Originaire de l'est de Los Angeles, la sulfureuse Candye est devenue chanteuse et même compositrice, contre vents et marées. Il est vrai que le récit de sa vie est une source intarissable d'anecdotes croustillantes. Autrefois paumée, strip-teaseuse et actrice porno dans ses mauvais jours, activiste féminine, provocatrice le reste du temps, cette fille est parvenue à se forger une place dans le giron du blues contemporain. A force de travail. Mais aussi de talent et de persuasion. Selon la légende, cette mère célibataire continue à vendre des produits Tupperware. Notre diva est particulièrement populaire à San Diego. Pourtant, ses trois premiers albums ont été enregistrés chez les Texans d'Antone's. "Home cookin" en 94, "Knock out" en 95 et "Diva la Grande" en 96. Il faudra cependant attendre 99 pour voir sortir "Swango". Sur Sire. En 2000, elle signe chez Rounder pour y commettre "The toughest girl alive". Elle s'est souvent produite chez nous. Chaque fois (ou presque !) en compagnie d'un nouveau backing band. Et je dois avouer qu'elle a rarement déçu. Impossible d'échapper à la magnifique photo qui illustre la pochette de cet elpee. Candye y apparaît plus voluptueuse et séductrice que jamais. Pour la confection de cet opus, Thomas Ruf lui a permis de s'entourer d'une sacrée brochette de musiciens.
Elle entame ce nouveau CD, les cordes vocales en transe. Elle aime les mettre en exergue, et ça se sent! "Something's got a hold on me" est mené tambour battant. Le chant est assez gospel. La première intervention de cordes est très réussie. Faut dire que pour la circonstance, elle est secondée par Jeff Ross et Kyle Jester. Son adaptation du "Wrap around joy" de Carole King bénéficie d'un excellent arrangement. Un morceau de soul R&B très funky enrichi par l'orgue Hammond et les cuivres. Signé Wild Child Butler, "Put it all in there" est un shuffle comme on les adore. Tous les musiciens sont bien soudés. La section rythmique assure, pendant que R.J Mischo se démène, comme un beau diable, à l'harmonica. Issu de la plume de Billy Valentine, "Fit, fat and fine" nous ramène dans l'ambiance de la fin des années 40. Ce fragment libère beaucoup de swing, de rythme. Le chant est caractérisé par un échange entre Candye et Kyle Jester. Au cours de ce duo, Brandon Fields prend un solide solo de sax et Kyle se réserve une superbe sortie dans le style West Coast jump. Assez rocker, "A lion in my house" est un blues très rythmé. Le chant de Candye est furieux. Mais il me semble reconnaître l'ami Charlie Musselwhite qui pointe le bout du nez. La cover du "What's that I smell?" de Big Bill Broonzy constitue le moment le plus roots de l'opus. Elle met en exergue un duo vocal échangé avec ce bon vieux Charlie qui tient aussi la guitare acoustique. Candye s'attaque alors au canon de Willie Dixon, "Whole lotta love". Elle emprunte cependant les arrangements du Led Zeppelin. Ce qui n'est guère étonnant, car elle jouait ce titre live depuis pas mal de temps. Elle accomplit ici le rôle de Robert Plant. Ce qui n'est pas davantage surprenant lorsqu'on connaît son registre vocal. Et la guitare est aussi d'un bon niveau. Ce qui ne gâter rien. Des violons sirupeux introduisent "When the hangover strikes", une ballade enivrante très fin de soirée, qu'elle interprète à la manière d'une crooneuse. Pourtant, je la préfère lorsqu'elle déménage. C'est une certitude. A cause du volume de son registre vocal et de sa prestance. Alors, nous ne sommes jamais déçus. Sa puissance, sa hargne sont inégalables. A l'instar du rock'n'roll furieux "I'm just a sucker who believes in love". Un morceau qu'elle a composé. C'est bien dans ce registre qu'elle est la meilleure. Elle remet le couvert pour "27 times", au rythme plus relaxant. Mené à la manière de Jimmy Reed, cette compo se termine en swing. Mais est-ce donc Larry Taylor qui se réserve la basse acoustique et R.J Mischo l'harmonica? Cet excellent album se termine dans une atmosphère très barrelhouse, honky tonk. Le duo échangé avec le piano (NDR : est-ce celui du Reverend Billy C. Wirtz ?) est tout à fait excellent. Dommage que les notes de pochette soient si avares d'informations. Un album très excitant pour la très excitante Candye!

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