C’est ce 4 novembre que paraîtra l’Ep ‘live’ de The Mysterines, "All These Things", enregistré au Rough Trade East à Londres. C'est actuellement l'un des groupes de rock les plus excitants du Royaume-Uni. Après avoir assuré les premières parties de la tournée…

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Après avoir publié son album « Watch This Liquid Pour Itself », en janvier 2020, Kaya a quitté New York pour l’Europe afin de créer et montrer ses diverses réalisations artistiques interdisciplinaires. Elle a notamment réalisé une installation qui amplifie la…

Ki ! en question !

Ki ! est l’alias de l'auteur-compositeur et multi-instrumentiste Christian Ki Dall.…

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jeudi, 04 février 2016 16:43

Phil Anselmo se retire pour un moment

Phil Anselmo, ancien frontman de Pantera et actuel vocaliste de Down et de Superjoint, a annoncé cet après-midi sur son site Internet qu'il faisait momentanément un pas de côté, suite à la polémique engendrée il y a de cela quelques jours montrant l'artiste, visiblement éméché, se targuant à la fin d'un concert d'un salut nazi suivi d'un "White Power" pour le moins déplacés.
 
Les réseaux se sont ensuite enflammés, bon nombre d'artistes donnant leur point de vue quant à cet acte douteux (voir notamment le coup de gueule de Robb Flyn, leader de Machine Head). Phil Anselmo s'est ensuite expliqué, par écrit puis par vidéo, expliquant qu'il ne pensait pas cet acte, qu'il avait abusé du vin blanc et qu'il en était profondément désolé. Ce mea-culpa n'a apparemment pas apaisé les esprits, tant et si bien que l'artiste a fini par annoncer aujourd'hui qu'il comptait faire un pas de côté pendant une période de temps encore indéterminée.  "Mes compagnons de route doivent aujourd'hui subir les conséquences de mon comportement, je tiens donc à m'en excuser publiquement auprès d'eux. Jamais je n'ai voulu leur nuire, c'est pourquoi je leur ai suggéré en privé de continuer leur chemin sans moi", a notamment indiqué Anselmo. 
 
Les groupes dont il fait partie n'ont pour le moment pas encore réagi quant à cette décision. Le Festival FortaRock en Allemagne avait quant à lui déjà annoncé hier qu'il annulait la prestation de Down en juin prochain, suite au comportement de leur chanteur.
 
 
 
dimanche, 31 janvier 2016 00:00

Kannon

Tout néophyte qui écouterait pour la première fois cet album pourrait penser qu’on se fout de sa gueule. Et il aurait tout à fait raison. Trois morceaux qui oscillent autour de dix minutes chacun, au cours desquelles il ne se passe… rien. Trois introductions lugubres, noires et planantes. Punt aan de lijn !

Mais cette première frustration passée –il s’agit quand même d’un groupe dont le vocaliste n’est autre qu’Attila Csihar, celui de Mayhem, légendaire groupe norvégien de Black Metal– il est nécessaire de se rappeler que Sunn O))) milite dans un genre relativement méconnu : le drone (Trad : bourdon). Car ce style minimaliste se sert de certaines notes ‘bourdonnantes’, tirées en longueur et répétées, qui alimentent de longs morceaux atmosphériques.

Mises dès lors en contexte, ces compositions tendent alors à prendre une autre facette. Tel un mauvais songe éveillé, le sol ne cesse de se dérober. Une nage libre, sans bords à portée de main. Une ambiance sombre et lugubre à souhait, malsaine et possédée. Des voix dérivant directement de l’inconscient, invitant à sombrer dans la folie, telles les sirènes du chaos. Il serait tout à fait illusoire de chercher à fuir ; vous vous enfonceriez graduellement dans le magma boueux du désespoir. Une forme d’hypnose destinée à accomplir un voyage spirituel pris à contresens, touchant de temps à autre ce qu’il peut y avoir de plus détraqué et de plus noir en l’homme et au-delà.

Cet album, le huitième de la formation américano-hongroise, nous entraîne dans un périple vers l’inconnu, une expérience promise à l’exploration de la part sombre du psychisme. Mais un parcours initiatique destiné néanmoins à un public plus qu’averti, tant les compositions se veulent hermétiques et volontairement hors d’accès. Amateurs de mélodie, de structures et de refrains faciles à fredonner : fuyez tant qu’il est encore temps. Seuls les plus atteints d’entre vous parviendront à tirer une jouissance de ce triptyque.

 

mercredi, 20 janvier 2016 09:27

Mikkey Dee annonce le retour de Thin Lizzy

Mikkey Dee, batteur endeuillé de Motörhead, annonce qu'il sera de retour cette année derrière les fûts de ... Thin Lizzy !
 
Alors que les membres restants de Thin Lizzy avaient décidé de jouer désormais sous le nom de Black Star Riders, les musiciens ont néanmoins décidé de reprendre leur nom de légende cette année afin de fêter deux évènements-clés du groupe irlandais. C'était il y a en effet quarante ans, le band sortait "Jailbreak", un des albums qui a fait leur renommée, notamment avec le tube "The Boys Are Back in Town"ou encore la plage titulaire de l'opus. Moins réjouissant, 2016 rime également avec le trentième anniversaire de la mort du vocaliste historique, Phil Lynot (décédé le 4 janvier 1986). 
 
Ce nouveau line-up - qui réunira Ricky Warwick au chant, Scott Gorham et Damon Johnson aux guitares, Darren Wharton aux claviers et évidemment Mikkey Dee à la batterie - écumera les festivals de cet été pour poursuivre avec quelques dates exceptionnelles pour 2017. 
 
"Alors que Black Star Riders prend un peu de temps afin de travailler sur son troisième album, j'ai pensé qu'il serait vraiment intéressant de faire quelques shows avec Thin Lizzy. C'est une année anniversaire pour nous, rien de tel pour s'amuser et revivre quelques bons moments comment on le faisait dans le passé. On ne fera qu'une demi-douzaine de dates, afin de les garder exceptionnelles. Pour différentes raisons, Brian Downey ne sera pas de la partie derrière la batterie, mais sera remplacé par Mikkey Dee, ce qui nous rend tous très heureux. On annoncera qui sera à la basse sous peu...", a expliqué Scott Gorham.  
 
Deux dates ont d'ores et déjà été annoncées : le 23 juillet à Ashford (Angleterre) et entre le 19 et le 23 janvier à Fort Lauderdale (Etats-Unis).
 
mardi, 19 janvier 2016 21:49

Nouvel assaut de Destruction

Destruction, les légendes allemandes du Thrash, travaillent actuellement sur leur nouvel album studio intitulé "Under Attack". Ce nouvel opus, le quatorzième du groupe, sortira le 13 mai prochain chez Nuclear Blast. Ne perdant pas leur temps, les musiciens ont commencé à enregistrer l'année passée après la période des festivals, entre septembre 2015 et janvier 2016. Tant et si bien que les parties de batterie ont déjà toutes été enregistrées en Allemagne ainsi que certains enregistrements de base, mixages et masterings en Suisse.
 
 "On a vraiment voulu prendre notre temps pour cet album", explique Schmier, bassiste et vocaliste de la formation. "Après les festivals de cet été, on s'est rendu en studio pendant quelques semaines afin d'enregistrer quelques nouveaux morceaux ainsi que des idées que nous avions eues pendant qu'on tournait. On a préféré faire plusieurs petites sessions d'enregistrement plutôt qu'une longue, afin de garder une certaine fraîcheur dans nos idées et de pouvoir encore changer ce qui ne nous plairait pas avant le mixage final. C'est peut-être le processus d'écriture le plus efficace que nous ayons fait depuis ces dernières années... ", a-t-il complété.
 
Il n'y a dès lors plus qu'à attendre qu'ils nous lâchent un os à ronger.
 
Wildernessking vientde dévoiler leur nouveau clip, "I Will Go To Your Tomb", qui sera présent sur leur album "Mystical Future" et dont la sortie est prévue le 26 février prochain chez Les Acteurs de l'Ombre Productions.
 
Ce deuxième album studio des Sud-Africains sortira également en version cassette sur Grimoire Cassette Cvlture et Monotonstudio Records ainsi qu'en version vinyle sur Sick Man Getting Sick Records.
 
Du Black Metal à la sauce Post-rock qui risque fort bien de faire parler de lui...







 
Que les plus chanceux d'entre-vous tentent leur chance ! Les Acteurs l'Ombre offrent actuellement un bundle comprenant l'album et un t-shirt du groupe. Plus d'infos en cliquant ici !
Celui que le monde du Rock, du Metal et du Punk pensait immortel a néanmoins fini par s’éteindre. Alors qu’il venait de fêter ses 70 ans le 24 décembre dernier, Ian Fraser ‘Lemmy ‘ Kilmister, leader de Motörhead, s’est éteint quatre jours plus tard à son domicile, ce lundi 28 décembre. « Ce n’est vraiment pas quelque chose de facile à vous annoncer… notre cher et tendre ami Lemmy est décédé après une courte bataille contre un cancer extrêmement agressif. Il avait appris qu’il en était atteint le 26 décembre dernier, assis face à son jeu vidéo favori du Rainbow », ont annoncé les membres de Mötörhead sur les réseaux sociaux.
 
Bien que son état de santé s’était largement dégradé depuis quelques mois, Lemmy devait prendre la route avec ses deux compères au début de l’année 22016 pour une tournée anniversaire – le groupe fêtant ses 40 ans en 2016 – en compagnie de Saxon et de Girlschool.
 
Alors que la famille Motörhead avait déjà été endeuillée le 11 novembre dernier par la disparition de Philty Animal, batteur de la formation entre 1975 et 1984 et puis de 1987 à 1992, c’est aujourd’hui une page noire, si pas une postface, que le band voit définitivement se tourner avec la perte de son chanteur.
 
« Nous communiquerons davantage dans les prochains jours, mais pour le moment, s’il vous plait… mettez du Motörhead à fond, mettez du Hawkwind à fond, mettez la musique de Lemmy à fond », s’est exprimé le groupe.
 
Rest in Rock, Lemmy !
dimanche, 27 décembre 2015 18:34

M.I.R.E.K.

À la lecture des notes du livret de ce nouvel album de La Division Mentale, intitulé « M.I.R.E.K. », un détail intriguant saute aux yeux : ‘Musique inspirée par la vie et le travail de Miroslav Tichy’. Personnage inconnu au bataillon, quelques recherches permettent cependant d’apprendre qu’il s’agit là d’un photographe tchèque quelque peu atypique, qui montait lui-même ses appareils photo sur base de différents objets de récupération. Information intéressante, qui offre une porte d’entrée salvatrice afin de pénétrer au cœur de ce mystérieux concept album qui ne s’aborde définitivement pas d’une oreille distraite et nécessite une attention constante afin de tenter de saisir la complexité de ses morceaux. Amis de l’easy-listening, passez votre chemin.

Le décor est planté, on passe à la musique. Ce second LP des Français se fonde sur une base de Black Metal atmosphérique, tant par sa noirceur que ses parties vocales plaintives, en retrait, empruntant au registre de l’indus. Six morceaux également pétris de Sludge, au rythme lent, lancinant et répétitif. Des samples de bruits de machines ou de voix telles que tirées d’un vieux film viennent de temps à autre alimenter cette atmosphère stérile et dépressive. On ne peut s’empêcher d’imaginer Miroslav Tichy, « Mirek », déambulant dans les rues de Kyjov, appareil photo bricolé sous l’imper, volant des instants présents du quotidien. Une plongée dans la tête de ce marginal, à l’esprit décalé, réduisant en morceaux les balises artistiques au profit de l’expérimentation. Une ambiance retrouvée telle quelle le long de ces quarante-cinq minutes de voyage sombre et atypique, où l’on se croirait sous influences de substances peu catholiques, voire cadenassé dans l’esprit d’un schizophrène. Ça part dans tous les sens. N’essayez pas de garder pied, ni de nager à contre-courant, il suffit de se lancer emporter par ce tourbillon hallucinatoire.

Vous l’avez compris, il s’agit bel et bien d’un album qui sort des sentiers battus. Mais pas juste à côté de la route ! Il trace en effet à lui seul un nouveau chemin au travers d’un monde perché entre réalité décalée et sublimée. À ranger dans le tiroir généralement bordélique de ces œuvres conceptuelles, qui détruisent pour mieux reconstruire. Alors que beaucoup se perdent en tentant de remettre les pièces du puzzle, La Division Mentale parvient à ressortir un produit fini cohérent. Certes complètement pété, pour le dire vulgairement, mais qui a le mérite de nous plonger dans un état qui dépasse l’écoute musicale en allant gratter des coins de l’âme généralement tapis dans l’obscurité. À expérimenter.

mardi, 15 décembre 2015 16:13

Aujourd’hui, c’est sans concessions…

Le 23 octobre dernier, Mass Hysteria publiait « Matière Noire », son huitième album studio. L’occasion était donc belle de revenir sur cet opus, en compagnie de Yann Heurtaux et Mouss Kelai, respectivement guitariste et chanteur du groupe, tout en sondant l’intention d’une pause que le band aurait envisagée. Hasard impitoyable du calendrier : à l’heure où les Français entamaient le premier show de leur tournée, des dizaines d’innocentes et innocents ont été assassinés dans Paris. Des atrocités qui n’ont pas manqué de marquer les artistes. Coup de projecteur, empli d’émotions et de sincérité, sur une actualité brûlante.

Depuis maintenant la sortie de l’elpee « Failles », soit il y a six ans, vous avez opéré un virage plus sombre et plus mature dans votre musique. « Matière Noire » le confirme. Une explication ?

Yann : je vais te dire franchement, nos compositions viennent naturellement, rien n’est calculé. Mais je ne pense pas que nos morceaux soient plus matures et les textes moins positifs qu’auparavant. C’est vrai, par contre, que la musique est plus dure ; ce qui ne veut pas dire pour autant que notre message vire au négatif. Nos textes tirent souvent des bilans de la vie tout en s’adressant aux êtres humains. Si tel ou tel évènement ne te convient pas, bouge-toi le cul pour que ça aille mieux.
Mouss : si on pouvait ne chanter que des chansons optimistes, on s’en contenterait ! On incarnerait un groupe hyper hédoniste, épicurien. De vrais bouffeurs de vie ! Mais il faut regarder la réalité en face. On n’est pas dans un monde de poésie et de coquelicots. En prenant un peu de recul, il faut admettre que nous ne nous sommes pas construit une carapace ; mais c’est notre cadre d’existence qui s’est endurci. La santé économique, sociale, géopolitique est devenue très sombre. C’est la crise, les gens ont moins d’argent, il y a sans cesse une baisse du pouvoir d’achat, moins de boulot, etc. Réalistes, nos chansons se contentent de coller au temps présent.
Yann : cet aspect plus sombre est peut-être aussi lié aux pochettes de nos albums. L’image, c’est quelque chose à laquelle on est quand même fort attaché. Quand, par exemple, on nous a proposé le projet de l’Armée des Ombres (NDR : leur opus précédent), on a littéralement flashé dessus. On retrouve cette même énergie pour notre dernier disque. L’image correspond à la musique. On ne va quand même pas commencer à mettre des petites fleurs un peu partout. Quand on a eu le malheur, en 2007, de colorer de bleu ciel, la pochette d’« Une somme de détails », on s’en est pris plein la tronche…

Quel est le concept qui se cache derrière « Matière Noire » ?

Mouss : je lis toujours beaucoup sur l’astronomie, l’univers, le cosmos, la théorie des corps, etc. Ce sont des thématiques qui m’intéressent énormément et me dépassent. Je me suis  dernièrement intéressé à la matière noire. Des savants sont en effet parvenus à calculer la masse de l’univers… et il y a quelque chose qui ne colle pas. Il manque de la matière. C’est une matière qui est en fait invisible et pas présente partout. Ces chercheurs savent qu’elle existe, mais ils n’ont pas encore trouvé la preuve physique et mathématique de sa présence. C’est précisément ce qu’on appelle la ‘matière noire’. Je me suis donc amusé à créer un parallèle entre cette matière noire et la masse populaire, qui est elle aussi devenue invisible. On peut aussi faire une analogie avec le vote blanc, qui n’est pas pris en compte. Le vote blanc, c’est aussi un vote, mais il ne sert à rien (NDR : l’interview a été réalisée avant le premier tour des élections régionales en France…)

Pour « Matière Noire », Nicolas Sarrouy a été remplacé par Frédéric Duquesne à la guitare. Comment s’est déroulée cette transition ?

Yann : très simplement. Il n’a suffi que d’un coup de fil. Fred, c’est la personne qu’on avait déjà contactée à l’époque, avant Nico, afin de savoir s’il voulait rejoindre Mass Hysteria. C’était déjà notre pote et le mec qui nous enregistrait. Mais il bossait déjà sur plein de projets en cours, dont Empyr. Et lorsque l’occasion s’est représentée, il était sur le point de rejoindre Bukowski. Mais il a quand même décidé d’accepter, car il avait vraiment envie de participer à l’aventure.
Mouss : …et comme c’est lui qui a enregistré nos quatre derniers albums, il connaît au moins 80% de notre répertoire de base, ce qui facilite les choses !
Yann : et sans parler de nos personnalités ! Même quand Nico figurait encore dans le groupe, c’était en compagnie de Fred que j’allais promener mes gamins le dimanche. On est très proches. On n’habite pas loin de l’autre. Il y a peut-être quinze ans qu’on se connaît !

Chez Mass Hysteria les paroles sont engagées. C’est de notoriété publique. Un engagement qui se ressent d’autant plus en ‘live’, où Mouss exprime fréquemment ses positions politiques. Que ce soit contre Caroline Fourest, Bernard Henri-Levy, François Hollande ou encore Barack Obama, tout le monde en prend pour son grade. Ces prises de position sont-elles aussi partagées par les autres membres du groupe ? Ou n’engagent-t-elles que Mouss ?

Yann : c’est vrai qu’on n’est pas toujours d’accord sur tout. Et heureusement ! Mais bon, on connaît Mouss. Et quand on n’est pas d’accord, on lui signifie…
Mouss : quand je monte trop dans le rouge, on me le signale toujours. Je suis parfois engagé dans une dynamique qui peut s’étaler sur plusieurs concerts. Je n’y peux rien, je ressors tout ce qui me traverse. Je suis par exemple toujours choqué par certains choix de Barack Obama. Il entame son second mandat et n’a toujours pas fermé Guantanamo. Qu’on ne vienne donc pas me parler d’un pays qui respecte les droits de l’homme ! C’est une vraie mascarade ! Et j’ai pourtant été ému, comme tout le monde, lorsque les Américains ont décidé d’élire un Noir à la Maison-Blanche ! Mais bon, après le symbole, place à la réalité. Il n’est pas mieux ou pire que Bush.

Si je vous comprends bien, il n’existe donc selon vous en France plus aucun parti qui mériterait votre confiance ?

Mouss : c’est clair que non ! Ce sont tous des gens qui débarquent des mêmes milieux. Ils proviennent toutes et tous de l’ENA (NDR : l’École Nationale d’Administration). Ils ont accompli de grandes études, les ont terminées vers 28 ou 30 ans, et n’ont jamais été plongés dans la réalité de la vie ! Ils ne savent pas ce que c’est d’aller à l’usine, d’avoir dû faire un petit boulot en même temps que les études. Ils ont toujours eu une cuillère en argent dans la bouche. De prime à bord on s’en fout de leur condition, mais c’est nettement plus dérangeant quand ils commencent à exercer des responsabilités politiques, en abordant, par exemple, des situations qu’ils n’ont jamais vécues ! Comment veux-tu être sensible à ce que vit le prolétaire si tu n’en as jamais côtoyé ?
Yann : le seul homme politique que je respectais vraiment, c’était Patrick Roy. Il nous avait permis de visiter l’Assemblée nationale et nous avait présenté du monde… Mais il nous a aussi fait comprendre que c’était un univers bien pourri. Il nous avait par exemple montré un bar secret à l’Assemblée où Borloo aimait bien se rendre pendant les séances. Il nous a aussi appris que les députés en France touchaient des jetons de présence s’ils venaient à l’Assemblée. C’est pourtant la moindre des choses ! Sans compter qu’ils perçoivent un salaire à vie. Un petit plus quoi !

Après vingt-deux années de présence sur les planches, vous sentez-vous davantage libres aujourd’hui ?

Yann : clairement, je n’ai plus envie de faire de concessions aujourd’hui. Quand tu débutes, les maisons de disque te disent, à une occasion ou une autre, des trucs du genre : 'soyez attentifs aux radios, cherchez à glisser votre refrain au bout de 30 secondes, car ce morceau peut devenir un tube, etc.' Aujourd’hui, on s’en fout de ces conseils. Et la seule fois où on est passé en radio, c’était lors de la sortie de l’album noir (NDR : éponyme, il est paru en 2005), c’est à ce moment là qu’on a failli perdre notre public.
Mouss : c’est vrai, je me rappelle que pour ce disque, on bénéficiait soi-disant d’une grosse promo. La radio était derrière nous, etc. Et au final, on voyait bien que ce système ne nous correspondait pas ! Même l’album on n’arrivait pas à le défendre… c’était poussif ! Nos compositions étaient mièvres et tièdes. Elles sonnaient plus Pop-Rock, il n’y avait plus rien de Metal… même si on ne se revendique pas Metal (Yann sourit à ce moment-là). Enfin ouais, je veux dire qu’on ne cherche pas absolument à avoir un son Metal. Le principe a toujours été le même chez Mass Hysteria : on veut des gens d’horizons différents, mais réunis au sein d’un même projet.

Depuis les attentats perpétrés à Paris, le 13 novembre dernier, on se rend compte que la septième plage de l’album, intitulée « L’Enfer des Dieux », n’a malheureusement jamais pris autant de signification qu’aujourd’hui…

Mouss : c’est en effet le cas. Et c’est en même temps d’autant plus triste parce qu’il n’y a pas que ce morceau-là ! Quand tu écoutes « Tout doit disparaître » (NDR : compo qui figure sur « L’Armée des Ombres », un long playing paru en 2012), c’est un truc assez poétique à la base : ‘Nous ne sommes pas encore obligés de tuer, il ne nous est pas encore arrivé de mourir’. Y a rien à faire, aujourd’hui, cette phrase nous ramène aussi aux attentats. Tu n’es pas obligé de faire comme ces connards de terroristes, de tuer pour revendiquer une haine de ce que pense l’autre. On rencontre ainsi plusieurs textes de Mass Hysteria, que ce soit dans le dernier cd ou ceux qui le précèdent, qui prennent un tout autre sens aujourd’hui.
Yann : on ne peut pas le cacher : quand Mouss chante « L’enfer des Dieux » sur scène, c’est toujours un moment très fort.
Mouss : c’est notre septième date de la tournée ce soir… Hier, à Cergy Pontoise, le public a chanté tout le refrain. Mais vraiment tout. Les spectateurs le connaissaient déjà par cœur. Et puis tu sais, cette chanson, c’est vraiment un hasard du calendrier. Elle date en fait du début de l’année…
Yann : …et elle a bien failli ne pas voir le jour ! C’était le dernier morceau à enregistrer en studio. Mouss en avait un peu marre et nous avait dit qu’il n’avait que quelques bribes de paroles. Je les ai lues et je lui ai dit direct : celle-là, tu es obligé de la faire, démerde-toi !
Mouss : c’est vrai je n’avais qu’un refrain et un couplet. C’était un lundi, je me rappelle. On a essayé de mettre le tout en boite toute la journée en se disant que si ça marchait, tant mieux, sinon tant pis, mais que ce n’était pas grave…
Yann : …et puis quand je suis arrivé et que j’ai vu le produit fini, je me suis dit ‘putain, mais ça tue !’ Maintenant j’avoue que j’aurais vraiment préféré que ce morceau ne s’inscrive pas autant dans l’actualité… C’était une compo qui était déjà présente en notre for intérieur depuis longtemps. Entre nous, lors de nos discussions, on déduit fréquemment que la religion est quelque chose qui nous fait chier. Et quand j’ai vu la version finale de la chanson, je me suis rendu compte que c’était un bilan mortel de ce qu’on se racontait souvent.
Mouss : mais attention, je tiens à déclarer qu’on respecte évidemment la foi individuelle. On n’est pas des fascistes ! Mon père était musulman et ma mère était catholique, mais ils ne parlaient jamais de religion à la maison. Ces conflits, pour moi, relèvent du Moyen-âge ! Quand l’aventure de Mass Hysteria a commencé, je ne me serais jamais imaginé qu’on aurait composé un titre qui traite de la religion. Jamais ! Dans les années 80 ou 90, c’est vrai qu’il y avait déjà un peu de fanatisme, mais c’était uniquement dans les pays orientaux. Hormis quelques fanatiques catholiques, ce n’était pas chez nous ! On n’en était pas arrivé à égorger des gens dans la rue, parce qu’ils pensent différemment et n’ont pas le même dieu ! Ces gens sont débiles, ce sont des psychopathes et la religion n’est qu’un prétexte à leur maladie.

Vous avez peur aujourd’hui ?

Mouss : évidemment !
Yann : oui… Ils ont déclaré qu’ils allaient viser les écoles. On a tous des enfants…
Mouss : il faut prendre ces menaces au sérieux. Quelques mesures ont été prises. C’est d’un côté un peu rassurant, mais tout en étant terrorisant de se dire qu’il faille aller jusque là !

Vous veniez juste de commencer votre tournée le jour des attentats. Vous souvenez-vous de l’ambiance après le concert ?

Yann : j’ai eu les jambes coupées. À un moment, je me rappelle, un mec dans la foule nous a gueulé qu’il y avait des attentats à Paris. Et puis j’ai demandé à mon technicien, qui m’a répondu : ‘ouais ça craint ; y a 40 morts au Bataclan, mais finis ton concert !’
Mouss : au Bataclan quoi ! On connaît plein de gens là-bas ! On a fini le show, mais l’ambiance était glaciale, tout le monde était refroidi. On a pris congé du public et puis on a tous appelé nos familles. On ne parvenait pas à s’imaginer que des islamistes étaient venus foutre le bordel dans une salle où on a si souvent joué… 

Que ce soit lors de récentes déclarations ou même à la fin du livret de votre dernier opus, Mouss laisse entendre qu’il pourrait faire un break après cette tournée. « Matière Noire » pourrait donc être l’elpee ultime ?

Mouss : je ne sais pas encore ce que la tournée va donner. Mais en tout cas là, elle est bien partie. Et elle est prévue pour durer deux ou trois ans. Puis on sera bien fatigué. Je pense donc qu’ensuite, un break sera inévitable.
Yann : de toute façon, nous, on continuera à composer… Mais il faut savoir que nous, quand on ne tourne plus, ça ne nous fait pas bouffer ! On nous prend parfois pour des stars, ce que nous ne sommes pas ! Par exemple à côté de la musique, je suis coach sportif. Au moment où on doit composer, on doit aussi aller bosser pour nourrir nos enfants. Et on sait qu’on est toujours attendu au tournant… Cette pression, plus on vieillit, plus c’est épuisant ! Par contre effectivement, quand on sort le bébé et que tout se passe comme aujourd’hui, on n’a évidemment pas envie d’arrêter ! Et sincèrement, je n’en ai vraiment pas envie. Mais d’un autre côté, je comprends tout à fait que Mouss ait envie de se poser un moment.
Mouss : je t’avoue que je vais me réserver un peu de détente… J’ai 44 ans, bientôt 45, j’ai aussi envie de vivre un autre truc avec ma femme et mes enfants. Je ne sais pas encore quoi précisément, mais surtout je ne tiens pas à regretter de ne pas l’avoir tenté tant qu’il était encore temps. Ce ne sera qu’un break, ce n’est pas encore le terminus. Et puis il me permettra probablement aussi d’être plus détendu, plus relax, afin d’améliorer encore mon écriture. Mais enchaîner tout de suite après cette tournée qui s’annonce assez longue, non… pas possible pour moi.

 

 

dimanche, 13 décembre 2015 15:57

Last Call to the Void

« I have no god » est une affirmation qui plante bien le décor de « Last Call to the Void », second album studio des Belges d’Exuviated. Pas de fioritures, le ton est donné dès le départ : le Death Metal est de rigueur. Issue d’outre-tombe, la voix gutturale et mise en avant-plan et installe directement une ambiance lourde et écrasante, sensation oppressante accentuée par des interventions de drums rapides et soutenus. Ça blaste ! Quelques passages bienvenus de guitare claire procurent cependant une lucarne aux compositions. Autant une respiration qu’une échappée épique. Une combinaison certes efficace, mais qui, à force d’être exploitée sur la plupart des morceaux, perd de sa puissance et tend à devenir répétitive et linéaire. Quelques parenthèses intéressantes viennent néanmoins donner un coup dans la fourmilière, tels que « Black Empty Faces » aux accents de Grindcore ou encore le morceau maître « Last Call to the Void », plage plus atmosphérique, frôlant parfois le Black Metal et libérant une rage combative entraînante. Certainement la chanson la plus complexe et la plus aboutie de cet LP.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le potentiel est présent. Si on se contente de vouloir écouter un bon album de Death Metal, cette première salve balancée par ces musiciens originaires de Marche en Famenne ne devrait pas décevoir. Si par contre c’est l’originalité qui prime (NDR : ce qui fait qu’un groupe se détache des autres du même genre), il faudra certes encore un peu attendre. Tout est dans la marmite mortuaire, il n’y a plus qu’à modifier les quantités d’ingrédients et le poison pourrait se révéler d’une redoutable efficacité.

Ce 7 décembre est sortie sur Internet "Play for Paris", une compilation on-line de 85 morceaux, réalisée pour venir en aide aux victimes et aux familles des victimes des attentats du 13 novembre à Paris. L'argent récolté ira à la FENVAC (www.fenvac.com ), association venant en aide aux victimes (et leurs familles) d'attentats et d'accidents collectifs.
 
Se sont (entre autres) prêtés généreusement au jeu: Guerilla Poubelle, The Butcher's Rodeo, Black Bomb A, Eths, The Arrs, Headcharger, Dagoba, Bukowski, Mass Hysteria et Tahoe.
 
Le prix de cette compil' ? À votre libre choix ! Les initiateurs suggèrent néanmoins une donation de 5 ou 10 euros.
 
Soyez généreux !
 
Pour écouter "Play for Paris", c'est par ici !
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