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Les synthés analogiques de Franck Marchal…

Une belle échappée pour Franck Marchal du groupe Batz ! Il publie le 24 juin 2024 un Ep 6 titres, « Maeltrom Metronomy » qui témoigne de son amour pour les synthés vintage et les ambiances électro cinématographiques. Le maxi « Maelstrom Metronomy » est une…

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Dernier concert - festival

Kim Wilde - 11/04/2024
Acid Mothers Temple - Mag...
Didier Deroissart

Didier Deroissart

mercredi, 05 juin 2024 19:48

On n’a pas vu les 90 minutes passer

Fondée en 1993, dans l’Ontario, sous le patronyme Pezz avant de se rebaptiser Billy Talent en 1999, la formation canadienne est parvenue à s’imposer comme une valeur sûre du rock alternatif, construisant son succès autour de titres puissants tels que « Red Flag » ou encore « Fallen Leaves ». A son actif, sept elpees studio, dont le dernier « Crisis of Faith », paru en 2022, célébrait un retour aux sources. Son dernier album, « Live at Festhalle Frankfurt » est, comme son titre l’indique, un disque immortalisé en public.

Le concert est sold out, et c’est Wargasm qui assure le supporting act.

Né en 2019, ce duo anglais est surtout connu pour son mélange unique et dynamique de punk, de metal et d’électronique. Réunissant Milkie Way et Sam Matlock, il a rapidement attiré l’attention grâce son énergie brute et explosive libérée sur les planches et ses paroles percutantes. Sa musique est souvent décrite comme intense et provocante, alors que les paroles des compos traitent de la politique, de la société et de la mentalité des jeunes.

Les haut-parleurs crachent un collage de « Loveshack » des B-52's et « Before I Forget » de Slipknot. De quoi déjà mettre l’ambiance dans la fosse. D’autant plus que le couple est vêtu comme s’il allait à la plage. Elle porte un microshort et un haut de bikini de couleur noire et lui, un short hawaïen à fleurs. Ils sont accompagnés d’un scratcheur/claviériste/percussionniste (il frappe, de temps à autre, impétueusement sur une grosse caisse), d’un batteur et d’un bassiste.

Le concert s’ouvre par le titre éponyme du second album, « Venon ». La chorégraphie du duo –qui déménage beaucoup sur le podium– est sémillante et plaisante. Une belle interactivité s’opère entre les musicos et un public devenu chaud-boulette ; et votre serviteur l’est tout autant...

Un set puissant et électrique que vous pourrez (re)voir dans le cadre des Lokerse feesten… (Page ‘Artistes’ consacrée à Wargasm ici)

(Pour le reportage photos signé Romain Ballez, c’est )

Setlist : « Venon », « Fukstar », « Rage All Over », « Bang Ya Head », « Feral », « Pyro Pyro », « Feral », « Modern Love », « Bang Ya Head », « D.R.I.L.D.O », « Spit », « Do It So Good ».

Place ensuite à Billy Talent. Divisée en 4 parties, une grande toile a été tendue en arrière-plan. Tout au long du show, des vidéos y seront projetées. Perché sur une estrade, le drummer est entouré d’une imposante rampe d’éclairage.

A l’instar de la plupart de ses spectacles, « Devil in a Midnight Mass » entame les hostilités. Dès que les cordes de Ian D'Sa se mettent à vibrer, on attrape la chair de poule. Il ne faut pas très longtemps pour que les gobelets (réutilisables) de bière, volent aux quatre coins de la fosse, déclarant officiellement le premier mosh pit. Et ils se multiplieront tout au long de la soirée. Tout comme les pogos et round circles…

Si les Canadiens étaient peut-être conscients que leur discographie est gravée dans la mémoire du public, Benjamin Kowalewicz –bien qu’infatigable– n’a jamais demandé ni imploré d’interaction. Il a préféré ne pas perdre de temps en interprétant le plus de morceaux possibles. Après environ une demi-heure, « Rusted From the Rain » a véritablement dynamisé le set en rapprochant le band de la foule. Caractérisé par une solide attitude rock'n'roll, le leader connait ses classiques punk/rock très old school, par chœur. Puissant, « End of Me » nous replonge une dizaine d’années en arrière. Et le détonnant « Surprise Surprise » pète littéralement des flammes. Les fans transforment chaque chanson en hymne. Intense, « Viking Death March » constitue un autre moment fort du concert.

On n’a pas vu les 90 minutes passer. Et c’est l’hymnique « Red Flag » qui clôture une prestation qui vous rebooste pour la semaine…

(Pour le reportage photos signé Romain Ballez, c’est ici)

Setlist : « Devil in a Midnight Mass », « This Suffering », « I Beg To Differ (This Will Get Better) », « Afraid Of Heights », « The Ex », « River Below », « Pins And Needles », « Rusted From The Rain », « Try Honesty », « Surrender », « Saint Veronika », « End Of Me », « Diamond On A Landmine », « Reckless Paradise », « Surprise Surprise », « Fallen Leaves », « Devil On My Shoulder », « Viking Death March », « Red Flag ».

(Organisqtion : Live Nation)

 

mardi, 11 juin 2024 19:13

Cape Forestier

Originaire de Newport, dans la banlieue de Sydney, en Australie, la fratrie Angus et Julia Stone est enfin de retour.

Ensemble, en tant que musiciens, producteurs et auteurs-compositeurs, ils forment les deux moitiés d'un groupe musical dont les paroles et les sons révèlent un amour pur et authentique pour la musique et un talent pour raconter de belles histoires. Des histoires qui les ont emmenés aux quatre coins du monde.

Sixième album d’Angus et Julia, « Cape Forestier » fait à nouveau vibrer la fibre sensible d’un auditeur averti et amoureux de superbes arrangements et des mélodies classieuses déjà rencontrées sur la plage d’entrée, « Losing You ».

La fratrie renoue avec ses racines folk et les thèmes abordés à ses débuts. On y retrouve ainsi les sonorités acoustiques aux lignes épurées aussi bien que les textes empreints de poésie et de légèreté qui ont fait le succès du duo. Le titre « Cape Forestier » se réfère à un chalutier appartenant à un ami et il est dédié à leurs parents et grands-parents, qui comme tous les marins et les pêcheurs, sont partis en pleine mer sans savoir ce qui les attendait. La nature et l’amour ont toujours été des thèmes récurrents dans les chansons du duo aussi. « Down To The Sea », « My Little Anchor » ou « No Boat No Aeroplane » mettent le cap sur l’océan immense et mystérieux.

Angus avait 16 ans quand il a écrit « No Boat No Aeroplane ». Paradoxalement, c’est probablement la chanson la plus réussie de l’opus. Une autre résurgence du passé. Tout au long du single « The Wedding Song », joué maintes fois en live (pour avoir assisté à de nombreuses repises aux concerts de la paire, votre serviteur confirme), les cuivres s’éclatent et poursuivent la voix enjôleuse de Julia.

Sorte de retour aux sources, « Cape Forestier » se distingue également par la qualité des arrangements qui subliment l’ensemble, signe d’une maturité acquise au fil des années dans leur carrière solo. Mais la magie n’opère que lorsqu’ils sont réunis. L’harmonie conjuguée par les deux voix sur « Losing You » est susceptible de faire fondre les cœurs, tel un glaçon au soleil. Il fallait l’oser : reprendre le classique de Bob Dylan « I Want You ». Angus y souffle dans son harmo ; et on tombe sous le charme. « The Wonder Of You », bien que très court, sert de conclusion. Parfaite, elle démontre, par un ensemble de cordes, la beauté de leur musique.

Prenez la mer sans hésitation avec pour seul ami ce « Cape Forestier » et débarquez sur une ile déserte. Un pur délice !

Né en 2016, Dusk Of Delusion réunit des transfuges de formations lorraines (AkromA, Forsaken World, La Horde, Elvaron et RedLine) autour d’une volonté commune de squatter les planches d’une scène en y proposant une musique burnée et énergique et surtout mélodique dans les riffs de 6 cordes.

Rapidement, après avoir écumé les premiers concerts (dont la première partie de Blazing War Machine avec Franky Costanza), Dusk of Delusion sort son premier opus intitulé « (F)unfair ». Pour le second, « Watch Your 6 », l'histoire avec un grand ‘H’ constitue un élément clé et son univers. Elle nous emmène sur les chemins de la première guerre mondiale et nous raconte des histoires de vies de soldats, de civils, d'hommes ou de femmes, français, anglais, allemands ou russes, qui racontent leur expérience du conflit et les sentiments qui les traversent. Après avoir exploré le passé, lors de ses précédentes productions, Dusk of Delusion nous propulse, tout au long de « COrollarian RObotic SYStem [CO.RO.SYS], dans le futur. Sous un titre bizarre se cache un nouveau concept album dont l’univers a été imaginé et travaillé dans les moindres détails.

Le concept s’appuie sur une nouvelle de science-fiction, écrite spécialement pour l’occasion et incluse dans sa version physique. « CO.RO.SYS » se projette dans les années 2050. Après une vague de guerre civile en Europe, la firme russe COROSYS met sur le marché des robots organiques anthropomorphes (les corollaires). Au départ conçus pour être des soldats, ces corollaires vont bientôt devenir des assistants personnels que chacun peut acheter pour le remplacer dans les diverses tâches de la vie quotidienne. Petit à petit les corollaires vont même être recrutés pour occuper des métiers délaissés par les humains de cette nouvelle société : serveur, ripeur, prostituée.

Après une intro émise sous forme de flash info venue de l’année 2077 faisant un point sur la situation bien malheureuse du monde, « Shadow Workers » met en scène, dans un bar du centre-ville, une serveuse robot à l’apparence humaine, prise au piège d’un travail monotone. Il s’agit d’une ‘corollaire’ fabriquée par l’entreprise russe COROSYS. Ce robot enchaîne ses journées et ses nuits dans l’arrière-boutique dudit bar. Sur ce titre, la formation livre un metal à la fois puissant et mélodique, au refrain entêtant et empreint de mélancolie. On entend l’influence d’Avenged Sevenfold voire de Bullet For My Valentine, pour les sonorités de guitares, qui prennent ensuite un virage prog voire blues/rock. Une mise en bouche qui nous met en appétit. Pour « The Snap », il y a un couac, les corollaires rencontrent un bug important et certains androïdes mutent en meurtriers. L’être humain est reconnu comme une menace et doit être éliminé. Le band y enrichit un son électro dynamique. Sur « £1ONH€4RT_B4$T4RD », le band nous balance un son électro/indus, en y incluant un chant particulièrement mélodique. « Tinplate Soldiers » offre une parfaite illustration sonore du passé militaire de cette armée de soldats robotiques. Pour « Legal Slaves », la voix est évidemment robotisée. Le combo varie les ambiances tout au long du disque, tel « Market Street » et son atmosphère dark metal traversée par une intervention inattendue au saxophone. « The Hatred Confession » s’ouvre par une voix féminine soutenue par une autre, mais orientale. Servies par un refrain punk rock, elles sont appuyées par des chœurs empruntés au metal symphonique.

« For The Flesh, Press Repeat » mêle metal et rock progressif, et l’opus s’achève par les screams désespérés de « Erotic Infusion ».

Chaque plage a son histoire et on en décèle 11 bien structurées. Les épisodes s’enchaînent naturellement comme la lecture d’un livre ou une bande dessinée passionnante…

Enfin, magnifique, l’artwork est signé par Le Chromatoriu.

 

Six ans après avoir publié son dernier album, « Comme De Niro », Madame Robert nous propose son second, « C’est pas Blanche-Neige ni Cendrillon » qui, on peut l’affirmer, sent le groove à plein nez !

Madame Robert aurait pu être le fraté ou le blaze (argot) d’une maison close à Pigalle, au cours de 50’s. Ou bien votre voisine d’appartement, peu aimable, qui vit avec ses 3 matous angoras ou encore celui d’un vieux professeur de math un peu retorse. « Madame Robert », c’est également une chanson de Nino Ferrer.

Madame Robert c’est encore le patronyme d’un groupe musical tout droit sorti d’un jukebox de ce troquet de quartier. Madame Robert, cette créature amicale, toute en rondeurs et en sourires aguicheurs, toujours accueillante derrière son bar et prête à en découdre à la première parole déplacée. Elle est la confidente des pochetrons et le soutien moral des estropiés du bonheur. Il était temps que quelqu’un rende hommage à cette héroïne du quotidien.

Le band est drivé par un fervent adepte d’un rock musclé, en l’occurrence le chanteur Reuno (Lofofora, Mudweiser). Il implique aussi le bassiste Stef Zen (ex-Parabellum, il milite toujours au sein du Harvest Blues Band), le sixcordiste Julien Mutis (Harvest Blues Band, lui aussi), la claviériste Léa Worms (elle accompagne généralement les chanteuses Gaëlle Buswel et Nina Attal) ainsi que le drummer Fabien Rault (Little Odetta). Bref un quintet parisien, formé en 2016, dont la musique agrège rock’n’roll, rhythm’n’blues, soul, chanson française et bonne humeur.  

Baptisée « Chez Madame Robert », la plage d’ouverture démarre sur les chapeaux de roues. Dans son troquet ou son pochtron, on est bien accueilli, à condition de laisser son cafard sous le paillasson. « Parisien » cultive l’autodérision et le second degré. C’est à l’image du combo : fun, décalé et sans prise de tête. Un rock nerveux, rétro, bien emballé et qui nous fait chaud aux mirettes. Reuno a souvent eu recours, dans ses projets parallèles, à sa voix de crooner, mais alors sans se frotter au rock métallique. Son timbre chaud à la Gainsbourg période sixties en est la plus belle démonstration sur « Presley ». Si « A Ciel Ouvert » lorgne vers la soul, « La fille du Dr Jekyll » véhicule des accents funky voire disco. Très 80’s, certainement ! « Toutarien » et « L’effet Pervers » sortent des sentiers battus pour emprunter ceux des Beatles. Stef est vraiment impérial sur ses quatre cordes, tout au long d’« Irresponsable » et de « Les Dancefloors ». Le long playing s’achève par « Le Dimanche », une compo toute en subtilités. Et la production est nickel !

En espérant que le groupe se produise bientôt, près de chez vous…

"Nouvelle Vague fête ses 20 ans d’existence et vient de sortir un album en février 2024 : « Should I stay or should I go ?» ! Sur ce nouvel elpee, on retrouve des tubes comme « Should I Stay Or Should I Go ? », « This Charming Man », « You Spin Me Round », « Rebel Yell ».

La vidéo du dernier single « Shout » (Feat. Bijou & Marine Quéméré) » est disponible

Nouvelle Vague ravira ses fans belges avec quatre nouvelles dates de concert après leur sold out au Cirque Royal du 30 mai 2024. Ils se produiront au Het Depot à Leuven le 19 novembre, au Trix à Anvers le 20 novembre, au Cactus à Bruges le 21 novembre et au Reflektor à Liège le 22 novembre. Ces dates promettent de captiver le public avec leur mélange unique de bossa nova et de new wave, offrant une expérience musicale inoubliable à travers la Belgique.

vendredi, 31 mai 2024 16:25

A vous glacer le sang…

Dans le cadre d’une tournée mondiale, Amenra se produit ces 30 et 31 mai 2024, à l’Ancienne Belgique. Les deux concerts sont sold out. Votre serviteur assite au second. Et la formation revient pour 3 nouvelles dates, dans la même salle, en mars 2025, preuve que leur succès ne fait que s’amplifier...

Plus rien ne semble arrêter la formation courtraisienne fondée en 1999 et construite autour du chanteur charismatique Colin H. Van Eeckhout.

Le line up implique également les guitariste Mathieu Vandekerckhove et Lennart Bossu, le drummer Bjorn Lebon ainsi que le bassiste Tim De Gieter.

Le combo pratique un post/doom puissant et intriguant à la fois. Raison pour laquelle, elle arpente, depuis plusieurs années déjà, les plus grandes scènes du monde entier, à la rencontre des adeptes de la Church Of Ra. Notoire pour l'intensité de ses performances live, le groupe entraîne à chaque fois son public dans un voyage musical étrange au cours duquel Colin et ses disciples exorcisent leurs démons. Dans leurs textes, ils abordent, pour thèmes, la douleur et la souffrance, mais aussi le droit d'oser regarder les choses en face. Chaque album est l'intégration d'un traumatisme. Ce qui explique la série d'albums baptisée « Mass », suivie, en 2021, par « De Doorn », un opus en explore les thèmes du deuil et du chagrin, marquant un tournant dans son évolution.

Doodseskader assure le supporting act. Il s’agit d’un duo belge réunissant le bassiste d’Amenra et guitariste d’Every Stranger Looks Like You, Tim De Gieter, et le drummer de The K., Sigfried Burroughs. Formé à Gand, en 2019. son sludge est teinté d'influences post hardcore, punk, heavy metal, hip hop et grunge. A son actif, deux elpees, « MMXX : Year Zero », paru en 2022, et « Year II ».

Une toile noire est tendue en arrière-plan sur laquelle des vidéos plus morbides les unes que les autres sont projetées, mais également les paroles des morceaux, comme lors d’un karaoké –et la foule ne se prive pas de les reprendre en chœur, laissant uniquement les ombres de cette section rythmique basse/batterie se profiler sur cet écran.

Baignant au sein d’un climat en clair-obscur permanent, cette prestation quoique sombre et percutante va se révéler unique en son genre et surtout superbe ! (Pour plus d’infos sur le groupe, voir page ‘Artistes’ ici)

Setlist : « Pastel Prison », « The Sheer Horror Of The Human Condition », « Bone Pipe », « I Ask With My Mouth, I'll Take With My Fist », « Innocence (An Offering) », « FLF », « People Have Poisoned My Mind To A Point Where I Can No Longer Function ».

Les rituels d'Amenra sont depuis longtemps universels et gagnent à chaque tournée des fidèles toujours plus nombreux, de Saint-Pétersbourg à Rio de Janeiro. Amenra en live, c'est une expérience à vivre au moins une fois dans sa vie, qui vous donnera envie de les revoir encore.

« Boden » la pièce d’entrée va durer pas loin de 20 minutes et les 15 premières minutes sont réservées au drummer qui fait tinter une cloche tibétaine. Puis, les deux guitares se mettent à vibrer avant que le reste de l’instrumentation ne rejoigne l’expression sonore et le morceau de s’achever en apothéose. On vient d’entrer dans l’univers d’Amenra.

« Razoreater » embraie sans transition. Les sixcordes libèrent tranquillement leurs sons monocordes, le batteur apporte les nuances et la basse se greffe à l'ensemble. Tout est parfait. Dos au public, Colin déclame son texte de manière un peu froide et impersonnelle, puis sa voix devient ‘screamée’. Mais il ne s’établit aune interactivité entre le band et l’auditoire. Tout semble figé et glacé. Même la musique. Et pas la peine d’espérer un pogo ou round circle. L'entrée furieuse des guitares, l'apocalyptique démesure de cette rythmique incendiaire et ce chant noyé sous le magma sonore ininterrompu, finit par vous glacer le sang… Amen(ra) ! Et pas la moindre respiration entre les 9 morceaux du concert !

Avant la Covid votre serviteur avait découvert Amenra lors d’un set acoustique de toute bonne facture. Ce soir, le contraste est saisissant. Malgré un début prometteur, la suite s’est révélée bien trop monocorde au goût de votre serviteur, et il est resté sur sa faim…

Setlist : « Boden », « Razoreater », « De Evenmens », « Plus près de toi -/ Het Gloren », « Heden », « Aorte-Ritual », « A Solitary Reign », « Diaken », « Terziele, Am Kreuz »

(Organisation : Ancienne Belgique + Live Nation)

vendredi, 26 avril 2024 16:18

Chacun y a trouvé son bonheur…

Sept ans après son retour gagnant, MC Solaar devrait publier, cette année, trois opus. Le premier, « Lueurs célestes », est sorti ce 15 mars, 11 pistes au fort potentiel dansant. Depuis « Sonotone », son tube paru en 2017, celui qui aime nous faire penser n’a plus peur de nous faire danser. D’ailleurs, quatre plages de ce long playing sont très susceptibles de vous flanquer des fourmis dans les jambes, et notamment le très ‘Dj Snake’ aux vibrations brésiliennes « Pierre-Feuille », le latino up tempo « Modernidad » ainsi qu’entre guitare et violon, le vitaminé « On Court » ...

MC Solaar est un des piliers et un des fondateurs du rap français. Un poète aussi. Chez Claude MC, rien ne se perd, surtout pas ses classiques (pensez à son méga hit « Qui sème le vent récolte le tempo »), et tout se transforme. Le concert est, bien entendu, sold out.

Lo Bailly assure le supporting act. Un Bruxellois qui a gravé son premier elpee, « Prosaïque », en 2023. Un disque produit par Lo Bailly et mixé par Staf Verbeeck (Selah Sue, BRNS, Hooverphonic).

Formé au journalisme et à la communication politique, il a rapidement consacré ses prédispositions rédactionnelles au service de la musique. Plume affutée, écriture acérée, l’artiste pose des mots sur ses émotions, en offrant une alternative à la chanson française. Digne héritier des poètes de la Beat Generation, cet adepte du ‘spoken word’ marche d’abord sur les traces de valeurs sûres comme Veence Hanao ou Scylla en remportant, comme eux, le concours ‘Du F. dans le Texte’, en 2021. Il a été autant influencé par le hip-hop et le rap français (MC Solaar, Fonky Family, IAM, 113, Oxmo Puccino) que le rock (The Doors, Pink Floyd, The Black Keys).

Pianiste autodidacte, il grimpe sur les planches en solitaire. Son ordinateur, ses ivoires et sa voix. C’est tout ! Son drummer (Toine Cnockaert) et son guitariste (Straz) sont absents. Outre les nouvelles compos, « N’aiment plus » et « Porcelaine », l’artiste va nous réserver des extraits de son album. Dont « Coléoptères », au cours duquel son récit d'anticipation est magnifié en piano-voix. Il demande d’allumer les lumières de la salle. Et en profite pour remercier l’auditoire et MC Solaar. En fin de parcours, son guitariste, présent dans la loge, le rejoint sur le podium, et ils achèvent le concert par « Ambulance » et « Porcelaine ». Une prestation à la fois singulière et intéressante. A suivre de près. (voir sa page ‘Artistes’ ici)

Setlist : « Prosaïque », « Amsterdam », N’Aimes Plus » « Maryline », « Coléoptères », « Ambulance », « Porcelaine ».

A 20h45 précises, toute la troupe débarque : un scratcheur/multi-instrumentiste qui s’installe derrière ses platines, un drummer perché sur une estrade, une jolie bassiste (dont les quelques interventions en ‘slap & tapping’ sont plutôt réussies), deux choristes particulièrement interactives et bien sûr, MC Solaar. En arrière-plan, une toile noire a été tendue, sur laquelle on distingue parfaitement le sigle du dernier album, en l’occurrence une énorme étoile lumineuse à 5 branches cerclée de blanc.

De « A Dix De Mes Disciples » à « Hasta la Vista », Solaar va enchaîner ses classiques comme « Les Temps changent », « Bouge De Là », « Caroline », mais également ses nouveaux morceaux très dansants, « Modernidad », « Ils Dansent » et « Pierre-Feuille ». Son flow est toujours aussi fluide, à l’instar de « Solaar pleure », qui en ‘live’, vous flanque des frissons partout.

Ses musicos nous réservent un interlude de 4 titres trempés dans le jazz. Ils se postent à l’avant du podium et assurent le show. Le batteur est impérial face à sa caisse claire et sa cymbale et caresse les peaux de ses sticks à balais. Le scratcher est passé à contrebasse et les choristes aux percus.

Pendant ce temps-là, MC Solaar est assis au milieu sur un siège et déclame sa prose. Très réceptif, le public, qui connaît les paroles, les reprend en chœur. Le drummer et le contrebassiste parviennent cependant à nous réserver de longs solos.

Mais le point d’orgue du concert est atteint lors de « Nouveau Western ». Pendant le second medley de quatre morceaux, se glisse la seule reprise de la soirée, le « All N My Grill » de Miss Elliot. Et « Solaar Pleure » couronne un set particulièrement endiablé…

26 titres, rappel y compris, il est incontestable qu’au cours de ce spectacle, au cours duquel un light show impressionnant privilégiait la couleur rouge, chacun y a trouvé son bonheur.  

MC Solaar revient dans le cadre du Festival des Libertés, 18 octobre au Théâtre National.

Setlist : « Intronisation », « À Dix De Mes Disciples », « Qui Sème Le Vent Récolte Le Tempo », « Séquelles », « Victime De La Mode », « Arkansas », « Bouge De Là, Part 1 », « Bouge De Là, Part 2 », « Caroline », « Clic Clic », « Da Vinci Claude », « In God We Trust », « Obsolète », »J.A.Z.Z, J'Connais Mon Rôle, Un Ange En danger, Lève-toi et rap », «  Dégâts Collatéraux », « Les Temps Changent », « Aiwa, Le bien, le mal, Paradisiaque, All N My Grill (Missy Elliott song) », « Modernidad », « Nouveau Western », « Sonotone », « Les Colonies », « Ils Dansent », « Inch'Allah », « Solaar Pleure ».

Rappel : « Pierre-Feuille », « Hasta La Vista »

Pour les photos, c’est

(Organisation : Backinthedayz + Ancienne Belgique)

On se dit que la voix est un vrai miroir de l’âme. Aussi y a-t-il de la mélancolie et du soleil, de l’assurance et de la douceur dans celle de la songwriteuse Joe Bel. Ce dimanche 19 mai 2024, la Lyonnaise vient défendre et son nouvel opus, à la Rotonde du Botanique.

Née d’une famille cosmopolite, Joe Bel grandit à travers ses expériences de voyages. A ce goût de la découverte se mêle celui de la musique qu’elle explore dès l’enfance : il y a un piano à la maison, les vinyles de Paul Mc McCartney, George Harrison, Otis Redding, ainsi que les chants traditionnels judéo-espagnols chers à sa famille, qui tournent en boucle. Instinctive et autodidacte, Joe fait ses tous premiers pas sur scène seule à la guitare en 2012 dans la ville natale : Lyon. C’est Asaf Avidan qui découvre son soul folk envoûtant et lui offre toutes les premières parties de sa tournée européenne, jusqu’à l’Olympia de Paris ! Depuis, elle a fait du chemin, et son dernier elpee –son second– « Family Tree » (arbre généalogique), est paru en mars dernier.

La petite salle à l’acoustique exceptionnelle est blindée. Et c’est Anwar qui assure le supporting act. Originaire de Forest, ce globe-trotteur atypique est un auteur-compositeur qui s’est construit à travers ses voyages, racontant ses histoires de tous les jours et celles de gens qu’il rencontre sur sa route. Sa musique navigue quelque part entre pop, folk, reggae et blues. A son actif, un album paru cette année, baptisé « Lights », au sein duquel il va puiser généreusement pour alimenter la setlist de ce concert, et un single, intitulé « Follow Me (Jamy Ben Rework) ».

Très chaleureux, Awar va dispenser un récital cool, cosy et de bonne facture, tout au long duquel la foule va se montrer attentive (voir sa page ‘Artistes’ ici).

Place ensuite à Joe Bel. Elle est vêtue d’un pantalon et d’une veste de couleur noire. Mais on la reconnaît surtout à sa chevelure rousse et à ses yeux marrons qui brillent sous les feux des projecteurs. 

Outre le micro, elle se consacre à la gratte semi-acoustique. Elle est accompagnée par un sixcordiste (excellent, par ailleurs) un bassiste (à la technique irréprochable) et son fidèle drummer (il est présent à ses côtés, sur les planches, depuis ses débuts).

Elle va nous proposer de larges extraits de son dernier long playing, dont les titres sont plutôt mélancoliques, mais également des compositions plus anciennes comme « In The Morning », « No, no » ou encore « Hit The Roads ». Le répertoire est varié et interprété, en général, dans la langue de Shakespeare. Dans celle de Molière, elle nous réserve, notamment, cette jolie ode à « Montréal » où Joe a enregistré et vécu un certain temps.

L’expression sonore s’autorise des incursions dans la bossa nova, la country et l'americana, mais également dans le rock, à l’instar de « What Lullaby », et dans le psychédélisme, lorsque le guitariste et le bassiste se mettent à torturer leurs cordes. Les clappements de mains des spectateurs battent la mesure tout au long de ce morceau, mais également de « In the morning. Elle n’oublie pas « Morenika » qu’elle chante en Ladino (NDR : un dérivé de vieil espagnol parlé au Moyen Age par ses ancêtres, parfois encore utilisé dans certains pays méditerranéens et couramment parlé par ses parents et ses grands-parents), tout en rendant hommage à ses racines latines.  

Joe déclare être ravie de revenir dans un des plus belles salles de la capitale bruxelloise. Elle nous parle que son plus grand fils, âgé de 12 ans, qui découvre les chansons signées par sa maman et notamment « No, no » qu’elle a écrit lorsqu’elle osait dire non à tout. Elle signale alors qu’il est difficile de fournir des explications à un gamin de 12 ans et qu’il comprendra un peu plus tard …

L’auditoire et l’artiste sont d’ailleurs très complices. Très agréables à découvrir, les morceaux sont caressés par son timbre de voix feutré.

Le drummer troque ses fûts contre un xylophone. C’est inattendu et la situation provoque l’hilarité dans l’hémicycle. En outre, la Grenobloise sort régulièrement de petites vannes afin d’entretenir l’interactivité

Au beau milieu d’une chanson, une dame s’écroule. Joe s’arrête de chanter et s’enquiert immédiatement de cette spectatrice et lui demande si elle a besoin d’eau ou d’autre chose. Joe s’excuse presque devant le public. Elle est vraiment bienveillante. A trois reprises, elle abandonne sa guitare pour s’installer derrière les ivoires. Et franchement, elle est aussi douée sur cet instrument que sur sa guitare.

Lors du rappel, Anwar la rejoint, pour exécuter un morceau en acoustique, à la sèche. Vivement le prochain concert annoncé pour cet automne !

(Organisation Botanique)

 

 

Une belle échappée pour Franck Marchal du groupe Batz ! Il publie le 24 juin 2024 un Ep 6 titres, « Maeltrom Metronomy » qui témoigne de son amour pour les synthés vintage et les ambiances électro cinématographiques.

Le maxi « Maelstrom Metronomy » est une plongée musicale organique et électronique aux climats évocateurs qui nous entraîne dans un monde futuriste aux accents dystopiques. Le projet contient six compositions qui mettent à l’honneur les synthétiseurs analogiques, le piano et les sons qui nous entourent. Enregistré entre la Bretagne et Paris, le disque solo du compositeur Franck Marchal se dévoile avec en premier single « Bot Sadness ». A l'heure où l'intelligence artificielle est de plus en plus incontournable, le morceau évoque un bot informatique doué de sentiment, capable de ressentir de la mélancolie.

Compositeur de musiques de films pour le cinéma, la pub et la télévision, Franck Marchal est également membre du groupe de musique électronique et de rock alternatif Batz (LP « Red Gold Rush » sorti en Octobre 2023). Au cours de son enfance, il a suivi une éducation musicale classique qui débute par l’apprentissage du piano. Il se passionne alors pour la composition et se met à explorer d’autres instruments. Imaginant de véritables paysages sonores, il mélange les textures en passant de l’orchestre symphonique aux synthétiseurs analogiques, dont il collectionne quelques spécimens. Il a travaillé avec de prestigieux orchestres, dont l’Orchestre Philarmonique de Monaco ou encore le London Symphony Orchestra. Ses influences sont multiples, parmi lesquelles on peut citer Vangelis, Nils Frahm, Depeche Mode, John Carpenter

Le clip de « Sade Madness » est à voir et écouter ici

 

vendredi, 31 mai 2024 17:12

Lorsque Komodor rencontre Moundrag…

Komodrag & The Mounodor est le fruit de la rencontre entre les formations bretonnes, Komodor et Moundrag.

Le premier contact s’est produit lors d’un set de Komodor. Les deux membres de Moundrag décident de rejoindre le groupe sur scène, à la fin de leur live, pour jouer ensemble quelques morceaux ; essentiellement des covers. Ils décident donc de continuer l’aventure en créant un collectif de rock endiablé, à mi-chemin entre CSNY (Crosby, Stills, Nash & Young), Jefferson Airplane et Grand Funk.

Le premier album de Komodrag & the Mounodor a été réalisé en Terre Sainte Finistérienne (Bretagne/France). C’est dans le studio ‘TAF Panoramix’ du bassiste/chanteur du band que les 7 mercenaires du rock ont posé leurs guêtres. Un pure produit home-made !

Les musiciens nous invitent à une virée entre rock progressif et heavy psychédélique, à l’aide de deux batteries, de guitares fuzz, d’un orgue Hammond et, évidemment, à l’aide d’amplis à lampes pour un projet à l’énergie 100% débordante.

« Green Fields Of Armorica » propose 8 titres oscillant de morceaux ‘classique rock’ tels que « Marie-France » aux ballades les plus mélancoliques, comme « It Could Be You ».

En concert au Hellfest Festival le 27 juin, aux Francofolies de la Rochelle le 11 juillet, au Festival des Vieilles Charrues le 14 juillet et au MaMA Festival en octobre 2024. Et la Belgique, .

« Ready For The Boogie » rend hommage à l'énergie des concerts live et adresse un clin d'œil à l'esprit originel du rock. Ce boogie endiablé digne d’un Little Richard révèle l'essence même du genre.

Retour dans les années 70, on croirait entendre Don Airey ou le défunt Jon Lord aux ivoires « Hammond » de l’époque du Deep Purple voire Slade dans toute sa splendeur…

Le clip de « Ready For The Boogie » est à voir et écouter ici

Et celui de « Stone In The Field »,

 

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