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Jungle blues

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C.W est un chanteur guitariste compositeur australien. Il manifeste un grand respect pour la tradition, c’est-à-dire le blues d'avant-guerre, le jazz, le calypso des années 20 et le folklore universel. Des styles qu’il a beaucoup écoutés et patiemment étudiés. Il signe, en général, tout son répertoire et chante en s'accompagnant d'une guitare National Reso-Phonic ou d'un ténor banjo. Parfois, il est soutenu par des cuivres : le Primitive Horn Orchestra, un ensemble réunissant James Clark au tuba, Kynan Robinson au trombone et Stephen Grant au cornet. Son premier elpee, "King Hokum", était paru en 2005. C.W. est un accro au blues originel, et en en particulier aux field hollers, au hokum et à la jungle. Proches des ‘spirituals’, les ‘field hollers’ étaient des chants primitifs, entonnés par les afro-américains, lors du travail accompli dans les champs de coton. Le hokum est plutôt un chant humoristique. On le retrouve au XIXème siècle lors des fameux ‘minstrel shows’. Le hokum blues était célébré par les jugbands de Memphis ; et en particulier les Gus Cannon's Jug Stompers et le Memphis Jug Band de Will Shade. Stoneking s'est inspiré d'un long voyage accompli en Afrique occidentale. Hormis le "Brave son of America" de Wilmoth Houdini, toutes les compos sont issues de sa plume

Le banjo ouvre "Jungle blues". Hilare, C.W. chante au cœur de cette jungle, épaulé par le brass band, le tuba assurant les parties de basse. Cuivres et voix alimentent ce jazz traditionnel empreint de bonne humeur. Dépouillé, "Talkin' lion blues" est toujours d’inspiration africaine. Une compo dont l’instrumentation est limitée à la guitare. Et pour donner la parole à son lion, Stoneking se met à iouler comme un tyrolien. Personnellement, "Jungle lullaby" me botte davantage. La voix est indolente. Le tuba la talonne, pendant que les interventions du Brass Band fluent oscillent au sein du décor sonore. Et le résultat est aussi saisissant que réussi. L'ambiance devient festive lors de la cover de "Brave son of America", une compo imprimée sur le rythme d'une samba! D’une grande simplicité, "Jailhouse blues" est une compo abordée comme les bluesmen des années 20 et 30, lorsqu’ils parcouraient les routes du Sud profond. Le chant est gémissant mais assure parfaitement. "Housebound blues" lorgne bien plus vers le jazz traditionnel dixieland. On y retrouve les instruments adéquats : piano, clarinette, trompette et trombone, alors qu’une voix féminine se réserve le chant. On se croirait dans les rues de la Nouvelle Orléans, dans le sillage du Brass Band, à l'écoute de "I heard the machine of the drum". L'ambiance baigne parfaitement au sein de ce jazz traditionnel du Primitive Horn Orchestra. Notre citoyen de Melbourne aime la fête. A l’aide de quelques modestes percussions, il nous invite à danser sur "The love me or die", un calypso bien poussiéreux mais terriblement participatif. De forme classique (NDR : y compris dans les lyrics), "Early in the mornin" est essentiellement animé par les interventions du banjo et du tuba. Stoneking se mue une dernière fois en chanteur, animateur et comédien, lors de la finale "The greatest liar",  un acte hokum à coup sûr. Ce jeune artiste australien vient de commettre une œuvre tout à fait intemporelle, mais dans tous les sens du terme. En fait, et pour que votre info soit complète, il aurait été converti à ce type de blues, suite à un naufrage vécu le long des côtes africaines, et dont il est sorti sain et sauf.  

 

Informations supplémentaires

  • Band Name: C.W. Stoneking
  • Genre: Blues/Roots
  • Label Prod: King Hokum / Bertus
  • Date: 2010-08-30
  • Rating: 4
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