C’est dans son caractère. Matt Elliott n’est pas un rigolo. Et sa musique reflète parfaitement le tempérament de l’énergumène. C’est qu’il prend la musique au sérieux le bougre. D’ailleurs, ce n’est pas le sixième album de Third Eye Foundation, son projet électro le plus méchamment sombre, qui va changer le cours des événements, malgré la confection de travaux en solitaire, exécutés dans une veine plus folk. « The Dark » fait suite à « Little Lost Soul », sorti en 2001. Une œuvre ravagée mais envoûtante qui s’étale sur 40 minutes. On se demande même comment on a pu se débrouiller, pendant aussi longtemps, pour se priver de ses voyages trip hop aussi lugubres que majestueux ?
Découpé en 5 plages, « The Dark » s’écoute d’une seule traite. Ténébreux, esthétique, profond, son univers sonore est alimenté par des boîtes à rythmes discrètes, parcouru, tel le souffle d’un blizzard venu de l’Est, d’instruments à cordes, hanté de voix féminines issues d’outre-tombe et fouetté de beats électro hypnotiques. Sans pour autant négliger l’aspect mélodique insidieusement contagieux. Et paradoxalement, au cœur de ce climat glacial, Third Eye Foundation parvient à communiquer de subtiles vibrations. Je me demandais, il y a peu, quelle était la source d’inspiration majeure de Forest Swords, responsable de « Rattling cage », une œuvre aussi dérangeante que séduisante ? Pas la peine de vous casser la tête…

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