Les Pure Reason Revolution sont au rock progressif ce que les OGM sont à la nourriture. Pas naturels, probablement dangereux et pourtant si appétissants et attrayants que l’on se demande s’ils ne devraient pas être interdits.
Formé en 2003 à l’Université de Westminster, ce collectif de bio-instrumentistes déjantés semble prendre un malin plaisir à triturer l’ADN d’entités musicales incompatibles. Ainsi, « Hammer And Anvil », le troisième opus fraîchement sorti de leurs obscurs laboratoires ressemble-t-il à une version sonore du monstre de Frankenstein. Une entité inhumaine mais susceptible de communiquer des émotions, à laquelle on aurait collé la tête lumineuse d’Electric Light Orchestra, le cou allongé de Pink Floyd, le bras gonflé du Led Zeppelin, l’intestin écrasé des Smashing Pumpkins, l’ongle crochu de Nine Inch Nails, le pied-bot de Depeche Mode, la planche de surf des Beach Boys et le pénis de Lady Gaga.
Aussi horribles que puissent paraître, au premier abord, ces manipulations génético-bruitistes, force est de constater qu’elles génèrent la surprise et l’intérêt en premier lieu, l’affection ensuite pour se transformer, au final, en vénération inconditionnelle.
En résumé, contre nature mais jouissif, « Hammer and Anvil » est un sympathique coup de genou dans les testicules rigides du rock progressif. A découvrir d’urgence !

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