The Hoosiers était un trio british à l’avenir prometteur qui avait ramené son pop/rock d’Indianapolis… Si son premier album était résolument power rock, le nouvel opus marque un virage catégorique : la voix est poussée dans ses extrêmes, les synthétiseurs sont autant, si pas plus présents que les guitares, et les ballades philosophiques laissent place à des slows dansants qui illustrent l’amour à toutes les sauces –il suffit de compter le nombre de fois qu’apparaît le mot love en mode verbal et substantif tout au long de l’album… Est-ce là l’évolution du ‘odd pop’ au ‘robot pop’ comme ils le déclarent ? Ou est-ce une bonne stratégie pour ne pas faire comme monsieur-tout-le-monde-indie-pop ?
L’intensité du rocky « Worried About Ray » et du profond « A Sadness Run Through Him » est bien préservée, mais dans une autre catégorie : les Hoosiers veulent atteindre les ondes, et plusieurs publics, dont celui qui chantonnera leurs mélodies en allant faire son shopping chez H&M.
On ne pourra pas les critiquer de ne pas se réinventer. Et ce risque en vaut la peine pour plusieurs raisons : « Lovers in My Head », moins criard que le reste, « Live By The Ocean », décidément plus rock, ainsi que le générique de fin « Little Brutes » qui aurait aussi pu figurer dans la BO d’un film présenté au Sundance Film Festival. N’hésitez donc pas à vous aventurer au-delà des singles d’NRJ qu’on retrouve en premières pistes.
D’aucuns déclareront allègrement que les Hoosiers ont épousé un profil plus électro sur leur dernier album, sans virer entièrement mainstream. Mais ce disque, ne lésinons pas sur les mots, possède une emphase disco, en ce sens qu’il pourra sans aucune difficulté animer les soirées. Véhiculant des textes plus sombres, les compos libèrent une énergie digne d’un Mika secondé par ses chœurs sur scène (« Glorious ») et des Scissors Sisters (« Giddy Up »). Leur débordement d’enthousiasme ne leur permet cependant pas encore atteindre les charts là où « A Trick To Life » les avait téléportés. Une question tout de même fondamentale émerge à la fin de l’écoute : cet album est-il à prendre avec ironie ?

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