La manille pour bébé de Panic Shack

Fondé en 2018, Panic Shack eéunit Sarah Harvey, Meg Fretwell, Romi Lawrence, Em Smith et Nick Williams. La formation a décidé de défier l'atmosphère exclusive des scènes indie et punk dominée par les hommes. Sa musique est décrite comme explosive et…

logo_musiczine

Ozark Henry connaît la musique Parker…

C'est vrai, l'attente a été terriblement longue ! « Us », son dernier album studio, date de 2017. Dans le monde éphémère de la musique pop, où les stars vont et viennent, c'est une éternité ! Mais il faut parfois savoir être patient, et en livrant « Light »,…

Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels…

Langues

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Hooverphonic
Stereolab

Pursued Sinners - Brigittines Recordings

Écrit par - -

Dez Mona est encore trop méconnu en Belgique francophone. Le groupe, sombre et charismatique duo de voix et de contrebasse, est pourtant passé par la scène bruxelloise, notamment aux Brigittines et au Recyclart, ainsi qu'à l'AB, il y a quelques années, avant de s'étoffer au quintet actuel.

« Pursued Sinners -  Brigittines Recordings » est le réenregistrement (à cinq) de l'album des débuts ("Pursued Sinners", pièce rare voire introuvable aujourd'hui), arrangé autrement, enrichi de la maturité acquise entre-temps.

Mis en boîte aux Brigittines, l'album commence par son morceau le plus calme, « This lonely morning ». C'est le duo d'origine, composé de Nicolas Rombouts à la contrebasse et de Gregory Frateur à la voix, qui ouvre donc le disque avec cette délicate mise en bouche. La voix prend une autre tonalité, bien plus aiguisée, acérée, presque criarde, dès le deuxième morceau, auxquels s'ajoutent aussi l'accordéon déjanté de Roel Van Camp, la batterie de Steven Cassiers et le piano de Bram Weijters. Une texture qui peut rappeler un Bowie des premiers albums ou une Catherine Ringer des sommets, une voix androgyne d'une amplitude assez remarquable. Torturées et tortueuses, les compositions jaillissent, telle une lave furieuse. Ça sort en flux continu, ça déborde et ça vient de l'intérieur, du milieu, de l'intime, du fond des entrailles, ça se déroule comme des boyaux interminables. Aussi cru que ce soit, c'est pourtant magnifique.

L'interprétation, théâtrale, laisse s'échapper une grande sensibilité, celle d'un corps écorché, qui ne tarit pas de sons et de mots.

On se croirait dans un cabaret, notamment lors de la superbe « Danse macabre », provocante, festive et morbide à la fois. Cette dualité éthylique, aromatisée de quelques trompettes, évoque la fête mexicaine de la Santa Muerte et ses squelettes joyeux. D'ailleurs, Dez Mona évolue également dans un univers sacré, ses textes s'adressant bien souvent à un dieu incertain, en forme de litanies désespérées, implorantes et presque menaçantes. « Loordy ! Loordy ! Loordy ! » déchire le morceau du même nom en lambeaux de chair de poule.

Et puis, sur « Who knows where the time goes », arrive l'heure de la confidence, et la voix chuchote presque, plus apaisée, comme épuisée d'avoir tant crié.

Cette musique jazz hybride, inclassable, évoque à la fois des litanies orientales, les cycles du contrebassiste Joris Vanvinckenroye, le rock des Israéliens Asaf Avidan & the Mojos, la samba punk de la formation italienne Squarcicatrici, les gospels entendus dans le film O'Brother, l'accordéon de Richard Galliano... en tout cas, que des très grands.

Ce groupe fantastique, malgré sa trop petite notoriété, peut être sûr du bel avenir qui l'attend. Et on aurait tort de ne pas aller les applaudir en ‘live’...

 

Informations supplémentaires

  • Band Name: Dez Mona
  • Genre: Jazz/Classique
  • Label Prod: 62TV / Pias
  • Date: 2010-10-18
  • Rating: 5
Lu 1332 fois
Plus dans cette catégorie : « Speed Surfer Arctic »