sous stéroïdes). Des approches musicales variées, mais parfois déroutantes, privant dès lors le set de tout fil rouge. En outre, Jeff Waters éprouve désormais des difficultés pour assurer le chant en solo, depuis le départ de Dave Padden, en 2014. Malgré une présence scénique très charismatique (parfois un peu trop), il ne convainc pas encore entièrement, derrière le micro. Il n’empêche que les mélomanes, principalement massés aux premiers rangs, s’en sont donné à cœur joie et n’ont pas hésité à donner de la voix tout au long du show. Les nombreux t-shirts frappés à l’effigie du band confirment qu’une bonne partie de l’auditoire avait effectué le déplacement pour eux. Quant à la place réservée à Annihilator et Death Angel sur l’affiche, le débat reste ouvert. Certains affirmeront qu’Annihilator a publié un nombre de long playings bien plus important… Mais reste à savoir si la notoriété d’un combo dépend de son imposante discographie, surtout quand la qualité est sacrifiée sur l’autel de la production. Le débat ‘métallien’ se poursuit autour d’une mousse, avant de rejoindre la fosse pour applaudir les héros du jour. (Voir les photos )

Le moins qu’on puisse dire, c’est que Testament va en imposer. Tout d’abord visuellement : le groupe occupe tout le podium. Un immense backdrop couvre l’arrière de la ‘stage’. Au milieu de cette toile figure la représentation d’un cobra beige à trois têtes, gueules grandes ouvertes et tous crochets dehors. À la base de cette effigie animale trône le set de batterie de Gene Houglan, tout en métal argenté. De part et d’autre est disposée une plate-forme, accessible par deux escaliers posés à gauche et à droite de la batterie, le tout recouvert de drapés enrichis de hiéroglyphes. Les extrémités de la plateforme sont flanquées de deux disques, au milieu desquels s’inscrit un pentagramme sur la pointe et doté d’un crâne animal, la langue pendante. La tonalité est donnée : la fosse risque de s’en prendre plein les dents.

Les projecteurs diffusent une lumière rouge. Des jets de fumée s’échappent à l’avant du podium. Et le batteur opère une entrée triomphale, baguettes croisées en guise de salut à son public. Il est rapidement suivi par le reste de la troupe. Soudain, la voix gutturale et grondante de Chuck Billy transperce les ténèbres et clame : ‘Are you ready Belgium?’ La machine s’emballe, les enfers ouvrent leurs portes pour laisser s’échapper le surpuissant « Brotherhood of the Snake », le titre éponyme du dernier LP. Et tout aussi survolté, « Rise Up » embraie. Un véritable mur de son s’abat sur le Trix. Chuck a enfilé un t-shirt parodiant, au nom de son groupe, la typographie du whisky ‘Jack Daniels’, recouvert d’une veste noire, sans manches, de type motard. Et il domine littéralement la foule. L’éclairage s’échappant du bas de la scène ne fait qu’amplifier son imposante stature de natif américain de la communauté pomo. À ses côtés, pied de micro relevé plus haut que la tête, à la manière de feu Lemmy Kilmister, le leader de Motörhead, l’impressionnant bassiste Steve DiGiorgio toise ironiquement la foule, derrière un sourire effacé et énigmatique.

La part belle du set va privilégier les titres du dernier long playing, dont « Stronghold », au cours duquel le vocaliste indiquera toute l’importance de cette compo, ne manquant pas de rappeler ses origines indiennes. ‘Il y a maintenant un petit temps que nous tournons avec les mêmes morceaux… On a décidé de vous faire une surprise, c’est la première fois que nous le jouons en Europe…’, confie Chuck, avant d’entamer l’éponyme « Low » (1994). Rompu aux grands espaces, Testament propose en salle un set différent. Comme tête d’affiche, il bénéficie du double de temps généralement imparti lors d’un festival ; l’occasion de gratifier la fosse de solos exécutés par chacun des musiciens. Mais autant celui d’Eric Peterson, guitariste rythmique, apparaît plutôt plat, autant ceux du bassiste Steve DiGiorgio, du batteur Gene Hoglan et du guitariste solo Alex Skolnick (ah quel bonheur, d’entendre ces influences puisées dans le jazz) vont se révéler de véritables prouesses artistiques. Des envolées destinées à faire exploser les barrières du Thrash. Ces trois ponctuations suspendues dans le temps ont offert, non seulement un moment de respiration appréciable, mais permis de toucher du bout des doigts, le temps de quelques minutes, l’étendue et le génie artistique de ces musiciens.

Les fans de la dernière heure seront généreusement arrosés de nouvelles compositions, mais les têtes grises ne seront pour autant pas oubliées grâce, entre autres, à un « Into the Pit », datant de 88, célébrant toute l’attitude gestuelle rituelle pour ce type de concert. Un hymne au Metal qui ne manque évidemment pas de mettre le feu à la fosse. Les métalleux se bousculent. Leurs épaules s’entrechoquent. Quelques courageuses et courageux passent en slam au-dessus des têtes. Petit bémol quand même, pour la forme : Chuck Billy ne connaît pas tous ses lyrics par cœur et doit recourir à un prompteur, habilement dissimulé dans le décor.

En une heure et demie de concert, les Américains ont assuré une prestation digne du rang qu’on leur confère. Alors que leurs apparitions estivales laissent souvent les festivalier·ère·s sur leur faim, les titans du Thrash ont ici eu le temps et l’opportunité de déployer tout leur savoir-faire. D’autant plus qu’à l’instar de bon nombre de groupes contemporains, Testament ne se repose pas sur son passé. Il ne survit pas accroché à ses golden years. Au contraire, Testament ne cesse de se bonifier, d’année en année, d’album en album. Une perpétuelle remise en question, une graduelle montée en puissance, une ascension permanente. Parvenir à prendre du galon, après trente-quatre années sur les routes ; seuls les plus grands peuvent y arriver. Pas encore prêt à signer son propre testament... (Voir les photos ici)

Setlist : Brotherhood of the Snake - Rise Up - The Pale King - Centuries of Suffering - Electric Crown - Into the Pit - Low - Stronghold - Throne of Thorns - Eyes of Wrath - First Strike Is Deadly - Urotsukidôji - Souls of Black - The New Order // Rappel : Practice What You Preach - Over the Wall

(Organisation: Biebob/Rocklive)

Merci à Nuclear Blast


 

 

Lethvm : une orthographe atypique, mais surtout une formation qui gravit petit à petit les échelons de la scène métallique belge. Auteur d’un Ep en 2016, le groupe de Doom a participé cet été au ‘Loud Program’ (un concours organisé en Fédération Wallonie-Bruxelles) et a été sélectionné parmi les quatre meilleurs lauréats. À quelques semaines de la sortie de son premier elpee studio (24 novembre), « This Fall Shall Cease », les musiciens reviennent sur les débuts de leur histoire et évoquent un futur plutôt prometteur. Rencontre.

Pourriez-vous tout d’abord indiquer ce qui se cache derrière le mot Lethvm ? Pourquoi avoir choisi ce terme comme patronyme ?

Tony (batterie) : Lethvm tire sa racine du grec ‘lethal’, un mot qui désigne donc un rapport à la mort. Mais une mort plus appréhendée sous la forme d’une érosion physique et mentale. On a ensuite ajouté un ‘h’ et remplacé le ‘u’ par un ‘v’ afin de se forger une identité propre. On ne voulait pas d’un mot qui soit simplement puisé dans le dictionnaire. On souhaitait s’en emparer.

Lethvm ne compte que deux années d’existence, mais vos compositions laissent néanmoins transparaître un certain passé musical. Quels sont vos parcours respectifs ?

Vincent (chant) : j’ai transité par Death By Nature (Mathcore) et Oldd Wvrms (Doom/Sludge), avant de quitter ces bands, pour finalement rejoindre Lethvm.
Ben (basse) : Matthieu (guitare), Tony et moi, nous nous connaissions déjà auparavant. On avait déjà joué tous les trois dans un groupe de rock. On s’est ensuite séparé, jusqu’au jour où Mathieu et Tony se sont revus au festival de Dour et ont décidé de monter un projet ensemble. Je les ai finalement rejoints au sein d’Illensys, avant qu’il ne soit décidé d’opter définitivement pour Lethvm.
Tony : … mais on n’a jamais conservé de titres composés pour l’ancien groupe. Quand on a envisagé, fin de l’année 2015, de lancer Lethvm, on est reparti d’une feuille blanche. Puis notre vocaliste, Vincent, est arrivé. C’est alors que tout a vraiment démarré ; et on a enregistré un premier Ep.
Vincent : on s’est vite rendu compte que si on voulait avancer et décrocher quelques shows, il fallait proposer du concret. Soit un Ep. Il sonne très sale, mais je l’aime beaucoup (rires) ! On a ensuite continué à écrire tout au long de l’année 2016, entre quelques concerts accordés en Belgique et en France.       

Jusque mai 2017, où vous avez commencé à bosser pour réaliser votre premier LP studio, « This Fall Shall Cease ».

Mathieu : un travail de longue haleine ! On a beaucoup composé. Certains titres ont même été carrément jetés à la poubelle.
Tony : un peu comme un gros bloc de marbre qui aurait été patiemment buriné. On a éliminé beaucoup d’idées et on a supprimé pas mal de riffs.     

Ces morceaux sont un véritable mélange de styles : on y retrouve la noirceur du Black Metal, la lenteur du Doom, le côté oppressant du Sludge. Comment définiriez-vous votre musique ? Et question plus basique, quelles sont vos influences ?

Ben : c’est une question à laquelle il est difficile de répondre, car nos racines musicales sont très différentes. Je suis par exemple davantage immergé dans le Thrash. On a donc dû chercher un équilibre qui corresponde à tous. Ce n’était pas simple, mais je pense qu’on est parvenu à créer une sorte d’alchimie susceptible de plaire à toute personne qui écoute du Metal. Ou du moins, qui accepte d’ouvrir ses horizons.
Tony : quand on a commencé à écrire les morceaux de cet album, on ne voulait pas qu’ils partent dans tous les sens. On a débarqué chacun avec nos idées et on en a conclu qu’il suffisait de composer pour voir ce qui allait en ressortir ! C’est devenu un pot-pourri de Metal  (rires) !
Mathieu : c’est en effet le résultat d’un foisonnement d’influences, mais le résultat est cohérent. C’est surtout Tony et Vincent qui ont ici planché pour qu’il soit vraiment homogène. Tu sais, même les fins et débuts de morceaux ont été soigneusement ciselés, afin que tout puisse se suivre de manière fluide.
Tony : Je pense que l’album n’aurait pas du tout la même gueule si les chansons avaient été classées dans un ordre différent ! Lors des sessions, on avait toujours en tête nos enchaînements. Nous voulions que notre disque ne suscite jamais l’ennui. C’est pourquoi nos compositions vont piocher à droite et à gauche dans notre passé musical.

Utilisez-vous Lethvm pour transmettre un message en particulier ?

Vincent : non, nos compos ne véhiculent pas de messages. Je veux en effet délibérément être éloigné des mots afin de communiquer uniquement un ressenti. Aller au-delà des termes. En anglais, le chant est complètement saturé ; donc soyons clairs : en live, tu discernes mal ce qui est raconté. Et même sur disque, il faut lire les paroles pour les comprendre. J’y accorde certes une importance personnelle, mais elles n’ont pas nécessairement la même signification pour quelqu’un d’autre. Ou si elles venaient à en avoir, ce sera d’office différent de ce que j’ai pu ressentir en les écrivant. Ma voix n’est qu’un vecteur d’émotions. Pour les lyrics, je travaille avec Tony et on a une façon un peu particulière d’opérer. J’écris tous mes textes en français. Ce qui représente des pages et des pages. Tony les traduit ensuite en anglais. Je les pose ensuite sur les chansons et n’en retire que certaines phrases. Ce qui crée, au final, de nouveaux textes. Aléatoire, cette manière de fonctionner me permet d’accéder à mon inconscient. Mais il existe ainsi des éléments dans l’album qui n’ont toujours pas de sens pour moi ; cette signification viendra peut-être plus tard, quand je pourrais disposer du recul nécessaire.

Ce premier opus studio sortira chez Deadlight Entertainment. Par quel hasard avez-vous décroché un tel deal ?

Mathieu : On avait été invité au Roadburn Festival par les mecs de Doom of Occult, des amis à nous. Après avoir assisté à leur show, on a croisé Alex, le responsable de Deadlight. On a parlé de tout et de rien. Au cours de notre discussion, je lui ai demandé de jeter un œil à notre clip. Et chaque fois qu’un membre de Cult of Occult s’approchait de nous, il lui répétait : ‘Mec, si tu dois signer un groupe, c’est bien eux’…
Tony : Un gros travail a été opéré en amont avant qu’Alex nous signe. Je dois dire qu’en sortant du studio d’enregistrement, on espérait très fort un dénouement favorable.
Mathieu : … en fait, l’élément déclencheur remonte au 26 novembre 2016, lorsqu’il est venu assister à un show au cours duquel on ouvrait pour Bathsheba. Je pense qu’il a vraiment apprécié notre prestation. À la fin du set, il nous a demandé notre Ep. Il m’a filé en échange deux ou trois autocollants de son label… j’y ai donc vu un signe. Et depuis le mois de janvier, c’est lui qui est venu régulièrement me parler, en me disant qu’il attendait qu’on lui propose quelque chose.
Tony : Mais on a aussi deux autres labels ! Ce nouvel album paraîtra en effet également en cassette, chez Denses Record, une boîte indonésienne. On avait déjà sorti notre précédent Ep sous la forme d’une cassette et on trouvait l’idée plutôt fun. « This Fall Shall Cease » sera ensuite gravé en vinyle chez Dunk!records. Le premier support sera sûrement la K7, suivi du CD à la fin du mois de novembre et finalement le vinyle pour janvier 2018. Pour le vinyle, on y ajoutera une touche visuelle supplémentaire ; mais ça, c’est encore secret !

Vous avez participé, cet été, au ‘Loud Program’, un concours qui s’adresse aux formations de Metal et musique extrême en Fédération Wallonie-Bruxelles, dont les lauréats bénéficient, ensuite, d’un dispositif d’accompagnement. Un nouveau tremplin pour Lethvm ?

Vincent : En effet, dès qu’on a reçu notre mix final, on l’a envoyé au ‘Loud Program’.
Tony : quand tu participes à un concours, il est normal qu’on puisse espérer être sélectionné. Mais quand on a compris qu’on l’était parmi plus de 80 candidats… wow !
Vincent : surtout quand tu sais que certains de ces groupes ont bien plus de vécu que nous. On a vraiment été étonné, mais dans le bon sens du terme !

Cette sélection vous a notamment permis de décrocher une résidence et un coaching. Savez-vous où et qui sera votre mentor ?

Vincent : notre première réunion s’est déroulée, il y a deux semaines. On y a rencontré le responsable de Thot, Grégoire Fray. Cette résidence s’étalera sur deux jours et précédera notre concert que nous accorderons en compagnie d’Au-Dessus (NDR : c’était le 6 novembre, à Arlon). On lui a demandé de se concentrer sur le son, en façade, ainsi que de prévoir une meilleure approche des lumières. Vu que notre musique est lente, on est généralement très soft en matière d’éclairage. En guise de préparation, il nous a conseillé de bosser sur les paroles des chansons, afin de savoir quel était le message véhiculé et comment on envisageait le faire vivre sur scène. On verra comment ça se passe…

Des dates de concert sont-elles prévues d’ici la fin de l’année ?

Ben : oui, presque dix !
Vincent : on va se produire en France, au Luxembourg, puis en Belgique ; à Liège, Bruxelles, Dour, etc.
Mathieu : et puis on fêtera évidemment la parution de l’album au Doom Wood Festival (le 25 novembre à Sambreville), dont je suis le co-organisateur. On voulait initialement le sortir en mai ou en juin, après l’avoir enregistré en janvier. Mais on s’est vite rendu compte que ce timing ne tenait pas la route et qu’il serait préférable de retarder sa sortie. Et il s’est ensuite avéré qu’en accord avec notre label Deadlight, le mois de novembre serait le meilleur moment. Alors autant le faire au Doom Wood… qui va être une belle fête entre amis !

J’imagine que vous avez aussi quelques projets pour l’année 2018 ?

Vincent : on voudrait réaliser un split. On est déjà occupé à plancher sur de nouvelles compositions. Le but serait de respecter un agenda semblable à celui de cette année : enregistrer en mai pour sortir quelque chose vers septembre ou octobre.

Qui pourrait être intéressé de participer à ce projet ? Une idée ?

Mathieu : oui et non… On voudrait le sortir en compagnie d’un groupe hébergé chez Dunk ! ou Deadlight. Mais il faut encore voir si l’un d’entre eux est intéressé. On a aussi établi des contacts au Canada. Ce qui pourrait dès lors peut-être déboucher sur une tournée européenne et canadienne.

À propos de tournée, qui choisiriez-vous partager l’affiche ?

Vincent : j’avoue que si on pouvait la partager en compagnie de Cult of Luna, Neurosis et Amenra, la tournée serait plutôt sympa ! (rires)
Mathieu : Cult of Occult, certainement, mais la tournée deviendrait trop vite ingérable… et puis on est déjà vraiment heureux que le Loud Program puisse nous procurer quelques dates. On pense notamment à celle du 9 décembre au Botanique, où on devrait rencontrer pas mal de monde. Et qui sait… peut-être qu’un booker professionnel nous remarquera ?
Vincent : on ne regarde pas seulement vers le haut. Abynth est une formation qui nous suit beaucoup et on essaye de l’emmener dès que l’occasion se présente.
Mathieu : ils ont dix ou quinze ans de moins que nous, mais assurent vraiment ! Ils pratiquent une musique inspirée des premiers Black Sabbath. Du bon vieux Doom à l’ancienne ! Et puis… au niveau picole, ils assurent aussi ! (rires)
Ben : rencontrer les musicos d’Absynth a vraiment été une chouette expérience humaine ! De notre côté, on essaye de les épauler comme on peut. Et puis du leur, ils nous assurent aussi un très bon soutien ! Ils avaient notamment organisé une soirée pour la sortie de leur Ep et nous avaient demandé de jouer après eux. Tous leurs fans sont restés pour nous écouter ! Ce qui nous a vraiment fait plaisir. Ils croient beaucoup en nous. Et nous, on les voit évoluer de concert en concert. On essaye de s’entraider. On est déjà tellement peu de groupes du style, en Wallonie, alors autant ne pas se tirer dans les pattes !

(Interview réalisée à Bruxelles, le 22 septembre 2017).

vendredi, 10 novembre 2017 23:53

Amenra donnera une messe à Charleroi

Après un passage très remarqué à l'Ancienne Belgique, le 31 octobre dernier, à l'occasion de la sortie de leur nouvel opus "Mass VI", les Belges d'Amenra ont annoncé une nouvelle salve de concerts. Parmi ces différentes dates qui se tiendront dans le courant du printemps 2018... une seule en Wallonie!
 
Que les amatrices et amateurs du genre notent donc bien ceci au marqueur rouge dans leur agenda : vendredi 13 avril, 20h, à l'Eden (Centre Culturel de Charleroi). Petit conseil : n'attendez pas trop, les places risquent de partir vite!
 
"Où il y a de l'Amour, il y a de la Souffrance. Pas d'Amour sans Souffrance. Pas de vie sans mort. Pas de lumière sans obscurité. Il s'agit là du conflit au sein de Mass VI, au coeur de tout et de chacun-e d'entre nous, au coeur de ce que ça signifie d'être humain, de vivre et d'aimer et de perdre", annonce en substance la formation à propos de son nouvel album. Plus qu'un show, une expérience de l'âme. 
 
vendredi, 10 novembre 2017 11:50

²

Sous le vaporeux patronyme de Spectrale, se cache le side project de Jeff Grimal, guitariste et vocaliste de The Great Old Ones, un groupe français de Post-Black Metal atmosphérique. Mais attention, on est ici loin d’un bis repetita ! L’artiste propose, en effet, tout au long de ce premier effort, des compositions uniquement acoustiques et quasi-instrumentales. Mais au-delà des morceaux, le musicien invite à découvrir un univers céleste, transcendant et très susceptible d’aiguiser les cinq sens. Pour que la magie puisse sereinement opérer, c’est par de lentes rafales de nappes hypnotiques et répétitives, à la sèche, que le maître de cérémonie va, progressivement, vous déconnecter de la réalité. Rien ne sert de résister, vous finirez par perdre pied. Car la suite va nous réserver une escapade de près de trois quarts d’heure, voguant d’une phase exploratoire à une autre, ponctuée par des moments de joie pure et de traversées autant épiques (« Monocerotis Part2 ») que dépressives (▲). Quelques légères envolées de violoncelle et de discrets bruitages astraux viennent pimenter la pérégrination. Après une démo et un split (NDR : voir la chronique ici), publiés en 2016, Spectrale dévoile ici sa première incarnation (NDR : présenté sous un très beau digipack blanc et doré, agrémenté d’illustrations dessinées par Jeff Grimal), prête à délicatement prendre soin de votre âme et à lui faire vivre intensément quelques expériences extrasensorielles. A écouter au casque, allongé et les yeux fermés. Bon voyage !

 

Célébrant modestement ses trente-cinq printemps, Agnostic Front est parti en tournée à travers toute l’Europe. La règle est simple : un concert tous les soirs, pendant un peu plus d’un mois, afin de fêter en famille cette date anniversaire. L’occasion ne pouvait être mieux choisie pour rencontrer Roger Miret, le vocaliste du groupe, un des pionniers du mouvement Punk Hardcore new-yorkais, du début des années ’80.

Deux heures avant le démarrage des festivités, les alentours du Reflektor sont encore calmes. Un homme lave les vitres de la façade de la salle de concert liégeoise. En y pénétrant, votre serviteur tombe nez à nez avec Mike Gallo, le guitariste du groupe d’Agnostic Front. Je lui signifie avoir fixé un rendez-vous à Roger. Il me demande de le suivre. On traverse la salle de concert. Sur la scène, Wendy’s Surrender, une de premières parties de la soirée, effectue son soundcheck. Dédalle d’escalier. ‘Rogeeeeer, Rogeeeer’, s’égosille le musicien. On finit par tomber sur le reste du band, en discussion dans une petite salle. Le vocaliste me fait signe qu’il arrive. L’entretien se déroulera dans la pièce voisine.

Vous vous produisiez hier au Hellfest festival, en France. Comment s’est passé le show ?

C’était très bien… fantastique même ! On commence un peu à être habitués au Hellfest, c’est la troisième ou quatrième fois que nous nous y produisons… Et cette fois-ci, le show a même été retransmis par une chaîne nationale française ! (NDR : en l’occurrence Arte Concert, qui les diffuse en direct sur Internet)

Revenons un peu en arrière… En 2015, vous avez publié « The American Dream Died », votre onzième elpee studio. Rien de neuf à l’horizon ?

Oui mais nous n’en sommes qu’au début. On a profité de cette tournée pour commencer à travailler sur quelques nouveaux morceaux … On espère sortir ensuite un nouvel album. Ce sera pour l’année prochaine. Mais bon, pour atteindre cet objectif, il va falloir qu’on se magne afin de compléter le répertoire. C’est encore tout frais et donc je ne peux encore t’en dire beaucoup plus… Mais les textes seront de la même veine que ceux écrits par le passé. Nous y aborderons certains problèmes sociaux et politiques et nous ne manquerons pas de s’attaquer à cette pression que nous met sans cesse le gouvernement des Etats-Unis. Enfin, quand je dis ‘nous’, je parle des citoyens américains au sens large du terme...

En effet, les lyrics de « The American Dream Died » sont toujours autant d’actualité, même deux ans plus tard…

C’est sûr… malheureusement… Regarde comment fonctionnent les States aujourd’hui ! Tout ce qui s’y passe, tu peux le retrouver de manière plus ou moins implicite dans les paroles des compos !

Sur une des plages de cet LP, tu avoues que le vieux New York te manque. Une raison ? Quelle est donc cette image que tu gardes de cette ancienne City ?

Il s’agit du New York que j’ai connu quand j’étais jeune et qui n’existe plus aujourd’hui. Elle a célébré mes jours de gloire. C’était une ville dangereuse et imprévisible. Un endroit spécial, atypique et unique, qui a permis la naissance du Hardcore Punk. En compagnie des artistes et musiciens qui y vivaient à ce moment là, on formait une sorte de collectivité prospère. Ce mode de vie entre nous, en communauté réduite et soudée, c’est vraiment quelque chose qui me manque. Aujourd’hui, plus personne ne se connaît ! Et ce n’est évidemment pas spécifique à New York ; c’est pareil dans tous les Etats. Plus personne ne se parle, plus personne ne prend soin de l’autre. Les gens se contentent d’y vivre leur vie, point/barre.

A la fin du mois d’août sortira ton livre, « My Riot ». Qu’est-ce qui t’a motivé à rédiger cet ouvrage ? Estimais-tu être arrivé à un moment de ta vie où il te semblait nécessaire de relater par écrit ce que tu as vécu ?

Si je me souviens bien, j’ai commencé à écrire ce bouquin en 1999. J’ai ensuite perdu tout ce que j’avais sauvegardé… à deux reprises ! Tout d’abord lors du désastre du World Trade Center, en 2001, puis un peu plus tard… tout simplement en perdant mon disque dur portable… J’ai ensuite finalement rencontré Jon (NDR : Wiederhorn, journaliste musical réputé dans le milieu), qui était très emballé par ce projet. Au départ, je voulais tout rédiger en personne. Mais il a fallu se rendre à l’évidence : je n’y serais jamais parvenu, faute de temps. Entre mes enfants, mes groupes et ma vie de musicien, il était vraiment impossible de tout concilier ! (Roger marque un temps de pause). En prenant un peu de recul, je pense qu’il devrait toucher toute personne qui s’intéresse à nous. Il ne se consacrera pas uniquement à Roger Miret et à la relation le reliant à Agnostic Front, mais aussi à l’immigré cubain qui a débarqué aux Etats-Unis. Il aborde tous les combats que j’ai dû mener avant de pouvoir lancer cette formation, mais aussi ceux que j’ai éprouvés en prison. Au final, toutes ces expériences m’ont bonifiées et permis d’apprendre de mes erreurs. Tu peux en commettre, c’est sûr. Mais tu dois toujours en tirer un enseignement. Cet ouvrage débute par un des pires moments de ma vie pour finalement en arriver au meilleur. Si on veut faire court, on y retrouve en fait quatre histoires : celle de l’immigré cubain débarquant en Amérique, celle d’Agnostic Front, la perte de temps relative à mon incarcération et, finalement, la sortie des enfers et le retour à ce que je vis aujourd’hui, les moments les plus formidables de mon existence !

En parcourant ta discographie, j’ai été intrigué par le livret accompagnant l’elpee « Riot, Riot, Upstart ». On y apprend ainsi que le Hardcore Punk serait un mouvement et non deux styles de musique distincts. Peux-tu nous éclaire à ce sujet ?

Pour nous, il a en effet toujours été très clair qu’Agnostic Front s’inscrit dans un mouvement qui dépasse simplement la notion de musique. Quand Vinnie (NDR : Stigma, guitariste fondateur de la formation) a choisi le terme de ‘Front’, c’était dans l’esprit d’un mouvement, au-delà de la notion de groupe, de celle de la musique. C’est devenu pour nous une histoire de cœur qui a donné un sens à notre vie.

Ce qui explique peut-être pourquoi le groupe existe aujourd’hui depuis près de quarante ans. Te souviens-tu de ce moment où Adam Mucci et Ray Beez t’ont demandé de rallier le combo, alors que tu sortais juste de chez le barbier ?

Bien sûr que je m’en souviens ! Je m’apprêtais justement  à assister à un concert dans le coin. Je me rappelle précisément du moment où ils m’ont approché pour me proposer de chanter avec eux. J’ai tout d’abord été sous le coup de l’émotion. Je ne comprenais pas très bien pourquoi ils me demandaient de les rejoindre, alors que la dernière fois que je les avais vus, Jimmy The Russian était encore leur vocaliste. Et puis… je n’étais pas du tout chanteur ! Je me consacrais alors à la basse. Mais bon, ma copine à l’époque m’a convaincu d’accepter… Et puis voila, c’est devenu ce que c’est aujourd’hui !

Dans le livre « New-York Hardcore 1980-1990 », Vinnie Stigma déclare : j’ai imaginé le groupe et son concept, Roger en fait un business. Votre mode de fonctionnement est-il toujours pareil ?

Oui, c’est plus ou moins toujours le cas, en effet ! Vinnie est un artiste. C’est un peu la mascotte du groupe. Notre entente est parfaite. Rien ne peut la perturber. Tu sais… il a davantage de liens avec ma famille que quiconque. Vinnie n’a pas de frères, de sœurs, ni même de parents…. Sa véritable famille, ce sont ma mère et mes frères. Il en fait partie intégrante. Après avoir incorporé Agnostic Front, je me souviens avoir rencontré Vinnie et m’être rendu compte qu’un beau challenge se présentait devant moi. Il fallait alors mettre un dispositif en place pour qu’il fonctionne. Et puis, on a assez rapidement réalisé notre premier Ep, « United Blood, puis notre premier album, « Victim in Pain ». J’ai alors senti que les événements devenaient favorables et qu’on pouvait franchement se lancer…

En près de quatre décennie, j’imagine que tu as pu observer une évolution au sein de la scène Hardcore, que ce soit chez les groupes, au sein du public ou encore de la relation entre les gens et la musique. Certains affirment que c’était mieux avant. Tu partages ce point de vue ?

Je n’affirmerai pas que c’était mieux ou moins bien, mais plutôt différent. Enfin, quoique… (il réfléchit)… je pense que c’était quand même mieux avant (il rigole) ! Toutes les formations produisaient un son distinct et on pouvait aisément les reconnaître. Et puis le mouvement a fini par évoluer, grandir et charrier son lot de nouveaux bands, parmi lesquels quelques-uns sont néanmoins devenus aujourd’hui très bons ! Attention, loin de nous l’idée de ne pas se pencher sur la nouvelle scène et de ne pas être attentifs à l’évolution du son, même dans nos propres morceaux ! Agnostic Front a d’ailleurs toujours pris d’autres groupes sous son aile pendant les tournées ; et puis on a toujours été ouvert à d’autres sons… Si tu veux que cet esprit propre au Hardcore puisse se perpétuer, tu dois t’ouvrir à l’innovation et au changement. C’est inévitable. Tu te rends alors compte avoir eu la chance de connaître l’âge d’or, mais qu’il est à présent révolu. J’adore me rappeler le bon vieux temps ; ce qui ne m’empêche pas de continuer et de prendre encore mon pied maintenant !

Quand on a accompli une telle carrière, n’a-t-on pas, parfois, envie d’y mettre un terme. Où puises-tu cette énergie afin de toujours aller de l’avant ?

C’est une question difficile… Il est sûr que je commence à prendre de l’âge, mais… je ne bénéficie d’aucune retraite ! Je n’ai pas toujours fait ce que je fais aujourd’hui et je ne le fais pas tous les jours non plus. Quand je ne suis pas en tournée, je bosse aussi comme électricien ou dans la construction. Et je dois veiller à l’entretien de ma famille… donc voilà ! On est toujours resté un groupe underground, c’est ainsi. Mais parfois, quand quelqu’un vient me dire : votre musique m’a tellement apporté et vous m’avez sauvé la vie, je prends alors conscience d’avoir atteint notre objectif : celui d’apporter quelque chose aux gens et de les aider. On adore ce qu’on fait, on adore ce contact avec les êtres humains, c’est notre raison d’être.

Dans le Punk Hardcore, il existe un paramètre qu’on ne peut pas retrouver aussi fort que dans ce style de musique : le sentiment de fraternité. D’où provient-il ?

Je pense que le Hardcore puise profondément ses racines dans les liens qu’on peut entretenir avec sa famille. C’est très important pour nous. On était très peu nombreux au début, juste une toute petite communauté. On était quoi… peut-être 30 personnes à vivre toujours ensemble. Et ce noyau est devenu très fort, très soudé. Mais il a toujours été possible de nous rejoindre. On n’était pas refermés sur nous-mêmes. On est donc devenus une sorte de famille très solide. Et on considère sincèrement toutes les personnes qui nous suivent comme une famille, pas comme des fans. C’est une nuance très importante. On va toujours vers eux. Avant ou après le show, tu peux toujours nous voir traîner dans les environs. C’est simple : on traite les gens comme on aimerait qu’ils nous traitent. ‘For the family, for my friends…’, ce n’est pas pour rien ! Tout au long de ces 35 ans de carrière, on a toujours été liés par un sentiment de fraternité. C’est sûr que tout le monde ne deviendra pas des potes, mais c’est du moins l’esprit qu’on essaye d’insuffler…

(Interview réalisée à Liège, le 18 juin 2017)

« Exit Humanity », le huitième opus studio de Channel Zero paraîtra ce 27 octobre prochain. Bien que s’inscrivant dans la lignée des deux précédents, le nouvel elpee s’annonce plus sombre, moins violent, même s’il recèle quelques pépites musicales qui tiennent parfaitement la route. Mikey Doling, le guitariste de la formation belgo-américaine, évoque, pour Musiczine, la récente actualité du groupe et, bien évidemment, la genèse de ce nouvel effort. Fidèle à lui-même, il n’a manifestement pas sa langue en poche…

Avant de se pencher sur votre nouveau long playing, revenons tout d’abord sur ce concert que vous avez accordé, le 24 juin dernier, en ouverture des Guns ‘N Roses, au Werchter Classic. Comment s’est déroulé ce show ? N’était-il pas trop intimidant de précéder les Guns ?

(rires) Non, pas tellement ! Enfin… si ! C’était intimidant, mais pas pour ces raisons-là ! Il y a, en effet, un an et demi qu’on ne s’était plus produits ensemble… Et crois-moi, débouler sur scène, devant 60 000 personnes, sans être vraiment préparés, c’était vraiment périlleux !

En 2015, vous vous engagiez dans un périple ‘unplugged’, aux quatre coins de la Belgique. Deux ans plus tard, quel regard portes-tu sur cette aventure un peu particulière ? Cette transition et ce calme temporaire étaient-il obligatoires voire nécessaires, afin de permettre au band de mieux débouler par la suite ?

Non, du tout ! On a juste accompli cette tournée pour se faire plaisir, c’est tout. Ce n’était en tout cas pas une étape obligatoire pour le groupe, mais juste une formule qu’on voulait tester. On avait simplement envie d’adapter quelques morceaux de Channel Zero sous un format acoustique, évaluer le résultat et le proposer à notre public. Et puis comme toujours : passer du bon temps ensemble.

Cet épisode a-t-il influencé la manière dont vous avez écrit votre nouveau long playing ?

Non, pas vraiment. On a accompli cette tournée acoustique ; c’était sympa et elle appartient dorénavant au passé. Pour ce nouvel album, on est vraiment passé à autre chose. On sentait bien que le moment était opportun pour écrire de nouvelles compos vraiment lourdes et pêchues. Cet intermède acoustique n’a donc pas vraiment eu d’influence sur « Exit Humanity », car je voulais tout particulièrement que ce disque soit dans la même lignée que « Kill All Kings » et « Feed Em With a Brick ». Mais… en même temps, qu’il reflète une évolution, et soit davantage mature et plus abouti.

… ce nouvel LP est en effet de la même veine, mais néanmoins me semble moins agressif et plus sombre. C’était le but que recherché ?

Tout à fait ! Je souhaitais donc quelque chose de lourd, non pas spécialement des morceaux plus rapides ou agressifs, mais plus profonds. Je voulais également que Franky puisse y chanter de manière un peu plus variée et davantage explorer de nouvelles mélodies, en plus graves ou plus aiguës. Quand on a commencé à composer, je lui ai dit : ‘Vas-y, lance-toi, fais-toi plaisir !’ On a abordé les parties vocales de manière différente ; et je pense que le résultat est plutôt réussi…

Que signifie le titre « Exit Humanity ? » Sur l’artwork de votre premier single, « Blood Letters », on y voit un macchabée dans une morgue, une étiquette accrochée au pied, sur laquelle on peut y lire ‘Cause of Death : Religion’. Peut-on dont en déduire que selon vous, la religion serait la source de l’extinction de l’humanité ?

Je suis en tout cas convaincu que, dans le monde actuel, les gens perdent de plus en plus leur sens de l’empathie ainsi que leur amour au sens large du terme de l’humanité. Plus le temps passe, plus on oublie ce qu’être pacifique implique. Tu sais, cette disposition à accepter tout le monde tel qu’il est, et peu importe les origines, les cultures ou les religions… L’être humain est de plus en plus dépouillé de son humanité et tout le monde semble plus ou moins s’en foutre ! Pas étonnant que la société dans laquelle on vit aujourd’hui devient si sombre et si violente… Et selon nous, la religion y joue un rôle important et néfaste. C’est ce qu’on aborde notamment dans le morceau « Blood Letters », au cours duquel on se penche sur ces écrits religieux, qu’ils soient issus de la Bible, de la Torah ou du Coran, qui ont fini, d’une façon ou d’une autre, par engendrer des effusions de sang…

… j’imagine que tu as donc été influencé par l’actualité lors de l’écriture de cet opus ?

Tout à fait ! Et notre président, Donal Trump, y est évidemment pour quelque chose. Ce mec, c’est une vraie merde. Pour tout te dire, je ne le considère même pas comme un être humain. Je ne parviens toujours pas à comprendre comment il a pu devenir le leader des Américains. Ca m’échappe complètement. Tout le monde le savait, le monde entier le savait ! Et aujourd’hui, comme Américain, je suis gêné d’avoir un tel Président. Mais bon, on pourrait encore en parler pendant des heures tellement j’ai horreur de ce gars…

Sur le fourreau en carton qui habille le disque ou sur la pochette, on peut y remarquer la présence d’une petite fenêtre blanche. Un autre message ?

Il faut la voir comme une porte de sortie. C’est par cette ouverture que s’échappe l’humanité. La pochette symbolise ce que nous devenons une fois que nous avons franchi cette porte : nous nous écrasons les uns sur les autres, entouré de murs et de buildings à n’en plus finir… c’est triste, mais c’est vraiment le reflet du monde contemporain…

 

 

L’artwork de ce nouvel elpee est vraiment sombre. En prenant un peu de recul, on se rend compte qu’on est assez loin de celui de « Feed Em With A Brick ». La disparition tragique et inattendue de votre batteur, Phil Baheux, en 2013, est-elle liée ?

Non, il n’y a pas de lien. Phil nous manque terriblement, c’était un frère. Je pense à lui tous les jours. Mais ce nouvel album n’a aucune corrélation, de près ou de loin, avec sa mort. Sauf peut-être en ce qui concerne ces quelques riffs très lourds qu’on retrouve à certains moments. Il adorait ce genre de riffs.

As-tu déjà établi la set list pour cette tournée de fin d’année ?

Elle n’a pas encore été définie… mais par contre, je peux confirmer qu’elle recèlera certainement la moitié de ce nouvel album ainsi que quelques morceaux de « Kill All Kings ». Et, évidemment, les grands classiques de Channel Zero !

Sur ce nouvel LP, on peut y entendre la voix de Sen Dog, un des membres de Cypress Hill, sur « Said and Done ». Une explication ?

En fait, au départ, j’ai écrit ce morceau pour le jouer en compagnie de Max Cavalera (Soulfy, Cavalera Conspiracy, ex-Sepultura). Quand tu l’écoutes, tu peux clairement entendre qu’il sonne comme du Soulfly (NDR : Mikey Doling figurait à l’époque au sein du line up original de Soulfly). Mais bon, comme d’habitude, Max est toujours très occupé et il n’a pu se rendre disponible. C’est un de mes bons amis, il n’y a donc pas de différent personnel. Simplement, une fois de plus, son agenda débordait. Et donc un jour, alors que je discutais avec mon ami Sen Dog sur Facebook, en lui précisant que j’étais occupé d’enregistrer un nouvel album, il m’a lâché: ‘fais-moi intervenir dessus !’ Et c’est alors que j’ai évidemment pensé à lui pour remplacer Max sur « Said and Done ». On s’est donc donné rendez-vous à Los Angeles. On est entré en studio. On a fumé une centaine de joints et on a enregistré la compo !

Huit dates sont actuellement annoncées pour la tournée prévue en fin d’année. Evil Invaders et King Hiss vous accompagnent. C’était votre choix de les associer à ce périple ?

Oui, je suis un grand fan de ces deux bands ! Ce sont des jeunes et des putains de bons metalleux. On a pensé que les emmener avec nous pour cette tournée serait vraiment un chouette package à offrir à nos fans. Les gars de King Hiss figurent parmi nos très bons potes. Ils font pas mal de bruit, en Belgique, pour l’instant… bon… mais au final on sera quand même les meilleurs sur l’affiche… cependant, on veut aussi leur donner leur chance (rires)…

Avez-vous l’intention de sortir du Royaume pour entamer une tournée internationale ? L’an prochain, par exemple.

On verra bien… quelques options nous ont été offertes, dont quelques festivals comme le Wacken Open Air en Allemagne ou le Hellfest en France. Mais on n’en sait pas plus.

Mikey, tu es également le fondateur de Snot, un groupe de Neo-Metal qui a marqué cette scène au milieu des années ’90. Il est beaucoup plus discret depuis décembre ’98, soit depuis la disparition de Lynn Strait, le vocaliste. Il n’empêche qu’il s’est quand même encore produit, ensuite, aux quatre coins du monde. Que devient le band, aujourd’hui ?

En effet, notre dernière tournée en date remonte à 2014, au cours de laquelle on a traversé pas mal de pays européens. On a rencontré un succès incroyable. Plusieurs dates étaient même sold out. On ne s’attendait pas du tout à un tel engouement ! Sans quoi on se rend au Japon, en novembre, pour y accorder quelques shows. Et on envisage également d’accomplir une tournée européenne, au tout début du printemps de l’année prochaine !

… et peut-on peut-être espérer un nouvel album ?

Non, je ne pense pas… tu sais nos morceaux étaient fortement liés à Lynn Strait. Depuis son décès, on a certes dispensé des concerts, mais on n’a pas du tout l’intention d’enregistrer un nouvel album. Snot, c’était avec lui, point. Si on recommence à jouer en ‘live’, c’est uniquement pour maintenir en vie l’esprit de Snot. Mais on n’envisage pas de composer de nouveaux morceaux. Malgré le décès de Lynn, les fans avaient encore envie de nous écouter en ‘live’. Alors on a décidé de poursuivre l’aventure suivant cette formule. Et pour info, lors de la tournée prochaine, vu que Jamie Miller est parti rejoindre Bad Religion, c’est Seven (NDR : batteur de Channel Zero) qui se chargera des drums…  

(Interview réalisée le vendredi 8 juin, à Bruxelles).

vendredi, 15 septembre 2017 16:52

Better Be Dead : du Belge, du lourd !

Better Be Dead est né de l’implosion de Do or Die, groupe de Hardcore belge, où Stéphane Frocheur (chant), Grégory et Jonathan Chiarenza (guitare et batterie) ont été rejoints par des frères d’armes : Antoine Gosselin de Shot in the Head (basse) et Kevin Rodriguez de Reject (guitare). Une heureuse rencontre qui semble pour le moins être explosive à l’écoute de leur tout premier morceau, sobrement intitulé « Condemned to Suffer ».
 
Sous un logo qui pourrait laisser penser à un band de Brutal Black Metal se cache en réalité un Death Metalcore bien pêchu, aux arrières-goûts Heavy et parsemé ça et là de quelques touches électro. Ça envoie du bois vert, ça groove méchamment et ça ne vous lâche pas d’une semelle. Qu’on se le dise : Better Be Dead n’est pas là pour enfiler des perles.
 
Ça y est, votre curiosité est piquée ? Tant mieux, le groupe montera pour la toute première fois sur scène ce 13/10 à Hautrage. À vos agendas !



 
dimanche, 27 août 2017 12:27

Time Lurker

Derrière Time Lurker, se cache un mystérieux Mick. Originaire de Strasbourg, il a monté ce projet, en 2014. Un one-man band responsable d’un Black Metal atmosphérique. Le Black Metal est une branche du Metal qui regorge d’initiatives de ce type, strictement personnelles, et qui peuvent réserver le meilleur comme le pire. Loin s’en faut ici ; Time Lurker démontre par l’exemple que la composition en solo peut avoir du bon. Il s’agit du premier elpee studio du Français, réunissant un Ep et un single déjà publiés en 2016, et enrichi de quatre nouvelles compositions. Une œuvre qui baigne au sein d’une ambiance darkthronienne. Glaciale et aseptisée, mais bénéficiant d’une production beaucoup plus propre, elle est préparée à la sauce mélodique. Brute de décoffrage mais étalée dans le temps, elle affiche parfois une facette chaotique (« Judgement ») ou même épique (« Ethereal Hands »). Les Acteurs de l’Ombre, écurie de Time Lurker, restent fidèles à leur chemin de croix en proposant ici un nouveau voyage, où le tangible se dissout dans l’exploration aveugle de l’inconnu. On progresse à tâtons, soutenu par une batterie énervée et guidé par des cris étouffés, glissés en arrière-plan et cachés derrières des lignes de guitares incisives et lancinantes. À l’image de son artwork, Time Lurker a décidé de passer outre la porte du temps pour pénétrer au cœur d’un univers tourbillonnant, spatial et dramatique. L’artiste n’entend certes ici pas révolutionner le genre, mais bien offrir une expérience de l’âme mêlant à la noirceur, la rage de la mélancolie.

 

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