En avril dernier, l’homme qui change de chemise comme de pseudonyme, avait publié le premier tiers de son triptyque, « One One ». Un recueil de chansons pop minimalistes, au cours desquelles, pour la première fois, l’Anglais poussait la chansonnette. Toujours aussi versatile, dans ses choix, Matthew Herbert a décidé de nous entraîner sur les dancefloors des night-clubs. Un disque enregistré au sein du mythique club ‘Robert Johnson’ de Francfort. Ce qui explique son titre : « One Club ». Disque riche en expérimentations sonores, son originalité procède du contexte qui a entouré son enregistrement. En fait, il a recueilli des tas de sonorités ‘live’ au cœur de la foule présente dans l’enceinte du ‘Robert Johnson’ (danses, embrassades, sonneries de téléphones, conversations privées et même bruits produits dans les toilettes) entre 20h00 et 22h00. Il a ainsi disséminé ses microphones au sein de l’immeuble, fréquenté alors par 600 personnes. Il ne lui restait alors plus qu’à coller le résultat sur des beats et boucles techno. Tour à tour percutantes ou contemplatives, les plages produisent un effet saisissant. Matthew est un artiste qui ne manque pas d’idées, c’est une certitude. Mais en privilégiant la recherche pure, on ne voit pas trop comment on pourrait remuer le popotin, à l’écoute de sa solution sonore. Dont les titres, plus anecdotiques les uns que les autres, sont à des années-lumière de refléter une image ‘mainstream’. Mais après tout, on s’en tape ! En attendant « One Pig », ultime galette de la trilogie d’Herbert est hallucinante et mérite une écoute, à sa (très) juste valeur !
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