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Farfouiller dans la Pure Carrière…

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Ozvald

Des compos progressives, parfois, et nuancées, toujours…

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Ozvald se produisait ce samedi au People’s House de Dour, juste après Speaking Corner (voir compte-rendu ).

Si l’endroit n’offrait pas une acoustique digne de ce nom, les cinq membres du band ont fait fi de ces aléas sonores et ne se sont pas laissé impressionner le moindre du monde ! Au contraire, vu de la prestation magistrale qu’ils ont livrée…

A titre anecdotique, le patronyme du groupe n’a strictement rien à voir avec Lee Harvey Oswald, principal suspect de l'assassinat du Président américain John Fitzgerald Kennedy. L’origine serait plutôt l’attrait d’un personnage anticonformiste, complètement déjanté et épicurien. C’est dire l’esprit tourmenté !

Les chevilles ouvrières de cette formation (née en 2012) sont Giuseppe Petolillo (guitare et voix) et Stéphane Panozzo (guitare) qui l’a suivi de peu. Viendront ensuite s’adjoindre, au fil des rencontres, une poignée de gens talentueux : un batteur ‘quatre bras’ en la personne de Maxime Pasquini ; un bassiste, Fabrice Giacinto, remplacé depuis par Raymondo Tornabene ; une violoncelliste, Laurence Leclerq, remplacée, elle aussi, par la petite, mais très charmante Hélène Cambier.

Certains d’entre eux possèdent déjà une longue expérience musicale, à l’image d’un Petolillo qu’on a pu voir dans Al Dente, Rimbaut et Monsoon notamment ou encore d’un Tornabene qui a également participé à l’aventure d’Al Dente. D’autres sont multi-instrumentistes, comme Panozzo, batteur de formation ou encore Pasquini, claviériste génial chez Coverplay (groupe de covers consacrées à Coldplay).

Ces différentes origines donnent naissance à un mélange de plusieurs influences et de générations très ouvertes et éclectiques.

Alors âgé de quelques mois à peine, le groupe avait présenté un premier Ep le 8 février 2014 à la Chapelle de Mons. J’ai eu la chance d’assister à ce live et j’avais été stupéfait déjà du vent nouveau apporté.

A ce propos, on regrettera le nombre (volontairement) peu important des compositions figurant sur le support, même si effectivement les titres choisis suffisent à montrer l’originalité, l’étendue, la culture et le talent du groupe. Dont acte !

De prime abord, un concert d’Ozvald surprend. Stéphane semble étrangement possédé par une force démoniaque. Cheveux rouges, ses yeux son parfois révulsés. Giuseppe manifeste des inflexions proche d’un Bowie torturé, et tout particulièrement sur « The little guy with his pie ». Maxime martèle ses fûts de manière tentaculaire tout en libérant une énergie rarement atteinte, communiquant des beats métronomiques d’une précision spectaculaire, notamment sur « Highway to glory ». Le violon apporte quand à lui cette une dose lancinante, douce et mélancolique… humaine même. Je suis littéralement subjugué par la candeur et la fraîcheur avec laquelle cette jeune fille, si frêle, joue amoureusement de son instrument sur « Next time ». Enfin, le bassiste est sans doute le mois démonstratif de tous.

Le set d’environ 45 bonnes minutes a balayé un répertoire d’anciennes et nouvelles compositions. Tantôt douces, tantôt revêches, celles-ci sont progressives, parfois, et nuancées, toujours. Sans doute le résultat d’une étrange complexité sonore et de mysticisme à l’image des leaders.

Le visuel y était aussi. Les musicos se sont, à plusieurs reprises, échangés des sourires et regards complices synonymes de satisfaction, de bonheur et de soulagement. Au-delà du talent, c’est aussi la preuve d’un show intelligemment servi.

A l’issue du concert, très charismatiques, accessibles et d’une simplicité incroyable, Giuseppe et ses comparses se sont laissés envahir de questions de la part d’un public curieux d’un tel OVNI musical.

Si ces extra-terrestres ont manifestement pris du plaisir, les spectateurs présents dans la salle se sont littéralement délectés. L’applaudimètre ne trompe pas ! Pari gagné ! Chapeau bas M’ssieurs, dame !

Set List :

1°) The little guy with his pie
2°) Step in – step out
3°) Looney people
4°) Next time
5°) Empty space
6°) Upside down
7°) All is all behind
8°) Highway to glory
9°) Sunny day
10°) 10!
11°) Love is a game

(Organisation :  Xtrm Scandalous)

Les prochaines dates sont :

 

-Vend 10/04/15: La Louvière (@l'Annexe)
-Sam 02/05/15: Hautrage (@Canal 10 + support)
-Vend 22/05/15: Dour (@SkiaRockFest + support)
-Vend 29/05/15: Hem/Lille/Fr (@Salle des fêtes + support)
-Vend 03/07/15: La Louvière (@La Taverne du Théâtre)

Speaking Corner

A la recherche du coin des orateurs…

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Après avoir couvert le festival ProPulse pendant trois jours, votre serviteur est invité par le groupe Ozvald, à assister au concert qui se déroulera –selon Facebook– au café People's House, sur la Place de Dour. Le nom de la salle sonne très insulaire et rock'n'roll. L'adresse est introduite dans le GPS qui guide souvent mon chemin, lorsque la destination m’est inconnue. Arrivé au terme de mon parcours, je ne discerne pas de café au nom évocateur. Evidemment, la ville qui accueille le célèbre festival de rock alternatif compte trois places. Interpellation d'un indigène ! Il me répond : ‘Pas de café anglais à Dour. Pour les concerts, il faut attendre 5 mois et le festival’.

Suis mal barré ! Je décide donc de parquer mon véhicule. Après 5 minutes de recherche, je passe devant un café assez imposant. Je relève la tête et découvre l'enseigne ‘Maison du Peuple’. Le franc tombe et effectue le parallèle entre « People's House » et « La Casa del Populo ».

Le concert débute normalement à 20h00. Il est déjà 21h00. Pas grand monde dans l'établissement, mais je reconnais quelques têtes connues. Surprise, MusicZine est représenté en force. Trois reporters sont présents. Stéphane va se charger de la rédaction du compte-rendu d'Ozvald et Didier, du supporting act, c’est-à-dire Speaking Corner, qu'il découvre. Le troisième collaborateur est prêt à prendre la relève, en cas de défaillance. Une équipe soudée décidée à affronter le déluge sonore.

La salle est magnifique, immense, mais malheureusement elle ne se prête pas au déroulement de concerts rock. L'ingé-son va pourtant accomplir des miracles et faire tout son possible pour maîtriser la sonorisation.

Speaking Corner est un quintet. Fred se réserve le micro, Bob et Raf, les grattes, Fab la basse et Max les drums. Claudia, la chanteuse/choriste est absente. Le combo est issu du coin. On me signale que chanteur a participé à l'aventure du ‘Plan Langues’ de la RTBF. Son anglais est d’ailleurs parfait, même si ses textes sont également écrits dans la langue de Molière. Le band a publié un album au titre évocateur, « Prochaine Saison », chez Hats Records. Normalement, ils portent tous un chapeau. Je ne remarque la présence que d’un barbu coiffé d’une toque en peau de castor. D’après la bio, la formation écume les salles obscures de notre royaume depuis quelques années. Ils ont du vécu et de la technique ; ce qui se ressent dans leur musique.

« Despereado » ouvre le bal. La voix de Fred est grave et caverneuse. Elle aurait pu naître d’un croisement entre Ian Dury, Nick Cave, Léonard Cohen et feu Ian Curtis, chanteur de Joy Division. L'artiste a vécu une relation fusionnelle avec Annick Honoré, une Montoise que j'ai connue. Annick a malheureusement été emportée par le cancer…

Lorsque les textes sont exprimés en français, ils oscillent entre le slam et le débit déclamatoire, proche d’un Serge Gainsbourg. « Michel Pop » est un extrait du roman ‘La possibilité d'une île’ de Michel Houellebecq. On écoute les lyrics de ce morceau, religieusement. Plutôt rock, la musique est parfaitement adaptée et se prête bien à ces écrits. Jean-Louis Aubert interprète « Les Parages Du Vide » de Houellebecq. Quelle belle coïncidence ! « Sens Unique » est hanté par un Gainsbarre taillé dans le rock. Les guitares s’y réservent la part du lion. Il manque cependant une petite touche féminine pour adoucir l’ensemble. « Brand New Church » est un morceau que chante habituellement Claudia. Elle est supplée, pour la circonstance, par Fred. A cet instant, c’est le spectre de Léonard Cohen qui se met à planer. Paradoxalement, si les guitares peuvent se révéler incisives, c’est la section rythmique qui se charge de tempérer les vocalises du chanteur. L’obstacle principal vient de la taille de la salle. Trop grande ! Et pourtant, on peut affirmer que derrière la console, le responsable s’est coupé en quatre pour le franchir.

J’espère revoir Speaking Corner dans de meilleures conditions. Pour la review d’Ozvald, c’est ici.

(Organisation :  Xtrm Scandalous)

Snot

Snot revient au Hellfest, faites donc un nœud à votre mouchoir…

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Courtrai est ce vendredi le théâtre des opérations de la reformation de Snot, groupe-phare du Neo-Metal des années ’90. Alors qu’il était en pleine ascension, le groupe implose le 11 décembre 1998 suite au décès inopiné de son chanteur, Lynn Strait, victime d’un accident de voiture, alors qu’il se rendait au studio d’enregistrement. Après quelques timides reformations entre 2008 et 2013, le band annonce, en août 2014, qu’il est désormais bel et bien de retour et prêt à battre le plancher dès le mois de novembre, pour accomplir une tournée américaine. Une bonne mise en jambes pour cette soirée, coup de départ de celle programmée sur le Vieux Continent, de pas moins de trente dates. Un revival débordant d’énergie et de bonne humeur !

La petite salle courtraisienne ‘De Kreun’ est à peine à moitié pleine lorsque les Limbourgeois de Hell City montent sur les planches. Un backflag rouge et noir, à l’effigie du logo du groupe, tapisse l’arrière-plan. Couleurs retrouvées également sur les membres du groupe aux vêtements noirs déchirés çà et là par de grosses griffes et laissant apparaître une chair rouge mise à nu. Six ans que le groupe propose un Heavy Metal assez pêchu. Mené par la sexy Michelle Nivelle, dont la voix est particulièrement puissante, le quintet va puiser, pendant une demi-heure, au sein de ses deux albums et tenter d’entraîner, tant bien que mal, l’auditoire. Tantôt enfourchant son pied de micro orné d’un ‘Hell City’ en lettres métalliques, tantôt arpentant la scène de droite à gauche, Michelle cherche à motiver le public, l’invite à frapper dans les mains ; mais… sans grand succès. Une passivité non méritée et certainement due à un parterre qui s’est essentiellement déplacé pour la tête d’affiche. Ce band devrait néanmoins encore faire parler de lui… A suivre. (Photos ici)

Le temps pour Hell City de prendre une photo souvenir et leur backflag est débarrassé afin de faire place à celui des Américains de Snot, frappé d’une femme légèrement drapée, à la poitrine généreuse et entourée de feuilles de cannabis. Deux structures arborant une toile tendue sont disposées à gauche et à droite de l’estrade, affichant un ‘Fuck the Record‘ et un ‘Fuck the People’ en lettres taguées. Un peu de fumée se répand sur la scène et l’espace est maintenant fin prêt à recevoir ce combo alors considéré de référence, il y a déjà quinze ans, sur la scène Neo-Metal américaine. Le setlist de ce soir est d’avance connue : le premier LP, « Get Some », sera intégralement joué. Mikey Doling, fondateur du groupe, agrippe sa guitare (NDR : sur laquelle est appliqué un autocollant ‘Dime’, en hommage à Dimebag Darell, feu le guitariste légendaire de Pantera) et appuie sur sa pédale wah-wah pour répercuter les premiers riffs du titre éponyme, « Snot ». La salle est à présent bien remplie et l’absence de barrières de sécurité permet une symbiose plus qu’appréciable entre les spectateurs et les musicos. Peu importe de se produire face à un public réduit, les artistes sont heureux d’être là et communiquent allègrement leur bonne humeur. Carl Bensley, chanteur recruté en octobre dernier pour succéder au défunt Lynn Strait, alterne entre hurlements, chuchotements et rap tout en faisant virevolter ses dreadlocks dans les airs. A ses côtés, John Fahnestock (aussi surnommé Tumor…) s’acharne frénétiquement sur sa basse, le regard possédé et perdu dans un univers inaccessible, peut-être atteint grâce à la consommation de certaines substances… Un feu intérieur également partagé par Sonny Mayo et Jamie Miller, respectivement second gratteur et batteur de la formation.

‘Je suis vraiment content de commencer cette tournée en Belgique, je sais que vous êtes un public formidable…’, lance Mikey. Faut-il en effet encore rappeler qu’il a rejoint, il y a quelques années maintenant, la reformation de Channel Zero, véritable emblème du Metal en Belgique ? Mikey ne manque d’ailleurs pas de remercier les membres de Channel Zero pour leur présence en coulisses et demande une salve d’applaudissement et de cris en mémoire de Phil Baheux, batteur du band belge décédé prématurément en août 2013, suite à un AVC. Les titres se succèdent et l’ambiance dans la fosse ne cesse de monter. A défaut de pouvoir atterrir sur l’estrade –manque de place– les stage-divers sont portés à bout de bras aux quatre coins de la salle. Une tension qui va crescendo, alimentée par la distribution de gobelets au public ; Mikey Doling les remplissant d’une généreuse rasade de Jack Daniels. Autant l’alcool que la joie d’être sur place se partagent ce soir. Et ce, certainement encore un peu plus pour ce grand fan qui est invité par le fondateur du groupe à monter sur l’estrade, à s’emparer de sa gratte et y jouer quelques riffs. A voir le regard autant émerveillé que stupéfait de ce spectateur, ce moment risque de rester gravé pendant un bout de temps dans sa mémoire. Alors que la fin du morceau « My Balls » est censée siffler la fin de la récréation, Mikey Doling invite Franky De Smet-Van Damme, frontman de Channel Zero, à le rejoindre sur le podium. Les artistes discutent brièvement entre eux, Franky prend un micro et… les premières notes de « Suck My Energy », un des tubes du groupe belge, envahit les lieux ! Cette énième salve de notes finit par électriser un public définitivement convaincu, qui ne résiste pas à s’époumoner en compagnie du chanteur. Carl Bensley rallie la troupe à la fin du morceau, tous deux hurlant ensemble le dernier refrain. Les artistes s’étreignent sous les applaudissements et le show se clôture par « Absent », seul morceau ne figurant pas sur l’opus « Get Some ». Incroyable, mais c’est déjà fini. Un moment trop vite passé, une bulle temporelle où une centaine de personnes ont bien pris leur pied, ensemble.

Personne ne sait vraiment si Snot repassera par la Belgique, mais ils est néanmoins programmé ce 21 juin prochain en France, dans le cadre du Hellfest. A ne point manquer si vous êtes dans les parages, ce jour là ! Et pour ne pas oublier la date, faites un nœud à votre mouchoir…(Photos )

(Organisation : Alcatraz clubshows)

Epica

Il a fallu ôter l’épicarpe, avant de pouvoir savourer l’orange…

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Une affiche particulièrement mélodique attend les fans de Metal, ce dimanche soir à l’Ancienne Belgique. Diablo Blvd, groupe belge en pleine ascension, est appelé à préparer une montée en puissance, … activée par le sens hypermélodique de DragonForce avant un aboutissement en apothéose, sous les nappes harmonieuses et vocales d’Epica. Une soirée haute en couleurs.

Même si le concert de ce soir est annoncé sold out, la foule massée devant l’Ancienne Belgique est néanmoins impressionnante. Illusoire de penser pouvoir y pénétrer directement ; il faut sagement patienter sous la pluie, au milieu d’une file, majoritairement de noir vêtue. Plutôt embêtant quand on sait que le premier groupe de la soirée passe un quart d’heure après l’ouverture des portes.

C’est donc sans un passage par les vestiaires, qui aurait pourtant été salutaire afin de se débarrasser quelque peu, que votre serviteur débarque dans une salle aux trois-quarts remplie. Et pour cause, Diablo Blvd, flèche montante belge de la scène Heavy Metal, entame les hostilités de ce dimanche soir par « Fear is for the Enemy ». Il y a déjà pas mal de monde pour accueillir ces Anversois, surnommés les ‘Volbeat belges’. Outre leur talent avéré, Diablo Blvd bénéficie d’un atout de poids : la popularité de son chanteur. Habitué de la scène, Alex Agnew revêt également le costume d’humoriste, quand il n’est pas entouré de son band. ‘Qui est néerlandophone ici ? Qui est francophone ? On s’en fout de toute façon, on est aime tous la même musique’, lance-t-il à la foule. Il ne manque en effet jamais de faire savoir son attachement à une Belgique unie, peu importe son public. Fort de trois albums studios, Diablo Blvd profite de ses 30 minutes de set pour enchaîner ses hits, de « Builders of Empires » à « Saint of Killers » en passant par « Beyond the Veil » et « Rise Like Lions », single gravé fin de l’année dernière. Gros succès ce soir, annonciateur d’une popularité qui n’ira que grandissante. Ce n’est pas pour rien que le combo a signé chez le label Nuclear Blast, en octobre dernier. Eh oui, rien que ça. On risque donc encore d’entendre parler d’eux à l’avenir ou je n’y comprends plus rien. « Black Heart Bleed » clôture le set ; et Alex, particulièrement en forme, termine le morceau a capella, aidé chaleureusement par l’auditoire dans la fosse. (Photos ici)

La soirée se poursuit au cœur des mélodies teintées de Metal par les Anglais de Dragonforce. Amis du Power Metal rapide et de branlettes de manche (de guitares, rassurez-vous), vous êtes servis ! Les premières notes de « Fury of the Storm » retentissent à peine que l’impressionnant Herman Li, guitariste de la formation, attaque son premier solo. Des dizaines d’autres suivront lors de cette prestation proche d’une heure. Exceptionnellement long pour une formation qui sert de supporting act, même si elle n’était pas renseignée comme telle, mais bien comme ‘exceptional guest’. Un détail qui a son importance. Très vite Herman est rejoint par le second gratteur du band, Sam Totman. La paire mimera une compétition tout au long du show, prenant le public à parti, afin de savoir lequel des deux joue le mieux. Les artistes se mettront également dos-à-dos de temps à autre, s’envolant dans des soli de frettes aiguës à n’en plus finir. Quel bonheur de voir des musiciens jouer si vite avec une telle aisance ! Presque la moitié de la prestation est issue de leur nouveau long playing, « Maximum Overload », paru l’été dernier. Les fans du groupe semblent conquis. DragonForce constitue cependant peut-être une découverte quelque peu surprenante pour les inconditionnels d’Epica qui n’ont pas l’habitude d’ouvrir leur horizon musical. Petit clin d’œil lorsque le chanteur, Marc Hudson, adresse deux expressions en néerlandais au public, sûrement suite à un défi lancé par le frontman de Diablo Blvd. Vu l’hilarité de l’auditoire, les phrases revêtent un caractère humoristique. Mais Hudson a au préalable précisé ne pas comprendre ce qu’il disait. Il n’était pas le seul, moi non plus. Un seul bémol : Dragonforce n’a pas inclus dans sa setlit la reprise de Johnny Cash, « Ring of Fire ». Ce morceau, issu de son dernier opus, a suscité bon nombre de critiques, majoritairement négatives, lors de sa sortie l’année dernière. Le groupe s’est défendu en le proposant ‘live’ sous une forme particulièrement bien interprétée. J’aurais voulu pouvoir en juger par moi-même ce soir-là… Peut-être une prochaine fois ? (Photos )

Le temps d’accrocher un énorme drapeau à l’effigie du dernier album d’Epica, « The Quantum Enigma », et d’installer ça et là des projecteurs que la salle est plongée dans le noir. Les projos s’allument et des faisceaux dans les tons mauves éclairent le podium. Une introduction épique de chants féminins mêlés à des violons emplit l’espace sonore. Le batteur est le premier à s’emparer de son instrument, suivi de près du claviériste, des guitaristes et du bassiste. C’est sous une ovation générale que la formation orange débute le set par « The Second Stone ». Apparaît enfin Simone Simons, chanteuse soprano du band. Nouvelle acclamation et c’est parti pour 90 minutes de show ultra mélodique. Première constatation : la voix de la chanteuse est étouffée et on parvient difficilement à l’entendre. Il faudra attendre le troisième morceau, « Unleashed », avant qu’elle ne puisse prendre toute son amplitude. Heureusement ! Et elle est magnifique. Les Néerlandais vont piocher dans les sept elpees de leur discographie, remontant donc ainsi jusqu’à douze ans en arrière quand ils attaquent « Cry for the Moon », titre issu du premier LP, « The Phantom Agony ». ‘C’est pour nous un rêve de jouer ici ce soir, et ça, c’est uniquement grâce à vous’, balance la vocaliste à son public, visiblement sous le charme. Autre moment d’émotion palpable lorsque Mark Jannssen (préposé à la guitare et aux backing vocaux) dédie « Martyr of the Free Word » au cinéaste néerlandais Theo Van Gogh, assassiné en 2004 pour avoir critiqué des dérives de l’Islam dans l’un de ses films. Bien que laissant apparaître de temps à autre, quelques signes de fatigue, dernière date de cette tournée européenne oblige, le sextuor va délivrer un set intense qui marie adroitement périodes calmes et moments plus agités. Dommage que les chœurs préenregistrés viennent parfois ‘cadenasser’ les morceaux, éliminant toute improvisation ou prise de distance par rapport aux originaux. Non pas un mais trois titres viendront combler, en guise de rappel, la salle sold out bruxelloise. C’est donc sur les dernières notes de « Consign to Oblivion » qu’Epica est rejoint sur scène par DragonForce et DiabloBlvd, les artistes se prenant chaleureusement dans les bras afin de profiter, ensemble, du point final de cette tournée de douze shows. (Photos ici)

Vous les avez ratés ? Plus d’excuses, DragonForce et Epica reviennent cet été au Graspop Metal Meeting !

(Organisation Live Nation + AB)

Brigitte

Brigitte ou BB ?

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Le concert est sold out. Nécessaire donc de débarquer plus tôt pour se procurer une bonne place. Pas de problème. Il est 18h30, j’arrive dans les premiers. Je remarque la présence de familles qui ont amené de jeunes enfants. Et je les félicite de permettre à leur progéniture de faire découvrir de tels spectacles et ainsi d’initier nos petites tête blondes, à la culture.

Il y a un peu plus de deux ans que j'ai vu les Brigitte en concert. Le supporting act est assuré par Chat, un duo réunissant Charlène Juarez au chant et aux synthétiseurs ainsi que Joseph aka Céline à la gratte acoustique et également aux claviers. Teintée d’une pointe d’électro judicieuse, leur musique mêle variété, pop et rock et est interprétée dans la langue de Voltaire. Chat a publié un album en 2009, « Folie douce » et un Ep, « Le coeur », en 2013.

Le set de Chat s’ouvre par « Let Me Go » ; mais si le titre est en anglais, les textes sont exprimés en français. « American Boy » est un hit décroché par la chanteuse britannique Estelle Swaray et le rappeur/producteur américain Kanye West. En duo. Il remonte à 2008. Le titre a été composé par Will.i.am des Black Eyed Peas. Il reprend le sample du morceau « Impatient » sur l'album « Songs About Girls » de Will.i.am. La version est adaptée en français. Ce qui aurait dû changer de l'originale, mais y ressemble très fort. Pas assez percutante à mon goût. Et le couple d’achever sa prestation par « I Love You ». Un spectacle agréable, un peu court (25’), mais sans plus ; en outre, un peu gâché par la brouhaha de la foule dans la fosse.

Changement de matos, avant d’accueillir la tête d’affiche.

Les Brigitte, ce sont deux nanas sexy qui ont la classe. Un duo qui réunit Aurélie Saada et Sylvie Hoarau. Leur premier album, « Et vous, tu m'aimes ? », est sorti en 2011. Il recèle les singles « Battez-vous », « La Vengeance D'une Louve » et « Oh La La ». L’elpee est devenu double disque de platine et leur a permis d’être récompensées aux Victoires de la Musique. L’année suivante, paraît le deuxième LP. Baptisé « Encore », y figurent « Allumez le feu », une chanson qu’Obispo avait refilée à Halliday, et une adaptation du « I Want Your Sex » de George Michael, très explicite. Un disque qui se consacre essentiellement à des reprises…

Printemps 2014, elles créent la surprise en lançant l"Elaboratoire Tour", une tournée de 11 concerts intimistes où elles présentent en avant-première, au public, quelques-unes des chansons du nouvel opus. Le rendez-vous partagé est réussi. Brigitte affiche complet sur chacune des dates. En automne, paraît leur nouveau long playing tant attendu, « A bouche que veux-tu », et elles reprennent la route pour accomplir une nouvelle tournée qui passait donc l’AB ce 31 janvier 2015. Pour y défendre leur dernier essai, publié en novembre dernier, « A bouche que tu veux »…

Lors de leur dernier périple, que ce soit au Botanique, au Cirque Royal ou pour les festivals, le décor était plutôt champêtre. Les chèvres ont été remplacées par une panthère, un tigre et un flamand rose. Le cadre est donc devenu tropical et sauvage. Les deux félines sont plutôt farouches et sensuelles dans leurs longues robes noires pailletées, fendues du côté droit jusqu'à l'aine, et ouvertes dans le dos, en forme de coeur. Elles sont le fruit de la création d'Alexis Mabille.

Il est 21h00 tapantes. Un petit coup de torche électrique du podium vers la table de mixage et les lumières de la salle s’éteignent, la musique d'ambiance s'interrompt et la toile tendue sur la scène tombe. Une silhouette féminine se glisse et vient se planter devant le micro central. Les rampes de spots illuminent cette silhouette qui se dédouble. Les filles attaquent « L'échappée Belle », le morceau d'ouverture du nouvel opus, « À Bouche Que Veux-Tu ». « Oh Charlie Chéri » est certainement dédié au drame qui a secoué Paris, il y a peu de temps. La chorégraphie est empreinte d'une grande sensualité. Les filles se contorsionnent, les corps se rapprochent et la fusion est totale. Différentes, les deux voix semblent adopter la formule de question/réponse. Les applaudissements fusent. Le public est chaud et l'accueil est chaleureux. Et elles en sont parfaitement conscientes. Les musicos du backing group sont discrets mais efficaces. Tout particulièrement la section rythmique basse/batterie. Parfois, le set s’emballe et devient plus électro et surtout dansant. Les paroles de « Coeur De Chewing Gum » jouent sur la métaphore : ‘Moi j'ai le coeur comme du chewing-gum, tu me goûtes et je te colle’. « Embrassez Vous » est une invitation que je cautionne. « Je Veux Un Enfant » : ici le message est clair. J'adhère. Et quand on passe à « À Bouche Que Veux-Tu », le délire dans la fosse est total. « Ma Benz » est une reprise de Supreme NTM. Elle est revisitée et même différente de leur version proposée lorsque j’ai vu ces 'Belles Dames', la dernière fois. Mon voisin de droite est aux anges. Il me signale pourtant qu'il adore le rock. Je lui réponds, qu’on y est en plein dedans. De temps à autre, elles empoignent soit une guitare, soit un autre instrument pour le bonheur des fans agglutinés devant l’estrade. Où il doit faire particulièrement chaud. Didier est bien installé au balcon. Confortablement assis, il savoure le spectacle. Après le très hot, « La Vengeance d'Une Louve », la setlist embraie par « Le Déclin », « Les Filles Ne Pleurent Pas », « J'Sais Pas », « La Poudrière », « Plurielle » et « Jésus Sex Symbol », avant de terminer par « Hier Encore ». Et au cours du premier ‘Encore’, elles vont nous réserver « Battez-Vous ». Acclamations nourries.

Elles accordent un second rappel pour y chanter « Oh La La », a capella. C'est déjà fini, le show est passé trop rapidement. Démonstratif, le public était à point et les Brigitte semblaient vraiment enchantées de l’accueil reçu.

(Organisation : Ancienne Belgique et Nada Booking)

Lambchop

Lambchop plays ‘Nixon’ : de l’anesthésie à l’emballement…

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Ce soir, l’AB est en configuration Théâtre. Donc, le spectateur est confortablement installé dans un fauteuil pour assister au concert. Pas sold out, mais presque. En supporting act, un jeune groupe issu du Nord du pays : Little Dots. Egalement un résident de l'Ancienne Belgique. Ou un chouchou de l’institution, selon. Depuis quelques années, il est de bon ton pour un artiste, de reprendre en ‘live’, et dans son intégralité, l’album qui a marqué sa carrière. Pour Lambchop, un combo issu de Nashville qui compte aujourd’hui 21 ans d’existence, il s’agit de « Nixon », paru en 2000. Un choix posé par le frontman du groupe, Kurt Wagner. Lors de sa sortie, cet elpee avait fait un véritable tabac en Europe –certains magazines dont Uncut l’avaient même qualifié d'album de l'année– alors que l'Amérique boudait ce petit chef-d'oeuvre. En outre, la formation est particulièrement populaire à Londres. Le NME et The Guardian sont d’ailleurs particulièrement élogieux à leur égard. D’ailleurs, ce spectacle ne sera exécuté qu’à deux endroits : devant nous et au prestigieux Barbican Centre de la capitale britannique. Un show qui rend également hommage à Mark Trovillion, ex-bassiste de Lambchop, décédé en 2014, à l'âge de 56 ans. Lambchop avait déjà opéré ce type d’exercice de style, en 2010, au Cirque Royal, dans le cadre du festival 'Autumn Falls’, mais pour « Is A Woman », un long playing paru en 2002.

The Little Dots assure donc la première partie. Vu la quantité d'instruments dispersés sur les planches, j’imaginais la présence de nombreux musicos sur le podium. Ce n’est pas le cas ; il s’agit d’un trio gantois drivé par l’ex-choriste de Lady Linn, Sophia Ammann. Plutôt jolie, elle possède une voix d’Ange et circonstanciellement, se consacre à la gratte. Elle est soutenue par le muti-instrumentiste Tom Callens (claviers, clarinette basse, etc.) et le guitariste Pablo Casella. A leur actif, un album intitulé « A Clear Running Stream », bien reçu par la critique musicale issue du Nord du pays. Mais guère notoire au Sud.

Le trio est à l'aise sur les planches et le courant passe immédiatement entre les trois artistes et le public. Little Dots entame son set par « Getting Out ». Réunissant essentiellement des quadras et des quinquas, l’auditoire est attentif. Silencieux même. La voix douce et limpide de la jolie Sophia rassure. Et devient saccadée tout au long de « Spin The Wheel », une compo légèrement jazzyfiante. Généreux, les claviers soutiennent parfaitement le chant. En général, un supporting act est destiné à chauffer la foule, afin de mettre la tête d’affiche dans les conditions idéales pour sa prestation. Little Dots propose une musique paisible, feutrée, qui si elle se prête bien à la configuration cosy des lieux, baigne plutôt au sein d’un climat intimiste. Et « Mirror Of Everyone » ainsi que « In A Silent Way » en sont deux belles illustrations. Sophie est passée à la gratte acoustique pour « Lost », avant le dernier morceau, « Cold Wind », interprété à trois voix. De quoi vous flanquer des frissons partout. Malgré le laps de temps relativement court (30’) qui lui a été imparti, je dois avouer que le set du combo s’est avéré plus que convaincant. Bref, ma soirée est déjà réussie…

Après un petit interlude sonore, Kurt Wagner monte sur l’estrade pour régler ses grattes. Agé de 56 balais, le leader de Lambchop est coiffé d’une casquette de basketteur. Il se plante à droite du podium ; ce qui n’empêchera pas les spots de se focaliser sur cet artiste tout au long du concert. Il est soutenu par un backing group. Tout d’abord par Tony Crow, préposé au piano à queue et aux claviers. Très souriant, il s’installe légèrement en retrait. Matt Swanson se charge de la basse et Scott Martin, des drums. Ce dernier se place à l’extrême gauche. Enfin, les cuivres sont assurés par Matt Glassmeyer alors que Ryan Norris va jongler entre les synthés et la guitare. Le décor est planté. Lambchop n’a plus qu’à attaquer l’album, dans l’ordre des morceaux de l’opus. Je ne connais pas trop bien ce groupe. L’annonce de l’AB parlait d’americana. J’en avais donc conclu qu’il s’agissait d’une formation country dont les musiciens se servent d’une pedal steel, d’un banjo, d’un violon et autres instruments spécifiques. Pas du tout ! Lambchop est sans doute considéré comme combo de country ; mais ce soir, il n’en sera guère question.

Le drummer mène la danse. Kurt a plutôt une voix de crooner que celle d'un cow-boy. Au fil du set, elle devient même soporifique. L’expression sonore oscille entre le jazz, la soul et le folk. Les musiciens sont des pros et cela se ressent. L’ordre du tracklisting est respecté. Sans interruption, ni interlude. Un ennui certain commence à m’envahir. Pourtant, l’auditoire semble absorbé et applaudit chaleureusement.

« Nixon » a été joué dans son intégralité. Le boulot est terminé. Place à la détente. Tony plaisante. Il s’adresse à Kurt en parlant de sexe et de nanas. Ce dernier le rappelle à l’ordre et lui rappelle que le concert n’est pas encore arrivé à son terme. Et je dois avouer que c’est à partir de cet instant que je vais me réveiller. La cover du « Give Me Your Love » de Curtis Mayfield et « My Face Your Ass », extrait de l’album « Thriller », paru en 1997 (NDR : pas celui de Michael Jackson !), me bottent particulièrement. Tout comme « If  Not I'll Just Die », le morceau d’ouverture de l’album « Mr M », gravé en 2012. En finale, Tony refait le pitre et nous interprète « Gone Tomorrow ». Kurt revient à nouveau sur l’estrade pour attaquer une version magistrale et épatante du « Young Americans » de Bowie.

Curieux, la pièce centrale, en l’occurrence l’interprétation de l’album « Nixon », m’a littéralement cassé les pieds (ou anesthésié les oreilles). A contrario, la fin de parcours m’a vraiment emballée. Lambchop est un excellent groupe, ce n’est plus à démontrer. Mais je me demande s’il est bien judicieux de polariser tout un spectacle sur un album particulier. La concentration y est extrême ; ce qui nuit à l’interactivité entre les musicos et l’auditoire. On a d’ailleurs pu le constater en fin de parcours, lorsque les membres du band ont commencé à se libérer…

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

Roger Hodgson

Une pluie de classiques...

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Roger Hodgson et Rick Davies étaient les leaders de Supertramp, une formation responsable d’une dizaine d’albums (NDR : dont les incontournables « Crime of the century » et « Even in the quietest moments ») de rock dit progressif ; et puis de tubes encore diffusés aujourd’hui en radio, comme « Give a little bit », « Dreamer », « The logical song », « Take the long way home » et bien d’autres. Aussi, le retour de Roger Hodgson constitue toujours un évènement particulier, surtout quand il se produit au Cirque Royal. L'artiste est très apprécié par le public belge et il lui rend bien, en ‘live’. En supporting act, Natalia Doco est sortie de sa pampa argentine pour chauffer l’auditoire.

Natalia Doco est née à Buenos Aires, capitale de l'Argentine. A 21 ans, elle quitte son pays et parcourt le Mexique de long en large. Il y a un peu plus de deux ans, elle décide de tout plaquer et débarque à Paris, pour y vivre. En se servant de sa voix et de sa gratte. Elle apprend la langue de Molière. Elle est repérée par Serge Sabahi, un véritable découvreur de talents. Le courant passe immédiatement et une grande complicité s’établit entre Natalia, Serge et Jérémy Fréro, mais surtout avec Flo De La Vega. Une petite soirée romantique et ils ne se quittent plus. Au début, elle adapte des chansons d'Amy Winehouse, de John Lennon, d'Asaf Avidan et de Bob Marley. Puis, elle décide d’écrire ses propres compos. Interprétées en espagnol ou en anglais. Elle publie alors son premier elpee, « Mucho Chino », quelle interprète tour à tour dans la langue de Cervantès, Shakespeare ou Molière. Jacques Ehrhart, qui a produit « Chambre avec vue » d'Henry Salvador, « Sac des filles » de Camille et « Navega » de Mayra Andrade, se charge de la mise en forme. Natalia ne renie pas ses origines ni sa famille ; car son père était guitariste mais également fan de Led Zeppelin et de Chavela Vargas.

Ce soir, notre belle latino est seule sur les planches uniquement armée de sa six cordes acoustique. Quelques lampes sont allumées et accrochées au plafond. Le décor est planté. Et il est simple. Le Cirque Royal est sold out. Il est 18h00. Une heure inhabituellement avancée pour y assister à un spectacle.  

Il n’est pas évident d’assurer une première partie, surtout face à un public averti et exigeant. Mais Natalia a suffisamment de talent pour le séduire. Sa beauté naturelle. Son sourire ravageur. Son toucher de guitare. Aussi précis qu’efficace. Et puis surtout une voix tour à tour limpide, puissante, caressante, enfantine ou sensuelle. De quoi vous réchauffer le cœur.

Après être montée sur l’estrade, Natalia Doco signale qu'elle a discuté avec Roger et qu'il est sympa. Fou rire général. D’autant que son accent hispanique provoque une bonne humeur contagieuse. Le son est excellent. Faut dire que la salle s'y prête facilement. Dès la première chanson, le public se laisse entraîner dans l’univers empreint de charme et de fraîcheur de l’artiste. Et au fil du show, il l’applaudit de plus en plus chaleureusement. Elle dédie une chanson d’amour à son compagnon de route Flo, en espagnol, parsemé de quelques ‘Je t'aime’ en français. Elle adapte le « Je me suis fait tout petit » de Brassens. On n’entend pas une mouche voler. Et termine son set par un « Mucho Chino » magistral. Suffisant pour satisfaire un public qui a la nette impression d’avoir assisté au concert d’un grand talent en devenir…

Roger Hodgson aime venir en Belgique et notamment au Cirque Royal. Il le déclare dès qu’il débarque sur les planches. Il est alors précisément 19h00. Il sait également qu’il bénéficie d’un fanbase plus que conséquent. Et il le signalera à plusieurs reprises. C’est le boss de Classic 21 qui est venu présenter l’artiste. Roger est un artiste attachant, sympathique et d'une simplicité déconcertante. C'est son premier spectacle en 2015 et Bruxelles constitue la première date de la tournée 'Roger Hodgson's 2015 Breakfast in America World Tour'. Donc on doit s’attendre une majorité de titres issus de cet opus vendu à plus de 25 millions d'exemplaires. Sur le podium, le décor est sobre. On y remarque la présence des habituelles plantes vertes (NDR : à force d’être trimballées aux quatre coins de la planète, elle ne doivent plus être très fraîches…) En arrière-plan, sur la gauche, est tendue une grande toile bleue, sur laquelle figure le nom de l'artiste.

Hodgson chante, joue des claviers, du piano à queue, de la gratte acoustique ou électrique. Quatre musicos l’épaulent : Aaron Macdonald au saxophone, mélodica, fifre, flûte traversière, harmonica, synthétiseur etc., Bryan Head aux drums, Kevin Adamson aux synthétiseurs et David J Carpenter la basse. Finalement, la setlist va proposer de nombreux hits de Supertramp. Nostalgie, nostalgie…

« Take The Long Way Home », extrait de l'album « Breakfast in America », sorti en 1979, ouvre le show. Première chanson aux claviers. Un premier moment fort. L’artiste est déjà longuement et chaleureusement applaudi. Place ensuite à « Sister Moonshine », tiré de « Crisis? What Crisis? », paru en 1975. Roger empoigne alors sa six cordes acoustique. Et il nous berce de sa voix particulière mais tellement douce. Moment de recueillement, lorsqu’il se charge des ivoires pour « Lover In The Winds ». A cet instant on a l’impression que l’auditoire boit les paroles du maître de cérémonie. Il revient vers son clavier placé en avant-scène pour « Breakfast in America », une pièce maîtresse. Les oreilles sont en extase ! Cette chanson a traversé les décennies sans perdre de son intensité. Aaron Macdonald s’y révèle magistral aux cuivres. En 1987, Hodgson a été victime d'une mauvaise chute et s’est brisé les deux poignets. Les médecins avaient signalé à Roger qu'il ne pourrait plus jamais jouer d'un instrument de musique. C'était mal connaître l'artiste. Un an et demi plus tard, à force de volonté et de soins, il recommençait à en jouer. Quelle volonté ! Et en 2000, il gravait l’elpee « Open The Door », dont il nous propose « Along Came Mary »…

« Hide In Your Shell » figure sur « Crime Of The Century », ce fameux long playing paru en 1974. Le véritable départ de la carrière de Supertramp. Cette compo évoque les thèmes du repli sur soi et de la folie. Malgré ses 65 balais, il y démontre que sa voix n’a rien perdu de sa superbe…

Il enchaîne deux morceaux : « Only Because Of You » et « Lord Is It Mine ». « Only Because Of You » est le titre maître de son premier opus solo. Un disque gravé en 1984, soit un an après la séparation de Supertramp. Et il en extrait encore « In the Eye Of The Storm ». « Lord Is It Mine » figure sur « Breakfast in America », un titre étrange et tendre à la fois, au cours duquel Roger siège derrière son piano. Et du même long playing, il nous réserve encore « The Logical Song », revenant, pour la circonstance, aux claviers. « Death And A Zoo », issu d’« Open the Door » est une composition construite comme un opera rock. Si la mélodie est soignée, l’instrumentation est plutôt emphatique. Du Pink Floyd à la sauce Hodgson! Anna fête son anniversaire ce soir. Elle est dans la salle. Elle lui avait écrit pour lui signaler et il lui dédie « Dreamer », après avoir exécuté au clavier un ‘Happy Birthday’, repris en chœur par l’auditoire. Roger Hodgson soigne son public aux petits oignons. L’inévitable « Fool's Overture », tiré d’« Even in The Quietest Moments » (1977) clôt le set. Et le final au piano est remarquable.

Lors du rappel, Roger nous accorde « Two Of Us » et « Give A Little Bit ». Une petite dernière avant de rentrer. C’est ce qu’il nous raconte en introduction de cet (avant)-dernier titre. Il n'est que 21h00. Car il concède encore « It's Raining Again ». Pas de parapluie, cette fois-ci ouvert, au premier rang, comme en 2013. Il sera pourtant nécessaire, dès qu’on mettra le nez dehors, car eh oui, il pleut…

(Organisation AA Productions)

Mountain Bike

Quelques nouveaux titres sur le porte-bagages…

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Pour le premier concert de l’année, le foyer culturel de Peruwelz Arrêt 59 a eu la bonne idée de combler l’annulation de Moaning Cities par Mountain Bike. Le public n’allait donc pas être privé de concert rock et allait pouvoir découvrir l’une des révélations belge de 2014, dont la musique est caractérisée par ses mélodies pop aux sonorités garage.

Récemment pointé parmi les coups de cœur du célèbre magazine culturel français ‘Les Inrockuptibles’ lors de l’Eurosonic Festival de Groningen, les quatre gars avaient donc l’occasion de défendre cette symbolique distinction. Qui plus est, ils jouaient presque à domicile. Le groupe Franco-belge impliquant deux Tournaisiens.

C’était la première visite de votre serviteur à Peruwelz. En descendant la vingtaine de marches qui mènent à la salle, on ne s’attend pas vraiment à découvrir un gigantesque théâtre. L’endroit est certes magnifique mais un peu trop grand. En outre, le podium est fort surélevé. Ce qui inévitablement crée une légère distance entre les musiciens et le public, venu assez peu nombreux.

Ce n’était donc pas forcément gagné d’avance pour le quatuor qui allait finalement plaider brillamment la cause de son premier opus éponyme, paru en avril de l’année dernière…

Parce que Mountain Bike respire la joie et le plaisir de produire de la musique. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il arrange différemment les chansons entre différents concerts. Des nouvelles idées, des nouveaux essais ou même des délires passagers qui permettent de se renouveler et d’aller de l’avant.

Ainsi le titre d’ouverture, « Hangin’ Around », recèle une petite touche funky qui le rend bien différent de ce que l’on retrouve sur l’elpee. La plus-value du concert ne s’arrête pas simplement à de petites retouches sur des morceaux déjà connus. Nous avons également pu découvrir, en toute curiosité, quelques nouveaux titres très prometteurs. Car le deuxième long playing roule déjà dans la tête des Mountain Bike. Et c’est avec plaisir et enthousiasme qu’ils présentent leurs dernières compositions, sans pression (NDLR : en roue libre ?) Un morceau n’a d’ailleurs même pas encore reçu de titre. Par contre, placé en milieu de parcours, « Good For Nothing » réussit à captiver dès la première écoute. Joué en septembre lors d’une vidéo pour ‘Bruxelles Ma Belle’, il réussit parfaitement sa transition entre son atmosphérique au début et puissance dans son dénouement. Et en live, c’est une combinaison qui fonctionne terriblement bien !

Plein d’énergie, le set plein touche à sa fin et les quatre amis prennent la direction des coulisses. Ils sont d’ailleurs, comme d’habitude, vêtus d’un simple maillot de basket et d’un caleçon, quand même, parfois bien moulant (NDR : ce n’est pas Charles, le batteur, qui me contredira). Les lumières se rallument : il est évident qu’un rappel n’est pas vraiment prévu. C’était sans compter sur la détermination de quelques fans qui, en tapant du pied sur les planches, vont provoquer le retour d’Etienne. Le temps d’éteindre les lampes et le chanteur entame, seul à la guitare, « Just Good Friends » pour la première fois durant une représentation. Le calme revient provisoirement avant de faire sonner le réveil par un « Cigogne » concluant vigoureusement la soirée.

Une nouvelle fois, Mountain Bike ravit en live. Malgré la faible assistance (mais jugée très satisfaisante par le groupe), le quatuor donne tout sur scène et respire la joie de vivre à travers sa sympathie visible presque une heure sur scène mais également autour d’un verre après le show.

Seule déception de cette soirée, l’absence dans la setlist  de « Russian Roulette Casino », qui m’obsède depuis quelques temps. Je le pardonne aisément mais la prochaine fois, je veux l’entendre ! Car prochaine fois il y aura, sans aucun doute…

Amon Amarth

De la mythologie nordique comme remède au burn-out

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Certains jeudis, une furieuse envie vous monte de découper à la hache votre bureau ou votre outil de travail quel qu’il soit. C’était un peu mon cas en fin de journée. Deux solutions étaient envisageables : laisser libre cours à mes pulsions ou prendre la route pour participer à la grande soirée du Splendid, à Lille. Comme je n’avais pas de hache mais des billets pour cette affiche, j’ai opté pour la seconde solution. Le Splendid à Lille ? Un ancien théâtre où Jugnot et ses acolytes ont usé les zygomatiques des ch’tis ? Que nenni, plutôt un ancien cinéma de quartier transformé en salle de spectacle.

Et ce jeudi, c’est Amon Amarth qui mène la danse. Rien de tel qu’une fête Viking pour déterrer une hache ! L’entrée du bâtiment désuet me rappelle que je suis en France. Et ici, Monsieur, on fait la file pour tout ! La file pour entrer, la file pour boire un coup, la file pour l’urinoir, c’est le pays des files ! Coup de théâtre à l’entrée de l’auditorium : l’intérieur n’a rien à voir avec le bâtiment style piscine municipale ! On est dans un cadre cinéma à l’ancienne, parquet en plan incliné, couleurs chaudes, grands drapés en décor. Reste à voir si l’acoustique suivra.

C’est pas Huntress qui va nous le démontrer, il a oublié de se déplacer… On ne profitera pas de la plastique parfaite de Jill Janus, faudra se contenter des vidéos.

Savage Messiah est quant à lui bien sorti des brumes londoniennes pour traverser la Manche. Clash acoustique sur les trois premiers morceaux, et puis mon oreille s’habitue pour me faire découvrir que c’est pas l’acoustique qui est pourrie… Savage Messiah nous mixe du Power, du Speed, du Mélo, du Trash et d’autres  influences indéfinissables parfois sur trois minutes du même morceau. Les riffs semblent parfois juste là parce qu’un des guitaristes sait les jouer. C’est identique pour la voix ; elle ne colle pas toujours à la musique. Savage Messiah nous sert donc une bonne soupelette histoire de récupérer quelques degrés perdus dans la file de l’entrée ! Un ou deux passages dans l’ensemble des morceaux sont à retenir malgré le manque de charisme et de puissance.

Le temps d’une installation rapide, et on passe au clou du spectacle. Je ne suis pas un grand connaisseur d’Amon Amarth. A l’exception du petit dernier, je n’ai rien écouté. Le Viking Métal, c’est une chance sur deux. Ou c’est bien fait ou ça tourne rapidement à la parodie. Mais un groupe qui est allé chercher son nom de scène dans les dialectes imaginés par Tolkien, au même titre que Burzum ou Gorgoroth, ne peut pas être que parodique ! Me voici donc face à la ‘Montagne du Destin’, Amon Amarth en Sirdarin, volcan scénique au bord de l’éruption ! Ambiance feutrée et lyrique, lumière bleutée diaphane pour couvrir le drapeau représentant Thor combattant le traître Loki, œuvre de couverture de « Deceiver of the Gods », dernier album en date. Tout sourire, Johan Hegg attaque « Father of The Wolf », et le ton est donné ! C’est sobre, propre, bien chanté, acoustique et rendu impeccable ! On a affaire à une grosse machine. « Deceivers of The Gods » suit. Un peu de promo est toujours bonne à prendre ! Pas de chichis, on est dans le vif du sujet tout au long des 17 titres que les cinq Suédois jouent avec une joie et une énergie communicative, parcourant les neuf albums de leur discographie. Le public ne s’y trompe pas et leur rend la pareille. Les hymnes sont scandés par tous, rassurés par Johan qui leur affirme qu’on s’en fout des paroles : c’est du métal bordel ! Je ne vois pas grand monde dans cette foule de cheveux et de barbes headbangés (un vrai défilé Jean-Louis David) ne pas participer à la lutte épique menée dans le Royaume d’Asgaard. Johann Hegg se prend au jeu et ne cesse de remercier les 900 spectateurs de son show, dents blanches éclatantes, headbanging façon Roi Lion (c’est ce qui arrive quand la barbe est aussi longue que les cheveux), et de faire part de sa satisfaction de jouer devant un tel public. Histoire de rassembler les derniers dubitatifs, il lève sa corne en portant un toast ‘Je suis Charlie, in our world, the devils never win’. Si Odin s’en mêle… Les deux heures de show on vécu une véritable communion mythologique. J’en sors ravi (en faisant la file). Du coup j’ai oublié de me dégoter une hache, et demain j’irai bosser en imaginant pouvoir mériter un jour le Valhalla !

Setlist

“Father of the Wolf”
“Deceivers of the Gods”
“Live for the Kill”
“Asato”
“Bleed for the Ancient Gods”
“For Victory or Death”
“As Loke Falls”
“Free will Sacrifice”
“Death in Fire”
“The last Stand of Frej”
“Guardians of Asgaard”
“Shape Shifter”
“Cry of The Black Birds”
“War of The Gods”
“Victorious March”

Rappel:

“Twilight of The Thunder God”
“The Pursuit of The Vikings”

Klô Pelgag

Unique en son genre…

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Le premier concert de l’année auquel votre serviteur va assister se déroulera à la Rotonde. Une centaine de spectateurs s’y sont donnés rendez-vous. Dont quelques Canadiens. Il faut dire que ce soir, c’est une artiste issue du pays de l’érable qui s’y produit. Une jeune extraterrestre, âgée de 24 printemps, qui va nous accorder un show de plus de 90 minutes, dont deux rappels. Son nom ? Klô Pelgag.

Chloé Pelletier-Gagnon alias Klô Pelgag est née en 1990. En 2013, elle avait représenté le Québec dans le cadre de la tournée 'Mars En Folie', organisée par le Ministère des Affaires Internationales du Canada en Chine. Et c’est en écumant les festivals du globe (Printemps de Bourges, Francofolies de La Rochelle, Paléo Festival de Nyons, etc.) que Klô va devenir une véritable révélation internationale. Et puis aussi grâce aux prix et nominations diverses décrochés. Une étoile à suivre, c’est une certitude.

A ce jour, elle a gravé un Ep éponyme en 2012 et un album en 2014, intitulé « L'Alchimie Des Monstres ». C'est la deuxième fois qu’elle se produit en Belgique. Elle avait ainsi participé aux 'Vitrines des Francos - Théâtre des Découvertes' en 2014. Klô est inspirée par la peinture (Botero, Dali, Magritte), la littérature (Boris Vian) le théâtre (Ionesco), le cinéma (André Forcier, Jean-Claude Lauzon) et la musique (Vigneault, Debussy, Brel, King Crimson, Zappa). À l'oeil ouvert, l'oreille brillante et l’esprit déjanté –juste ce qu’il faut– elle s’évertue à confondre musique et mots...

Sur les planches, Klô est soutenue par Fany Fresard (violon), Lana Tomlin (violon alto), Elyzabeth Burrowes (violoncelle), Philippe Leduc (contrebasse) et Charles Duquette (batterie). Et tout ce petit monde est déguisé. Elle déborde d'énergie, de talent, d'audace, de personnalité et de créativité. Elle chante bien évidemment dans la langue de Voltaire. Avec un accent canadien plein de charme, qui vous fait chaud au coeur. Enfin, propice aux métaphores, sa poésie se veut une ode à la liberté. 

Le set s’ouvre par « Les Maladies Du Coeur », un extrait du premier Ep. Klô est magistrale derrière son piano (NDR : pas à la manière d'une Béatrice Martin). Elle demande au public s'il est un peu fou ; ce qui lui permet de causer de Pierrot le fou… ‘au clair de la brume, j'ai pris ta photo...’ qui introduit la seconde chanson, « Les Corbeaux », au textes déroutants. Les cordes tirent parfaitement leur épingle du jeu tout au long de cette compo chargée de lyrisme mélancolique. Pour le titre suivant, elle empoigne sa guitare et attaque « Le Dermatologue », dont les lyrics sont à prendre au second degré. Tel un clown, le contrebassiste mêle magie et délire, pendant que Klô prend le contre-pied de la grosse bête qui délivre des basses, tout au long de « Le Tronc ». Lorsque le public applaudit, elle répète à l’envi ‘Merci, pour les mains’. L'artiste a du talent. Elle a une bonne voix, singulière aussi ; et brille tant aux ivoires qu’à la six cordes électrique. Elle présente chaque chanson ; mais si ses mots semblent parfois décousus, c’est pour faire fonctionner les zygomatiques de son auditoire. Le set est aussi théâtral que musical.

Ainsi, au cours du spectacle, elle apparaît vêtue d'une salopette blanche, l’effigie d’un squelette humain en façade. Halloween, c’était pas en novembre ? Les contorsions de cette showwoman ont de quoi ravir et ébahir les spectateurs attentifs. Dans leurs longues robes de mariées, les trois préposées aux cordes (violoncelle, violon alto et classique), participent activement aux choeurs. Et leur interventions, gracieuses, classiques, apportent beaucoup de charme à cette pop novatrice et enchanteresse.

Quand Klô chante, les images se bousculent dans votre tête. Elles sont même le fruit d’une imagination débordante. Un peu comme si on assistait à un spectacle pour les aveugles.

Le drummer consacre une anecdote aux Français. On n'y comprend rien, mais on rigole. C'est également l'anniversaire de Fany Fresard, un talent de 18 ans. Une bougie et un mini gâteau lui sont réservés, sous les acclamations du public. Evoquant la date souvenir de la mort de Kurt Cobain, elle nous narre une petite histoire selon laquelle il aurait malencontreusement sauté sur la tête de son batteur, celui-ci se fracassant finalement la tête sur un mur de briques ; concluant par ces mots : ‘Il fallait le tenter. C'est tentant’. Et elle joint alors le geste à la parole en grimpant sur le dos du préposé aux fûts.

Tout au long de « Tunnel », la voix de Klô me fait penser à celle de Lisa Leblanc voire de Marie-Pierre Arthur des grands jours. Lorsque la conversation passe à la langue de Cervantès, le délire est à son comble. Klô passe au piano et entame un monologue incohérent, avant de céder le relais au clown contrebassiste. Superbe, « Nicaragua » est préparé à la sauce canadienne. Intimiste, « Le Silence Epouvantail » est interprété en duo piano/contrebasse. Moment de recueillement pour l’auditoire. « Pégase » est une cover de Thomas Fersen qui figure sur l’elpee. Un spectateur s'en émeut. Klô réagit. L'interactivité entre l'artiste et le public est constante. Fersen on aime ou on déteste. Klô a assuré ses premières parties et semble apprécier. Bien ; nous aussi. Caractérisé par sa superbe mélodie, « La Fièvre Des Feurs » nous parle du cancer et de son traitement par la chimiothérapique. « Comme Des Rames » s’adresse aux célibataires. Y en avait-il dans la salle ? Pour introduire la dernière chanson, « Rayon X », elle évoque Star Wars, le radium et les Curie. Du Gilles Vigneault acrobatique ! Le set s’achève par « Jam », moment qu’elle choisit pour présenter ses musiciens. L’assistance n’est pas rassasiée. L’artiste canadienne lui concèdera deux rappels. Dont le premier sera consacré à « Taxidermie » et « Tremblements. Grâce à son univers coloré et sa voix unique, ce soir, Klô Pelgag a marqué les esprits…

(Organisation : Botanique)

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