La rébellion de Jewly…

Auteure-compositrice engagée, Jewly est investie d’une mission : celle qui la pousse à écrire pour ouvrir les consciences et les libérer grâce à des vibrations rock salvatrices pour les uns ou salutaires pour les autres. « Rébellion » est un concept album…

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The Names à plein volume…

Issus de l'emblématique label Factory, aux côtés de Joy Division, New Order, A Certain Ratio, Durutti Column et Happy Mondays, The Names a consolidé sa place dans l'histoire de la musique. « Volume », c’est le titre du nouvel Ep de The Names. Il réunit quatre…

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Somesurprises

Perseids

Écrit par

Originaire de Seattle, Somesurprises est une formation fondée par Natasha El-Sergany.

« Perseids », nouvel opus paru le 5 avril 2024 n'est pas une réinvention du son du groupe, c'est son perfectionnement.

La voix riche et imposante d'El-Sergany adresse un appel au monde entier.

Dans sa musique, on discerne des éléments de shoegaze, de psyché et de dreampop, et on pourrait même déceler des traces de Sonic Youth, Yo La Tengo et de My Bloody Valentine, voire de Mazzy Star ; mais aussi rapidement que la musique prend toute son amplitude, ces références disparaissent et se dissolvent dans le son singulier que le groupe s'est forgé.

L’opus recèle quelques plages plus longues, probablement issues de jams, à l’instar de l’ouverture « Be Reason ».

Judicieusement intitulé d’après la pluie de météores des Perséides, cette œuvre au scintillement discret de beauté cosmique devrait séduire le mélomane…

Issu de « Perseids », « Bodymind » est en écoute ici.

Podcast # 35 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

Supercaan

A Tiger walks the streets

Écrit par

Issu de Birmingham, Supercaan vient de graver son second elpee, « A Tiger walks the street ».

Dans un monde où la plupart des musiques servent de miroir à nos émotions les plus profondes, sur ce long playing, la formation propose un voyage sonore qui résume à merveille les sentiments de solitude face aux plus grandes angoisses.

Portées par des mélodies envoûtantes et des paroles poétiques, les compos fusionnent post-punk, rock atmosphérique et musique psychédélique, captivent et finissent par enchanter.

On soulignera encore l’excellente production de ce superbe long playing. Aucun détail n’est négligé.

Extrait de « A Tiger walks the street », « Zoetrope » est en écoute ici

Podcast # 35 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

And Also The Trees

Nous avions envisagé de reprendre “Hiroshima Mon Amour” d’Ultravox…

Vous l’avez constaté si vous suivez Musiczine : le groupe anglais And Also The Trees est un des ‘chouchous’ de la rédaction. Et pour cause, cette formation originaire d’Inkberrow, un petit village sis dans le Worcestershire, pratique, depuis 1979, une musique inclassable, enracinée dans le post-punk et rehaussée par un parfum néo-classique voire néo-folk. En outre, elle baigne dans une atmosphère tellurique, romantique, quasi mystique. La voix principale du groupe, Simon Huw Jones, est une personnalité attachante, authentique et d'une remarquable sincérité. Musiczine a eu la chance de pouvoir le rencontrer, dans le cadre du concert exceptionnel accordé par les ‘Trees’ dans l'église ‘La Nef’, à Namur (photos Christophe Dehousse ici). 

Bienvenue à Namur, Simon.

Bonjour, Phil. C'est bon d'être de retour ici.

Comme la dernière fois, je vais te soumettre quelques citations, et dans ta réponse, tu me diras si tu les reconnais et ce qu'elles évoquent pour toi.

Citation n° 1

‘Woods like towns with their sweet deceptive shade
Thorn locked and poison laced
To the outmost and human-less place
Lying foetal unwatched in uprooted earth
A distant ox baying, Still as a boulder cursed…’

‘Les bois ressemblent aux villes avec leur douce ombre trompeuse
Épine verrouillée et poison lacé
Vers l'endroit le plus éloigné et dépeuplé
Fœtus allongé dans une terre déracinée
Un bœuf lointain aboyant, immobile comme un rocher maudit…’

Oui ! C'est un extrait d'une des chansons de notre dernier album, “Mother-of-Pearl Moon”. Elle s'intitule “This Path Through The Meadows”.

La dernière fois que je t'ai interviewé –c’était l'an passé à Bruxelles– vous prépariez l’elpee, mais vous ne saviez toujours pas si vous l’attribueriez à votre projet acoustique, Brothers of the Trees ou à And Also The Trees.

Exact ! Au départ, il était destiné à Brothers of the Trees, à cause de son style plus acoustique. On l'avait même envoyé au mastering. Mais quand on a reçu le ‘master’, mon frère Justin et moi, nous nous sommes posé la question : est-ce un Brothers of the Trees ou un And Also The Trees (AATT) ? Serait-il trompeur pour notre public de sortir cet album sous le nom d'And Also The Trees vu qu'il est peut-être trop différent ? Serait-il déçu ?

A ce moment-là, les chansons étaient sans doute composées sous une forme acoustique, plus dépouillée ?

Non, elles étaient exactement comme elles sont aujourd'hui. L'album avait été enregistré, mixé et masterisé, et était prêt à être gravé. Mais, après l'avoir écouté, j'ai conclu que c'était à 100% du AATT, et Justin m'a confié qu'il était du même avis. Et maintenant, nous constatons que la plupart de celles et ceux qui suivent AATT sont très heureux d'entendre quelque chose d'un peu plus expérimental, de différent. Et la réaction de la presse a également été étonnante.

Comment décrirais-tu ces différences ?

Les chansons ne sont pas tellement différentes mais les arrangements sont plus dépouillés. Il y a pas mal de ‘parlando’ (‘spoken word’) et la batterie est moins présente. En conséquence, on peut davantage se concentrer sur le son des instruments individuels. Je n'ai rien contre les drums, mais j’aime pouvoir identifier clairement la clarinette, par exemple. Distinguer chaque son se déployer. C'est ce que j'ai vraiment aimé dans cet album, et je pense que les auditeurs, en général, ont également apprécié cette nouvelle approche.

A propos de “This Path Through The Meadow”, il existe deux parties dans la compo. La deuxième se distingue par un changement de ton, qui fait l'effet d'une belle surprise. La modulation est un peu progressive, un peu expérimentale, et d'une inspiration très classique. Elle me fait penser à Vaughan Williams et au morceau “Fantasia on a theme by Thomas Tallis”, dont tu avais parlé dans une interview.

Oui, je vois ce que tu veux dire.

Le début de “Fantasia” est étonnant. Les sept premières minutes sont à couper le souffle. J'ai été très ému la première fois que j'ai entendu cette composition : c'était une interprétation réalisée par l'orchestre de Toronto. Tu vois ce que je veux dire ? Il y a une amplitude, une puissance, un souffle, que l'on retrouve dans votre morceau.

Je me souviens de la première fois que j'ai écouté “Fantasia”. La copropriétaire de Reflex Records me l'a fait découvrir quand j'avais 23 ou 24 ans. J'avais entendu beaucoup de musique classique, mais sans y prêter un intérêt particulier. Et puis, j'ai tendu l’oreille à “Fantasia” et il ne sonnait pas du tout comme de la musique classique. Il y avait une véritable modernité. A chaque moment, je me demandais : est-ce que la voix de quelqu'un va entrer ici ? Scott Walker va-t-il commencer à chanter ?

Oui ! J'ai pensé la même chose (rires) !

Ensuite, elle m'a expliqué que c'était une composition d'un musicien anglais, Vaughan Williams. Cette information a complètement changé mon opinion sur la musique classique. Et j'ai voulu en découvrir davantage.

Ce morceau me fait penser à “This Path Through The Meadow”...

Je vois ce que tu veux dire. En général, on nous raconte que notre musique ressemble plus à celle d’Ennio Morricone.

Oui, bien sûr, c'est aussi vrai !

Vers la fin de cette section, il y a un son d'autoharpe ou de dulcimer, qui ressemble à une voix de femme. L'effet produit est assez 'morricone-esque'. Mais en effet, je vois ce que tu veux dire.

Il sonne comme la bande originale d'un film.

Citation n° 2 :

‘Even when lovers twist their naked bodies, skin against skin, seeking the position that will give one the most pleasure in the other, even when murderers plunge the knife into the black veins of the neck and more dotted blood pours out the more they press the blade that slips between the tendons, it is not so much their copulating or murdering that matters as the copulating or murdering of the images, limpid and cold in the mirror.’

“Même lorsque les amants tordent leurs corps nus, peau contre peau, cherchant la position qui procurera le plus de plaisir à l'autre, même lorsque les meurtriers plongent le couteau dans les veines noires du cou et que le sang impur coule à mesure qu'ils appuient la lame qui se glisse entre les tendons, ce n’est pas tant leur copulation ou leur meurtre qui importe que les images de la copulation ou du meurtre, limpides et froides dans le miroir.”

Qui est-ce ? Le Marquis de Sade (rires) ?

Non. Pense à votre dernier album. À ton avis, que représente ce miroir ?

Oh, ne serait-ce pas un texte d'Italo Calvino ?

Oui, c'est extrait du bouquin ‘Invisible Cities'...

C'est le livre dont je me suis inspiré pour écrire “Valdrada”. Mais je ne connais pas bien 'Invisible Cities'. En fait, j'avais déjà écrit un texte de chanson à propos d'une ville imaginaire, sans nom. Ensuite, j'ai lu des extraits du livre de Calvino et j’ai estimé que “Valdrada” était un nom parfait pour ma ville imaginaire. J'ai relié les deux sources au sein de ma chanson.

Pour la 3ème citation, voici un cadeau : c'est un livre. Et il y a un signet, qui désigne une partie précise du texte.

Oh merci ! C'est ‘The Marriage of Heaven and Hell’, de William Blake ! Merveilleux ! Alors, la citation...

Citation n° 3 :

‘If the doors of perception were cleansed, every thing would appear to man as it is : infinite...’

‘Si les portes de la perception étaient nettoyées, toute chose apparaîtrait à l’homme telle qu’elle est : infinie…’

Vois-tu le lien ?

Oui, bien sûr. Le lien, c'est Aldous Huxley, qui a intitulé son livre ‘The Doors of Perception’ en référence à Blake, et puis, bien sûr, les Doors, qui ont baptisé leur groupe en référence à tout cela.

Et après les Doors, des tas de groupes et artistes ont été influencés par les Doors et toutes ces thématiques...

Merci beaucoup pour le livre !

De rien ! Le livre original de Blake était constitué de plaques en cuivre, sur lesquelles il avait combiné ses poèmes et des gravures. Il n'aimait pas l'industrie du livre, qui était déjà présente à cette époque. Il voulait que chaque exemplaire soit unique. Il était incroyable, William Blake. Un vrai rebelle.

Oui, un vrai rebelle.

Citation n° 4 :

‘He that isn’t growing up is growing down.’ Such a man might end his life not as a ripened human being, but as an aged foetus. Adult in worldly wisdom and professional skills ; embryonic in spirit and even in character.’

‘Celui qui ne grandit pas régresse.’ Un tel homme pourrait finir sa vie non pas comme un être humain mûr, mais comme un fœtus usé. Adulte doté de la sagesse du monde et de compétences professionnelles mais embryonnaire dans l’esprit et même dans le caractère’.

Je ne vois pas...

C'est une citation assez difficile à identifier. Je peux te dévoiler que tu as parcouru ce bouquin, il y a longtemps... Il se pourrait même que ce soit le premier que tu aies véritablement lu...

Oh ! C'est ‘Time Must Have a Stop’ de A. Huxley ?

Exact !

D'accord. Justin aurait probablement deviné car il le relit tous les cinq ans...

Citation n° 5 :

‘The other song was a simple piece where Justin, Steven and Nick played in waltz time. I sang the words of an old, anonymous rhyme our grandmother used to narrate to us as children through a haze of cigarette smoke, called ‘There was a man of double deed’. And it was whilst recording this that Justin spontaneously played an accompanying guitar part in the style of a mandolin. It came quite naturally to him and we thought it added a nice touch.’

‘L’autre chanson était un morceau simple où Justin, Steven et Nick jouaient au rythme d’une valse. J’ai chanté les paroles d’une vieille comptine anonyme que notre grand-mère nous racontait quand nous étions enfants à travers une brume de fumée de cigarette, intitulée ‘There was a man of double deed’. Et c'est pendant l'enregistrement que Justin a spontanément joué un accompagnement à la guitare qui sonnait comme une mandoline. Ça lui est venu tout naturellement et nous avons pensé que cela rehaussait le morceau.’

Facile ! C'est moi qui ai écrit ce texte ! Il est extrait de la biographie du groupe, que je rédige en ce moment, et dont je publie des extraits sur notre site web.  

Et ma question est : vas-tu publier cette biographie sous la forme d'un livre ?

Je pense que oui. Ce projet a déjà suscité un certain intérêt de la part des éditeurs, mais je dois d'abord l’écrire. Je ne sais pas encore si j'arrêterai l'historique à la fin des années 80. Ce sont probablement les premières années du groupe qui sont les plus intéressantes.

Ce qui est incroyable, c'est le niveau de détail dans les souvenirs que tu as de l'époque !

Je tenais un journal. Et je peux aussi compter sur Justin et Steven Burrows, notre premier bassiste ; ils ont tous deux une bien meilleure mémoire que moi !

Citation n° 6 :

‘The next instant, I saw her rain-stained tombstonerear an illegible epitaph
under the gnarled branch of a small tree in the wild grass of an unvisited garden in Mexico.’

‘L'instant suivant, je vis sa pierre tombale tachée de pluie à côté d'une épitaphe illisible sous la branche noueuse d'un petit arbre dans l'herbe sauvage d'un jardin non-visité à Mexico.’

C'est le poème ‘A Dream Record’ d'Allen Ginsberg ! Il l’a écrit à la suite d’un rêve qu'il avait fait à propos de Joan, la femme de William Burroughs. C'est un poème que je récite sur l'album de Catherine Ginsb... euh Gainsbourg...

Qu'est-ce que tu as dit ? ‘Gainsbourg’ ?

Je voulais dire ‘Graindorge’, évidemment (rires) !

Catherine va aimer ça (rires).

C'est pour l'album de Catherine Graindorge, “Songs For The Dead”. Je participe à 2 ou 3 chansons, comme chanteur et auteur.

Si je ne me trompe, il s’agit de “Eurydice”, “Orpheus's Head” et “Time Is Broken”.

J'aime beaucoup les albums de Catherine. C’était un bonheur de travailler en sa compagnie. Je n'ai pas encore eu l'occasion de réécouter le ‘produit fini’ mais, en studio, il sonnait vraiment bien. L'enregistrement était vraiment très amusant. Il s’est déroulé à Gand.

Oui ! Au studio La Patrie, de Koen Gisen, le compagnon d'An Pierlé !

Ah tu les connais ?

Oui ! Je suis allé chez eux pour réaliser une interview, il y a quelques années.

J'ai rencontré An là-bas pour la première fois. C'est une artiste incroyable. Elle m'a filé des CD de sa discographie et je lui ai envoyé des albums des Trees.

Tu dois absolument écouter son elpee “Arches”.

Elle m'en a filé cinq, mais je ne connais pas les titres par cœur. Il faut encore que j'écoute. Mais j’aime beaucoup “White Velvet”. J'ai eu un véritable coup de cœur. J'aime la musique pop quand elle est de cette qualité.

Oui ! Ce disque est merveilleux également. Mais tu vas avoir une surprise en écoutant “Arches”. Personnellement, c'est son meilleur album. Tu comprendras pourquoi en l’écoutant. Je n'en dirai pas plus...

Citation n° 7 :

‘Meet beneath the autumn lake
Where only echoes penetrate
Walk through Polaroids of the past
Futures fused like shattered glass, the sun’s so low
Turns our silhouettes to gold...’

Se voir près du lac automnal
Où seuls les échos se font entendre
Marcher dans les polaroïds du passé
Futures fusionnées comme du verre brisé, le soleil si bas
Transforme nos silhouettes en or...’

C'est Ultravox !

Juste ! Et quel morceau ?

“Hiroshima Mon Amour”.

Bravo ! Sais-tu que le titre est tiré d'un roman français ?

Ah non... lequel ?

‘Hiroshima Mon Amour’ de Marguerite Duras.

C'est étrange car cette chanson d'Ultravox, nous avions envisagé de la reprendre, à l'époque...

Quelle belle coïncidence ! J'ai tapé dans le mille (rires) ! C'est étrange car elle est à 90% électronique. Comment comptiez-vous l'adapter à votre style, qui est plutôt acoustique ?

On a tenté quelques essais et puis, à un certain moment, j’ai jugé qu'il fallait que ce soit un hommage réussi, qui rende justice à cette magnifique composition. Finalement, on a laissé tomber. Mais j'adore vraiment ce morceau !

Sais-tu que j'ai interviewé John Foxx ? L'as-tu déjà rencontré ?

Non.

Oh, c'est un homme incroyable. Un véritable gentleman ! On a envie de l'appeler ‘Sir’... (rires)

Pendant l'interview, je lui ai soumis une de mes théories. J'estime en effet que “Hiroshima...” est la première chanson new-wave orientée synthés de l'histoire.

Oh !

Bien sûr, auparavant, on ne peut oublier Kraftwerk, ce sont des pionniers, et ils n’appartiennent à aucun mouvement. Cependant, au début de la new-wave, en Angleterre, Gary Numan a composé “Are Friends Electric ?”, mais il a avoué qu'il s'était largement inspiré d'Ultravox.

Ultravox était aussi un groupe punk.

Au début, oui.

Justin et moi, nous écoutions en boucle les deux premiers albums d'Ultravox. Et puis, bien sûr, Ultravox est devenu le groupe de Midge Ure.

Oui, mais avant Midge Ure, un 3ème long playing est paru en 1978, “Systems of Romance”.

Ah, celui-là, je ne le connais pas.

C'est un opus très important. La formation y a développé le côté hybride ‘synthé’ évoqué dans “Hiroshima Mon Amour”. Elle s’est éloignée du post-punk pour créer ce style de new-wave synthétique et un an plus tard, Gary Numan a sorti “Are Friends” et est devenu numéro 1.

Dans ce contexte, on devrait probablement aussi mentionner les Young Marble Giants.

Effectivement ? Ne sont-ils pas apparus un peu plus tard ?

Oui, c'est possible.

Simon, merci beaucoup pour cette interview !

Merci à toi : c'est toujours très 'fun' !

Pour écouter et acheter le dernier album d'And Also The Trees, “Mother-of-Pearl Moon”, c'est .

Pour en savoir davantage sur AATT cliquez sur le nom du groupe dans le cadre ‘Informations complémentaires’.

(Photo : Christophe Dehousse)

 

 

Slowdive

Comme à l’issue d’une séance de méditation transcendantale…

Écrit par

Si le rock indé est à nouveau en pleine effervescence depuis le début du siècle, il le doit en grande partie aux mouvements shoegaze et dream pop, courants qui semblent attirer une toute nouvelle génération de disciples. Et pour cause, les concerts des formations du style, de première génération (les 90’s) et celles de la seconde (depuis + ou - 2015), séduisent un public de plus en plus jeune. Ainsi, ce dimanche 26 mai, pour applaudir Slowdive, il est carrément intergénérationnel, réunissant pré-ados, leurs parents et parfois même leurs grands-parents. Impressionnant ! Et ce soir, il y a du peuple dans la salle. Il y a même du monde au balcon !

Fondé en 1989, le groupe britannique s’est reformé en 2015 et a gravé depuis, deux elpees, un éponyme en 2017 et « Everything is alive », l’an dernier. Ce dernier davantage infusé d’électronique. De quoi inquiéter les plus anciens aficionados qui craignaient l’évaporation de l’instrumentation organique, sur les planches. Ce ne sera pas le cas…

Bonne nouvelle, le supporting act est assuré par Pale Blue Eyes, un trio drivé par un couple ; en l’occurrence le chanteur/compositeur/guitariste Matthew Board et la drummeuse, Lucy ; le line up impliquant également le bassiste Aubrey Simpson, et en tournée, le claviériste/guitariste John Gooding. Deux long playings à l’actif du band : « Souvenirs », en 2022, et « This house », l’année suivante. Des œuvres plutôt douloureuses, dont les textes traitent du chagrin à la suite de la perte d’êtres chers.

Et pourtant, sur scène, les musicos respirent la joie de vivre. Physiquement et vocalement Matthew me fait un peu penser à Martin Phillipps des Chills.  

Le set s’ouvre par « Take me over », un morceau dont l’explosion d’énergie est déjà bien maitrisée. Le son est d’excellent facture et les balances impeccables. La dextérité d’Aubrey sur ses cordes de basse, qu’il palpe de ses doigts, est spectaculaire. Les compos se distinguent par de bonnes accroches mélodiques. Si au début de « Sister », long titre qui clôt la prestation, le spectre de New Order se met à planer, progressivement l’expression sonore se transforme en transe psychédélique réminiscente de Spiritualized. Franchement, on assiste rarement à des premières parties de ce calibre… (Lien page Artistes Pale Blue Eyes)

(Photos Ludovic Vandeweghe ici)

Setlist :

Takes Me Over, TV Flicker, Spaces, Dr Pong, Motionless, Our History, Chelsea, Sister

Une bande préenregistrée diffuse le « Deep Blues Day » de Brian Eno pendant que les musiciens s’installent. Coiffé d’une casquette de base-ball, le chanteur/guitariste Neil Halstead s’installe à l’extrême droite, et l’autre sixcordiste, Christian Savill, à l’extrême gauche. Vêtue d’une robe noire légèrement bouffante dans le bas, la chanteuse Rachel Goswell se plante devant un clavier. On dirait Alice au pays des merveilles à l’âge adulte. Mais souriante, elle a conservé son visage d’enfant. De temps à autre, elle empoigne une guitare flambant neuve de couleur… noire, donc assortie à sa tenue. Et tout a long du spectacle, comme bercée par la musique, elle se balance nonchalamment…

Le concert s’ouvre par « Shanty », le premier morceau du nouvel elpee, « Everything Is Alive ». La lente impulsion électronique se répand un peu comme chez New Order, puis des vagues de sonorités de guitares commence à prendre leur envol, un envol qui se reproduit sur « Star roving » et le panoramique « Catch the breeze ».

Plus atmosphérique, « Skin in the game » nous plonge dans une certaine forme de léthargie. Certains spectateurs ferment les yeux et leurs esprits embrumés se mettent à planer.   

« Crazy for You » s’ébroue au sein d’un même climat. Les guitares entrent en dialogue, et enfin de parcours le morceau prend une nouvelle envolée.

Cosmique, « Souvlaki Space Station » nous propulse au cœur d’un univers floydien, alors que traversés de fumée, les faisceaux lumineux ressemblent à des colonnes de marbre blanc. Et lorsque les lumières stroboscopiques se déclenchent, les mouvements des musicos se décomposent…

Les oscillations de grattes chatoyantes propagées tout au long de « Sugar for the Pill » reflètent les impressions mélancoliques d’un Durutti Column. « Kisses » réverbère des échos empruntés au « Disintegration » de The Cure.

Plus noisy, « When the Sun Hits » alterne moments paisibles et bien percutants. Et le concert s’achève par « 40 days », une remarquable compo aux sonorités de guitares brimbalantes.

Pour le premier titre du rappel, « Chained to a cloud », le bassiste est passé aux claviers. On entre alors dans une ambiance ‘cathédralesque’.

A remarquer que tout au long du concert, Nick Chaplin n’arrête pas de déambuler sur l’estrade, à contrario des autres musiciens, plutôt stoïques ; et quand il se sert de la basse, il la tient à hauteur des genoux, un peu à la manière de Paul Simonon, chez The Clash.

On épinglera encore les échanges de voix entre Rachel, plus éthérée et fluette, et celle de Neil, bien timbrée, même si le volume sonore élevé ne permettait pas toujours de bien saisir ces nuances.

Si la setlist a alterné ancien et nouveau répertoire, le set s’achève par la reprise du « Goden hair » de Syd Barrett. Une forme d’hommage rendu à un artiste que les membres de Slowdive ont toujours admiré. Une version remarquable, respectueuse de la mélodie originale, mais qui sous un format shoegaze sert de lancement à un final tonifié par les percus alors tribales de Simon Scott ; et bien sûr, que l’intensité électrique sublime…

Les musiciens remercient la foule, pendant que les baffles crachent un nouveau titre de Brian Eno, « An Ending (Ascent) ».

En quittant la salle, la foule semblait particulièrement sereine, comme si comblée, elle venait de participer à une séance de méditation transcendantale…  

(Photos Ludovic Vandenweghe )

Setlist :

Deep Blue Day (Brian Eno song), Shanty, Star Roving, Catch the Breeze, Skin in the game, Crazy for You, Souvlaki Space Station, Sugar for the Pill, Slomo, Kisses, Alison, When the Sun Hits, 40 Days

Rappel :

Chained to a cloud, Dagger, Golden Hair (Syd Barrett cover), Song played from tape : An Ending (Ascent) (Brian Eno song)

(Organisation : Aéronef Lille)

 

 

 

St. Vincent

Sortir de sa zone de confort…

Écrit par

Nouvel album pour Annie Clark alias St. Vincent, artiste américaine surdouée qui en à peine plus de quinze ans en a déjà sorti six, sans compter celui réalisé en partenariat avec David Byrne, l'un de ses héros. Jouant à saute-mouton entre rock alternatif, jazz et électronique, la touche-à-tout de génie qui multiplie les collaborations (Gorillaz, Bon Iver pour n'en citer que deux) a, pour enregistrer cet opus, reçu le concours de Dave Grohl et Cate Le Bon. Cependant, ce disque ne doit cependant rien à personne puisqu'elle l'a produit en personne. Et s’il s’intitule « All Born Screaming », elle ne s'égosille pas et y joue à merveille de ses cordes… notamment vocales…

Recomposant son personnage à chaque fois, St. Vincent parvient également à se réinventer musicalement, oscillant pour la circonstance d'une électro industrielle vénéneuse à la Nine Inch Nails (« Reckless ») a un reggae-ska vintage (« So Many Planets »), en passant par du Peter Gabriel période « So » (« Big Time Nothing ») et un « Sweetest Fruit » qui résonne comme un écho à sa collaboration avec l'ancien leader de Talking Heads.

Un album coloré, mais, au départ, pas forcément lumineux...

« Violent Times », « Hell Is Near » et « Big time Nothing » sont des chansons très pessimistes...

Si la première moitié de l'album évoque en effet une vie difficile, le disque poursuit en s'achevant sur un mantra extatique, à savoir que nous sommes tous nés en criant (NDR : « All Born Screaming », le dixième et dernier morceau) que la vie est courte, mais qu’il n’existe qu’une seule raison qui vaille : faire des choses par amour. Ce n'est pas un album pessimiste, mais plutôt un voyage vers la lumière.

« So Many Planets » adopte un profil plutôt reggae. Pourquoi avoir abordé ce genre musical ?

J'étais obsédée par les productions de Lee Scratch Perry et King Tubby ; par ailleurs, je suis devenue accroc aux Specials et à la deuxième vague de ska de la fin des 70’s, en Angleterre.

Pour cette compo, j’envisageais un ska de la deuxième vague, voire un faux dub (elle sourit) ?

« Sweetest fruit » évoque certains albums solos de David Byrne ?

C'est l'un de mes musiciens favoris et l'une des personnes que je préfère.  Mais je me référais plutôt à la pop nigériane ; et plus particulièrement à Roselia, un quintet féminin nippon qui mêle pop japonaise et style gothique ou au reggaeton ; mais David possède en effet un ADN musical similaire…

Ce genre de collaboration, initiée par le passé avec l'ancien leader des Talking Heads, est-il essentiel pour votre créativité ?

Toujours. Ce type de coopération m'oblige à sortir de ma zone de confort. Il s'agit de projets que vous n'initieriez pas seul. Son avantage, c’est qu’il provoque une étincelle entre deux ou plusieurs personnes afin de donner naissance à une création originale. Tout ce qui me met au défi en tant que musicienne ou m'attire, me permet d'apprendre.

« Reckless » évoque Trent Reznor et Nine Inch Nails...

 J'adore Nine Inch Nails ainsi que Trent et j'apprécie le travail de production de Flood sur les albums de NIN. 

« Broken Man » bénéficie de la participation de Dave Grohl des Foo Fighters. Te plairait-il de rejoindre Them Crooked Vultures que Josh Homme du Queens of The Stone Age et Dave Grohl avaient formé avec John Paul Jones de Led Zeppelin ?

J'aime ces deux mecs. Et j'ai la chance de pouvoir affirmer que Josh et Dave sont mes amis. Par ailleurs, je suis fan de leur musique. S’ils cherchent à fonder un nouveau supergroupe, ils peuvent m'appeler (rires) !

Vous étiez également une grande fan de Soundgarden. Pourriez-vous, un jour, reprendre un de ses titres ou mieux encore enregistrer en compagnie des membres survivants de la formation, après le décès du chanteur Chris Cornell ?

Lorsque j'ai invité on amie Cater le Bon, qui a participé aux sessions de l’album, à écouter « Broken Man », pour la première fois - morceau sur lequel figure ce cri, à la fin - Cate m'a simplement regardée et a clamé à son tour : ‘Jésus-Christ !’. Et nous avons éclaté de rire... En effet, ce cri final adresse sans doute un petit clin d'œil à Chris Cornell… (elle rit)

Ce titre se réfère-t-il ton père et son séjour en prison, purgé il y a quelques années ?

Non, il nous arrive tous d'être brisés dans la vie. Il ne concerne que ma propre expérience.

Mais sur « Daddy's Home », paru sur votre elpee précédent, vous faisiez allusion à l’épisode d’incarcération de votre paternel, en 2010. Aurait-il eu un impact sur votre carrière musicale ?

Ma musique reflète mon parcours de vie et ce qui s'y passe à certains moments. Sur « Daddy's home », je jouais avec mon personnage et à l’aide de la musique que j'aime ; celle du début des années 1970, à New York : Stevie Wonder, Steely Dan... Celle que mon père m'a fait écouter. En quelque sorte, j’ai voulu approfondir cette partie de mon éducation musicale en réincarnant mon père tout en me consolant grâce à cette exploration de cette musique.

Était-il libérateur de produire ce nouvel opus, vous-même ?

C'est à la fois libérateur et en même temps se révèle plus compliqué que l’on imagine. Vous passez sans cesse du statut d'interprète à celui de producteur, tout en conservant une vue d'ensemble. Un peu comme un cameraman qui passerait son temps à zoomer dézoomer ; mais c'était nécessaire parce qu'il y a certains endroits où musicalement je ne me serais pas risquée si je n'y étais pas allée seule.

Quels sont vos modèles de vocalistes ?

J’en apprécie tellement que je ne suis pas certaine d'être inspirée par l'une ou l'autre en particulier ; j'ai juste appris à utiliser ma propre voix et à expérimenter ce dont elle est capable. Mais j'adore Élisabeth Fraser, Ella Fitzgerald, Tori Amos, David Bowie, David Byrne... et la liste des interprètes est encore longue…

Mais je ne me suis jamais vraiment considérée comme une chanteuse. J'ai appris à utiliser ma voix à la manière d'un autre instrument, comme une guitare par exemple. Mais évidemment, la voix est bien plus intime parce qu'elle vous appartient ; il s'agit de votre musculature, de votre ADN, de votre physique. Elle sort de votre être grâce à des muscles qui ressemblent à une... chatte, un sexe féminin (rires). Sans blague !

Je m'en suis rendu compte en allant consulter un phoniatre, afin de contrôler mes cordes vocales. Elles sont en bon état. Lorsque le médecin m'a montré le cliché, je me suis exclamé : ‘Oh, mon Dieu, c'est un cliché pornographique (rires) !’

St. Vincent « All Born Screaming » (Virgin) – date de parution 26 avril 2024

En concert à De Roma (Anvers) le 4 juin 2024

 

 

Perpetual Void

Still alive (single)

Écrit par

Originaire de Glasgow, Perpetual Void est le projet de l'auteur/compositeur/guitariste, Graeme Gray.

Son shoegaze/dream pop dépeint des paysages sonores éthérés et empreints de sensibilité.

Il a gravé deux albums à ce jour.  « The white room », en 2022 et « inter in orbit », en 2024.

Chargé de réverbération, son nouveau single, « Still Alive, est imprimé sur une batterie programmée qui s’appuie sur des riffs de guitare luxuriants alors que la voix mélancolique de Graeme se met à planer…

Perpetual Void crée un autre monde au sein duquel vous vous sentez seul mais jamais solitaire.

« Still alive » est en écoute ici 

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Blushing

Sugarcoat

Écrit par

Issu d’Austin, Blushing vient de graver son troisième opus. Pour l’enregistrer, il a reçu le concours des ingénieurs duson Elliott Frazier (Ringo Deathstar) et Mark Gardener (Ride) pour assurer les tâches de mixage et de mastering.

Tout au long de « Sugarcoat » la formation texane puise son inspiration dans la quintessence du shoegaze classique des 90’s, sans jamais sombrer dans le revivalisme. Une expression sonore dynamique, dense et subtilement travaillée passant sans effort, mais avec panache, d'un psychédélisme spatial à de la jangle pop à travers des sonorités de guitares aériennes, chargée se reverb’, et des harmonies vocales éthérées.

Le titre éponyme de l’elpee est en écoute ici 

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A Deeper Heaven

Future fear (Ep)

Écrit par

A Deeper Heaven, c’est le projet de Marc Wheeler. Auteur, compositeur, interprète et multi-instrumentiste, il est originaire de Salt Lake City, dans l’Utah.

« Future Fear » constitue son second Ep deux titres. Il fait suite à « Don’t say » et « Fire », parus l’an dernier.

L’artiste adore autant la vague des eighties (Echo & The Bunnymen, New Order, The Cure, Suede, The Smiths), que le shoegaze, aussi bien des nineties (Ride, Adorable, Catherine Wheel, Slowdive, etc.) que contemporain (Wild Nothing, Beach Fossils, DIIV, Film School, The Haunted Youth, etc.)

Et c’est en puisant le suc de ces références qu’il crée une musique douce-amère, susceptible de vous entraîner au cœur d’un univers empreint de nostalgie…

« Future fear » est en écoute ici

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Van Houten

The tallest room

Écrit par

« The Tallest Room » constitue le second long playing de Van Houten. Il fait suite à un éponyme paru en 2019.

Faite de hauts et de bas, l’aventure du combo compte quand même, déjà, sept années d’existence.

Fusionnant lo-fi, shoegaze et rock garage, la musique du sextet est fortement imprégnée des nineties. Paradoxalement mélancolique et optimiste, elle libère une énergie intense.

À propos de l’elpee, Van Houten déclare : ‘Cet album est le premier véritable jalon de notre parcours musical. Pour nous, il représente un nouveau départ en tant que groupe et pour moi personnellement. Au cours des deux dernières années, pendant que nous écrivions, j'ai vécu des changements importants dans ma vie qui ont vraiment changé ma vision des choses et ils se reflètent naturellement dans notre musique...’

Extrait de cet LP, « Note to self » est en écoute

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Spindrift

Roving

Écrit par

Spindrift est originaire de Santa Maria en Californie. Intitulé « Rove », son premier elpee navigue quelque part entre grunge et shoegaze. La formation avoue même être fan de Smashing Pumpkins

Par définition, Spindrift est la brume qui s'échappe d'une vague, mais cet opus semble issu de la plume d’un compositeur qui a l'impression de se noyer dans l'anxiété.

Extrait de « Tweelve years », le titre maître est en écoute

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