Résultat d'un travail de (très) longue haleine, cet album initié il y a une dizaine d'années constitue la somme de recherches expérimentales menées par le duo viennois réunissant Suzanne Amann (violoncelle, flûte, parties électroniques) et Michael Klauser (guitare acoustique et expérimentations électroniques).
Bien loin de toute velléité musicale traditionnelle, l'espace sonore modelé, travaillé et sculpté par ces deux protagonistes défriche des horizons sensoriels par une approche hypnotique.
Agencé en strates successives de loops et de sons savamment torturés, le projet s'avère non dénué d'intérêt, même si écouter l'album d'une traite s'avère quelque peu difficile.
Surtout excitant dans ses moments les plus binaires (l'excellent titre « Cambodia », le beat obsédant de « Rotterdam »), l'album offre une vision cyclique d'un univers en boucle.
Rotterdam s'attache à dépeindre la monotonie avec variété, ce qui de loin, vaut mieux que bon nombre de groupes qui déclinent la variété avec monotonie.
Un projet complexe et ambitieux qui s'écoute comme on regarde une peinture avant-gardiste.

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