Vous l’ignorez peut-être, mais la Wallonie possède un des groupes de Post-Rock les plus doués de sa génération. Cecilia::Eyes puise l’essentiel de son inspiration chez les Japonais de Mono. Depuis sa formation en 2004, le combo propose des morceaux instrumentaux originaux, souvent d’une incroyable puissance mélodique. Christophe Thys (Guitares), Xavier Waerenburgh (Batterie et claviers), Pascal Thys (Basse), Michaël Colart (Guitares) viennent d’enregistrer l’arrivée d’un nouveau membre : Gauthier Vilain. Préposé aux samples, il se réserve également la troisième guitare. « Here Dead We Lie » constitue le second elpee. Il fait suite à « Moutain Tops Are Sometimes Closer to the Moon », publié en 2007. L’album se veut le reflet des grands conflits mondiaux. Manifestement, vu le programme peu réjouissant, on n’est pas là pour se fendre la gueule. Mais du post-rock joyeux et festif aurait-il un quelconque intérêt ?
Dès « Like Wolves », le ton est donné. Une intro au cours de laquelle, on se rend compte que Cecilia::Eyes est parvenu à passer à la vitesse (?!?!) supérieure, dans la maîtrise d’un art souvent trop codifié et sans surprise. Le morceau est magnifique et constitue d’emblée le sommet d’un album parfaitement réalisé de bout en bout. Judicieux, les samples permettent à l’ensemble de respirer, à l’instar du menaçant « Anthem For Doomed Youth ». Comme le préconise le cahier des charges post-rock, les morceaux sont longs, sombres, atmosphériques et souvent construits en crescendo. Si le feeling mélancolique évoque Explosions In The Sky, l’intensité noisy graduelle nous plonge davantage dans un univers proche de Mogwai. Mais au cœur de cette solution sonore ténébreuse, éclot une plage empreinte d’une immense douceur. Interprété au piano, « The Departure » pourrait parfaitement illustrer un film de Miyazaki. Magnifique ! L’œuvre s’achève en beauté par « No Prayers, No Bell, No Homeland », une compo crépusculaire, caractérisée par un final apocalyptique. Impressionnant !
Bien sûr, vous allez certainement me reprocher de répéter le même discours. De vous seriner les mêmes références. Ce qui ne m’empêchera pas de taper inlassablement sur le même clou. Car la formation belge possède tous les atouts pour entrer dans le gotha du Post Rock. Et « Here Dead We Lie » démontre mon point de vue. Il ne vous reste plus qu’à fermer les yeux et à vous laisser emporter par cette lame de fond à la fois dévastatrice et tellement envoûtante. Paraît que le packaging est de toute beauté ; je n’ai malheureusement pas eu la chance de le découvrir…

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