Il aurait été intéressant que le duo insulaire Goldfrapp s’explique sur son plongeon opéré dans les eighties. Davantage disco que new wave, d’ailleurs. Après avoir commis quatre albums plus ou moins expérimentaux, drôle d’idée, en effet, de chercher à concurrencer Madonna et surtout Lady Gaga. Paraît que c’est la musique des d’jeuns. Mais faudrait alors que ces mêmes d’jeuns s’intéressent à ce qui a été pondu, il y a trente ans. Malheureusement, le couple n’accorde pas d’interviews, en tournée. Histoire, peut-être d’éluder les entretiens, un peu trop embarrassants… Bref, revenons à nos moutons, et fonçons tête première (NDR : oui, je sais la formule est facile !), au sein de cet elpee.
Neuf titres en une trentaine de minutes. L’opus s’ouvre par le single « Rocket ». Passe encore pour les riffs de synthés pompés sur le « Jump » de Van Halen, mais lorsqu’ils collent à la ligne vocale du refrain, ça me fout les boules. Tout comme sur « I wanna life ». Ringard ! Le disco, votre serviteur n’a jamais trop aimé. Moroder, pas vraiment ma tasse de thé. Même lorsque Debbie Harry y a goûté. Et l’electro-pop « Believer » s’inscrit parfaitement dans ce contexte. Tout comme le kitsch « Alive ». Un peu come lors d’une rencontre entre ABBA et Kylie Minogue, sur fond de bande sonore ‘Flashdance’. Le quatuor suédois invite même Eurythmics sur le titre maître. Enfin, en extrapolant. Et le duo insulaire, à son tour, convie Human League, voire Depeche Mode, sur le sombre « Dreaming ». Là on approche davantage de l’electro/new wave. Comme sur le très atmosphérique « Hunt », hanté par OMD, au cours duquel la performance vocale d’Allison est remarquable, surtout dans le registre falsetto. C’est vrai qu’Allison possède une très belle voix. Sensuelle, éthérée, angélique ; bref, envoûtante. A contrario, le robotique et enlevé, quoique toujours aussi glamoureux, et nonobstant sa rythmique funky, « Shiny and warm », évoque plutôt D.A.F. Manifestement, c’est lorsque Goldfrapp tâte de l’électro/new wave qu’il se révèle le plus performant. Et on en a encore une nouvelle démonstration, en finale, lors de « Voicething », un titre ambient, au cours duquel le chant a cédé le relais aux murmures, onomatopées et soupirs ; un peu dans l’esprit de Laurie Anderson époque « O superman », même si les nappes de claviers lorgnent plutôt vers Vangelis circa « Blade Runner »…
Pas vraiment le meilleur album de Goldfrapp, c’est une certitude. Will Gregory (NDR : c’est le compositeur !), l’autre moitié du tandem, semble s’être contenté du minimum syndical. Il nous doit une revanche… En concert ce mardi 28 Septembre à l’Aéronef de Lille, le lundi 22 novembre 2010 au Trianon de Paris et le lendemain à l’AB de Bruxelles. Mais, il paraît qu’en live, le nouveau spectacle nous en met plein la vue. On vous racontera…

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