Quatrième album pour Joey Burns et John Convertino, enregistré sous le patronyme de Calexico. Un duo qui a quand même reçu le concours d'un nombre invraisemblable d'invités (des cuivres, des cordes, une slide, etc.), pour la plupart issus de la scène locale. De Tucson, en Arizona, si vous l'ignoriez encore. Ce qui n'empêche pas Joey de se concentrer sur la guitare, la contrebasse, l'accordéon, le banjo et les synthés et John de se réserver les drums et les percussions. Pour un disque qui flaire le sud-ouest des Etats-Unis. Ses vastes étendues désertiques. Ses cactus. Son soleil brûlant. La poussière de couleur ocre. On est ici pas très loin de la frontière mexicaine. Et cette proximité se ressent dans la musique de Calexico. Ce n'est pas neuf. Mais tout au long de " Feast of wire ", les sonorités mariachi ne sont plus omniprésentes. Le tandem a voulu élargir son horizon sonore. Est-ce un bien ? Est ce un mal ? A vous de juger ! Personnellement, je reste attaché au style qui a consacré leurs albums précédents. Et en particulier à " Hot rail ", " The black light " et à " Spoke ". Surtout lorsqu'il est alimenté de sonorités latines propices aux visions les plus 'morriconesques'. Et c'est le cas chez " Close behind ", " Across the wire ", " Dub latina " et " Güero canelo ". Quatre titres perdus au milieu d'une multitude d'instrumentaux. Enfin, pas seulement. Il y a bien la valse lente " Sunken waltz ". " Black heart ", un titre de trip hop mélancolique et sophistiqué que Portishead aurait pu inscrire à son répertoire (NDR : avec arrangements de cordes et tout le Saint Tremblement !). Le jazz cool " Crumble ". " Pepita ", tout au long duquel la guitare acoustique est jouée en picking à la manière d'Ed Kuepper. " Attack el robot ! Attack ", fruit d'un hypothétique fragment électro revu et corrigé par Tom Waits (NDR : mais sans la voix de Tom Waits !). Et le poppy " Not even Stevie Nicks ", chanté en hommage à l'ex chanteuse de Fleetwood Mac. Mais la forme intimiste est un peu trop envahissante à mon goût. Et chez Calexico, ce que je préfère, c'est lorsque le combo cuisine sa country alternative à la sauce mexicaine ou cubaine. Et la plus épicée possible… Qu'on retrouve cependant encore sur un des trois bonus tracks.
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