La pochette au design typé ‘psyché seventies’. L’allusion au label ‘Elektrohasch’ dans l’intitulé. Avouez que vous n’avez pas cliqué sur le lien de cette chronique par hasard ! Vous êtes accro au stoner et même un peu ‘accro’ au rock psychédélique. Vous avez probablement senti qu’il y avait ici quelque chose à vous mettre dans l’oreille. Et bien, on peut dire que vous avez du flair. Sungrazer deale du lourd, du fumé, du psychédélique, de l’hallucinogène. Et du bon, en plus !
Ce trio néerlandais, formé au début de l’année 2009, démontre à sa manière qu’une bonne idée, même vieille de quarante ans, est toujours une bonne idée. Et le rock psychédélique, caractérisé par ses constructions rythmiques hypnotiques, ses longues improvisations tortueuses, ses guitares distordues et ses mélodies planantes, c’était vraiment une bonne idée. Une idée tellement bonne qu’elle avait déjà été reprise dans les années 90 par des formations telles que Monster Magnet ou Kyuss. Ces derniers, en apportant un petit côté plus ‘costaud’ au rock psychédélique, avaient jeté les bases du Stoner Rock.
Sungrazer, à son tour, reprend le flambeau. Il emprunte au psychédélisme et au stoner tout ce qui peut lui permet de nous faire atteindre le nirvana du rock. Mais les influences ne sont pas tout. Il faut encore savoir les utiliser de manière adéquate. Pas de problème chez Sungrazer. Les trois musiciens connaissent le sujet et sont en complète osmose. Ils semblent même se fondre au sein d’une entité unique lorsqu’il s’agit de distiller de longues jams planantes. La basse de Sander Haagmans, distordue au maximum de ses capacités, érige un mur sonore sur lequel viennent se greffer les élucubrations hallucinées de la guitare et des pédales d’effets de Rutger Smeets. Hans Mulders lui, insuffle aux compositions le rythme hypnotique de ses percussions. Sur l’instrumental « Intermezzo », le saxophone de Conny Schneider (NDR : qui accompagne parfois le groupe sur scène) opère une apparition aussi lumineuse qu’envoûtante.
Quarante minutes, c’est finalement un peu court pour pouvoir s’imprégner pleinement de l’ambiance hallucinogène de ce premier opus éponyme. D’après son site internet, Sungrazer serait déjà occupé à préparer une seconde rondelle fumante. Nous l’attendons impatiemment.

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