Certains artistes ou groupes prennent un malin plaisir à placer des obstacles sur le parcours de leur carrière sensée mener à un improbable succès commercial. Ces héros de la cause rock désirent probablement s’assurer que seuls les plus curieux des mélomanes pousseront le vice jusqu’à découvrir leur musique. Dans le genre, le duo danois de Murder fait plutôt fort. D’abord, il ya leur patronyme morbide et glacial, digne d’un combo de Death-Metal. Puis la pochette de leur album. Affreuse. Illustrée par une pomme hideusement dessinée. Un véritable épouvantail. Et pourtant, j’aurais commis une belle erreur en ne me penchant pas au chevet de leur magnifique second elpee !
Murder réunit donc un duo d’assassins musicaux au talent indéniable. Jacob Bellens, le chanteur, est probablement un des vocalistes les plus doués de sa génération, au pays d’Andersen ! Après avoir enfanté Efterklang, Cody et The Kissaway Trail, le Danemark démontre, une nouvelle fois, qu’il est devenu une nouvelle terre promise pour les néo-folkrockers qui rêvent des Etats-Unis. Stuart Staples a récemment avoué qu’il admirait ce groupe. Et après avoir écouté ce « Gospel of Man », sa réaction n’est pas tellement étonnante. Car manifestement, les Tindersticks ont influencé Gospel of Man. Red House Painters aussi. Et puis surtout Johnny Cash et Nick Drake. Intenses, les compos aux lyrics mélancoliques baignent pourtant dans une ambiance chaleureuse. Profonde, la voix de Bellens est magistralement balisée par la guitare acoustique d’Anders Mathiasen. Dans la plus pure tradition de l’Americana, les deux troubadours nordiques sont soutenus par un violoncelle, un banjo ou un glockenspiel. Ce folk sombre et solennel est de toute beauté !

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