Il y a six mois, Elektrohasch Records éditait « Procession », le testament discographique laissé par les Anglais de Josiah. Mat Bethancourt, le leader de ce combo stoner rock disparu depuis 2008, n’a pas pour autant abandonné le rock plombé, ni sa passion pour la musique des glorieuses seventies. Impliqué depuis quelques années au sein de l’excellent garage band Cherry Choke, il est aussi compromis, depuis 2003, chez les Kings Of The Frog Island, un trio mélangeant le stoner et le rock psychédélique.
Relevant, à l’instar de Josiah et Cherry Choke, du label allemand Elektrohash, les Kings of The Frog Island viennent de publier un troisième album très enfumé. Tout comme bon nombre d’artistes contemporains, ils ne se sont pas vraiment triturés les méninges pour baptiser leur dernière réalisation, puisqu’ils l’ont tout simplement intitulée « 3 ».
Fort heureusement, côté musique, ces ‘Rois de l’Ile aux Grenouilles’ sont beaucoup plus inspirés. Loin de se contenter, comme beaucoup de groupes stoner, de débiter des riffs lourdingues inspirés de l’œuvre de Black Sabbath, ils proposent une palette sonore si variée qu’elle semble parfois un peu décousue. Heavy pachydermique (« Glebe Street whores »), space-rock ‘Hawkwindien’ (« The keeper of… »), ballade introspective (« More than I should know »), délires psychédéliques (« Ode To Baby Jane) » ou marche funèbre (« Gallowtree Gate »), chaque titre diffère et apporte sa pierre à l’édifice.
Un peu moins enthousiasmant et beaucoup moins rock que le « Procession » de Josiah, « 3 » rappelle un peu l’œuvre heavy folk psychédélique du Black Widow anglais des seventies. Intéressant, mais pas absolument indispensable.

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