La manille pour bébé de Panic Shack

Fondé en 2018, Panic Shack eéunit Sarah Harvey, Meg Fretwell, Romi Lawrence, Em Smith et Nick Williams. La formation a décidé de défier l'atmosphère exclusive des scènes indie et punk dominée par les hommes. Sa musique est décrite comme explosive et…

logo_musiczine

Paddang à la poursuite des fantômes…

Paddang est un trio de rock psyché formé en 2020 à Toulouse. Osees et King Crimson à fond dans lʼautoradio et un nom de groupe inspiré d'un spot de surf en Indonésie, Paddang file à toute berzingue dans une épopée cosmique. Les trois voix dictent le ton et…

La vérité selon RORI

Après avoir marqué les esprits en assurant la première partie de Lana Del Rey, au…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Johnny Marr
Kim Deal - De Roma
Chroniques

Fishbach

Val Synth

Comme une extravagance rétrofuturiste...

Flora Fishbach, la belle rebelle des Ardennes, nous revient ; et elle n'en fait qu'à sa tête... qu'elle a très jolie, au demeurant. Sa dernière lubie ? Les 'arpeggiators' de synthés, à la Georgio Moroder, arrangés comme une techno discoïde, sur laquelle elle vient placer une voix à mi-chemin entre Klaus Nomi et Mylène Farmer. Le tout baigné dans une nostalgie années '80 truffée de nappes synthétiques et de sons hyper-kitsch.

Pourtant, c'est sur une chanson traditionnellement pop, qui rappelle les albums précédents de l'artiste, que s'ouvre “Val Synth”. On déguste ce subtil mélange de mélodies hyperromantiques et d'harmonies sophistiquées qui constitue la marque de fabrique de Flora. Mais, dès la deuxième plage, “Comme Jean Reno”, la chanteuse rebat les cartes et innove.

Cette plongée dans les profondeurs s’ouvre sur une phrase qui résonne tel un mantra : ‘Je plonge dans les abysses comme Jean Reno’. Et, ô merveille, l’acteur français, icône intemporelle du ‘Grand Bleu’, s’invite dans cette aventure sonore pour un 'featuring' aussi inattendu qu’inspiré. Quant à la musique, elle s’élève comme une vague irrépressible, nous ramenant avec délectation aux échos glorieux de la new wave. Les rythmiques pulsantes évoquent les émois électrisants de Bronski Beat, tandis qu’un break audacieux dévoile un hommage subtil, presque clandestin, à Moroder. Là, surgissent les voix, qui semblent murmurer l’écho de “I Feel Love”, portées par des chœurs célestes qui ouvrent une brèche vers un univers mystique, où les étoiles dansent avec les âmes errantes. Une pure merveille !

Dans “Des Bêtises” (‘part 1’), Flora poursuit dans la veine disco-pop, convoquant des accents très ‘myléniens’ et même, à un moment, une guitare acoustique ! La deuxième partie (‘part 2’) de la chanson en est le prolongement cinématographique, principalement instrumental, comme un clin d'œil adressé à Sébastien Tellier. “Meryl Streep libre” prolonge la rêverie dans un style plus ‘ambient’, bande-son mélancolique portée par un bouzouki oriental, des claviers 'dx7' et une mélopée délicieusement onirique.  

Mais ce calme est de courte durée. “La Machiavela” fait exploser le tout dans une extravagance lyrique complètement hystérique. Un beat répétitif, des nuées de notes synthétiques, et au-dessus, planent des vocalises audacieuses au cours desquelles s'entrecroisent l'opéra-bouffe, les folklores loufoques, Rita Mitsouko, Nina Hagen et les Sparks.

L'opus se clôture sur “Mon Copain”, une deuxième chanson pop plus ‘traditionnelle’ et un nouvel OMNI (Objet Musical Non-Identifié), “Dulcimers”, une bombe instrumentale technoïde qui fonce comme un séquenceur à plein régime. Entre synth-wave et bande-son futuriste, la composition laisse présager de prestations ‘live’ carrément orientées ‘clubbing’, au cours desquelles la sombre prêtresse fera résonner les âmes perdues de ses disciples...

On l'a compris, Flora Fishbach aime se remettre en question. Dans “Val Synth”, elle a réussi la gageure de redéfinir son style en lui conférant des tonalités carrément baroques, mais sans jamais se perdre. Un côté ‘larger than life’ fantasque, audacieux et assumé, au risque de tomber dans le surréalisme. Tantôt new wave disco cheesy, tantôt cabaret bastringue, tantôt électro hypnotique, la musique est habitée... Habitée par cette voix, mutante, oscillant entre notes aiguës et graves, une mezzo dramatique, voix d'enfant, de déesse, de sorcière... Pas de doute, cet album est encore une belle ‘Fishclaque’... 

 

"Val Synth", sortira le 12 septembre sur le label Créature et est disponible en pré-commande 

 

La musique a été composée par la chanteuse en collaboration avec AGLE (@agle.music), le musicien basé à Barcelone. Les paroles ont été écrites par Flora en compagnie d'Arthur Navellou et de Casual Melancholia (@casualmelancholia). Le son a été dessiné par Michael Declerck (@michaeldeclerck) au studio La Briche, près de Tours.

 

Tracklist Flora Fishbach "Val Synth" :

Rends-moi ma vie

Comme Jean Reno

Des Bêtises (PART I)

Des Bêtises (PART II)

Meryl Streep libre

La Machiavela

Mon Copain

Dulcimers

 

Pour (re) lire les interviews de Fishbach, cliquez sur le nom de l’artiste, en vert, dans le cadre ‘Informations complémentaires’.

The Chameleons (Vox)

Arctic Moon

Cet album, on l’a attendu avec impatience ! Et pour cause, il y a 24 ans que ce groupe mancunien légendaire n'avait plus sorti de Long Playing. Un long hiatus au cours duquel seul le chanteur, Mark Burgess, qui se fait appeler aujourd'hui ‘Vox’, avait porté la flamme sous le nom de Chameleons Vox. Aujourd'hui, à la suite du retour de Reg Smithies, un des deux guitaristes originaux, la formation a repris les tournées sous le patronyme ‘The Chameleons’, a enregistré 2 Ep et aujourd'hui, enfin, elle nous délivre un nouvel opus à part entière: “Arctic Moon”.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que le résultat est à la hauteur des attentes. Evidemment, le son a évolué. Il ne baigne plus dans le post-punk puissant et grandiloquent des années '80. L’atmosphère générale se teinte désormais d’une douceur feutrée, tissant des fils de soft-rock aux nuances psychédéliques subtiles, et le tout est enrichi d’une touche raffinée de 'glam'. Les références majeures ne surprendront pas. Et pour cause, ce sont les artistes préférés de Vox : les Beatles, T-Rex et David Bowie.

D'ailleurs, la pièce principale de l'elpee, “David Bowie Takes My Hand”, évoque directement le 'thin white duke'.  Elle s’ouvre sur une rêverie acoustique évoquant “Space Oddity”, et s’épanouit ensuite en un magnum opus de plus de huit minutes. Au cours de l'interview qu'il nous a accordé, Vox a expliqué : ‘C'est probablement le meilleur morceau sur lequel j'ai jamais travaillé, mais il est très différent de ce que les Chameleons ont fait auparavant.’

Une version réenregistrée de “Where Are You ?”, probablement le titre le plus percutant, ouvre l'album, lequel se referme par le single “Saviours Are A Dangerous Thing”, une compo qui allie à la perfection les textures cristallines des guitares à une maîtrise parfaite de la mélodie, tout en dévoilant un message politique sombre. Parmi les autres joyaux, “Magnolia” charme par ses éclats psychédéliques, “Free Me” s’abandonne à un onirisme dream-pop, et “Lady Strange” exerce une fascination irrésistible.

Autre remarquable composition, “Feels Like The End Of The World”, rappelle la grandeur amère de “Bitter Sweet Symphony” de The Verve, illuminée par de superbes arrangements de cordes. Après 4 minutes, le rythme s'interrompt et Vox improvise une déclamation poétique à propos des signes que l'on peut déceler autour de nous. Les autres instruments reviennent et le final est répétitif et hypnotique. Superbe !

Notons au passage l'importante contribution des nouveaux membres de la formation : Stephen Rice à la seconde guitare, Todd Demma à la batterie et surtout Danny Ashberry aux claviers. Vox tient à souligner que cet LP est l’œuvre d’un véritable collectif, les chansons ayant, pour la plupart, germé dans un esprit commun. De surcroît, ils ont invité un ensemble de violons, le Real Strings de Pete Whitfield, à Manchester, lequel insuffle une chaleur orchestrale authentique aux arrangements.

Même si d'aucuns regretteront l'absence de bombes post-punk comme “Don't Fall” ou “Second Skin”, force est de constater que ce long playing se distingue par une véritable élégance, un style racé, coloré et spacieux, un rock rétrofuturiste vibrant qui ravira les fans de REM, The Church, Tears for Fears ou The Verve.

The Chameleons nous donnent rendez-vous le 29 octobre prochain au Wilde Westen à Courtrai, où cette odyssée sonore prendra vie sous nos yeux (plus d’infos ici).

Pour en savoir davantage sur The Chameleons, et notamment lire ou relire l’interview accordée par Vox récemment, cliquez sur le nom du groupe (en vert) dans le cadre informations complémentaires, ci-dessous (page ‘Artistes’). 

Pour écouter l'interview en version audio dans l'émission WAVES, c’est .

"Arctic Moon" sortira le 12 septembre prochain sur Metropolis Records.

 

 

 

 

 

Marcel et son Orchestre

C'est pas à vous qu'ça m'arriverait

Écrit par

Après 12 ans d'attente, Marcel et son Orchestre ont gravé un nouvel elpee intitulé « C’est pas à vous qu'ça m'arriverait ». Très actifs dans les années 2000, les membres de de la formation originaire de Boulogne-sur-Mer, usés par le rythme effréné des tournées, se sont imposés un break en 2012.

Le groupe, à l’humour décapant, toujours la cervelle en ébullition, plus imprévisible et insaisissable que jamais, incarne incontestablement le représentant le plus digne que la région Nord-Pas-de-Calais.

Une étiquette malgré tout réductrice, tant les carnavaleux n’hésitent pas à s’aventurer dans de multiples directions sans jamais perdre de vue leur faculté à électriser leur auditoire pour l’inviter à danser. Une équipe de joyeux lurons, donc, pour qui une technique hors du commun n’est pas forcément une fin en soi. Il est d’ailleurs difficile d’imaginer ce qui pourrait freiner Marcel et Son Orchestre dans sa vertigineuse quête d’absolu. Mieux vaut écouter ce nouvel elpee une première fois et en conclure que l’on n’a pas fini d’en faire le tour en prenant le temps d’y réfléchir. Dans un style où l’innovation n’est pas une évidence, les Nordistes confirment leur identité tout en étant capables d’y apporter quelques touches d’originalité qui les empêchent de tourner en rond. Enfin bref, la bande à Marcel n’est pas morte !

L’opus s’ouvre par un total déjanté « Stigmatisez-Moi ». Avec eux, une seule promesse : du fun, du son et une furieuse envie de chanter à tue-tête. La fête se poursuit par « Maudit Karma », un autre morceau festif teinté de sonorités ska et reggae, qui sent bon le soleil et le sable chaud de Kingston, où ils taclent le sourire carnassier d’une Marine érigée en épouvantail utile d’un macronisme dérouté. On enchaîne par le festif et afrobeat « Autocentré », un son venu d’Angola, un kuduro bien persuasif, copieusement balisé par un ensemble cuivré très intéressant.

En mode vintage french rhythm’n’blues à la Nino Ferrer, « L’Empathie » et « Bertrand, Pas Rassurant » persistent dans cette éloquence dénonciatrice. Le rocksteady « Le Dégoût » et ses claviers façon Tyrone Downie (NDR : le Jamaïcain qui a joué en compagnie de Marley atteste que le style festif issu de Kingston coule toujours dans les veines des Marcels).

En outre, c’est ludique, enrichi d’excellentes références, de citations, de Bashung à La Reine des neiges ; comme un blind-test pour grands érudits de la chanson, à l’instar de « L’Empathie ».

Évidemment, le collectif dégage toujours cette ambiance tonitruante, entre ska, punk, afrobeat et rock insulaire. Franck, le meneur de l’équipe, est intarissable sur les riches heures des années 70/80… Branchez-lui Stranglers, Fela Kuti ou Talking Heads, et il s’emballe. Un air d’Acadie souffle sur « Dans ma Boudinette », un cajun pur jus. Introduit par quelques cris de mouettes, le funky rap en ch’ti « V’là l’Dégât » pastiche le Sugarhill Gang et Kool & The Gang, sur un flow de cuivres arrangés aux petits oignons.

Festif, déjanté, schizonévrosé à souhait et délirant !

Everyone Says Hi

Everyone Says Hi

Écrit par

L'ex-compositeur/batteur de Kaiser Chiefs a donc monté un nouveau groupe en compagnie d’ex-membres de The Kooks, Howling Bells, et The Dead 60s. Et il a choisi pour patronyme, Everyone Says Hi, le titre d’une chanson de Bowie. Il a donc abandonné ses baguettes pour se reconvertir en chanteur/guitariste. Ce qu’il était déjà au départ, outre son rôle de compositeur. 

Le premier opus de la formation est éponyme, une œuvre lyrique et inspirée, puisant ses influences dans la pop orchestrale des seventies, l’indie rock, la dream pop et la synth-pop tout en y apportant des touches électroniques. Des titres comme "Somebody Somewhere" et "Only One" montrent la capacité de Hodgson à écrire des mélodies contagieuses, alors que "Lucky Stars" lorgne vers la country.

Enfin, si le single "On The Same Side" se révèle davantage introspectif, "Walking In The Air" » est une refonte de "The Snowman", une chanson écrite par Howard Blake pour le film d’animation datant de 1982, ‘The Snowman’. Elle s’inspire du livre pour enfants de Raymond Briggs publié en 1978, du même nom.

Un sentiment de nostalgie émane de ce long playing. Les compos ressemblent d’ailleurs à des lettres d'amour adressées aux différentes phases de la vie et de la carrière musicale de Hodgson.

Podcast # 65 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

Echolalia

Echolalia

Écrit par

L’écholalie (NDR : en anglais Echolalia) est une tendance spontanée à répéter systématiquement tout ou une partie des phrases, habituellement de l'interlocuteur, en guise de réponse verbale.

Echolalia, c’est aussi un quatuor texan, originaire de Nashville, qui a enregistré son album éponyme dans une ancienne abbaye datant de 1160, située sur l'île de Wight. Cette abbaye restaurée, est aujourd'hui transformée en studio d'enregistrement.

L'album d'Echolalia est une œuvre unique, à la fois pastorale, psychédélique, confortable, progressive, familière et inattendue.

Hormis les ballades, les morceaux de l'album tirent un peu dans toutes les directions. Caractérisé par sa mélodie doucement douloureuse et sa steel guitare gémissante, "Dreams Of You" ouvre l'elpee. Paru en single, "Odd Energy" se distingue par sa rythmique lyrique et propulsive avant de s’enfoncer dans le psychédélisme. Les lignes mélodiques de "Little Bird" sont hantées par Paul McCartney. Romantique, "Blood Moon" est tramé sur des accords de piano martelés. Si "Rainbow Road" rappelle le style vaudeville des Tiger Lillies (les sticks de drums à balais jazzyfiants), "The fox and the grapes" lorgne vers une forme de folk prog qui invite paradoxalement un moog.

L'album s’achève par "In The Pub", une plage qui sort vraiment de l’ordinaire. Dans l’esprit de Beck et sur un ton hip hop, elle recrée l’atmosphère particulière qui règne dans un pub.

Podcast # 74 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

Steven Wilson

The Overview

Une odyssée progressive au bord de l’infini…

Steven Wilson n’est pas un musicien qui se repose sur ses lauriers. À 57 ans, le maître britannique de la musique progressive, cerveau de Porcupine Tree et architecte sonore hors normes, livre ici son huitième album solo, et peut-être son opus le plus audacieux à ce jour. Sorti ce 14 mars 2025 sur Fiction Records, cet album de quarante-deux minutes, partagé en deux longues pièces, n’est pas une simple addition à sa discographie prolifique : c’est une somme, un manifeste rétrofuturiste qui explose les frontières du genre qu’il a contribué à réinventer depuis trois décennies.

Une genèse introspective et cosmique

Écrit, produit et mixé dans son home-studio entre décembre 2023 et août 2024, "The Overview" s’inspire de ‘l’effet de vue d’ensemble’ (‘the overview effect’), ce vertige existentiel ressenti par les astronautes face à la Terre vue de l’espace.

Dans un ‘Questions-Réponses’ réservé aux fans, Wilson a commenté la genèse de “The Overview” : ‘L'année dernière, j'ai vu un très bon ami à moi, Alex Milas, qui dirige une organisation appelée Space Rocks, et je lui ai parlé de la possibilité de faire une sorte de collaboration. Son organisation a pour objectif de réunir le monde de la science et de l'astronomie par le biais de la musique. Je me suis dit que je pourrais peut-être créer une bande-son pour un de ses événements. Et il a commencé à me parler du ‘Overview Effect’. C'est le phénomène que vivent les astronautes lorsqu'ils vont, pour la première fois, dans l'espace et qu'ils regardent la Terre depuis l'espace. Ils ont cette prise de conscience où ils comprennent à quel point la Terre est insignifiante et donc, par extension, à quel point les êtres humains sont insignifiants par rapport au cosmos. Il m'a expliqué que certaines personnes ont une réaction positive à cela, mais que d'autres ont une réaction très négative. J'ai immédiatement imaginé, dans ma tête, la possibilité d’enregistrer un album conceptuel sur ce thème. J'ai en quelque sorte entendu tout le disque dans ma tête, en tant qu'ébauche. J'ai su, à ce moment-là, qu'il fallait que ce soit quelque chose de long. Que ce soit un seul morceau de musique ininterrompu. Je suis donc rentré chez moi et en six à huit semaines, j'ai esquissé les compositions et élaboré la plupart des morceaux de base que l'on entend sur l'album final. Donc, oui, ça s'est mis en place facilement. J'aimerais que ce soit toujours aussi simple.’

Wilson, habitué à explorer les tréfonds de l’âme humaine, traduit cette sensation en deux pistes : "Objects Outlive Us" (23:17) et "The Overview" (18:27). Ces titres ne sont pas de simples chansons, mais des suites fragmentées en mouvements (huit pour la première, six pour la seconde), qui oscillent entre méditation philosophique et voyage interstellaire.

Accompagné de musiciens exceptionnels, Craig Blundell à la batterie, Adam Holzman aux claviers, Randy McStine aux guitares, Wilson s’entoure aussi d’une plume prestigieuse : Andy Partridge de XTC, qui signe les paroles de “Objects : Meanwhile”. Ce clin d’œil adressé à l’un de ses héros personnels ajoute une couche d’élégance pop à une œuvre par ailleurs dense et ambitieuse.

Une anthologie sonore rétrofuturiste

Dès les premières notes de "Objects Outlive Us", on reconnaît la patte de Wilson : un classicisme progressif à la "Dark Side of the Moon", construit autour de guitares stratosphériques et de claviers évoquant les grandes heures de Porcupine Tree ("In Absentia", "Fear of a Blank Planet"). Le ‘riff’ de base aux claviers comporte 19 notes qui se déroulent sur une signature rythmique asynchrone rappelant le style hypnotique de Happy The Man (“Carousel”).

Wilson explique : ‘Sur la première face, presque tout le matériel musical est dérivé de la même mélodie de 19 notes, qui est accompagnée d'une ligne de basse. Et même si vous n'en êtes pas conscient lorsque vous écoutez le morceau, tout émane de cet unique thème. J'ai décidé de regarder ce motif thématique depuis différentes perspectives, différentes signatures rythmiques et différentes tonalités. C'est ce qu'“Objects Outlive Us” est devenu : un morceau de 23 minutes, essentiellement dérivé d'une seule idée musicale. Même si j'espère que cela ne donne pas cette impression lorsque vous l'écoutez.’

Mais là où certains pourraient se contenter de recycler les recettes de la musique ‘prog’, Wilson les développe. “No Monkey’s Paw” ouvre sur une texture ambient digne de Brian Eno, avant que “The Cicerones” n’introduise des dissonances électroniques rappelant Aphex Twin. Cette fusion entre ‘prog’ et expérimentation moderne n’est pas nouvelle chez lui ("The Future Bites" en témoignait déjà), mais elle atteint ici une cohérence rare.

La seconde pièce, "The Overview", est plus contemplative. “Perspective” démarre comme une lente ascension, articulée autour de synthés éthérés et d'une batterie feutrée, avant que “Borrowed Atoms” ne déploie une mélancolie familière aux fans de "The Raven That Refused to Sing". Le final, “Permanence”, s’achève sur une note suspendue : un fade-out qui semble miroiter dans l’infini, comme si Wilson nous laissait seuls face à l’immensité cosmique qu’il décrit.

Références et réinvention

Ce qui frappe dans "The Overview", c’est sa capacité à condenser les différentes périodes de sa carrière en une encyclopédie sonore. On y décèle des échos de Porcupine Tree dans les crescendos dramatiques (“Cosmic Sons of Toil”), des réminiscences de "The Harmony Codex" au sein des thèmes spatiaux, et même une touche indie-pop (Blackfield, XTC). Pourtant, l’œuvre ne sent jamais le réchauffé. Wilson ne se contente pas de regarder dans le rétroviseur : il projette ces influences dans un futur incertain, où la musique progressive devient un miroir de notre place dans l’univers.

La nécessité d'avancer, au risque de déplaire, est un thème central chez Wilson. Il déclare : ‘Un des principes qu’il faut connaître, c'est que je n'aime pas l'idée de toujours faire la même chose. Certains fans aimeraient que je continue dans la veine de Porcupine Tree ; mais, pour moi, il est important de toujours essayer d’explorer des domaines différents, d'avancer. Je ne sais donc pas vraiment ce que je vais proposer après "The Overview", mais pour l'instant, la priorité, c'est la tournée. J'espère que le show sera aussi époustouflant que l'album et le film qui l'accompagne.’

Revenons à l'album. Les textes, souvent abstraits, renforcent la dimension cosmique de la musique. Andy Partridge apporte une poésie grinçante à “Objects : Meanwhile” (“We’re just borrowed atoms / In a cosmic pawn shop”), tandis que Wilson explore la finitude humaine face à l’éternité (“Heat Death of the Universe”). C’est une réflexion qui rappelle les méditations de “Hand. Cannot. Erase.” sur la solitude, mais portée à une échelle galactique.

Une production au sommet

Côté son, "The Overview" est un régal. Le mixage révèle une précision chirurgicale. N'oublions pas que Wilson est aussi ingénieur du son et producteur. L’album brille par sa clarté et sa spatialité. Les claviers d’Holzman planent comme des nébuleuses, les guitares de McStine oscillent entre délicatesse et fureur contenue, et la batterie de Blundell ponctue chaque mouvement grâce à une dynamique parfaitement contrôlée. Le mix Dolby Atmos, disponible en édition Deluxe, permet une immersion totale.

Un chef-d’œuvre, mais pas pour tous

Alors, chef-d’œuvre ? Oui, si l'on accepte l’exigence de Wilson. "The Overview" n’est pas un album facile. Ses longues plages instrumentales et ses transitions abruptes demandent une écoute attentive. Ici, pas de single accrocheur à la “Lazarus”. Les néophytes pourraient s’y perdre, mais les fans de longue date, habitués aux labyrinthes sonores, y verront une apothéose. C’est une œuvre qui se dévoile au fil du temps.

Le 7 mai prochain, Wilson présentera "The Overview" au Cirque Royal, à Bruxelles. A guichets fermés, preuve que son aura ne faiblit pas. À l’heure où la musique progressive peut parfois sembler tourner en rond, Steven Wilson rappelle pourquoi il reste le “King Wilson” : il ne suit pas les tendances, il les redéfinit.

"The Overview" est disponible ici ou via la page ‘Artistes’.

Pour écouter (et regarder) "Objects Outlive Us : Objects : Meanwhile", c'est .

 

 

Louise Attaque

Amours

Écrit par

Après avoir publié un premier LP, sobrement éponyme (1997), Louise Attaque récolte un succès fulgurant. Totalement inconnue du grand public, la bande à Roussel finit par envahir toutes les ondes radio. Elle lui aura toutefois fallu du temps pour trouver sa place dans l’univers musical, mais l’album finit par s’écouler à 2,5 millions d’exemplaires, promu par une tournée nationale de deux ans.

En 2001, le quatuor se sépare une première fois pour laisser la place à deux projets parallèles : Tarmac, réunissant Gaëtan Roussel et Arnaud Samuel ainsi qu’Ali Dragon, impliquant Robin Feix et Alexandre Margraff. Pour se reformer en 2005 en gravant un troisième elpee, et de splitter à nouveau en 2007, ouvrant ainsi la voie à la carrière solo de Roussel.

En 2015, le combo remet le couvert et décide d’enregistrer « Anomalie », son quatrième elpee, sous la houlette d’Oliver Som.

Arborant fièrement les 25 ans de son premier elpee, la formation décide de marquer le coup à travers une captation live dans l’enceinte du Accor Hotels Arena.

« Amours » et ses paraboles universelles constituent ainsi le synoptique parfait d’une ribambelle de titres qui tourne dans la tête des auditeurs depuis maintenant ¼ de siècle.

Un opus sans réelles surprises, mais d’une qualité indéniable. De « Les Nuits Parisiennes », en passant par « Léa » ou encore « Ton invitation », les chansons rappellent, s’il en est, l’étendue du talent d’un combo qui aura marqué toute une génération. Sans oublier, la voix remarquable et éraillée de son leader qui procure une richesse absolue dans la recherche d’émotion.

Au-delà de la signature vocale, il y a la plume également : unique, incisive, touchante, légère et accrocheuse. Autant de qualificatifs qui procurent à l’ensemble des compos une beauté simple, mais tellement sincère.

Archet à l’épaule, Arnaud Samuel apporte un vent de fraîcheur aux compositions, comme sur cette longue intro « Cracher nos souhaits » rappelant ainsi que l’instrument à cordes occupe une place de choix dans l’identité du band.

La basse de Robin Feix vient, quant à elle, envelopper les compositions de sons graves et francs. Si cette dernière se révèle, la plupart du temps, plutôt discrète, elle prend une dimension toute particulière sur « Si l’on marchait jusqu’à demain ».

L’album est enregistré comme si l’auditeur devenait spectateur. On découvre ainsi un Roussel particulièrement communicatif et amuseur lorsque, accompagné de ses musiciens, il joue en boucle une même suite d’accords jusqu’à ce que l’impulsion du public soit suffisante pour passer à l’accord suivant (« Fatigante »).

Influencé par la musique anglo-saxonne, c’est dans la langue de Voltaire que GR dispense ses incantations jubilatoires. Et comme frontman, il raconte perspicacement le quotidien, ses joies et ses travers.

Le long playing est un condensé de 18 titres d’une carrière jubilatoire, dont un duo inédit avec Matthieu Chedid pour une reprise électrique et vraiment percutante du « Encore et Encore » de Francis Cabrel.

Mais ce que l’on retiendra le plus, c’est la nuance, la subtilité et l’intensité du format. Sans en faire des tonnes, l’artiste aux multiples facettes et son team parviennent (encore) à fédérer.

Aucun doute, avec « Amours », Louise … contre-attaque !

Adé

Inside Out Mvmt

Écrit par

Dès l’âge de 17 ans, Adélaïde Chabannes de Balsac, aka Adé, se forge un nom dans la chanson par l’entremise de son groupe, Therapie Taxi, drivé par Raphaël Faget-Zaoui. Le duo sera vite rejoint par Félix Gros et Renaud Bizart.

Placé sous les feux des projecteurs par le provocateur « Salop(e) » en 2016, le groupe connaitra un joli succès avant de se dissoudre en 2021, notamment en raison de la pandémie de la Covid-19. Mais pas seulement, les uns et les autres ayant une soif de liberté artistique.

Adé traverse alors une période plus calme, limitée à quelques collaborations musicales. Mais le goût de la musique remonte à la surface. Elle s’exile au Etats-Unis pour y enregistrer un premier album, dont le single « Tout savoir » récoltera en quelques mois, le seuil des 2,5 millions de vues sur la plate-forme Youtube.

Alors que son premier essai « Et Alors ??? », sorti en 2022, lorgnait vers une pop-country gentillette, voire virginale, « Inside Out Mvmt » prend un virage à 180 degrés et propose un son nettement plus franc et incisif, en prenant la forme d’un rock chargé de testostérone qui navigue parfois à la limite du du punk-rock (« Toujours + ». De quoi désarçonner les fans de la première heure.

Grâce aux guitares cinglantes, parfois à la limite de la saturation, « More Love » se révèle plus brut, mais homogène, le contenu rappelle la décennie 90/2 000 ; ce qui devrait ravir les amateurs du genre.

Un opus au sein duquel l’artiste s’épanche avec introspection et conviction sur l’intimiste « Forts », où elle dévoile ses émotions, tout en revendiquant les injonctions de son métier (« Ca va aller »).

Tout au long de « Inside Out Mvmt », la demoiselle endosse à merveille un rôle qui n’est pas sans rappeler le côté ténébreux qui caractérisait Thérapie Taxi pour le fond ou encore Dolly, pour la forme, sans oublier ces soupçons d’électro qui surprennent, à l’instar de « Open Up » et « La Nuit » ou encore ces jolies ballades qui apaisent, comme ce puissant « Play Pause ».

Finalement, Adé est une jeune femme capable de nous réserver plein de surprises et qui, loin de rester dans sa zone de confort, réussit à nos offrir une œuvre sincère, spontanée, et d’une authenticité redoutable.

Enfin, un disque qui fait du bien !

Page 1 sur 1252