Vous trouverez, ci-dessous un aperçu des sorties récentes et futures les plus intéressantes chez PiaS ; bien sûr dans l’esprit de la ligne éditoriale de Musiczine. Et pour vous donner un avant-goût, rien de tel que d’y associer l’un ou l’autre clip vidéo ou…

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« While The Moon », le premier album de la chanteuse belge Naima Joris, sortira le 4 novembre. Naima a créé son propre langage musical. Une langue qui se situe hors du temps, qui peut même le faire s'arrêter et toucher profondément l'auditeur. Cette vision se…

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Pierre Vangilbergen

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‘Vous n’auriez pas une place à revendre ?’ Face à l’Ancienne Belgique, la question se répète inlassablement. Des négligents et des malchanceux cherchent à se procurer quelques chers sésames pour le show de ce soir. Et pour cause, la mythique salle de concert bruxelloise affiche sold out depuis quelques mois déjà. Il faut dire que programmer Slayer n’était guère risqué. Malgré trente-six années de présence sur scène, les pionniers du Thrash Metal attirent toujours autant les foules, celles d’hier et même d’aujourd’hui.

L’été approche à grandes enjambées. Les gosiers ont besoin d’être désaltérés. Le bar de l’AB est en coulée continue. De houblon ! Ça discute, ça parle, ça rigole. Quelques grosses voix beuglent : ‘Slaayyyeeerr’. Un cri de ralliement, nourri à la testostérone et à la virilité. Slayer, c’est pas pour les rigolos ! Une troupe s’affaire autour du stand de merchandising et agite des billets de dix et vingt euros pour ramener un précieux souvenir de guerre qui s’annonce. Bien que… quelle que soit la renommée du groupe ou l’importance de la bataille, débourser trente euros pour une casquette ou vingt euros pour un bracelet/éponge peut très vite faire mal à l’arrière-train. Business is business, messieurs, dames ! Mais direction l’arène, où le spectacle va bientôt commencer…

Il faut manifester une belle dose de confiance en soi –ou d’inconscience !– pour ouvrir la soirée des vétérans du Thrash. Un défi héroïque relevé par The Charm The Fury, un combo batave pratiquant un Groove Metal à la sauce Metalcore. La fosse est encore clairsemée, seul-e-s les plus curieuses et les plus curieux sont proches de l’estrade. Caroline Westendorp a enfilé un t-shirt noir moulant et transparent ainsi qu’un jeans troué de rigueur (un dress code du band apparemment). Elle se débat comme une belle diablesse et alterne habilement chant clair et hurlé. Le groove des morceaux ainsi que certains breaks provoquent quelques hochements de tête, d’abord timides puis progressivement assumés. Rolf Perdok attaque une reprise de Metallica à la gratte. Les autres musicos embraient. Ce qui agite quelque peu les esprits. Il n’empêche que face aux monstres qui s’apprêtent à leur succéder… le set, s’avère finalement, inoffensif. La vocaliste laisse même parfois l’impression de s’excuser d’être là, incitant plus d’une fois la fosse à crier en l’honneur de Slayer. Il aurait peut-être été plus judicieux de dénicher un supporting act davantage caustique, afin d’astiquer, comme il se doit, les metalheads avides de blasts et riffs endiablés.

Il reste à présent vingt minutes. Le temps nécessaire pour permettre au band orange de remballer son matos et l’équipe technique de Slayer, de dresser le théâtre des opérations. Du moins… les armes létales de chaque artiste ; le reste de l’espace scénique se limitant à un large backflag frappé en son centre d’une représentation christique et implorante de la cover de son dernier elpee, « Repentless ». Un Dieu terrorisé, au regard niché dans le plafond qui n’ose pas braver ses détracteurs sur scène. Les guitares sont accordées au poil. Surélevée, la batterie trône au milieu de la scène. J-2 minutes, un dernier coup de chiffon est appliqué un peu maladroitement sur le micro. Les haut-parleurs crachent quelques morceaux du répertoire d’AC/DC. De quoi tuer le temps. Les minutes s’égrènent. Les esprits s’échauffent. Quelques t-shirts commencent à tomber. Immersion dans l’obscurité. Des spots bleus blafards éclairent l’arrière-plan apocalyptique. La guitare ronde et délicieusement ironique de « Delusions of Saviour », morceau d’introduction du dernier LP, prélude l’arrivée des artistes sur le podium. Tapie dans l’obscurité, la silhouette imposante du vocaliste Tom Araya commence, petit à petit, à se dessiner. Épaisse chevelure sombre, barbe grise généreusement fournie. Il se plante devant son micro, visage empreint d’un sourire énigmatique. Son rictus figé entre la possession maligne et l’ironie légèrement présomptueuse. Il est sobrement fringué d’un t-shirt et d’un pantalon en cuir noirs. À sa gauche, Kerry King, armé de sa B.C. Rich conçue spécialement pour lui, détonne par davantage d’extravagance : crâne fraîchement rasé et tatoué à l’arrière, épaisse barbe réunie par plusieurs élastiques, singlet à l’effigie du band laissant apercevoir ses imposants tatouages, pantalon de cuir noir surmonté d’une grosse chaîne ramassée sur elle-même. Les deux survivors du line up originel. À la droite du Père Araya, Gary Holt, successeur du regretté Jeff Hanneman, visage mangé par d’importants favoris, cou de taureau dopé au headbanging forcené, t-shirt frappé d’un grand pentagramme, veste à patchs et jean noir. Le musicien ne manque d’ailleurs pas de rappeler –que ce soit par un des bracelets éponge qu’il porte ou par un des patchs cousus à l’arrière de sa veste– qu’il est également toujours le maître à bord d’Exodus, autre combo yankee de Thrash des premiers jours. Le batteur Paul Bostaph, quant à lui, est entièrement dissimulé derrière son kit de batterie. Seules quelques mèches de cheveux flottantes confirment qu’il existe, en arrière-plan, une trace de vie.

Le show démarre sur les chapeaux de roue par « Repentless ». Constatation immédiate : le son est particulièrement net et puissant. Pourtant, en festival, Slayer traîne la mauvaise réputation d’être plutôt brouillon. La soirée s’annonce vraiment très bonne. L’enchaînement des morceaux donne également le ton : les maîtres du Thrash ne sont pas venus pour se la couler douce, mais bien pour botter le cul de 3 000 personnes qui garnissent la salle. En plus de trente ans de carrière, ce n’est évidemment pas le choix des morceaux qui manquent. Bien que leur dernier opus soit en toute logique mis en exergue –à l’instar du dévastateur « Take Control », mais aussi du plus paisible, mais tellement malsain « When The Stillness Come »– le combo est allé repêcher des compositions plus anciennes, dont « The Antichrist » datant de 83 ou « Postmortem », de 86. La fosse est littéralement survoltée, et dès les premières notes, c’est le remue-ménage. Les grands classiques, tels que « Disciple », « Seasons in the Abyss » ou encore « South of Heaven » vont remettre une couche de déséquilibre. L’ambiance ne connaît pas de haut ni de bas : elle est en constante progression. Force est de constater que bon nombre de fans de la première heure ont fait le déplacement et eux aussi veulent en découdre. L’antre de l’Ancienne Belgique devient un défouloir collectif, où les gros bras se bousculent. Un vrai combat de coqs où les torses imbibés de sueur s’entrechoquent et s’envoient en l’air à coups de stage diving. L’adage selon lequel ‘je faisais ça quand j’étais jeune, mais plus maintenant’ ne tient pas la route. Slayer, catalyseur de violence depuis 1981, n’a rien perdu de son pouvoir.

Sur les planches la hargne est beaucoup plus canalisée et jaillit dans la précision et la qualité d’exécution. Telle une huître bodybuildée, Kerry King est renfermé sur lui-même, plié sur son instrument. Aucun contact avec le public, si ce n’est un rare échange visuel de temps à autre. Garry Holt, partage davantage avec la fosse, grimaçant au gré de ses riffs ciselés. Mais le plus impressionnant reste néanmoins Tom Araya, du haut de sa stature impassible, fermant les yeux pour concentrer son énergie à travers son instrument et hurlant tel un gorille possédé. Il existe quelque chose de malsain en lui ; et impossible de différencier dans son regard, l’humour de la saine folie. Lors d’un break, il prend un malin plaisir à, lentement, parcourir du regard les premiers rangs, avant de remonter sur les deux étages de balcons. Comme si le mâle alpha tenait à dominer, un par un, les metalheads qui le bravent. La batterie retentit trois coups. Les musiciens font face à la batterie. Seconde semonce de trois coups, accompagnée d’une giclée de larsens. Le public le sait, la tension monte de façon exponentielle : dans quelques minutes, tout va exploser. Troisième semonce, les musiciens tirent le suspense en longueur, jusqu’à ce que le riff diabolique de Raining Blood n’envahisse l’espace. Le drumming démarre. Le feu est mis aux poudres. L’onde de choc se répand de long en large. Ça cogne sec et dur. Mais ils n’en n’ont pas encore fini et tiennent l’audience par la carotide. Un « Chemical Warfare » vient se planter dans les côtes, avant de profiter d’une envolée céleste grâce à « Angel of Death ». Pas de rappel, le credo a été récité. Pas de doute : les Californiens connaissent leur statut. Ils savent qu’ils sont connus et reconnus, et ne s’en privent pas de s’en servir. Ce soir, sur scène, ils ont été les Rois. Et personne ne vient défier un Roi, au risque d’en perdre la tête.

À moins qu’on ne l’ait déjà toutes et tous perdue.

(Organisation : Live Nation – Nuclear Blast)

Setlist : “Repentless”, “The Antichrist”, “Disciple”, “Mandatory Suicide”, “Hallowed Point”, “War Ensemble”, “When the Stillness Comes”, “You Against You”, “Postmortem”, “Born of Fire”, “Dead Skin Mask”, “Hate Worldwide”, “Pride in Prejudice”, “Take Control”, “Seasons in the Abyss”, “Spirit in Black”, “South of Heaven”, “Raining Blood”, “Chemical Warfare”, “Angel of Death”

lundi, 12 juin 2017 19:47

Stormsleeper

Spoil Engine, c’est la rencontre bienheureuse de pays voisins comme la Belgique et les Pays-Bas. Une vieille histoire d’amour entre ces deux terres où on se tire parfois la tête, mais où on finit toujours par quand même s’aimer. Mais c’est aussi, dans le cas présent, une rencontre qui a permis la création d’une alchimie particulièrement réussie en mélangeant du Thrash et du Groove, le tout lié à la sauce mélodique. Une rencontre fortuite qui n’en est plus à ses premiers balbutiements, vu que quintet à la bi-nationalité roule sa bosse depuis 13 ans, que ce soit en salles autant ou en festivals. Etiquetés comme premiers Belges à avoir été signés par Roadrunner (mais à présent chez Arising Empire et Nuclear Blast), les artistes reviennent à l’avant-plan en publiant un quatrième LP studio, intitulé « Stormsleeper ». Un nouvel opus qui n’en n’est pas tout à fait nouveau. En effet, récoltant un succès plutôt conséquent, ces derniers temps, au Benelux, le band a décidé de rééditer un précédent Ep du même nom, sorti il y a deux ans, en le boostant de quelques nouveaux morceaux afin de le transformer en véritable album… 

Mais entrons à présent dans le gras de la bête cybernétique… Pas de doute possible : dès les premiers morceaux, il apparaît que le groupe est assez fortement influencé par les Suédois d’Arch Enemy. Une inspiration dans le bon sens du terme, vu que les artistes en ont ici prélevé quelques facettes intéressantes –la hargne du chant féminin, la puissance directe des compos tout en les doublant de nappes mélodiques– mais en les refaçonnant à la sauce belgo-néerlandaise. Après une entrée en matière plus qu’honorable (« Disconnect »), nourrie de samples electros et de charmants ‘fuck you’, « Silence We Fall » révèle Iris Goessens sous un autre aspect que celui de la gueulante en registre vocal ; et pour cause, il possède, en outre, un chant clair très intéressant et tout aussi puissant. Mais le clou du long playing est atteint par le titre maître. Le rythme est soutenu. Mélodique et épique, il monte progressivement en puissance, alors que Matthijs Quaars anéantit tout sur son passage, par son drumming. En une composition, Spoil Engine déploie sa palette de savoir-faire, pour le plus grand plaisir auditif.

En un peu de moins de quarante-cinq minutes, les musiciens de Spoil Engine parviennent à expulser un bon moment de Metal pur jus, où on ne se lasse pas et qui, au fur et à mesure des écoutes, nous aspire dans leur univers aux relents futuristes. Finalement, il n’est pas étonnant que la formation ait été signée chez Arising Empire, un label lancé par des responsables de Nuclear Blast et People Like You, destiné à lancer de jeunes nouveaux groupes de Rock et de Metal aux sonorités hybrides. Bien expert(e) sera en effet celui ou celle qui parviendrait à déterminer dans quelle branche métallique évolue le groupe… Et franchement, c’est tant mieux !

 

L’Alcatraz Festival fêtera, les 11-12 et 13 août prochains, sa première décennie. L’occasion était toute trouvée pour proposer, une fois de plus, un line-up d’exception. Il faut dire que les organisateurs du festival prennent soin de sélectionner des groupes de qualité, des bands d’hier et d’aujourd’hui, tout en assurant au festival une « taille humaine » et surtout très conviviale.
 
Le début des hostilités débutera en douceur, le vendredi 11 août, avec l’ouverture de la première stage. Le thrash-old school des Belges d’Evil Invaders ne manquera pas de placer la barre assez haute, avec notamment sous le bras un nouvel album qui devrait voir le jour encore dans le courant de cette année. On restera ensuite dans les sonorités plus anciennes, mais cette fois-ci dans le versant Heavy Metal, avec les Anglais de Hell suivis des Danois de Denner/Shermann, deux guitaristes liés à Mercyful Fate et qui ont décidé d’unir leurs forces en 2015 afin de faire revivre les sonorités de ce groupe mythique du Heavy. Bon moment assuré ensuite avec Krokus, les fleurons suisses du Hard Rock, qui ne manqueront pas de jouer quelques morceaux de « Big Rocks », leur dernier LP de reprises sorti en ce début d’année. Et pour couronner cette journée dédiée aux valeurs d’antan, Dirkschneider fera revivre pour le plus grand bonheur de toutes et tous les morceaux qui ont permis de faire entrer la légende teutonne qu’est Accept dans l’histoire du Heavy.
Line-up complet : Evil Invaders, Hell, Denner/Shermann, Krokus, Dirkschneider
 
Un des premiers rendez-vous du samedi 12 août, cette fois-ci sur la seconde stage du festival, sera pour les fans d’ambiances lourdes propres au Stoner, avec High on Fire en début de journée suivi d’un peu plus tard de Brant Bjork, fondateur et batteur de surcroit du groupe mythique Kyuss (qui se lissera par la suite pour devenir Queens of the Stone Age). Toujours dans les ambiances lourdes, mais remontant cette fois-ci aux sources du Death Metal, Obituary, la bande aux frères Tardy, déferlera tel un rouleau compresseur sur la plaine courtraisienne. Autre genre, autre style : les amateurs de vestes à patchs auront la chance d’applaudir, un peu plus tard dans la journée, deux légendes du Thrash, les Américains de Death Angel et de Testament. Il est fort à parier que ces mêmes personnes ne décolleront pas de la scène, happées par les riffs ravageurs et épiques d’Iced Earth et de, en clôture de cette journée intensive, les légendes anglaises de Saxon. Actifs depuis ’77, les hommes de proue du Heavy Metal sont des habitués de la Belgique et offrent à chaque fois des concerts hauts en couleur ! À ne pas manquer !
Line-up complet : King Hiss, Monkey 3, High on Fire, Wolves in the Throne Room, Brant Bjork, Obituary, Sleep, Abbath, Rage, Last in Line, Death Angel, Iced Earth, Testament, Saxon
 
Nul doute qu’il faudra être vigilant à garder des forces pour le dimanche 13 août, troisième et dernière journée de l’Alcatraz, tant l’affiche est intéressante (pour rester poli). Si vous aimez le (Black) Metal aux relents de Viking, ne manquez surtout pas les Norvégiens d’Enslaved. Une véritable référence en la matière ! Au même titre de groupe iconique, les Américains de Morbid Angel offriront au public belge une autre facette originelle du Death Metal. Les musiciens préparent actuellement un successeur à Illud Divinum Insanus et ont récemment laissé entendre qu’ils pourraient jouer l’un ou l’autre de ces nouveaux morceaux cet été. Un autre moment fort de la journée sera sans nul doute le set de Life of Agony, un des revivals tant attendus de la scène Hardcore. Très discrets au début des années 2000, les musiciens de Brooklyn ont annoncé leur grand retour il y a de cela trois ans et ont sorti cette année A Place Where There's No More Pain, douze ans après leur dernier LP. Même si l’Alcatraz acquiert cette réputation de dérouler le tapis rouge aux vétérans du Metal, il n’en demeure pas mois que deux groupes plus jeunes seront à l’affiche en cette journée dominicale. Trivium et leurs morceaux nourris de Heavy, de Thrash et de Hardcore viendront démontrer par l’exemple que la nouvelle génération a également son mot à dire. Avant que le festival ne touche à sa fin, Doro, la Metal Queen, réunira telle une communion tous les spectateurs présents (et, en tant que grande amie de Lemmy Kilmister, ne manquera certainement pas de lui rendre hommage). Si les Vikings d’Enslaved du matin ont allumé en vous un feu guerrier, c’est sans nul doute un brasier que les Suédois d’Amon Amarth viendront attiser. Du haut de leurs drakkars, les adorateurs d’Odin viendront mettre à l’épreuve ce qui vous reste d’énergie. À moins que ce ne soit les fers de lance du Neo Metal, à savoir les Californiens de Korn, qui parviendront finalement à mettre à genoux les derniers survivants ?
Line-up complet : Carnation, Dr.Living Dead!, Asphyx, Enslaved, Moonspell, Morbid Angel, Paradise Lost, Raven, Ufo, Sacred Reich, Life of Agony, Trivium, Doro, Amon Amarth, Korn
 

Chris Cornell, connu principalement pour être la voix de Soundgarden mais aussi d’Audioslave et Temple of the Dog, s’est donné la mort dans sa chambre d’hôtel, ce 18 mai à Détroit. La veille encore, il donnait un show au Fox Theatre, dans le Michigan. Une surconsommation d’Ativan, médicament connu pour traiter notamment des problèmes d’addiction et d’anxiété, pourrait être la cause de ce qui l’a poussé à commettre l’irréparable en se pendant dans la salle de bain. Il avait 52 ans.

Le corps du chanteur sera rapatrié ce dimanche à Los Angeles et devrait être incinéré le vendredi 26 mai. La famille réfléchit à la possibilité d’organiser des funérailles publiques pour les fans.

Lancé en 1984 par Cornell, accompagné de Kim Thayil à la guitare et Hiro Yamamoto à la basse, Soundgarden est considéré comme étant un des pionniers ayant permis l’émergence du Grunge (avec Nirvana, Pearl Jam et Alice in Chains). Le groupe connait ses plus grands moments de gloire au début des années ’90, notamment avec la sortie de l’album « Superunknown » et du tube ultra-connu, « Black Hole Sun ». Le groupe se sépare ensuite en ’97, suite à des tensions internes, pour revenir treize ans plus tard sur le devant de la scène avec un nouvel album sous le bras, « King Animal », qui sortira à la fin de l’année 2012.

Le groupe s’engage ensuite dans une énorme tournée en 2014 et fera un crochet par la Belgique, le 29 juin, au Graspop Metal Meeting Festival. Leur ultime show au plat pays.

Le band avait annoncé il y a peu avoir composé quelques morceaux et prévoyait d’entrer en studio à la fin de cette année, afin d’enregistrer son septième album studio. Quelques dernières notes désormais en suspens, pour la postérité. Nirvana s’est éteint en 1994. Vingt-trois ans plus tard, le Grunge perd à nouveau un de ses pères fondateurs.

 

mardi, 16 mai 2017 13:57

Kingdom of Sorrow

Autant le savoir à l’avance : Blackest Sunset a l’intention de nous balancer, mais gentiment, un pavé dans les dents. Une courte intro mystique, ponctuée de voix psalmodiées en arrière-plan, déroule assez brusquement un tapis noir pour « Kingdom of Sorrow », la plage titulaire de l’elpee. La voix puissante de Thibault Brassart, tantôt gutturale, tantôt hurlée, vient s’y poser et domine le paysage. L’air est saturé, la pression est constante, le Deathcore des Montois vous attrape par la gorge dès les premiers riffs et ne desserre jamais l’étreinte. Une mise sous étau qui nécessite dès lors plusieurs écoutes afin d’en apprécier réellement la saveur, sous peine de passer à côté d’une recherche musicale assez impressionnante pour un premier effort. En effet, Blackest Sunset use des codes du Deathcore, mais sans s’y empêtrer, en y insufflant d’autres influences musicales ; à l’instar du thrashy « This Darkest Night », « Forever Empty » ou encore « Ascension of Evil », des morceaux subtilement saupoudrés de Black Metal. Les onze pistes de cet opus vous entraînent au cœur d’un tourbillon de violence, au bout duquel, machiavéliquement bousculé, vous terminerez à bout de souffle. Pour être sincère : il ne faut pas trois plages pour comprendre où le quintet veut en venir. Mais alors que la formation pourrait, à la première écoute distraite, laisser l’impression qu’elle creuse sans cesse les mêmes sillons, les musiciens parviennent néanmoins à s’en extraire à plusieurs reprises, que ce soit par des breaks très intelligents ou par des sorties de route totalement imprévues. Un album très prometteur, où la richesse se niche définitivement dans les détails.

 

samedi, 29 avril 2017 19:40

Forces of the Northern Night (Dvd)

Quatre ans plus tôt, Dimmu Borgir promettait un successeur à « Abrahadabra », son neuvième opus studio. Mais depuis lors… silence nordique. Cependant, alors que des brumes de break commençaient à assombrir le futur de la formation, les égéries du Black Metal symphonique ont décidé de donner un coup de hache dans le blizzard pour revenir cette année, pas (encore) à la tête d’un nouvel elpee, mais bien en immortalisant deux prestations live. Et pas n’importe lesquelles ! Une même setlist au cœur de deux ambiances totalement différentes. Le premier concert remonte à 2011. Il s’est déroulé à Oslo (NDR : la mère patrie !) L’ambiance est feutrée. Et pour cause, le band est soutenu par le Kringkastingsorkestret (un orchestre symphonique norvégien). Le second date de l’année suivante. En plein air. Et se produit dans le cadre du célèbre festival allemand Wacken Open Air. Pour la circonstance, la formation est épaulée par l’Orchestre symphonique national tchèque.

Depuis 2003, soit la sortie du long playing « Death Cult Armageddon », la band use et abuse de collaborations orchestrales grandiloquentes pour enrichir ses compos. Ce Dvd permet donc de voir, d’écouter et surtout d’apprécier dix-sept morceaux, en plus d’une heure et demie, intégralement interprétés en live. Le choix des plages n’est évidemment pas anodin et privilégie les plus symphoniques, à l’instar de « Born Treacherous », « The Serpentine Offering » ou encore « Kings of the Carnival Creation ». Plus intéressant, un peu moins d’un tiers du set est exécuté uniquement par l’orchestre. Une centaine de choristes et musiciens se partagent l’estrade. « Xibir », « Dimmu Borgir » (qui sera interprété d’abord par l’orchestre, puis en compagnie du band) ou encore l’épique « Fear and Wonder », en version strictement instrumentale donc, permettent de savourer pleinement le soutien de l’ensemble musical. Car c’est bien là le principal reproche qui pourrait être adressé à ce projet : lors des titres auxquels participe le groupe, l’orchestre est malheureusement trop souvent dominé par les musicos de Dimmu Borgir, ne permettant pas de profiter pleinement de la palette instrumentale déployée en arrière-plan. Second bémol : le choix des morceaux. Et pour cause, le band n’est pas allé puiser dans son répertoire le plus ancien ; or, moins pompeuses, elle sont tout aussi, voire plus mélodiques. Quelques extraits de « Stormblast », joués par l’un des deux orchestres, auraient véritablement rendu ce live incontournable.

Il est légitime de se demander pourquoi le combo propose ici deux concerts live qui se consacrent à une même set list. Pourtant, Dimmu Borgir parvient à tirer son épingle du jeu en proposant, certes, des mêmes shows, mais plongés dans des climats totalement différents. Le premier s’est déroulé à l’Oslo Spektrum Arena. Les musiciens de l’orchestre sont tirés à quatre épingles, alors que les choristes sont vêtus d’un costume noir à capuche. Ces derniers sont répartis à gauche et à droite de la scène, laissant le centre de la stage au groupe norvégien. Les membres de Dimmu Borgir dont accoutrés de peaux de bêtes et de cuir blanc, ce dernier conférant à Shagrath, le vocaliste, un certain air de diva d’outre-tombe. La foule exulte lorsque apparaît la possédée Agnete Kjølsrud, afin de donner, exceptionnellement, la réplique au chanteur sur « Gateways ». Tout est magistral, grandiose et maîtrisé à la perfection.

Une année plus tard et 800 kilomètres plus loin, c’est au Wacken Open Air que le show est programmé. Fini l’aisance de l’arène norvégienne, place aux conditions de festival. Il faut pouvoir caser tout ce beau monde sur les planches ; et c’est bien une des premières fois que la scène principale du Wacken parait exiguë. Les chœurs occupent l’arrière du podium, suivi des musiciens, ne laissant qu’une petite bande d’espace aux Norvégiens grimés. Le soleil prend petit à petit congé d’une chaude journée de mois d’août. La poussière vole sur la plaine allemande, bondée à craquer. Shagrath revêt cette fois-ci sa tenue d’été, laissant tomber la fourrure pour se parer de cuir noir et rouge à longues franges, le tout parsemé de pentagrammes inversés. La nuit s’invite petit à petit pendant le spectacle. Une pluie d’étincelles illumine le dessus de la scène. La classe naturelle émanant des musiciens de l’orchestre côtoie l’étrangeté des chœurs encapuchonnés, renvoyant vers les artistes du groupe maquillés de noir et blanc. Le tout face à un public de festivaliers marqués par une journée de fête, nourrie au soleil et aux décibels. Une rencontre improbable, offrant une vision unique et hors du temps, où le Black Metal et le Classique se rencontrent une fois de plus, se séduisent et déploient ensemble une musique d’une incroyable puissance, séduisante et envoûtante.

Par le biais de ce double live, Dimmu Borgir annonce son retour par la grande porte. Il n’y a plus qu’à espérer que l’effet d’annonce soit à la hauteur des nouvelles compositions qui devraient, si tout se passe bien, pointer le bout de leur nez cette même année. L’entrée était savoureuse ; gageons que le plat principal le soit tout autant. Ainsi soit-il…

 

mercredi, 26 avril 2017 16:00

Anthrax, séance de rattrapage en juin !

Vous avez raté les Américains d'Anthrax, le 20 février dernier au Trix ? Essuyez vos larmes, remballez vos mouchoirs : les gars du Big4 seront de retour, le 28 juin prochain, au Reflektor de Liège !
 
En tournée pour quelques mois, les légendes du Thrash fêtent en effet un double anniversaire : celui de leur 35e année de scène, mais également celui des 30 ans de leur troisième album studio, "Among the Living". À cette occasion, les musiciens interprèteront l'entièreté de cet LP, tout en complétant évidemment la set-list de leurs plus grands hits.
 
Une occasion à ne pas manquer...
 
 
 
 
 
jeudi, 13 avril 2017 11:55

Un Boulevard sur le monde

Au fil du temps, Diablo Blvd est parvenu à se hisser au rang de groupe incontournable dans l’univers du Metal, en Belgique. Actif depuis 2005 et signé dix ans plus tard chez le prestigieux label Nuclear Blast, le groupe vient d’achever l’enregistrement de son nouvel opus et s’apprête, dès le mois de septembre, à conquérir le monde. L’occasion de rencontrer son chanteur, Alex Agnew, qui prétend que le Heavy appartient à son ADN. Un passionné sans limites, dont le credo est de toujours aller plus loin. Le tout, évidemment, à la sauce rock’n’roll. Rencontre.

Le rendez-vous est fixé dans un café de Berchem, dans la périphérie d’Anvers. Le temps est typiquement belge : maussade. Accusant quelques minutes de retard, Alex Agnew finit par débarquer. Perfecto sur le dos, il porte un pull à l’effigie du band Mayhem. Il commande un thé, votre serviteur opte pour le café. L’entretien peut commencer.

Alex Agnew est une hydre à deux têtes. C’est en effet sous son masque de comédien/humoriste que l’artiste est essentiellement notoire au Nord de la Belgique. Il a ainsi rempli pas moins de neuf fois le SportPaleis d’Anvers. Outre-Senne, c’est par contre entouré des musiciens de Diablo Blvd, qu’Alex –ses lunettes noires vissées sur le nez– est le plus populaire. Deux projets couronnés de succès, qui s’entremêlent, et au milieu desquels le bekende Vlaming tente de trouver un équilibre. Il y a trois ans, il prenait un congé sabbatique dans sa carrière d’humoriste. Deux ans plus tard, Diablo Blvd publie ‘Follow the Deadlights’, le 4ème LP du groupe. Depuis 2016, il est revenu à l’avant-plan en créant un nouveau one-man show, baptisé ‘Unfinished Business’, sans pour autant laisser sa formation musicale de côté. Trois années se sont écoulées depuis la sortie du dernier opus… Et aujourd’hui, où en est-il ? « Nous avons achevé l’enregistrement d’un nouvel album. Il sortira en septembre chez Sony et dans le monde entier via Nuclear Blast ! », annonce fièrement le vocaliste.

La formation peut en effet se targuer d’être le premier band belge à être hébergé, depuis 2015, au sein de l’écurie de ce label allemand, un des plus importants et influents de la scène Metal. Cette signature avait permis au dernier elpee, ‘Follow the Deadlights’, de bénéficier a posteriori d’une ‘seconde’ vie, vu qu’il était déjà sorti quasi un an auparavant. Intitulé ‘Zero Hour’, le dernier sera donc le premier à bénéficier d’une diffusion simultanée aux quatre coins de la planète. « On a vraiment bossé dessus pendant un bout de temps, on voulait que tout soit parfait », confie le chanteur. « Avant, les seuls groupes concurrents étaient belges. Il y en a certes de très bons, mais on ne peut pas affirmer qu’il y a en ait énormément. Ici, on va directement se retrouver dans la cour des grands et rivaliser avec plus gros que nous ».

L’occasion idéale pour le quatuor d’opérer un virage dans la composition : « Je voulais quelque chose de plus sombre que dans le passé. Nous sommes toujours, bien évidemment, une formation de Metal, c’est dans notre ADN ; mais il sera désormais davantage nourri par cette vague New-Wave qui a influencé les années 80. Je pense à Type O Negative, Killing Joke, Tears for Fears ou encore Sisters of Mercy », explique-t-il. Plus sombre dans la musique, mais également plus sombre dans les paroles. Le  musicien voulait en effet retrouver davantage d’adéquation entre ses lyrics et la société telle qu’il la voit aujourd’hui. « Vu la tournure que prennent les évènements actuellement, où on parle sans cesse de revenir à un âge d’or qui n’a jamais existé, de bâtir sans cesse des murs entre les gens, je pense qu’il est temps que l’espèce humaine mue vers un être plus intelligent que nous. Un peu comme l’homme de Neandertal : on a fait notre temps, il faut à présent s’en aller, laisser la place à quelque chose de meilleur, avant de vraiment tout foutre en l’air », confie-t-il d’un ton légèrement amer.

Un nouvel opus que l’artiste qualifie également de moins commercial ; ce qui n’a pas manqué d’interpeller le label Nuclear Blast lors d’une première écoute. Le label s’attendait en effet plutôt à quelque chose qui soit dans la veine du répertoire de Volbeat. « On nous compare souvent à eux. C’est sûrement dû à la puissance de nos voix respectives. Mais je ne suis pourtant pas un grand fan de cette formation…  J’ai toujours plutôt été plus inspiré par un Danzig dans années 80. On a d’ailleurs réalisé une reprise de Samhain (NDR : « To Walk the Night »), un des groupes underground de cette époque, où chantait également le chanteur de Danzig. Je n’ai jamais prétendu vouloir ressembler à un band actuel… », déclare Alex Agnew. Un album qui se veut également plus roots, plus primitif et dès lors plus violent. « Le mixage n’est aussi plus tout à fait le même : ma voix se mêle davantage à l’ensemble, les guitares sont plus lourdes et s’est évertué à ne pas devoir les enregistrer quinze fois, afin d’obtenir le meilleur rendu. On voulait un résultat plus spontané, plus cru. Ouais… Les responsables de Nuclear Blast ont vraiment été étonnés, la première fois qu’ils l’ont entendu… », ajoute-t-il en rigolant.

Diablo Blvd, c’est aussi et avant tout une histoire d’amour pour la musique. Le patronyme de ce band a par exemple été choisi en hommage à la chanson du même nom, issue d’‘America’s Volume Dealer’, septième album long playing du combo américain de Stoner, Corrosion of Conformity. Un choix d’autant plus symbolique, suite à rencontre qui s’est produite entre les musicos et Pepper Keenan (le guitariste et chanteur de CoC), il y a quelques années, dans les coulisses de l’Ancienne Belgique. « Quelqu’un avait parlé de nous à Pepper. Il avait demandé un t-shirt et un cd du groupe ; et on est allé lui apporter. Il nous a expliqué que ‘Diablo Blvd’ vient du nom d’une rue en Californie ; ce qu’on savait déjà. Par contre, on ignorait totalement que James Hetfield (NDR : le chanteur de Metallica) habitait au coin de cette artère. Pepper nous a raconté qu’un soir, alors qu’ils se baladaient ensemble (NDR : les deux artistes sont des amis), ils sont tombés sur un panneau indiquant le nom de cette rue. Pepper a alors demandé à James s’il l’avait déjà utilisé pour une de leur chanson. Vu que ce n’était pas le cas, Pepper a alors déclaré qu’il s’en servirait pour une des siennes », raconte Alex Agnew, des étoiles dans les yeux.

L’artiste n’a jamais en effet jamais caché sa passion pour Metallica : « J’adore ! Les musiciens ont toujours eu besoin de tenter des challenges et se foutent pas mal de ce qu’on pourrait penser d’eux. On l’a bien vu lorsqu’ils ont enregistré un disque avec Lou Reed. Une telle démarche teste les limites de leurs fans… Mais qu’importe, ils l’ont fait ! Nombreux sont ceux qui considèrent Slayer comme un vrai groupe de Metal. Mais ces gars n’ont jamais pris de risques ! Et à la fin… ça peut devenir chiant ! », et d’enchaîner : « Prends maintenant ce duo avec Lady Gaga ! C’est aussi un truc bizarre, mais qui peut être intéressant ! Lady Gaga est une bonne chanteuse. Elle a une bonne voix. Une chose est sûre : s’ils partent en tournée ensemble, j’irai les voir ! », ponctue-t-il dans un éclat de rire.

Même si un prochain périple, en compagnie de Metallica, semble relever davantage de l’utopie que de la réalité, Alex Agnew reconnait que la publication prochaine de son nouvel LP, en septembre, sera certainement l’occasion d’écrire une nouvelle page dans l’histoire du band, qui sera  ponctuée par une tournée internationale. Quant à savoir qui a la préférence pour partager les planches, le souhait est empli d’espoirs de bons moments futurs. « Ce serait super intéressant de pouvoir tourner en compagnie de Ghost par exemple ou encore Gojira ou Down. Mais perso, je pense être capable tourner avec n’importe qui… », admet-il, pensif, avant d’embrayer : « Mais Killing Joke, ce serait vraiment un de mes rêves. Bon, on serait déchiré tous les soirs, mais on s’en fout ! ».

Hasard du calendrier, Channel Zero, l’autre porte-drapeau du Metal en Belgique, publiera également son nouveau long playing à la rentrée scolaire. Et ce n’est pas la première fois que les chemins de ces deux combos se croisent. On se rappellera notamment la précédente édition de ‘Music for Life’, cet évènement caritatif organisé chaque année par la radio néerlandophone Studio Brussel. « Franky (NDR : De Smet Van Damme, le vocaliste de Channel Zero) a déjà chanté avec nous ; c’était avant que Channel Zero ne se reforme, en 2009. C’était sur le toit de la Glazen Huis, à Anvers. On avait joué une reprise du ‘Sad But True’ de Metallica. Et une autre de Killing Joke, ‘Eighties’ ; Marcel Vanthilt, un présentateur de la TV néerlandophone qui avait auparavant travaillé pour MTV, était aussi de la partie », s’épanche Alex, jamais à court d’anecdotes.

Quant à imaginer une tournée belge en compagnie de ces deux formations phares du plat pays, Alex Agnew n’est en tout cas par opposé. En forme de clin d’œil, il confie d’ailleurs que de leurs derniers elpees respectifs, c’est Diablo Blvd qui en vendu le plus. « Il y a toujours eu comme une saine rivalité entre nous, afin de savoir quel LP déchirera le plus. Et cette compétition est nécessaire, c’est ce qui te fait avancer ! Tu t’obliges à toujours être le meilleur ! ».

 

mercredi, 05 avril 2017 20:05

The Art of Resilience

« The Art of Resilience » constitue le quatrième elpee de Beyond the Labyrinth, une formation belge pour le moins atypique. Et pour cause, elle ne compte pas de chanteur en titre. Ainsi, pas moins de dix vocalistes ont été invités à pousser la chansonnette, soit quasi un chanteur par morceau. Au-delà de ce défi louable lancé par le combo, cette disparité vocale confère malheureusement vite un manque de cohérence au niveau du track listing de cet opus, ressemblant plus à une compilation réunissant différents bands, qu’à un véritable album studio. Au-delà de cet aspect, « The Art of Resilience » recèle douze pistes coulées dans le Heavy Metal, certaines un peu plus épiques –dont « The Setup (Innoncense Presumed) » au cours de laquelle, Josey Hindrix, le chanteur d’Ostrogoth, se réserve le micro– d’autres plus gothiques –à l’instar de « Prince of Darkness » et « Fall of the Raven », que chante Colin Flynn. Cet LP véhicule aussi quelques accents empruntés au Power Metal (« Shape Shifter », « Salve Mater »). Mais plusieurs plages laissent une impression de déjà entendu. Et notamment « Someone Watching Over You », qui lorgne un peu trop obstinément vers Machiavel.

Toute personne résolument fan de Heavy plutôt mielleux devrait facilement y trouver son compte et passer un bon moment. Mais si ce style a plutôt tendance à vous hérisser le poil, mieux vaut dès lors passer votre chemin…

 

Depuis 3 ans, Sourblast est en perpétuelle recherche. D’un son personnel. D’une homogénéité au sein du groupe. Il semble donc avoir trouvé sa voie et devrait sortir, au cours de cette année, son premier album. Ce qui ne l’empêchera pas de se produire sur les planches, là où depuis ses débuts, il met littéralement le feu. En proposant un Heavy-Stoner-Rock pur jus. Il était donc judicieux de prendre le pouls auprès de ce quatuor bruxellois. Rencontre. 

En 2014, vous avez gravé votre premier disque. Un Ep quatre titres. Il vous a donc fallu trois longues années avant de vous décider à publier un premier opus. Quand sortira-t-il ? A quoi doit-on s’attendre ? Quel a été votre parcours, tout au long de cette période de transition ?

En fait, nous avons écumé les concerts pendant toute cette période, afin de défendre notre premier Ep. Dans l’intervalle, le line up a changé, avant d’atteindre aujourd’hui, sa forme actuelle et définitive. Nous voulions vraiment nous poser afin de repartir sur des bases solides, en compagnie de musiciens qui se comprennent, s’entendent le mieux possible, tant sur scène que dans la vie quotidienne. Et c’est alors qu’on a entamé, il y a quelques mois, l’enregistrement de notre premier LP, au 6th Sense Sound, un studio géré par Tom (NDR : le bassiste) et André (NDR : cet ex-guitariste du band est devenu aujourd’hui leur ingénieur du son). Sans être pressé par une quelconque ‘dead line’, nous avons réalisé un album sans compromis, qui nous ressemble, et dont nous serons tous fiers en définitive. Nous ne souhaitions plus bricoler une énième démo au sein d’un garage ou dans un local de répétition. Nous voulions que cette nouvelle étape nous permette de se doter d’une véritable identité. N’y mettre que le meilleur de nous-mêmes. Le premier single paraîtra entre avril et mai de cette année. Il sera suivi, dans quelques mois, de l’album, qui sera disponible en versions vinyle et numérique.

Quelle est l’origine du patronyme Sourblast ?

Dès le départ, nous briguions un nom qui claque. Qui soit bref, explosif et précis, à la fois. On l’a choisi à l’issue d’un exercice de brainstorming. Pas la peine d’y déceler une quelconque explication mystique. Il ne s’agit que d’une explosion acide !

Sourblast réunit des musiciens qui jouissent d’une belle expérience ‘live’, acquise antérieurement. Comment est née cette nouvelle aventure ? 

Son histoire remonte à quelques années. Fred (guitare et chant) et Geoffrey (batterie) sont des amis de longue date. Ils aspiraient à jouer ensemble, depuis pas mal de temps ; un vœu réfréné par leurs implications au sein de formations différentes. Finalement, ils ont décidé de les quitter afin de créer un projet commun ; un concept qu’ils ne retrouvaient pas chez leurs bands respectifs. Un peu plus tard, Terry (guitare) et Tom (basse) ont rejoint le line up. L’histoire de Sourblast venait de commencer.

Quand on écoute la musique de Sourblast, on ne peut s’empêcher de penser à Down, Kyuss ou encore Baroness. Ce sont vos sources majeures d’inspiration ?

On ne peut nier ces références. C’est une évidence. Pourtant, chaque membre possède ses propres influences ; ce qui, inévitablement est répercuté lors de la composition des morceaux. Mais nous essayons ensuite d’épurer le tout, le mieux possible, afin qu’au final la compo soit considérée comme du Sourblast pur jus, et pas la copie de tel ou tel groupe. Mais bon, on ne peut cacher nos sources d’inspiration. C’est-à-dire Baroness, Alice In Chains, Stone Temple Pilots, Mastodon ou Creed… Enfin, notamment...

Quel est le processus d’écriture au sein de l’équipe ?

En général, c’est le chanteur/guitariste (Fred) qui trace la ligne de conduite. Il amène une idée, un riff voire un morceau complet. Il soumet ensuite la démo aux autres. Puis on retravaille la compo, de manière à ce qu’elle agrée tout le monde. Fred se charge également des lyrics. Il y raconte ses expériences, son vécu, son appréhension de la vie sentimentale et des relations humaines en général. Il pose un regard perplexe sur la société contemporaine.

Toutes proportions gardées, il faut admettre que le Stoner est devenu, au cours de ces dernières années, un genre musical à la mode, dans l’univers du Metal. Bon nombre de groupes se revendiquent du Stoner et l’adaptent à leur sauce. Dans ce contexte, pas facile de se forger une identité personnelle ?

En fait, l’identité de Sourblast dépend d’un son : épais, caractérisé par une rythmique lourde, puissante et agressive et couplée à guitares ultra mélodiques. Nous sommes, et ce n’est pas récent, devenus des acheteurs compulsifs d'amplis, de guitares et de batteries. Ce qui nous permet de disposer d’une palette sonore assez riche… même si c’est au détriment de notre portefeuille ! On travaille aussi nos compositions afin qu’elles soient ‘catchy’, mais en les abordant dans un esprit très pop. Ce qui crée un mélange hybride, une forme de Heavy rock/Stoner qui soit très susceptible de plaire au mélomane lambda.

En 2016, vous avez participé aux ‘Tremplin Durbuy Rock’. Ce genre de concours est-il idéal pour se révéler, en Belgique ?

C’est indéniablement un fameux soutien ! Pour un jeune groupe qui souhaite participer à des festivals de taille respectable, ces tremplins constituent évidemment une vitrine assez intéressante. De plus, les jurys réunissent souvent des professionnels du métier. Capables de remarquer une formation qui se détache du lot, ils leur proposent souvent, par la suite, des collaborations intéressantes. Bref, c’est toujours bénéfique à tous points de vue !

Nous sommes à la fin du mois de mars et la saison des festivals commence petit à petit à approcher… avez-vous des projets pour cet été ?

Pour le moment, on se concentre à 200% sur la sortie de notre album. Nous avons néanmoins déjà tourné le clip du premier single (« Memories »), qui devrait sortir entre avril et mai. On va ensuite faire un maximum de dates afin de promouvoir l'album. Mais en attendant, nous continuons à travailler main dans la main avec notre manager, pour rôder au mieux possible notre set live. Nous n’avons qu’un seul but en tête : que chaque concert de Sourblast laisse une trace indélébile dans la mémoire du public !

Entretien réalisé par e-mail, le 27 mars 2017

 

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