Les Dandy Warhols aiment brouiller les pistes. Observez la pochette, tout d'abord : elle arbore une banane qui s'ouvre à l'aide d'une fermeture-éclair. Soit une allusion à peine voilée au Velvet Underground qui se serait ouvert aux Rolling Stones de " Sticky fingers ". Après avoir écouté l'album, j'ai vainement cherché le rapport. La raison est toute simple, pour enregistrer son nouvel opus, le groupe a bénéficié du concours de toute une équipe qui s'est surtout illustrée au cours des eighties. Soit Nick Rhodes, l'ex claviériste de Duran Duran à la co-production (qui a emmené le chanteur, Simon le Bon, dans ses bagages), Nile Rodgers de Chic (qui avait aussi travaillé à une certaine époque avec les DD) à la guitare, et Tony Visconti (le producteur de Bowie) à la basse (mais pour un seul titre). Résultat des courses, la première moitié de l'opus nous replonge 20 bonnes années en arrière. Pour y danser sur une pop synthétique ; ou si vous préférez une new wave dansante, teintée avec chic ( ?!?!?) de disco et de funk. Et je vous avoue que " We used to be friends ", " Plan A ", " The dope (wonderful you) " et " I'm a scientist" recèlent ce 'groove' contagieux et viscéral qui gangrenait des hits tels que " Planet Earth " et " Girls on films ". Même le nonchalant " I am over it " adopte un profil semblable. Plus rock dans l'esprit du précédent album, " The Dandy Warhols love almost everyone " marque un changement radical de cap. Co-écrit avec Nick Rhodes, le très beau " Insincere because I " nous entraîne dans un univers atmosphérique, glacial, cristallisé par de superbes harmonies vocales. Le spectre de Bowie plane sur le dispensable " I am sound ". Calquant même sa rythmique sur " Ashes to ashes ". Une ombre qui hante de nouveau " You were the last high ". Ecrit en collaboration avec Evan Dando, ce morceau produit une très belle mélodie 'garynumanesque'. Mid tempo, " Heavenly " possède tous les atouts pour devenir un tube. Par contre le glam " Hit rock bottom " pastiche un peu trop T Rex, à mon goût. L'opus s'achève par l'envoûtant, énigmatique, " You come in burned ", sorte de Fad Gadget sous valium. Dommage que tout l'album n'affiche pas la pêche des premiers morceaux.
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