Plants and Animals n’est pas une association de protection de la nature. C’est un combo indie-rock issu de Montréal, réunissant Warren Spicer, Nic Basque et Matthew Woody Woodley (alias Woodman), respectivement guitariste, guitariste, et batteur ; tous trois se partagent également les vocaux. « La La Land » est si hétérogène qu’il est impossible de le réduire à quelques mots.
L’album commence par un titre indie, intitulé « Tom Cruz ». « Swinging Bells », dans le même esprit, évoque Ramona Falls, les grands espaces ; mais il y a un je ne sais quoi qui cloche. « I wan’t to be your american idol » propose un son rock plutôt vitaminé, sur des mélodies auxquelles le terme canadien de niaiseuses sied plutôt bien. Les textes, eux, sont volontairement légers. Un saxophone s’époumone, la chanson vire chansonnette, le slogan du titre est répété plus que nécessaire.
Mais, alors que l’on se surprend à penser que ce disque ferait une parfaite cale pour cette table qui brinqueballe dans le salon, on entend « Undone Melody », et on se ravise. Le morceau est bien foutu. Il commence délicatement, fait penser à Jeff Buckley, subtil mélange de force et de fragilité. Le titre s’étire, se matelasse avec les voix des deux comparses, puis d’instruments à cordes (sûrement ce qui a valu au groupe d’être comparé à Arcade Fire, mais là, je mets mon véto). Suit « Yon Tiki », ballade mi-joyeuse mi-mélancolique, aux notes de guitares rebondies comme les joues d’un bébé bien nourri. Elle parle d’une fille rencontrée dans un hôtel, et des Gipsy Kings. « Game shows » reste dans la lenteur, et l’on jouit pleinement de la voix enjolivée par le piano et une guitare sobre mais efficace. Le « Mama Papa » qui suit, au rythme très rapide, binaire, marqué par la batterie, ressemble aux Red Hot Chili Peppers des années 2000. Pas bien neuf. De nouveau arrive une bonne surprise, « Fake it » et ses effets de réverbération, la voix qui semble s’étrangler, poignante, sur une mélodie sombre, à la Calexico. « Future from the 80s », qui sent un peu le Prozac, laisse place à une armée lointaine de cuivres résonnant à l’horizon. Pour terminer, l’album darde un dernier titre au son plus crado, guitares et voix saturées.
Plants or animals ? Lard ou cochon ? Un band qui a l’air d’hésiter entre un rock qui met de bonne humeur et quelque chose de bien plus intéressant, qui scrute les sombres recoins de l’âme, utilise ses faiblesses. Le souci étant qu’à force d’indécision, on risque de se retrouver dans un entre-deux, tiédasse, grisâtre, pas franchement enclin à marquer les esprits.

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