Katel est originaire de Caen. Le répertoire de cette jeune auteur/compositrice/guitariste française est alimenté par des chansons à textes sur fond rock. Son univers est sans concession, plutôt sombre. Sa voix dure et cassante. Elle insuffle l’énergie du rock à ses compositions et son écriture poétique. Las, son album « Raides à la ville » paru en 2008, après avoir publié un Ep six titres, en 2006, n’a pas reçu le succès escompté. Qu’à cela ne tienne, Katel, de son vrai nom Karen Lohier, révélée au grand public par un titre interprété en duo avec Yann Tiersen, « La Rade », remet son ouvrage sur le métier deux ans plus tard.
Pour développer ses arguments, Katel n’est pas seule. Si elle se réserve le chant et quelques parties de guitares, elle est également bien entourée, par un backing group. En l’occurrence Charles-Antoine Hurel à la batterie, Julien Grasset à la basse et Nicolas Marsanne aux six cordes.
Tout au long de « Decorum », Katel nous promène au cœur d’un labyrinthe musical enchanteur, un univers sonore et poétique étourdissant. A la fois rock (plutôt progressif) ou pop-rock, laissant filtrer épisodiquement des mélodies qui ont un petit air de déjà entendu, les onze compos de l’opus se révèlent créatives, dans un style bien propre. Katel possède un certain savoir-faire et le met en œuvre dans des ‘litanies mortuaires’ (« Mon Vieil Ami », « Vacante », « Tombée dans l’Escalier »), des ballades pop-rock victoriennes (« Hurlevent », « Decorum ») voire de vraies incursions du côté de chez Elista ou Autour de Lucie (« Quelque Chose Qui Nous Suit », « Vue sur le Ring »). Qu’elle joue sur l’énergie (« Le Chant du Cygne », caractérisé par des chœurs détraqués signés Nosfell) ou sur les ambiances (l’électro vaporeuse de « La Bouche »), Katel ne cède en tout cas jamais à la facilité.
Malgré toutes ses qualités, l’album n’est pas facile à dompter et plusieurs écoutes vous seront nécessaires afin d’apprivoiser ce bel animal.

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