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Pilgrim’s Progress

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On aurait pu s’attendre à un revirement de style, une innovation après le lapsus de quelques années accusé par Kula Shaker en 1999, avant de refaire surface en 2007, lors de la sortie de « Strangefolk ». Si les musicos se sont éparpillés chacun de leur côté (Jay Darlington a d’ailleurs eu sa part de succès, lors de ses périples accomplis en compagnie d’Oasis), c’est en toute intégrité que les Londoniens ont décidé de publier leur quatrième album. Forts de leur quête métaphysique du Graal profondément imprégnée de philosophie indienne, le quatuor est pourtant revenu les pieds sur terre, en abordant des sujets plus pragmatiques et politiques. La musique, elle, reste fidèle à elle-même : leur rock psychédélique qui avait réorienté la britpop 90’s au goût des 70’s (ils ont tout de même reçu la collaboration du producteur de Pink Floyd) se bride poliment en folk moins exalté.

Enregistré dans le studio que le groupe s’est construit pas loin de Chimay ( !), l’elpee aurait subi une subtile influence des environs campagnards. Les membres ne s’attendaient pas à octroyer une dimension ‘contes de fées dans la forêt enchantée’ à son opus, impact direct de leur situation au cœur de nos Ardennes.

« Pilgrim’s Progress » débute par une cavalcade de violoncelles (en plus de la nature belge, Kula Shaker aurait-il également écouté nos crus, tels Venus ?) Les morceaux qui suivent restent dans le folk (« Ophelia », « Only Love ») sans virer dans une humeur rock, mais bien dans le country-bluesy, comme « All Dressed Up », censé incarné le far-ouest de John Ford et Ennio Morricone (à l’instar de « Cavalry »). « Modern Blues » est un peu le track à part qui incarne un parfait rock and roll des années 60. Bien sûr, l’exotisme indien qui avait constitué leur marque émerge circonstanciellement (« Figure It Out », « To Wait Till I Come ») ; et tout particulièrement lors du mélodieux « When A Brave Meets A Maid », caractérisé par la présence d’un santour. Et il faut reconnaître que cet instrument, la flûte et les guitares western forment un melting pot étonnamment harmonieux. Surprise également lorsque le grand orgue impose la majestueuse finale de « Winter’s Call ».

« Pilgrim’s Progress » existe en deux éditions superluxe, outre la conventionnelle. Si l’on est loin du rocky « Tattva », Kula Shaker poursuit son style en l’explorant à l’aide de nouveaux éléments. « Pilgrim’s Progress » aurait pu naître au cours des nineties : une constatation qui constitue son atout majeur autant que son plus grand défaut.

Informations supplémentaires

  • Band Name: Kula Shaker
  • Genre: Pop/Rock
  • Label Prod: Strangefolk / Rough Trade
  • Date: 2010-07-07
  • Rating: 3
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